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Accueil du site > Tribune Libre > Biden-Poutine à Genève, ni Guerre, ni Paix : round d’observation dans (...)

Biden-Poutine à Genève, ni Guerre, ni Paix : round d’observation dans un monde tripolaire à tendance bipolaire...

 

 

Joe Biden est donc le cinquième président des USA que Poutine, en tant que chef d’Etat russe, voit défiler à la Maison Blanche… Pour défendre les intérêts de son pays il lui a donc fallu adapter sa diplomatie, sinon sa stratégie, à la variabilité relative de celle de ses homologues US successifs, étant bien conscient, à l’épreuve des faits concrets, que seule la formulation et le degré d’agressivité varient, sans que le fond des ambitions impérialistes US profondes ne varient : réduire la Russie à merci, obtenir la soumission quasi complète de sa classe politique et de sa population, à l’instar de ce qui se pratique dans les supposées « grandes démocraties » qui constituent le paravent « officiel » de la zone d’influence US, dont la France macronienne.

Au passage il n’est donc pas inutile de rappeler qu’au-delà de ce paravent « officiel » cette zone d’influence a englobé, à divers degrés, quelques-unes des pire dictatures de l’histoire humaine, genre « khmers rouges », « Rwanda des Milles Collines », etc…, même si parfois très « officieusement », pour des raisons évidentes de sauvegarde de cette façade pseudo-« démocratique » lézardée jusqu’à ses fondations, en réalité. Elle n’a donc, fondamentalement, aucune leçon de « morale » à donner, si ce n’est comme forme de duperie pour dissimuler sa rapacité et faciliter ainsi ses manœuvres de prédation.

L’ensemble des commentaires émanant de la presse occidentale et de Biden lui-même, autour de cette entrevue à Genève, n’ont pas échappé à cette traditionnelle culture de l’hypocrisie qui tend à dissimuler les rapports de force derrière un langage pseudo-« humaniste », « droits-de-l’hommiste », etc… Biden n’hésitant pas à prendre la survie de l’escroc Navalny en « otage » symbolisant ce langage et comme prétexte à menaces envers la Russie, en dépit du respect de la législation de ce pays, et en dépit de la zone de non droit US encore actuellement prolongée à Guantanamo, entre autres « exemples » de la duplicité des « démocrates », façon US.

Mais au décours de ce nouveau mandat présidentiel, Biden se devait donc de faire au moins simplement le point de la réalité des choses en matière de relations bilatérales et de tensions USA-Russie, devenues inextricables et dangereusement proche d’une ou même plusieurs confrontations régionales en Europe, depuis plusieurs mois déjà. C’était, en quelque sorte, le « service minimum » attendu de cette rencontre, même si la presse occidentale n’avait pu préalablement s’empêcher d’en « rajouter » en matière de surenchère hypothétique en faveur de son supposé « camp du bien » contre la « méchante Russie » !

En dépit de ses rodomontades, Biden avait donc déjà fait une « concession » formellement de taille, mais en réalité simplement frappée au coin du bon sens, dès son arrivée à la Maison Blanche, avec la prolongation pour cinq ans (1) du traité de limitation des armes nucléaires New Start, prolongation précédemment refusée par Trump (2). Un des rares points concrets importants de ce sommet bilatéral de Genève est donc de reconnaître, dans cette même logique de bon sens, la nécessité d’entamer des négociations sur le nucléaire afin de remplacer ce traité New Start, après son expiration, en 2026.

Même si sans vraiment trop risquer de se « brûler », Trump aimait, quant à lui, à jouer avec le feu, en espérant des « retombées diplomatiques », généralement infructueuses, en fin de compte, ce qui a certainement contribué à sa défaite électorale. A Genève, le ton officiel était donc revenu vers le principe de la phase « détente » de la fin de la « guerre froide » :

« Aujourd’hui, nous réaffirmons le principe qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être livrée » (3)

Mais la négociation de nouveaux accords post-2026, après la fin de « New Start », ne peut pas s’improviser dans un climat d’urgence et d’insécurité au quotidien entre les deux pays : d’où la nécessité d’un retour à des relations diplomatiques presque « classiques », et d’où, nécessairement, le retour réciproque des ambassadeurs des deux pays à leurs postes. Jusqu’à présent, c’est donc le résultat le plus immédiat et le plus concret de ce sommet genevois. C’est simplement la base pratique pour un travail diplomatique possible en vue de ce nouvel accord.

