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Accueil du site > Tribune Libre > Ce dimanche, le mouvement des Gilets jaunes a fêté sa première année. Et (...)

Ce dimanche, le mouvement des Gilets jaunes a fêté sa première année. Et après ? (deuxième partie)

Charte officielle des Gilets jaunes

Dans la première partie de cet article, nous avons émis l'idée selon laquelle le mouvement des Gilets jaunes ne s'y était pas pris de la meilleure façon pour arriver à ses fins. L'enthousiame et la ferveur qui étaient de mise au début, ainsi que le besoin de faire lien sur les giratoires (très important pour une prise de conscience collective et ainsi espérer fédérer les énergies) semblent être retombés depuis. Et surtout très rapidement.

Alors pourquoi ? Que s'est-il passé ? Si nous avons commis des erreurs — c'est la thèse que nous défendrons ici — où se situent-elles, et peut-on encore rattraper une situation bien compromise aujourd'hui, c'est-à-dire un an plus tard ?

C'est à ces questions que nous allons tenter de répondre. Oui, nous allons tenter de démontrer que nous aurions pu et dû faire autrement, et ce sans aucun jugement contre qui ou quoi que ce soit mais simplement d'un point de vue du témoignage et de l'analyse. Nous avons failli. Et nous en sommes marris.

Un an a passé et le bilan est pour ainsi dire nul. Mais s'agissant de l'avenir, le pire n'est jamais sûr.

Oui, un an a passé et le constat est froid, insensible et sans appel : nous n'avons rien obtenu. Absolument rien. Peut-être quelques miettes... ?

Les frigos qui l'an dernier étaient vides dès le 15 du mois le sont toujours, et sans doute encore plus nombreux cette année. Peut-être même que pour certains, c'est un ou deux jours plus tôt dans le mois ?

Les gens qui témoignaient en décembre 2018 notamment dans le film de François Ruffin J'veux du soleil, — je pense à cette dame handicapée vivant seule avec deux enfants à charge dans les environs de Nîmes et qui faisait les poubelles, qui portait les mêmes vêtements faute de pouvoir s'en acheter de nouveaux, etc.— qu'ont-ils obtenu au juste ?

Las. Force est de constater qu'il n'y a plus personne sur les ronds-points. Et, quand je passe devant l'un d'eux se situant à deux pas de chez moi, c'est cette célèbre chanson de Charles Aznavour (Que c'est triste Venise), qui me revient, et sur laquelle j'ai envie de fredonner... — mais certainement pas sous la douche :

Que c'est triste un rond-point

Au temps des feuilles mortes

Que c'est triste un rond-point

Quand Gilets jaunes n'y a plus

On cherche encore en vain

Ces honnêtes cohortes

On voudrait espérer

Mais on ne les voit plus

Que c'est triste un rond-point

Lorsque nos belles paroles 

Ne disent que de méthode 

Nous nous sommes bien trompés  

 

Oui, qu'il est bien triste ce rond-point. Lui qui l'an dernier à cette époque, et comme beaucoup d'autres partout dans le pays, était orné de pancartes et de drapeaux... Au passage ce n'était que coucous, trompettes, sifflets et klaxons... C'était la fête. Au début uniquemement les samedimanches, et puis très vite ce fut tous les jours. Une sorte de Restos du cœur improvisés..., et ça marchait. La France d'en bas était là, au bord des giratoires : celle de tout en bas .

S'agissant des couches sociales situées un peu au-dessus, si elles avaient adhéré au tout début, il est indéniable qu'elles décrochèrent très vite (quelques jours).

Toujours est-il qu'à un moment il y avait à ce rond-point quelque cent personnes chaque midi, donc également en semaine, et l'on pouvait soit venir échanger autour d'une tasse de café soit même déjeuner plus ou moins gratis. Cela servait donc de soupe populaire, et je crois que c'était très bien. Et plutôt bien organisé : bravo à ceux qui prirent cette logistique en main. Le peuple se retrouvait : il faisait société.

