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Accueil du site > Tribune Libre > Classement des écoles de commerce : une grande cuisine médiatique pour (...)

Classement des écoles de commerce : une grande cuisine médiatique pour justifier des scolarités à plus de 40000 euros

 

Pendant plus de trente ans j’ai vu se transformer les écoles de commerce. J’ai eu la chance de rencontrer des directeurs exceptionnels qui ont su moderniser les institutions.
J’ai appris à relativiser l’importance de classements – les stages et de la personnalité des étudiants autant que l’école.
Mais je sais combien comptent les classements dans le monde des préparationnaires et pendant plus de trente ans ces classements ont fait preuve d’une incroyable stabilité avec le peloton des 5 (HEC ESSEC ESCP EM EDHEC ) suivi d’un groupe d’écoles estimables (AUDENCIA GRENOBLE NEOMA).
Il y avait une grande stabilité des classements.
L’excellent blog prepa-hec.org a publié ainsi une étude portant sur 12 ans validant ce classement empirique
• http://www.prepa-hec.org/classement-des-ESC-2014

En haut du classement, l’ordre est immuable et personne ne songe à la remettre en question par peur du ridicule. Mais en dehors du top 5 pourquoi ne pas tout bousculer même si c’est artificiel ?
L’année 2015 succédant à une série de fusions s’apparente à un véritable tremblement de terre en matière de classements. Certaines écoles connaissent un traumatisme. Difficile de comprendre pourquoi la presse ne met pas en avant les coûts de scolarité et les efforts des écoles économes.

J’ai voulu en savoir plus et comprendre

1 La qualité des classements publiés par la presse française est difficile à appréhender car la méthodologie reste opaque, la part laissée au subjectif est importante.
Nous aimerions savoir ainsi sur quels critères une école non accréditée EQUIS comme Montpellier se voit attribuer une des meilleures notes pédagogiques de France (le Point). Il en va de même pour le rayonnement international de RENNES ?

Je vous recommande de télécharger mon guide critique gratuit

https://pgibertie.files.wordpress.com/2016/05/guide-critique-des-ecoles-de-commerce.pdf

Le dernier classement vient de sortir, il est signé le Parisien Aujourd’hui en France. C EST LE PLUS STUPIDE DE TOUS

MEHDI CORNILLET fondateur du blog « Major Prepa » vient de m’offrir un pur moment de bonheur.

Ce brillant étudiant analyse avec une rare pertinence le dis classement du Parisien

« 

Vous voulez une école puissante ? Pourquoi faire une prépa ?! Paris School of Business (5/5) est plus puissante qu’HEC, l’ESSEC, l’ESCP et toutes les écoles du top 10 (4/5) !

– Pauvres étudiants de l’ESCP Europe, les infrastructures de votre école sont quasiment les pires de France… (2/5) A moins qu’il s’agisse du point en moins nécessaire pour être à égalité avec l’emlyon et donc être cité dans les brochures de cette dernière…

– Vous voulez créer votre boîte ? Foncez à l’ESC Troyes (5/5) qui fait bien mieux qu’HEC et l’ESSEC (4/5). A l’inverse, l’ESC Clermont, dont l’un des alumni vient de revendre sa boîte (StickyADS.tv) pour la coquette somme 110 millions de dollars serait à fuir avec 2/5.

 ! »

 Neoma est bien entendu saquée et avec ses trois accréditations elle a pour les labels une moins bonne note que celles qui n’en ont qu’une..

Pour être bien classée une école doit recruter des professeurs étrangers, docteurs et femmes…
Est-ce pertinent ?
L’ieseg a fait de ce type de recrutement la clef de sa progression dans les classements avec plus de 80% de professeurs étrangers.
Malheur aux écoles qui recruteraient encore des hommes… compétents.
Le critère de la diversité du recrutement semble plus pertinent mais hélas les classements réservent de mauvaises surprises. Pour le Point recruter des l et des techno favorise mais recruter des ES pénalise. Communiquer sur l’égalité des chances favorise, pratiquer des scolarités moins élevées est peu pris en compte. La PCS des parents n’est jamais intégrée dans ces classements ni la part de boursiers d’Etat. De ce critère de la diversité découlent celui de la valeur ajoutée.
Le Parisien et le Figaro sont friands de nouvelles technologies et le nombre d’inscrits aux MOOCS discrimine.
« L’innovation pédagogique » mesure la qualité de la formation « noté selon l’avis de la rédaction du « Parisien Etudiant » sur la qualité du travail des écoles dans le domaine des projets pédagogiques et des projets de développement »
Il serait intéressant de savoir pourquoi Neoma est de toutes les écoles habituelles la seule à être pénalisée.
L’Etudiant multiplie les critères dans son classement, sont-ils pour autant pertinents ?
Quel intérêt de prendre la moyenne au bac pour des écoles qui ne recrutent pas au niveau du bac ?
 Neoma, Icn, Skema sont inutilement pénalisées.
Quel intérêt d’intégrer la durée du grade de master en sachant que le tableau est truffé d’erreurs et ne correspond pas au journal officiel. Ces erreurs coûtent des points à Kedge et Neoma. Ajoutons que la date d’attribution du grade, l’existence d’une fusion faussent les règles du jeu.

