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Accueil du site > Tribune Libre > Concurrence des catastrophismes : climat versus nucléaire

Concurrence des catastrophismes : climat versus nucléaire

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Je vous donne à lire un texte que je trouve exceptionnel de clarté et de concision et qui met en comparaison le traitement de deux des quatre grands dangers que notre intelligence et notre civilité nous ont conduits à prendre : le CO2, le Nucléaire, la Chimie( y compris Big Pharma), et le saccage, le pillage – pour le confort de quelques-uns- des mers terres et forêts sur toute la surface de notre planète.

Pourquoi le nucléaire est-il le parent pauvre de toutes les bonnes causes que tout le monde s’accorde à vouloir défendre, sauf les lobbies et politiques affiliées bien sûr ?

Pourquoi le danger nucléaire est-il sous-estimé ?

La réponse saute aux yeux : parce que les décideurs décident de laisser mousser des luttes sans danger pour les lobbies ; que les jeunes s’offusquent soudain du changement climatique, ça ne menace personne, au mieux cela apporte de l’eau au moulin des taxes punitives !

S’offusquer du nucléaire n’a comme vent en poupe que « ils veulent revenir à la bougie ».

Fermez le ban.

 

Deux risques catastrophiques menacent le vivant et sollicitent notre engagement. Mais, si un nombre croissant de personnes se mobilisent pour « sauver le climat et la planète », ce n’est pas le cas pour l’arrêt du nucléaire. Est-ce justifié ? Tout se passe comme si le risque climatique est utilisé pour faire écran au risque nucléaire….

Manifestations pour le climat, grèves des élèves, communiqués d’ONG, etc, il apparaît que la population, et en particulier parmi les jeunes, est de plus en plus sensible aux conséquences du bouleversement climatique attribué aux activités humaines, qui dès maintenant serait responsable d’une augmentation de la température moyenne de 1°, et de désordres climatiques inquiétants. D’après le GIEC*, dans les conditions actuelles, cette température pourrait s’accroître encore plus vite, de quelques degrés d’ici quelques dizaines d’années (croissance économique mondiale que rien n’arrête, effets secondaires sur les océans, le permafrost, etc). Comme un « pédalo ivre », notre monde irait dans le mur et vers « l’effondrement » (allusions aux livres marquant l’un de François Partant, l’autre de Bruno Servigne et Raphael Stevens).

Tandis que le lobby pétrolier américain dépense des sommes considérables pour jeter le doute sur les travaux du GIEC et soutenir les « climato-sceptiques », le lobby français et international du nucléaire se frotte les mains et soutient bien sûr le GIEC en prétendant que l’énergie nucléaire est « décarbonée », ce qui bien sûr n’est pas vrai, le cycle de l’atome nécessitant le recours à beaucoup d’énergie fossile. Nous sommes donc de toutes façons manipulés.

Les dégâts déjà présents, et surtout à venir du bouleversement climatique sont suffisamment connus pour qu’il ne soit pas nécessaire d’y revenir ici. Par contre ceux dus aux 2400 bombes atomiques qui ont explosé à titre d’essai, comme ceux dus au fonctionnement normal et aux catastrophes du nucléaire dit civil de production électrique, ou encore ceux dus aux armes conventionnelles utilisées dans les guerres récentes ou en cours équipées de tête d’uranium, sont passées sous silence de façon à ne pas inquiéter le public.

Et pourtant il y a de quoi s’inquiéter malgré les mensonges du lobby du nucléaire français et international. Qu’on en juge :

- Officiellement Tchernobyl n’aurait fait qu’un nombre limité de victimes, suivant les sources, de quelques dizaines à quelque milliers passant sous silence le calvaire des centaines de milliers de liquidateurs. Sauf qu’une équipe de l'Académie des sciences de New York, compilant en 2010 quelque 5000 documents d’URSS, ont estimé à près d’un million le nombre de morts.

- A la demande de députés écologiques européens, un cabinet d’étude le CERI* a évalué la mortalité liée au nucléaire à 61 millions de victimes, et c’était en 2003. Combien aujourd’hui car l’épidémie de cancers et leucémies sensible depuis les années 60 et 70 perdure, épidémie liée essentiellement au nucléaire militaire et civil, et à la chimie (pesticides auxquels s’attaque le mouvement des « Coquelicots »). Dans leur travail les experts du CERI ont pris en compte non seulement la mortalité directe, mais aussi les dégâts sur la santé dus à de faibles, et même de très faibles doses de contamination.