Et quelle était belle cette France, celle qui permit à Emmanuel Todd de dire sur France 2, le dimanche 2 décembre 2018, devant une Léa Salamé médusée :

« Les Gilets jaunes m'ont rendu ma fierté d'être français. Ce qui vient de se passer, il n'y a que la France qui puisse faire ça : c'est-à-dire faire face au pouvoir, de façon complètement désorganisée, ou organisée aussi mais d'une autre manière. La France est le seul pays qui peut faire ça. »

et aussi :

« (...) Et je m'étonne de la naïveté des journalistes qui ne sont même pas capables de supposer que ces déprédations sur l'Arc-de-Triomphe sont le fait d'agents provocateurs. »

Nous sommes alors à la 7ème minute de l'intervention de l'historien, démographe, anthropologue, essayiste et politologue, et ç'en est trop pour les maîtres de cérémonie, Léa Salamé et Thomas Sotto, qui depuis deux bonnes minutes tentent en vain de passer la parole à quelqu'un d'autre. C'est qu'il dérange quelque peu cet Emmanuel Todd... lui qui se dit issu « d'une famille de vieille tradition communiste... » (minutage exact le concernant : 1h32’50’’— 1h39’20’’)

Mais nous l'avons dit : tout ça est bien fini. Grosso modo la décrue sur les ronds-points débuta vraiment avec la fin du mois de janvier 2019. Allez savoir pourquoi : la fatigue, le froid, les viroses, les conflits de personnes, la prise de conscience que tout cela finalement était bien illusoire, un peu de tout ça... ?

Oui, très vite il n'y eut plus que ceux qui pouvaient vraiment tenir, ceux qui disposaient d'un peu de temps : les retraités. Et aussi quelques chômeurs. Parce que pour les autres, réalité oblige, il fallait bien s'en retourner comme avant, au travail... ou à ce qui en tient lieu, et ce après n'avoir rien obtenu du tout. Hormis les sempiternelles paroles du petit banquier, cette fois-là les deux mains bien posées sur la table. (voir l'excellente vidéo de La Bajon)

Oui, le pouvoir est toujours en place, et à ce jour rien n'indique qu'il n'y restera pas jusqu'à la fin du quinquennat (avril 2022). En outre, bien qu'à quelques jours de la grève du 5 décembre — dure et illimitée nous dit-on — nous avouons être assez dubitatifs sur la suite. Nous y reviendrons.

Alors pourquoi ? Oui pourquoi la neutralisation de ce mouvement des GJ commença-t-elle, et si tôt ?

Volontairement nous mettrons à l'écart tout ce que le gouvernement fit, et pas qu'un peu, certes non, pour neutraliser ce mouvement. Nous nous intéressons ici à l'organisation du mouvement lui-même et à partir de ce que nous avons constaté sur place.

Autrement dit s'agissant des GJ, qu'aurait-il fallu faire, sinon pour éviter cette pente descendante, du moins pour stabiliser le mouvement à un niveau assez proche, numériqument parlant, de ce qu'il était il y a un an ? Oui quoi faire, et ce dès le début ?

N.B. : Nous allons employer le présent, car cela reste d'actualité aujourd'hui.

D'abord bien comprendre que Macron ne nous accordera rien. Ce qui, semble-t-il, n’était pas le cas pour tout le monde. Il y avait en effet beaucoup de naïveté sur les giratoires. Hélas. C'était frappant.

Fort logiquement il fallait dépasser les sempiternels « Macron démission ! » ou « On ne lâchera rien ! » et adopter une politique ambitieuse dite de l'escalier, ou, si l'on préfère, des étapes successives. Et ce dans l’ordre chronologique suivant :

La première marche de l'escalier menant en fin de compte à la prise du pouvoir du peuple, donc à la démocratie — car c'est bien de cela qu'il s'agit — c'est de prendre conscience que nous n'avons rien à attendre du pouvoir actuel. Ni des suivants d'ailleurs, et plus généralement d'aucun pouvoir, si nous le peuple ne le contrôlons pas.

Et pour cela, il faut obtenir le Référendum d'initiative citoyenne (RIC) . C'est le premier point.

N.B. : L'obtenir, cela veut dire l'arracher, l'imposer et ce de nos propres forces (intellectuelles surtout !), de par notre volonté. Une volonté collective et assurée. Parce que sinon, nous ne l'obtiendrons JAMAIS.

D'où la nécessité de mettre en place une éducation populaire, destinée à élever le niveau de conscience politique du peuple et notamment lui faire comprendre que l'objectif prioritaire c'est l'élection présidentielle de 2022 (nous y reviendrons), et aussi la réécriture de la Constitution.

Cette éducation populaire est en effet un passage obligé : la clé de voute de l'édifice que nous devons construire tous ensemble. Car si un jour tout devait exploser — et quelle qu'en soit la raison — nous serions alors prêts. Prêts à prendre le pouvoir, ou tout au moins à nous donner cette possibilité parce que devenus entre temps des citoyens éclairés  : nous serions donc compétents déjà pour réécrire nous-mêmes la Constitution, notamment en y insérant le RIC. Nous-mêmes, cela veut dire sans passer par la case d'une assemblée constituante élue. Surtout pas.