Une chose est certaine, un classement précède chronologiquement les autres, celui du Financial Times (septembre de l’année précédant les classements français) et toutes les tendances à venir s’y trouvent.

2 Le classement du Financial times est construit à partir de données objectives et vérifiables
Le microcosme français s’intéresse à un des multiples classements du FINANCIAL TIMES, celui du master généraliste en management :
http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/masters-in-management-2014
Ce classement et intégré dans tous ceux de la presse française et les détermine largement. On peut même se demander si les classements français ne s’adaptent pas aux tendances du FT pour les consolider
Permet-il pour autant de comparer les masters Grande ECOLE français ? Pas vraiment car certains établissements apparaissent avec un master spécifique non le diplôme grande école. La stratégie payante consiste à faire prendre en compte une formation d’excellence, très internationalisée avec des rémunérations élevées pour les anciens. Il est ainsi possible de booster son classement.
Le bon rang de Grenoble doit sans doute au classement à partir non de son diplôme « grande école » mais du MASTER INTERNATIONAL BUSINESS, excellent mais qui n’a rien à faire là. Il s’agit d’un master spécialisé sélectif. Audencia l’a compris et elle n’est plus classée cette année sur le master qu’obtiennent un millier d’étudiants par an mais sur le double diplôme obtenue chaque année par 83 étudiants de l’école Centrale…
http://en.grenoble-em.com/master-international-business-mib
Pour Skema qui diplôme plus d’un millier d’étudiants chaque année dans son grade master le Financial times ne les prend pas tous en compte loin de là, il en va de même pour l’IESEG.
Faut-il reprocher aux écoles de définir une stratégie de communication à l’égard du Financial times ?
Les établissements étrangers l’ont compris depuis longtemps ils sont donc pris en compte pour un de leurs multiples masters, habilement choisi. Les effectifs y sont toujours réduits : 36 pour le premier de la classe, SAINT GALLEN contre plus de 1000 pour KEDGE et NEOMA.
 
Qu’attendent-elles pour fournir à la presse les performances d’un master spécialisé en lieu et place de leur master Grande Ecole ?
Les exemples sont nombreux le classement du Financial times est inutilisable car il compare ce qui n’est pas comparable.
Ainsi le grand chambardement de l’année 2015 ne révèle que la stratégie de communication des écoles …

Alors à qui se fier ?
Il vous sera possible de construire votre propre classement à partir de données à peu près objectives fournies par la revue l’ETUDIANT .
Vous pouvez également vous tourner vers autre classement du FT qui porte sur les écoles de commerce européennes et donc l’ensemble de leurs programmes.
http://rankings.ft.com/businessschoolrankings/european-business-school-rankings-2014
Vous y retrouverez le top 10 de toujours …
Hors des classements, point de salut ?
Les tendances longues, les retours d’anciens, les avis des recruteurs sont infiniment plus fiables.
3 Ceux qui ont une idée précise de leur orientation seront sensibles à des données objectives de qualité que les classements oublient.

Un exemple parmi d’autres, la dispense de 5 épreuves du DSCG accordée à peu d’institutions. Elle vous confirmera la solidité des écoles malmenées (AUDENCIA NEOMA ) et la prudence à avoir à l’égard des nouvelles venues.

Il en sera de même pour les réalités des salaires des diplômés bien différentes des déclarations faites au Financial TIMES
LES SALAIRES DES JEUNES DIPLOMES SELON LE CABINET RH AON HEWITT PUBLICATION L’ETUDIANT
http://www.letudiant.fr/etudes/futur-salaire/comparaison-de-formations.html
Formation Salaire débutant * Salaire expérimenté **
Audencia Nantes 35 937 € 41 545 €
Kedge – Bordeaux 33 726 € 37 251 €
EDHEC 38 043 € 42 376 €
EMLyon 39 432 € 43 556 €

ESC Grenoble 38 36 253 € 40 857 €
ESC Montpellier 32 834 € 37 465 €
ESC Rennes 30 202 € 39 140 €
ESC Toulouse 33 849 € 40 761 €
ESCP Europe 41 331 € 43 380 €
ESSEC Cergy 40 433 € 46 066 €
HEC Jouy-en-Josas 40 085 € 47 096 €
Neoma – Rouen 36 179 € 41 923 €
SKEMA 33 186 € 38 092 €
IESEG 33 524 € 37 251 €
* Salaire de base brut annuel moyen avec une expérience inférieure à 12 mois
** Salaire de base brut annuel moyen avec une expérience comprise entre 25 et 36 mois

Qui osera un jour publier les consignes secrètes des recruteurs ?
Etablir un classement à partir de l’entreprise (rh mais aussi opérationnels) ?

