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Accueil du site > Tribune Libre > Catalogne : les grandes marées humaines

Catalogne : les grandes marées humaines

« Un esclave qui se libère doit-il demander son autorisation à son maître ? » Ce commentaire lu sur un blog exprime la position très tranchée d’un indépendantiste. D’autres commentaires semblables lui font écho.

Destin commun

La Catalogne, esclave de Madrid ? C’est évidemment déraisonnable. La Catalogne a librement accepté la Constitution. Elle a conclu un contrat avec les autres régions.

Toutefois les unionistes commettent autant d’excès de langage et de perception. Hier ils ont défilé dans Barcelone comme une marée humaine rouge et jaune.

Au moment des discours on a entendu des propos déplacés. Par exemple, le prix Nobel de littérature 2010, Mario Vargas Llosa :

« La passion peut être destructrice et féroce quand l’animent le fanatisme et le racisme. La pire de toutes, celle qui a causé le plus de ravages dans l’Histoire, c’est la passion nationaliste. »

L’argument est simpliste. La Catalogne indépendantiste veut un État-nation, avec sa gouvernance souveraine et ses frontières. Elle ne prétend pas imposer un dogme autoritaire ou raciste sur son territoire. Une nation est le territoire sanctuarisé d’une population qui se reconnaît dans des affinités et des signes communs : langue, histoire, territoire géographique, parfois ethnie et/ou religion. Cette nation a pour vocation d’administrer le territoire et de protéger ses citoyens.

On ne peut mélanger l’unification de territoires liés par un destin ou une identité communes, et la volonté de domination, qui tient d’abord aux personnes et mouvements au pouvoir. Pour ceux-là le nationalisme est un prétexte, non une raison. Je n’ai pas la croyance qu’une nation serait mauvaise par nature.

 

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Occitanie

Dénoncer un nationalisme catalan supposé ravageur n’est pas raisonnable. Mais cela permet de stigmatiser les adversaires et d’étouffer le débat de fond. Aujourd’hui en Europe l’accusation de nationalisme sert largement cette volonté de juger moralement les comportements et intentions supposées sans plus en débattre sur le fond. On a tort de traiter le nationalisme par le dédain ou par l’accusation d’intention guerrière potentielle.

Une nation rend ses régions plus fortes par la mise en commun d’un certain nombre de structures politiques, économiques et militaires. Dans ce sens l’Union Européenne est une super-nation. Or justement cette super-nation, ayant pour objectif de dissoudre les États-nations qui la composent, favorise de fait les émergences régionales et locales.

Le morcellement des nations sert la politique unioniste européenne, qui ne veut plus de frontières nationales entre Lisbonne et Vilnius. Plus : l’UE engendre, même involontairement, une régionalisation qui pourrait aboutir à une recomposition politique du continent. Car, d’une part, si le Grand État (l’Union Européenne) protège tous ses membres, les réalités locales peuvent alors s’amplifier et devenir des thèmes électoraux dominants – puisqu’il n’y a plus d’ennemi armé à combattre à nos portes.

D’autre part les nations européennes sont le résultat de conquêtes, de luttes d’intérêts et de contraintes. En France par exemple l’Occitanie (image 1), a été conquise au prétexte de la croisade contre les Albigeois. Pourquoi ne se constituerait-elle pas en nation indépendante puisqu’elle possède une langue, une culture, et même une ethnie selon Wikipedia ? Et pourquoi la Sicile et la Grèce ne revendiquent-elles pas la succession de la couronne d’Aragon, qui les avait annexées au XIIIe siècle (image 2) ?

 

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Équilibre

La Bretagne, la Flandre belge (mais aussi française), la Corse, le Piémont, la Bavière, l’Écosse, pourraient former des noyaux d’une régionalisation par affinités des populations. La liste des territoires européens susceptible de revendiquer une autonomie ou une indépendance est longue, selon Wikipedia (également image 3).

