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Accueil du site > Tribune Libre > Changer d’éducation pour changer le monde

Changer d’éducation pour changer le monde

C'est triste de voir un monde sans espérance sans sens à sa vie.

Dans un article précédent je parlais du vieil homme qu'il faut faire taire.
C'est ainsi qu'appelaient nos instincts primitifs les Taoïstes. Leurs fonctions, nous permettre de survivre pour nous accoupler.
Aujourd'hui par la manipulation génétique nous pourrions sélectionner les comportements qui nous conviennent
C'est bien là la dernière chose à faire, car sur les 8 millions d'années d'évolutions nous ne sommes qu'un tout jeune enfant culturel de 10000 ans.
Dans l'île de Bornéo existait une tribu des arbres. Ce peuple habitait les arbres, car il fallait rapporter la tête aux vieux pour se "marier".
Imaginons que l'on ait pu inscrire ce comportement dans nos gènes ???

Il faut donc laisser la sélection naturelle inscrire dans nos gènes ce qu'elle retiendra de nécessaire à notre existence. Et non d'y inscrire tous nos fantasmes.

La sédentarité autour de la production a conduit les hommes à former des groupes humains de plus en plus denses, dont nos mégalopoles sont l'exemple.
Nos ancêtres chasseurs cueilleurs avaient des groupes de 60 à 100 âmes.
Ils pratiquait la relation interpersonnelles horizontale.
Par ailleurs les sociétés de chasseurs-cueilleurs tendent à ne pas avoir de structures sociales hiérarchiques, que facilite de petits groupes, mais ce n'est pas toujours le cas.

C'est là le point le plus important. l'anthropologie est apparue comme science vers 1870, même si des hommes de leurs rencontres avec d'autres peuples ont rapporté leurs us et coutumes.
Globalement l'on trouvait une organisation verticale hiérarchisée avec la plupart du temps des hommes au sommet.
Nous pouvons dire que le stockage de nourriture, la concentration humaine pour former des cités avec son administration et l'économie de pillage ont installé durablement l'organisation sociale verticale et celles interpersonnelles qui en ont découlé.
Recevoir des directives ou félicitations d'une personne qui forcément juge et se tient indéniablement au dessus nous.

D'autant plus qu'elle concorde avec l'instinct primaire de la compétition entre mâles.
Compétition que met en exergue notre société par mimétisme et distorsion des raisons fondamentales de la compétition entre mâles animaliers non dotés d'une conscience comme la nôtre.
La finalité de la compétition entre mâles est d'être le meilleur géniteur pour inséminer les femelles afin assurer la meilleure descendance.

Ce n'est pas comme nous, amasser de la richesse et être déclaré le plus riche du monde.
Amasser toutes les richesses n'est en rien l'expression d'être détenteur des meilleurs gènes.
Encore moins s'ils s'agit d'une femme dont la capacité de séduction s'exerce envers le dominant, non parce que c'est le plus beau, mais parce qu'il a le plus gros ventre ou la plus belle voiture, signe extérieur qu'il pourra s'occuper et protéger sa progéniture voire le groupe etc. L'on ne manque pas de modèle où la hiérarchisation verticale s'opère.

Elle s'accorde parfaitement à la société individualiste égoïste, où la communauté humaine est source d'exploitation pour son seul intérêt. En ce sens la communauté n'offre aucune protection, car c'est tous contre tous.

Par contre diriger son intérêt vers et pour les autres, c'est constituer une communauté solidaire.
La communauté dont il s'agit c'est celle qui rassemble le vivant et l'inanimé.

C'est à dire la terre et le cosmos.
Nos ancêtres avaient empiriquement compris cela et traduit avec leurs savoirs.
Ce sont tous les dieux qui reliaient les hommes à l'univers, à la création, et ordonnaient la communauté humaine.

Les animistes sont le symbole de cette liaison avec la communauté du vivant où se développait l'organisation horizontale.
Mais faire à mesure que les groupes se sont sédentarisés et ont cru en densité ou concentration la hiérarchisation s'est imposée et est devenue un mode d'éducation parental pour se positionner dans la dite société.