4 LINKEDIN devrait au cours des prochaines années bouleverser la donne

Le service Formation qu’il propose permet à chacun de trouver la réponse à une question simple : Indiquez-nous ce que vous souhaitez faire, et nous vous montrerons les écoles qui ont formé le plus d’étudiants à cette carrière.
Je me suis pris à ce petit jeu et l’origine des cadres français réserve quelques surprises
ENTREPRENEURIAT ETUDE ENTREPRENEURIALES
https://www.linkedin.com/edu/university-finder?facets=FS.101440,G.fr:0&trk=edu-hp-cta-rnk
LES ECOLES pour cet objectif de carrière
1 HEC
2EM LYON
3 ESCP
4 EDHEC
5 ESSEC
6 GEM
7 NEOMA
8 SKEMA
9 PARIS DAUPHINE
10 INSEEC
11 BABSON
12 KEDGE

CONSEIL AUDIT LES ENTREPRISES
https://www.linkedin.com/edu/university-finder?facets=G.fr:0,CC.1073,CC.1044,CC.2525300,CC.1038,CC.1371,CC.3950,CC.2114,CC.72697,CC.1033,CC.5126&trk=edu-hp-cta-rnk

ACCENTURE EY PWC Deloitte Mazars KPMG McKinsey & Company Roland Berger Strategy Consultants Bain & Company BCG & Company
LES ECOLES pour cet objectif de carrière

1 PARIS DAUPHINE
2NEOMA
3 ESCP
4 HEC
5 PANTHEON SORBONNE
6 ESSEC
7 EM LYON
8 EDHEC
9 IEP PARIS
10 AUDENCIA
11 KEDGE
12 GRENOBLE

Les principales fonctions et les principaux recruteurs

https://www.linkedin.com/edu/university-finder?facets=G.fr:0,CC.4249,CC.1508,CC.1691,CC.2734,CC.164661,CC.2431,CC.260214,CC.1951,CC.1110,CC.166019,FS.101406,FS.100173,FS.101443,FS.101444,FS.101475,FS.100138,FS.100139,FS.101409,CC.157240,CC.1662,CC.7467,CC.1073,CC.1112,FS.100140,FS.101423,FS.101465,CC.2238&trk=edu-hp-cta-rnk
Comptabilité finance marketing commerce, communication, gestion des affaires
SG, BNP, CAP GEMINI L’OREAL AIRBUS DANONE EDF CREDIT AGRICOLE EY…
LES ECOLES pour cet objectif de carrière
1 DAUPHINE
2 PANTHEON SORBONNE
3CONSERVATOIRE ARTS ET METIERS
4 ESSEC
5 ESCP
6 HEC
7 NEOMA
8 KEDGE
9 EM LYON
10 PARIS VI
11 IEP PARIS
12 PARIS XI

LA FINANCE ET LA BANQUE
https://www.linkedin.com/edu/university-finder?facets=G.fr:0,CC.1241,CC.1508,CC.1426,CC.417361,CC.1691,FS.101444,CC.7467,CC.2579,CC.3496831,CC.11305,FS.101443,CC.157354&trk=edu-hp-cta-rnk
BNP SOC GEN CREDIT AGRICOLE NATIXIS HSBC….
LES ECOLES pour cet objectif de carrière

1DAUPHINE
2PANTHEON SORBONNE
3 ESCP
4 ESSEC
5 NEOMA
6 HEC
7 ASSAS
8 IEP PARIS
9 EM LYON
10 EDHEC
11 INSEEC
12 NANTERRE

MATHS DE LA FINANCE ET FINANCE INTERNATIONALE
https://www.linkedin.com/edu/university-finder?facets=G.fr:0,CC.1508,CC.1691,CC.7467,CC.1110,CC.166019,CC.1662,CC.164661,CC.36132,CC.4249,CC.162884,CC.1818,CC.1073,CC.2734,CC.157354,CC.2221,CC.2579,FS.101447,FS.100701,CC.3496831,CC.165073,CC.1241,CC.5653,CC.732914&trk=edu-hp-cta-rnk

