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Accueil du site > Tribune Libre > Caucase : Le comportement génocidaire et agressif de la Turquie, toujours (...)

Caucase : Le comportement génocidaire et agressif de la Turquie, toujours présents…

Tout le monde le sait et le reconnait, sauf la Turquie.

La propagande négationniste de la Turquie, accentuée durant la gouvernance d'Erdogan ne connait aucune limite ! Après celle qui se concentre sur la négation du génocide arménien de 1915-1918, il y a celle qui consiste à imposer l’idée que l’Artsakh (Haut-Karabagh) est et a toujours été, un territoire azerbaïdjanais !

La République d'Artsakh est située sur une telle quantité de vestiges, tant de l'Arménie antique, que d'une myriade d'églises et de monuments éminemment chrétiens, qu'il est historiquement invraisemblable de parler de terre azérie pour justifier la guerre et la destruction infligées aux Arméniens ; guerre menée conjointement par les Azerbaidjanais et les Turcs.

Quand je vois cette justification, je ne peux m’empêcher de penser au cas de Chypre : tous les politiques turcs, de gauche comme de droite ou d’extrême droite, ont justifié l’invasion turque de 1974 et l’occupation du tiers nord de l’île, par la présence de la communauté chypriote turque à Chypre. Cependant, plusieurs d’entre eux ont clairement indiqué que leur occupation de Chypre n’avait d’autre raison d’être que l’importance géostratégique de l’île. Déjà Atatürk disait, après la signature du traité de Lausanne par lequel la Turquie renonçait à tout droit sur Chypre, qu’il fallait garder un œil sur Chypre car « l’île était comme un poignard dirigée vers le ventre de la Turquie ». Plus récemment, Ahmet Davutoglu, le théoricien du néo-ottomanisme disait qu’heureusement qu’il y avait la communauté chypriote turque sur Chypre pour justifier l’invasion et l’occupation turques ; il ajoutait : « Mais, même s’il n’y avait aucun turc sur Chypre, il y aurait toujours une question chypriote pour la Turquie ». Cela est assez clair, me semble-t-il !

Mais revenons à l’Artsakh. Parler de « séparatistes arméniens » est du pur négationnisme historique. Les Arméniens vivent là depuis des millénaires et toujours été très largement majoritaires, même durant la période soviétique pendant laquelle les azéris ont tenté un nettoyage ethnique de la région.

Ce négationnisme rejoint la tentative d'extermination pré nazie du peuple arménien en 1915 par la Turquie (d’ailleurs, la haute direction de l'armée du IIème Reich a conseillé son allié turc et a beaucoup appris de lui quant à l'extermination de ses minorités : le génocide des arméniens, le massacre des chrétiens assyro-chaldeens, des grecs.. a été exemplaire pour les nazis).

Jamais quiconque, hors les arméniens, n'a construit ce territoire qui porte toutes les traces de leur présence historique. Que les « alliés » victorieux du Reich, aient en 1918 fabriqué l'Azerbaïdjan, que Staline, le géorgien formé par les dominicains, ait décidé de casser cette trame historique et politique en offrant le territoire arménien aux azéris, n'a jamais rien supprimé de la réalité arménienne du lieu. Staline voulait déjà ( !) satisfaire la Turquie, afin qu’elle ne rejoigne pas l’Occident…

Le négationnisme d'appartenance et d'adhésion territoriale arménienne de l’Artsakh à une Arménie historique rejoint le négationnisme du génocide des arméniens du national islamiste, Erdogan. D’ailleurs, ce dernier a enrôlé ses amis djihadistes syriens pour en finir avec les Arméniens…

La Turquie est née dans les génocides : celles des Arméniens, des Grecs, des Chrétiens orientaux…

La Turquie est née dans les persécutions : celles des Kurdes, des Alévis, des non-musulmans…

La Turquie d’Erdogan tente d’atteindre une chimère : la gloire du passé et de devenir une puissance mondiale, en envahissant tous ses voisins : Chypre, la Syrie, la Libye, l’Irak, la Grèce (zone économique exclusive), l’Artsakh (par l’intermédiaire de ses djihadistes et des Azerbaidjanais…

* Je ne résiste pas à la tentation de vous proposer ci-après l’interview[1] de Hamit Bozarslan à Philosophie Magazine.

Hamit Bozarslan est un historien et politologue turc, spécialiste du Moyen-Orient, de la Turquie et de la question kurde. Dans cette interview, il pose toutes ces questions et apporte son expertise éclairée.