Ce n’est cependant pas si simple. Laisser ces territoires devenir indépendants c’est reconstruire l’Europe d’il y a quelques siècles, souvent en guerre et vulnérable face aux risques d’invasion venant historiquement de l’est (image 4, XIIe siècle). L’activité économique serait entravée par une multitudes de règles et de taxes.

Entre ce morcèlement vers l’infiniment petit, et l’unification vers l’empire économique, les États-nations sont une réalité encore structurante. Ces États-nations peuvent négocier des accords économiques à leur gré, à des conditions adaptées de cas en cas.

Je ne refuse pas par principe l’idée d’une large union. J’y suis même favorable, si l’équilibre entre le grand et le petit est satisfaisant et le mode de gouvernance suffisamment partagé. Cet équilibre ne saurait se suffire des subventions de Bruxelles.

 

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Ambiguïté

Or l’accroissement des revendications régionalistes en Europe montre que cet équilibre entre le grand et le petit, entre la globalisation par le haut et la souveraineté par le bas, entre l’ouverture au monde et le respect des identités délimitées n’est pas encore trouvé. Entre l’individu d’une part, seul, sans appartenance de groupe dans la société mondiale anonyme, et le Grand État Global d’autre part, il y a besoin d’échelons intermédiaires, d’identités et appartenances délimitées ou ponctuelles : immeuble, quartier, ville, région, odeurs, sons, culture, et de reconnaissance dans des tribus spécifiques.

C’est ainsi : par appartenance (un des noms de l’identité), et du plus proche au plus lointain, nous soutenons notre famille avant celle des autres, notre immeuble avant celui d’en face, notre quartier avant l’autre bout du canton, et ainsi de suite.

Comme l’eau, l’Histoire vient et va. Après la marée de manifestants indépendantistes il y a une semaine, après l’autre marée d’hier, celle des unionistes, l’Espagne est prise dans une houle. Une houle qui révèle ce paradoxe : l’Union, qui veut abolir les frontières nationales et affaiblir les États-nations par transfert de compétences et de pouvoirs vers une structure supra-nationale, laisse en même temps l’Espagne traiter la question catalane au nom même de l’État-nation.

L’affaire catalane concerne-t-elle vraiment les dirigeants européens ? C’est à se demander. Les responsables de l’UE, fort bruyants sur l’Ukraine, sur la Grèce, sur le Brexit, sont moins audibles sur la Catalogne.

Y a-t-il ambiguïté entre la gêne causée par des revendications indépendantistes, et la satisfaction de voir une brèche sérieuse, venue d’en bas, porter atteinte à l’intégrité d’un État-nation membre de ladite UE ?

Quoi qu’il en soit la question catalane me paraît paraît être le début d’une forme de démantèlement d’un État-nation. Monsieur Rajoy, adossé à la Constitution, ne peut accepter cette mise devant le fait accompli du référendum. Aujourd’hui la logique d’affrontement prévaut. Jusqu’où ?

 


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37 réactions à cet article    


  • Christian Labrune Christian Labrune 10 octobre 11:21

    à l’auteur,
    Excellent article.
    J’ai quand même eu peur : lisant la phrase en exergue sans tenir compte des guillemets, j’ai cru une fraction de seconde que vous étiez devenu fou !

    J’ai lu très vite parce que je n’ai pas trop le temps de m’attarder ce matin, mais j’ai particulièrement apprécié cette constatation paradoxale et fort pertinente :
    "Dans ce sens l’Union Européenne est une super-nation. Or justement cette super-nation, ayant pour objectif de dissoudre les États-nations qui la composent, favorise de fait les émergences régionales et locales.« 
    J’ai aussi l’impression, mais je connais trop mal la situation en Espagne pour être à même de développer, que l’idéologie des indépendantistes n’est pas très éloignée de celle de cette nébuleuse pitoyablement confusionniste qui aura produit des »indignés" un peu partout, et en France l’an passé, les somnambules de la place de la République. Bref, c’est ce que j’appellerai l’islamo-gaucho-fascisme. On en aura eu encore quelques exemples singulièrement inquiétants en France la semaine passée après les assassinats de la gare Saint-Charles.
     


