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Accueil du site > Tribune Libre > Copier n’est pas voler

Copier n’est pas voler

Le progrès humain est fondé sur la copie, sur l’émulation d’idées matérialisées par d’autres personnes dans le passé, sur l’amélioration compétitive de créations d’autrui, sur la combinaison de diverses idées avec un propre apport original minime.

Tous, avant de pouvoir visionner le DVD que nous venions de louer à la vidéothèque du coin, nous avons dû subir ce message des autorités nous martelant le message selon lequel copier un film serait un vol aussi laid qu’arracher son sac à main à une petite vieille. Cette défense simpliste, frisant la débilité, de la propriété intellectuelle se fonde sur une fausse intuition et passe outre une distinction pourtant basique et essentielle dans ce débat : les bien tangibles sont d’usage exclusif (si quelqu’un m’enlève mon téléphone portable, je ne peux plus téléphoner), alors que les biens intangibles comme la musique, les inventions ou les idées en général ne le sont pas (une copie d’un CD n’empêche pas l’écoute de celui-ci).
 
Fondamentalement, la fonction du droit de propriété est d’éviter les conflits qui pourraient surgir à l’occasion de l’usage d’un bien ou d’une ressource. Selon le principe libéral d’appropriation, le droit de décider de l’usage du bien revient exclusivement à celui qui possède la réclamation la plus juste sur celui-ci, c’est-à-dire celui qui lui a donné de l’utilité en premier ou qui l’a reçu légitimement d’un tiers.
 
Dans ce cadre, la propriété intellectuelle n’a aucune cohérence. Remontons loin dans le temps et observons cet homme de l’Antiquité occuper une parcelle de terre et commencer à la cultiver péniblement en fonction du régime des pluies local, devenant, de fait, propriétaire de ce terrain. Observons maintenant, de l’autre côté du pays, où jamais notre paysan n’a mis les pieds, quelqu’un qui vient de mettre au point un système d’irrigation. La logique implicite de la propriété intellectuelle donnerait le droit à ce dernier d’empêcher notre paysan d’utiliser la technique d’irrigation mise au point ou alors de réclamer des royalties à chaque usage. Mais on comprend immédiatement que, ce faisant, le développeur du système d’irrigation viole le droit de propriété du paysan en lui interdisant de faire ce qu’il veut sur la parcelle de terre qu’il a occupé en premier. En vertu de quoi ce paysan ne pourrait copier et employer cette technique d’irrigation sur sa parcelle ?
 
Selon le contexte, copier peut être peu élégant ou même déshonorant. Il est gênant que l’on profite de nous et il est logique de chercher à éviter cela. Mais il existe de nombreuses manières légales de profiter des gens, depuis l’adultère jusqu’à la fausse promesse en passant par le chantage émotionnel ou le de despotisme envers un subordonné. Les lois sont là pour punir les crimes, pas pour imposer des bonnes manières et nous protéger de notre naïveté innocente.
 
En fin de compte, pourquoi crier haro sur le baudet au sujet de la copie ? Celle-ci fait pourtant bien partie de la vie ; nous copions les comportements et prenons continûment les idées des autres, sans éprouver de remords ni concevoir l’idée biscornue que des gens se sentiraient ainsi abusés. Le progrès humain est fondé sur la copie, sur l’émulation d’idées matérialisées par d’autres personnes dans le passé, sur l’amélioration compétitive de créations d’autrui, sur la combinaison de diverses idées avec un propre apport original minime.
 
On peut comprendre l’irritation d’un artiste qui voit sa musique téléchargée sur Internet ou copiée plusieurs fois successives. Mais si aujourd’hui nous devions payer des royalties aux héritiers de l’inventeur du supermarché, de l’ampoule ou du téléphone, cet artiste les défendrait-il ou les critiquerait-il pour le fait de jouir de privilèges légaux aux dépens d’autres concurrents et du reste de la société ? Cet artiste penserait-il également que la législation devrait être modifiée afin de « protéger » contre la copie un modèle de robe, une nouvelle structure architecturale, une nouvelle formule mathématique ou un nouveau pas de danse ?
 