L’interview : « La logique qui a conduit au génocide arménien est à l’œuvre dans le Haut-Karabagh »

Depuis que la guerre a repris, voilà près d’un mois, entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, on s’interroge sur l’implication de la Turquie dans ce conflit « gelé » pendant trente ans. Pour l’historien et politologue spécialiste du Moyen-Orient, Hamit Bozarslan, ce conflit se fonde sur une « mission historique » de la Turquie fantasmée par son chef d’État, Recep Tayyip Erdoğan. Une idéologie qui réactive la logique à l’œuvre dans le génocide arménien de 1915.

Question : Comment se fait-il que le conflit « gelé » entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan autour du Haut Karabakh reprenne aujourd’hui ?

Hamit Bozarslan : Il est dû tout d’abord à une vacance de pouvoir sur la scène internationale, due à la lâcheté des démocraties. La conquête par la Turquie de la région syrienne d’Afrine, puis du Rojava (Kurdistan syrien), et plus récemment les incursions en Libye et en Méditerranée orientale ont tout au plus donné lieu à des déclarations d’indignation. Or, à chaque fois que les démocraties reculent, les « anti-démocraties » progressent, non parce qu’elles sont puissantes mais parce que les démocraties refusent de montrer leur propre puissance. Cela augmente considérablement la puissance de nuisance d’acteurs régionaux, tels que l’Iran et la Turquie. Et cette puissance est utilisée de la manière la plus cruelle possible. Les démocraties manquent en ce sens de conscience historique. Le deuxième facteur est l’esprit de revanche qui s’est emparé de Bakou, porté par la dynastie Aliyev au pouvoir. La question du Haut-Karabagh n’est pas récente, elle date de 1921. Au lieu d’envisager de résoudre cet enjeu par des négociations, qui déboucheraient soit sur une large autonomie, soit sur un référendum, le régime attise une hostilité qui légitime sur le plan intérieur le nationalisme azéri. Enfin, ce conflit s’insère dans la stratégie d’Erdoğan, qui se sent investi d’une mission historique. Pour lui le temps est venu de l’imposer par la force dans la région, et cela passe désormais par les armes. Le contrôle du Rojava, au Kurdistan syrien, lui a permis de créer un « Djihadistan », où est formée une force mercenaire, déjà déployée en Libye et aujourd’hui dans le Haut-Karabagh.

Question : Ce conflit présente-t-il une dimension existentielle pour les Arméniens ?

Hamit Bozarslan : Le génocide arménien de 1915 est une apocalypse qui visait à détruire une communauté historique. L’Arménie est le premier royaume chrétien du monde, son histoire a été attestée, étudiée et déposée dans des chroniques pendant plus de mille cinq cents ans. Le génocide est une tentative de destruction de cette longue histoire, de la même manière que la Shoah visait à anéantir la judaïté dans son ancrage historique, dans son territoire et dans ses traditions savantes. Plus encore, cette annihilation totale contraint les survivants à n’avoir comme unique point de départ que le néant. Le sociologue Karl Mannheim a théorisé la revanche de Kaïros, le Dieu de l’opportunité, sur Chronos, le Dieu du temps institué : il faudrait imposer un moment de traumatisme absolu pour bouleverser le cours de l’histoire. Cette logique, qui a conduit au génocide de 1915, est aujourd’hui à l’œuvre dans le Haut-Karabagh : détruire le temps, détruire l’espace, et imposer une deuxième annihilation comme le seul repère qui puisse encore exister. C’est comme si la mission d’Erdoğan de constituer une civilisation turco-islamique ne pouvait passer que par la destruction de la civilisation ailleurs.

Question : Vous avez développé à cet égard le concept de « dé-civilisation »…

Hamit Bozarslan : La civilisation se caractérise par la confiance dans le temps, dans l’espace, et dans les institutions. Elle est une façon d’intérioriser des contraintes – comme l’a analysé Freud – et de régler les conflits dans un cadre institutionnel pour s’affranchir de la violence. Elle est donc un processus qui devient conscient de lui-même dans sa propre réalisation. Il n’y a en ce sens qu’une seule civilisation : elle ne saurait se décliner en civilisations nationales ou confessionnelles. Elle est un état d’humanité qui n’accepte pas les frontières, mais qui les franchit. Or, les « anti-démocraties » ont une lecture toute autre. Pour Erdoğan, la civilisation turco-islamique est irréductible à toute autre civilisation, et sa montée en puissance impose la destruction de la civilisation tout court. L’annihilation du temps et de l’espace dans un territoire comme l’Arménie est une condition de son épanouissement. La dé-civilisation consiste à imposer la destruction du temps par les armes. Il y a par ailleurs une dimension spatiale : il s’agit de brutaliser l’espace, d’imposer la mort dans l’espace, de réduire totalement la mobilité volontaire ou bien de faire de la mobilité une contrainte. Aujourd’hui, la quasi-totalité de la population du Haut-Karabagh, soit 150 000 personnes, est réfugiée en Arménie. Enfin, le troisième élément est la confiance : comment faire confiance à la vie si la mort est omniprésente, que le temps n’existe plus et l’espace vous a été dérobé ?