    • @Christian Labrune

      Donc Heidegger n’était pas nazi : CQFD.

    • Christ Roi Christ Roi 10 octobre 19:11


      Les indépendantistes de Catalogne sont en réalité téléguidés par Washington. ce sont des traitres payés pour nous détruire.

      https://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/asselineau-aujourd-hui-les-74729


    • @Christian Labrune


      ISLAMO-GAUCHISTE,..revoyez votre histoire. C’est PIERRE MENDES FRANCE qui fut l’initiateur du régionalisme.

    • Djam Djam 11 octobre 00:09

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.
      Ne glissez pas dans le donneur de leçon, vous risquez de vous emmêler les arpions... L’initiateur des eurorégions ne fut pas Mendes France, désolé de vous contre dire. Ce projet remonte au nazisme, lorsque l’Allemagne encore dominante planifiait son pangermanisme. La France était son ennemi majeur de par sa singularité politique et territoriale. les hauts responsables nazis avaient déjà dessiné la future carte de France... morcellée en une poignée de grandes régions !
      Allez jeter un oeil dans le superbe ouvrage de Pierre Hillard : l’Atlas de la mondialisation". Super bien fait, toutes les sources sont des documents officiels et le rédactionnel archi accessible. On apprend d’où sort cette saloperie d’Oignon Européen et le projet de destruction de toutes les vieilles nations. On y apprend aussi qui furent les financiers de cette Allemagne nazi et de ce projet qui a ses origines bien au-delàs de votre Mendès France...


    • moi29 moi29 11 octobre 08:56

      @Christian Labrune
      islamo gauchofascisme ! c’est une connerie sans nom ! quel ramassis !


    • @Djam



      Hitler avait un grand rêve (inconscient) : la destruction totale de la planète ; allemands y compris. Lire Christian NOTS.

    • Olivier Perriet Olivier Perriet 10 octobre 11:22

      Bonjour,
      Dénoncer un nationalisme catalan supposé ravageur n’est pas raisonnable.

      Si :

      on parie combien que les plus irrédentistes iront faire péter des bombes lorsqu’ils comprendront que leur indépendance n’est pas accessible pour l’heure ?

      Le discours est déjà tout prêt, l’antifascisme de pacotille, le passage à l’acte est à portée de main.

      Mais je comprends le « malaise » que cela suscite chez certains idéologues :

      depuis 30 ans, ils nous parlent de la sécession des arabo-musulmans, et là, que voit-on ? Le projet de séparatisme le plus abouti, dans nos vieux pays européens, ne vient pas des quartiers Nord de Marseille ou des cités du 93 mais des identitaires de Catalogne, leurs frères.

      Malaise smiley


      • Self con troll Self con troll 11 octobre 09:23

        @Olivier Perriet
        Vous préférez les quartiers Nord ou les ramblas ?

        Mais, foin de préjugés ; j’ai un ami marseillais qui s’est fait piquer sa pochette à Barcelonne.


      • Armelle Armelle 11 octobre 10:41

        @Self con troll
        à cela il vous a dit que c’était moins grave que de se faire chopper sa piquette ?


      • Self con troll Self con troll 11 octobre 11:39

        @Armelle
        Non ma cane, il boit de la bière.
        Au fait, pour la balade en deudeuche, plage des Catalans, ça va ?


      • Vous voulez la mondialisation ? Nous revendiquons la régionalisation !


        • Pere Plexe Pere Plexe 11 octobre 09:43

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.
          Les deux s’accommodent parfaitement l’un de l’autre.

          l’UE, pro mondialiste, est aussi pro région et anti nation. 


          • Christian Labrune Christian Labrune 10 octobre 12:01

            Gaudi contre Caudillo.

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Oui, c’est ce qu’Olivier Perriet, juste au-dessus, appelle fort justement « antifascisme de pacotille ».


          • Christian Labrune Christian Labrune 10 octobre 12:02

            ERREUR SYSTEME

            C’est à Mélusine que s’adressait cette remarque, et non pas à moi-même.