Tout au long des deux derniers siècles, aux États-Unis, la tendance a été de prolonger les limites temporelles du copyright avec l’intention évidente de prolonger artificiellement des monopoles légaux très rentables pour certaines entreprises (de 14 ans, on est passé à toute la vie de l’auteur plus 70 ans). La législation sur les brevets est si éloignée de son but officiel que sont apparue des compagnies « trolls » qui se consacrent uniquement à breveter des « inventions » et à toucher des royalties sans jamais rien produire ou, pour le dire d’une autre manière, à extorquer les entreprises qui, elles, produisent sur base de ces idées.
 
Il n’existe pas de « droit à la culture » et, partant, il est parfaitement légitime que les artistes emploient divers modes d’exclusion qui rendent plus difficile la copie – comme, en son temps, la Chapelle Sixtine conservait jalousement secrète la partition du Miserere d’Allegri, jusqu’à ce que Mozart reproduise cette œuvre de mémoire. Mais ils n’ont pas le droit de faire appel à l’État pour protéger leurs intérêts aux dépens de la liberté des consommateurs et taxant la vente de CD ou en poursuivant comme des criminels les usagers qui déchargent de la musique mise à disposition par d’autres sur Internet. Sans parler du fait que si nous devions payer pour tout ce que nous « copions » de manière routinière, nous serions ruinés à la fin de la journée.
 

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71 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 8 avril 2010 10:00

    Bonjour, Lucilio.

    Vous avez raison lorsque vous soulevez, exemples à l’appui, les incohérences qui existent de facto entre les idées protégées et celles qui ne le sont pas. Cela dit, je crois que le copyright est une nécessité pour permettre aux créatifs de vivre de leurs oeuvres. N’oublions pas que nombre d’artistes ne pouvaient créer autrefois que parce qu’ils bénéficiaent de la manne d’un protecteur, ce qui n’existe quasiment plus de nos jours.

    Un copyright dont la durée devrait toutefois être beaucoup plus limitée dans le temps avant de tomber dans le domaine public, et surtout ne plus concerner des héritiers qui n’ont joué aucun rôle dans la création. 


    • Lucilio Lucilio 8 avril 2010 10:21

      « ...le copyright est une nécessité pour permettre aux créatifs de vivre de leurs oeuvres... »

      L’histoire de l’art montre exactement le contraire : Molière, Bach, Shakespeare, Lope de Vega, Cervantes, Corneille, Mozart, Rubens, Haydn, Vivaldi, Goya et mille et mille autres ont parfaitement pu vivre de leur art. Que ce soit grâce à des mécènes soit en vendant leur oeuvres. Ainsi Haydn ne s’est jamais fait autant de thunes que lorsqu’il abandonna Esterhazy pour aller monter des concerts à Londres. Vivaldi a vu ses oeuvres copiées et imprimées par les éditeurs anversois sans jamais recevoir un balle, cela ne l’a pas empêché de pondre une oeuvre des plus prolifiques et en vivre. Aujourd’hui même, les artistes peuvent parfaitement vivre de leur art sans « droits d’auteur ». Les exemples ne manquent pas. Par contre, les maisons d’édition qui essaient de maintenir grâce à la force étatique leur business dépassé, ils ne méritent que de crever la bouche ouverte.

      Par contre, il est vrai, il n’existait pas ces « artistes » qui sont devenus multimillionnaires en gribouillant juste une mauvaise chansonnette. Ce qui donne un argument supplémentaire : il faut supprimer les « droits d’auteur » car ils noient les oeuvres de qualité sous des tonnes de merde.


      • Fergus Fergus 8 avril 2010 10:35

        Vous simplifiez beaucoup le problème, Lucilio. Car je le répète, la plupart des grands créateurs de l’histoire n’ont pas vécu de leurs oeuvres, mais de l’aide de protecteurs, de mécènes ou d’employeurs religieux.