LES ECOLES pour cet objectif de carrière

1 DAUPHINE
2 ENSIMAG
3 PARIS DIDEROT
4PARIS SORBONNE
5 PIERRE ET MARIE CURIE
6HEC
7ENSAE
8 POLYTECHNIQUE
9NEOMA
10 CENTRALE PARIS
11 ESCP
12 ENPC PARIS

LE COMMERCIAUX ET LE MARKETING
https://www.linkedin.com/edu/university-finder?facets=G.fr:0,CC.1508,CC.1691,CC.7467,CC.1110,CC.166019,CC.1662,CC.164661,CC.36132,CC.4249,CC.162884,CC.1818,FS.101475,FS.101465,FS.101466,FS.101483,FS.101406,CC.1073,CC.2734,CC.157354,CC.2221,CC.2579&trk=edu-hp-cta-rnk

LES ECOLES pour cet objectif de carrière
1 PARIS DAUPHINE
2 PANTHEON SORBONNE
3 ESCP
4 ESSEC
5 NEOMA
6 HEC
7 KEDGE
8 INSEEC
9 IEP PARIS
10 EM LYON
11 EDHEC
12 ASSAS
La « méthode LINKEDIN » repose sur un principe simple et non dénué de bon sens .
Bénéficier de gros stock de diplômés peut être perçu comme un avantage en termes de réseaux d’anciens et de notoriété. Venir d’une institution ayant peu de d’anciens actifs pénalise les jeunes diplômés.
Difficile d’en déduire des discours sur la valeur ajoutée d’une école en particulier. »
Pour aller plus loin il faudrait corriger les chiffres de LINKEDIN qui expliquent en partie la surreprésentation dans les métiers des anciens issus des universités et des écoles parisiennes. A chacun d’effectuer cette correction à partir du nombre d’anciens présents sur LINKEDIN.
HEC 45500
ESSEC 42500
ESCP 40000
KEDGE 33500
Neoma 32000
EDHEC 25500
EM24500
Gem 24000
SKEMA 22000
TBS 18500
AUDENCIA 14000
MONTPELLIER 10500

Je ne vois l’intérêt de le faire pour le top 5 car nul ne doute de l’intérêt d’intégrer HEC/ESSEC/ESCP/EM LYON/EDHEC.
Ma démarche porte sur les « bouleversements » introduits au détriment de AUDENCIA de Kedge et surtout de NEOMA
Ce correctif effectué on aura pour les seules ESC, à nombre d’anciens comparable

ENTREPRENEURIAT ETUDE ENTREPRENEURIALES
GEM
SKEMA
AUDENCIA
NEOMA
INSEEC
TBS
KEDGE

CONSEIL AUDIT
NEOMA
AUDENCIA
GEM
TBS
SKEMA
KEDGE

Les principales fonctions et les principaux recruteurs

NEOMA
KEDGE
AUDENCIA
TBS
GEM
SKEMA

LA FINANCE ET LA BANQUE
NEOMA
AUDENCIA
TBS
KEDGE
SKEMA
INSEEC
GEM

LE COMMERCIAUX ET LE MARKETING

NEOMA
KEDGE
AUDENCIA
TBS
SKEMA
GEM

Chacun en conviendra, impossible de faire apparaitre les extraordinaires écoles dénichées par la presse, le top 10 ou 11 de toujours à la peau dure, Audencia et Neoma font de la résistance. Les recruteurs ne s’y trompent pas…

A défaut de mieux je reste donc fidèle au classement validé par l’expérience, celui qui figure au début de cet article. Je déconseillerai donc aux lecteurs de renoncer aux valeurs sures pour des écoles sans doute méritantes mais qui n’ont pas encore fait leurs preuves

 

 La tentation de la fac de luxe

Philippe Silberzahn est professeur à EMLYON Business School et chercheur associé à l’École Polytechnique, il décrit bien les conséquences des classements évolution :

 http://www.contrepoints.org/2014/09/26/182463-ecoles-de-commerce-la-rupture-qui-les-menace

« Ces classements sont aujourd’hui essentiellement basés sur le nombre et la qualité des publications de la faculté dans les revues scientifiques. Obtenir un bon classement international étant indispensable pour attirer les meilleurs étudiants, les écoles ont dû développer leur activité de recherche et surtout de publication. La publication devient de plus en plus, y compris dans les écoles de second voire troisième rang, le critère essentiel de performance des professeurs. Or ceci ne peut se faire qu’aux dépens de la qualité d’enseignement. Mais dès lors que le critère principal de progression de carrière devient la publication, l’enseignement nécessairement passe au second plan. » 