Question : Ces puissances anti-démocratiques visent à détruire le rapport au temps, mais elles se revendiquent elles-mêmes d’une continuité historique. N’est-ce pas paradoxal ?

Hamit Bozarslan : Elles se revendiquent d’une continuité non pas historique, mais transhistorique. Une continuité pratiquement métaphysique, qui serait liée à une « mission historique ». Or la mission historique n’est pas l’Histoire. Erdoğan aime à dire que la Turquie se divise en deux catégories : les amis de 2071 et les ennemis de 2071. L’année 2071 marquera le millénaire de la première victoire turque contre les Byzantins – la bataille de Manzikert. Cette bataille incarne pour Erdogan le début de la mission historique turque et il entend restituer, d’ici à 2071, la pureté ontologique de la nation turque. Erdoğan estime que le projet de la nation turque a été entravée par des ennemis de l’extérieur (des puissances qu’il appelle « impérialistes »), de l’intérieur (les Arméniens notamment, mais pas exclusivement) et par la trahison d’une élite turque. Il faudrait donc effacer les traces de l’occidentalisation, créer l’unité charnelle entre le leader et la nation, et purifier la nation de ses éléments traîtres qui se sont acculturés, de sorte que de cette mission historique puisse recommencer. Il faudrait délibérément détruire l’Histoire et ce qu’elle a produit pour pouvoir recommencer une mission historique. Il y a là une contradiction absolument majeure. Une réflexion analogue est à l’œuvre dans la Russie de Poutine et dans l’Iran des mollahs.

Question : Ces trois puissances sont plus ou moins présentes dans le conflit dans le Haut-Karabagh, et de manière affirmée en Syrie. Le fait qu’elles partagent l’idée d’une mission historique donne-t-elle lieu à un rapprochement, ou cela va-t-il inéluctablement les amener à s’opposer ?

Hamit Bozarslan : Les deux. Je cite souvent une phrase de La Boétie : « Les méchants entre eux ne peuvent devenir amis, ils ne peuvent devenir que complices. » Leur complicité se soude à l’encontre de l’Occident et des Lumières, leurs ennemis identifiés. Il y a des moments de compromis et de rapprochement entre ces trois puissances. Mais ces trois États s’adonnent par ailleurs à une guerre ouverte en Syrie depuis 2011, à tel point que la Turquie a détruit un avion russe en 2015. La Russie, qui mène une politique impériale cynique, tolère cette situation : elle ne souhaite la fin d’aucun conflit, afin de conserver la possibilité d’agir en arbitre. Toutefois, elle est pétrifiée par la présence des djihadistes que la Turquie a amenés dans le Haut-Karabagh. Aussi aujourd’hui ne voit-on d’autre solution que de compter sur la Russie pour tempérer la situation dans le Haut-Karabagh. Je me brutalise moi-même en prononçant ces paroles, car j’aurais souhaité que l’Union européenne soit plus active et prenne des mesures contre la Turquie. Or ce n’est pas le cas. Nous sommes donc contraints de compter sur une autre « anti-démocratie » pour arrêter l’« anti-démocratie » d’Erdoğan.

* Est-il encore nécessaire de rajouter quelque chose, après ces paroles poignantes ?

 

[1] Philosophie Magazine : Hamit Bozarslan, propos recueillis par Hannah Attar publié le 20 octobre 2020.

 


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9 réactions à cet article    


  • vraidrapo 23 octobre 20:51

    J’ai écouté le tête à tête Zemmour-Onfray ce soir sur CNews.

    Ce fut un plaisir comme d’habitude.

    Il en ressort que l’affaire est mal engagée pour la laïcité.

    La défaite des Lumières est annoncée sans ambiguité.

    Quel sera le visage de la France dans 20 ans, 40 ans ? Ce serait amusant d’en avoir une idée avant de quitter ce monde et sa connerie frivole ou macabre..

     smiley


    • vraidrapo 23 octobre 20:58

      @vraidrapo

      Illustration :

      Les Arméniens ont protesté devant le siège de TF1 à Paris après le reportage scandaleux pro-azéri d’hier aux informations

      https://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=70622


    • vraidrapo 23 octobre 21:07
      Samedi 24 octobre
       10h15

      radioayf-fm.com

      L’émission « Cartes sur Table » de samedi 24 octobre reviendra sur la situation en Arménie, avec nos correspondants locaux, sur l’évolution du contexte géopolitique, ainsi que sur la mobilisation de la Diaspora, dont celle des médecins qui se sont rendus sur place et que nous aurons l’occasion d’interroger.

