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Comment penser comme Elon Musk

Elon Musk

Elon Musk, PDG de Tesla Motors.
Photographie : Daniel Acker/Bloomberg via Getty Images[/caption]

Le co-fondateur de Tesla est unique en son genre, mais sa capacité à maîtriser plusieurs domaines différents n'a rien de magique.

Comment est-il possible qu'Elon Musk ait pu créer quatre entreprises de plusieurs milliards de dollars au milieu de la quarantaine - dans quatre domaines distincts (logiciels, énergie, transports et aérospatiale) ?

Pour expliquer son succès, certains ont fait allusion à son héroïque éthique de travail (il travaille régulièrement 85 heures par semaine), sa capacité à définir des visions futuristes distordant la réalité, et sa résilience incroyable.

Mais tout cela me semblait insatisfaisant. Beaucoup de gens ont ces traits. Je voulais savoir ce qu'il a fait différemment.

Tandis que je continuais à lire des dizaines d'articles, des livres et à visionner des vidéos sur Musk, je remarquais qu'une énorme pièce du puzzle était manquante. Les idées reçues suggèrent que, pour devenir quelqu'un de brillant, nous devrions nous concentrer sur un seul domaine. Musk brise cette règle. Son expertise couvre un large spectre : la science aérospatiale, l'ingénierie, la physique, l'intelligence artificielle et l'énergie solaire.

Dans un précédent article, je nomme les gens comme Elon Musk " experts-généralistes " (un terme inventé par Orit Gadiesh, président de Bain & Company). Les experts-généralistes étudient largement dans de nombreux domaines différents, comprennent les principes profonds qui relient ces derniers puis les appliquent à leur spécialité.

Sur la base de mon propre examen (non-scientifique) de la vie de Musk ainsi que de la littérature académique relative à l'apprentissage et à l'expertise, je reste convaincu que nous devrions développer nos connaissances dans de multiples domaines afin d'augmenter nos chances de succès.

Le mythe du touche-à-tout

Si vous êtes quelqu'un qui aime l'apprentissage dans différents domaines, cette phrase vous sera probablement familière :

" Touche-à-tout. Maître de rien. "

L'hypothèse implicite étant que si vous étudiez dans de multiples domaines, vous apprendrez seulement de façon superficielle, et n'en acquérerez jamais la maîtrise.

Le succès des experts-généralistes à travers l'Histoire démontre le contraire. Apprendre dans de multiples domaines fournit un avantage de l'information (et donc un avantage de l'innovation), car la plupart des gens se concentrent sur un seul champ.

Par exemple, supposons que vous êtes dans l'industrie de la technologie où tout le monde lit les publications spécialisées, si vous en savez beaucoup également sur la biologie, vous gagnez ainsi la possibilité d'apporter des idées que presque personne d'autre ne pourrait apporter. Et vice versa. Si votre spécialité c'est la biologie, mais que vous comprenez aussi l'intelligence artificielle, vous avez un avantage informatif sur tous ceux dont l'esprit resterait cloisonné.

Malgré ce constat, peu de personnes en définitive apprennent en dehors de leur domaine.

Chaque nouveau domaine dans lequel nous approfondissons nos connaissances, qui reste étranger à la plupart des gens travaillant dans notre spécialité, nous donne la capacité de faire des combinaisons dont ils sont incapables. C’est l’avantage de l’expert-généraliste.

Une étude fascinante fait écho à cette observation. Elle examine comment les 59 plus grands compositeurs d’opéra du XXème siècle sont parvenus à la maîtrise de leur art. À l’encontre de l’idée reçue selon laquelle le succès des plus grands serait expliqué uniquement par la pratique et la spécialisation délibérée, le chercheur Dean Keith Simonton constate le résultat opposé : « les compositions des plus grands compositeurs d’opéra tendent à représenter un mélange des genres… ces compositeurs étaient capables d’éviter la rigidité d’une expertise trop poussée (surentraînement) en étant polyvalent, » résume le chercheur de l’UPENN Scott Barry Kaufman dans un article de la revue Scientific American.