- On sait maintenant scientifiquement que l’ADN de tout le vivant a été touché, et que les anomalies génétiques provoquées par la contamination radioactive de nos organismes sont transmissibles aux générations suivantes.

- Enfin le public sait-il qu’après les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima, les populations sont contraintes de vivre en zone contaminée. La dangerosité étant niée, il leur est refusé que soient distribués les soins qui pourraient alléger les souffrances, celle des enfants en particulier (c’est le programme « ethos/Core** » dont les leaders français du nucléaire sont responsables).

En effet pour les nucléocrates, vivre dans le « jardin nucléaire » est un « challenge » bénéfique, car c’est la peur du nucléaire, la nucléophobie, qui rend tout le monde malade ! Pas question donc de soigner tous les enfants accablés de maladies de vieux puisque c’est psychologique : ils ressentent l’angoisse des parents. Certes, les résistants obstinés de l’institut Belrad, soutenus par l’ETB*, ont établi un lien direct entre la contamination par le Césium 137, et les atteintes à la santé qui concernent 4 enfants sur 5 des zones contaminés. Mais cet institut est asphyxié, neutralisé, on lui retire les moyens de travailler, l’horreur nucléaire ne tolère pas la vérité….

Est-ce ainsi que nous serons traités en cas de catastrophe ? C’est bien probable, ce que nos leaders nationaux ont réussi à imposer au-delà de nos frontières le sera aussi chez nous.

Pourquoi n’entendons-nous pas davantage parler du risque de catastrophe nucléaire en France et ailleurs ?

Même le seul réacteur en construction actuellement en France, l'EPR de Flamanville, nous donne des sueurs froides. Bien qu'ayant déjà coûté une dizaine de milliards d'€, on sait que sa cuve du cœur, provenant du Creusot, n'est pas aux normes avec un acier plus dur, plus fragile, on sait aussi que des soudures et autres équipements posent problèmes. Mais l'Autorité dite de "sûreté" nucléaire étant aux ordres, elle autorise la mise en route du réacteur quels que soient les risques, risques d'autant plus grands que ce réacteur est conçu pour fonctionner avec un combustible enrichi en plutonium, le MOX, autrement plus difficile à gérer et dangereux que le combustible ordinaire à l'uranium.


 

En France en particulier nous sommes dirigés par des élites tributaires d’idéologie productiviste qui s’obstinent dans une impasse économique et écologique. Nous sommes menacés par des réacteurs vieillissants, équipés de pièces défectueuses fabriquées au Creusot, entretenus avec des budgets réduits faisant appel à la sous-traitance et recourant au mensonge généralisé. Mais les partis de gouvernement, les grands médias, s’en remettent à nos « experts » du Corps des Mines chargés depuis de Gaulle de promouvoir le nucléaire militaire et civil au nom de la « grandeur de la France », quel qu’en soit le prix et les conséquences pour la population. Et pour ces élites, le nucléaire a devant lui un avenir i-radieux avec la construction d’ EPR au plutonium...

Il apparaît alors une grande différence entre la prise de conscience du risque climatique et celle du risque nucléaire : Le risque climatique est largement médiatisé par les rapports du GIEC et il bénéficie du soutien de l’Agence internationale pour l’énergie atomique, ces deux structures bénéficiant du prestige de l’ONU dont elles relèvent. A cela s’ajoute en France le cocorico de la Cop21 de Paris, l’engagement des écologistes associatifs et politiques.

Rien de tout cela pour dénoncer les mensonges et les horreurs du nucléaire civil et militaire, cette tâche incombe aux groupes spécifiquement antinucléaires, et il ne leur est pas facile d’accéder aux grands médias et de toucher un large public au-delà des cercles militants.

Il y aurait-il manipulation ? Pendant que l’opinion se focalise sur le climat, l’État peut consacrer au sauvetage du nucléaire, les sommes considérables qui seraient si utiles pour lancer des programmes d’isolation des logements, de sobriété énergétique, de développement des renouvelables. Ainsi 8 milliards d’euros ont été engagés pour sauver Areva (devenue Orano) et EDF de la faillite, et ce en plus des budgets consacrés annuellement au nucléaire (force de frappe pour laquelle un plan pluriannuel vient de prévoir 35 milliards pour la rajeunir, gestion des déchets, recherche...), assurant ainsi notre grandeur et justifiant notre siège au Conseil de Sécurité,.

