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Accueil du site > Tribune Libre > Comment réussir quand on est con et pleurnichard
#23 des Tendances

Comment réussir quand on est con et pleurnichard

 Être con et pleurnichard semblent être les deux vertus cardinales pour ‘réussir’ dans la vie. Des exemples précis peuvent être donnés, des solutions pour ne pas le rester également.

 Prendre le pouvoir pour augmenter le bien être d’une clientèle donnée, d’une fratrie, d’électeur circonscrits, d’une strate socio-culturelle déterminée… semble constituer le but ultime des personnes qui se réclament de la gauche. La droite quant à elle se contente d’affirmer qu’elle est la seule à savoir gouverner par ses aptitudes, son savoir faire, son entregent et qu’il suffit de la confirmer dans ses privilèges, elle saura faire ruisseler les miettes du festin vers le peuple. Cependant, ceci constitue-t-il une démocratie ?

 Commençons par une évidence. Si chacun se comportait en honnête homme, c’est à dire s’il traitait avec la même rigueur et les mêmes principes lui-même et les autres, n’importe laquelle organisation politique conviendrait. Ce n’est pas le cas loin s’en faut ! Il faut donc contraindre tout ou partie du corps social afin de s’éloigner un tant soit peu de l’animalité résiduelle qui couve en chacun. Les dirigeants sont destinés à prendre les décisions qui nécessitent des efforts, les autres allant de soi.

 Commençons par les pleurnicheries !

 Le crédit d’impôt recherche (CIR) existe depuis plus de 30 ans. Il a eu pour objectif d’améliorer l’innovation et la compétitivité des entreprises pour permettre de sauver voire de créer des emplois. Les entreprises purent ainsi engager des dépenses de recherche et développement en étant en partie remboursées de ces dépenses. Une longue liste de conditions doivent être réunies pour bénéficier de cet avantage mais presque tous sont capables de donner de leur énergie pour récupérer des subventions. L’industrie pharmaceutique, en particulier, fut une des grandes gagnantes de ce dispositif tout en détruisant d’une façon significative des emplois de R&D en France. Le CIR a été multiplié par 10 ces dernières années et quelque 20 000 entreprises en bénéficient. Profiter des subsides de l’État rencontre un réel succès parmi ceux qui professent la libre concurrence, les lois du marché, l’adaptabilité aux imprévus, ces subsides n’allant que marginalement vers les investissements et servant plutôt à rétribuer les actionnaires. D’autres types d’aides publiques se prêteraient aux mêmes commentaires.

 Les trois principaux syndicats quant à eux dénoncent les plans sociaux proposés et le plan de relance du gouvernement, qu’ils jugent décevant, en faveur des grandes entreprises, mais pas des salariés. Ils désirent, entre autres choses, l’abandon de la réforme de l’assurance-chômage. Ces revendications baignent dans un tissu demandant plus de moyens, plus d’effectifs, plus de primes ou de salaires de la part de presque tous les secteurs d’activités.

 Une classe dirigeante doit diriger, c’est un fait, mais pour l’ensemble de ses assujettis, avec comme unique critère de choix le bien de tous. Les règles qui s’appliquent à une unité n’ont rien à voir avec celles qui guident une collectivité. Et les décisions confortent la plupart du temps les intérêts des décideurs sans d’ailleurs qu’ils s’en rendent vraiment compte. Les partis, les cénacles, les clubs de pensée, les ‘think tanks’… ne pensent pas ils s’organisent pour garder le pouvoir en se donnant des armes de domination. Non seulement ils obscurcissent la démocratie mais ils l’interdisent. Tous veulent convaincre, personne ne souhaite expliquer.

 Comment dans ces conditions ne pas rester c… ! 

 Les savants, les érudits, les lettrés, les innovateurs, plus généralement les créateurs, sont peu portés à exercer des fonctions qui nécessitent incessamment de trancher afin de dégager une décision. Ils savent que rien n’est simple et qu’il est plus aisé de faire des erreurs, surtout si on les noie dans un grand volontarisme, que de déterminer ce qu’il est bon de faire. La raison n’est qu’une aide ténue pour devenir un décideur, la plupart d’entre eux se référent plutôt à une idéologie même s’ils préfèrent souvent la cacher sous le terme enchanteur de libéralisme. Les premières générations d’une élite naissante sont généralement d’une assez grande qualité intellectuelle et morale (ce n’est pas une règle). Il leur a fallu se frotter aux difficultés pour arriver près des dieux. Mais Érasme l’avait déjà constaté, ‘le poisson pourrit par la tête’. Année après année, les découvreurs initialement solitaires fondent des lignées, tissent des liens de plus en plus étroits avec leurs semblables, mijotent dans le même bain d’idées frelatées qui ne sont que des prétextes à ne plus rien remettre en cause, générations après générations ils forment avec leurs coreligionnaires une caste de ‘gens comme il faut’, fréquentables et ils se préoccupent alors bien plus de sauvegarder leur statut social qu’à se passionner pour des innovations. La créativité s’effaçant, elle est remplacée par un certain esprit de concurrence qui consiste en fait à faire acquérir à ceux qui ne les ont pas les codes sociaux dont ils sont les possesseurs, en se posant évidemment en arbitres des contrôles.