La deuxième marche, c'est donc de mettre en place ce dispositif d'éducation populaire. Ne compter que sur nous pour ce faire et surtout s'y tenir. En effet, on ne revient pas comme ça, d'une chiquenaude, sur plus de deux cents ans de conditionnement des esprits selon lequel le peuple, déclaré plus ou moins incapable, devrait avoir des représentants. Et ce sans qu'il puisse les contrôler. La forme organisationnelle pouvant varier, d'un endroit à l'autre bien sûr, mais s'inspirant de ce que Étienne Chouard propose depuis au moins dix ans : des ateliers constituants.

Et de proche en proche, donc avec le temps et du fait que le pouvoir ne cèderait rien ; nous serions chaque jour plus nombreux à nous intéresser cette affaire.... Et nous commencerions à intéresser les médias. Surtout étrangers.

Ces deux marches sont fondamentales. En somme un passage obligé. Nous développerons ce processus et ses conséquences, médiatiques notamment, dans la prochaine partie.

Au lieu de cela, dès le mois de décembre cela partit dans tous les sens : la santé, la transition énergétique, la hausse du SMIC et des retraites, l'annulation de la dette, l'embauche massive de fonctionnaires, etc. Cf la charte officielle des GJ.

Et tout ça pour obtenir quoi finalement ?

Et je vais le dire tout net, et comme je le pense depuis le début, devrais-je en décevoir ou contrarier certains : tant que nous n'aurons pas mis le RIC dans la Constitution, et un RIC en toutes matières SVP !, il était et reste vain de faire des dizaines de propositions ou de revendications.

Dit autrement : cinquante revendications ? C’était 48 de trop.

Il fallait se limiter à deux. DEUX !

1) Le RIC en toutes matières (déjà dit)

2) La suppression de la TVA pour les produits de première nécessité. (alimentation de base, eau, gaz et électricité).

C’est tout.

Toute autre considération ne revenant qu'à vouloir mettre la charrue avant les bœufs.

Nous n'avons donc pas su saisir cette formidable occasion qui s'offrait à nous : capter tous ces gens sur les ronds-points pour les amener à réfléchir à l'opportunité de ces deux premières étaoes. Quelle erreur de ne pas avoir su tirer parti de ce formidable capital de sympathie !

Et en attendant, les frigos sont toujours vides...

Mais nous l'avons dit : s'agissant de l'avenir le pire n'est jamais sûr.

 

(à suivre)

 


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Réagissez à l'article

31 réactions à cet article    


  • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 4 décembre 17:09

    Bonjour à tous les lecteurs,

    Je remercie les lecteurs et auteurs de commentaires lors de la première partie de cet article. Ainsi que ceux qui ont approuvé cet article, lors de l’étape de la modération.

    Comme précédemment, je ne réagirai pas aux commentaires. Du reste, ils se suffisent à eux-mêmes, et il est bon que les lecteurs échangent entre eux. Ils m’apportent d’ailleurs beaucoup. Qu’ils en soient convaincus.

    Bien cordialement.

    Thierry Saladin


    • Alain Dussort Alain Dussort 5 décembre 07:22

      @Thierry SALADIN
      Ce n’est pas un hasard si le premier concept de cette image historique de gilet jaune est Etats généraux.
      Si l’on veut réorganiser correctement la société et sortir de l’impérialisme politicien c’est par cette tradition française qu’il faut passer.
      https://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/les-etats-generaux-une-perspective-108921


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 5 décembre 09:35

      @Alain Dussort
      Des états généraux ? A quoi ça peut servir, le vrai pouvoir est à Bruxelles !

      Rassemblons nous, commençons par sortir de l’ UE, et ensuite on aura tout le temps pour décider ce qu’on veut faire de l’indépendance retrouvée.


    • Drugar Drugar 5 décembre 16:08

      @Fifi Brind_acier
      Il s’agit de la proposition numéro 9) FREXIT
      C’est une excellente chose que la sortie de l’UE (et également la sortie de l’OTAN) entraînant la sortie de l’euro, fasse partie des propositions. Il y a eu un grand pas de fait de l’évolution des consciences.

      Mais, il ne faut pas perdre de vue que le FREXIT doit être la priorité des priorités car c’est de cette proposition que dépendent la grande majorité des autres (18 sur les 24 restantes : 2,3,5,6,8,10,11,13,14,15,16,17,18,19,20,21,24 et 25).