Le superpouvoir de Musk : le « transfert d’apprentissage »

Commençant dès le début de l’adolescence, Elon Musk aurait lu deux livres par jour dans des disciplines variées selon Kimbal Musk, son frère. Pour replacer ceci dans son contexte, si vous lisiez un livre par mois, Musk en lirait 60 fois plus que vous.

Au début, les lectures de Musk consistaient en de la science-fiction, de la philosophie, de la religion, de la programmation ainsi que des biographies de scientifiques, d’ingénieurs et d’entrepreneurs. En grandissant, ses centres d’intérêts s’élargirent à la physique, l’ingénierie, le design de produit, le business, la technologie, et l’énergie. Cette soif de connaissance l’autorisa à être exposé à une variété de sujets qu’il n’avait jamais appris à l’école.

Elon Musk est également bon dans un type très spécifique d'apprentissage dont la plupart des gens ignorent même jusqu'à l'existence - le transfert d'apprentissage.

Ce dernier consiste à mobiliser le contenu de ce que nous apprenons dans un contexte pour l'appliquer à un autre. Cela peut être quelque chose que nous avons appris à l'école ou dans un livre et que nous appliquons au « monde réel ». Cela peut être également ce que nous avons appris dans un secteur professionnel particulier que nous pourrions appliquer dans un autre.

C'est là où Musk brille. Plusieurs de ses interviews démontrent qu'il a un processus en deux étapes unique pour promouvoir et favoriser le transfert d'apprentissage.

D'abord, il déconstruit les connaissances en principes fondamentaux. La réponse de Musk sur Reddit AMA décrit comment il procède :

Il est important de considérer la connaissance comme une sorte d'arbre sémantique - assurez-vous de comprendre les principes fondamentaux, à savoir le tronc et les grosses branches, avant d'entrer dans les feuilles / détails sinon il n'y a rien sur quoi ces derniers pourront s'accrocher.

La recherche semble démontrer qu'extraire du corpus de connaissances les principes plus profonds et abstraits faciliterait le transfert d'apprentissage. Elle suggèrerait également qu'une technique est particulièrement puissante pour aider les gens à reconnaître intuitivement les principes sous-jacents. Cette technique est appelée, "les cas par contraste."

Voici comment cela fonctionne : supposons que vous souhaitez déconstruire la lettre « A » et comprendre le principe matriciel de ce qui fait d'un « A » un A. Vous avez deux approches possibles :

screen-shot-2016-08-09-at-11-17-46-am

Avec quelle approche pensez-vous qu'il serait plus profitable de travailler ?

L'approche n°1. En effet, chaque A différent dans l'approche n°1 nous délivre plus d'informations sur ce qui demeure identique et sur ce qui diffère entre chaque A. Tandis que chaque A identique dans l'approche n°2 ne nous éclaire aucunement.

En observant beaucoup de cas variés lorsque nous apprenons quelque chose, nous commençons à deviner, à saisir intuitivement l'essentiel, travaillant même à nous forger nos propres combinaisons.

Qu'est-ce que cela signifie dans notre vie quotidienne ? Lorsque nous nous attaquons à un nouveau domaine, nous ne devrions pas nous contenter d'une seule approche ou de ce qui serait considéré comme la meilleure pratique. Nous devrions plutôt explorer de nombreuses approches différentes, déconstruire chacune, puis les comparer et opérer par contraste. Cela nous aidera à découvrir les principes sous-jacents.

