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Accueil du site > Tribune Libre > Ci-devant député français, CETA toi de rejeter le « CETA »

Ci-devant député français, CETA toi de rejeter le « CETA »

« Provisoirement » adopté contre la volonté des populations depuis maintenant deux ans – ce qui donne une idée de la conception de la démocratie vue par les « bruxelloligarques » - le CETA (Canada-Europe unie Trade Agreement) met ce mercredi les députés face à leurs responsabilités.

STOP CETA TAFTA TISA

Vont-ils autoriser la malbouffe canadienne (bœufs bourrés d’hormones de croissance et d’antibiotiques) pourrir la santé des Français ? Vont-ils ouvrir la porte à des bestiaux nourris aux farines animales, celles-là même qui ont donné la « vache folle » britannique ? Vont-ils saloper un peu plus le climat avec des cargos ultra-polluants pour des échanges commerciaux inutiles ? Vont-ils permettre à des multinationales prenant des dimensions d’états privés de mettre à bas les lois de la France si elles menacent leurs profits réels ou projetés à travers des tribunaux privés ?

Pendant qu’en France on sodomise les diptères avec les magouilles des homards de Rugy, les eurotrafiquants de Bruxelles sodomisent – eux – toutes les populations de l’Europe. Ceci à la suite de l’approbation en 2017 par les députés membres de la commission « commerce » de l’exécrable projet de traité global avec le Canada connu sous le vocable de CETA. Il faut dire que la majorité des membres de cette « Commission commerce » comptent parmi les plus fervents défenseurs de la libéralisation maximale des échanges et des investissements, dans laquelle les normes sociales, sanitaires et environnementales sont exclusivement perçues comme des obstacles au commerce.

Les députés européens du Parlement européen de Strasbourg leur ont emboîté le pas alors que le traité de Lisbonne donne à cette institution un droit de veto sur les traités commerciaux.

L’Union Européenne a une conception pour le moins « pittoresque » de la démocratie. Ainsi, suite au feu vert à Strasbourg, le CETA est entré en vigueur, de manière provisoire, dès avril 2017 ! Considéré comme un traité « mixte », il devra ensuite être voté par l’ensemble des parlements nationaux – et parfois, régionaux – au sein des 28, pour rendre son approbation définitive. Nous en sommes là.

Qui a décidé d’un truc pareil ? Où a-t-on vu qu’un texte législatif était appliqué « provisoirement » avant d’être voté ? Un provisoire qui dure !

Le CETA, c’est le cheval de Troie des États-Unis. En effet, avec le CETA, les USA exporteront ce qu’ils veulent via le Canada tout en se permettant de refuser l’importation de tout ce qu’ils veulent. Naïveté de l’U.E. ? Konnerie ? Où complicité des « eurotrafiquants » achetés par les armées de lobbies sévissant à Bruxelles pour le compte des multinationales et de la finance ?

Le CETA « un bon accord » proclame ses thuriféraires. C’est archi faux :

1. L’enjeu du CETA est de s’attaquer aux « obstacles au commerce ». Comprenez : aux réglementations, y compris dans des domaines sensibles comme l’alimentation, l’environnement, la santé, ou encore les droits sociaux. Ce traité aura donc un impact durable sur notre vie quotidienne, bien au-delà des questions commerciales.
2. En donnant des pouvoirs exceptionnels aux multinationales, le CETA met en danger la capacité de nos institutions démocratiques à décider librement de politiques d’intérêt général : on risque la paralysie et un nivellement par le bas. Par exemple, un étiquetage plus complet des OGM ou l’interdiction de substances potentiellement dangereuses présentes dans l’agriculture et l’alimentation deviendraient quasiment impossibles avec l’adoption de cet accord.

3. Le CETA offre la possibilité aux investisseurs étrangers d’attaquer les États devant des tribunaux d’arbitrage, au motif que des décisions politiques affecteraient leurs bénéfices, réels ou attendus. Le risque pour l’État d’être condamné à payer des dommages et intérêts peut le dissuader de prendre des décisions d’intérêt général pourtant importantes.
4. Le CETA ne s’arrête pas là et donne à un « comité » de personnes non élues voix au chapitre sur les réglementations en Europe et au Canada, sans légitimité démocratique. Les lobbies industriels, très influents, seront bien sûr très largement consultés par ce comité.

5. Mais cela n’est pas tout… Nous avons autrefois été protégés de la vache folle, du recours à certains antibiotiques en élevage, du bœuf aux hormones, grâce au principe de précaution inscrit dans nos textes européens. Or, il n’est pas du tout garanti dans le CETA ! C’est très grave car ce principe permet d’écarter du marché ce qui comporte un risque pour notre santé. Tout cela est sérieusement remis en question par cet accord. Quel peut être l’impact ?

