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Accueil du site > Tribune Libre > Cherche désespérément espérance !

Cherche désespérément espérance !

Nous sommes nombreux à nous plaindre de l’orientation vers laquelle s’engage notre société, sur les bases d’une seule activité commerciale qui lamine tout sur son passage et creuse des fractures sociales d’où émergent une violence que les maître du commerce utilisent, par leur serviteurs, pour effrayer les populations qui réclament moins de démocratie en voulant se faire gouverner par l’arbitraire d’un chef d’entreprise, système totalitaire par excellence. Dictature molle disent certains. Il n’y a pas en l’espèce une théorie du complot, même si des groupes se réunissent et élaborent des stratégies impérialistes.

Un événement ne se déroule que si au préalable se sont réunis les éléments qui concourent à son développement. Nous sommes dans l’impuissance de pouvoir tous les percevoir et les maîtriser ou les modifier. Il ne s’agit pas en l’espèce d’une impuissance volontaire mais d’une impuissance structurelle liée aux développements de nos comportements grâce au bagage génétique, culturel et environnemental. Un ensemble difficile à cerner quelles que soient les stratégies géopolitique et géohistorique. Si les modèles scientifiques et les technologies concourent à déterminer certaines orientations comportementales, nous restons encore soumis à un destin aléatoire qui nous a fait la démonstration des représentations de son évolution dans le temps, au travers de certaines régularités, successions de civilisation. S’il n’échappe à personne que d’autres sont se nourrir, se protéger, se reproduire, il est moins facile de cerner celles qui nous poussent à agir pour les satisfaire et par quels termes nous les désignerons. Souvent nous nous référons à la désidérabilité, ou le désir de possession que permet la puissance.

Serait-il le moteur de notre existence, c’est effectivement un moteur inné sur lequel se réfèrent les tenant du capitalisme pour justifier qu’ils n’aient pas à interroger leur conscience, et le processus est allé si loin que les modèles théoriques économiques ou mathématiques servent de guide des consciences et les font taire devant la recherche du résultat financier. Une belle hypocrisie pour cacher son désir de puissance, ce qui n’invalide pas des structures indispensables pour être efficient.

Entre les deux il y a toute la place de zéro à l’infini, mais pour se positionner ailleurs dans cette zone que celle dans laquelle nous sommes, il faut que les éléments se mettent en place pour y concourir. Pour cela la désidérabilité se matérialise sous une forme que nous connaissons bien qui touchent tous ceux qui attendent de l’existence autre chose d’elle, pour eux ou les autres qui s’appelle l’espérance.

Hier et aujourd’hui c’était les religions, plus récemment ce fut la république et la démocratie.

Mais voila la république c’est accoquiné avec les marchands, non qu’ils n’aient leurs places, mais ils ont tué l’espérance parce qu’ils disposent du pouvoir de mettre en place par le déterminisme de leur système les éléments qui détermineront les comportements qui confirmeront sont développement.

Souvent je le dis ce n’est pas notre raison qui aura raison du capitalisme mais les déchets de sa production. Ces mêmes déchets semblent faire ressurgir une nouvelle espérance dans la lutte contre la pollution, combien de temps cela aura demandé. Si l’on se réfère au club de Rome l’alerte a commencé dans les années 60 et de manière politique avec l’alerte de René Dumont aux élections de 1974, soit prés d’un demi siècle.

Un demi siècle durant lesquels par nos comportements nous avons structuré ce qui nous conduit aujourd’hui au sommet de Copenhague. Pensez-vous toujours que ce soit notre raison.

Alors quand aujourd’hui l’on nous assène au quotidien des catastrophes, des faits divers, des violences cinémathèques, quand l’on discrédite les hommes politiques, quel que soit le tort de chacun, quand l’on manipule l’opinion, quand l’on nie la collectivité parce qu’elle est commercialement moins porteuse, alors que nous n’existons que dans le regard de l’autre, quand on infantilise les adultes, où voulez vous trouver une espérance.

Pourtant elle est indispensable pour agir et vivre épanoui. C’est elle qui souvent fait supporter la cruauté de l’existence et donne aux faibles le courage d’affronter leurs dominants.