La deuxième étape du processus de transfert d'apprentissage de Musk consiste à mobiliser les principes fondamentaux qu'il a appris dans l'intelligence artificielle, la technologie, la physique et l'ingénierie afin de les reconstruire dans des domaines distincts :

  • Dans l'aéronautique, afin de créer SpaceX.
  • Dans l'automobile, afin de créer Tesla avec des fonctionnalités d'auto-conduite.
  • Dans les trains, afin d'imaginer l'Hyperloop.
  • Dans l'aviation, afin d'imaginer des avions électriques décoller et atterrir verticalement.
  • Dans la technologie, afin d'imaginer une dentelle de neurones qui s'interfacerait avec votre cerveau.
  • Dans la technologie afin de contribuer à développer PayPal.
  • Dans la technologie afin de co-fonder OpenAI, organisation à but non lucratif qui limite la probabilité dans le futur d'occurences négatives de l'intelligence artificielle.

Keith Holyoak, professeur de psychologie à UCLA et l'un des plus grands penseurs du monde sur le raisonnement analogique, recommande que les gens se posent les deux questions suivantes afin de parfaire leurs compétences : "À quoi cela me fait-il penser ?" et "Pourquoi cela m'y fait penser ?"

En observant constamment les objets dans votre environnement et le contenu de ce que vous lisez et en vous posant ces deux questions, vous développez les muscles de votre cerveau qui vous aident à établir des connexions entre les frontières traditionnelles.

Maintenant, nous pouvons commencer à comprendre comment Musk est devenu un expert-généraliste de classe mondiale :

  • Il a passé de nombreuses années à lire 60 fois plus qu'un lecteur avide.
  • Il lisait beaucoup dans différentes disciplines.
  • Il a appliqué systématiquement ce qu'il a appris en déconstruisant les idées en leurs principes fondamentaux et en les reconstruisant dans de nouvelles voies.                                                                                                              Au niveau le plus profond, ce que nous pouvons apprendre de l'histoire d'Elon Musk est que nous ne devrions pas accepter le dogme selon lequel la spécialisation serait la meilleure ou la seule voie vers la réussite professionnelle, et pour faire la différence. Expert-généraliste légendaire, Buckminster Fuller résume un changement dans la réflexion que nous devrions tous considérer. Il a partagé ce point de vue il y a des décennies, mais il est tout aussi pertinent aujourd'hui :

Nous sommes à une époque qui considère que la tendance à l'accroissement de la spécialisation est somme toute logique, naturelle et souhaitable... En attendant, l'humanité a été privée de compréhension globale. La spécialisation a engendré des sentiments d'isolement, de futilité et de confusion chez les individus. Cela a également entraîné une déresponsabilisation générale de l'individu quant au fait de penser par soi-même et d'agir socialement pour les autres. La spécialisation engendre des biais qui s'aggrègent finalement en une discorde internationale et idéologique, qui à son tour conduit à la guerre.

Si nous prenons le temps d'apprendre les concepts de base dans divers champs de connaissance et que nous mettons systématiquement en rapport ces principes fondamentaux avec notre vie et avec le monde, le transfert d'apprentissage entre les zones devient beaucoup plus facile et rapide.

Tandis que nous bâtissons un réservoir de « premiers principes » et que nous associons ces principes à différents domaines, nous gagnons tout à coup le superpouvoir consistant à être capable de s'attaquer à un nouveau domaine dans lequel nous n'avions jamais appris auparavant, et à rapidement y apporter des contributions originales.

Comprendre les superpouvoirs d'apprentissage d'Elon Musk nous aide à avoir un aperçu de comment il a pu s'investir dans une industrie qui existait depuis plus de 100 ans et changer du tout au tout la façon dont s'exerce la concurrence dans le secteur.

Elon Musk est unique en son genre, mais ses capacités ne sont pas magiques.


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25 réactions à cet article    


  • Jeekes Jeekes 28 juillet 2018 15:34
    ’’peu de personnes en définitive apprennent en dehors de leur domaine’’
     
    Franchement, c’est sauter un peu vite sur des conclusions qui ne font que vous appartenir et qui dénotent que vous devez vivre dans une bulle.
     
    En un mot comme en cent, je vous répondrais ; ça c’est vous qui le dites !
     