      Tout particulièrement pour les propositions 10) Evasion fiscale, 11) arrêt immédiat des privatisation, 20) agriculture, 21) réindustrialisation et 24) Immigration, la sortie de l’UE est IMPÉRATIVE : ces propositions ne pourrons êtres mises en oeuvre qu’une fois la France sortie de l’UE et aura retrouvé sa souveraineté.

      Sinon, cette ensemble de propositions me parait très bien et se rapproche dans de nombreux point du programme de l’UPR ou en vidéo.


    • Loulou 4 décembre 17:51

      Bravo à ceux qui ont entrepris même si l’échec prévisible a eu lieu. Le mouvement n’a pas à se culpabiliser ni avoir honte, c’est qu’en fait il a eu lieu « trop tôt », il-y-avait encore de quoi manger dans les frigos, même de ceux qui désespèrent le plus ! Le découragement est venu, les intimidations ont été plus fortes, les Gaulois se sont débandés, l’Empire a gagné et a juste eu un peu peur, du moins ceux qui le servent et qui ont nom Macron, Philippe et Compagnie. Ceux qui tirent les ficelles n’ont rien à craindre ! Les gilets jaunes se sont bien fait avoir et récupérer par l’extrême gauche, bien vite à Paris j’ai vu les effigies du Ché Guévarra et les antifas menaçants, des gens hors du vrai peuple, idéologues gavés et supplétifs du pouvoir avec tous ceux qui ont compliqué les choses idéologiquement puisque ce Mouvement de fond venait du peuple et non d’étudiants politisés fils à papa.

      Il n’est pas trop tard pour espérer que de la misère implacable naisse un grand courage en lame de fond de millions de patriotes !


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 4 décembre 20:39

        @Loulou
        Ce que vous expliquez n’est pas cohérent. Vous écrivez d’une part :
        « pour espérer que de la misère implacable naisse un grand courage en lame de fond de millions de patriotes ! »
        .
        Et vous dites au début de votre commentaire :
        « il a eu lieu « trop tôt », il-y-avait encore de quoi manger dans les frigos »
        .
        Faudrait savoir si c’est la misère ou si les frigos sont pleins ?

        Ou bien, si vous reprochez à l’extrême-gauche d’avoir essayé de récupérer le mouvement ? Je ne les approuve pas, vu les programmes pro européens qui sont les leurs, mais c’est davantage leur rôle que celui, plus incongru du FN.


      • germon germon 5 décembre 07:26

        @Loulou
        Bravo, mais texte superficiel.

        La réalité ? On a condamné Pétain à mort pour collaboration avec l’ennemi. On devrait faire de même avec tous les membres de LREM pour « Haute trahison » et « collaboration » avec le « fascisme libéral ».
        Et si vous n’êtes pas d’accord vous n’avez rien compris.


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 5 décembre 09:42

        @germon
        tous les membres de LREM pour « Haute trahison » et « collaboration » avec le « fascisme libéral ».

        Il faut alors remonter plus loin que Macron ! Au moins à la classe politique qui a soutenu le oui au Traité de Maastricht, et celle qui a nié le NON au référendum de 2005 ! ça fait du monde, qui a vendu les intérêts de la France et des Français à l’oligarchie des banksters ....
        .
        On comprend la prudence de Sarkozy qui a supprimé le crime de Haute trahison de la Constitution, avant de faire voter le Traité de Lisbonne à Versailles..., des fois qu’on leur demanderait des comptes. 


      • germon germon 5 décembre 13:14

        @Fifi Brind_acier
        Pas besoin de remonter si loin, contentons nous du présent sa donnera à réfléchir aux prochains. Les « anciens » on DOIT supprimer leurs avantages « acquis », non ?


      • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 4 décembre 17:57

        Comme vous l’avez dit vous-même, ce gouvernement n’a aucunement l’intention de céder aux revendications des GJ, qui ne constituent pas son socle électoral et qui d’autre part, sont en contradiction avec la feuille de route dictée par Bruxelles.

        Dans ces conditions, la seule chance de réussite était une révolution et non une jacquerie qui finit toujours par être réprimée de manière très dure. La valse hésitation sur la stratégie à adopter et les tiraillements sur les demandes contradictoires ont détruit peu à peu le mouvement.

        Structurellement, les GJ ne pouvaient pas obtenir l’appui de la majorité de la population dans un pays verrouillé par les syndicats qui étaient contre eux au départ, il faut bien le préciser. Ils se sont donc fait infiltrer sans pouvoir réagir par les gens de gauche qui sont en même temps la milice du pouvoir.

        Le RIC ne servirait pas à grand-chose si les GJ portent des diagnostics différents sur ce qu’il convient de faire, cela ne servira qu’à montrer leurs profondes divisions.