« Paradoxalement, le besoin d’attirer les « meilleurs » étudiants (notion qui d’ailleurs reste à définir) se traduit donc, toutes choses égales par ailleurs, par une baisse relative de la qualité de l’enseignement que ces « meilleurs étudiants » reçoivent une fois admis. En outre, la majeure partie de ces publications sont des exercices de style certes intéressantes mais rarement lues, et en particulier pas par les praticiens : seule la production compte ; c’est un peu comme si l’on payait Renault sur les voitures fabriquées, pas sur les voitures vendues, ou l’URSS réinventée. Qu’est-ce qui justifie l’existence d’une école qui ne sert ni son audience (les entreprises), ni ses élèves, mais seulement ses employés et qui ne parle qu’à ses concurrents ? »

En dix ans les frais de scolarité ont doublé, en vingt ans ils ont été multipliés par quatre. Après le bac les années de Cpge et le premier cycle universitaire sont gratuits mais ensuite il faut passer le concours et financer trois ans de scolarité en école

http://www.prepa-hec.org/forum/tableau-final-frais-scolarite-2016-ecoles-commerce-t26577.html

 

Les écoles les plus raisonnables demandent 10 à 11 000 EUROS PAR AN (Grenoble, Neoma, Skema, TBS,Montpellier) .Les trois parisiennes sont 30% plus chères ce que peut justifier leur notoriété, mais Lyon et l’Edhec atteignent les 45000 euros pour trois ans (17500 euros par an à Lyon pour ceux qui sont recrutés en licence ).

Pour justifier ces additions il faut faire rêver : locaux à Paris, campus à l’étranger (il faut rajouter voyage et séjour à l’addition) … La presse apprécie et saque les écoles qui limitent les dépenses…

Mais tout cela n’est que la partie visible de l’iceberg

Pour des raisons entre autres budgétaires – le montant des frais de scolarité du programme Grande Ecole atteint ses limites-, les institutions ont multiplié à côté de ce dernier des formations moins sélectives. On compterait aujourd ‘hui plusieurs centaines de bachelors proposés en France, sans que personne ne sache exactement combien d’étudiants suivent ces filières. Dans cette « jungle » qui est aussi un marché où le pire côtoie le meilleur, les bachelors sont le plus souvent moins sélectifs que les DUT et les BTS.

Certaines utilisent leur bachelor comme vivier pour le programme grande école. EM Lyon a ouvert en 2014 un bachelor (BBA en 4 ans) comme alternative aux classes préparatoires. Après le bachelor, il est certes possible de tenter le concours d’admission sur titre en deuxième année du programme GE ou de se présenter à un Master à l’université si le bachelor est visé. Mais l’admission n’est pas systématique ET LE CURSUS COUTERA AU TOTAL 40 000 euros de plus à l’étudiant que le cursus CPGE +grande école ou université grande école. Mais après avoir fait une école de gestion le plus souvent en quatre ans, est-il cohérent d’intégrer une autre école de gestion généraliste où on refera en deux ans ce qu’on a fait en quatre ?

La logique voudrait qu’un jeune muni d’un bachelor intègre le marché du travail …

Bernard Belletante dirige Lyon

.

Il ne le cache pas, les prépas font à ses yeux figure de survivance ….

http://www.xerfi-precepta-strategiques-tv.com/emission/Bernard-Belletante_Grandes-ecoles-c-est-la-fin-des-classes-prepa_2395.html

 « Objectif : 10.000 étudiants en 2019, contre 2.800 actuellement. L’EM Lyon ambitionne aussi d’avoir la moitié d’étudiants étrangers (hors échanges universitaires) sur six campus, dont trois hors de France, alors qu’elle dispose de trois campus actuellement à Lyon, Saint-Étienne et Shanghai. L’EM Lyon voit grand, ou plutôt « global ». L’école de management a l’ambition de figurer d’ici à dix ans parmi les trois ou quatre écoles françaises ayant une activité et une réputation de niveau mondial. « HEC Paris et l’Insead ont déjà fait ce qu’il fallait. Il reste donc une ou deux places à prendre … « Nous avons besoin de croissance et cette croissance se trouve dans les nations émergentes », estime le directeur de l’EM Lyon. L’école va commencer par créer deux campus via deux nouvelles structures juridiques, EM Lyon Africa et EM Lyon Asia : l’un localisé en Afrique francophone, à Casablanca ; l’autre en Asie dans le sud de la Chine, le choix de la ville n’étant pas encore arrêté. En 2016, la business school lyonnaise envisage aussi de se positionner au Moyen-Orient, « très bonne tête de pont pour attirer des étudiants d’Afrique anglophone ». 