 Puisque cela semble parfaitement inévitable, va pour une élite, mais au moins une élite qui en soit une.

 À cet égard, la fin de la convertibilité du dollar en or effectué en 1971 peut être une aide considérable. La créativité lorsqu’elle disparaît fait presque toujours place à la cupidité et il est difficile de récupérer les sommes accumulées par les possédants sans déstabiliser gravement l’État ou la Nation qui les abrite. Ne reposant plus sur un bien matériel quelconque, le dollar est devenu une monnaie virtuelle dont la valeur reflète l’état d’un rapport de forces et non pas une réserve de biens. Il a pu être constaté récemment que la création monétaire pouvait atteindre des sommets vertigineux sans que le système ne soit le moins du monde ébranlé. Il est donc possible de noyer les possédants par une monnaie virtuelle sans qu’il soit nécessaire de les déposséder de manière plus visible. À noter que les fortes périodes d'inflation liées aux deux guerres mondiales ont provoqué ‘ l’euthanasie des rentiers’ comme saluée par J. M. Keynes. Ce grand remplacement de la bourgeoisie vieillissante pour une autre en devenir a très probablement permis l’essor des ‘Trente Glorieuses’. De 1939 à 1946 l’inflation annuelle a pu atteindre 50%.

 La Démocratie doit être réinventée sous peine de disparaître. Le suffrage universel (masculin) date du 11 août 1792 lors de l’élection à la Convention nationale. Le principe ‘un Homme, une voix’ a été capté par les partis politiques (et autres cénacles) pour en faire un instrument d’accession au pouvoir. Pour transformer les intelligences individuelles en forces inintelligentes, on inventa les programmes électoraux sous-tendus par une idéologie, voire, pour les plus prétentieux, justifiés par une théorie. Mais aucune théorie n’est juste ! Certaines d’entre elles, mais ni en économie ni en politique, sont en accord avec le réel et tentent d’en décrire un fragment. Se référer à une transcendance même sous un aspect scientifique conduit immanquablement à un affrontement entre les bons et les méchants, les croyants et les infidèles, les raisonnables et les dévergondés.

 Les démocraties ne meurent pas de la déliquescence des partis, elles entrent en agonie à cause de leur présence. Les citoyens doivent s’emparer pleinement de leur voix indépendamment de toute pression, de toute gesticulation de tribune, de tout attrait pour un Homme : il doit voter lui même les lois (importantes). Bien entendu des professionnels de la politique doivent être conservés pour élaborer et discuter ces lois. Celles-ci sont tellement pleines de pièges et d’embûches qu’elles doivent être passées à travers l’étamine et la férocité de personnes rompues à cet exercice. Mais une fois formalisées, chaque homme, chaque femme, doit exprimer seul son accord ou son désaccord à dans le secret d’un isoloir. La démocratie représentative laisser place à la Démocratie qui pourra alors devenir ou redevenir un sacré qui lui manque tant.

 Bien évidemment le diplômé germanopratin se déterminera selon des critères bien différents de ceux du chauffeur routier, mais c’est justement la vertu d’une démocratie qu’il en soit ainsi. En dehors du respect que l’on doit à tous et à chacun et de la justice, il en va de l’efficacité et de la survie des démocraties. 

 


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22 réactions à cet article    


  • Ben Schott Ben Schott 4 mai 16:27

     

    Moi, j’en connais deux qui ont bien réussi ; l’un dort dans sa brouette en Vendée et l’autre fait vaguement dans l’informatique en Bretagne...  smiley

     


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 4 mai 17:17

      @Ben Schott
      Je ne vous suis pas très bien.


    • troletbuse troletbuse 5 mai 13:06

      @Jacques-Robert SIMON
      Y’en a un qui se fait vaxxiner vendredi, si il ne ment pas.
      Il est parti s’acheter des couche-culottes. smiley


    • Bendidon Bendidon 4 mai 16:39

      Puisque vous évoquez la créativité puis-je vous suggérer de changer votre avatar qui est ... illisible et laid

       smiley

      Il faut considérablement agrandir l’image pour deviner une table avec un équipement hétéroclite de chimiste

      Si c’est un dessin humoristique où est l’humour ?


      • Ben Schott Ben Schott 4 mai 16:44

        @Bendidon
         
        C’est sentimental, vraisemblablement un joli dessin d’un de ses petits-enfants...  smiley

        Mais tu as raison, le résultat est pas terrible...
         


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 4 mai 17:17

        @Bendidon
        C’est un dessin de mon père.


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 4 mai 17:21

        @Jacques-Robert SIMON

        mais non !
        c’est pas ton père, c’est Jean Carmet !


      • Ben Schott Ben Schott 4 mai 18:35

        @Jacques-Robert SIMON
         
        « C’est un dessin de mon père. »
         
        Quand il était petit, alors...
         