Mais sa signification, dans ce contexte, revêt néanmoins une importance géopolitique et géostratégique considérable. C’est la reconnaissance, à l’échelle mondiale, que la Russie est redevenue un acteur primordial et incontournable de la paix mondiale.

C’est l’occasion de rappeler que l’une des causes essentielles de l’échec des négociations précédentes, sous l’ère Trump, était la volonté de ce dernier d’inclure la Chine dans les négociations pour le renouvellement de « New Start ». Pour Trump, c’était donc un de ses coups de poker « diplomatique » en vue de faire d’une pierre deux coups, et même trois, en fin de compte :

Alors que la Chine est le réel challenger des USA en matière financière, et quasiment à parité sur le plan économique, et voire même au dessus, dans certains secteurs, il lui reste néanmoins un retard considérable en matière d’arsenal nucléaire, qu’elle essaie donc nécessairement, dans le contexte actuel, de combler.(4) Prétendre l’inclure dans ces négociations, c’était donc à la fois vouloir lui barrer la route de la parité nucléaire et pouvoir prendre prétexte de son refus pour faire échouer les négociations et donc s’autoriser, pour le compte des USA, à une relance de la course aux armements, en réalité dirigée contre la Russie, son réel adversaire dans ce domaine, en tant que base de résistance géostratégique à échelle continentale et planétaire, et vue comme telle par un grand nombre de pays refusant de se soumettre à l’Oncle Sam…

C’était donc aussi une manière de vouloir bousculer l’échiquier géopolitique et réduire la Russie au rôle de faire-valoir plus ou moins mercenaire de la Chine, et notamment, dans le contexte de l’expansion économique internationale de cette dernière, via ses infrastructures des Nouvelles Routes de la Soie. Plutôt un jeu de billard à trois bandes, donc, mais qui sous-estimait une fois de plus la capacité de la Russie à résister, tant sur le plan de son autonomie économique que sur le plan de son autonomie militaire et géostratégique.

C’est donc l’échec de cette politique de gribouille trumpiste que Biden se devait d’effacer, sinon de rattraper, au-delà de ses propres rodomontades russophobes. Il ne s’agissait donc pas de régler toutes les tensions qu’il avait lui-même contribué à attiser, après Trump, mais de tenter de repartir, dans les relations internationales, sur une base réaliste, tout en sauvant les apparences.

C’est donc bien, quant au fond, un nouveau jeu de dupes qui vient de commencer, entre les USA et la Russie, même si sur une base en quelque sorte plutôt simplifiée que réellement assainie.

Chacun des partenaires y pose donc ses « lignes rouge » tout en essayant de tester les limites dans lesquelles il est possible de les repousser dans le camp adverse. Au cours des dernières décennies, il est clair qu’en utilisant à fond le levier que constitue pour eux l’OTAN, les USA ont réussi à repousser ces limites aussi loin qu’il est possible pour encercler militairement la Russie au plus près de ses frontières à l’aide de ses diverses bases quasi frontalières et l’étrangler économiquement en vue d’un nouvel effondrement intérieur, tel qu’à l’époque eltsinienne, mais avec le nouvel avantage de cet encerclement géostratégique pour espérer pouvoir mettre fin à la Russie en tant que nation indépendante.

Dans ces conditions, la résistance de la Russie telle que stratégiquement réorganisée par le Président Poutine est d’autant plus remarquable, et notamment et précisément, en raison même de l’asymétrie des forces en présence. En effet, il est essentiel de rappeler que si la Russie a réussi, malgré la période de l’effondrement économique postsoviétique, à préserver sa capacité de dissuasion nucléaire acquise au temps de l’URSS, elle fonctionne, pour le reste, sur un budget militaire restreint en rapport de sa taille, plus de douze fois inférieur à celui des USA, et supérieur d’à peine 20% à celui de la France.(6) La différence de capacité de résistance et d’intervention résidant dans les choix d’organisation et de gestion. C’est ce que l’on vient précisément de voir, ces dernières semaines, face à l’Ukraine et à ses prétentions de reprendre militairement la Crimée.

Il est donc clair que la perspective, pour les USA, reste d’intégrer au maximum les ex-pays ou ex-alliés de l’URSS au dispositif stratégique de l’OTAN et d’en faire de nouveaux éléments de l’étranglement géoéconomique, géopolitique et géostratégique de la Russie. A la veille de ce sommet bref, et même, plus court qu’initialement prévu, c’est ce que Biden a clairement rappelé, concernant et la Géorgie et l’Ukraine, mettant sur le compte d’une très hypothétique « lutte contre la corruption » le délai qu’il s’accorde pour faire aboutir la revendication de cette dernière à son intégration dans l’OTAN.