        Prenons les grands compositeurs : Mozart a dû, à corps défendant, subir l’autorité rentable de Colloredo ; Vivaldi, que vous citez, était salarié de l’Ospedale della Pieta pour former (remarquablement) les jeunes orphelines ; Haendel n’a bien vécu à Londrs que grâce aux commandes de la Cour ; Bach, Telemann et Haydn ont été maîtres de chapelle fort bien rémunérés. Lully et Salieri n’auraient rien été sans leur souverain. Et nombre de compositeurs n’ont pu mener à bien leurs projets parce qu’ils n’avaient pas de mécène. Quant aux concerts, oui ils ont existé mais rarement rentables, et mis à part Haydn et Beethoven avant la période romantique, le revenu de l’édition était relativement limité.


      • Lucilio Lucilio 8 avril 2010 10:42

        « ...la plupart des grands créateurs de l’histoire n’ont pas vécu de leurs oeuvres, mais de l’aide de protecteurs, de mécènes ou d’employeurs religieux... »

        L’aide pure et simple, gratuite des mécènes était extrêmement rare ; la normalité, c’était que les artistes soit vendaient leurs oeuvres à ces mécènes, soit étaient subventionnés par ceux-ci en échange de la fourniture exclusive d’un certain nombre d’oeuvres, soit étaient des salariés (Vivaldi, Bach, etc.) qui créaient en échange d’un salaire. Donc, tous ces gens vivaient bien de leurs créations et de leur activité artistique.


      • Fergus Fergus 8 avril 2010 10:56

        Vous répétez à peu de choses près ce que je viens d’écrire. Nous sommes donc d’accord sur ce point. Mais, précisément, ces commandes d’état ou d’église ont très largement disparu et les créateurs modernes doivent trouver d’autres sources de revenus. En cela, je reste partisan de droits d’auteur limités dans le temps (et plus redistributifs vers les fonds de secours professionnels). Car tous les compositeurs ne bénéficient pas, ou rarement, de commandes de l’Ircam ou d’un orchestre national. Enfin, le fait que des auteurs de variétés touchent trop de fric grâce à ces droits d’auteur ne doit pas être préjudiciable aux autres, à ceux qui galèrent pour des oeuvres de qualité. D’où la nécessité, peut être, de mettre en place un système de redistribution par tranches à la manière de l’impôt sur le revenu pour aider la jeune création, les intermittents du spectacle et financer les retraites des artistes en difficulté.


      • brieli67 8 avril 2010 11:03

        autre exemple : Wagner avant la rencontre avec Loulou -Roi faisait danser les têtes couronnées de toute l’Europe
        Exilé à Paris en 1840, il gagnait sa vie en réorchestrant les opéras d’autres compositeurs, comme journaliste révolutionnaire aussi.


      • pingveno 8 avril 2010 16:02

        L’histoire de l’art montre exactement le contraire : Molière, Bach, Shakespeare, Lope de Vega, Cervantes, Corneille, Mozart, Rubens, Haydn, Vivaldi, Goya et mille et mille autres ont parfaitement pu vivre de leur art.

        Sans compter que Molière, quand il écrivait, s’inspirait en grande majorité des oeuvres de Plaute (en latin), elles-mêmes inspirées de divers auteurs grecs. Tout comme La Fontaine imitait Phèdre qui imitait Esope. Sera-ce encore possible quand les droits d’auteur seront étendus à plusieurs millénaires après la mort de l’auteur ?


      • brieli67 8 avril 2010 19:58

        La vaste blague 


        Cola du Phare Ouest
        Cola du Grand Ouest

        répondre à des acronymes sybillins _ que je connais pas ?
        Difficile Didier l’historien.

      • JL JL 8 avril 2010 10:40

        Lucilio, j’avais décidé de ne plus poster sur vos interventions, mais pas de lire. Je dois dire que celle-ci ne me laisse pas indifférent.