          • @Christian Labrune

            Amusant le : COUAC...

          • rogal 10 octobre 13:51

            Une bonne analyse.

            Selon les préjugés de ce siècle, le nationalisme c’est mal (sauf en régions), alors que le patriotisme c’est bien. Faut-il en déduire que la nation est mauvaise tandis que la patrie est bonne ?
            Dommage alors que la Constitution française comporte plusieurs fois le mot Nation et pas une seul fois le mot Patrie.


            • Lugsama Lugsama 10 octobre 16:08

              @rogal

              « La haine, celle de l’impuissance, est en eux [les critiques d’extrême-droite], ce qui est naturel dans le nationalisme : le patriotisme, c’est d’abord l’amour, le nationalisme, c’est d’abord la haine, le patriotisme, c’est d’abord l’amour des siens, le nationalisme, c’est d’abord la haine des autres. » Romain Gary.

              Il ne s’agit pas de différencier la Nation et la Patrie, c’est simplement l’Histoire qui donne des connotations négative ou positive à ces mots. Tous les politiques en dehors de l’extrême gauche international se diront patriotes (et encore), seul ceux d’extrême-droite se diront nationaliste (et en France je ne suis même pas sur qu’ils osent tous..)

              En France comment différencez-vous la Patrie de la Nation par éxemple ?

            • rogal 10 octobre 17:55

              @Lugsama
              Bonne question évidemment.

              L’Histoire et Gary sont-ils les seuls acteurs dans cette affaire ?


            • Alren Alren 15 octobre 12:30

              @Lugsama

              « En France comment différenciez-vous la Patrie de la Nation par exemple ? »

              En France, cher étranger, l’idée d’une Nation une et indivisible est née avec la première République quand les citoyens ont compris que Louis XVI et sa femme envoyaient les plans de campagne de nos armées à leurs ennemis autrichiens, prussiens, anglais et qu’il fallait donc abolir la royauté et condamner à la peine prévue pour les traîtres en temps de guerre, ces deux grands coupables.

              La ligue guerrière des princes d’Europe contre la Nation française républicaine l’a associée définitivement dans les esprits à la Patrie.

              Hier les nobles émigrés combattaient ce sentiment, aujourd’hui c’est Macron and co après Sarkozy, Hollande, l’odieux Valls, l’ami du franquisme.


            • Montdragon Montdragon 10 octobre 18:07

              En France par exemple l’Occitanie (image 1), a été conquise au prétexte de la croisade contre les Albigeois.

              Allo ? Duduche au fond près du radiateur, oui vous !


              • Pierre Mendes France décédé le 18 octobre 1982. 33 ans.


                • BA 10 octobre 20:57

                  La République indépendante de Catalogne.

                  C’est une nouvelle nation qui est en train de naître : la République indépendante de Catalogne.

                  Problème : ce soir, le gouvernement espagnol juge « inadmissible » la déclaration implicite d’indépendance de la Catalogne.

                  Mardi 10 octobre 2017, vers 20 heures 35 :

                  Catalogne : Madrid juge « inadmissible » une déclaration implicite d’indépendance.

                  Le gouvernement espagnol a jugé « inadmissible », ce mardi soir, une déclaration implicite d’indépendance de la part de l’exécutif catalan.

                  Le président séparatiste catalan Carles Puigdemont a proclamé, dans la soirée, le droit de la région du nord-est de l’Espagne à devenir un Etat indépendant.

                  « J’assume le mandat selon lequel la Catalogne doit devenir un Etat indépendant sous la forme d’une République », a-t-il dit devant le Parlement de Barcelone.

                  Mais le président catalan a également proposé « de suspendre la mise en oeuvre de cette déclaration d’indépendance pour entamer des discussions afin de parvenir à une solution négociée ».

                  http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/10/10/97001-20171010FILWWW00331-catalogne-madrid-jugeinadmissible-une-declaration-implicite-d-independance.php


                  • Gatling Gatling 10 octobre 22:13

                    Bon, je savais où était l’Ecosse... au Nord de l’Angleterre.