Et cela alors même que Poutine avait déjà clairement fixé, avant le sommet, cette adhésion de l’Ukraine à l’OTAN comme « ligne rouge » à ne pas franchir. Non seulement cela a possiblement été l’une des causes du « raccourcissement » du sommet, mais cela a été rappelé, dès le lendemain matin, par son porte parole, Dmitri Peskov, au cas où certains douteraient d’avoir bien compris l’essentiel de la situation et du rapport de force. (7)

Mais bien évidemment, la question ukrainienne ne se résume pas à cette seule problématique d’adhésion à l’OTAN et à ses conséquences, inévitablement et particulièrement tragiques pour ce pays, surtout s’il ne renonce pas à ses prétentions sur la Crimée et à vouloir poursuivre sa stratégie d’épuration ethnique dans le Donbass et l’ensemble des régions russophones. Ce qui est remarquable à ce sujet, c’est que si Biden met comme préalable formel une très illusoire, au vu des précédents otanesques, « lutte contre la corruption », il ne fait nullement de l’éradication du néonazisme, endémique dans le nationalisme ukrainien, un préalable à considérer ce pays comme un « modèle de démocratie » répondant aux prétendus « critères rigoureux » de l’OTAN !

Et cela est d’autant plus flagrant que la « nouvelle Amérique démocrate » de M. Biden continue de se poser en principale caution de la qualité de « journaliste opprimé » du militant biélorusse néonazi Protassevitch récemment interpellé à Minsk et ayant été notoirement membre du bataillon Azov en Ukraine. (8)

Ce cas montre bien, de plus, à quel point les différents conflits régionaux qui agitent encore le cœur de l’Europe, en dépit des proclamations « pacifistes » et « démocratiques » occidentales, sont entremêlés entre eux, dans leurs causes et leurs conséquences. La force militante de base, pour le compte de l’OTAN, restant essentiellement constituée, en fait, des restes de nostalgiques du nazisme, revivifiés, pour la circonstance, par cette nouvelle « caution démocratique ».

Dans le but d’arriver néanmoins à une solution réellement pacifique et démocratique, garantissant les droits des populations russophones encore englobées dans l’actuelle Ukraine, la Russie s’est portée partie prenante et garante des accords négociés à Minsk en 2014 et 2015, et qui n’ont, à ce jour, toujours pas été mis en œuvre par l’Ukraine, au-delà de quelques éphémères cessez-le-feu, continuellement remis en cause, depuis, même si les lignes de front n’ont pratiquement pas bougé, depuis le dernier affrontement d’importance, en 2015, à Debaltsevo.

De son côté, Biden, comme garant de la parole US et aussi des prétentions de l’OTAN, en dépit du fait qu’en droit formel l’OTAN ne soit pas encore impliqué officiellement dans ce conflit, n’en répète donc pas moins, après Genève, que la solution passe par la mise en œuvre des accords de Minsk. Ce qui, quant au fond, constitue une autre victoire diplomatique de Poutine, si l’on considère que, de son côté, la partie ukrainienne ne l’entend pas vraiment de cette oreille, sauf de manière pour le moins très « déformée », et pour cause, au vu de sa pratique courante, sur le terrain, depuis 2015 ! Pour la base des troupes nationalistes conditionnées par le néonazisme, il est de plus clair que c’est même carrément le rejet de ces accords et l’offensive d’« épuration ethnique finale » qui est leur « solution » ! Le cas Protassevitch montre bien, à cet égard, la duplicité de la position de Biden et de ses parrains otanesques.

Si le cas particulier de Protassevitch n’a semble-t-il pas été évoqué, à Genève, et on comprend bien pourquoi, au vu de ses dernières révélations concernant les implications occidentales et notamment US dans les diverses tentatives de déstabilisation (9), celui de Navalny l’a donc été, par contre, et recadré, de manière appropriée, par le Président Poutine.

Mais le cas du Bélarus, par contre, comme autre zone de conflit actuelle, a bel et bien été évoqué, en fait également à la demande de Biden, et y compris et surtout, à propos de l’incident aéronautique ayant par ailleurs conduit à l’arrestation de Protassevitch, et là aussi, la parole du Président Poutine a été on ne peut plus claire : il a nettement renouvelé sa confiance l’égard du Président Loukachenko, précisément concernant l’origine de cet incident, et par conséquent, d’une manière générale, dans le contexte actuel. Ce qui a donc été carrément constaté, entre les deux chefs d’Etats, et donc en quelque sorte, à la demande de Biden, bien qu’il espérait certainement une autre réponse, c’est bien, quant au fond, le caractère absolument inconciliable des positions russes et occidentales concernant le Bélarus.