Autre élément fort d’internationalisation, le lancement de « pop-up campus ». Dès le premier semestre 2015, l’EM Lyon formera sur l’un de ces campus éphémères 300 cadres en finance de la zone africaine (Burkina Faso, Cameroun, Togo, Sénégal). Au menu : formation à distance, coaching et une semaine de rencontre.

Le pari n’est pas sans risque, car plus les effectifs de bachelors croissent, plus le programme grande école est dilué et plus la notoriété du diplôme grande école en pâtit. Le risque de confusion est d’autant plus grand que de très nombreux recruteurs ignorent ce qu’est un BBA. Le profil d’un diplômé à l’ancienne (CPGE ou master universitaire suivi de la scolarité en école) n’ a rien à voir avec un bachelor suivi du parcours en école . Mais dans le premier cas l’école perçoit 30 à 45000 euros et dans le deuxième 80 à 90 000 euros…

QUI EN AURA ENCORE LES MOYENS ?

 HEC ne s’y trompe pas, qui n’a pas de bachelor. Certaines institutions, prudentes, ouvrent des bachelors spécifiques et sélectifs. Ainsi, durant trois ans, les étudiants du Bachelor in Management (BSc) de l’ESCP Europe vont étudier sur trois campus. Ils commenceront à Londres, puis poursuivront leur scolarité soit à Madrid, soit à Turin, avant de converger en dernière année sur le campus de Berlin. La première promotion comporte 16 nationalités, dont une majorité d’Allemands et d’Italiens, sélectionnés parmi plusieurs centaines de candidats. L’Escp s’est largement inspirée du Cesem de Neoma. L’Escp sera-t-elle obligée de fusionner avec les bachelors traditionnels de Novancia pour rééquilibrer ses comptes ?

Plusieurs écoles mettent en avant l’apprentissage pendant deux ans d’école pour permettre aux étudiants de bien se former tout en étant rémunérés ; non seulement l’entreprise prend en charge les frais de scolarité mais l’étudiant peut espérer 30 à 40 000 euros de rémunération en deux ans . LA PERSPECTIVE EST INVERSEE, du bac au diplôme l’étudiant peut entièrement financer ses études et son logement …Dans les exemples précédents, logement, argent de poche et scolarité et c’est plus de 50 à 60 000 euros qu’il faudra trouver avec un espoir d’indemnité de stage de 20 000 euros.

L’apprentissage présente cependant des inconvénients même si les recruteurs le considère comme très formateur, il est incompatible avec l’école de commerce « moderne ». LYON n’en propose d’ailleurs pas.

Les entreprises renâcleront à payer 15000 euros par an de scolarité à l’école (8 à 10 000 pas plus)

Les étudiants ne pourront partir en bande dans les fameux campus à l’étranger …

Les trois écoles qui font de l’apprentissage ont une spécificité majeure sont l’ESSEC (plus de 300 places ; Neoma plus de 500 et Montpellier peut être 800).

Tout est fait dans les classements pour ne pas valoriser les écoles qui démocratisent la scolarité ; ainsi dans l’ETUDIANT les écoles les plus chères auront le même nombre de points que celles qui coûtent 15 000 euros de moins : un point à NEOMA etTBS mais un point à l’EDHEC ET lYON

Même comportement pour la rubrique diversité de Challenges. Le Parisien se moque des lecteurs lorsqu’il note la politique sociale, on ne comprend pas pourquoi Neoma qui cumule scolarité modeste et apprentissage a une mauvaise note. Une bonne politique sociale pour la presse c’est faire payer cher 90%des étudiants et ne pas faire payer les 10% de pauvres

Mais comment réagissent les étudiants face à ses évolutions ?

https://pgibertie.com/2016/06/06/et-si-lon-uberisait-les-ecoles-de-commerce/

 

J’ai entrepris un travail de ré information avec le soutien de professionnels qui ne peuvent dire tout haut le mal qu’ils pensent des classements.

Des journalistes, témoins impuissants du désastre professionnel qu’on leur impose : les enquêtes sont le plus souvent menées sans moyens et sans contrôle

Je remercie la Rédactrice en Chef de l’Expansion pour l’écho donné à mes idées iconoclastes.

Le numéro de mai n’est plus en vente mais on peut trouver l’article mis en ligne par AUDENCIA ; CLIQUEZ CI DESSOUS/

expansion

De nombreux anciens directeurs d’écoles qui ne pouvaient dénoncer l’omerta

Alors j’ose vous inciter à la prudence pour ne pas prendre des vessies pour des lanternes


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16 réactions à cet article    


  • NEMO Jeussey de Sourcesûre 8 juin 2016 16:45

    Le coût des écoles de commerce est le prix à payer pour avoir droit au ticket d’entrée dansla cour des grands, muni d’un certificat de zèle et de soumission secrètement accompagné du désir de devenir le Maître.