        Comme pour la grève de demain, les gens vont montrer leur mécontentement, mais il n’y a aucune solution possible. On va faire tourner la planche à billets pour ne pas mécontenter ceux qui sont trop virulents, aggravant ainsi les inégalités et la dette.

        Et pour nos enfants, on fait quoi ?


        • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 5 décembre 14:36

          @Gilles Mérivac, et aussi à tout le monde,

          Je viens de rentrer d’une manifestation, et ai pris connaissance des réactions arrivées ce matin.
          J’apprends par ma messagerie électronique qu’un certain « Églantine » s’est permis de venir polluer cet endroit, laissé à la disposition des lecteurs. Et avec six tartines hors sujet, SVP !

          Gilles Mérivac a réagi comme il convenait et je lui en sais gré.

          Lesdits messages-tartines n’étant plus là, je suppose que quelqu’un a fait ce qu’il fallait pour dégager cet intrus.

          Quelle que soit la personne qui a pris cette initiative, qu’elle sache que je l’approuve. Et même l’en remercie.

          Je profite de l’occasion pour vous redire, à tous, que je m’enrichis à la lecture de vos commentaires

          Bien à vous tous.

          Thierry Saladin


        • McGurk McGurk 4 décembre 18:01

          Ne pas répondre pour ne pas être face à ses contradictions...


          • Kapimo Kapimo 4 décembre 19:00

            Le mouvement des gilets jaunes a permis de faire tomber un très grand nombre de masques. Il a ainsi permis de démontrer que :

            les syndicats se moquent comme d’une guigne d’un vrai mouvement social (allant jusqu’à oser parler de fascistes etc...), leur mission est uniquement de canaliser les mécontentements. Les syndicats ne défendent pas le peuple.

            le pouvoir n’hésite pas une seconde à exercer avec sa police et sa justice une répression violente que n’imaginaient pas un seul instant possible en France la très grande majorité des GJ du début. Le pouvoir actuel n’est absolument pas bienveillant, et ne travaille que pour l’oligarchie.

            la police n’est pas la pour protéger la population, mais l’ordre (social). Il y a plein d’abrutis ou pervers dans la police, et la police utilise des milices pour décrédibiliser les luttes.

            les médias et les journalistes sont dans leur quasi-totalité prêts à toutes les vilenies pour conserver leur place. 

            les cris du cœur compassionnels de la caste du Show-biz ne valent pas tripette lorsqu’ils doivent choisir de s’engager réellement. La caste du show-biz est très lâche et son discours est démonétisé.

            Enfin, ce mouvement a montré qu’il existe encore nombre de personnes avec le cœur bien placé, et que le peuple français n’était pas mort en dépit du matraquage débilitant qu’il subit dans tous les domaines.

            Tout ce qui précède permettra à la suite du mouvement social au sens large de commettre moins d’erreurs et de ne plus se bercer de fausses illusions, car les « camps » sont désormais clairs.


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 4 décembre 20:30

              L’auteur se fait des illusions s’il croit qu’il est possible d’avoir le RIC tout en restant dans l’ Union européenne... Il n’est jamais question de démocratie dans l’ UE. Junker l’a bien expliqué aux Grecs qui venaient de voter non au referendum contre l’austérité : "Il n’y a pas de choix démocratiques contre les Traités européens.

              .

              La France a signé tous les Traités, d’où découlent les réformes qu’applique Macron, si vous avez signé, il faut assumer, et faire ce qu’on vous dit de faire.Circulez, ya rien à voir !


               Histoire du syndicalisme en France.

              L’autre erreur des Gilets jaunes, c’est d’avoir méprisé les syndicats, des outils de lutte incontournables. Le Grenelle de Mai 68 a été négocié par des syndicats qui fonctionnaient "normalement’ à cette époque, car ils avaient des adhérents.
              .
              Maintenant ils sont financés par Bruxelles via la CES, ou par le patronat, c’est ce qui est inquiétant dans la situation actuelle.
              .
              Si Macron retire sa réforme, les manifestants et les grévistes auront gagné.
              Mais s’il ouvre des négociations, ce sont les dirigeants syndicaux qui vont iront discuter, pas les manifestants.

              Or, les syndicats actuels sont tous proeuropéens et la réforme vient de Bruxelles...
              .
              Je pense que les Gilets jaunes ont fait un mauvais calcul en rejetant les syndicats, il fallait au contraire aller s’inscrire massivement dans les syndicats, et aux Congrès, virer les dirigeants, y compris ceux de la CGT, et se réapproprier l’outil syndical.
              .
              C’est ce que je défends depuis longtemps, mais je prêche dans le désert.
              Personne ne semble comprendre que les syndicats appartiennent aux salariés, pas aux dirigeants syndicaux.