Autrement dit et en résumé, si le principe général de cette rencontre genevoise a été de reprendre une politique de détente concernant les risques d’une confrontation généralisée, c’est-à-dire nucléaire, de par le fait, et si cette volonté s’est bien traduite par une reprise de relations diplomatiques en quelque sorte « normalisées », permettant l’ouverture de quelques chantiers concrets de négociations, il apparaît donc, pour l’essentiel et sur le fond, que les deux chefs d’Etat n’ont fait que le constat d’actualité brûlante des divers conflits régionaux en cours, à travers le globe, et notamment, au cœur même de l’Europe, en Ukraine et au Bélarus.

Sur le terrain, la Russie se trouve donc engagée dans un certain nombre de ces conflits, que ce soit en termes de soutien économique ou militaire, en soutien de peuples et de nations qui refusent de se soumettre aux diktats de l’Occident, même si ceux-ci sont dissimulés derrière les formules rhétoriques habituelles d’un prétendu « droit-de l’hommisme » foulé au pieds à la première incartade un tant soit peu indépendantiste.

Évidemment ce soutien, en termes de coût pour l’économie russe, est en fait tout à fait disproportionné et interroge, généralement, quant à ses motivations. Il est clair que cela ne lui procure aucun avantage commercial significatif, l’essentiel de son commerce extérieur n’étant pas dirigé vers ces pays, la balance entre investissement et rapport reste donc tout à fait déficitaire, pour l’ensemble de ces interventions, comme elle l’était déjà au temps de l’URSS. (10)

En termes d’exportation de capitaux financiers, la situation globale de la Russie est déficitaire, et ne trouvera pas d’amélioration significative non plus dans l’ensemble de ces opérations. (11)

Il est donc clair que si un avantage existe bien pour la Russie en compensation de cet engagement, c’est bien, tout simplement, le fait de briser un tant soit peu l’encerclement dont elle est victime de la part de l’Occident, et principalement, des USA, via leur dispositif stratégique otanesque !

Et cet acharnement de l’Occident contre la Russie n’a donc aucune explication économique rationnelle, sinon la volonté, dissimulée derrière ses beaux discours, d’asservir ce pays-continent pour s’emparer de ses ressources naturelles immenses, de son marché, et l’occuper, à la manière otanesque, comme place géostratégique, et en premier lieu, contre la montée de la puissance économique chinoise.

En effet, la rencontre Biden-Poutine s’est donc tenue à l’issue d’une « tournée européenne » de Biden au cours de laquelle il s’est activement employé à « resserrer les rangs » de ses « alliés »,en fait vassaux, européens, mais en voie de « distanciation » sous l’ère Trump, du fait des manœuvres protectionnistes de sa part. Le constat étant la prolifération, via le processus financier des « Nouvelles Routes de la Soie », des réseaux d’influence économique chinois (12), susceptibles de fournir à la Chine les moyens d’une relative autonomie vis-à-vis des injections de capitaux US qui avaient permis son décollage, à la fin de l’ère Mao et sous Deng, et qui continuaient, même si de manière de plus en plus distendue, à entretenir l’interdépendance des économies US et chinoises.

C’est clairement cette interdépendance, du fait des exportations chinoises aux USA, d’une part, et des investissements US en Chine, parallèlement et en connexion, qui empêchent encore la zone d’influence monétaire chinoise de se développer sur la base du Yuan comme monnaie de réserve internationale à part entière et non dépendante de l’indexation de son cours sur celui du dollar, via la technique du « cours pivot » contrôlé par la PBoC, la Banque Centrale de Chine. (13)

Dans le contexte actuel, où toutes les grandes économies industrielles, y compris la chinoise, sont très fortement endettées, et en fait, dépendantes de la gestion de leurs dettes par les Banques Centrales, bien plus que la circulation des capitaux, ce sont les flux de création monétaire qu’il est important de contrôler et c’est ce qui constitue le pouvoir mondial actuel des cinq plus grandes Banques Centrales, dont la Chinoise.(14)

Il est donc clair que la désindexation du cours du Yuan de celui du Dollar, via la constitution du Yuan comme monnaie de réserve à part entière, via les réseaux financiers et commerciaux des Nouvelles Routes de la Soie, même si cela ne résout pas forcément le problème de la dette chinoise, cela donnera un pouvoir décuplé à la PBoC par rapport à ses homologues occidentales, en raison même du volume des transactions commerciales à échelle mondiale de la Chine.

