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Accueil du site > Tribune Libre > Conférence de macron : « Ridicule 2 » : Le film

Conférence de macron : « Ridicule 2 » : Le film

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La France ne sortira jamais de son coté monarchique, pompeux, et tout ça arrosé de petites phrases qui font glousser... Et ainsi, rien n’en sort, à part des mesurâtes qui se veulent contenter chacun, sans trop contrarier tout le monde. En comparant cette république tiédasse, nous sommes loin des gros sabots à la Trump, et des conférences de presse de la Maison Blanche : là bas, ça fuse de tous cotés et ça insiste, insiste, ici ? c’est policé, complice, respectueux au possible car les ors et titres impressionnent, surtout ceux qui n’ont pas l’habitude d’être conviés, à l’exemple d’un Rémy Buisine, reporter de Brut, la plate-forme de vidéos en ligne prisée des « gilets jaunes » qui n’a pas élevé le ton, alors que c’était le moment ; comme la bande des supporteurs de BFM, venus en surnombre : Apolline de Malherbe, Camille Langlade, Bruno Jeudy, Thierry Arnaud ; bref, que du beau linge, mais comme aurait dit le grand Napoléon « de la merde dans des bas de soie »...

Cela commence toujours comme dans Gotha. En détail est décrit en guise d’introduction le décorum, refait à neuf, mais sans rappeler le prix du grand salon de l’Elysée : « Les lieux, on le sait, ont été rénovés dans les grandes largeurs par Emmanuel et Brigitte Macron. Fini le rouge vulgaire. Place au gris chic sous les lustres en cristal. » C’est écrit dans Le Nouvelle Observateur, ex organe de le presse de gauche. A signaler dans la formulation : « les lieux ont été rénovés par le couple présidentiel  »...Et non pas : que ça a été rénové selon les vœux du couple... On est chez les Ceausescu, qui eux aussi savaient « rénover  », et même « reconstruire  » dixit macron qui veut restaurer en 5 ans Notre Dame. Des bâtisseurs quoi, dignes des pharaons ! 

Ensuite, vient la liste de ceux « qui en sont », les happy few, appelés aussi courtisans en d’autres temps. Assis sur les chaises empire, ça bruisse de sourires gourment, d’air gourmé, ca se rengorge, il y en a même qui font la roue, ils/elles sont 300, invités avec leur carte de presse ; dehors les manants non-encartés, ici, ce sont les pros, qui seront assis 3 heures à entendre plus qu’ils n’écoutent le monarque, assit lui aussi...

Le Monde décrit « la scène » ou plutôt « La Cène »... « Au milieu de la salle trône un objet en phase avec les canons plus anciens de la Ve République : un bureau. Le chef de l’Etat a choisi de répondre aux questions de la presse assis, comme pouvaient le faire en leur temps Charles de Gaulle, Georges Pompidou ou François Mitterrand.  » Quant au Nouvel Obs. « Le faste républicain a inspiré le couple présidentiel. Un bureau a été placé sur le devant du plateau afin que le chef de l’Etat paraisse à sa tâche, tel un prof donnant une leçon à une classe studieuse. C’est assis que le général de Gaulle donnait ses conférences à la presse. » Quitte a être laudatif, yaka y aller de son de Gaule, ce minus qui n’a fait qu’imiter notre grand emmanuel d’Amiens, surnommer Jupiter à juste titre ; un murmure bruissait où on pouvait presque entendre « macron on t’aime »... Mais aussi des langues de chipies se gaussaient en ricanant sous cape « Rien n'est plus normal ma chère, on confie le sérail à l'eunuque. »

« Le spectacle peut alors commencer. Les membres du gouvernement font leur entrée, tel le chœur du théâtre antique. Ils prennent place de part et d’autre de la scène, concentrés, autour d’un Edouard Philippe bronzé après un week-end de Pâques qu’on devine au grand air. »... Madame Schiappa était habillée par Patou d’une robe taffetas rouge carmin, le ministre Castaner baisait la main de son Altesse Brigitte en s’en mordant les doigts, le DJ, KissmyAss, mixait sur ses platines la marseillaise en zouk, et...Désolé, je m’égare... C’est d’un ennuyeux ces raouts que mon ti esprit querelleur se met en mode déconnade. Désolé, je reviens à nos moutons.

- « Assis sur son fauteuil scandinave design, le président entame son « propos liminaire » en suivant d’un œil le discours posé sur le bureau.