     


    • Jean Roque Jean Roque 28 juillet 2018 17:31

       
       
      l’idole des gochos a pillé les contribuables, couler sa boite en se versant le salaire le plus élevé de tous les PdG américains...
       
       
       
      Mieux que le « green-washing », le « rolling coal »  :
       
      Enfumer bobo le négrier bétonneur avec votre diesel modifié pollueur :
       
      Un vélib du Paristan : 10 pts
      Une Prius : 100 pts
      Une Tesla de super bobo à 200000$ : 1000 pts

       


      • jocelyne 28 juillet 2018 18:26

        une telle réussite ne peut effectivement pas s’expliquer uniquement par une grande soif de lectures, il y a d’autres appuis.


        • av88 av88 28 juillet 2018 18:33
          Les chiffres totalement fous de Tesla
           
          Difficile de ne pas être pris de vertige par le grand écart entre les valorisations boursières et leurs résultats financiers. . Comment ne pas être sceptique sur la rentabilité d’une telle accélération alors que la hausse de 68% des revenus en 2017 a encore creusé ses pertes, Les résultats 2017 annoncés récemment par Tesla sont accablants : 1,96 milliard de pertes pour 11,76 millards de chiffre d’affaires

          • Clouz0 Clouz0 28 juillet 2018 18:54

            @av88

            Tesla est totalement hors normes !

            Tesla ne produit des voitures que depuis fin 2012. Ils ont créé 3 modèles différents (et révolutionnaires) en 5 ans et ils produisent maintenant environ 100 000 voitures par an, avec quelques 13 000 employés. et avec cela une production en augmentation de plus de 40% / an.

            Un tel développement dans une industrie lourde n’a jamais existé.

            Vous imaginez le montant des investissements qu’il a fallu faire pour en arriver là ?
            Les amortissements de ces investissements (sans compter ceux qu’il faut continuer à faire), plus des inévitables erreurs d’organisation et de production que Musk a reconnu... Ce n’est pas du tout étonnant que cela plombe les comptes.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 juillet 2018 19:16

            @Clouz0 L’enfoiré n’a fait que déposer des brevets qui coutent une blinde sur des recherches et réalisations d’ingénieurs qu’avaient pas trop de tunes et les relations pour en lever .


          • Clouz0 Clouz0 28 juillet 2018 19:38

            @Aita Pea Pea

            Possible, je ne parlais pas de Musk mais de Tesla.

            Je ne connais pas suffisamment le personnage mais, ceci dit, il me semble bien trop réducteur de traiter Musk de simple profiteur. Il n’a pas pu en arriver là sans de solides compétences, une vision très innovante, un goût du risque et de grosses capacités d’organisation. (entre autres)

          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 juillet 2018 19:58

            @Clouz0

            Mon goût vers les faiseux plutôt que les financeurs. Excellent exemple Arturo Magni ...génie de la mécanique.


          • Sozenz 28 juillet 2018 20:15
            @Aita Pea Pea
            ou
            Howard Hughes.....


          • Clouz0 Clouz0 28 juillet 2018 20:21

            @Aita Pea Pea

            Magni : MV Agusta, Moto Guzzi... et même BMW ! (perso j’ai une R850, moins glamour que la Norton de Cova)
            Difficile de comparer Musk et Magni, qui lui était plus un artisan (au sens le plus noble, évidemment).

          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 juillet 2018 20:39

            @Clouz0

            Ce mec , autodidacte, avait du génie. Le développement du 4 cyl 4 soupapes arbre cames en tete venait en grosse partie de sa tronche .Les japs copiaient ( sauf en deux temps ).


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 juillet 2018 21:18

            @Aita Pea Pea

            Pour ce qui est de la Norton de Cova nous savons tous deux que malgré sa beauté c’est une pisseuse d’huile . Il refuse de l’avouer ...pourquoi ? lol


          • Clouz0 Clouz0 28 juillet 2018 23:55

            @Aita Pea Pea

            Il a peut-être un pb avec les pisseuses ? smiley

          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 29 juillet 2018 00:20

            @Clouz0 Pas envie de me prendre un bourre pif ...courageux mais pas téméraire comme disaient les anciens. Disons qu’il accepte que sa vielle Norton ait des pertes depuis sa naissance et que Cova , grand humaniste, nettoie le carrelage...voili voilà...


