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Circularités

Ou les racines notre impuissance politique

"Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu'ils peuvent provoquer des changements"

Chomsky

 

Régionales : la mort d'une démocratie déjà morte

 

Le scrutin d’hier fut historique à plus d’un titre : tout d’abord par le taux d’abstention « abyssal » et jamais atteint sous la 5ème République, avec presque 7 électeurs sur 10 qui n’ont pas daigné se déplacer.

Ensuite par la « recomposition » politique qu’il semble dessiner. Je mets les guillemets et parle au conditionnel car, en effet, qui peut réellement parler de légitimité de la droite –le grand vainqueur de ce scrutin à la Pyrrhus-, autant que de la « gauche » –seconde à tirer son épingle du jeu- dans ces conditions ? Les mieux qualifiés l'ont été avec même pas un tiers de 32% du corps électoral. Faites le calcul.

En creux bien sûr, les enjeux de ce scrutin étaient tout autres : il s’agissait avant tout d’un tour d’essai pour la présidentielle qui se déroulera dans moins d’un an. Et, de ce côté-là, autant la macronie que son double indissociable la Lepénie, semblent extrêmement mal barrés.

Le pari de Macron et de Le Pen, les deux hypocrites duettistes de la même (fausse) pièce électorale qu’ils nous jouent depuis plus de quatre ans, ce pari-là a été perdu hier.

Il n’y avait qu’à voir la face déconfite de Gabriel Attal, n’ayant comme seul argument pour appeler à voter contre Mariani en PACA, que sa supposée « amitié » avec El Assad… ou mieux encore, celle de « l’ennemie du système » Marine Le Pen, qui appelle les abstentionnistes à renouer avec ledit système le temps des élections, histoire de lui éviter une gifle au second tour…. voilà où nous en sommes rendus.

Alors oui, bien sûr, il ne s’agissait que du premier tour, et l’enjeu est évidemment bien moins important que les présidentielles, scrutin qui traditionnellement ramène plus d’électeurs au bercail de la soi-disant démocratie en vigueur dans notre pays. « Démocratie » dont la principale tâche est de nous convaincre nous, le peuple, que nous exerçons notre souveraineté uniquement tous les cinq ans, en déposant un bulletin dans l’urne, de manière à élire un représentant qui ne représente que lui-même et la poignée d’oligarques qui l’a hissé là.

Peut-être que la principale source de « l’abysse » décrite par Gabriel Attal hier, et déplorée par une Marine Le Pen qui continue de s’autoproclamer héraut du peuple –alors que tous ses actes politiques parlent d’eux-mêmes, et la démentent elle et son parti depuis des décennies-, peut-être que la source de « ce désastre » se situe ici ?

Mais sont-ils réellement capables de le voir ?

 

J’avais aqua poney hier, ou la fin de mes illusions

 

Oui, ces élections à 70% vides d’électeurs sont le signe d’une triple illusion qui prend désormais fin définitivement.

Du point de vue de l’électorat tout d’abord : la première illusion, celle qui consistait à croire que l’on peut résoudre les problèmes, avec l’aide de ceux-là mêmes qui les ont créés, et qui continuent de les aggraver, est en train de prendre fin. Ou plutôt, elle prend faim. Elle prend littéralement corps dans la souffrance que vit le peuple d’en bas, et que semblent ignorer aujourd’hui, comme Louis XVI et la noblesse hier, les zélites qui ont la prétention de nous régenter.

Tous les Mac Fly et Carlito du monde n’arriveront pas à gommer le réel des étudiants qui font la queue pour bouffer, pendant qu’on leur refuse le RSA qui pourrait les aider, et que les jobs qui les faisaient manger n’existent plus. Tout ce cirque joué par des clowns en costard cravate, pendant que les plans de licenciements absolument massifs frappent tous les secteurs de l’économie, toute cette commedia dell’arte jouée par des bien-portants, a de moins en moins de sens, alors que les estomacs grondent.

La pandémie a laminé une très grande partie du corps social, non pas à cause de la virulence d’un SARS-COV2 qui n’a finalement, qu’un taux de létalité approchant au grand maximum les 3%, mais plutôt à cause des mesures prises pour le contrer. Ou plus exactement : du prétexte de la pandémie pour faire passer en force, de très nombreuses mesures attentatoires aux libertés, à l’économie, à la santé psychique et au bien-être général de la population. Oui le corps social se délite, et, confusément, le corps social sent que les responsables sont aujourd’hui les coupables.

Un pas a été franchi avec la gifle : c’est le signe du début formel d’autre chose, d’un rapport moins décomplexé à la politique, c’est-à-dire à la capacité effective d’agir sur le réel.

Il s’agit ici de la seconde illusion : celle de l’invulnérabilité du corps politique. Aussi bien au sens figuré qu’au sens plus littéral -« la personne sacrée » comme disait l’autre.