La première opposition à l'organisation verticale est apparue avec le christianisme : tu aimeras ton prochain comme toi même.
Ce qui débouche inévitablement sur la reconnaissance de la communauté humaine.
L'élément qui n'en est resté et le respect des uns envers les autres.

Organisation des relations interpersonnelles horizontales, n'écrase pas le 'JE", le moi elle lui donne un sens à sa vie en se tournant vers les autres

Première démarche d'une organisation horisontale où " je" une fois bien établi, ce moi bien nourri, physiquement et psychologiquement peut se tourner vers les autres.
Non pour se sacrifier, mais pour dire : qu'est-ce que je peux faire pour toi.

C'est se dire je suis utile à quelqu'un.

Apporter une contribution aux autres, n'est pas perdre son " je" c'est au contraire le renforcer lui donner plus de valeur.
Recevoir le merci gratifiant, plutôt que des félicitations qui sont toujours données par des gens qui vous jugent et sont donc au-dessus de vous.

Le "je" dois s'aimer, c'est rechercher l'acceptation comme l'on est.
Il n'y a alors plus besoin de chercher l'affirmation de soi sur l'autre source de conflits.

Alors se pose la question qu'est-ce que je peux faire pour la communauté du vivant, humaine, nationale, locale, pour l'autre.
C'est ainsi que l'autre donne un sens, du sens à son existence..

C'est totalement à l'opposer de notre société où les citoyens se sont repliés, en disant du pouvoir vertical, ce sont tous des pourris tout pour leur gueules rien pour nous..

Un "je" qui au lieu de remplir la tâche qui lui incombe réclame l'assistance de papa, du chef.
L'assisté ce n'est pas celui vers lequel s'exerce la solidarité ou la générosité des autres, mais celui qui est incapable de prendre ses responsabilités de citoyen en adhérant à des syndicats, des partis, des associations et qui attend que le patronat ou l'état se charge de ce qu'il devrait faire, se tourner vers la communauté des humains pour donner un sens à sa vie.

Quand des riches ou des pauvres animent des associations caritatives c'est ce qu'ils font.
Ainsi par l'acceptation de son "je" et en le renforcement en se tournant vers les autres, en quoi puis-je leur être utile l'on trouve sa place dans la communauté.
L'inverse est une façon de vivre où l'on est constamment préoccupé par la manière dont l'on est vu par les autres, c'est être égocentrique.
C'est le style de vie où la préoccupation unique est le 'je".

Plus haut j'ai fait allusion à la religion Chrétienne qui préconise d'aimer l'autre comme soi même, c'est le principe de l'organisation horizontale. Nous n'avons rien inventé de ce côté, mais nous avons observé qu'elle ne sait pas faite en connaissance d'un processus psychologique aujourd'hui bien défini.

Et qu'elle est partie à vau-l'eau, comme est partie à vau-l'eau celle communiste pour donner une organisation verticale.

L'organisation horisontale se réalise au niveau des relations interpersonnelles, l'autre n'est plus un étranger, mais un "camarade" un identique de la communauté humaine pour qui l'on peut faire quelque chose et qui nous le demandera aussi.

Nous sommes loin d'Adam Smith qui mettait la culture de l'égocentrisme comme condition au développement de la communauté.
Il ignorait qu'il en sortirait des armes de destructions massives et celle de la pollution de la communauté du vivant. De l'inanimé il n'y a pas assez de ballons astrophériques.

Si nous justifions l'organisation verticale par la compétition innée, pour nous ce n'est plus une réalité génitrice, si jamais elle l'a été un jour avec nos ascendants les grands singes.
Depuis lors nous avons acquis la conscience.

Si nos ancêtres avaient une organisation horizontale, notre organisation verticale s'est fortement développée dans nos relations fondées sur la nécessité de travailler pour produire la rareté.

