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#Coronavirus : La mondialisation néolibérale en quarantaine ! par Georges Gastaud

A l’heure maastrichtienne de l’“économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée” et où toute défense de l’idée de frontières vous classe aussitôt parmi les ringards xénophobes, la cascade de quarantaines qu’entraîne la lutte contre le Coronavirus fait figure de rappel sinistre à la réalité.

 

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Non, il n’est pas vrai que l’être, que la matière, que la société et l’histoire soient parfaitement fluides et continus : de même que l’espace fluide de la géométrie euclidienne est scandé par des entités physiques discrètes, atomes ou particules, voire “boucles” de la théorie quantique à boucles, de même que l’évolution biologique est rythmée par des sauts qualitatifs et des révolutions, de même la nature sociale est à la fois une et discrète, composée qu’elle est d’une multitude de peuples, segmentés et distribués en langues et en cultures diverses. Tant pis pour les utopistes totalitaires du Grand Marché capitaliste mondial unifié et intégralement “dé-segmenté”… 

De même n’est- il écrit nulle part que l’état fluide, liquide ou gazeux, dans lequel les corps perdent à la fois leur singularité, leur solidité et donc, leurs solidarités construites, seraient meilleurs en eux-mêmes que l’affirmation de parties délimitées s’articulant entre elles et formant des corps composés, organismes, nations et autres classes sociales internationalisées.

A qui, à quelles classes profite telle ou telle forme de fluidité et/ou de discontinuité de l’espace social ? Telle est la vraie question !

Quoi qu’il en soit, le déni de réalité n’a jamais changé en profondeur la nature des choses. La chute du Mur de Berlin a – malheureusement pour l’humanité – balayé la première expérience socialiste de l’histoire, mais se sont aussitôt disséminés une multitude de murs séparant odieusement le monde des dominants du monde dominé, Palestiniens séparés des Israéliens, Latinos bloqués à la frontière texane, migrants africains refusés par la belle Europe et voués à la noyade en Méditerranée.

Brutalement, les prédations d’un virus asiatique venu de l’ “atelier du monde” viennent rappeler que les “quatre libertés” absolutisées par le Traité de Maastricht -libre circulation des capitaux, de la main d’oeuvre, des nouvelles et des marchandises- sont en réalité une menace pour l’humanité quand elles ne sont pas pour le moins encadrées par la coopération d’États libres et souverains, si possible socialistes, planifiant rationnellement leurs échanges dans l’intérêt de TOUS les humains.

https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/la-mondialisation-neoliberale-en-quarantaine-par-georges-gastaud/


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11 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 28 février 08:59

    C’est le carême, les quarante jours qui précèdent Pâques. Diète.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 28 février 09:01

      Lire : la Société liquide de Zygmunt Baumann.


      • JL JL 28 février 09:26

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
         Bonne référence.
         
        « ..Le Nouvel Ordre Mondial...a précisément besoin d’États faibles pour se maintenir et se reproduire. Les États faibles, les quasi-Etats, peuvent être facilement réduits au rôle (indispensable) de commissariat de police local, assurant le minimum d’ordre nécessaire pour la conduite des affaires, sans qu’on puisse craindre qu’ils viennent interférer dans la liberté de manœuvre des compagnies mondiales...il devient de plus en plus difficile, et peut-être même impossible, de réinscrire les questions sociales comme horizon d’une action collective réelle... » (Zygmunt Bauman)


      • JL JL 28 février 13:19

        Le traitement médiatique de « la crise du corona-virus » ressemble à une (ré-)affirmation de l’importance des États nations et des frontières.
         
         Les maîtres du NWO mènent une existence tellement hors sol, et leurs sous-fifres sont si bêtes, que c’est peut-être ce qu’ils ont trouvé pour répondre à la grogne montante et de plus en plus incontrôlable des peuples soumis à la potion néolibérale. En même temps, ça correspond à un tournant dans la pensée libérale qui comprend que l’État doit être au service de la marchandisation du monde et, dans le cadre du marché, du capital contre le travail puisque le travail n’est qu’une matière première au service du marché.