      • infraçon infraçon 4 mai 19:03

        @Séraphin Lampion
        Mais naan Séraphin, on parle là du dessin de l’avatar...


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 4 mai 20:29

        @Ben Schott
        No comment. Vous devriez faire du journalisme, vous avez le niveau.


      • Ben Schott Ben Schott 4 mai 21:25

        @Jacques-Robert SIMON
         
        Je te sens à cran, Jacques-Robert (quel magnifique prénom)...
         
         smiley
         


      • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 mai 09:03

        @Ben Schott
        Vous multipliez les provocations ne sachant même pas pourquoi.


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 4 mai 17:04

        «  La démocratie représentative laisser place à la Démocratie qui pourra alors devenir ou redevenir un sacré qui lui manque tant. »


        arafneu ? pratar arafneu ?



        • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 4 mai 17:18

          @Séraphin Lampion
           ???


        • sirocco sirocco 4 mai 18:53

          @Jacques-Robert SIMON

          Il a pt’être un peu forcé sur le digestif... c’est pas grave !


        • infraçon infraçon 4 mai 18:59

          Bonsoir Jacques-Robert,

          « Prendre le pouvoir pour augmenter le bien être d’une clientèle donnée, d’une fratrie, d’électeur circonscrits, d’une strate socio-culturelle déterminée… »
          j’espère que vous parlez des POLITICIENS de gauche et pas des gens qui ont une sensibilité (?) de gauche...

          « c’est à dire s’il traitait avec la même rigueur et les mêmes principes lui-même et les autres, »
          à condition que ce ne soit pas le prototype du sado-maso que vous nous proposeriez...

          « Celles-ci sont tellement pleines de pièges et d’embûches qu’elles doivent être passées à travers l’étamine et la férocité de personnes rompues à cet exercice. »
          Au vu de la qualité des lois actuelles pour la défense du quidam de base, vous êtes sûr de ce que vous dites (« Bien entendu des professionnels de la politique doivent être conservés ») ?

          « chaque homme, chaque femme, doit exprimer seul »
          A condition de lui « indiquer » (par qui ?) les pièges et les embûches qui traîneraient encore ici ou là dans le texte, voire TOUTES les conséquences de ce texte ?...
          cf l’exemple de l’UE qui lance des poursuites judiciaires contre AstraZeneca : « La clause dans laquelle le laboratoire s’engage au »best reasonable effort« dans ce contrat (obligation de moyens) »devrait être au cœur« de l’affaire, » ; ça vous cause ?

          Enfin, bon courage pour votre lutte dans le monde extraordinaire du capitalisme...



          • I.A. 5 mai 10:06

            Bien vu.

            En effet, l’entreprise a tendance à nier ce que la collectivité lui apporte. Ce n’est qu’une tactique pour obtenir toujours plus d’aides. Il n’y en a que pour eux. Eux et leurs entreprises, eux et leurs charges, eux et leurs jérémiades. Leurs mérites ignorés, leurs difficultés superlatives, leurs postures égocentriques. Or c’est finalement encore eux qui épuisent le plus le système, parce que ce sont eux qui esquintent le salariat, spolient la nation et saccagent la nature. Ils souillent la solidarité qui cimente cette société sans laquelle ils n’auraient pu prospérer.
            Le pire, c’est que pour faire adopter une législation qui leur profite davantage, il leur faut démontrer que l’actuelle ne marche plus. Donc licencier à tout-va, sous prétexte de fiscalité, d’incertitudes et de concurrence. Donc discréditer les gouvernements, qui seront incités à abonder dans leur sens. Donc provoquer des crises de confiance qui jetteront les salariés dans leur bras... Au point qu’aujourd’hui, on peut voir des smicards prêter foi à leurs idées, leurs exigences et leurs obsessions, tant ils ont peur du Grand Méchant Chômage. Lequel ne grossit, comme par hasard, que s’il est très régulièrement approvisionné par leurs soins. CQFD.

            (Tiens, tiens, ça me fait penser à ces lits de réa qui ne désemplissent pas…)

            Quant aux politiques, vous faites bien de dénoncer leur népotisme, cet engrenage héréditaire affirmant la famille aux dépens de la collectivité : ça n’est autre qu’un incendie religieusement entretenu au nom des siens, pour des petits plus, pour des pauvres riens.
            Le népotisme, c’est l’obésité des familles politiques : avec l’âge, on fait de moins en moins d’efforts, mais on consomme toujours autant, voire même un peu plus, tant qu’à faire ! Il se trouve, oui, que nos partis politiques sont tous atteints d’obésité morbide.

            Je ne suis pas de ceux qui réclament des changements à tout bout de champ, mais vrai, à présent il en faudrait quelques-uns, de changements...


            • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 mai 17:42

              @I.A.
              Je crains d’être en accord avec presque tout ce que vous écrivez. J’ai reçu un commentaire un jour m’indiquant que tout pourrait s’arranger si les décideurs étaient seulement honnêtes.


            • zygzornifle zygzornifle 6 mai 16:51

              J’ai connu beaucoup de patrons comme cela ....

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