Circonstances dans lesquelles les plus forts se sont imposés pour ne pas travailler et le faire exécuter par les autres.
Et nous sommes toujours sous ce joug.
Nous savons que les bébés s'approprient tout, et portent tout à la bouche, pour savoir si ça se mange, puis pour le posséder, mais ils développent rapidement un sens de l'équité dans le partage.
Sens que nous perdons par mimétisme culturel, pour faire les choses dans son seul intérêt, pour recevoir une reconnaissance.
C'est le propre d'une organisation verticale.
Récompense punition, nous avons été élevés comme cela de telle sorte que nous n'arrivons pas à imaginer qu'il puisse en être fait autrement.
Si je nous disait il faut supprimer les prisons qui sont des restes de barbaries.
Nous penserions, mais comment on va faire avec les délinquants et les criminels. Il faut les punir sinon ils recommencent.
Tellement notre intérêt immédiat est criant que nous ne prenons même pas la peine de regarder que des siècles et des siècles de punitions avaient démontré leur inefficacité.

Qui sont-ils si ce n'est des personnes qui ne sont pas intégrés dans la communauté humaine.
Ils ne se disent pas que puis-je faire pour lui, mais qu'est-ce que je peux lui prendre, comme dans l'offre économique.
Est-ce choquant ce que je dis ? Voyons en économie.
Longtemps ce fut l'économie de la demande.
Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
Et la demande était satisfaite. C'était une demande utilitaire.

Je vous fais produire ce dont vous avez besoin et au passage je m'enrichis. C'est à dire le "je" qui s'est tourné vers les autres en bénéficiant de l'organisation capitaliste ' du travail

Mais quand survint la stagnation de cette forme de marché nous sommes passés à ce que nous appelons le marché de l'offre.

C'est qu'est-ce que je vais pouvoir lui vendre dans mon seul intérêt en le lui faisant produire.

Quand a débuté cette période à la fin des trente glorieuses l'on n'est plus dans une relation interpersonnelle horisontale. l'autre n'est plus le "camarade" de la communauté mais une machine à sous.
L'offre s'est caractérisée par l'envolée des publicités.
C'est, voilà ce que je vous propose.

C'est une relation hiérarchisée dans un laquelle nous n'avons que l'illusion d'un pouvoir où la baisse d'un prix va dans notre intérêt.
La prolifération de grandes surfaces en est la démonstration.
Ils ne cultivent pas la monnaie, ils la prennent dans nos poches, par le rapport baisse des prix égale plus de dépenses d'achat.

Un autre changement intervenu à partir des années 98, c'est le MEDEF.
Sa philosophie organiser la vie autour de l'entreprise, non pour créer des emplois mais pour rentabiliser des investissements.
Nous avons encore une relation hiérarchisée, nous sommes invités à nous inscrire dans le mouvement s'il a besoin de nous.
Il ne s'inscrit pas dans la communauté c'est lui qui la représente.

Les relations interpersonnelles horisontale demande une confiance réciproque. Il faut avoir confiance en l'autre.
C'est cette confiance qui permet d'avoir des relations profondes, de voir les autres comme des "camarades", alors parce que il y a confiance, l'on peut trouver refuge et aide dans la communauté.

Ces relations interpersonnelles, le socialisme les a cultivées autour de la notion de classe, certes une spécificité par rapport à la communauté globale du vivant, mais une communauté tout de même.

Lentement le sentiment d'un lien de confiance avec l'autre, son "camarade" de communauté de classe, s'est effiloché en même temps que la classe ouvrière, car c'était un mouvement antagoniste et non un mouvement fondé sur une éducation horizontale.

Car il ne suffit pas de le dire mais de s'éduquer dès l'enfance.
Ce qui est le cas des bouddhistes qui ont ces relations interpersonnelles horizontales.

En France à partir des années 90 les quelques structures qui s'en approchaient, non par éducation, mais par sentiment de classe, se sont liquéfiées.

Si bien que dans une étude de 1999. :
Les français disaient en majorité compter sur l'entreprise pour inventer l'avenir tellement leur "je" s'était atrophié.
Compter sur leurs familles plutôt que sur les autres, adieu la communauté.
Et vouloir que l'état s'occupent d'eux personnellement, papa où t'es.

Toutes ces années nous avons vu le doute s'installer, la méfiance, puis la défiance dans des cerveaux que les médias vidaient. La gestion du COVID en est l'élixir.

https://www.syti.net/JTContents.html

Or les relations interpersonnelles ont besoin de croire, de croire dans l'autre.
Ce sont alors ces relations interpersonnelles qui reliées les uns aux autres forment la communauté humaine, et au delà du vivant et de l'inanimé. l'appartenance à la terre, un TOUT dont nous commençons à prendre conscience.
Dés lors pour qu'elle se pérennise il faudra changer l'éducation des enfants.
Merci d'avoir accompli ta tâche, au lieu de félicitations, tiens voilà un bon point.