              • ribouldingue ribouldingue 4 décembre 21:30

                C’est à ce genre de mouvement que l’on peut se rendre compte que les français ne savent pas s’auto discipliner et s’autogérer. C’est simple, s’ils n’ont pas un flic ou un leader errière le cul pour les mettre en ordre de bataille tout fout le camp tout azimut. Il fut une époque, où les français étaient un peu moins conformistes qu’aujourd’hui. Cette belle époque c’est malheureusement soldée par un bain de sang. De 1804 à 1870, la France a vécu principalement sous des régimes politiques plus ou moins autoritaires. (Tiens... comme c’est bizarre ! macron se revendique t-il de cette période ?) Premier Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire. Le régime républicain et la démocratie représentative n’ont été que des expériences passagères. La Commune de Paris est une période insurrectionnelle de l’histoire de Paris qui dura un peu plus de deux mois, du à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Cette insurrection contre le gouvernement, issu de l’Assemblée nationale qui venait d’être élue au suffrage universel masculin, ébaucha pour la ville une organisation proche de l’autogestion ou d’un système communiste. À méditer… En attendant les braises du mouvement des GJ sont encore chaudes Demain dans la rue avec la réforme des retraites c’est une occasion de souffler sur les braises pour rallumer le feu qui sommeille dans le for intérieur des nostalgiques de ce mouvement. Rien n’est acquis rien n’est perdu il suffit d’y croire encore...


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 5 décembre 09:48

                  @ribouldingue
                  Rien n’est acquis rien n’est perdu il suffit d’y croire encore...


                  .
                  Au lieu d’y croire, il vaudrait mieux réfléchir aux conditions nécessaires pour qu’une révolution ne finisse pas dans un bain de sang : il faut un programme, une organisation, un Parti, et surtout l’appui de l’armée. Si Maduro est toujours là, c’est qu’il est soutenu par l’armée.
                  .
                  « Un peuple désarmé sera toujours vaincu »

                  "La République espagnole croyait à la démocratie parlementaire, et Franco a instauré sa dictature. Salvador Allende croyait à la démocratie parlementaire, et on a eu Pinochet. Evo Morales croyait à la démocratie parlementaire, et un coup d’État l’a chassé du pouvoir. Illustrations parmi tant d’autres d’une loi de l’histoire : face à des loups, ne jamais faire l’agneau..."


                • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 4 décembre 21:35

                  Je vois dans la charte officielle des demandes contradictoires : limiter strictement les impôts et augmenter massivement les dépenses de l’état. Savoir faire un peu de calcul élémentaire n’est pas inutile si l’on veut proposer un programme politique qui ne soit pas complètement démagogique.


                  • Fergus Fergus 5 décembre 08:41

                    Bonjour, Bernard Mitjavile

                    « Contradictions » est le maître-mot du mouvement des Gilets jaunes. Et la principale raison de son échec, malgré quelques petits reculs du gouvernement. 


                  • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 5 décembre 09:57

                    @Fergus Contradictions : je lisais un sondage dans le Figaro disant qu’une large majorité de Français (plus de 60%) est en faveur de la réforme des retraites et la fin des régimes spéciaux et en même temps qu’une large majorité de Français soutient la grève contre cette réforme. Les partis politiques aussi ne sont pas très cohérents. Peut-être faudrait-il enseigner au pays le principe de non-contradiction cher à Aristote (vagues souvenirs de cours de philo).


                  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 5 décembre 10:00

                    @Bernard Mitjavile
                    des demandes contradictoires : limiter strictement les impôts et augmenter massivement les dépenses de l’état.


                    La question sous-jacente n’est pas contradictoire : « Où passe l’argent ? »
                    On veut bien payer des impôts, sous condition que les urgences des hôpitaux fonctionnent, que les services publics ne soient pas supprimés en milieu rural etc.

                    Il doit bien y avoir des trous dans la raquette, aussi bien dans les ressources fiscales que dans les dépenses, non ? Les 40 milliards pour le CICE qui a créé 0 emploi, est-il bien nécessaire ? Supprimer l’ISF ?
                    Ou chercher insuffisamment les ressources, comme le dit la Cour des Comptes ?

                    "Fraude des entreprises à la TVA, aux cotisations sociales... dans son dernier rapport, la Cour des comptes estime que le manque à gagner pour les caisses de l’État serait de l’ordre de 24 milliards d’euros pour ces deux types de pratiques. Malgré la montée en puissance des outils numériques, les magistrats regrettent un manque de coopération des ministères en charge de la lutte contre la fraude.