 

La catastrophe nucléaire qui toucherait des dizaines de millions de personnes ne relèguerait-elle pas le risque climatique au 2nd rang ? Sait-on que le scénario de la catastrophe est déjà écrit dans la loi française, que c’est l’armée qui gérera les flux de population pour prévenir la fuite des centaines de milliers de personnes affolées, qu’il est prévu de tolérer pour tous une radioactivité 20 fois plus élevée que la norme actuelle pourtant déjà excessive, les maladies de vieillesse toucheront toutes les générations, qu’il naîtra des bébés monstrueux ?

Au nom du « rayonnement de la France » (voir le livre de Gabrielle Hecht) Seule la France s’obstine, alors que les pays voisins se désengagent du nucléaire au bénéfice des renouvelables. Même la Chine, pourtant fer de lance du nucléaire, développe beaucoup plus le solaire et l’éolien que le nucléaire. Le déclin mondial de cette technologie obsolète est largement amorcé**.

 

Face à la barbarie du nucléaire comment sensibiliser le public et l’amener à exiger l’arrêt du nucléaire ? Le nucléaire n’est-il pas la plus mauvaise et la plus dangereuse façon de faire bouillir de l’eau pour produire de l’électricité ? Et pour quelques dizaines d’années de confort électrique est-il raisonnable de contaminer la planète pour des centaines de milliers d’années alors que le nucléaire n’assure finalement que quelque 2 % de l’énergie consommée dans le monde…

Pierre Péguin, , février 2019

 

* GIEC, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

CERI, Comité Européen sur le Risque de l’Irradiation, recommandations 2003

ETB, Enfants Tchernobyl Belarus, créé par Solange et Michel Fernex après Tchernobyl

** - https://apag2.wordpress.com/2016/11/21/vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-ethos-un-crime-contre-lhumanite/

- https://apag2.wordpress.com/2017/09/26/un-rapport-sur-le-declin-irreversible-de-lindustrie-nucleaire-a-lechelle-mondiale/

 

Bibliographie sommaire :

- Considérations sur l’arrêt de nucléaire et sur la destruction du climat, Jean-Luc Pasquinet, à paraître 2019.

- Thierry Gadault et Hugues Demeude, Nucléaire danger immédiat, Flammarion 2018.

- Erwan Benezet, Nucléaire une catastrophe française, Fayard 2018.

- Yves Lenoir, La comédie atomique, La découverte 2016.

-. A. Yablokov, V. Nesterenko, A. Nesterenko, Chernobyl : Consequences of the catastrophe for people and the environment,

- Annal of the New York Academy of Sciences, 2010.

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124 réactions à cet article    


  • Sozenz 22 mars 09:23

    merci pour votre excellent article !

    .


    • Julien S 22 mars 09:31

      Il y a quelque chose de singulier à se proclamer ouvertement ignare en sciences et fière de l’être tout en cautionnant un article qui se veut scientifique, car ne sachant rien comment pouvez-vous savoir quel genre d’article il faut cautionner, de la chasse au gaz carbonique ou de la chasse à l’atome ? C’est votre coeur qui répond utilement à cette question, dans doute.


      • alinea alinea 22 mars 09:42

        @Julien S
        Je n’ai pas lu qu’il ne fallait pas chasser le gaz, mais qu’il y avait deux poids deux mesures !
        Sinon, pour ma part, je ne sais pas, je doute, ayant lu des choses contradictoires, je ne tranche pas ; en revanche je vois l’engouement de la population nantie pour une cause brandie !


      • Sozenz 22 mars 10:07

        @Julien S
        ce n est pas un question de coeur mais de logique .
        pour le climat il y a des solutions rapides (qui ne veulent pas etre mis en place car ce serait moins rentable économiquement .
         par contre à l heure actuelle , il n y a aucun scientifique qui est capable de donner une solution viable pour les déchets nucléaires , et le démantèlement des centrales ;

        alors ce que je trouve amusant même dans cette article du monde , article de base
        https://www.lemonde.fr/energies/video/2018/02/12/comment-se-debarrasser-des-dechets-nucleaires-pour-toujours_5255807_1653054.html

        https://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/le-nombre-de-tremblements-de-terre-pourrait-fortement-augmenter-en-2018_1962227.html

        si l humain restait logique et raisonnable il ferait tout pour arreter le nucléaire .

        et dans l inconscience et la folie humaine de certains . ils ne trouvent pas mieux de créer ceci :
        https://meta.tv/machine-creer-tremblements-de-terre-eruptions-volcaniques/

        je pense que vous etes de ceux qui sous estiment la folie humaine et les conséquences de certains actes.


      • JC_Lavau JC_Lavau 22 mars 10:12

        @Sozenz : « pour le climat il y a des solutions rapides ». Ah ? Tu t’y connais en climats terrestres ?
        Tu as fait quelles études ? Réalisé quels travaux ?


