Bodies... la controverse
“Plastination unveils the beauty beneath the skin, frozen in time between death and decay.” Gunther von Hagens, Inventeur de la Plastination & créateur de l’exposition BODY WORLDS.
C’est à Tokyo en 1995 que le docteur Gunther von Hagens, l’inventeur du procédé, lança la première exposition composée principalement de corps humains, BODY WORLD. En 15 ans, plus de 29 000 000 d’individus ont visité l’exposition et ce, sans compter les visiteurs des expositions analogues qui ont été créées depuis. En 15 ans, après avoir été fustigée, réprimandée et même interdite, l’exposition suscite toujours la polémique. La question, de nature purement éthique, est la suivante : Peut-on se permettre, que ce soit au nom de l’Art ou de la Science, d’exposer des corps humains, souvent tranchés ou éviscérés, limitant ainsi invariablement la dignité de ces personnes décédées.
Si certaines personnes restent choquées par les expositions de corps plastinés, la majorité des visiteurs ayant choisi de s’y rendre apprécient grandement l’expérience, qu’ils disent enrichissante, tant du point de vue biologique et anatomique qu’artistique. Étrangement, les spécimens qui choquent le plus et font souvent l’objet de controverses dans ces exposition sont ceux de femmes enceintes et de foetus en conception. Or, il s’agit là de spécimens humains tous comme ceux qui les entourent. Serait-il donc moins éthique d’exposer les corps de bébés sur le point de naître que ceux d’hommes ou de femmes ? Peut-être que le coeur de la réponse réside dans le consentement, et c’est là que se pose le problème.
Pour ce qui est de BODY WORLD, OUR BODY ou de tout autre exposition du Dr. von Hagens, il semblerait que les corps sont ceux de donneurs légaux et que plus de 90% d’entre eux seraient allemands, tout comme le docteur lui-même. De plus, l’Institut de Plastination aurait à ce jour plus de 8000 donneurs toujours vivants. Jusqu’ici, tout va bien. Par contre, lorsqu’on se penche sur l’exposition BODIES... The Exhibition, on remarque que la provenance des corps y est beaucoup plus obscure. Il est d’abord facile de remarquer, en observant les traits des individus qui y sont exposés, qu’ils sont tous de provenance asiatique. Ces corps, selon le promoteur de l’exposition, proviendraient des laboratoires de Plastination de la Dalian Medical University, dans la République populaire de Chine. Comment l’université elle-même a-t-elle obtenue ces corps ? Cela reste un mystère. Serait-ce ceux de condamnés à mort, ou même d’individus dont on voudrait faire disparaître toute trace ? Et surtout, l’une ou l’autre de ces options serait-elle une surprise, connaissant la réputation de la chine au niveau du respect des Droits de l’Homme ?
Brefs, que ces corps soient de provenance légale ou non, la controverse demeure la même : certains assurent que ces expositions doivent être utilisées auprès de la population à des fins d’information, tandis que d’autres expriment leur désaccord et prônent la dignité et le respect des dépouilles. Certains crient science, pendant que d’autres demandent silence.
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