L’écoute est religieuse. Les journalistes pianotent sur leurs lap tops, twittent en direct ou grattent des pages de notes. Les ministres, impassibles, ont-ils reçu la consigne de ne pas sortir leurs Smartphones ? Les plus studieux n’ont qu’un bloc-notes ou un cahier Moleskine sur les genoux. Comme prévu, le président prononce une allocution d’une heure, alors qu’il s’était engagé devant ses équipes à ne discourir que 30 minutes. »[1] (et il s’est contenu)

Viennent les « questions ». « A ce stade, le rédacteur de base est surtout travaillé par une question  :« comment le micro est-il attribué à l’un(e) plutôt qu’à l’autre alors que des dizaines de bras se lèvent pour demander la parole ? ». Par quelques messes basses, l’Obs. établit que la décision appartient au service de presse de l’Elysée, discrètement joint par SMS, qui n’en fait qu’à sa guise et tend à privilégier les têtes connues… Résultat des courses : les télévisions ont été toutes honorées, les titres de presse écrite, bien servis (« le JDD », « le Figaro », « l’Express », « Frankfurter Allgemeine Zeitung »…), et les radios, un tantinet négligées (seules « RTL » et « France Info » eurent voix au chapitre) ».[2] En fait un remake du « grand débat », question, questions ; et un monologue de 3 heures au lieu de 6... Tout ça saupoudré de l’ambiance du film Ridicule, non pas dans sa forme achevée d’art du septième art, mais dans sa bouffonnerie de la comédie humaine.

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Mais au fait que s’est-il dit, qu’en est-il sorti de cette conférence ? Est-ce si important ? Car le roi a parlé, il a dit...Quoi ?

Georges Zeter/avril 2019



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12 réactions à cet article    


  • ddacoudre ddacoudre 26 avril 19:49

    Bonjour Bien amusant et juste. Mais il ne faut pas être injuste, il était a l’aise et parfaitement naturel, plus qu’un professeur. Ce que je n’aime pas dans ton article c’est la comparaison de mot autour de la scène et Cène. Je ne pense pas que le président sera a l’aîné d’une nouvelle civilisation. Cordialement ddacoudre OverBlog


    • George L. ZETER George L. ZETER 26 avril 21:09

      @ddacoudre
      lorsque je mentionne la « cène » c’est la réunion de la bande de pote autour du boss...faut dire que je ne suis guère croyant....


    • nono le simplet nono le simplet 27 avril 08:08

      @George L. ZETER
      faut dire que je ne suis guère croyant

      ouais ... genre ni Dieu, ni Président ... vade retro Satanas ...
      sympa ton article ... je n’avais pas vu la pièce ...


    • goc goc 27 avril 15:00

      @George L. ZETER
      lorsque je mentionne la « cène » c’est la réunion de la bande de pote autour du boss..

      t1 vivement qu’on sache qui sera Judas smiley
      bon pour Bayrou c’est trop tard
      j’ai bien pensé à Manu « valse », mais il parait qu’il a trouver, en catalogne, plein de gens qui ne le connaissent pas (encore)
      reste plus que des RPR qui (par miracle) auraient « retrouvé la vue »


    • BA 27 avril 11:41

      Le 29 avril 2007, il restait deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle : Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Un grand meeting rassemble la droite au palais omnisports de Bercy pour écouter le discours de Sarkozy, grand favori selon tous les sondages.


      Dans la salle de Bercy, ce soir-là, il y avait Raphaël Glucksmann ! Il était à l’époque un soutien de Sarkozy, contre Ségolène Royal !


      Raphaël Glucksmann, c’est la grande bourgeoisie de droite.


      Lisez cet article :


      Raphaël Glucksmann a-t-il "soutenu Nicolas Sarkozy en 2007", comme l’affirme Alexis Corbière ?


      Alexis Corbière, député de la France Insoumise, affirme que "monsieur Glucksmann était pour Sarkozy !" lors de la présidentielle de 2007. L’essayiste assure qu’il n’en est rien. Il a néanmoins été proche de l’ancien président.


      Ils “s’appréciaient” et “s’entretenaient régulièrement” 


      Impossible de retrouver une prise de position publique et claire de Raphaël Glucksmann en faveur de Nicolas Sarkozy en 2007. 


