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Accueil du site > Tribune Libre > Coquelicot dans la récolte...

Coquelicot dans la récolte...

Le thème de la femme-fleur parcourt la littérature : Ronsard a célébré la femme maintes fois, en l'assimilant à un bouquet de fleurs... On se souvient de l'ode à Cassandre : "Mignonne, allons voir si la rose... " Ronsard évoque la fragilité de la fleur, symbole du temps qui passe si vite et en profite pour lancer une invitation à l'amour. On retrouve ce motif dans une chanson d'Angelo Branduardi, intitulée Coquelicots dans la récolte.

Dans ce poème, la jeune fille est comparée à un bouquet éblouissant de fleurs sauvages, image de beauté, de grâce, de liberté, un bouquet à venir, rempli de promesses...
 
Le poème s'ouvre sur l'évocation de "chaudes nuits d'été", et sur une expression où l'on fait ce constat : "Tu as grandi", le tutoiement souligne une familiarité et en même temps, évoque l'univers de la jeunesse. Des désirs représentés par de "Grands Feux "ont commencé, alors, à naître : on peut voir, là, une allusion à l'adolescence.
 
Les champs sont transformés en "un lit couleur de joie", image pleine de sensualité... Le coquelicot deviendra bouquet prêt à être cueilli et la jeune fille pourra se mettre en quête de celui qui viendra ramasser le bouquet.
 
Le coquelicot, couleur de feu et d'amarante représente bien, ici, le désir amoureux : les sonorités éclatantes de la consonne gutturale "k" traduisent la violence du désir qui se révèle.
 
Les danses, les farandoles de séduction se mettent en place... L'image des feux associés à l'amour revient, pour signifier la force de l'ardeur qui naît...
 
L'adjectif "curieuse" , le verbe "chercher" utilisés dans le refrain soulignent bien la quête amoureuse.
 
La jeune fille est comparée à une "branche", "la plus belle" que l'on essaie d'atteindre, puis à une "pomme nouvelle", symbole du désir et de la fragilité, une pomme destinée à être croquée et "mordue".
 
Voilà le coquelicot dans la récolte, prêt à être cueilli : la fleur, image même de la fragilité, du désir flamboyant symbolise, à merveille, cet âge où le désir fleurit, où l'adolescence se fait jour et connaît de nouveaux émois.
 
Le poème met bien en évidence la quête du désir amoureux mais aussi ses dangers et ses difficultés : la "pomme mordue" suggère, peut-être, une forme de blessure.
 
La mélodie à la fois douce et lancinante nous fait percevoir toute l'ambivalence de l'amour : quête et douleurs sont associées. 
 
On trouve dans ce poème tout un art de la suggestion et, en même temps, une grande force d'évocation dans les images.
 
La mélodie, légère, douce correspond bien à ce monde de l'adolescence si fragile...

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/article-coquelicot-dans-la-recolte-123370928.html

 

Vidéo :
 


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18 réactions à cet article    


  • JL JL 6 novembre 11:27

    Merci pour ce lien vers cette belle vidéo.

     

     Nous voulons des coquelicots


    • rosemar rosemar 6 novembre 18:52

      @JL

      MERCI pour ce lien utile... une association à connaître...


    • rogal 6 novembre 11:50

      Très beau.

      Mais nous ne voulons pas de kokelikots.


      • troletbuse troletbuse 6 novembre 12:17

        Sue les routes de campagne, vous trouverez des coquelicots dans les champs de blé mais uniquement sur une bande de un ou deux mètres le long de la route. Ils sont gentils nos cul-terreux d’en laisser pour les promeneurs. Mais non, si il pouvait arroser des herbicides sur la route, ils le feraient


        • phan 6 novembre 13:00
          Le port du coquelicot commémoratif (poppy) est fortement conseillé au Royaume-Uni surtout dans les clubs de foot : 
          Le Serbe Nemanja Matic (Manchester United) ne veux pas le porter.
          L’ Irlandais James McLean (Stoke) a refusé de le porter lors du match contre Middlesbrough.

          • rosemar rosemar 6 novembre 18:56

            @phan

            Oh non ! Assez de foot !


          • phan 7 novembre 08:08

            @rosemar
            Pourquoi écrire un article sur la fleur mémorielle des Britanniques, admirez la fleur mémorielle française : le bleuet et l’hymne du Bleuet de France



            Tandis que l’étoile inodore 
            Que l’été mêle aux blonds épis 
            Emaille de son bleu lapis 
            Les sillons que la moisson dore, 
            Avant que, de fleurs dépeuplés, 
            Les champs aient subi les faucilles, 
            Allez, allez, ô jeunes filles, 
            Cueillir des bleuets dans les blés !

            Entre les villes andalouses, 
            Il n’en est pas qui sous le ciel 
            S’étende mieux que Peñafiel 
            Sur les gerbes et les pelouses, 
            Pas qui dans ses murs crénelés 
            Lève de plus fières bastilles... 
            Allez, allez, ô jeunes filles, 
            Cueillir des bleuets dans les blés !