         Je crois qu’il y a plusieurs manières d’apréhender le problème. Tout d’abord, j’aimerais vous dire que la fable des abeilles, cette illustration de la main invisible et qui doit vous être chère, serait déjà beaucoup moins pertinente sans les droits de propriété, lesquels sont à mon avis, une forme d’appropriation de l’outil de travail. Passons.

        Vous écrivez : « Tout au long des deux derniers siècles, aux États-Unis, la tendance a été de prolonger les limites temporelles du copyright avec l’intention évidente de prolonger artificiellement des monopoles légaux très rentables pour certaines entreprises (de 14 ans, on est passé à toute la vie de l’auteur plus 70 ans »

        Et là je rebondis : en effet, il faudrait faire le contraire ! Il faudrait réduire progressivement les droits, et rapidement les supprimer. Ces droits aujourd’hui, font plus de mal que de bien et je prendrai l’exemple de Bigpharma et ses vaccins. Mais c’est un autre sujet.


        • JL JL 8 avril 2010 11:45

          « En france nous ne sommes plus libres de semer et cultiver les plantes que l’on choisit, et il est en plus fort probable que les semences que nous achetons et qui proviennent de ces grands groupes , sont , comme qui dirait, un peu trafiquées.... mais chut , il ne faut pas le dire ... » (Liebe, sur un autre fil, ce jour)

          Monsanto, les OGM, bon sang, mais c’est bien sûr !!!

          Lucilio se serait-il pris les pieds dans le tapis !

          Puisqu’on vous dit que le libéralisme est une non pensée ! Le néant de la réflexion. La bêtise logorrhéisée !


        • JL JL 8 avril 2010 11:46

          Caramba, encore raté !  smiley


        • finael finael 8 avril 2010 10:55

          « Le plagiat est à la base de toute littérature, excepté de la première qui, d’ailleurs, est inconnue »
          .......................................... Jean Giono


          • charles-edouard charles-edouard 8 avril 2010 12:26

            finael je vous remerçi pour cette citations de jean giono,qui en qelque mots nous fait comprendre les long discours ennuyeux de ces nouveaux intelos qui en sont encore à chercher de la poule ou l’oeuf qui étaient le premier


          • brieli67 8 avril 2010 11:12

            très classique

            « Ce que Lola veut, Lola l’obtient » (Whatever Lola wants, Lola gets).

            l’artiste http://fr.wikipedia.org/wiki/Lola_Montez savait y faire.


          • Fergus Fergus 8 avril 2010 11:15

            Bonjour, Léon.

            Exact.
            J’en profite pour préciser, concernant ce géant qua été Haydn, qu’il n’aurait eu ni cette carrière ni cette notoriété sans la protection du Prince Esterhazy.


          • Deneb Deneb 8 avril 2010 11:53

            Léon : pensez-vous que c’est avec l’aide de l’argent que l’expression de l’artiste devient plus sincère, plus autentique ? Je vous concède que l’argent peut contribuer à une perfection technique de l’oeuvre. Mais la perfection technique c’est juste le coté commercialisable. Un vrai amateur d’art à appris comment trouver les pépites dans le fumier.

            Le mecénnat n’a en aucun cas contribué à l’oeuvre elle-même, mais juste à sa diffusion. Avec Internet, y a-t-il encore nécessaire de financer la diffusion d’une oeuvre ?


          • Fergus Fergus 8 avril 2010 11:57

            Bonjour, Deneb.

            Allez donc créer quelque chose d’ambitieux lorsque vous rentrez épuisé intellectuellement de votre boulot !


          • Deneb Deneb 8 avril 2010 12:12

            Fergus : per aspera ad astra


          • faxtronic faxtronic 8 avril 2010 12:30

            tiens c est une bonne question. Qui a les droits d Homere ? Son chien ?


          • alberto alberto 8 avril 2010 12:42

            Oui, ou Argos, peut-être !