Cette seconde illusion a volé en éclats en même temps que l’orgueil de Sa majesté, et tandis que toute l’Assemblée, des plus Playmobil des députés LREM jusqu’au plus « féroces » opposants, telle Marine l’épouvantail, tous se levaient dans un bel ensemble pour soutenir sa Majesté éborgneuse blessée dans son orgueil.

Il est des choses que les Français peuvent pardonner : les décennies de scandales politico-financiers, les petits arrangements électoraux, voire même parfois les grandes comédies qui y sont accolées, ainsi que l’inefficacité patente de politiques finalement interchangeables, années après années, que ce soit en termes économiques (chômage structurel massif) ou sociaux (sécurité…). Mais il est une chose que les Français ne supportent plus : c’est, je le crois, le mensonge. Surtout quand il est à répétition.

C’est ici la troisième illusion qui a pris fin hier : le mensonge électoral a pris fin, comme tout un tas d’autres mensonges.

Le fait de croire, et de faire croire, que voter serait effectivement le seul moyen de changer les choses. Que nous serions en démocratie.

Le mensonge ? Il est aujourd’hui primordial en politique : de macron qui affirme sans sourciller que « certaines choses doivent échapper aux lois du marché » et qui continuera en même temps de faire fermer des centaines de lits en pleine pandémie, à « l’Europe qui protège » serinée par tout ce que le pays compte de petit personnel politique, en tous lieux et en toutes circonstances, alors que le chômage massif est tout ce qui reste comme solution à une économie étranglée par la faiblesse intrinsèque de sa structure face aux autres, dans une zone contrainte et intégrée, sans aucune marge de manœuvre financière, dans l’impossibilité de ses ambitions à cause du carcan de l’euro.

Les électeurs ont compris : peut-être pas de la manière dont je viens de l’expliquer, mais ils ont saisi l’essentiel. Nous ne sommes pas en démocratie, car nous n’avons aucune souveraineté économique. Et de cette absence de souveraineté, de cette impuissance, découlent toutes les autres. Nous sommes pris à la gorge dans une spirale qui nous conduit au suicide, que nous le voulions ou non, il n’y a absolument aucune façon d’échapper, avec les recettes proposées depuis quarante ans, au scénario à la Grecque qui nous attend tous nous, Français d’en bas.

Et à toutes celles et ceux qui viendraient la ramener en se disant surpris de savoir qu’ils sont en Corée du Nord, et pas dans « le berceau des Droits de l’Homme », je leur répondrais non pas de regarder le bilan des gilets jaunes (déjà fait, et de toutes façons ils ne trouvent rien à y redire, les vitrines valant plus que des vies brisées par milliers à leurs yeux), mais plutôt de réfléchir un instant, prosaïquement, à ce que signifie le mot Démocratie. Les trois racines étymologiques de ce mot valise d’origine Grecque (curieux hasard de l’Histoire n’est-il pas ?) sont sans ambigüité. Sans entrer dans les détails, il y est à la fois question de Peuple, de Territoire et de … Souveraineté. Une des acceptions les plus communes pour ce terme est ainsi « tout système politique dans lequel le peuple est souverain ».

Alors peut-être faudrait-il repréciser, pour les cancres au fond près du radiateur, ce que signifie le mot « souverain » ? Si on qualifie un Etat de souverain, cela veut juste dire qu’il n’est « soumis à aucun autre Etat »(Larousse). Si on qualifie un peuple de souverain, cela veut dire que « c’est le peuple qui a le dernier mot ». Si on se penche un instant sur la Constitution de 1958, toujours en vigueur dans ce corps mort mais toujours constitué grâce à elle qu’est la 5ème République, on y lit la définition suivante, à son article 3 : « La souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ».

Intéressant.

Question  : si j’exerce ma souveraineté comme le préconise ce texte, en votant pour un représentant qui me propose un programme, et qui, une fois élu, non seulement ne l’applique pas, mais pire, fait exactement l’inverse, est-ce que je suis toujours souverain  ?

Le pire dans cette affaire est que je ne vise absolument aucun politique en particulier. Je l’ai déjà dit et le redis : ils sont tous absolument interchangeables. Ne serait-ce que sur le chômage structurel massif, ils ont tous promis et ont tous failli depuis 40 ans. Pas de chance ? Je ne crois pas, car aussi bien « gauche » que droite, ils avaient peu ou prou les mêmes recettes à nous proposer, seul l’habillage social et/ou sécuritaire changeait, et malgré tout et le chômage n’a cessé de progresser, bien avant le COVID et son million et demi de chômeurs supplémentaires.