          • DOLORES33 DOLORES33 31 juillet 2018 10:30

            @Clouz0

            Je vous rejoins. Voici d’ailleurs ce qu’écrivait à ce propos un autre serial entrepreneur, Richard Branson :

            Quoi qu’ont pu dire les sceptiques sur ce qu’il était possible ou non de faire, Elon s’en est emparé et l’a concrétisé. Vous rappellez-vous les années 90 lorsque nous devions appeler des inconnus afin de leur communiquer nos numéros de carte de crédit ? Elon a imaginé une petite chose appelée PayPal. Ses compagnies Tesla Motor et SolarCity font d’un futur à l’énergie propre et renouvelable une réalité… Sa compagnie SpaceX a réouvert la conquête spatiale… Il est paradoxal qu’Elon Musk travaille à améliorer notre planête tout en construisant des vaisseaux spaciaux afin de nous aider à la quitter.

          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 juillet 2018 18:43

            Zzzzzzzzz ....en sortant de la sieste se faire prendre une leçon par un gars qui n’a appris qu’une chose : Entuber les gens créatifs autour de lui puis,avec le pognon accumulé, en entuber encore plus et se faire passer pour un génie.


            • leperesifleur 29 juillet 2018 04:34

              Serait-il un nexialiste ?


              • jacques 30 juillet 2018 12:02

                @leperesifleur
                « Serait-il un nexialiste ? » c’est quoi ?


              • Attilax Attilax 30 juillet 2018 11:04
                Les mégas-riches ont tous des visées pour nous « sauver » :

                - Musk veut aller coloniser Mars
                - Google veut nous transformer en disque durs
                - Soros veut un peuple d’esclaves sans nationalité ni cultures
                - D’autres visent paraît-il l’élimination pure et simple de 80% des humains pour rester à 500 millions de riches,

                mais aucun d’entre eux n’imagine de simplement changer le système existant qui leur a permis de devenir des oligarques, à savoir le capitalisme.

                Car le vrai souci écologique, c’est quand même l’idée aberrante qu’on puisse produire à l’infini sur une planète finie, l’idée même d’une croissance qui ne s’arrêterait jamais est folle : ça s’appelle un cancer.

                • ManiO ManiO 1er août 2018 08:42

                  @Attilax
                  "mais aucun d’entre eux n’imagine de simplement changer le système existant qui leur a permis de devenir des oligarques, à savoir le capitalisme."

                  Vu que ce sont quasiment tous les psychopathes, rien d’étonnant :



                • jjwaDal jjwaDal 30 juillet 2018 22:06

                  Il raisonne plutôt sainement, c’est un très gros bosseur, il a un discours résolument optimiste, pas courant par les temps qui courent, il défend la science et le bon sens, pas courant non plus. Après il a eu la chance d’être repêché in extremis avec Spacex par la NASA (l’entreprise faisait probablement faillite sans le très gros contrat pour ravitailler l’ISS qui a financé le développement de « Faucon 9 ») et de tomber sur une bulle boursière et des taux d’intérêt quasi nuls pour financer les investissements nécessaires pour que Tesla fabrique en ce moment plus de voitures électriques par semaines que la plupart des fabricants n’en vendent par an...
                  Inflexible sur la direction générale mais capable d’être démenti par la réalité toutes les semaines, sur des détails par contre.
                  Assez curieusement il supervise des entreprises qui ont un point commun, à savoir d’être cruciales pour songer à toute implantation sur Mars. Il fabrique des photopiles et des batteries géantes, des véhicules électriques à grande autonomie, il perce des tunnels, il finance un projet de train à grande vitesse dans des tunnels sous vide partiel, véhicule autopilotée, A.I., un hasard peut-être.
                  Tout le monde moins epsilon se bidonnait quand il parlait de ses projets pour Spacex, mais il a délivré avec retard ce qu’il avait promis (y compris le lanceur le plus lourd actuellement disponible), Tesla est sur une trajectoire qui semble similaire avec un second semestre 2018 qui verra la firme renouer (enfin) avec les profits et un horizon qui semble dégagé aussi longtemps que la bulle boursière perdure.
                  Après, pour l’avoir écouté durant des dizaines d’heures, il est manifeste qu’il ne boit pas que de l’eau, traine tard la nuit sur Twitter pas toujours pour la bonne cause et récemment semble avoir développé un syndrôme de super héros volant au secours de gens ayant subis un typhon, coincés au fond d’une grotte ou buvant à demeure une eau de qualité discutable. L’avenir dira s’il explose de faire trop de choses à la fois et quel carburant il mettait dans son moteur. Un méchant carburant je pense...