      • Julien S 22 mars 11:28

         smiley
        .
        Je vous abandonne vos machines diaboliques bonnes pour Le Matin des magiciens
        .
        Vous craignez les tremblements de Terre qui font effondrer les centrales nucléaires. Je vous comprends. Moi, c’est de penser qu’à une orbite solaire galactique et quelques kilomètres près la météorite de Rochechouart aurait pu tomber sur un barrage. 
        .
        Pour les centrales indémontables, c’est comme pour le nuage de Tchernobyl arrêté à la frontière ou l’uranium qui va manquer, je n’y puis rien, faute d’être qualifié en soutien psychologique, mais si j’étais sociologue je me régalerais.
        .
        En revanche je prends très au sérieux une vidéo présentée par Le Monde, il va sans dire. Je me suis régalé avec le soleil incinérateur de déchets nucléaires, car, dit le commentateur, « il brûle absolument tout ce qu’on met dedans ». Hum, non, il dilue dans son volume mais ne détruit pas les noyaux lourds. Trouvez des documents moins « populaires ». 
        .
        Surtout, je reste ébahi par les recherches en communications avec les hommes de l’an 102 019 : comment les avertir du danger des déchets enfouis ? Eh oui, ces innocents descendants de leur mythique ancêtre Alinéa la Décroissante seront dépourvus de moyens de savoir ce qu’il y a devant eux quand ils creusent. Nous mêmes par exemple, lorsque nous faisons une tranchée de travaux publics, y allons tout à fait au hasard, et c’est pourquoi tous les jours sont foudroyés rien qu’en France des dizaines de conducteurs de pelles mécaniques ayant tranché des lignes à haute tension. Oui, mais si au lieu de se rire du cancer guéri depuis environ cent mille ans les hommes de 102 019 sont retournés à la préhistoire ? et si nonobstant ils creusent à cinq cents mètres ? 
        Amusez-vous bien. 
         


      • Julien S 22 mars 11:29

        C’était pour Sozenz, ben sûr ; 


      • foufouille foufouille 22 mars 11:48

        @Julien S

        dans 100 000 ans, nous auront quitté la terre depuis longtemps, il restera juste des écologistes sans aucune machine et juste avec un ordinateur biologique. ils seront donc des hommes de cavernes servant de repas aux lions.


      • Sozenz 22 mars 12:26

        @JC_Lavau
        ce ne sont pas les quelques dégrés de plus ou de moins qui vont faire que la terre deviendra un enfer . depuis des millénaire il y a eu des changements climatiques .
        on veut se battre pour le climat mais on continue d importer des pommes de terre des etats unis .. on déforeste à tout va.
        "Une stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée en cours d’élaboration et, en même temps, une autorisation donnée à Total de lancer sa raffinerie de la Mède, reposant sur l’importation supplémentaire de 300 000 à 550 000 tonnes d’huile de palme par an en France. Cette politique du “en même temps” ne fonctionnera pas pour résoudre la crise climatique. L’atteinte de la neutralité carbone en 2050 nécessite que l’enjeu climatique soit considéré dans l’ensemble de la politique gouvernementale.

        (passerelle eco )"
         on ne met rien en place pour favoriser les transports ( ni les prix , ni leur accès on reduit des lignes ) par contre on demande aux gens d accepter de faire 50 bornes en voiture pour aller bosser . , on démonte les petites villes pour les grosses structures ; . ils faisaient comment avant les gens ?
        tout est fait pour aller contre le climat ; alors que des choses simples peuvent etre benefiques ;

        donc je doute fortement de la volonté d’ œuvrer pour le climat .
        pour moi c est un attrape couillon ( je ne veux pas dire qu’ il ne faut pas s en soucier ) pour depouiller les gens sans faire grand chose et sans qu ’ il y ait une urgence vitale .

         par contre le nucléaire pose beaucoup plus de problèmes .
        le Nucleaire est surement l un des problèmes prioritaires (


      • baldis30 22 mars 13:35

        @foufouille

        bonjour,
         ben quoi .... euh .... n’avez vous pas entendu parler de la biocrassie ?
        C’est la nouvelle forme de l’incantation démagogique !
        vous ne saviez donc pas que les mélèzes perdent leurs aiguilles l’hiver et que les tournesols, comme le colza, ont besoin des abeilles pour polliniser ...
        C’est l’une des premières lois votées par la biocrassie ...