          • saint_sebastien saint_sebastien 8 avril 2010 11:13

            de la même manière , la propriété privée doit être abolie , la terre n’appartient à personne , pas plus que ce qui pousse dessus a été crée par l’homme.
            les brevets doivent eux aussi être abolis.


            • brieli67 8 avril 2010 11:32

              Il est tombé par terre, c’est la faute à Voltaire
              Le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Rousseau
              Si t’es pas libertaire, c’est la faute à Voltaire
              Tu es petit oiseau, c’est la faute à Rousseau
              Tu es petit oiseau, c’est la faute à Rousseau

              Voltaire sans Beaumarchais ?
              http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Augustin_Caron_de_Beaumarchais

              Dans De la Littérature industrielle, Sainte-Beuve présente l’action de Beaumarchais comme un tournant décisif de l’histoire de la littérature, car l’écrivain passe du statut de bénévole, de passionné ou de mendiant (dépendant de ses mécènes) à celui d’industriel et de gestionnaire : « Beaumarchais, le grand corrupteur, commença à spéculer avec génie sur les éditions et à combiner du Law dans l’écrivain ».

              sans copier que multiplier et diffuser sous droits d’auteur.
              http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyright
              les droits d’auteur c’est différent du copyright


              • foufouille foufouille 8 avril 2010 11:53

                pour une fois ..........
                on sort du liberalisme ?
                plus ou moins au debut


                • brieli67 8 avril 2010 11:56


                  « Free as in beer » vs « Free as in speech »http://www.wired.com/wired/archive/14.09/posts.html?pg=6

                  le gourou : Lawrence Lessig
                  http://fr.wikipedia.org/wiki/Lawrence_Lessig

                  sa présence sur le net :


                  • @distance @distance 8 avril 2010 11:57


                    ce qui est « marrant » avec les libéraux-libertariens, c’est qu’ils rejettent l’Etat mais ne refusent pas son argent ni d’éventuelles subventions comme toute association loi 1901 !
                    Leur publication
                    Contrepoints est une publication de liberaux.org, association loi 1901

                    pioché sur leur site libéral-libertarien :
                    Quelle est, pour eux, la langue de la liberté ? : l’ANGLAIS !!!
                    Ce terme désigne en général des mots qui ont inspiré les combattants de la liberté partout à travers l’histoire. Les exemples sont des œuvres de Bastiat, von Mises, Hayek, Jefferson, Friedman, et Rand. Aujourd’hui, la langue anglaise est également la langue de la liberté  :

                    si vous connaissez l’anglais, nous disent les libéraux-libertariens, vous avez plus de chances dans la vie, donc plus de liberté. Tous nos programmes sont dispensés en anglais ; leur propagande ici : http://www.languageofliberty.org/

                    Bourses et formations libérales à l’étranger, répertorions-les !
                    http://www.liberaux.org/index.php?showtopic=43889&pid=628879&st=20&#entry628879

                    enfin, connaissez-vous ALEPS ? pour pensée libérale d’inspiration misesienne :
                    association pour la liberté économique bla bla bla
                    d’après les statuts parus au Journal Officiel du 10 décembre 1966).

                    Le troisième alinéa explique que le Conseil d’administration se soit fixé, par la suite, pour but de promouvoir l’idée de la liberté économique, moteur du progrès social, son support étant le développement des droits de propriété, de la responsabilité et des libertés contractuelles nourrissant les processus de marché.
                    http://www.wikiberal.org/wiki/Association_pour_la_libert%C3%A9_%C3%A9conomique_et_le_progr%C3%A8s_social


                    bref, pour le libéralisme-libertarien (ou libertarianisme) :
                    - la propriété c’est sacré,
                    - toute forme de gouvernement est mauvais
                    - les capitalistes sont de nobles héros
                    - les ouvriers n’ont aucun droit particulier
                    - les opprimés méritent leur oppression

                    Le libertarianisme, c’est en fait avoir la moralité d’un gangster fanatique. C’est l’adoration des gens déjà riches et célèbres ; c’est privilégier l’argent et la propriété par-dessus tout le reste


                    • Emile Red Emile Red 8 avril 2010 14:30

                      Et oui, pas étonnant qu’ils aient toujours été aussi proche du fascisme, Madelin, ....Pinochet...
                      et toute la clique néocon et Chicago boys, en plus de notre sarkozie à nous.