  • Pesticides  : le CETA propose de s’aligner sur des normes de protection a minima, qu’il ne serait ensuite plus possible de changer ;
  • Perturbateurs endocriniens  : retards accumulés par la Commission européenne pour définir des critères d’évaluation de ces substances toxiques et prendre des décisions pour protéger notre santé ;
  • OGM  : Avec le CETA, il deviendrait quasi impossible d’introduire un étiquetage plus exigeant, un étiquetage des sous-produits de l’élevage tels que le lait, les œufs ou la viande issus d’animaux nourris à l’aide d’aliments génétiquement modifiés.. De même, il sera très difficile de faire interdire de nouveaux types d’OGM à l’avenir.

Quant aux bénéfices promis, ils restent très hypothétiques… La Commission européenne parle d’une hausse du produit intérieur brut (PIB) de moins de 2 euros par mois et par habitant d’ici 10 ans…

Et on sacrifierait le principe de précaution et la démocratie pour 2 euros ?

Faisons pression sur nos députés. http://www2.assemblee-nationale.fr/qui

N’oublions pas que l’on n’agit pas, on subit !

Illustration X - Droits réservés

 


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20 réactions à cet article    


  • Cyril22 17 juillet 11:41

    J’ai entendu ce matin une admirable justification « écologique » du CETA : pour l’environnement, mieux vaut importer de la viande provenant du continent américain élevée avec des produits locaux, plutôt que d’importer des aliments pour élever des animaux en Europe. L’idée que l’on puisse élever en Europe des animaux nourris avec des aliments locaux n’entre seulement pas en ligne de compte !


    • JL JL 17 juillet 11:56

      @Cyril22
       
      ’’ L’idée que l’on puisse élever en Europe des animaux nourris avec des aliments locaux n’entre seulement pas en ligne de compte ! ’’
       
       C’est peut-être parce qu’un jour on s’est obligé par traité, d’importer des aliments pour nourrir nos bêtes ? Va savoir !!!


    • JL JL 18 juillet 08:09

      @JL
       
       le problème avec le CETA, c’est qu’on risque de devoir importer les bêtes, et aussi les aliments qui aurait servi à les nourrir !
       
       Mes traités internationaux sont négociés entre les élus de chaque pays, mais comme ils n’y connaissent rien, ce sont les lobbyistes qui leur en dictent les termes.
       
       De sorte que ces traités se font dans l’intérêt des industriels et non pas des consommateurs, puisque ces deux intérêts antagonistes se font en gros, et ce serait un moindre mal, à somme nulle.
       
      Nos industriels, bien que retors, sont des enfants de chœur comparés aux Anglo-saxons.
       
      Mais Macron ne comprends rien à rien sinon ce que ses mentors attendent de lui : c’est un enfant entre leurs mains. Et pour ça, il est parfait ... de leur point de vue. Il était minable aux Champs Elysée, à chanter la Marseillaise comme les plus butés de nos footeux BBB : du bout des lèvres, entre les dents ; entre honte et obéissance, comme à contrecœur mais pour montrer qu’il chante. Lamentable !
       
       
      « Malheur à la ville dont le prince est un enfant » (verset de l’Ecclésiaste )


    • Spartacus Spartacus 17 juillet 11:50

      Haaaaa ! Ca y est. Vous allez tous mourir dans d’affreuses souffrances !

      Vous allez manger meurs des cotes de bœufs Canadiennes et des cranberrys.

      Au moins avant de mourir vous les aurez payé moins cher...   smiley

      C’est bien connu les traités de libre échange tuent autant que le communisme

      Mieux vaut ne commercer avec personne et devenir la Corée du Nord.

      Et le principe de précaution, pourquoi au lieu de le proposer à la société les gauchistes ne se l’appliquent pas a eux même dans leurs relations personnelles ?

      Ne pas s’accoupler avec les filles, il y a un risque d’attraper des maladies.

      Et faute de reproduction les gauchistes s’éteindraient d’eux même faute de partenaire viable pour faire l’amour, comme ils veulent que les producteurs de fromage Français crèvent faute de débouchés internationaux... 


      • Ruut Ruut 17 juillet 12:55

        @Spartacus
        Traité ou pas, rien ne nous interdit en effet, d’acheter Français :)


      • Traroth Traroth 17 juillet 17:52

        @Ruut
        Si. Le fait qu’il n’est pas toujours obligatoire d’indiquer le pays d’origine d’un produit. Et surtout le fait qu’il est parfois impossible de trouver un produit français. Par exemple, allez dans un hypermarché et trouvez donc un grille-pain fabriqué en France, qu’on rigole ! La même chose vaut pour de nombreux produits, du paracétamol aux consoles de jeu. Faute de protéger notre marché intérieur, nos gouvernants successifs ont détruit l’industrie française dans le but évident de permettre à quelques milliardaires de leurs amis de gagner plus d’argent.