      • Sozenz 22 mars 13:39

        @Julien S
        on veut entreposer des dechets nucléaires en sous sol ; sauf que le risque siesmique existe et existera toujours ; d où l effondrement des roches et l infiltration des dechets nucleaires .
        en allemagne ils ont installés des dechets dans une mine de sel .
        https://www.sortirdunucleaire.org/Scandaleuse-contamination

        les humains apparemment provoques des seismes avec des machines en plus de celles qui sont naturelles ;
         les mecs font n importe quand , sans vraiment se demander ce que cela pourrait prouire par la suite :
         apres moi le déluge .
        quand je vois cela , je suis en droit de me dire , vu l aspect dangereux du nucléaire : stop ! 


      • alinea alinea 22 mars 13:41

        @pepino
         ?
        L’auteur de l’article est physicien, tu tombes à côté pepino !


      • foufouille foufouille 22 mars 13:48

        @Sozenz

        ton séisme aura tué tout le monde avant ........


      • velosolex velosolex 22 mars 14:12

        @Julien S
        Svetlana Alexievitch, prix nobel de littérature, a exprimé avec son cœur, ce que les dosimétristes ne pouvaient mesurer. Cela a donné, «  la supplication » https://bit.ly/2JLl3GX, un recueil de témoignages bouleversants : Physiciens, veuves, enfants, journalistes, babouchkas, héros irradiés. Cet opus explore un monde dont le couvercle a à peine été soulevé. Le dôme actuellement construit, n’est qu’une protection illusoire, et temporaire : Personne ne sait ce qui se passe sous terre, et le pays est contaminé, pour 70 000 ans. Savez vous ce que c’est qu’un pied d’éléphant, par exemple  ? https://bit.ly/2HBfrwG Je recommande à tous ce livre, qui ne vaut que 5 euros en poche, et qui est des plus bouleversant que j’ai lu.
        C’est un vertige qui vous saisit à sa lecture. Beaucoup de témoins de cette affaire, ayant connu l’Afghanistan, ou même les nazis, en parlent comme d’une expérience hors norme, une plongée hors de l’inconnu, au pays de la mort invisible. 


      • velosolex velosolex 22 mars 14:18

        @velosolex
        Extrait
        « Nous nous sommes rendus dans la zone. Les statistiques sont bien connues : il y a huit cents »sépulcres« autour de Tchernobyl. Il s’attendait à des fortifications d’une complexité inouïe alors que ce ne sont que de simples fosses. C’est là que l’on a enterré la »forêt rousse« abattue sur cent cinquante hectares autour du réacteur (dans les deux jours qui ont suivi la catastrophe, les sapins et les pins sont devenu rouges, puis roux). Là gisent des milliers de tonnes de métal et d’acier, des tuyaux, des vêtements de travail, des constructions en béton. Il m’a montré une vue aérienne publiée par un magazine anglais... Des milliers de voitures, de tracteurs, d’hélicoptères... Des véhicules de pompiers, des ambulances... C’était le plus important sépulcre, près du réacteur. Il voulait le photographier dix ans après la catastrophe.
        On lui avait promis une bonne rémunération pour cette photo. Mais nous avons tourné en rond, d’un responsable à l’autre, et tous refusaient de nous aider : tantôt il n’y avait pas de carte, tantôt il manquait une autorisation.
        Et puis, j’ai fini par comprendre que le sépulcre n’existait plus que dans les rapports. En réalité, tout a été pillé, vendu dans les marchés, utilisé comme pièces détachées par des kolkhozes et des particuliers. » 


      • alinea alinea 22 mars 14:32

        velosolex

        whaou !....

        on le voit même ici, la plupart des humains s’en foutent ; cela doit distinguer les yin et les yang !


      • velosolex velosolex 22 mars 14:44

        @alinea
        Tous les livres d’Alexievitch, faits de témoignages croisés, sont bouleversants. Je parle de « la fin de l’homme rouge », un opus que je vous recommande. Elle nous en append énormément sur l’ex empire soviétiques, la russie, et tous les pays satellites. Sur la psychologie des habitants, leur culture particulière, et commune. La Bielorussie, dont elle est originaire, proche de Tchernobyl, fut le pays immédiatement irradié, les vents étant défavorables pour eux. Un cinquième des biélorusses vivent sur des territoires contaminés. Le pire, ce sont les enfants. Les jeunes stériles. Les enfants amorphes dans les salles de classe, parfois endormis. 
        Elle raconte les mesures dérisoires, le silence, les vieux cramponnés à leurs terres. La babouchka sortant sa vache recouverte d’une bâche plastique dans le champ, elle même recouverte d’une toile cirée. 
        J’en ai vu ici qui s’extasiaient des animaux sauvages, revenus autour de la centrale. C’est vrai bien sûr, mais tous sont contaminés, et promis à une mort rapide, et à des mutations effroyables parfois. Je ne supporte pas cette esthétisation de la catastrophe, et cette naîveté feinte. 