Pour revenir à cette bein-aimée Constitution, un autre terme intéressant dans cet article 3, c’est quand même celui de "référendum". Nous avons tous en tête exactement la même image : celle du non souverain de 2005 au projet de TCUE, non formulé à 54,67% des votants… votants qui furent exactement 69,33% des inscrits à se rendre aux urnes, soit pratiquement l’exact inverse du scrutin d’hier. A 16 années d’intervalle, nous sommes donc passés de 69% de participation à 68,6% d’abstention.

Cherchez l’erreur ?

Ou pas…Tout le monde sait que ce non de 2005 fut transformé en oui en 2007, lors du Traité de Lisbonne, ratifié sous l’impulsion (non non, pas l’impulsivité) de l’agité à talonnettes de l’époque, avec la complicité totale de l’Assemblée nationale, nos « représentants élus » donc, qui, droite et « gauche » confondus, se torchèrent allègrement le fondement avec nos bulletins de vote encore chauds de 2005. En reprenant presque l’intégralité du défunt traité de 2005, dans celui de 2007.

Et ils cherchent encore le(s) motif(s) d’un tel taux d’abstention ? Sérieusement ?

La bourgeoisie qui tient fermement les manettes depuis plus de deux siècles dans ce pays, a beau jeu de considérer les gueux et autres sans dents (et pour certains, désormais sans yeux ou sans mains), et plus largement le peuple français dans son ensemble (comprenez : tout ce qui n’est pas « l’élite » dont ils se réclament) comme irrationnel, volatile, capricieux, peu fiable et au fond du fond complètement stupide…il n’empêche qu’ici nous avons une remarquable leçon de pragmatisme de la part de celui-ci. Pourquoi aller voter, puisque quand ça ne convient pas on fera revoter, comme si de rien n’était, jusqu’à ce que ça passe ?

Bien sûr nous savons tous ici jusqu’où l’hypocrisie peut aller, car elle n’est absolument pas limitée à l’exemple du Traité de Lisbonne de 2007 : 49.3 à répétition (Loi el khomri, ou plus récemment réforme des retraites en plein Conseil des ministres soi-disant dédié à l’urgence sanitaire Covid en mars 2020), vote sur le pass sanitaire rejoué jusqu’à ce que ça passe(le temps de rattraper les dizaines de députés absents de l'Assemblée ce jour-là, comme à leur habitude, et après ça vient nous faire la morale sur l'abstention !), vote dit « bloqué » pour filtrer ce qui gêne et ne garder que ce qui arrange comme dans le cas très récent du mode de calcul de l’AAH pour les handicapés en couple…dans ce dernier cas d’ailleurs, je pense sincèrement que la macronie a abandonné la pelle dont elle se servait pour creuser sa tombe, pour continuer avec les dents : il n’y a qu’à voir la réaction des très nombreuses associations de défense d’handicapés, pour se rendre compte qu’une fois de plus, des pans entiers de la société ne sont non pas simplement désabusés, non pas simplement blasés, mais véritablement haineux face à cette classe qui ne se cache même plus pour faire ses saloperies dans le dos des français.

Oui, de la haine.

« Et s’ils ne sont pas contents, qu’ils viennent me chercher ! »

Il ne croyait pas si bien dire.

Ce qui nous fait revenir, dans une belle circularité, à la gifle.

Et par ricochet, à une nouvelle question : la gifle peut-elle constituer un débouché politique ?

 

Masse et puissance

 Il n’est rien que l’homme ne redoute davantage que le contact avec l’inconnu 

 

Quand Elias Canetti publie son « Masse et puissance » en 1960, il part d’une thèse assez simple, mais aux ramifications extrêmement multiples : fortement impressionné par la manifestation qu’il observa à Vienne en 1927, et qui s’acheva par l’incendie du palais de justice de la ville, il eut le sentiment de « l’instinct de masse », qu'il mit plusieurs dizaines d'années à théoriser. L’individu, par peur de l’inconnu, éprouve tous les jours la phobie du contact social. Cela conditionne sa vie entière. Il n’y a qu’à regarder les excuses que l’on se sent obligé de faire aux autres lorsque par inadvertance on se touche… pour exorciser cette phobie l'individu va se réfugier au sein de la masse, seule apte à lui procurer cette puissance, par des manifestations dont sa phobie individuelle le prive. Ce livre est troublant, surtout à l’aune de la gifle reçue en pleine poire par Sa Majesté l’autre jour.