      • JL JL 18 juillet 08:10

        spartacus, non pas l’avocat du diable qui n’a guère besoin d’avocats, mais son esclave.


      • dominique 17 juillet 12:35

        « Quant aux bénéfices promis, ils restent très hypothétiques » Cela dépend de qui on parle. Pour le PIB certainement mais pour les multinationales...... smiley Et compter sur nos députés et élus pour oser aller contre l’avis de leurs « boss » j’en doute


        • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 17 juillet 18:28

          @dominique

          Bah c’est un peu comme pour l’immigration qui est « une richesse »... pour 0,00001% de la population qui va se goinfrer comme jamais, mais qu’on se rassure, tous les coûts afférents seront dûment communautarisés (on a eu peur).


        • Julot_Fr 17 juillet 13:02

          L’industrie francaise (et europeenne excepte allemagne) etant deja devastee, il s’agit vraissemblable pour les multinationales des Rostshilt et autres financier de couler les agriculteur afin de recuperer leur terres.. en effet l’objectif de ces gens la est de supprimer la propriete privee (du peuple).. la regulation et la taxation etant leur arme favorite. C’est bien d’ecrire sur le sujet mais un peu tard.. les francais ne s’en foutent pas mais tout moyen de s’informer et protester etant severement reduit.. ils ont acepte de se faire enculer sans protester contre un petit cheque de fin de mois de plus en plus petit.. le probleme est donc manque de vrai information et corruption totale de l’elite francaise.. le plus vite la france s’ecrase au sol, le mieux pour tout le monde.. quand le petit cheque est parti, on peut commencer a discuter


          • popov 17 juillet 14:22

            @Julot_Fr

            Récupérer les terres agricoles et mettre la production des aliments entièrement dans les mains de la finance.
            C’est exactement ce que je pense.


          • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 17 juillet 18:27

            @popov

            Je plussoie !


          • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 17 juillet 18:34

            @Julot_Fr

            Pour l’information, j’écrivais déjà sur la question en 2016, et plein d’autres aussi. C’est d’ailleurs de Belgique que sont venus les premiers petits grains de sable dans la machine.

            Je pense sincèrement que ça pétera grave bien avant que les chacals aient eu le temps de se partager les derniers lambeaux de chair de la carcasse France, et si pas, ça viendra juste après.

            Il y a un « petit détail qui tue » dans la religion du capitalisme : pour être riche, il faut qu’il y ait plein de pauvres. Mais plus il y a de pauvres, et moins riches ils sont, plus il devient difficile de les contrôler, sauf à payer plein de pauvres pour taper sur d’autres pauvres, mais ça, c’est trop cher...


          • Julot_Fr 18 juillet 07:59

            @Philippe Huysmans Les financiers macons ayant organise ttes les revolutions que je connaisse (excepte celle des usa) ca augure mal d’une reaction par le peuple francais, mais le moins quon puisse faire est informer. Les pays de l’Est, encules des leur entree dans l’ue, la serbie bombardee.. ne se rebellent pas, ils mangent leur merde. Par contre l’empire, dont l’epicentre est la city de londres, peut etre vaincu de l’exterieur, on voit que le TTIP, accord de Paris.. ont etes repousses.. et la capacite de rostschild.. pardon uk.. a declencher des guerres flanche.. les white helmet (finances par R.. pardon uk) n’ont pas eu de bombardement us.. skripal ne cree pas d’animosite contre la russie.. les histoires de supertanker saisis par R.. pardon uk.. pour declencher guerre us-iran sont risibles.. de plus le coup organise par R.. pardon MI6 (russiagate) est en train d’etre expose.. et pour corronne le tout l’affaire epstein a le potentiel d’exposer la corruption globale organiser par ishrael en connection avec ces meme financiers.. pour de la vrai info.. je recommende sgtreport.com meme sil faut faire du tri



            • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 17 juillet 18:26

              Autant que j’ai compris en parlant du sujet avec un pote juriste, l’aspect « transitoire » c’est uniquement un « accord », soit des échanges bilatéraux.

              Après la phase transitoire et la signature par les parlements, ça devient un traité, et là c’est plus du tout la même limonade, parce qu’il passe au-dessus de la constitution. C’est là qu’on va voir débouler les tribunaux d’arbitrage privés et qu’on se sentira pleinement... diptères.


              • Xenozoid 17 juillet 18:40

                alors attention ce n’est pas le ceta qui autorise le isds ils existent déja partout,et le canada et les pays bas en sont le fer de lance,je dirait même que c’est le isds qui permet le ceta

                ISDS =

                Investor state dispute settlement (ISDS)

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