      • alinea alinea 22 mars 14:53

        @velosolex
        Ce n’est pas une naïveté feinte, c’est le besoin vital d’éloigner de soi la conscience de l’horreur. C’est aussi pour cela que la lutte contre le nucléaire appelle si peu de gens, l’horreur est trop brutale ! Vous savez bien qu’on occulte d’autant plus aisément que le savoir occulté est dangereux !
        Cela nous éclaire aussi sur la force invincible de la croyance : aucun témoignage ne pourra faire bouger d’un pouce un pro nuc !
        et pour ma part, honnêtement, je ne suis pas sûre d’avoir envie d’y mettre le nez : je n’ai rien à y apprendre de fondamental, puisque je sais, et je n’ai pas envie de me faire du mal, puisque je n’y peux rien.


      • velosolex velosolex 22 mars 15:01

        @alinea

        « Les dosimètres ont contrôlé mon bureau.

        Ma table, mes vêtements, les murs : « Tout luisait ! ».

        Je me suis levé. Je n’avais pas envie de rester assis sur une chaise.

        Y avait il eu un accident, à l’institut ? Une fuite ? Et comment tout désactiver ?

        J’ai toujours été extrêmement fier de notre réacteur ! J’en connaissais chaque millimètre.

        Nous avons téléphoné à la centrale d’Ignalina, en Lithuanie, non loin de chez nous.

        Chez eux, c’était aussi la panique.

        Nous avons aussi appelé Tchernobyl, mais personne ne répondait….. »

        (Valentin Alexeïevitch Borissevitch, ancien chef de laboratoire de l’institut de l’energie nucléaire, de l’académie des sciences de Bielorussie)- Extrait de « la supplication » (Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse) Svetlana Alexievitch, prix nobel de littérature.


      • velosolex velosolex 22 mars 15:10

        @alinea
        Il ne s’agit pas d’être voyeur, ni de faire dans le sensationnalisme. Ce que ne fait nullement cette auteur, pleine de pudeur, mais exigeante des faits, refusant les chappes de plomb, le silence, l’omerta.
        C’est pour cela qu’elle donne la parole aux victimes. Mille voix qui donnent une chœur de la réalité d’un empire, fier de ses réussites. Car l’homme russe est fier, patriote, et sans doute cette catastrophe fut le traumatisme qui accéléra la chute de l’empire.
        Elle nous révèle que beaucoup de liquidateurs furent sacrifiés, inconscients des risques qu’ils prenaient, mais que beaucoup d’autre l’ont su dés la première heure, et n’ont pas regretté, sur leur lit de mort, leur sacrifice.
        Ce livre à mon avis est un de ceux qui en apprend le plus sur la destinée humaine, l’idée de progrès, l’aveuglement, la soumission, la manipulation.
        Car c’est dans la catastrophe que tout se délie, et fait sens, et que les mensonges remontent à la surface, et que nous savons aussi qui nous sommes. Autant que les autres. Beaucoup n’en reviennent pas. 


      • alinea alinea 22 mars 15:16

        @velosolex
        J’ai été maladroite ! je n’ai pas dit que j’avais raison de bouder ce genre de lectures, et j’ai bien compris qu’il ne s’agissait qu’un américanisme à sensations (pléonasme) ; je voulais juste dire que je me protège en ne lisant pas ces témoignages ; du reste, un jour peut-être serai-je assez solide pour m’y confronter.


      • velosolex velosolex 22 mars 15:22

        @alinea
        Sans doute suis je maladroit moi aussi dans ces courts billets.
        D’abord « la naïveté feinte » ne vous est pas destinée, mais à ceux qui enjolivent la catastrophe, et tentent de nous faire croire que cela n’était qu’un accident regrettable.
        Sans doute n’avez vous pas besoin de lire ce livre, et ces témoignages parfois beaux, mais aussi parfois insoutenables, pour vous édifier sur le sujet. Il faut là aussi se connaitre, et vous avez 1000 fois raison de ne pas vous imposer ce récit si vous ne le sentez pas.


      • alinea alinea 22 mars 15:26

        @velosolex
        On s’en fout, hein, l’important c’est que cela ne puisse pas arriver à Berniolles ni à Layly Victor !
        C’est où, l’Ukraine ?