En effet le besoin de contact quasi maladif d’un candidat en campagne tel que macron (il est très « tactile », même ses hagiographes en conviennent), se retrouve brutalement confronté au réel de ses sujets. Le réel ? C’est le quotidien de ce jeune chômeur, qui ne manque pas de puissance personnelle comme le dirait Spinoza. Damien Tarel, malgré son statut infâmant de chômeur intérimaire (infâmant aux yeux de la bourgeoisie, qui ne voit en lui qu’un improductif inapte à mettre en valeur du capital), avait créé plusieurs associations, et il les animait tant bien que mal. Il s’était investi également un temps dans les gilets jaunes, ce qui démontre une envie de changer les choses, c’est-à-dire d’agir politiquement. Ce n’est pas un fainéant, au sens où macron affuble ceux qui ne sont rien pour lui. Il a ses propres puissances, c’est-à-dire sa façon d’agir sur le réel. Il est donc bien un travailleur, au sens marxien du terme : celui qui transforme consciemment le monde.

Damien le gifleur n’était donc pas spécialement prédestiné à prendre 4 mois ferme, à se voir privé de ses « droits civiques » (dont celui de voter…) et à se faire traîner dans la boue par toute la pressetituée française. J’oserais même affirmer qu’il est assez représentatif de ces millions de français « moyens », moyens dans le sens de la survie perpétuelle, de la galère perpétuelle, cherchant juste à s'en sortir sans faire trop de vagues, entre petits boulots mal payés et nécessité de faire bouillir la marmite, entre vote qui ne change plus les choses depuis des décennies et promesses jamais tenues. Sans lui tresser des lauriers ni l’idéaliser, sans même prétendre le connaitre je ne peux qu’essayer de me mettre à sa place : il apparaît que ce jeune homme (même pas 30 ans ?) n’a jamais connu un pays en plein emploi, n’a jamais entendu autre chose matin, midi et soir que le mot « crise », au singulier ou au pluriel. Crise économique, crise du chômage, crise sanitaire, crise internationale, crise diplomatique, crise intérieure, crise boursière, crise migratoire, crise écologique, crise environnementale, etc etc ad nauseam.

Et maintenant, bien sûr, crise "démocratique".

Et lui, dans tout ça ?

Il regarde ça de loin, puis de plus en plus près, au fur et à mesure que son quotidien, que ses moyens d'existence se dégradent. Et il commence à comprendre le strict nécessaire : il est impuissant dans un monde en crise. Il se bat, il a ses propres puissances au sens spinozien, personnel du terme. Et même s’il peut temporairement gagner des choses dans sa vie, il ne le devra qu’à lui-même, mais la perte elle, sera collective. Les gains personnels s’effacent devant les politiques publiques… Il réalise finalement que le simple bulletin de vote, tout comme la liberté d’expression brandie à tout bout de champ (sauf pour Dieudonné et certains autres), tous ces artefacts ne constituent pas l’essence de la démocratie. Ils ne constituent même pas la démocratie, tout comme l’écologie sans remettre en cause le système, ne revient au fond qu’à faire du jardinage.

La démocratie, ça n’est pas juste mettre un bulletin de vote dans l’urne, et pouvoir l’ouvrir –ou l’écrire- comme nous aimons tous le faire ici, quand ça nous chante. Ça ne suffit pas, ça ne suffit plus, ça n’a jamais suffi : comment qualifier un système, qui ne nous permet pas d’exercer notre souveraineté sur le réel, c’est-à-dire avant tout de décider de l’aspect économique de nos existences ?

Dit autrement, à quoi bon avoir le droit de vote, si ce vote ne nous permet pas d’améliorer nos conditions de vie, mais en plus ne constitue à chaque fois qu’un choix du pire, pour continuer mandat après mandat de mettre en place quelqu’un qui va dégrader toujours plus nos conditions d’existence ?

Ehhhh oui, désolé de vous l'apprendre, vous les grands démocrates qui hurlez au loup depuis hier, et qui hurlerez encore dans peu de temps : vous ne savez pas ce qu'est la vraie démocratie. Car elle est avant tout souveraineté économique, ce dont votre système ne veut absolument pas entendre parler, ce dont vous ne voulez absolument pas entendre parler. Et c'est ce qui est en train de creuser votre tombe.

Damien voit donc arriver un menteur éborgneur souriant face à lui. Un individu qu’il sait être son ennemi de classe, et qui le touche, et qui veut le transformer en la seule chose qui sera absolument inoffensive pour lui et sa caste : un électeur.

Oui, c’est comme ça que macron et ses semblables fonctionnent, tous autant qu’ils sont : il faut absolument nous désamorcer en nous transformant en impuissants, c’est-à-dire en votants. Car sinon, qui sait ? Nous serions capables d'envahir le chateau, et de planter quelques têtes de responsables au bout de nos fourches, comme certains le firent en 1789, 1848 et autres 1871...

Damien donc, suite à tout cela, que pouvait-il faire d’autre ? Se résigner ? Aller voter ? Gueuler ?

Tout ceci, il l’avait déjà fait.

Pour bien comprendre l’impasse dans laquelle le (futur) gifleur, comme des millions de français, s’est retrouvé, et pourquoi il l'a résolue de manière, disons... si peu républicaine mais au fond tellement démocratique, il nous faut un peu revenir en arrière.