Faute de celle-ci nous voyons se développer tous les refuges qui catalysent ce besoin qui ne s’exprime plus par le débat idéologique ou philosophique qu’avait construit la république malgré ces atermoiements. Chacun se fédère où il peut au fil de ses seuls intérêts égoïstes, et nous voyons se développer l’intolérance, la catégorisation, la ghettoïsation, les explosions violentes du refoulement, la déstructuration sociale de famille, et je dois bien en oublier.

Le culte de ceci ou cela a remplacé l’espérance de bâtir une société toujours meilleure, les partis politiques ne disposent pas de bulle d’isolation qui les mettraient hors du champ des développements comportementaux qui se sont mis en place et qui nous aspirent vers une nouvelle civilisation. Ils se montrent peu créatifs et imaginatifs, étranglés qu’ils sont par les modèles déterministes qu’ils soutiennent et qui vont exploser.

Chaque changement de civilisation se fait dans le drame et rien dans le développement des éléments qui se mettent en place depuis trente ans ne laisse présager une embellie. Même la science qui avance à pas de géant risque d’être détournée de sa fonction humanitaire.

Ce n’est pas une gageure que de dire cherche désespérément une espérance, le retour vers la foi religieuse en est un exemple, la perte de vitesse de la laïcité montre comment la loi du marché tue l’espérance en la république.

Les dés sont jetés depuis longtemps et nous récolterons non pas la faute de l’un ou de l’autre boucs émissaires que nous désignerons, mais les conséquences de nos actes que nous n’aurons pas su mesurer, en partie parce que nous n’en avons pas les moyens. Ce n’est pas de la fatalité, c’est seulement que nous ne sommes pas des dieux même si nous avons interprété par flagornerie à la lettre que nous sommes à l’image de Dieu, alors qu’il ne fallait y comprendre que nous ne sommes que la partie et le tout des « Toutun », l’antithèse même, de l’individualisme destructeur.


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11 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 23 novembre 2009 14:01

    Chacun fait se qu’il peut du mieux qu’il le peut, du moins j’ose l’espérer. Chacun campent sur ses positions avec ses idées et l’avenir meilleur que ceux-ci sont sensés lui apporter. Nous avons fait de notre ego notre centre. Pensant, par là même, améliorer notre condition par le biais d’une forte individualité préconisée et montrée en exemple par nos dirigeants ou nos modèles. Nous avons oublié que tout est lié et qu’une forte interdépendance entre les êtres et leurs actions sont le résultat du présent que nous vivons. Seule une vision et un comportement axé sur l’altruisme peuvent nous amener vers l’évolution. Je suis septique quant à un positionnement mental et moral de masse sur cette évidence. Je crois plutôt qu’une telle alternative deviendra possible le jour ou une grande catastrophe se produira car il est bien connu que les hommes s’humanisent devant les échéances fatales. Une telle alternative est sans doute l’électrochoc nécessaire et je pense qu’il va se produire dans les années qui arrivent par un dérèglement climatique majeur.

    Merci pour votre article, fasse qu’il nous interroge.


    • ddacoudre ddacoudre 23 novembre 2009 18:06

      bonjour gabriel

      pas grand chose à dire si ce n’est que tu confirmes que ce n’est pas tout à fait la raison qui nous dirige sinon nous n’attendrions pas de percevoir par nos sens, ce que la raison hors deux peut comprendre, sauf que cette dernière se construit avec eux et parmi eux il y a cette fabuleuse capacité à réorganiser nos raisonnements faire à mesure que l’on emplie notre cerveau de connaissances, mais nous savons aussi, qu’il y a un inconscient qui a sont mot à dire.

      cordialement


    • plancherDesVaches 23 novembre 2009 14:55

      Nous ne sommes pas des dieux.... cela ... se discute.
      Le patron de golman sachs dit clairement qu’il est en mission divine. Tout de même.
      Et il n’a pas tort. Il rêgne en maître absolu de l’amérique du nord et donc, de l’Europe et tous les pays du monde. Il ne faut pas l’oublier.
      Tout cela pour montrer que l’on peut être jaloux de dieu...
      Soit, un truc inventé par l’humain qui se plaint en permanence qu’il n’est pas assez « bien ». Et que tout se qui lui arrive est de la faute d’une « force supérieure »...
      Pauvre gosse. Qui va se révolter lorsque ses parents lui interdisent de regarder la téloche.