                    Là il a fallu que je vérifie la carte.... coup de bol c’était là , où je le pensais. Par contre je voyais ça beaucoup plus grand ! Quatre départements français ....

                    Il y a eu un référendum, mais personne n’est certain du résultat. C’est mal engagé pour une indépendance !

                    Il y a la puissance économique de cette petite région, mais que doit-elle au reste de l’Espagne ? Peut-elle se passer de commercer avec l’Espagne ?

                    Des taxes à sa frontière pourrait-elle les supporter ? Est-elle en mesure de tenir tête à Madrid.

                    L’armée espagnole n’est pas une armée mexicaine !

                    Autant de questions qui m’habitent... car en mon for intérieur quelque chose me dit que l’affaire est mal engagée.

                    Le club de Barcelone sans les supporters du reste de l’Espagne.... et d’ailleurs fera encore t-il partie du championnat d’Espagne ?

                    No lo sé ....

                    Et, je ne parle pas de l’irresponsabilité d’une poignée d’électeurs qui prennent le risque de déstabiliser un pays entier.... en pleine crise économique !

                    Puis de toute façon pourquoi se battre pour le catalan, quand l’arabe va devenir la première langue de la Catalogne ? Ils sont fous ces ibères ... !  smiley


                    • BA 10 octobre 23:19

                      D’un point de vue juridique :

                      Le parlement de Catalogne compte 135 députés.

                      https://fr.wikipedia.org/wiki/Parlement_de_Catalogne

                      La majorité absolue est de 68 députés.

                      Mardi 10 octobre 2017, une majorité de 72 députés a signé la proclamation d’indépendance de la République de Catalogne.

                      Citation :

                      La déclaration est donc symbolique, mais de plus en plus concrète. Le Parlement catalan a signé, dans la soirée de mardi 10 octobre, la proclamation d’indépendance de République de Catalogne. Une déclaration dont la mise en œuvre a toutefois été suspendue dans l’immédiat par le président catalan, Carles Puidgemont, afin de privilégier le dialogue avec Madrid.

                      http://www.lemonde.fr/europe/live/2017/10/10/crise-en-catalogne-suivez-en-direct-le-discours-du-president-catalan-carles-puigdemont_5198961_3214.html

                      La fameuse déclaration d’indépendance signée par les 72 députés indépendantistes vient d’être publiée par El Mundo : 

                      https://twitter.com/ElMundoEnVivo/status/917845085638856705/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw&ref_url=http%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Feurope%2Flive%2F2017%2F10%2F10%2Fcrise-en-catalogne-suivez-en-direct-le-discours-du-president-catalan-carles-puigdemont_5198961_3214.html

                      Fin de citation.


                      • baldis30 11 octobre 10:08

                        bonjour

                        « Pourquoi ne se constituerait-elle pas en nation indépendante puisqu’elle possède une langue, une culture, et même une ethnie selon Wikipedia ? »

                        Ah ......... ah ..........Wikipédia au secours de l’ethnologie.... wou... ou .. ou ... ouf .... !

                        Bientôt Bigot grand poète de la Placette et de Castanet sera le fondement culturel de la République des Arécomiques ...pour sa remarquable traduction des fables de La Fontaine en langue vernaculaire !


                        • Pere Plexe Pere Plexe 11 octobre 10:17

                          Peut on faire remarquer que cette crise ne doit rien au hasard où le sentiment d’appartenance à la Catalogne est finalement marginal.

                          C’est bien l’UE, et plus ou moins contraint ses états membres, qui ont réactiver les régions, favoriser leurs autonomies, légitimer leurs langues. En un mot réactivé le régionalisme jouant les régions contre les états.
                          C’est bien l’UE, Allemagne en tête, qui à théorisé et légitimé l’égoïsme et fait de la force économique l’unique justification politique : le plus fort économiquement décide les autres suivent.

                          Dès lors comment s’étonner que les régions les plus riches renâclent à la solidarité ?
                          Pour les Catalans les Andalous sont ce que les Grecs sont aux Allemands.