En Mai 2019, Sa Majesté En Marche déclara à une presse en pamoison qu’il « respectait profondément » ceux qui avaient mis un gilet « pour défendre leurs conditions d’existence », mais qu’il considérait également « avoir apporté des réponses aux Françaises et aux Français sur ce qui avait conduit à ce mouvement » et avoir répondu leurs attentes en mettant en place le Grand Débat, en parcourant la France pour recueillir leurs doléances, ainsi qu’en mettant de l’argent sur la table, et en « leur donnant ce qu’ils demandaient », c’est-à-dire des miettes. Oui, des miettes, même pas 10 milliards d’euros à comparer avec les centaines de milliards déversées dans les poches des actionnaires et des oligarques, tandis que pour les fameuses « doléances » (on se croirait au moyen-âge jusque dans le terme employé), on repassera : les fameux cahiers sont désormais enterrés dans les archives de la BNF, et tout simplement inaccessibles. Ça doit être un de ces fameux effets de la « démocratie » dont on parlait tout à l’heure. Toujours est-il que Sa Majesté ajouta, l’air de rien, pour conclure : « je considère désormais que ceux qui continuent, doivent comprendre que c’est fini. La démocratie, ça ne se joue pas le samedi après-midi. Il n’y a plus de débouché politique(..) ».

Et de rajouter, pour ceux qui en doutaient : « chacun doit aller voter aux élections, quand il porte des idées, se présenter aux élections, et c’est beaucoup plus difficile de proposer un projet « pour » que d’être « contre » tout le reste ».

Mamma mia.

Petite question : s’il n’y a plus d’alternative politique, on fait quoi, nous ?

Ben oui, nous : les dizaines de millions de français qui estimons que le compte n’y est pas, que le pays fout le camp, et que ceux qui se gavaient se gavent encore plus, pendant que nos gamins font la queue à la soupe populaire, et que nous serrons les fesses en attendant de les rejoindre ?

On va aller voter pour changer les choses, c’est ça ? Ou sinon, comme suggéré, on peut aussi tenter de se présenter aux élections ? C’est vrai qu’il y a tellement de candidats issus du peuple réel, mais qu’est-ce qu’on est cons quand même. 500 signatures d’élus, ou quelques millions d’euros pour faire campagne, on s’arrête à si peu d’obstacles, hein ! Bande de nullards, vous auriez juste pu traverser la rue pour aller chercher tout ça, au lieu d’être « contre » ceux qui vous plument depuis des décennies !

Donc blague à part, le type nous dit que si on n’est pas contents, on a qu’à aller voter…Mais pour qui ? Pour le candidat de droite qui nous dit que « l’Europe nous protège », ou pour le candidat « de gauche » qui nous affirme que « les traités peuvent être renégociés » avec le 4eme Reich ? A moins que ça ne soit pour la millionnaire héritière de Saint-cloud, qui nous fait bien comprendre qu’il faut rester dans l’UE, puisque l’UE va nous protéger des vilains migrants, migrants qui sont absolument responsables de tout, du chômage structurel en passant par la crise écologique ou pourquoi pas, tant qu'on y est, des attentats islamistes (rappelons-le perpétrés par des petites merdes ayant grandi en France pour 78% d'entre eux, et ayant avant tout la nationalité française) ?

Soyons ici très clair : mon but n'est absolument pas de me faire des amis, mais de décrire le réel dans lequel nous pataugeons depuis quelque temps.

Regardez ailleurs, regardez mon doigt dit le singe, pendant que les sages regardent la main qui tient le doigt. Et arment leur bras, avant qu’il ne soit arraché par une grenade de désencerclement…

 

La Guerre sociale qui vient

Alors… que va-t-il se passer ?

On dirait que c’est l’impasse totale, mon capitaine.

Nous sommes aujourd’hui dans ce clair-obscur parfait dont parlait Gramsci, cet entre-deux, duquel naîtront les monstres. Faut-il s’en réjouir ? Certainement pas.

Faut-il le déplorer ?

Cela dépend, bien sûr, de quel côté on se place.

Tous les commentateurs, tous les politiques encore une fois sans exception, depuis hier et ce matin encore, constatent « une certaine mort de la démocratie telle que nous la connaissions » suite à ce scrutin qui a consacré la grande victoire du camp de l’abstention, "premier parti de France". Toujours est-il que cela fait 20 ans qu’on entend cette rengaine, et que rien ne semble bouger. Ils semblent toujours inamovibles. Je vous parie mes deux yeux et mes deux bras que même avec 95% d'abstention, ils continueraient comme si de rien n’était, à se déclarer « légitimes », et à faire semblant d’avoir une prise sur le réel d’un pays désormais vendu pieds et poings liés aux oligarques, à la finance et aux intérêts du Marché. Ils continueraient de nous jouer cette comédie électorale, sans en tirer une seule conclusion valable, ne serait-ce que si un seul électeur continuait d’aller voter, et que les 66 999 999 autres s’en abstenaient.