      J’hésite à dire ce qui sera le plus dur à supporter : ne plus regarder la téloche, ou ne plus manger.. ???


      • ddacoudre ddacoudre 23 novembre 2009 18:19

        bonjour plancher des vaches

        merci pour ce commentaires en bi- teinte. il y a pas si longtemps je lisait un article sur cette banque. je partage son point de vue, très certainement qu’il est en mission divine puisque c’est dieu qui la créé comme tous les autres qui ont autant de raison de le dire. alors ou nous le disons tous ou nous l’enfermons car il est dangereux de se laisser diriger par un illuminé.

        moi c’est ago qui me manquera.


      • plancherDesVaches 23 novembre 2009 14:56

        Si vous trouvez des fautes, allez demander aux « informaticiens » du site de refaire fonctionner l’édition plutôt que de sortir une barre « gogole » en bas...


        • ramonjimenez ramonjimenez 23 novembre 2009 15:36

          Notre foi dans la science ayant tué Dieu d’une certaine manière , nous nous retrouvons prisonniers de notre ignorance , condamnés à un rationalisme de bazar uniquement axé sur nos connaissances acquises durant notre si courte vie. Connaissances basées sur des chiffres , pourcentages qui nous inondent en permanence et qui nous donnent une illusion de certitude scientifique. Comment pourrait on se tromper ? puisque tout peut être mis en équation  ?

          Les religions ne sont que la traduction humaine de la spiritualité inventées et écrites par l’Homme pour ne pas avoir à réfléchir sur son destin ou ses actes quotidiens puisque tout est écrit dans le Grand Livre.

          La science nous a permis de nous sevrer de la religion , mais nous avons toujours besoin d’un Dieu.
          La dictature du pourcentage est une religion comme toute autre basée sur des croyances humaines (voir la crise financière), mais sans Dieu. Englobant une sorte d’existentialisme car basée sur l’illusion du mérite , cette religion n’offre comme salut que la « réussite sociale ».

          Or l’illusion de la notion de mérite ou celle de la réussite sociale n’est qu’un leurre qui nous pousse à faire toujours plus de la même chose : rechercher la dominance, le pouvoir. Et plus on a de pouvoir , plus on est seul. Ces gens qui ont le pouvoir impriment à toute la société leur solitude et leur absence d’avenir et de spiritualité.

          Les sciences ne sont que des outils sans cesse en mouvement , voire en remise en question permanente . Nous avons grand tort de nous reposer uniquement sur ce qu’elles promettent. Elle peuvent beaucoup sur le monde physique , mais rien sur le plan spirituel.

          L’Homme veut de l’espérance , mais en quoi ? Si il n’espère que posséder et dominer il n’ira nulle part. On entend brandir de tous les cotés la menace climatique avec un espoir : si on sauve « la planète » on ira beaucoup mieux. Or « la planète » se fout éperdument que nous existions. L’extinction d’une espèce ne remet pas en cause l’univers ! Et notre réponse à cette tartuferie est le green business , ou comment continuer pareil tout en faisant encore plus d’argent. Arrêtons de vivre dans l’illusion confortable !

          Mais si l’humanité arrive un jour à découvrir l’humilité et la conscience de l’autre , alors elle ne s’en portera que mieux.


          • ddacoudre ddacoudre 23 novembre 2009 19:02

            bonjour ramonjimenez

            merci pour ce commentaire complet. je crois bien que nous nous sommes compris malgré la brièveté de nos commentaires. j’avoue qu’après avoir jeté la religions pour la laïcité, je suis retourné vers les religions des livres grâce à la science au travers de la théorie du chaos et la physique quantique. bien sur je ne suis pas devenu croyant mais j’ai relu ces ouvrages comme ont lit des livres de philosophies. derrières ces écrits je n’ai pas recherché un dieu mais ce que les hommes avaient compris en leur temps du monde qui était le leur.