                          Ajouté à la reconnaissance aléatoire du fameux « droit des peuples à l’autodétermination » (applaudi au Kosovo blâmé en Crimée) on comprend mieux le peu de réaction de l’UE...

                          • alinea alinea 11 octobre 10:30

                            Pourquoi pas faire une révolution en Espagne et la transformer en république ? Je suis sûre qu’il y a plein de Castillans ou d’Andalous qui verraient ça d’un bon œil !
                            En ce qui concerne les habitants, l’Histoire, la langue, ma foi je doute que la catalogne soit « pure » ! Quand on voit qu’en Occitanie, les deux tiers des habitants ne sont pas occitans, on se demanderait bien sur quel lieu commun cette indépendance se ferait.
                            Et puis, quoi faire de ce petit bout de France ?
                            Enfin je suppose que leur volonté n’est pas suicidaire, et je suis trop mal instruite pour en comprendre l’urgence. Mais quand je vois l’état du monde, si pour eux c’en est une, c’est sûrement qu’ils y sont assez nantis.


                            • JBL1960 JBL1960 11 octobre 11:40

                              La Catalogne indépendantiste veut un État-nation
                              Et donc, elle démontre ainsi qu’elle veut garder ses chaines de l’esclavage (en référence à Jean-Paul Marat) puisque l’État est le plus froid des monstres froids...
                              L’Espagne, et notamment la Catalogne, ont démontrés qu’elles étaient capables de « vivir la utopia » celle de la Révolution sociale de 1936 comme l’a analysée Isaac Puente et surtout Gaston Leval en 19 points dans Principes et enseignements dans les collectivisations de l’Espagne libertaire dans ce billet de blog De chacun selon ses forces, à chacun selon ses besoins.
                              Passer d’un État à un autre, ce n’est pas vraiment changer d’état...
                              Einstein avait bien dit : Vous ne pouvez pas résoudre un problème en gardant le même processus mental" aussi, la solution n’est pas dans la conservation d’un État-nation, mais dans une société sans État (et même contre l’État).
                              Gustav Landauer avait publié un texte sublime en 1910 expliquant pourquoi le peuple pouvait et avait tout intérêt à changer d’attitude envers l’État ;  De faibles hommes d’État, un peuple encore plus faible.
                              Pour répondre à cet indépendantiste, on peut lui rappeler la phrase de Socrate : L’État est au citoyen ce que le maître est à l’esclave.


                              • nono le simplet nono le simplet 11 octobre 11:48

                                concernant la carte d’Occitanie, je me demande ce qui vient y faire Clermont Ferrand où ils parlent la langue d’oil ...

                                la place de Jaude ... moi je prononce « la place de Jode » smiley

                                • Olivier Perriet Olivier Perriet 11 octobre 14:59

                                  @nono le simplet

                                  Vous vous êtes demandé pourquoi il y a des doublages bretons sur les panneaux routiers dans la Bretagne gallo ?



                                  • P.M.F. Pi ère fille l’eau zoo phalle ;


                                    • Paul Leleu 15 octobre 14:59
                                      La Nation n’a plus de raison d’être si elle ne propose pas mieux que la région. La Nations se sont construites historiquement contre les Régions, en apportant du mieux-être aux peuples. 

                                      le problème, c’est que les états-nation sont impuissants à porter l’avenir des peuples aujourd’hui... en effet, ce sont justement les états-nations qui ont cherché à se transcender dans l’Union européenne. 

                                      Pourquoi ? Parce-que les nations avaient pour but d’évoluer vers le socialisme... c’est à dire vers la démocratie réelle... Mais leur chemin a été interrompu maintenant. 

                                      Non seulement les nations ont dégénéré en nationalisme qui a fait 80 millions de morts entre 1914 et 1945... 

                                      Mais en plus, les classes possédantes n’ont pas voulu abandonner leurs privilèges en 1945... du coup, on est entré dans l’ère du compromis social-démocrate... et puis ensuite, ce fut le néolibéralisme... la Nation n’a plus de raison d’être si elle ne propose pas mieux que la Région. 

