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Accueil du site > Tribune Libre > De 1999 à 2009, 10 ans déjà

De 1999 à 2009, 10 ans déjà

L’honnêteté intellectuelle engage à assumer la responsabilité de ses actes.

Qui se souvient de ce qu’il pensait il y a dix ans, qui se souvient avoir ainsi fait le lit de notre président.

 Voilà ce que pensaient les français en 1999 dans une enquête CCA. 

« Dans la vie de tous les jours les Français disent compter sur leur famille et amis pour 82%, sur eux-mêmes 68%, tandis que seulement 2% accordent leur confiance aux partis politiques. 

Dans le même temps les Français attendent de l’État qu’il agisse moins pour l’ensemble de la collectivité, mais qu’il prenne en compte la singularité de chaque citoyen.

Pourtant ils attendent de l’Entreprise, considération, restauration de liens sociaux par la convivialité et qu’elle invente des solutions aux problèmes contemporains.

Une manière comme une autre de dire que les Français attendent tout d’eux même, sauf de leur propre organisation politique (gestion de la cité, du pays) dans laquelle pourtant ils peuvent exercer leur responsabilité de citoyen.

En toute ignorance ils se prononcent contre le principe démocratique, car la démocratie c’est le parti, ce n’est pas le choix électif de son tyran. 

Ils ne s’investissent pas dans les structures politiques faites pour leur permettre d’exprimer leurs responsabilités d’acteurs décisionnaires et gestionnaires de la cité et de la nation ; structures dans lesquelles, justement, ils pourraient définir leurs conceptions de la liberté et de l’autonomie et satisfaire leurs attentes.

Cependant ils attendent tout de ce qui les « aliène », l’Entreprise, dont ils retirent un sentiment d’autonomie par la double capacité de production/consommation qu’elle leur fournit, et à laquelle les prépare essentiellement le système éducatif.

Ils espèrent que la satisfaction de leurs attentes viendra de la structure productrice qu’est l’Entreprise, dont l’objectif historique affiché, n’est pas de fixer un projet de société, mais d’exploiter au mieux la capacité de travail des individus pour enrichir quelques-uns uns d’entre eux.

Entreprise, dont ce qui paraît être le caractère social, n’est que la nécessité pour elle de devoir redistribuer par obligation (conflits) une part de la richesse collectée afin de préserver ses propres attentes monopolistiques au travers d’une organisation concurrentielle débridée.

Cela dans un cadre général ou l’attente des Français évolue vers une société de loisirs et hédoniste permise par le système libéral qui nécessite une réduction du temps de travail et des choix qualitatifs. Tandis que l’Entreprise, pour des raisons concurrentielles, réclame un allongement de ce même temps de travail, et dénie les conséquences positives du succès du système libéral (Locke), et soutenu par une l’idéologie néolibérale elle impose une restriction au travers de la circulation des masses financières dans un marché où elle trouve que les exigences qu’elle a suscitées sont trop élevées (poids des non actifs et des exclus trop lourd, demande de soins exponentiels, tendance écologique).

Ainsi, curieusement les Français n’ont pas d’espérance dans leurs structures démocratiques qu’ils ressentent comme inadaptées à leurs attentes, alors qu’elles sont le symbole d’une liberté acquise historiquement sur le monachisme, l’impérialisme, le totalitarisme, et ils mettent leurs espoirs dans une structure économique qui est le symbole du pouvoir autoritaire, du fait du prince, que donne le droit de propriété du possédant sur les autres individus.

Ils délaissent ainsi l’exercice d’un pouvoir démocratique pour confier leur attente à un pouvoir totalitaire

On peut donc penser que ce paradoxe est la reconnaissance de l’obligation de trouver une forme de Démocratie de l’Entreprise, au sein de laquelle se forge aussi le destin et l’avenir de chacun. Alors que le pouvoir politique (qui est le leur) paraît loin de leurs intérêts quotidiens et n’est pas en mesure de leur fournir un tableau clair et optimiste.

Depuis lors donc depuis dix ans le pouvoir fort de cette étude, c’est mis à l’œuvre, nous avons vu apparaître le souci de proximité de certains politiques, le souci d’être proche du quotidien des citoyens dans leurs soucis de sécurité. La force publique pour les soucis personnels et l’entreprise pour les soucis de ressources.

Nous avons donc vu nos acteurs politiques jongler avec ces deux thèmes sécurité et emploi, nous assurer que l’augmentation des sanctions dissoudrait les méfaits et que la gestion de l’état comme une entreprise solutionnerai les problèmes de ressources et d’emplois. 

Alors dix ans après que pouvons nous penser de nos choix.

 

Est-ce que vous avez trouvé que l’entreprise s’étaient bien occupé de Nous et qu’elle a bien inventé des solutions aux problèmes contemporains, en réduisant les salaires, les charges sociales (sécu), les délocalisations, la précarité, l’augmentation du chômage, avec une crise financière, avec des salaires de PDG des grands groupes mirobolant pour ne parler que d’eux. 

Faut-il gérer l’Etat comme une entreprise. 

Est-ce que Nous trouvons que l’état s’était bien occupé de Nous personnellement, a-t-il bien pris en compte la singularité de chaque citoyen.

Est-ce que, le pédophile, le criminel, le délinquant, le terroriste, le fou du volant, les drames collectifs ou personnels, les catastrophes naturelles, la vaccination, ont amélioré Notre quotidien, arrondi Nos fins de mois. Nous sentons-Nous plus riche ou le dindon de la farce. 

A priori compter sur les amis (82%), , et nous-même (68%) n’ont pas suffi, vu le résultat de ces dix ans qui viennent de se terminer sur le triomphe des marchands à Copenhague.

 

Alors tirerons Nous la leçon de notre médiocrité, continuerons nous à croire aux vertus du mythe de l’individualisme, du narcissisme de l’être, des vertus économiques de l’amitié. 

Durant tous ces ans nous avons fait fi des partis politiques, même nous les avons galvaudés, nous avons dénigré les syndicats, nous avons dénigré la solidarité au bénéfice de la charité, nous avons rejeté tout ce qui représentait le poids de la vie en collectivité en croyant au leurre de notre président, le Zorro communiquant 

Alors à qui doit on renvoyer cet échec, au président, aux partis, aux élites, aux syndicats.

Le résultat d’aujourd’hui n’est il pas le produit de Nos choix de hier. Est-ce honteux de le reconnaître ou est-ce un moyen pour ne pas recommencer.

Croire que la démocratie est élire un chef d’entreprise à la tête de son pays est une erreur que nous paierons de notre liberté, croire que les dissonances sont un désordre est s’assurer l’ordre d’un tyran.

Par défiance et ignorance citoyenne nous nous sommes dotés des deux en moins de dix ans.

Bon anniversaire.


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3 réactions à cet article    


  • ddacoudre ddacoudre 23 décembre 2009 23:29

    bonjour chante clair

    comme tu le dis, et le Vers seing j’ai t-haut risque européen de Lisbonne n’arrange pas les choses.

    cordialement.


    • aye 24 décembre 2009 11:28

      La situation ressemble de plus en plus aux années qui ont précédé la guerre mondiale 39 /45.
      Il n’y a rien à faire pour éveiller les consciences .
      A croire que c’est inéluctable.

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