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Accueil du site > Tribune Libre > De l’arithmétique électorale

 De l’arithmétique électorale

C’est une évidence : jamais encore les combinaisons électorales n’ont été aussi multiples, aussi ouvertes que pour ce premier tour des présidentielles. Mais quelle sera la légitimité démocratique de celui qui en sortira vainqueur ?

 Qu’il était simple le temps où la vie politique française et ses échéances électorales se ramenaient à un affrontement droite-gauche ! Certes, de septennat en quinquennat, l’alternance espérée n’était pas toujours au rendez-vous. Mais, au moins, cette polarisation était claire pour les électeurs, même au risque de tomber dans la monotonie. Ce système bipartite, qui a prévalu depuis la création de la Cinquième République, n’est manifestement plus à l’ordre du jour. Ce n’est plus deux mais quatre propositions bien distinctes qui se précisent à l’orée du premier tour de ces présidentielles : l’extrême droite, la droite libérale, la gauche libérale et la gauche populiste. Quatre visions de la société française et de son devenir qui sont maintenant au coude à coude dans les sondages. Et si la prudence exige de ne pas prendre pour argent comptant les pourcentages affichés, force est quand même de constater que rien n’est vraiment joué. Ainsi, la perspective d’un duel Macron-Le Pen au second tour – le favori des pronostiqueurs de la vie publique – est plus que jamais une hypothèse. Tout autant, d’ailleurs, que celui opposant Fillon à Le Pen. Et si au soir du 23 avril, c’était la combinaison Fillon-Mélenchon qui sortait ? Ou Mélenchon-Le Pen, ou Fillon-Macron ? Aucune de ces possibilités n’est à exclure désormais.

A vrai dire, le problème n’est pas là. Le vrai problème, au-delà des surprises du premier tour, c’est de savoir comment s’effectuera l’incontournable report des voix au second. C’est de savoir si le consensus républicain tant de fois agité sera observé par les électeurs qui verront chuter leur champion le 23 avril prochain. Car ce qui était à peu près acquis dans un schéma triangulaire (gauche-droite-extrême-droite) est devenu plus incertain dans le cadre quadripartite qui est celui de ces élections. Imagine-t-on les partisans de François Fillon donner mécaniquement leurs voix à Emmanuel Macron s’il affrontait Marine Le Pen le 7 mai ? Bien sûr que non ! Et encore moins si c’était Jean-Luc Mélenchon qui lui était opposé. Ou, à l’inverse, que les supporteurs du leader de la France Insoumise voteraient comme un seul homme pour l’ultra-libéral député sarthois s’il se colletait, au second tour, à la présidente du Front National ?

Que signifie tout cela au bout du compte ? Que le vainqueur de cette présidentielle risque fort d’avoir une légitimité électorale encore plus réduite que celle de ses récents prédécesseurs à l’Elysée. Il sera moins que jamais le président de tous les Français. Et, dans ces conditions, il lui sera difficile d’obtenir une majorité à l’Assemblée Nationale pour gouverner sereinement, c'est-à-dire sans recourir à l’arbitraire républicain des ordonnances et du 49-3. N’en déplaise à Jacques Chirac, cette élection présidentielle ne sera pas celle d’une personnalité mais bien celle d’une arithmétique électorale.    

 

                       Jacques LUCCHESI


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2 réactions à cet article    


  • Martha 19 avril 2017 11:09


    @Lucchesi jacques :

     Le titre de votre texte me paraît étonnant : « l’arithmétique électorale »

     Vous dites : « Quelle sera la légitimité démocratique de celui qui en sortira vainqueur » et plus loin : « Car ce qui était à peu près acquis dans un schéma triangulaire (gauche - droite - extrême droite) est devenu incertain dans le cadre quadripartite qui est celui de ces élections. »

     Savez-vous compter ? Il y a 11 candidats, tous égaux devant la loi.
     Vous retardez de cinq ans. Ce 23 avril 2017, il y a 10 candidats qui sont, eux, resté dans le débat habituel, qui n’a plus aucun sens dans le cadre de l’application du traité de Lisbonne que nous subissons depuis 2008 et qu’ils s’apprêtent à nous faire subir une fois de plus pour cinq ans et plus.

     Et un autre qui veut rassembler les Français pour qu’ils se libèrent, par le vote de dimanche prochain, de la triple vassalisation qu’ils subissent depuis 10 ans, sans que nos médias n’en parlent jamais, de la part de la Commission Européenne, de la BCE et de l’OTAN.

     => C’est cela le vrai en jeu de ce premier tour des Présidentielles 2017 et il est évident, en plus, que le candidat à cette Présidentielle qui fait cette proposition nouvelle est le plus clairvoyant et le plus apte à nous gouverner. C’est lui qui a porté le débat au niveau où il doit se tenir*, en toute sincérité : tous ses entretiens médiatiques, au cours de cette campagne électorale en ont fait la démonstration.**

     L’arithmétique électorale pour ce premier tour est la suivante :

     10 candidats insignifiants qui arrivent divisés pour prendre la succession de F.Hollande, qui n’a été qu’un petit préfet de la Commission Européenne.

     Un autre, le plus important pour les Français qui ont soif de retrouver l’ identité de leur Pays et de faire revivre les principes fondamentaux de leur démocratie : Liberté - Egalité - Fraternité .

    Vous parlez de légitimité démocratique, mais où est-elle, lorsque les médias ont pris parti à notre place pour nous imposer un deuxième tour débile Le Pen - Macron (ce qui serait une catastrophe historique) ?

     Le traitement médiatique de cette campagne Présidentielle sous couvert de la loi Urvoas a été une honte démocratique qui restera dans l’Histoire. Elle est à l’image de cette Europe putride que les lobbies veulent nous imposer contre notre avis.


    • Martha 19 avril 2017 11:21

       PS :

       * Insister d’abord sur l’article cinq de notre constitution.

       **Les médias ont fait tout ce qu’ils ont pu pour qu’il ne soit pas entendu et quand cela a été impossible pour eux ils l’ont assailli à quatre contre un avec toujours les mêmes questions débiles pour qu’il ne puisse pas s’exprimer librement comme cela aurait du se faire.

       Les médias sont à fuir. Cette campagne a montré au mieux leurs manières de faire !

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