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Basanés, noirs, rouges…

Comme à chaque fois, les dernières élections ont donné lieu à des déclarations spectaculaires et tristes concernant l’immigration.Souvent dans le passé, elles ont porté sur la responsabilité des immigrés dans toutes les misères de la France.

Lors des élections municipales de 2020, le danger des listes communautaires a été soulevée.
Seulement 10 listes sur 30 143 communes pouvaient être qualifiées de communautaires lors de ces élections municipales selon le ministère de l’Intérieur (Le Monde 02/03/2020). Leurs très faibles résultats ont montré que la question n’était pas d’actualité.

Ni pour leurs promoteurs déçus, ni pour les observateurs inquiétants.

Aux élections municipales de 2026, sur un fond continu de mesures répressives et de ressentiments réssassés, des figures éminentes et permanentes de plateaux télévisés ont dévoilé leur républicanisme limité devant l’élection, comme maires, de quelques citoyens, noirs de peau.
Changement de pied, ce n’est plus l’orientation religieuse qui pose problème mais la couleur de peau !

La variation des motifs de contestation témoigne d’une prise de conscience et d’un désarroi certains : les immigrés sont là, l’évolution démographique aidant d’autres peuvent être nécessaires. Ce qui rend difficile de reconnaître, dans les faits, l’égalité des droits. C’était beaucoup plus facile quand ils passaient inaperçus. Tant qu’ils étaient moins égaux !
La banlieue pauvre, traditionnellement rouge, est devenue, en plus, basanée ou noire et encore rouge  !

Le problème grave, qui met en danger la République, c’est la discrétion de nombreuses organisations politiques, auto-déclarées opposées à l’antisémitisme, au racisme… Et, encore plus, celle d’institutions politiques et gouvernementales dont la fonction est de faire respecter l’éthique républicaine et, tout simplement, la loi !
Défendre les lois antiracistes de la République, bien sûr.
Mais, quand même, noirs et rouges, ils exagèrent !

Cette réaction viscérale de professionnels de la parole va de pair avec une augmentation des agressions verbales et des actes racistes.

D’après un sondage récent de l’IFOP, le racisme est loin d'être un phénomène marginal ou résiduel. Près d'une personne sur deux (46%) estime avoir déjà été victime du racisme. Qui touche davantage les minorités visibles.
Ainsi, 80% des personnes perçues comme noires et 70% des personnes perçues comme arabes assurent avoir déjà subi du racisme. Mais le phénomène touche aussi les personnes blanches, 39%, surtout si elles ne sont pas françaises de naissance, ont un accent, vivent dans un quartier populaire ou appartiennent à une minorité religieuse.

D’après le ministère de l’Intérieur, l'année 2025 a été marquée par une hausse de 5% des crimes et délits racistes, xénophobes, antireligieux.

De la couleur des candidats aux municipales de Paris...

Parmi les 2 146 000 résidents parisiens, 536 000 (25%) sont nés à l’étranger (Insee). Dont 30 % sont devenus français par acquisition. Sur les listes électorales, sont donc inscrits des Français par acquisition dont nombre sont d’origine maghrébine, subsaharienne… et leurs descendants.
Il n’est donc pas étonnant que certains soient candidats et même élus.

À Paris, aux élections municipales de 2026, 9 listes présentaient des candidats pour les 163 postes de Conseiller de Paris, au total 1467 candidats.

En examinant les nom et prénom des candidats et à l’aide de quelques indications trouvées sur internet, on peut dénombrer 114 personnes d’origine maghrébine, subsaharienne… soit 7,8 % des candidats :
79 % d’origine maghrébine, 15 % d’origine subsaharienne…
Ce mode de sélection sous-estime leur nombre, elles peuvent n’avoir que l’un des deux, nom ou prénom, identifiable ou aucun des deux.

De l’extrême droite à l’extrême gauche, toutes les listes ont présenté des candidats d’origine maghrébine ou subsaharienne, 12,7 par liste, en moyenne : 9,4 d’origine maghrébine et 2,4 subsaharienne...
Leur nombre est plus important, ce qui n’étonne pas, sur la liste du Nouveau Paris Populaire, 29 dont 22 d’origine maghrébine.
Viennent ensuite Les coupes budgétaires à Paris ça suffit (17 dont 13), Paris est à vous (16 dont 11) et Paris apaisé (14 dont 10).