                    .
                    Je trouve que les Gilets jaunes pose de bonnes questions, non ? 24 milliards, c’est justement ce qui manque pour équilibrer les comptes des retraites !


                  • Yaurrick Yaurrick 5 décembre 12:53

                    @Fifi Brind_acier
                    « La question sous-jacente n’est pas contradictoire : « Où passe l’argent ? » »
                    A nourrir un état et ses apparatchiks devenus obèses... Mais c’est un sujet tabou car ça risquerait de mettre mal les convictions des statolâtres.


                  • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 5 décembre 13:44

                    @Fifi Brind_acier D’accord mais je ne vois pas du tout dans la partie économie travail que l’on met l’accent sur la lutte contre la fraude à la Tva et autres fraudes aux dépenses sociales. Il faut être cohérent dans son programme.


                  • Kapimo Kapimo 7 décembre 00:49

                    @Bernard Mitjavile

                    Vous n’avez à mon avis pas été assez attentifs à ce que disaient les gilets jaunes.
                    Ecoutez par exemple ce que dit cette Dame, c’est limpide :
                    https://www.youtube.com/watch?v=DBVukxlx8EY


                  • Coriosolite 4 décembre 21:35

                    Bonsoir,

                    Qu’y a il donc à fêter ?

                    Une autre jacquerie qui succède à des centaines d’autres tout au long de l’histoire de France depuis le moyen-âge ?

                    Et qui connait la même fin que les autres : un échec prévisible. Parce que ces colères populaires sont soudaines, spontanées et par-delà passagères.

                    Les GJ c’est au départ une révolte anti-fiscale qui unit des couches très diverses et qui bénéficie de la sympathie de la population.

                    Mais cette révolte populaire -aux deux sens du terme- rencontre d’emblée l’hostilité des syndicats et de la gauche. 

                    Syndicats et partis de gauche qui voient d’un mauvais œil ce qu’ils ressentent comme une dangereuse remise en cause de leur prétendu monopole de la représentation du peuple.

                    Une fois de plus il aura manqué à un mouvement populaire spontané et inattendu la conscience politique qui fait qu’une révolte débouche sur une révolution.

                    Une conscience politique qui doit s’incarner, c’est ainsi, dans un homme ou une femme qui saura traduire en langage politique puis en suffrages cette volonté de sortir de cette détresse économique et identitaire.


                    • Fergus Fergus 5 décembre 10:53

                      Bonjour, Coriosolite

                      « Une conscience politique qui doit s’incarner, c’est ainsi, dans un homme ou une femme qui saura traduire en langage politique puis ven suffrages cette volonté de sortir de cette détresse économique et identitaire. »

                      Je partage totalement cette opinion. L’échec des Gilets jaunes était en germes dès lors que le mouvement a été incapable de faire émerger un leader  ou un groupe de leaders dans un premier temps  reconnu par la base pour défendre une plateforme commune de revendications pouvant servir de base à l’élaboration d’un projet politique.


                    • dr.jambon-beurre dr.jambon-beurre 4 décembre 22:23

                      Il ne reste plus qu’à créer un parti, passer outre l’ostracisation et la calomnie des médias, fédérer les électeurs et gagner les élections en espérant qu’elles ne seront pas truquées. Une fois au pouvoir il faudra zig-zaguer entre les forces financières et bourgeoises pour éviter leur contre attaque terrible et tous azimut.

                      Bref ce n’est pas près d’arriver si nous nous obstinons à utiliser les règles du jeu, pipées dès le départ en 1789. La république et la monnaie sont à détruire, cette fable capitaliste pseudo démocratique n’a que trop duré.