Le fait est que l’abstention ne suffit plus.

Il est temps de retrouver notre puissance politique : il est temps de sortir de cette fausse alternative, et de se battre. C’est même un devoir.

Alors oui, la Constitution de 1793 (que tous les bourgeois libéraux s’empressèrent d’enterrer, Seyès en tête), ainsi que la Déclaration originelle des Droits de l’Homme de 1789, toutes deux prévoyaient un « devoir d’insurrection » du Peuple, « en cas d’oppression ». Mais ce que peu de gens savent, c’est que cet article, après avoir été abandonné en 1793, a été repris dans la constitution de 1958. Edulcoré, mais pas totalement supprimé : le préambule est extrêmement clair, sur au moins deux points. Apprécions plutôt :

«  Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’Homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789(…) ».

Notons que deux conceptions de souveraineté ont cours, dans notre pays, tout au long de l'histoire moderne et jusqu'à aujourd'hui encore : il y eut la souveraineté nationale, qui fut bien théorisée par Seyes, ce grand démocrate qui déclara "un suffrage direct, mais vous n'y pensez pas ? Ce serait l'anarchie !" Avant de mettre en place la démocratie représentative et tous les bienfaits sue nous lui connaissons. L'autre type de souveraineté, enterrée par la bourgeoisie française, était celle théorisée par le Contrat Social de Rousseau : il parlait de souveraineté populaire. "Si l'Etat comprend 10 000 citoyens, chaque membre de l'Etat n'a pour sa part que la 10 millième partie de l'autorité" Ce fut la définition de Seyes, bien plus favorable à la bourgeoisie, qui prévalut : il fallait déléguer le pouvoir du peuple à des représentants.

Quoiqu'il en soit, Rousseau enterré ou pas, la définition de souveraineté nationale fut reprise dans la déclaration de 1789 et dans celle de 1793, puis dans notre constituion de 1958, toujours en vigueur. On ne saurait donc être plus clair, c’est ce que les constitutionnalistes et autres juristes appellent un bloc de constitutionnalité : ce sont les normes constitutionnelles de référence. Si on le traduit autrement : le devoir d’insurrection n’est pas enterré, il est repris dans la Constitution actuelle, qui y fait une référence à peine voilée en renvoyant à la Déclaration de 1789, dans lequel il figure explicitement.

Cer qui veuty dire que si on veut donc être légaliste jusqu’au bout, il faut désormais répondre à cette simple question : est-ce qu’aujourd’hui, effectivement, le peuple Français est soumis à l’oppression  ? Est-il directement menacé dans ses intérêts, dans sa souveraineté ? Si la réponse est oui, alors il a le devoir d'en sortir...

Répondre à cette simple question ne devrait pas prendre plus de cinq minutes : il suffit par exemple de prendre, au hasard, la vente d’Alstom, joyau industriel et stratégique français, à General Electric, multinationale US qui a bénéficié d’un prix et de conditions absolument incroyables. Entre soupçons de corruption massive, chantage stratégique et pressions politiques gargantuesques, tout, ou presque, y est. Une instruction judiciaire est en cours, car cette vente fut actée sous l’égide de Macron Emmanuel, alors ministre de l’économie sous Hollande. Et celui qui est devenu président entre temps, n’a eu de cesse d’essayer de faire oublier cette forfaiture. La vente s’est effectuée en totale opacité, et a acté la fin de la souveraineté stratégique de notre pays.

En effet le banquier éborgneur a livré aux States la seule entreprise capable de fabriquer les hélices dont nous avons besoin pour nos porte-avions, et autres unités de refroidissement de nos centrales nucléaires. Ce qui revient à donner les rênes de notre défense et de notre production d’électricité à un pays qui, quoi qu’en dise la narrative officielle, reste un des pays les plus impérialistes et féroces que l’Humanité ait jamais connu. Un pays qui pourrait, du jour au lendemain, se retourner contre nous si nous avions le malheur de lui déplaire, et nous plonger littéralement dans le noir –une paille, excusez-moi du peu.

Ça n’est qu’un minuscule exemple de trahison de la souveraineté populaire, et sans doute pas le plus parlant pour les 11 millions de pauvres que compte désormais notre pays. Je pourrais parler de la répression féroce de tous les opposants, répression que n’arrive plus à masquer le régime, même quand le Conseil Constitutionnel, pourtant composé lui aussi « d’élites » du même tonneau, déclare par exemple illégale une technique dite « de la nasse », utilisée depuis plusieurs années contre tous les manifestants, oui je dis bien tous : aussi bien (et surtout) les gilets jaunes, mais également les manifestants contre la loi travail, ou même contre le mariage pour tous…

Alors pour en revenir à nos chers électeurs, et à ce qu’ils seraient supposés faire et uniquement faire, pour contrer ces innombrables forfaitures…c’est-à-dire, seulement voter…comment dire ?