    C’est une façon comme une autre d’interdire l’accès de certains postes aux enfants des couches sociales qui n’en ont pas les moyens financiers.

    Le reste est de la littérature et du commentaire sportif.

    • tashrin 8 juin 2016 17:43

      Pour appuyer le commentaire précédent
      Le niveau d’enseignement de la plupart de ces établissements n’est pas particulièrement mirobolant. Pour avoir suivi un cursus universitaire un peu atypique qui m’a fait partager une année de troisieme cycle avec des personnes issues de ce type de cursus (EM Lyon et ecoles de commerce lyonnaises), j’ai pu constater par moi meme que le soit disant niveau n’etait souvent qu’assez décevant (voire risible). Et que les formations universitaires dédiées aux disciplines proches (IAE) faisaient tout aussi bien voire mieux pour un cout divisé par trente...
      le seul truc qu’on s’achete en suivant les cours de ce genre d’etablissement, c’est l’étiquette qui va avec, le reseau, et une meilleure position pour beneficier des pratiques népotiques des recruteurs qui ont naturellement tendance à favoriser les candidats issus de la même école qu’eux.
      Et là dessus, meme si elles sont plutot nulles et hors de prix, faut reconnaitre que ca fonctionne
      C’est donc tout simplement un moyen de favoriser l’entre soi effectivement, et de limiter l’accès des non cooptés


      • Patrice Gibertie Patrice Gibertie 8 juin 2016 19:25

        ok m de sourcesure sait de source sure que les écoles de commerce délivrent ’un certificat de zèle et de soumission secrètement accompagné du désir de devenir le Maître.


        C’est une façon comme une autre d’interdire l’accès de certains postes aux enfants des couches sociales qui n’en ont pas les moyens financiers.
        Et bien n’étant pas expert en commentaire sportif je trouve tout cela un peu réducteur
        Le parcours de plus de 3000 anciens étudiants me démontre le contraire et tous ces étudiants n’étaient pas fortunés
        Si vous aviez lu jusqu’au bout vous auriez compris que je dénonce la dérive mercantile et que la presse soutient cette dérive


        • Patrice Gibertie Patrice Gibertie 8 juin 2016 19:32

          Tashrin je tente de démontrer qu’avec la formule d’apprentissage les écoles de commerce proposent une formule qui évite le népotisme

          Je reconnais que l’universite (j’y travaille en ce moment) peut être exceptionnelle et bien meilleures que certaines « facs de luxe » mais dans les écoles il y a le meilleur et le pire

          • tashrin 8 juin 2016 21:20

            @Patrice Gibertie
            ok m de sourcesure sait de source sure que les écoles de commerce délivrent ’un certificat de zèle et de soumission secrètement accompagné du désir de devenir le Maître.

            Sans vouloir parler à sa place et en reconnaissant une formulation un peu abrupte, il a pas completement tort l’ami Desourcesure
            Il est vrai que les dogmes actuels en ce qui concerne le management et la gestion (qui sont à l’origine de bien des maux de notre epoque) sont profondement inculqués par ces établissements, dont la mission n’est pas d’elever la conscience ou l’esprit critique, mais de formater de futurs cadres qui trouveront logiquement leurs places dans les multinationales. On y apprend les codes, le mode de fonctionnement, les règles, les tabous. La responsabilité des ecoles de commerce a d’ailleurs déjà été évoquée à ce sujet. Tout comme le conformisme fait des ravages dans les filières eco, c’est pas une charge spécifique contre les business school


            Tashrin je tente de démontrer qu’avec la formule d’apprentissage les écoles de commerce proposent une formule qui évite le népotisme
            mouais, je demande à voir dans la mesure où c’est leur fond de commerce. Ils peuvent difficilement s’en passer


          • republicain 8 juin 2016 21:45

            plusieurs écoles mettent en avant l’apprentissage pendant deux ans d’école pour permettre aux étudiants de bien se former tout en étant rémunérés ; non seulement l’entreprise prend en charge les frais de scolarité mais l’étudiant peut espérer 30 à 40 000 euros de rémunération en deux ans . LA PERSPECTIVE EST INVERSEE, du bac au diplôme l’étudiant peut entièrement financer ses études et son logement …Dans les exemples précédents, logement, argent de poche et scolarité et c’est plus de 50 à 60 000 euros qu’il faudra trouver avec un espoir d’indemnité de stage de 20 000 euros.

            L’apprentissage présente cependant des inconvénients même si les recruteurs le considère comme très formateur, il est incompatible avec l’école de commerce « moderne ». LYON n’en propose d’ailleurs pas.