                    • Biaise Biaise 8 avril 2010 12:14

                      Merci pour cet article au délicat fumet libriste (je fais référence à l’allégorie du paysan qui devrait pouvoir travailler sa terre de la manière qu’il le souhaite).
                      La culture aujourd’hui se doit de respecter les lois du marché et c’est inacceptable. Nous sommes des êtres humains, pas des machines à fric. Les éditeurs, les maisons de disque, ne respectent pas les artistes, ils les exploitent tout en les obligeant à corrompre leur art pour servir le marché.
                      Copier n’est pas voler, c’est partager, découvrir, répandre...
                      Avec la copie, seul vos gouts personnels dictent vos choix, pas la disponibilité, la publicité ou le prix.
                      Un musicien donne des concerts, ainsi il peut être rémunéré, c’est son travail. Et pour ceux préférant rester au chaud, ils peuvent fonctionner comme les logiciels libres, avec des dons.

                      Ah je vous invite à découvrir http://www.jamendo.com/fr/ !


                      • Deneb Deneb 8 avril 2010 12:28

                        Heureusement qu’ils ont remis le moinssage sur agoravox, depuis quelques temps les commentaires le plus moinssés sont largement les plus intéressants.



                        • Deneb Deneb 8 avril 2010 13:48

                          Brielly, merci pour ces liens extrêmement intéressants. Je vous moinsse, comme ça on verra tout de suite l’intérêt. Parce que les plussés sont tous des partisans de la culture du fric.

                          Désormais je moinsse les commentaires interéssants.



                          • Philippe D Philippe D 8 avril 2010 12:45

                            Copier n’est pas voler = Sucer n’est pas tromper.


                            • Philippe D Philippe D 9 avril 2010 09:18

                              Ah, vous aussi vous pensez comme ça ! smiley


                            • alberto alberto 8 avril 2010 12:57

                              Lucilio, bonjour,

                              Je suis pour une fois (un peu) d’accord avec le fond de ton article.
                              Je me suis déjà exprimé ici en plaisantant, que si les lois sur les droits d’auteurs avaient été en vigueur à l’époque, les utilisateurs de son théorème auraient dû pour chaque résolution de problème géométrique payer des droits à Pythagore ! (Idem pour Thalès et bien d’autres...)

                              Bon, mais il y aussi le problème du plagiat : c’est à dire s’approprier les textes ou invention de quelqu’un d’autre, du vol, quoi !

                              Maintenant aux juristes de travailler !

                              Mais pour le maintien post mortem des droits d’auteur d’accord avec toi.

                              Bien à toi.


                              • ZEN ZEN 8 avril 2010 13:19

                                Toute l’histoire de l’humanité est faite d’imitations
                                Il n’y aurait pas eu de civilisations sans ce principe, que ce soit en matière d’agriculture ou de métallurgie
                                Ce que l’on croit original est souvent le produit d’intériorisations-assimilations de pensées antérieures : il suffit de relire Montaigne pour le vérifier
                                Même quand il y a rupture(Galilée), c’est sur la base de savoirs assimilés (Copernic)
                                Rares sont les journalistes qui ne se plagient pas, avec ou sans originalité


                                • brieli67 8 avril 2010 13:26

                                  En Allemagne depuis le premier mars 2009
                                  http://mwk.baden-wuerttemberg.de/service/presse/pressemitteilungen/pressedetailseite/ar ticle/1712/75/c66bd42c5c/

                                  exclusion d’office de l’Université d’étudiants, de professeurs, d’auteurs si coupé_collé, plagiat