                      • Étirév 5 décembre 04:20

                        Histoire du mouvement des « Gilets Jaunes » vu en 3016.
                        Les Gilets Jaunes firent leur apparition en France au commencement du 3ème millénaire et bientôt se répandirent dans toutes les directions. On les trouvait en France dès l’an 2018 ; on en « tazzait », « battaient » et « flashballisait » à Marseille, Bordeaux, Paris ou Toulouse ; vers la fin 2018, on commençait à en trouver de petits groupes en Belgique, au Canada et même en Israël ; on les méprisa.
                        En 2019, on en trouvait partout dans le monde.
                        Ils furent impitoyablement poursuivis dès 2018.
                        Les Gilets Jaunes étaient une révolte de la conscience et de la raison contre le désordre des politiques. C’est un soulèvement des bons instincts contre l’excès du mal, une réaction contre le désordre social et fiscal généré par le pouvoir en place.
                        L’oppression continue de la meilleure partie de la société sous la tyrannie des puissants soulevait l’exaspération des gens intelligents et bons. L’iniquité des lois appuyées par la force aveugle entretenait la pire des souffrances.
                        Les Gilets Jaunes auraient pu certainement triompher rapidement si certaines « milices obscures » n’étaient pas venus soutenir cette politique illégitime et absurde, en l’aidant à noyer dans d’affreuses violences des revendications pourtant si légitimes.
                        Castaner dit « Simplet », surnom bien trouvé et porté par le déséquilibré qui devait faire violenter tout un peuple de France et organiser avec sa hiérarchie aveugle la nouvelle Inquisition ! Il occupa le trône de la place Beauvau fin 2018.
                        Dans la croisade contre les Gilets Jaunes, il commandait les violences de ses milices ; cela coûta des sommes énormes au Trésor, et donc aux français.
                        C’est pour cette belle entreprise qu’il fut placé là par ses maîtres, à l’instar d’Edouard Philippe à Matignon, ou Macron à l’Elysée, excitant par la promesse de riches butins, le zèle de ces traitres contre leur peuple.
                        C’est le premier grand drame sanglant dont la présidence Macron donna le spectacle au monde épouvanté.
                        C’est du reste la première révolte sérieuse contre les absurdités de la 5ème République et surtout contre le joug de la haute finance, et les mensonges répétés des « Pravda » subventionnées ; ce fut aussi la première tentative d’un retour aux valeurs Universelles de Liberté et de Fraternité.
                        Si les Gilets Jaunes triomphaient, l’humanité entrerait alors dans une ère nouvelle, qui serait un temps de paix et de rénovation.
                        L’avenir allait nous le dire...


                        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 5 décembre 10:14

                          @Étirév
                          Un petit couplet de la France Insoumise, qui fait bien l’impasse sur les Traités européens, mais qui tacle la Ve République...

                          Que vient faire la Ve République dans cette histoire ? La Constitution a justement été modifiée 24 fois, pour la rendre compatible avec les Traités, et transférer la souveraineté et les droits régaliens aux Instances européennes...
                          .
                          En conséquence, « il n’y a plus de politiques intérieures nationales, mais uniquement des politiques européennes » a expliqué Viviane Reding, Commissaire européenne, aux Députés français.
                          .
                          Les GOPé imposées par Bruxelles s’appliquent dans tous les pays européens, qui pourtant, n’ont pas la Constitution de la Ve république...
                          Exemple des GOPé dans tous les pays européens.
                          (agrandir avec la loupe en bas)


                        • zygzornifle zygzornifle 5 décembre 08:30

                          Ce Dimanche Macron , Castaner et E Philippe ont fêtés les 25 yeux de crevés , les 5 mains d’arrachée et la mémé tué a sur balcon et pronostiquant sur l’avenir des exactions commise par leur police ....


                          • rogal 8 décembre 02:11

                            Deux revendications ? Une de trop !

                            Il faut savoir hiérarchiser jusqu’au bout du bout.


                            • uleskiserge uleskiserge 8 décembre 13:52

                              Bonne nouvelle que ce mouvement des Gilets Jaunes ! Assurément ! Car l’action des Gilets Jaunes permet de sortir d’une vision utopique de la politique (on sort du somnambulisme et on entre en action) cultivée par des acteurs pour lesquels rien ne presse ; une utopie de nantis, complaisante et candide.

                              Le mouvement des Gilets Jaunes et tous les mouvements qui l’ont précédé (Bonnets rouges, Notre dame des Landes) ont prouvé que l’on devait, que l’on pouvait enfin se passer du soutien des élus, des médias et des syndicats pour arracher ce qui doit être obtenu, car seule importe une mobilisation locale et/ou nationale, en fonction des situations et des injustices à combattre.

                              Car enfin… à l’heure de la mondialisation, qu’est-ce qu’il est raisonnable d’espérer ? La réponse : rien dans et par les urnes mais tout sur le terrain car tout est possible ou presque, dans l’action en temps réel : ce que confirme les actions du mouvement des Gilets Jaunes et de tous ceux qui les ont précédés durant ces 30 dernières années. 

                              Les Gilets jaunes, les Bonnets rouges, les activistes de Notre dame des Landes ont apporté la preuve que le lieu de l’expression d’un rapport de force en faveur de la justice sociale, de l’égalité des chances, de l’écologie et d’une vie décente n’est plus à l’Assemblée, et le pouvoir (pouvoir de décider et non le « devoir d’obéir ») ni à Matignon ni à l’Elysée.

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