            Les entreprises renâcleront à payer 15000 euros par an de scolarité à l’école (8 à 10 000 pas plus)

            Les étudiants ne pourront partir en bande dans les fameux campus à l’étranger …

            Les trois écoles qui font de l’apprentissage ont une spécificité majeure sont l’ESSEC (plus de 300 places ; Neoma plus de 500 et Montpellier peut être 800).

            Tout est fait dans les classements pour ne pas valoriser les écoles qui démocratisent la scolarité


            • _Ulysse_ _Ulysse_ 9 juin 2016 12:17

              Je vais me permettre un commentaire qui va surement être interprété comme désobligeant.

              Je suis chef d’entreprise, une petite société et je ne vois pas quel intérêt j’aurais à recruter un jeune d’école de commerce, que va il apporter à ma société pour le prix qu’il va coûter à ma société par rapport à une personne ayant fait un cycle universitaire qui coûtera beaucoup moins cher à ma société ?

              En plus, si je dois recruter un commercial je recruterais quelqu’un ayant de l’expérience (peu importe sa formation d’ailleurs qu’il soit autodidacte qu’il ait fait HEC l’AFPA ou la fac ou une école d’ingé), un jeune diplômé n’est pas capable de faire ce boulot qu’il ait fait HEC, l’ESSEC ou je ne sais quelle école encore, j’en ai fait l’expérience quand j’étais salarié mon patron de l’époque avait tenté l’expérience car c’était moins cher qu’un commercial expérimenté, le résultat fu le néant absolu c’est d’ailleurs normal.

              Pour ce qui est de la gestion et du management ou de la finance je ne suis pas convaincu du tout.
              A part voir se développer dans les grosses boîtes des armées mexicaines et des manageurs qui ne savent pas quoi inventer pour démotiver les équipes smiley .

              Globalement, cela fait 10 ans que je travaille, je suis passé dans beaucoup de boîtes en tant que prestataire et j’attends toujours le manager sortant d’une école de commerce qui me montrera de quoi il est capable. Pour le moment, je n’ai rien vu !

              Heureusement, toutes ces grosses boîtes vivent sur des rentes publiques ou privées, que la gestion interne et le management soient catastrophiques n’a finalement guère d’importance dès l’instant qu’on créer à tour de bras des postes où on travaille peu et où on est bien payé smiley.


              • PakMat (---.---.176.215) 9 juin 2016 16:31

                @_Ulysse_
                Bonjour,

                En même temps pourquoi prendre un BAC+5 pour faire commerciale ? un BEP VAM (vente action marchande) suffit largement. c’est comme engager un chirurgien pour changer mon pansement.

                Ensuite les Grandes écoles de commerces ne servent qu’à avoir le certificat qui fait bien sur le cv et qui aide à obtenir l’entretien, on n’y apprend à peu près rien.

                Le management ? ça s’apprend dans une école ? en tout cas, pas ds celles là.

                Pour la gestion et finance à part qq un avec un long cursus en gestion ou finance (en fac ou en ESC) aura le niveau.

                Et justement dans ces écoles on vous apprend tous pour intégrer les grandes boites et pas à devenir « productif », par ex comment le dire, à qui, quel canal, comment se faire un réseau... de la branlette on est d’accord.

                Vous êtes qd même au courant qu’à notre époque ce qui compte pour décrocher un job, c’est 1 le réseau, 2 le diplômes et ensuite vos compétences.


              • Patrice Gibertie Patrice Gibertie 9 juin 2016 12:42

                TOUT témoignage de recruteur me semble utile et celui d’Ulysse met en évidence l’importance de l’expérience plus que de classements purement commerciaux

                Les jeunes sont cependant en droit d’attendre des renseignements honnêtes sur les formations qui les préparent le mieux et deux ans d’apprentissage avant le diplôme me semblait pas mal 

                • _Ulysse_ _Ulysse_ 9 juin 2016 13:52

                  @Patrice Gibertie

                  Cela dépend des métiers mais dans mon secteur je ne connais pas de formation qui prépare au métier de commercial, c’est d’ailleurs ce que tous les commerciaux que je connais m’ont dit.

                  Plus généralement, je pense qu’on forme bien trop de gens en gestion, management et marketing. Et pourtant, les bons managers, gestionnaires et « marketeurs » sont je le crois très rare !
                  Les mauvais sont légion malheureusement.


                • iris 10 juin 2016 10:21

                  le ticket pour trouver un job dans les multi nationales qui on des sous pour les payer -pas dans les pme et pte à part peut etre leur réseau lorsue ils sont licencié de ces mèmes multinationales ..
                  quand à l’éfficacité ...lorsque ils sortent de l’école ils sont pleins d’assurance et apprennent des plus petits qu’eux...tout bénéf...






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