                                  toute publication, livres, articles rapport est passé à la moulinette de certaines officines ( y compris textes anglais et russes) pour obtenir cet agréément

                                  http://de.wikipedia.org/w/index.php?title=Datei:Erklärung_Plagiat.gif&filetimestamp=20070120122327

                                  COURS ET JEUX
                                  http://plagiat.htw-berlin.de/ff/inhalt


                                  • charles-edouard charles-edouard 8 avril 2010 13:28

                                    on ne mettra jamais de copyright sur la bêtise car elle fait parti du domaine public 


                                    • brieli67 8 avril 2010 20:02

                                      Il va s’en dire .....


                                      Charles-Edouard reste le seul, l’unique, 
                                      le chouchou de ta maman et de ta maîtresse. 

                                    • COVADONGA722 COVADONGA722 8 avril 2010 13:35

                                      yep lu me suis interréssé mais pas équipé pour avoir comme certain veinards une opinion definitivement tranchée. Sinon le texte m’a rappelé un chouette livre de w miller
                                      « un cantique pour leibowitz » transposition dans un futur post apocalyptique de moines copistes copiant le savoir de l humanité « les memorabilia » dans des bibliotheques forteresses cf « le nom de la rose » ? oui finallement copier peut etre sauver


                                      • patrice 8 avril 2010 14:05

                                        Lucilio, je ne partage pas ton opinion, car je comprends différemment le mécanisme de la propriété intellectuelle.
                                        Pour moi, le droit d’auteur, comme les brevets d’invention, sont des instruments de régulation économique au service du progrès, de l’autonomie des créateurs et inventeurs, et de la responsabilité individuelle.

                                        En effet, en octroyant des droits exclusifs à l’auteur, on permet à celui-ci de les monnayer.

                                        En outre, dans le cas du brevet, l’objectif est aussi d’inciter à la diffusion des idées, afin de permettre leur perfectionnement, et la « fertilisation croisée » : tous les systèmes de brevets imposent la publication intégrale et opérationnelle des principes protégés.

                                        Dans les deux cas, on a transformé des créations immatérielles « floues » en « objets juridiques » susceptibles de faire l’objet de transactions claires, et donc de faciliter les coopérations et les cessions pour augmenter la valeur en profitant de l’apport de chaque compétence, tout en incitant, et rendant visible et tangible les droits ainsi créés.

                                        Même le « copyleft » met en œuvre ces principes, car l’ « interdiction d’interdire » (et les autres obligations des licences GNU et équivalents) reposent aussi sur l’existence de droits au service de l’auteur initial.

                                        A noter encore que tout n’est pas brevetable, et que le champ du droit d’auteur est également délimité (Pythagore n’aurait eu aucun droit, car les idées sont de libre parcours, et les découvertes scientifiques exclues du champ de la brevetabilité)

                                        Ces mécanismes sont assez subtils. Il est difficile de prouver dans quelle mesure ils ont joué dans l’extraordinaire développement de l’innovation et de la société industrielle (il faudrait revivre les deux siècles écoulés sans ces lois pour le savoir..), mais on sent confusément qu’ils ont joué un rôle stimulant.

                                        J’ai encore la conviction que la propriété industrielle est au cœur de nos besoins de XXIe siècle, car c’est par l’innovation et la coopération industrielle et intellectuelle qu’on satisfera les besoins matériels (énergie, santé, communication, technologies vertes, .) et intellectuels (progrès de la connaissance, enseignements à distance, etc..), dans un cycle positif de croissance, d’emploi et de créativité efficace d’une part, et de dialogue des cultures d’autre part.

                                        Reste à adapter le mieux possible les moyens de la régulation aux besoins économiques du moment et aux développements technologiques et intellectuels eux-mêmes. Le débat est ouvert régulièrement, puisque les lois de PI sont révisées très fréquemment..

                                        Mais les principes restent à mon avis tout à fait pertinents.

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