Dans ces conditions, après avoir déjà déversé des milliers de milliards de liquidités banco-centralisées pour maintenir à flots leurs économies naufragées depuis 2008, et rebelote en 2020, on comprend bien que les puissances occidentales, US en tête, soient encore prêtes à rouvrir les vannes pour tenter de « noyer » les « Routes de la Soie »… La contrepartie prioritaire n’étant plus nécessairement, comme au « bon vieux temps des colonies », la rentabilité de ces « capitaux » en monnaie de singe, mais bien la soumission des Etats ainsi arrosés, afin qu’ils abandonnent leur nouveau maître chinois pour le retour au vieux maître occidental.

Avec l’extension colossale de la dette mondiale à tous les niveaux, la lutte n’est plus principalement entre pôles financiers impérialistes, même si elle continue en sous-main, mais entre zones d’influences monétaires banco-centralisées.

Dans cette « cour des grands » la Russie, et bien qu’elle soit même le plus grand pays de la planète, reste encore, dans ce domaine de la soumission à la dette, le « vilain petit canard rebelle », en quelque sorte, avec une dette publique dérisoire, à 10% de son PIB, après avoir même tangenté le zéro, ces dernières années. C’est, à minima, dix fois moins que la plupart de ses « concurrents », et idem pour la dette extérieure. (15)

Même si c’est malheureusement sur une base de développement économique encore bien trop faible en regard de sa taille, c’est néanmoins une base relativement saine pour continuer de construire une nation indépendante et dont la résistance est donc encore effectivement considérable face aux pressions géostratégiques et aux sanctions économiques à répétition, de la part de l’Occident.

Au lieu de faire chorus avec une classe politique complètement dépendante et accro à la dette banco-centralisée, les forces politiques qui prétendent encore se réclamer de l’indépendance et du progrès social devraient au contraire, pendant qu’il est encore temps, se saisir de cette chance encore existante sur la planète pour tisser un réseau d’alliances et de résistance des peuples et des nations réellement libres en vue de construire enfin un véritable « monde d’après » qui soit précisément autre chose que la réalisation concrète du cauchemar cyber-fasciste orwellien.

Luniterre

Biden-Poutine à Genève, ni Guerre, ni Paix : round d’observation dans un monde tripolaire à tendance bipolaire...

http://interfrsituation.eklablog.com/biden-poutine-a-geneve-ni-guerre-ni-paix-round-d-observation-dans-un-m-a209106100

http://mai68.org/spip2/spip.php?article8985

****************

NOTES :

(1 https://www.lemonde.fr/internationa… )

(2 https://www.lemonde.fr/internationa…

https://www.lemonde.fr/internationa… )

(3 https://www.lemonde.fr/internationa… )

(4 https://www.lematin.ch/story/armes-…

https://www.rtbf.be/info/monde/deta…

http://www.observateurcontinental.f… )

(5

 

 

(6 https://www.businessinsider.fr/les-… )

(7 Дмитрий Песков — Разворот (утренний) — Эхо Москвы

https://echo.msk.ru/programs/razvor…

Kremlin says NATO membership for Ukraine would be ’red line’

Reuters June 17, 2021 11:02 AM

https://www.reuters.com/world/europ…

Moscou qualifie de "ligne rouge" une adhésion de l’Ukraine à l’Otan

By Reuters Staff 17/06/2021 June 17, 2021 11:45 AM

https://www.reuters.com/article/usa… )

( 8 Le vrai visage de Roman Protassevitch, nouveau "héros de l’Occident contre la dictature"

http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

https://www.donbass-insider.com/fr/…

https://www.donbass-insider.com/fr/… )

( 9 En réalité trahi par ses complices pour servir d’"appât", Protassevitch balance tout !!!

http://mai68.org/spip2/spip.php?art…

Протасевич обратился к родителям : « Мам, пап, не переживайте ». // Пресс-конференция, полная версия

https://youtu.be/huvE7Jdv27A

Протасевич : С той стороны очень грязно ! О Тихановской, NEXTA, Путило, оппозиции. После брифинга МИД

https://youtu.be/h3Rw-ZVsFjU

Разговор после брифинга // Протасевич : Место, в котором я сейчас нахожусь, для меня самое безопасное

https://youtu.be/jWy7DavC4JM )