         
         « , la caractéristique du néolibéralisme, c’est qu’on a, au niveau mondial, un mode de gestion du capitalisme qui s’appuie sur un État au service du capital contre le travail. On peut ainsi définir le néolibéralisme non pas uniquement comme un ensemble de théories, ou comme une théorie cohérente, mais plutôt comme un mode de gestion du capitalisme, comme un paradigme dominant qui trouve dans chaque économie particulière un mode d’inscription propre, mais qui relie l’ensemble des capitalismes nationaux entre eux dans un même ensemble. » Romaric Godin


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 28 février 14:20

        @JL Le traitement du coronavirus par les médias est très opaque. Ce n’est pas le nombre de morts qui font dévisser les bourses, mais l’inconnu, l’irrationnel. Ne nous donnons pas l’espoir que le néo-libéralisme se casse enfin la figure. Nous risquerions encore d’être déçus.


      • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 28 février 09:31

        Sauf que vous avez omis de dire que le virus a commencé a gambader joyeusement en Chine dans un pays où :

        La libre circulation des capitaux n’existe pas

        La libre circulation de la main d’oeuvre n’existe pas (allez essayez de travailler en Chine, ou simplement regardez le système de score social qui vous permet ou non de voyager à l’intérieur de la Chine)

        La libre circulation des nouvelles n’existe pas (Uniquement les médias d’état, le grand firewall de Chine)

        La libre circulation des marchandises n’existe pas (essayez d’exporter en Chine)

        ...planifiant rationnellement leurs échanges dans l’intérêt de TOUS les humains.

        Le raisonnement rationnel planifié du communisme historique à toujours tragiquement mené à la même conclusion : comment l’apparatchik moyen va-t-il bien pouvoir sauver ses fesses dans ce fiasco ? Car il est trop dur de remettre en cause la savante planification et c’est bien de cela que le virus s’est nourri (La série Tchernobyl illustre parfaitement ce point)

        Et ne m’accusez pas d’être un libéral mondialiste... Je dis juste que les deux systèmes sont comparablement pourris malgré leurs spécificités.


        • rita rita 28 février 10:56

          Le capitalisme effréné des patrons en voulant une mondialisation du commerce est stupide et montre aujourd’hui ses limites !

          C’est un petit virus qui le démontre !


          • Léon 28 février 11:33

            Vous y croyez vraiment à ce virus qui a touché 50000 Chinois sur 1200000000, etc ?

            Plutôt inventé comme prétexte à l’effondrement des marchés, le réel pour cause de surproduction, le spéculatif pour cause d’abus


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 28 février 14:23

              Quand Oedipe eut découvert la vérité sur ses actes, la peste se déclara à Thèbes. 


              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 28 février 14:34

                Le néo-libéralisme est une sorte de schizophrénie. Il vient d’on ne sait où et va n’importe où. Il n’a pas d’histoire, d’origine, c’est juste un flux asexué et morcelé. Voici ce que Guattari disait du schizophrène : le schizophrène n’est pas homme ou femme, mais précisément il est des deux côtés, homme du côté des hommes et, femme du côté des femmes. Le schizophrène est mort ou vivant, non pas les deux à la fois, mais chacun des deux au terme d’une distance qu’il survole en glissant. Il est enfant ou parent, non pas l’un et l’autre, mais l’un au bout de l’autre comme les deux bouts d’un bâton. Dans un espace indécomposable. Il n’est pas simplement bisexué, ni entre les deux, mais transexué. Il est transvimort, transparenfant.


                • ribouldingue ribouldingue 29 février 00:12

                  Nous sommes face à la triste réalité de la doctrine libérale, qui n’a qu’une seule vision de l’existence humaine, qui par ce virus, dévoile ce monstre qu’est le système libéral, mettant en lumière son vrai visage et sa pensée unique. Depuis l’ère Thatcher/Reagan et l’entrée dans la 3ème mondialisation, les chacals ont remis au goût du jour l’avant crise de 29. Les peuples européens par le traité de Maastricht se sont laissés voler leur identité et leur souveraineté. Nous assistons aujourd’hui, penauds, les bras ballants, une nouvelle fois au déclin de ce modèle de société éphémère égoïste individualiste qui se terminera inéluctablement en eau de boudin avant de refaire les mêmes erreurs dans un sempiternel recommencement qui perdure depuis la nuit des temps à l’instant même que dans l’esprit fruste du chasseur du Paléolithique, déjà, a dû germer l’idée qu’il est préférable d’avoir deux morceaux de viande plutôt qu’un seul. Et c’est l’idée fondatrice du capitalisme : l’abondance des biens est souhaitable. Le monde a changé de visage, mais la pensée du capitalisme, elle, est restée identique et n’a pas pris une ride : ou tu marches ou tu crèves.

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