La politique ne se fait pas tous les cinq ans je le répète : elle se fait tous les jours, en prise avec le réel. Elle est dans les yeux de ce vieux gilet jaune, qui travaille à une nouvelle Constitution sur son rond-point. Qui réclame le RIC, qui réclame sa part des décisions.

Elle est dans la tête de ce jeune, qui monte une association (et pas une saloperie de startup), pour essayer de transmettre sa passion.

Elle est aussi, ultimement, dans cette abstention massive : c’est un fait politique majeur. Un signal, qui démontre clairement que le peuple a désormais compris.

Elle est dans ce peuple qui bientôt, après ce signal massif envoyé à un personnel politique désormais clairement illégitime, va se lever pour réclamer –nécessairement- ce qui lui est dû.

A vrai dire je suis comme tout le monde : je ne sais pas exactement quelle forme ça va prendre. Mais ce que je vois, c’est que tous les ingrédients, tous les symptômes sont là. Ce pays n’est pas le pays aux 6 Révolutions pour rien.

Peut-être n’y aura-t-il même pas de « Révolution », au sens désuet ou le rêvent beaucoup de trotskystes. Peut-être cela se fera-t-il d’une manière absolument inattendue. Et même le poudré giflé l’avoue au détour d’une interview, entre deux traits de coke : « les raisons de la colère n'ont pas disparu, elles sont toujours là ». Ils le savent, et font juste semblant de ne pas le voir, aidés en cela par une presse qui remplit à merveille son rôle. Comme le dit Chomsky, elle constitue un des deux piliers indispensables du pouvoir... Cela se jouera donc en quelques jours, ou ne se jouera pas. Le Ministère de l’intérieur, alors que « les caisses étaient vides » pour les hôpitaux et les soignants, avait commandé en 2019 et 2020 plusieurs milliers de LBD, des dizaines de milliers de grenades lacrymogènes et de désencerclement, et même des centaines de milliers de munitions pour les nouveaux fusils d’assaut de toutes les forces de police. Je ne vous parle même pas des nouveaux blindés, des drones, et de l’arsenal législatif qui va avec, la fameuse « loi sécurité globale ». Sécurité pour qui ? Certainement pas pour nous…

Ils sont prêts : le sommes-nous ?

A l’heure de conclure, me reviennent en mémoire ces mots du stratège Prussien : « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ».

S’il n’y a plus aucun débouché politique, Peuple de France, tu sais confusément au fond de toi ce qu’il te reste à faire. Mets fin à ton atomisation, surmonte tes peurs, regroupe-toi, fais masse et retrouve ta puissance. Peuple de France, tu es responsable de ton sort : c’est ton apathie politique, et rien d’autre, qui fait que tu es con-damné par tes ennemis. Tu as bien compris que quand je dis apathie, je parle de tout, sauf de ton abstention à cette parodie de démocratie que constituent désormais leurs élections.

 L’apathie politique, c’est le fait de continuer d’accepter de vivre dans ce système qui nous conduit tous, absolument tous, à 99,99%, dans la tombe. Le fait de continuer à le cautionner en allant voter. Le fait de continuer à ne pas le cautionner en ne faisant que s'abstenir, et rien d'autre. Au profit de ces seuls 0,1%, qui se satisfont très bien de ce qu’il se passe, et qui nous préparent une guerre totale.

Il est désormais temps de mettre fin à cette mascarade.

La bonne nouvelle : il n’est pas trop tard.

La mauvaise : ça ne se décrète pas, ça prend du temps pour mûrir, et le temps, c’est ce dont nous allons bientôt manquer cruellement.

L’Histoire n’est qu’un grand recommencement, même si elle n’est jamais totalement écrite.

 

Circularités.


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14 réactions à cet article    


  • samy Levrai samy Levrai 21 juin 15:40

    Longue analyse et bon diagnostique, bravo pour le travail.


    • eddofr eddofr 21 juin 15:53

      Chaque être humain, aussi soumis, aussi désabusé soit-il, doit tôt ou tard trouver le moyen d’exprimer son désaccord, son opinion, sa colère, ...

      S’il ne le fait pas dans l’urne, il le fera autrement, tôt ou tard.


      • Arogavox Arogavox 21 juin 18:04

        @eddofr
        Y’en a que le cirque politico-médiatique fait pleurer, 
        mais les clowns savent plutôt provoquer une cirque-hilarité ...