            Il n’est pas de cité chrétienne, 
            Pas de monastère à beffroi, 
            Chez le Saint-Père et chez le Roi, 
            Où, vers la Saint-Ambroise, il vienne 
            Plus de bons pèlerins hâlés, 
            Portant bourdon, gourde et coquilles... 
            Allez, allez, ô jeunes filles, 
            Cueillir des bleuets dans les blés !

            Dans nul pays, les jeunes femmes, 
            Les soirs, lorsque l’on danse en rond, 
            N’ont plus de roses sur le front, 
            Et n’ont dans le cœur plus de flammes ; 
            Jamais plus vifs et plus voilés 
            Regards n’ont lui sous les mantilles... 
            Allez, allez, ô jeunes filles, 
            Cueillir des bleuets dans les blés !

            La perle de l’Andalousie, 
            Alice, était de Peñafiel, 
            Alice qu’en faisant son miel 
            Pour fleur une abeille eût choisie. 
            Ces jours, hélas ! sont envolés ! 
            On la citait dans les familles... 
            Allez, allez, ô jeunes filles, 
            Cueillir des bleuets dans les blés !

            Un étranger vint dans la ville, 
            Jeune, et parlant avec dédain. 
            Etait-ce un maure grenadin ? 
            Un de Murcie ou de Séville ? 
            Venait-il des bords désolés 
            Où Tunis a ses escadrilles ?... 
            Allez, allez, ô jeunes filles, 
            Cueillir des bleuets dans les blés !

            On ne savait. – La pauvre Alice 
            En fut aimée, et puis l’aima. 
            Le doux vallon du Xarama 
            De leur doux péché fut complice. 
            Le soir, sous les cieux étoilés, 
            Tous deux erraient par les charmilles... 
            Allez, allez, ô jeunes filles, 
            Cueillir des bleuets dans les blés !

            La ville était lointaine et sombre ; 
            Et la lune, douce aux amours, 
            Se levant derrière les tours 
            Et les clochers perdus dans l’ombre, 
            Des édifices dentelés 
            Découpait en noir les aiguilles... 
            Allez, allez, ô jeunes filles, 
            Cueillir des bleuets dans les blés !

            Cependant, d’Alice jalouses, 
            En rêvant au bel étranger, 
            Sous l’arbre à soie et l’oranger 
            Dansaient les brunes andalouses ; 
            Les cors, aux guitares mêlés, 
            Animaient les joyeux quadrilles... 
            Allez, allez, ô jeunes filles, 
            Cueillir des bleuets dans les blés !

            L’oiseau dort dans le lit de mousse 
            Que déjà menace l’autour ; 
            Ainsi dormait dans son amour 
            Alice confiante et douce. 
            Le jeune homme aux cheveux bouclés, 
            C’était don Juan, roi des Castilles... 
            Allez, allez, ô jeunes filles, 
            Cueillir des bleuets dans les blés !

            Or c’est péril qu’aimer un prince. 
            Un jour, sur un noir palefroi 
            On la jeta de par le roi ; 
            On l’arracha de la province ; 
            Un cloître sur ses jours troublés 
            De par le roi ferma ses grilles... 
            Allez, allez, ô jeunes filles, 
            Cueillir des bleuets dans les blés !
                                              Le 13 avril 1828.

            PS : Les « Bleuets » ont été sacrés, en 2016, champions d’Europe après leur victoire contre l’Italie (4-0)

          • rosemar rosemar 7 novembre 09:26

            @phan

            MERCI pour ce rappel du bleuet de France, pour la jolie vidéo et le poème...

            http://rosemar.over-blog.com/article-bleu-de-gentiane-123447577.html


          • covadonga*722 covadonga*722 6 novembre 13:54

            yep , il en est des femmes et des fleurs comme du reste , il est bon de garder a l’esprit que le poison se dissimule sous bien des attraits .

            Le pré est vénéneux mais joli en automne 
            Les vaches y paissant 
            Lentement s’empoisonnent 
            Les colchiques couleur de cerne et de lilas 
            Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là 
            Violâtres comme leur cerne et comme cet automne 
            Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne

            G Apollinaire 


            • VICTOR Ayoli VICTOR Ayoli 6 novembre 14:00

              Un texte plein de finesse et poésie. Bien Branduardi. J’aime bien Mouloudji aussi « Comme un p’tit coquelicot ».

              Il parait que « coquelicot » vient de « cocorico », rappelant la crête rouge, la fierté du coq, son désir immodéré d’honorer les galines !


              • rogal 6 novembre 17:18

                rosemar, permettez que nous vous présentions VICTOR, coq d’élite.




                • rosemar rosemar 6 novembre 18:55

                  @troletbuse

                  MERCI : une autre magnifique chanson...



                  • rosemar rosemar 6 novembre 18:58

                    @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                    MERCI pour ce lien : une belle rose...


                  • Les fleurs sont comme les mots, les paroles, le chant du coq au matin. Ils s’échappent pour être recueillis, liés, reliés et offert comme l’odeur du vin en un bouquet infini. 


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