Au dessous de la moyenne, les gauches révolutionnaires, la droite et l’extrême droite : Lutte ouvrière (10 dont 8), Changer Paris (9 dont 7), NPA (7 dont 5), Retrouvons Paris (6 dont 5), Paris Ville heureuse (5 dont 4).

Trois listes seulement ont des élus : le Nouveau Paris populaire, 9 élus dont 3 d’origine maghrébine, Paris est à vous, 103 élus dont 10 d’o.maghrébine, 5 subsaharienne, et Changer Paris, 51 dont 2 d’o.maghrébine dont la tête de liste, Rachida Dati.

 

La présence de candidats de la diversité sur toute les listes est notable, droite et extrême droite font même jeu égal avec l’extrême gauche ! Quant aux élus, proportionnellement, ils sont moins nombreux sur la liste de droite que sur celles de gauche.

 

Et aux élections municipales de Paris20...

Les listes des candidats pour le Conseil du 20ème ont été examinées de la même façon que pour le Conseil de Paris.
NPA et Les coupes budgétaires à Paris ça suffit n’ont pas fourni de liste. Avec 7 listes de 45, 315 personnes étaient candidates dont 44 d’origine maghrébine ou subsaharienne  : 6 en moyenne, de 3 à 9 suivant la liste.
Ces candidats sont relativement plus nombreux (14 %) que sur les listes de Paris, 114 sur 1467 (7,8%). De même, les élus, 8 sur 45 (17,8%) pour Paris20 et 20 sur 163 (12,3%).
Lutte ouvrière et Retrouvons Paris (RN) n’en présentaient que 3. Contre 9 pour Le Nouveau Paris Populaire, 8 pour Changer Paris et Paris, ville heureuse, 7 pour Paris est à vous et 6 pour Paris 20 apaisé.
À noter, l’origine des têtes de liste de Paris, ville heureuse et de Paris 20 apaisé.

L’Union de la gauche et des écologistes fait élire 4 personnes d’origine maghrébine, 2 subsaharienne et 1 iranienne, soit 7 sur 35, Le Nouveau Paris Populaire, 1 d’origine maghrébine, Changer Paris20, 0 sur 5.

 

Dans le 20ème, les listes d’extrême droite et d’extrême gauche sont les moins ouvertes aux candidats d’origine africaine, du nord ou du sud, et la droite n’a aucun élu de cette origine.

Cette revue des candidats lors des élections pour le conseil de Paris et le Conseil d’arrondissement du 20ème permet quelques prudentes réflexions qui ne peuvent être généralisées.
Les conditions géopolitiques sont très particulières à Paris par rapport au reste de la France : électorat plus à gauche, démographie (âge, CSP, 30 % des résidents sont nés à Paris), mode de scrutin (partagé avec Marseille et Lyon), proportion d’étrangers, d’immigrés, de Français par acquisition, déséquilibre politique entre l’ouest et l’est de la ville...

Dans les deux circonscriptions, qui se recoupent, le 20ème est plus populaire et vote plus à gauche que l’ensemble de Paris, toutes les listes présentent des candidats d’origine africaine. De façon moindre pour l’extrême gauche, Lutte ouvrière, NPA.

Ces candidats sont plus nombreux sur les listes de droite de Paris20, plus populaire, que sur les listes de droite de Paris. Avec, en particulier, 2 candidats en tête de liste dans l’arrondissement et une candidate notable au niveau parisien, Rachida Dati  !
Le nombre d’élus d’origine africaine est, proportionnellement, plus élevé à gauche qu’à droite.

Remarque  : Trois candidats sont signalés comme citoyens de l’UE, un de nationalité belge sur la liste du RN dans le Vingtième et deux de nationalité italienne sur la liste parisienne de Changer Paris. Il est connu que la participation des citoyens de l’UE aux élections municipales et européennes est faible.

Que disent les professions de foi ?

Pour la droite et encore plus pour l’extrême droite, sécurité, sécurité, sécurité... police armée. Puis, la saleté, la voiture, circulation, stationnement (gratuit pour les professionnels de la santé)... l’attention aux piétons, la gène des travaux interminables, les commerces...