            la difficulté est que la phraséologie était destiné à des populations illettrées, et qu’en retirer l’esprit sans référence comparative, conduit à traduire les textes à la lettre et à l’intégrisme. ,il y a même une parabole de jésus qui reproche au pharisien de n’appliquer que des rituels humains, plutôt que le message de dieu. comme quoi déjà à cette époque l’intégrisme existait et ce ne sont pas les musulmans qui l’ont inventé.

            je crois qu’il faut faire une distinction semblable à cette parabole. la science est la découverte lente de la connaissance des mécanismes du monde, qui se réajuste au fil des découvertes et des moyens technologiques par lesquels nous les observons.
            naturellement ceci ne se passe pas dans un vase clos et est en interdépendance avec notre organisation social économique. si bien que nous utilisons également les science pour en faire un usage social et économique qui ne sont plus le produit des scientifique mais l’usage des intérêts que nous pouvons y trouver.
            c’est ainsi que nous avons élaboré des modèles systémiques qui utilisent les sciences mais qui n’en sont pas, par exemple les sciences économiques est une vaste fumisterie rien de ce qui la compose ne peut faire l’objet d’une réfutation.

            alors organiser sa vie seulement autour de cela est laminer l’humain pour le réduire à l’expression d’un outil et d’un boyau,, une bouche et un cul. hors la vie n’est pas là, elle se structure par nos sens par la communication de nos cellules entre elles (ce qui nous échappe), se réorganisent dans le cerveau et forme un tout qui développe ce que Debray appellé la religiosité humaine, le besoin de rêver, d’espérer, de comprendre en toute humilité que dans l’univers l’on est rien.

            cordialement.


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 23 novembre 2009 17:10

            Salut DD,

            Tout d’abord, merci pour ton message que j’ai pris soin de réorienter, sur le doublon d’un article avant de le faire retirer, et merci à la modération pour ce nettoyage qui faisait tâche. Ton article tente avec acuité de définir le rôle de chacun dans la responsabilité générale et soulevé dans cette légende : " La boite de Pandore contenait tous les maux de l’humanité, notamment la Vieillesse, la Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la Folie, le Vice, la Tromperie et la Passion, ainsi que l’Espérance.

            Une fois installée comme épouse, elle céda à la curiosité et ouvrit la boîte : elle libéra ainsi les maux qu’elle contenait. Elle referma la boîte trop tard pour les retenir, et seule l’Espérance, plus lente à réagir, y resta enfermée."

            En effet, l’espérance est la dernière bouée à laquelle se raccrocher quand toutes les autres ont coulées. C’est le dernier stade avant l’autoroute sans destination précise mais pas sans péage...

            Cordialement.


            • ddacoudre ddacoudre 23 novembre 2009 19:08

              bonjour lisa

              cette légende est fort à propos, je n’ai jamais douté de ne comprendre que ce que d’autres avaient compris bien avant moi, cela me semble logique puisque j’ai assimilé une partie de leur savoir, une partie seulement car sans cela il ne pourrait pas se réorganiser et nous serions immuables.

              cordialement.


            • ELCHETORIX 23 novembre 2009 20:56

              Bonsoir ddàcoudre ,
              Selon moi , tout est résumé dans ton titre que l’on peut évidemment développer selon sa sensibilité et ses convictions !
              Disons que la désespérance gangrène aussi bien la jeunesse que les moins jeunes .
              Pas tous , bien heureusement , mais on assiste à des valeurs plutôt individualistes et un peu de nouvelles idolâtries comme « les dieux » en football , déchus vu les résultats récents , mais idoles , comme les chanteurs pour faire rêver etc..
              Au début de ce troisième millénaire , on cherche toujours un monde idéal sinon un monde meilleur , en prenons-nous le chemin ? that is the question !
              Bon article comme d’hab !
              Cordialement .
              RA .


              • ddacoudre ddacoudre 23 novembre 2009 21:04

                bonjour elchetorix

                merci pour ton commentaire. c’est certain que la planète foot, et celle des grattages en tout genre sont devenus des comparateurs.

                un chinois dont j’ai oublié le nom disais, inscrivez au dos d’une carte à jouer ce de quoi vous voulez instruire les hommes.

                cordialement.

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