Condamnez-vous les violences ?
« vous condamnez les violences ? »
Ah la question barbare au service de l’ignominie de journalistes à la botte de la véritable violence qui ne dit pas son nom.
Celle de « l’ordre » d’abord et avant tout, au détriment de la liberté et du droit à vivre dignement.
Celle qui force, à coups de bâtons et de condamnations, l’obéissance aveugle à un système corrompu entré depuis longtemps en autophagie sociale.
Celle des formules malheureuses à l’encontre des petites gens condamnées par contumace au faciès, à l’origine, à la croyance et au genre.
Celle des lois aberrantes promulguées dans le seul but d’anéantir l’esprit critique et l’intelligence de ceux taxés, à tire-larigot, d’antisémites, de terroristes, d’islamo-gauchistes et autres artefacts de la sémantique stigmatisante à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche pour exprimer un ras-le-bol légitime.
Celle des fins de mois difficiles et des soins déficients.
Celle infligées à ceux qui n’arrêtent pas de traverser la rue sans trouver de travail.
Celle du mensonge à grands cris d’orfraie pour maintenir les gens dans une peur constante… « Nous sommes en guerre ! » Ah la belle affaire, formule magique pour ponctionner la quote-part des petites gens.
« Vous condamnez les violences ? »
litanies sans fin dans la bouche en cul de poule des médias aux ordres qui s’extasient en direct de la charge de cavalerie à l’assaut de gamins qu’on estropie sans vergogne car oui, la violence du puissant est légitime voire esthétique et jouissive vue, de la puissance du char d’assaut, de ses 80 Kms heures et de ses 40 litres au cent, auquel manque, et ils sont à deux doigts de le déplorer, la mitrailleuse, la violence du pauvre est immédiatement sommée, dénoncée par le valet de pisse copie du pouvoir.
Pour une chaise renversée, pour une chemise arrachée, le tribunal médiatique et ses petits juges vengeurs d’exiger de s’excuser, de condamner, de s’aplatir, de se soumettre.
Dénoncez-vous les violences… ?
Vous excusez-vous pour le chaos… ?
chaos, destructions, guerre, vandalisme… comme ils disent… pour ne pas dire émeute, insurrection, pour ne pas nommer et politiser, pour mieux criminaliser…
le chaos, la casse….
Mais non les violences ne sont pas comparables. Face à la violence d’état, à sa dérive autoritaire, face aux collabos du journalisme policier qui nient, invisibilisent la victime ordinaire, les visages tuméfiés, les vies bousillées, les mains arrachées et dramatisent la victime policière, la violence populaire n’est rien d’autre qu’une légitime défense, rien d’autre qu’un retour de bâton.
Quand on vise à hauteur d’homme ou de femme pour défigurer, quand on se met à sept pour massacrer un gamin, délinquant ou pas, alors, à part les notables de l’éditocratie, toujours prêts à bien lécher la matraque qui cogne et les nourrit, on sait d’évidence, d’instinct, où est la barbarie.
Quand de petits tortionnaires ordinaires mettent des ados à genoux, mains sur la tête, dans le fantasme tout puissant du dressage de chiens et du formatage par le crétinisme (pour leur faire des souvenirs),
Je n’ai aucune compassion pour les forces de l’ordre. Ils ont choisi. C’est leur métier. Ils sont entrainés, équipés, formés, protégés, impunis. Ils ne sont pas là par hasard. Le CRS dérouille, il est assez logique qu’en retour il se fasse dérouiller. Un peu. Si peu.
Puisque le clergé médiatique à tant d’empathie pour le flic et aucune pour les gueules cassées par cette saloperie de flash ball, avez vous vu un seul policier en sang durant toutes ces semaines ? et s’il y en avait eu un seul, aurions-nous été abreuvé d’images indignées. Quand l’on sait qu’une simple contracture à la cuisse sera répertoriée comme blessure, on voit de quel déséquilibre il est question ici.
Force restera à la loi. A la leur. A leur ordre. En revanche la moindre agressivité, du tag au pavé, de l’insulte à la possession d’un masque de protection sera illico convoquée et soulignée au gros rouge.
A la rigueur on s’arrêtera un instant par corporatisme sur l’apprenti Pujadas de terrain blessé par le flic, pour la piétaille stagiaire du reportage selon Télé trottoir qui raconte des bobards, mais a t’on jamais vu un des ces petits kapos de plateau exiger de tel ou tel patron voyou, ministre d’opportunité, de se justifier pour la casse d’une usine, pour les accidents du travail, pour les suicides professionnels, a t’on jamais vu un de ces larbin demander des comptes au maître sur la compétitivité mortifère, le management par le harcèlement, les ventes d’armes, la casse de la sécu, et des acquis sociaux, la montée programmée de la misère. Les a-t-on jamais entendu lui poser la question qui intime de montrer « patte blanche » : condamnez-vous VOS violences ?
Que le journaliste de cour n’ait aucune conscience de sa sinistre violence et qu’il la nourrisse en retour en dit long sur l’aveuglement ou la compromission d’une corporation, le cul collé au buffet, accro aux petits fours.
Pourtant les plus grands casseurs ne sont pas dans les rues, ils sont dans les banques, ils sont dans les ministères, ils sont dans les affaires, ils détruisent les gens, ils brisent les vies, ils broient les existences et ravagent la planète avec cette cupidité pathologique.
Alors oui si c’est de cette violence corporative que vous parlez, elle est condamnable et plutôt deux fois qu’une.
Et rien que pour les voir se paniquer rappelons leur ceci :

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