      • Jean Keim Jean Keim 23 mars 08:28

        @JC_Lavau

        Celui qui fait des études de physique deviendra physicien, celui qui fait des études en écologie deviendra écologiste, celui qui fait des études de théologie deviendra théologien, celui qui consulte les médias deviendra informé par ces mêmes médias..., essayer de méditer là dessus, chaque être humain a un point commun avec tous les autres membres de son expèce, il ne peut exprimer que ce qu’il connaît.


      • foufouille foufouille 22 mars 09:54

        il existe plusieurs endroits dans le monde ou la radioactivité dépasse largement les normes vertes sans le moindre cancer en plus. le granit est aussi radioactif ........


        • Sozenz 22 mars 12:37

          @foufouille
          savez vous le temps qu’ il faut pour un cancer parfois pour se declarer ? ; savez vous que le corps fait fonctionner plusieurs barrieres pour eviter des cancers ; ?
          est ce pour autant que le corps ne subit pas des modifications nuisibles pour le present et l avenir , pour lui et ses descendants ?
          savez vous que les pesticides n ont pas encore tué tous les insectes ...on pourrait dire en cela que les pesticides ne sont pas si dangereux que cela puisqu il en reste encore .. ;
          savez vous que vous avez aussi de la radioactivité dans votre corps de façon naturelle ?
          Nous avons meme de l alcool dans note corps , de façon naturel , attention aux alcootests ( mais non je ne me moque pas de vous ...)

          bon comme apparemment le nucleaire c est pas dangereux pour vous , ben un petit job sur le site Fukushima , ça vous branche ?
          quoi ? là , c est pas pareil...


        • Julien S 22 mars 12:49

          @Sozenz
          .
          Etudiez les bases de la radioprotection pour savoir chiffrer vos angoisses au lieu de les traduire en incantations. 



        • foufouille foufouille 22 mars 13:32

          @Sozenz

          si tu payes l’avion, frais, etc je veux bien à fuku même si je préferai le kerala ou le brésil car il fait plus chaud avec beaucoup plus de bonne radiations vertes. le nuke est dangereux à partir d’une certaine dose ..........


        • baldis30 22 mars 13:38

          @Julien S

          attention le texte que vous êtes en train de lire est radioactif .... il a été produit par 80% d’électrons sales ...



        • velosolex velosolex 22 mars 14:13

          @foufouille
          Le fait d’avoir mangé de la salade verte le lendemain de Tchermobyl, expliquerait chez vous bien des choses. 


        • foufouille foufouille 22 mars 14:19

          @velosolex

          en france, elle n’était pas radioactive et je n’étais pas très salade.


        • velosolex velosolex 22 mars 14:49

          @foufouille
          Je me souviens de Fabrice Bertin, le journaliste d’inter, disant que le nuage était arrêté à la frontière française, et que la France était épargnée.
          Je me souviens que dans tous les autres pays d’europe, et aussi l’italie, la Belgique et l’allemagne, ils détruisaient les légumes et les fruits, ainsi que le lait.

          Pas en France. le ministre de l’agriculture, influencé par la FNSEA ne voulait pas mettre en danger la filière agricole comme ils disaient. 

          Comme ils disent, maintenant, avec les pesticides. 
          De notre santé, ils s’en moquent. La seule entité, c’est le cac 40, les dividendes. 


        • foufouille foufouille 22 mars 15:03

          @velosolex

          ce n’était pasun nuage magique avec des particules magiques vertes mais un nuage normal qui s’est dissipé avant d’arriver à la frontière et donc innoffensif comme le granit et toutes les radiations naturelles vertes.


        • finael finael 22 mars 17:51

          @velosolex

          Comme quoi il ne faut pas croire aveuglément les journalistes.

          Les affirmations disant que les autorités auraient dit que « le nuage qui s’est arrêté à la frontière » sont des inventions journalistiques.

          https://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1793

          http://imposteurs.over-blog.com/article-31168433.html

          https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/040511/tchernobyl-ce-que-le-figaro-disait-en-1986

          Les pesticides ?

          Après en avoir utilisé sans réserve et sans précautions (comme la chlordécone) faute d’études suffisantes, de nombreuses règles ont été élaborées.