                                      • BA 15 octobre 18:31

                                        Jean-Claude Juncker vient de faire une déclaration explosive.

                                        La Commission européenne ne reconnaît pas le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

                                        Vendredi 13 octobre 2017 :

                                        Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a déclaré aujourd’hui qu’il ne souhaitait pas que la Catalogne devienne indépendante, craignant un effet domino en Europe.

                                        « Si nous laissons la Catalogne se séparer - mais ce n’est pas notre affaire -, d’autres le feront. Je ne souhaite pas cela », a-t-il martelé dans un discours devant des étudiants à l’université du Luxembourg. Il s’est dit « très inquiet » face aux menaces séparatistes en Europe.

                                        « Je ne veux pas d’une Union européenne qui comprendrait 98 Etats dans 15 ans. C’est déjà relativement difficile à 28, pas plus facile à 27, mais à 98, ça me semble impossible », a ajouté M. Juncker, appelant à « la responsabilité de tous les acteurs ».

                                        http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/10/13/97001-20171013FILWWW00198-catalogne-juncker-ne-souhaite-pas-l-independance.php


                                        • genrehumain 15 octobre 20:02
                                           « Je ne suis ni Athénien, ni Grec mais un citoyen du monde »
                                           Socrate

                                          Notre défi actuel est de passer rapidement d’un monde divisé en un monde Uni. Prenons enfin conscience de ce changement de Paradigme.

                                          Les deux guerres mondiales, fruits atroces de ce nationalisme désuet du temps où les hommes de cette planète se vivaient encore comme des entités autonomes sans liens réels avec leurs semblables, devraient nous enseigner le dérisoire de ses pensées de replis sur soi et leurs dangers. 

                                          1. La crise majeure du politique que nous vivons et l’accès de nouveau au plus haut poste de responsabilité, de dirigeants populistes et souverainistes qui ont entre leurs mains des armes d’une puissance de destructions sans pareils, qui elles ne tiendront pas compte des frontières et des espaces, nous appelle à ouvrir les yeux et à réagir rapidement , afin de mettre en place sur notre petite planète, la gouvernance dont à besoin un monde interdépendant et solidaire .

                                           Cette citation d’un grand penseur de notre époque prend dés lors toute son actualité.

                                          1.  »L’unification de l’humanité tout entière est le signe du stade qu’approche à présent la société humaine. L’unité de la famille, celle de la tribu, de la cité, de la nation ont été successivement tentées et pleinement établies. L’unité du monde est maintenant le but que s’efforce d’atteindre une humanité harassée. L’édification des nations a pris fin. L’anarchie inhérente à la souveraineté de l’Etat va vers son point culminant. Un monde qui progresse vers sa maturité doit abandonner ce fétiche, il doit reconnaître l’unité et la totalité organique des relations humaines, et établir une fois pour toutes le mécanisme qui incarne le mieux ce principe fondamental de son existence.

                                          2.  ( Appel aux Nations, Shoghi Effendi, 1936 )

                                          3. C’est vers cette Unité que nous devons diriger nos vies et nos efforts, si nous voulons abroger les soufrances et les maux qui assaillent l’humanité, unité revendiquée haut et fort par des grandes figures de ce siècle.
                                          4. “La terre n’est qu’un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens.”

                                            Baha’ullah

                                            “ Le droit même de vivre ne nous est donné que si nous remplissons notre devoir de citoyen du monde.”

                                            Mahatma Gandhi

                                            “Un monde uni ou le néant. “

                                            Albert Einstein

                                            “ La terre est ma patrie et l’humanité ma famille.

                                            Khalil Gibran


                                            Pour terminer, par les événements d’Espagne voici la citation de l’un de leur plus grand poète et dramaturge.

                                            “ je chante l’Espagne et je la sens jusqu’à la moelle,
                                             mais je suis d’abord citoyen du monde et frère de tous.”

                                            Federico Garcia Lorca

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