      sur 99.5 fm  en région parisienne

      • vraidrapo 23 octobre 21:09

        @vraidrapo (erratum)

        radio-aypfm.org

        Frederic Encel
        Géopolitologue,
        Professeur à Sciences Po Paris

        Jean Michel Eckerian
        Chirurgien Anesthésiste

        Jules Boyadjian
        président du CDCA

        Mourad Papazian et Ara Toranian
        coprésidents du CCAF

         

        Et, sous réserve de communications
        téléphoniques abouties avec l’Arménie,

        Vahé Ter Minassian
        correspondant de France Arménie et Ayp Fm

        Keram Manoukian

        Directeur de Yerguir Media TV


      • vraidrapo 24 octobre 06:11

        PHOTOS :
        En exclusivité pour « L’Obs », le photographe Lorenzo Meloni, de l’agence Magnum, pose un regard plein d’humanité sur ce territoire en gurre.
        Dans cette enclave peuplée d’Arméniens, les habitants et les soldats font face, impuissants, aux assauts du camp azéri.

        Avec leurs jolis rubans rouges, on dirait des cotillons du jour de l’An. Ce sont en fait des bombes à fragmentation israéliennes qui se déversent en pluie sur les Arméniens du Haut-Karabakh. Dans cette guerre asymétrique, l’Azerbaïdjan, porté par la Turquie qui a envoyé ses supplétifs syriens combattre les Arméniens, ravitaillé en drones par Israël avec lequel il entretien cyniquement une relation stratégique, devrait avoir l’avantage.

        Le peuple arménien qui est pourtant chez lui dans le Haut-Karabakh, depuis l’Antiquité, cerné par son ennemi en raison des découpages territoriaux imaginés par Staline. Il ne saurait renoncer à ce sanctuaire, après avoir été systématiquement chassé de ses terres et avoir subi un génocide que les Turcs voudraient bien parachever devant nos yeux.

        https://www.nouvelobs.com/monde/20201020.OBS34981/photos-haut-karabakh-une-tragedie-armenienne.html


        • vraidrapo 24 octobre 14:49

          Même pas peur !

          un mariage dans la Cathédrale de Chouchi, 2 fois bombardée .

          Le mariage est le premier après l’attaque à la roquette, qui a fait des blessés parmi les habitants et les journalistes étrangers.

          La cérémonie a été couverte par des dizaines de médias.

          Photos du couple de marié remarquablement beau :

          http://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=70668



            • vraidrapo 24 octobre 18:06

              Nous devons vivre L’Appel des enfants d’Artsakh au monde entier, 2020.

              https://www.youtube.com/watch?v=E2akinodic0


              • vraidrapo 24 octobre 23:38

                Genocide Watch classe l’Azerbaïdjan au 9e rang des pays qui peuvent pratiquer un génocide et au 10e rang mondial des pays négationnistes

                +++++++++++++++++++++++++++++


                The establishment of the Azerbaijan Democratic Republic in 1918 began with the systematic extermination of the Armenian populations living in Azerbaijan and the provinces of Nakhichevan and Nagorno-Karabakh. Often viewed as an extension of the 1915 deportation and genocide of Ottoman Armenians, Azerbaijani forces in Baku slaughtered at least 15,000 Armenian civilians in the ’September Days.’ Azerbaijanis also slaughtered 1,000 Armenians in 1919-1920 in the Karabakh cities of Shusha and Khaibalikend. These historic genocidal massacres contribute to Armenian distrust of Azerbaijan today.


                Soviet rule brought the massacres against Armenians to an end, but the dispute over Nagorno-Karabakh during the dismantling of the Soviet Union reignited violence against the Armenian minority in Azerbaijan. From 1988 to 1990, Azerbaijani mobs robbed, beat, raped, and murdered ethnic Armenians in the towns of Sumgait, Baku, and Kirovabad. This campaign of terror caused the forced expulsion of nearly all Armenians living in Azerbaijan.


                In 1988, a parliament was formed in Nagorno-Karabagh and in a referendum, the region’s Armenian citizens voted for independence, declaring the Republic of Artsakh. Azerbaijanis boycotted the referendum. A 6-year civil war followed. Armenian forces defeated Azerbaijani forces and many Azerbaijanis fled from Nagorno-Karabakh. During the war, Azerbaijani forces shelled Stepanakert, killing over 100 Armenian civilians, and Azerbaijani forces destroyed Armenian villages, killed civilians, and mutilated corpses. In one significant massacre in the village of Marga, Azerbaijani forces murdered over 100 Armenian civilians in April 1992.


                The Azerbaijani government under Ilham Aliyev denies any violence against Armenians and is also a denier of the 1915 Armenian Genocide committed by the Ottoman Empire.

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