                  • Raymond75 31 juillet 2018 09:51
                    Je partage tout à fait votre opinion sur les ’experts - généralistes’, entrepreneurs, curieux, avides de connaissances et d’expériences, dont chaque action s’enrichit des précédentes.

                    Dans l’informatique, j’ai souvent rencontré des jeunes avec très peu d’expérience me dire « je suis spécialiste de ceci ou cela », et j’essayai de leur conseiller de s’inspirer de la médecine : avant d’être spécialiste, il faut être généraliste, car sinon on n’est ’spécialiste’ que par défaut de connaissance, et donc de jugement. J’étais peu entendu ...

                    Mais il y a autre chose concernant Elion Musk : il est américain ! La devise de ce pays est « quand on veut, on peut ». En conséquence il n’y a pas d’autocensure, ni du côté des entrepreneurs, ni des financiers.

                    Imaginez un jeune ingénieur français, avec une bonne première expérience, qui pense « je vais construire une fusée pour ravitailler la station spatiale, dont les étages reviendront sur Terre comme la fusée de Tintin, et après j’irai sur Mars » ... Quel accueil pensez-vous qu’il recevra de ses pairs industriels ? de l’Agence Spatiale Européenne ? Des Banques ? On se fichera de lui, et lui s’autocensurera. C’est la grande différence entre les USA, royaume des entrepreneurs, et la France ou l’Union Européenne, pays de fonctionnaires craintifs et de lobbies.

                    Tout n’est pas rose aux USA, mais ce n’est pas un hasard si ce pays est le plus créatif au monde. L’exemple que j’ai pris est encore plus éclatant dans l’informatique : Microsoft, Apple, Google, Facebook, Twitter et autres ont été créés par des gamins à peine sortie de l’université. La France est le pays qui a créé le premier micro ordinateur du monde, plusieurs années avant l’IBM PC (le Bull Micral 30, voir Wikipedia), mais les banques et les grandes écoles qu pilotaient l’informatique ont jugé que ce gadget était sans intérêt !!!

                    • DOLORES33 DOLORES33 31 juillet 2018 10:19

                      @Raymond75

                      Merci pour votre commentaire Raymond, il se trouve que je partage tout à fait votre point de vue.
                      Ce n’est pas l’initiative ou les idées qui manquent en France, ni d’ailleurs les compétences ou la formation, mais bien le soutien général à ceux qui s’engagent dans une démarche entrepreneuriale.
                      C’est une question de mentalité et de culture, et pour ma part je le regrette malgré toutes nos autres qualités ;)

                    • wawa wawa 31 juillet 2018 11:57

                      @Raymond75


                      il est naturalisé américain, mais né sud africain(a pretoria) !

                    • Raymond75 31 juillet 2018 13:13

                      @wawa
                      Ce n’est pas son lieu de naissance, ou sa religion, ou sa ’communauté’ ou que sais je qui compte : c’est le lieu où il vit et où il peut entreprendre.

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