      Néanmoins, contacté par France Inter, l’entourage de l’époque de Nicolas Sarkozy, affirme que Raphaël Glucksmann et l’ancien président “s’appréciaient”.


      “Ils s’entretenaient régulièrement et Raphaël Glucksmann le conseillait sur la Géorgie. On les voit même ensemble sur des photos en 2008”. 


      Du reste, l’essayiste, aux cotés de son père, était présent au meeting que Nicolas Sarkozy a donné à Bercy, le 29 avril 2007, dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle, indique le site de l’éditeur Denoël au sujet du livre Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkozy, co-écrit par Raphaël et André Glucksmann. 


      https://www.franceinter.fr/politique/raphael-glucksmann-a-t-il-soutenu-nicolas-sarkozy-en-2007-comme-l-affirme-alexis-corbiere


      • zygzornifle zygzornifle 27 avril 13:42

        @BA

         L’essayiste

        a même essayé Carla Bruni pour voire si elle était digne de la couche de Sarkozy et de Paul Bismuth ....


      • zygzornifle zygzornifle 27 avril 13:39

        Sacré Macron va , toujours le même cruchon , n’oubliez pas les mougeons le 26 Mai de faire votre sursaut Européen , il compte sur vous ....


        • Odin Odin 27 avril 13:46

          Bonjour,

          Il ne faut pas oublier, pour juger sur la forme de cette mascarade télévisuelle, que le comédien principal a de l’expérience.

          Il a commencé très tôt sa carrière dans le domaine de l’esbroufe.

          C’était dès 1993, à 15 ans, au lycée jésuite de la Providence à Amiens, dans l’atelier de théâtre de Mme Auzière (née Trogneux) et dont le mari exerçait (déjà) la profession de banquier.

          La prestation doit donc être jugée en fonction de cette réalité.

          Quant au fond de cette représentation, la suffisance de l’acteur avec ses mesurettes face à la paupérisation croissante de la population, nous amènerons, je l’espère, à voter une nouvelle fois après les européennes suite à une dissolution de l’assemblée nationale. 


          • Olivier 27 avril 17:28

            Il n’y avait évidemment rien à attendre de cette mise en scène, pompeuse et mortellement ennuyeuse.

            Macron a fait la seule chose qu’il sait faire : du Macron. Esbrouffe, belles phrases, promesses de baisse d’impôt (comme en 2017), gadgets médiatiques comme le coup des 150 personnes tirées au sort pour « sauver le climat » (défense de rire !).

            Sur le fond, bien entendu rien qui pourrait déplaire à ses commanditaires de la finance mondiale dont il est le zélé serviteur. Pour les gilets jaunes il n’a eu que des insultes et du mépris. Bref, rien à attendre de ce personnage qui passera les 3 dernières années de son mandat à organiser la paupérisation des français et à liquider le peu qui reste de leur identité et de leur souveraineté.

            Cela dit il a été élu en 2017, donc il est en droit de considérer que c’est ce que les français lui on demandé de faire. 


            • Le421 Le421 28 avril 14:03

              @Olivier
              Reconnaissez que sur la baisse d’impôts (directs), il a tenu sa promesse.
              Vu que j’en paye plus, comme dirait l’autre, je m’en BALEK !!
              Par contre, je sais pas si vous avez fait le plein récemment, mais bon...
              Là, pas de baisse, uniquement la baise !!


            • Le421 Le421 27 avril 18:55

              Salut Georges !!

              Vous savez, il y a quelques règles à retenir en politique.

              Quand on n’attends rien d’une personne, on n’est pas déçu.

              Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

              A trop pisser contre le vent, on finit par se tremper les godasses.

              Donc...

              Macron, pour moi, il fait exactement ce que j’avais dit avant son élection.

              Pourquoi je le critiquerais...

              Par contre, ceux qui ont voté pour lui, si vous cherchez des cons...


              • ETTORE ETTORE 27 avril 23:13

                Je ne regarde pas ce genre de téléréalité !

                • Très peu d’acteurs (1)
                • Script sans suspens, dit sur un ton monocorde
                • Jeu de scène réduit à la respiration du seul préposé.
                • Salle pilotée par un « chauffeur de salle » pour commander les applaudissement, à temps voulu.

                Franchement, je pensais qu’on avait touché le fond, avec la

                téléréalité « les Anges... » .....

                Mais non ! Z’on trouvé plus fadasse encore.

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