      • Attila Attila 21 juin 16:33

        « Petite question : s’il n’y a plus d’alternative politique, on fait quoi, nous ? »

        On la crée. S’il faut attendre qu’un sauveur nous tombe du ciel, on n’a pas le cul sorti des ronces.

        .


        • Attila Attila 21 juin 16:47

          Petite précision : Alstom fabrique des turbines, pas des hélices.

          Notamment les turbines de nos sous-marins atomiques, désormais soumis au bon vouloir de Vachinetonne.

          .


          • gnozd gnozd 21 juin 16:57

            "Le fait de croire, et de faire croire, que voter serait effectivement le seul moyen de changer les choses. Que nous serions en démocratie.

            "

            Je dois être vachement intelligent, parce que tout ce cirque, moi, depuis au moins 1974 et l’élection de Giscard, j’y crois plus du tout...


            • tashrin 21 juin 17:30

              Un article d’une telle qualité ici, c’est inespéré

              Merci

              Et ils cherchent encore le(s) motif(s) d’un tel taux d’abstention ? Sérieusement ?

              C’est drole, j’ai prononcé cette même phrase hier soir :)



                • infraçon infraçon 21 juin 17:45

                  « Mets fin à ton atomisation, surmonte tes peurs, regroupe-toi, fais masse et retrouve ta puissance. »

                  Il manque juste un petit détail...

                  sur quel(s) critère(s) se regrouper ?

                  parce que la souveraineté, les milliards de l’économie qui valsent, la corruption, tout ça.... C’est pas vraiment ce qui peut faire lien. Encore moins une révolution réussie. Celle de 1789 est la seule qui a rapporté, pas au peuple, mais à ceux qui étaient cachés derrière sa colère, les bourgeois. Vous cherchez peut-être un peuple en colère pour vous cacher derrière...

                  (je ne vais pas me répéter, mais je vous renvoie au commentaire de 17 ;15 que j’ai fait à Attila dans l’article « le bavardage politique écarte les citoyens des urnes » de Michel Drouet. C’est une variante incantatoire.)


                  • Arogavox Arogavox 21 juin 18:15

                    — «  attendre qu’un sauveur nous tombe du ciel » ?

                    — sur quel(s) critère(s) se regrouper ? 


                     Ces fausses pistes, ressassées toute la vie, n’ont jamais permis de sortir de la circularité d’une éternelle révolution du genre « tourner en ronds » ...

                     alors que la piste de cahiers de doléances revisités par nos arts modernes (un ramène-ta-fraise permanent, temps-réel, asynchrone, anonymisé, librement pondéré par tous ...) devrait laisser entrevoir des perspectives moins fermées ...




                    • Le421... Résistant Le421... Résistant 21 juin 18:57

                      Au premier tour, j’avais un candidat (une candidate en l’occurrence, et pas la plus vilaine !!) pour qui voter.

                      Au second tour, je vais augmenter le pourcentage de 66%

                      Parce que « voter contre », j’en ai ma claque, comme dirait notre bon Roy !!


                      • Bendidon ... voila l'Ankou ! Bendidon 21 juin 19:55

                        @Le421... Résistant
                        Ah ben on est bien content de le savoir 124
                         smiley


                      • julius 1ER 22 juin 08:45

                        Tout ce qui est excessif est insignifiant ..... dixit Talleyrand  !!!

                        Article à charge contre le système mais par quoi le remplacer ????

                        car même si vous envisagiez un instant de mettre en place un parti blanc par exemple le Parti des abstentionnistes eh bien vous verriez au bout d’un moment qu’ils ne seraient d’accord sur rien .... les gens cherchent bien plus ce qui les divisent plutôt que ce qui les unit, c’est hélas la triste réalité !!!!


                        • julius 1ER 22 juin 09:01

                          Elle est aussi, ultimement, dans cette abstention massive : c’est un fait politique majeur. Un signal, qui démontre clairement que le peuple a désormais compris.

                          @l ’auteur,

                          c’est beau de rêver mais je vous rappellerai quand -même que lors du référendum en 2000 pour abaisser le mandat présidentiel de 7 à 5 ans le taux d’abstentions était du même ordre que lors des élections de Dimanche cad plus de 60% c’était même 70% des inscrits et ce référendum n’était pas si je puis dire partisan ou orchestré par 1 seul parti c’était finalement plus technique qu’idéologique ......

                          on ne peut perpétuellement déplorer les effets lorsque l’on ne veut pas vraiment regarder les causes qui sont multiples et pas simplement liées à un système politique qui serait intrinsèquement pervers d’après les dires de certains !!!!

                          je ne crois pas du tout au peuple qui voit tout qui aurait raison en tout cela est juste une fiction savamment entretenue par les démagogues en tous genres !!!

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