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Danse macabre

Non seulement le projet de l’économie globalisée n’est pas de construire, mais les profits escomptés et réalisés à travers ce projet s’accompagnent d’une destruction irréversible des vraies richesses de la planète. Le pouvoir illimité de cannibaliser, de polluer et de dégrader l'écosystème est nourri par une soif insatiable d’opulence et de pouvoir. Les guerres sont sacralisées et célébrées. L'intelligence, l'empathie et le bien commun sont bannis. L'amnésie historique gomme le passé, le présent et l’avenir. Les laissés pour compte considérés comme improductifs sont mis au rebut, abandonnés dans la rue ou enfermés dans des établissements psycho-carcéraux saturés.

Le cimetière des empires mondiaux (Sumer, Egypte, Grèce, Rome, Mayas,Khmers, Ottomans, Austro-hongrois) est rempli d’exemples qui ont suivi la même trajectoire d'effondrement moral et matériel. Dans tous les empires, les derniers dirigeants sont des psychopathes, des déviants narcissiques, comme Akhenaton, Néron, l’archiduc François-Ferdinand, à la tête d’un système socio-économique dégradé et épuisé, concentré entre les mains d'élites corrompues, une classe dirigeante de prêtres/communicants, de courtisans, de mandarins, d’eunuques, de guerriers professionnels, de spéculateurs financiers qui épuisent la moelle de la société.

Les mécanismes bureaucratiques complexes qui sont créés par les empires finissent par les condamner. La différence est qu’une économie « globale » provoquera un effondrement « global ». La mondialisation va se désintégrer dans son ensemble.

Les empires en déclin, malgré les signes de décadence visibles, restent attachés à la nostalgie de leur « grandeur ». Mais c’est justement l’illusion d’une restauration possible de leur suprématie perdue qui les condamne. Leurs dirigeants ne sont formés que pour servir le système, vénérant les anciens dieux, même si ces dieux exigent des millions de victimes sacrificielles. Ils ne connaissent pas d’alternative, comme l’avait proclamé Margaret Thatcher dans son fameux « TINA ».

Même s’ils se gargarisent du mot « réforme » sans en préciser l’orientation ni la destination, les technocrates en charge de nos destinées ne préconisent en fait aucune innovation. Ce sont des chiens pavloviens qui salivent devant des piles d'argent. Ils sont programmés et conditionnés pour voler les pauvres et piller les caisses des états. Leur obsession pour l'enrichissement les pousse à démanteler n'importe quelle institution ou à abolir toute loi ou réglementation qui entrave leur cupidité, sans évaluation des proportions ni de l'échelle des dégâts. Une fois tous les obstacles levés, le « capital globalisé »est impitoyable envers les êtres humains et la nature pour en tirer des profits jusqu'à épuisement ou effondrement. Et dans les précédents historiques déjà cités, quand arrivent les derniers instants, les structures sophistiquées du pouvoir semblent s'effondrer du jour au lendemain.

Pour Freud, deux principes conduisent les sociétés et les individus qui les composent :

  • l'un est l'instinct de vie, Eros, la quête d'aimer, de nourrir, de protéger et de préserver. 
  • l’autre est l'instinct de mort, Thanatos, animé par la peur, la haine et la violence, cherchant la dissolution de tous les êtres vivants. 

L'une de ces deux forces est toujours ascendante et prend le pas sur l’autre. Les sociétés en déclin embrassent avec ferveur l'instinct de mort, a-t-il observé dans « Malaise dans la civilisation (1930) », un texte écrit à la veille de la montée du fascisme européen et de la Seconde Guerre mondiale : "C'est dans le sadisme, quand l'instinct de mort détourne le but érotique dans son propre sens et en même temps satisfait pleinement l'envie érotique, que nous percevons le plus clairement sa nature et sa relation avec Eros. Mais même là où il émerge sans aucun but sexuel, dans la fureur la plus aveugle de la volonté de destruction, nous ne pouvons manquer de reconnaître que la satisfaction de l'instinct de mort s'accompagne d'un degré extraordinaire de jouissance narcissique, parce qu'il donne une image positive de l’ego et semble satisfaire sa volonté de puissance. "

A ses débuts, l’attrait de Tanatos n’est pas morbide. Il est même excitant et séduisant. Une fureur mue par l'adrénaline pousse les dirigeants d’un système perverti à détruire comme pour le plaisir tout ce qui se présente, êtres vivants et monuments. Ils évoluent dans l’univers des illusions qu’ils se sont eux-mêmes fabriquées et dans un état d'hypnose auto-induite. Ils recherchent une euphorie et une justification dans leurs actes de violence et de destruction. Sans le savoir, ils accélèrent leur propre immolation tout en proclamant la résurgence du paradis perdu. Les imposteurs et les larbins de la mort nous attirent dans l'abîme.


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1 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 1er janvier 2018 15:51

    Non seulement le projet de l’économie globalisée n’est pas de construire, mais les profits escomptés et réalisés à travers ce projet s’accompagnent d’une destruction irréversible des vraies richesses de la planète.....


    ça correspond bien a l’image de la COP 21 .... Les 21 copains comme cochons rivalisent d’ingéniosité pour dévaster la planète ....

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