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Accueil du site > Tribune Libre > Clara Sanchez

Clara Sanchez

C’était un triste soir d’hiver dans une petite ville de province. Une soirée de soutien du Secours Populaire y était organisée. Remâchant mon amertume contre cette société de solitude, je me disais, qu’hormis les quelques connaissances entrevues, rien ne pourrait ce soir-là me surprendre et m’égayer.

J’avais tort.

Une petite jeune femme brune est arrivée sur la piste avec son accordéon. Drôle de look à l’heure du rap et de la techno. Et puis elle s’est mise à chanter. C’était dans le registre « chansons réalistes » des années 1930-1950. Du Piaf, bien sûr. Mais quel coffre pour un petit être paraissant si frêle ! ça dégage…. Des paroles « qui vous rentre dans la peau par le bas par le haut »…

Il faut du talent et de la passion pour interpréter les chansons de Piaf et celles (et ceux) qui l’ont tenté, quels que soient leur don reconnus par ailleurs, ont le plus souvent raté leur coup. Je me suis encore dit qu’elle était peut-être encore trop jeune et trop jolie pour avoir vraiment le physique de l’emploi. Toujours les préjugés…

J’ai beaucoup voyagé, séjournant dans des cités lointaines, admirant nombre d’artistes en tout genre. Je pourrais ainsi parler du fado ou de la musique andalouse. Mais cette Clara Sanchez a quelque chose que je n’avais jamais rencontré. Une parole populaire et de la créativité. Une morale prolétarienne, l’anti sexisme, une passion et un talent sans égal. Clara Sanchez, malgré son jeune âge, n’est pas née de la dernière pluie. Cela fait maintenant des années qu’elle hante maints lieux improbables, magiques grace à elle. Il faut la mériter.

S’enchainent paroles et musique. On s’éloigne à présent des Piaf et Brassens et on va plus loin vers les chansons créées par Clara elle-même. La fille battue qui se relève, les pauvres qui aiment… Elle renouvelle le genre en lui insufflant un air d’espoir, à contrario de Piaf.

Son tour de chant terminé, j’ai probablement eu tort de ne pas assister à la fin de cette soirée. Je me suis levé et je suis parti heureux de savoir qu’il existait une fille comme ça.

http://clarasanchez-chanson.wixsite.com/clarasanchez

 


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1 réactions à cet article    


  • Jeekes Jeekes 6 mai 14:54

    Dîtes, puisque vous parles de sexisme.
    Et que vous citez « L’accordéoniste »...

    Qu’est-ce que vous pensez de ce vers ? :
     
    « Elle sera la caissière et lui sera l’patron »

    C’est pas un poil sexiste ça ?
    J’veux dire, la pute qui fait l’tapin pendant que son homme (l’artiste) joue la Java.

    La pute qui va financer (avec son cul) l’achat « d’une maison » qui, in fine, sera la propriété de son jules... 

    D’accord, c’est une belle chanson, qui prend aux tripes.
    Mais si on y réfléchit un peu, hein ?

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