          Les pesticides utilisés actuellement en agricultire conventionnelle font appel à des produits très peu agressifs et employés à très faibles doses.
          De plus 99,99% des pesticides ingérés sont naturels :

          http://projetutopia.info/poisons-naturels/

          Le reste n’est que propagande :

          50% des français ignorent que le bio utilise des pesticides (et particulièrement dangereux comme le cuivre).

          http://alerte-environnement.fr/2018/09/04/pesticides-et-fruits-et-legumes-generations-futures-triture-la-science/

          http://alerte-environnement.fr/2019/02/23/le-cuivre-tue-les-lombrics-pas-le-glyphosate/

          http://seppi.over-blog.com/2017/07/l-affaire-du-glyphosate-un-cas-d-ecole-de-desinformation-dans-la-tribune.et-plus.html


        • velosolex velosolex 22 mars 19:52

          @foufouille
          On ne mange pas encore le granit ; enfin, si un peu. Les ouvriers des carrières, quand ils ne sont pas protégés de la poussière qu’il font, abordent quantité de particules, et sont victimes d’un cancer professionnel 
          Je ne comprend pas trop votre acharnement à nier l’évidence. L’environnement est bien sûr une évidence dans l’apparitions des tumeurs. Amiante, poussières, boues rouge de Gardanne...Pour le nucléaire, là, nous sommes dans la folie. https://bit.ly/2Fvl9OA


        • Julien S 22 mars 23:25

          @Sozenz
          .
          C’est très bien. Un exercice facile : 
          Vous pesez 70 kg et buvez un demi-litre d’eau contaminée par 150 000 becquerels de tritium au litre. Les mois suivants vous ne buvez plus que de l’eau normale. Estimez l’équivalent de dose reçu en tout. 
          Il y a tout ce qu’il faut dans Wikipedia pour résoudre. 


        • foufouille foufouille 23 mars 09:42

          @velosolex c’est de la science non verte ni escrologiste, tout dépend de la dose. le granit est radioactif, certaines plages du brésil sont très radioactives comme d’autres endroits sur terre. les gens qui vivent dans ces endroits n’ont pas plus de cancer. donc fukushima est rien du tout comparé à 200msv par an. en dehors du réacteur comme pour tous les réacteurs. et celui naturel.


        • Étirév 22 mars 10:07

          « comme si le risque climatique est utilisé pour faire écran au risque nucléaire…. »

          Tentons un éclairage sur les phénomènes atmosphériques afin de démêler quelques nœuds et sortir du dédale d’explications scientifiques, et surtout pseudo-scientifiques.
          On observe dans la nature deux espèces de mouvements : des mouvements « spontanés » et des mouvements « transmis ».
          Cette seconde cause de mouvement engendre des déplacements qui déterminent la plupart des phénomènes météorologiques en dérangeant la stabilité de l’enveloppe gazeuse de la terre.
          Nous voyons que c’est cette cause qui détermine la chute des corps à la surface terrestre. Mais cette réaction constante de l’azote vers la terre, qui lui a pris sa place dans l’espace, n’est pas la seule réaction qu’il exerce. Il tend aussi à se dilater dans une autre direction, c’est-à-dire vers les régions célestes de l’infini.
          De ce côté il est contenu par l’action dynamique des radiations qui le frappent incessamment.
          Mais les radiations ne sont ni immuables ni éternelles, elles sont, au contraire, dans un état constant de variabilité. Or, chacun des changements qui surviennent dans leur mode d’action se traduit, dans les profondeurs de notre atmosphère, par un changement d’état de la réaction de l’azote. Si la pression des radiations devient moins forte, l’azote se dilate ; tous les corps qu’il comprimait se dilatent aussi : c’est la chaleur. Si la pression devient plus forte l’azote augmente sa réaction vers la terre, il comprime plus fortement les corps qui en occupe la surface : c’est le froid.
          Si la pression en plus ou en moins est accidentelle, si elle n’intéresse qu’un seul point de l’atmosphère, il en résulte un changement de densité qui, en se propageant aux couches les plus voisines y détermine « un courant ». C’est le vent.
          Si un seul faisceau de radiation vient à manquer subitement, c’est un vide subit qui est offert au besoin d’expansion de l’azote et dans lequel il se précipite en tournoyant : c’est une trombe, une tornade, un cyclone. Le mouvement commencé dans les régions élevées de l’atmosphère se propage de haut en bas. Lorsqu’il atteint la surface terrestre, le bouleversement des éléments atmosphériques, qui en résulte, détermine toutes sortes de ravages.
          Ainsi donc tout ce qui se passe sur la terre à une cause cosmique ; tout dépend de l’action des astres. C’est dans les profondeurs de l’océan céleste qu’il faut aller chercher la cause de la plus légère brise qui souffle autour de nous. La terre y est étrangère.

          Météorologie et Cosmogonie

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