Banlieues : plan Marshall ou plan shérif ?
Il n’était pas nécessaire pour Nicolas Sarkozy de se rendre en Chine pour voir une cité interdite. En France, la banlieue lui est toujours interdite ainsi qu’aux policiers, aux pompiers et désormais aussi aux journalistes.
Cela va se renforcer. C’est prévu et programmé, cyniquement, puisque d’importants crédits seront supprimés pour les banlieues dès le vote de la loi de finances en décembre. A tel point que les élus de banlieue - toutes appartenances politiques confondues - ont annoncé une journée nationale de mobilisation pour fin décembre. Ils dénoncent la réduction de 40 % du budget de rénovation urbaine. Ils s’inquiètent à juste titre des tensions. La ministre du Logement et de la Ville a choisi le déni.
Alors, à côté de ces coupes claires, que pèse le "plan banlieue", qualifié pompeusement de "plan Marshall" par Nicolas Sarkozy et qui s’appellera finalement "plan respect et égalité des chances" ? Pas grand-chose ! Evidemment "respect et égalité des chances", cela sonne bien mieux que "plan anti-glandouille" comme l’a baptisé Fadela Amara. Ce plan devrait s’appeler en réalité "plan bidon" comme bidonville car il n’apportera rien de neuf et sera assorti d’une réduction impitoyable des dépenses.
Les élus de "Ville et banlieue" ont au moins le mérite de connaître les problèmes de la banlieue et de les prendre en compte avec sérieux, ce qui ne semble pas être le cas du ministère. Ils ont formulé 30 propositions (voir leur site). Les problèmes des banlieues ne se résoudront pas par la seule mise à jour de la politique de la ville. D’ailleurs la Cour des comptes a rendu début novembre un rapport accablant sur l’efficacité de cette politique. Alors que deux ans après les émeutes urbaines, la banlieue aurait dû devenir un chantier prioritaire pour le gouvernement, ce dernier multiplie des Grenelles dont aucun ne traite de ce dossier très critique. Des réformes sont passées en force pour leur prétendue urgence absolue (justice, fonction publique, retraites...), mais la banlieue peut attendre, la banlieue peut brûler...
Le Manifeste des maires des villes de banlieue, qui réclamaient en 2005 un engagement de toutes les politiques publiques, est toujours d’actualité. De plan Marshall il n’y aura sans doute pas, mais pour un plan shérif c’est bien parti ! Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, a en effet annoncé le triplement du nombre des caméras de surveillance en deux ans. Pour donner un ordre de grandeur : la réduction prévue du budget 2008 du programme "Rénovation urbaine" baisserait de 383 à 230 millions d’euros tandis que le plan d’équipement en caméras de surveillance se chiffrera en milliards. Une petite économie risquée (qui nous coûtera encore plus cher en dégradations vengeresses et désespérées) pour une grosse dépense. Cette mesure, certes utile et demandée par 78 % des Français si l’on en croit un sondage du ministère, se fera sans actions volontaires de grande ampleur pour aider la banlieue. Les jeunes n’ont pas fini de voir dans l’objectif de l’appareil photo du journaliste une agression, l’oeil de Big Brother Sarkozy, le shérif président.
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. Quel désastre, quel pitié, quelle honte, et ils continuent de prérorer sur nos petites lucarnes. Ils ont tous une solution miraculeuse surtout ceux qui se sont fait jeter aux élections. Regardez les ce ne sont pas des poulets de l’année
l’ont fait depuis Giscard. ILS savaient tous du PC à l’UMP, en passant par les bobos friqués que sont les verts français