Le logement, préoccupation commune, est traité de différemment.
Pour la droite, moratoire sur les logements sociaux, suppression de l’encadrement des loyers, accession à la propriété (Knafo, Paris 20), accession à la propriété privée pour 40 000 familles (Mariani), choc d’offre de logements avec mise sur le marché de 60 000 logements (Dati)

Pour la gauche, diminutions des loyers, lutte contre les logements touristiques, contre la spéculation, plan contre les discriminations dans l’accès au logement (NPP), droit au logement, production et rénovation de logements avec diminution des charges, nouvelles places d’hébergement, encadrement des loyers, protection des locataires, soutien des petits propriétaires, un plus pour l’écologie dans la ville (Union de la gauche et des Écologistes).
Sur les deux listes, les services publics : école, santé, cantines...

La majorité sortante se place dans la continuité mais sans mettre en avant et assumer pleinement ses réalisations : quelques petites lignes sont accordées à Anne Hidalgo qui, seule, parle de poursuivre...

Aucune liste de droite ou d’extrême droite ne met le mot immigration, sous quelque forme que ce soit. Changer Paris 20 veut lutter contre l’antisémitisme, le racisme, les discriminations et éviter les ghettos.
La gauche et l’extrême gauche n’oublient pas l‘antiracisme. Pour l’Union de la gauche, Paris restera une ville d’antiracisme, L.O. ajoute l’antisémitisme et la xénophobie et insiste sur l’unité des travailleurs quelle que soit leur origine, avec ou sans papiers...

Le NPP, part de l’histoire : le Vingtième, façonné par les luttes de la Commune, les migrations, l’antiracisme et l’antifascisme mais n’évoque pas l’antisémitisme. Il n’oublie pas les violences policières, les amendes abusives (qui touchent les jeunes immigrés) et annonce la création d’un fonds parisien contre les haines, d’un programme municipal d’éducation antiraciste. En solidarité avec les peuples opprimés, il promet de hisser le drapeau palestinien sur la mairie du Vingtième.

Sur les migrations, le NPA parle d’antiracisme, de protection des droits et, au delà, de régularisation de tous les sans-papiers, de droit de vote pour tous à toutes les élections, de liberté de circulation et d’installation.

Candidats d’origine nord ou sud saharienne et professions de foi

La relative importance du nombre de candidats d‘origine africaine, blanche ou noire, sur les listes de droite et d’extrême droite et le silence des professions de foi sur l’immigration posent questions.
Les positions de l’extrême droite et l’action de la droite de gouvernement sur l’immigration sont tellement connues, tellement claironnées par l‘audiovisuel, tellement attaquées par la gauche que nul ne les ignore. Elles ne sont pas mentionnées…

La profession de foi (Paris) de Une ville heureuse est exemplaire : d’un côté la photo Sarah Knafo, de l’autre sa photo et des déclarations générales. La communication avant tout programme.

Les positions du RN sont bien connues et les photos de Marine Le Pen et Jordan Bardella, le soutien d’Étric Ciotti et Marion Maréchal jouent même rôle avec moins de succès pour la candidature Mariani qui, discrètement, veut instaurer la priorité nationale.

Rachida Dati peut s’être considérée comme suffisante.

La présence sur les listes de candidats issus de l’immigration, politiquement et socialement intégrées, participe-t-elle de la dédiabolisation en cours d’une droite et d’une extrême droite qui se veulent populaires ?
Le temps semble fini où une certaine gauche pensait que les personnes d’origine immigrée étaient une clientèle obligée…

Avec un langage différent, droite et gauche cherchent-elles à conquérir les classes populaires depuis trop longtemps abandonnées mais nécessaires pour s’assurer une majorité ?
Dans des professions de foi qui vont d’un programme quelquefois détaillé de l’Union de la gauche et des des écologistes du Vingtième, au vide de La Ville heureuse en passant par les propos toujours aussi révolutionnaires, sans lien avec la situation municipale, de l’extrême gauche, la question de l’immigration occupe une place bien restreinte par rapport à ce qui peut être entendu au quotidien.
Peut-on faire la même constatation sur l’ensemble du territoire ?


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1 réactions à cet article    


  • Eric F Eric F 21 avril 15:13

    « Parmi les 2 146 000 résidents parisiens, 536 000 (25%) sont nés à l’étranger (Insee) »

    Le quart, dont la majorité extra-continentaux, c’est sans précédent dans notre histoire, sans parler de « remplacement », il y a du moins une dilution ethno-culturelle

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