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7 réactions à cet article    


  • MagicBuster 7 janvier 13:48

    Eduquer les sauvages est une noble quête ; mais n’est-ce pas une utopie ?

    Dans l’ancien temps on allait au contact des sauvages pour leur apporter la bonne parole ; maintenant on veut les éduquer chez nous . . .

    Envoyons nos islamo gauchiste les éduquer , et refermons bien les frontières smiley


    • Lynwec 7 janvier 14:02

      A partir du moment où on commence à introduire des notions de priorité, de supériorité, on perd toute spiritualité et une fois qu’on admet de pouvoir maltraiter une espèce, on en vient finalement à maltraiter sa propre espèce.

      Qui a décidé qu’un humain était plus important qu’un arbre, qu’une espèce animale ? Pourquoi ne pas tous les respecter ? L’évolution capitaliste a détruit tout ce qui existait de sacré et de bon dans les cultures primitives.

      Le Peau Rouge qui tuait un bison était conscient de son acte et n’en gaspillait pas la moindre partie, probablement par reconnaissance du sacrifice involontaire mais effectif d’une vie pour en maintenir d’autres. Le civilisé anglo saxon (mais pas que...) tuait le bison pour sa peau, voire ses cornes, et laissait le cadavre pourrir inutilement, preuve de sa déchéance spirituelle.

      Nous en sommes arrivés bien plus loin à notre époque puisqu’ils (les conglomérats industriels internationaux) ont optimisé le massacre et le gaspillage au point de détruire complétement des habitats et leur faune et flore sur de vastes territoires, y compris en mer, uniquement pour le profit et surement pas pour le maintien de l’espèce.


      • Claude Courty Claude Courty 8 janvier 10:50

        @Lynwec

        « Qui a décidé qu’un humain était plus important qu’un arbre, qu’une espèce animale ? »
        L’humain lui-même, en tant que premier prédateur du reste du vivant, encouragé par des pouvoirs – à commencer par le religieux et le politique – Plus soucieux du nombre que du bien-être de ceux sur lesquels ils se sont fondent et prospèrent. 

        https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2015/03/schema-sans-commentaire.html

        https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2020/10/le-syndrome-de-lautruche.html


      • Freud était clair : ce sont les sept premières années qui comptent..... Quelques remaniements à l’adolescence sont possibles. Mais après 21 ans, la personnalité est structurée (ou sans repères) . Et il est inutile de faire boire un âne qui n’a pas soif... Alors, oui sur le fond. Mais en redescendant sur terre. Pas de miracles....


        • Claude Courty Claude Courty 8 janvier 09:58

          L’éducation ne peut être qu’un moyen de changer le monde, au service de la maîtrise mondiale de la pauvreté – laquelle existe inéluctablement par la richesse et inversement.

          Il sera alors possible de parvenir à l’éradication de la honte de l’humanité qu’est la pauvreté profonde ; l’atteinte de cet objectif résidant dans l’instauration d’un revenu universel minimum et incontitionnel (R.U.M.I.).

          https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2015/03/schema-sans-commentaire.html

          https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2020/10/le-syndrome-de-lautruche.html

          https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2018/01/cause-premiere-et-evolution-de-la.html

          https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2021/12/de-la-pensee-dominante-au-revenu.html


          • genrehumain 8 janvier 11:30

            "Ce sont alors ces relations interpersonnelles qui reliées les uns aux autres forment la communauté humaine, et au delà du vivant et de l’inanimé. l’appartenance à la terre, un TOUT dont nous commençons à prendre conscience".

            « Ne soyons plus anglais, français ou allemands.

            Soyons européens.

            Ne soyons plus des Européens, soyons des hommes.

            Soyons l’humanité.

            Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie. »

            Victor Hugo

            Merci de cet article vous avez tout compris.

            Éducation à la citoyenneté mondiale

            https://fr.unesco.org/themes/ecm

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