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Ce que les exemples Canal+ et Casino nous apprennent dans la gestion des GAFAM

La guerre contre les GAFAM fait couler beaucoup d’encre. Même si l’acronyme de GAFAM apparaît comme quelque peu réducteur, puisque des acteurs comme Netflix ou Uber par exemple ne sont pas englobés par cet acronyme, il s’agit via ce vocable de désigner, et dans bien des cas, de pointer du doigt la menace que ferait planer sur nos économies dites traditionnelles ce type d’acteurs issus du monde de la technologie américaine, et bien souvent californienne. Or, aux discours des Cassandre, pour qui l’intelligence artificielle et la technologie ont vocation à balayer les acteurs économiques traditionnels, il convient d’apporter des nuances, à travers des exemples éclairants.

Dans le secteur de l’audiovisuel français, l’arrivée de Netflix, avec son fer de lance de l’époque, la série House of Cards, a constitué, en 2013, un véritable séisme. À la télévision linéaire, un nouveau mode de consommation était proposé à une clientèle en quête de renouvellement. Il faut dire que les acteurs avec lesquels Netflix entrait alors en concurrence battaient de l’aile, à l’image de Canal+. Canal+ sous l’ère Méheut, malgré de beau succès, notamment en termes de séries ou sur le plan sportif, a fini exsangue. Le passage à l’ère Bolloré, avec l’arrivée de Maxime Saada à la direction du groupe, n’a pas permis, dans un premier temps, d’enrayer cette spirale. La concurrence de BeIN Sports et de RMC Sports a posé de gros défis au groupe sur l’un des secteurs, le sport, qui est pourtant à l’origine de la renommée de la chaîne cryptée. Les choix éditoriaux, que l’on pense à l’arrêt des Guignols ou aux départs d’animateurs phares comme Yann Barthès par exemple, ont également donné lieu à des critiques nourris de la part des clients historiques du groupe.

 

Dès lors, beaucoup voyaient dans le parcours de Canal+ la chronique du mort annoncée. Mort annoncée que le géant américain Netflix devait donner. Or, l’ennemi d’hier est devenu un allié solide dans le cadre d’une union qui, il faut bien le souligner, en a surpris plus d’un. Il faut dire que l’étoile Netflix a quelque peu pali dernièrement.

L’arrivée de Warner, NBC ou de Disney sur le marché du streaming en ligne, en plus de constituer une menace en termes de parts de marché, vient menacer directement le catalogue de Netflix.

Netflix va ainsi perdre des films icôniques comme la saga Harry Potter ou bien la cultissime série The Office. Pour cette dernière, NBC a dépensé 500 millions dollars pour qu’elle soit retirée du catalogue du géant de Los Gatos. Derrière ce chiffre, se dessinent en creux les linéaments de la bataille qui va faire rage, dans les prochaines mois, dans l’industrie du divertissement.

Et dans cette bataille, des acteurs nationaux majeurs comme Canal+ passent ainsi du statut de colosse à abattre à celui d’allié solide.

 

 

 

Dans le secteur du retail et de l'alimentaire en ligne la donne est somme toute similaire. Amazon, qui s’est lancé récemment dans le e-commerce alimentaire, davantage que de viser une stratégie hégémonique, dont le succès n’était finalement pas assuré, a préféré mettre en place une stratégie de partenariats avec les acteurs traditionnels de la grande distribution. En l’occurrence, le géant américain a choisi de s’allier avec le groupe Casino pour mener à bien sa stratégie dans ce secteur. En effet, Naturalia et Monoprix, deux filiales du groupe Casino, sont aujourd’hui proposés sur Amazon Prime Now.

Là où d’aucuns, comme pour le secteur du divertissement, voyaient dans l’arrivée des GAFAM dans la grande distribution et le retail une irrémédiable guerre avec les acteurs traditionnels, force est de constater qu’à la lutte à mort les deux parties ont préféré nouer des alliances.

 

À travers ces deux exemples, on voit bien que dans la réalité, loin des discours médiatiques sur la supposée toute-puissance des GAFAM, des stratégies peuvent être nouées qui permettent de nouer des partenariats intéressants et qui, dans les faits, ne se font au détriment d’aucune des parties.

Pour les uns, cela permet de bénéficier de l’expertise et de la force de frappe issues de décennies à travailler un secteur, et pour les autres cela permet de se constituer des relais de croissance pérennes en tirant parti des potentialités offertes par la capacité des GAFAM à investir le numérique.


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