( 10 https://www.tresor.economie.gouv.fr… )

( 11 https://www.tresor.economie.gouv.fr…

https://www.tresor.economie.gouv.fr… )

(12 https://www.courrierinternational.c…

https://asialyst.com/fr/2021/06/14/…

https://www.reuters.com/article/g7-…

https://www.rfi.fr/fr/europe/202106… )

( 13 https://www.lesechos.fr/finance-mar…

A SOULIGNER QUE LE SYSTÈME ANNONCÉ RÉGULIÈREMENT CADUQUE FONCTIONNE DONC BIEN TOUJOURS, ACTUELLEMENT :

https://investir.lesechos.fr/marche… )

( 14 L’ONU DÉCLARE OFFICIELLEMENT LA « GUERRE ÉCONOMIQUE » …CONTRE LES PEUPLES, EN RÉALITÉ, ET POUR LE COMPTE DES BANCO-CENTRALISTES !

http://mai68.org/spip2/spip.php?art… )

( 15 https://www.lecourrierderussie.com/…

https://fr.rbth.com/economie/83523-… )

***********************

 

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http://mai68.org/spip2/spip.php?article8990

 

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« Great Reset » : le banco-centralisme est-il un « complot pervers » ou simplement la conséquence incontournable d’une évolution systémique ?

http://mai68.org/spip2/spip.php?article7752

 

« Merveilleux » Monde d’Après : face à l’émergence du banco-centralisme, quelle forme de Résistance ?

http://mai68.org/spip2/spip.php?article6329

 

Covid-19 et crise économique : un lien de cause à effet, …ou pas ???!

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http://mai68.org/spip2/spip.php?article7055

 

 
 

 


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2 réactions à cet article    


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 2 juillet 11:26

    C’est récurrent : parler de dette des états sans distinguer dette intérieure et extérieure est une erreur méthodologique majeure. 

    La seule mention de la chose dans cet article dit simplement que la Russie n’a ni l’une ni l’autre.

    Comparer la dette cumulée du Japon et de la France par ex., c’est comparer des choux et des carottes. Le Japon peut avoir une dette de 200% de son PIB, mais dès lors qu’elle est majoritairement détenue par des japonais, ceci n’a quasi aucune conséquence « internationale », si cela devait poser problème, ce serait une question de politique intérieure, un simple ajustement de politique.


    • Luniterre 2 juillet 13:24

      @Opposition contrôlée

      Bonne observation, à ceci près qu’au point où en est le Japon de sa dette banco-centralisée le fait est que la BoJ (Banque Centrale du Japon) en est à racheter massivement des actions sur son propre marché financier pour tenir les cours…

      Autrement dit, la dette banco-centralisée, qu’elle soit intérieure ou extérieure, est bien également le reflet de la limite systémique du développement endogène de ce pays, comme c’est le cas de toutes les autres grandes puissances industrielles actuelles, même si avec quelques décalages dans le temps. La Chine a possiblement encore une marge, mais est logiquement en train de franchir le sommet de la courbe de ce qui fut chez nous le « Top des 30 glorieuses » :

      https://p9.storage.canalblog.com/92/48/1716556/129123946.jpg

      Pour la Chine, on manque de données précises, à cause, notamment, du « shadow banking », hypertrophié dans ce pays, mais, avec l’accélération de la robotisation et la dépendance à l’exportation, ce phénomène ne peut que s’accélérer également pour ce pays.

      C’est ce que les banquiers centraux connaissent sous les termes de « paradoxe de la productivité » et « stagnation séculaire ». Ce n’est, en fait, pas du tout un paradoxe, mais, bien au contraire, la conséquence logique et inéluctable de la prééminence du capital fixe sur le capital variable, avec le développement de l’automatisation dans tous les domaines.(*)

      Et à moins d’adhérer au projet du N.O.M. banco-centralisé et cyber-fasciste, cela appelle donc à un nouveau type de relations économiques et sociales, et de relations économiques internationales. Ce que Poutine et Loukachenko semblent avoir très bien compris, pour l’essentiel. Un lointain souvenir de la formation et de la culture de leur jeunesse… ???

      Luniterre

      (* Un truc que Marx expliquait déjà dans ses Grundrisse en 1857, dix ans avant Le Capital, mais que les pseudos-« marxistes » d’aujourd’hui sont encore incapables de comprendre, pour la plupart !)

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