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Accueil du site > Tribune Libre > De la connerie antimoderne dans son rapport à la connerie moderne...

De la connerie antimoderne dans son rapport à la connerie moderne...

 

La polémique sur la modernité connaît un regain d’intérêt et assure quelques succès de librairie à des auteurs "dissidents" (surtout des cathos-tradis conspirationnistes) qui se font une clientèle en prenant le contre-pied systématique du discours officiel farouchement moderniste.

Mais ces gens ont mal révisé leurs cours de logique : le contraire du faux peut être tout aussi faux.

Il est, certes, ridicule de voir dans la modernité une libération de l’homme face à l’absolutisme monarchique et l’obscurantisme religieux. Mais il est tout aussi stupide et grotesque de publier des cacas nerveux sur YouTube et autres réseaux sociaux pour démontrer que la culture occidentale s’arrête au XIII° s. et que toute la suite n’est qu’un « complot de philosophes » lucifériens…

  • La connerie moderne : avant, c'était l'absolutisme et l'obscurantisme, vive la Révolution !

Si vous considérez la modernité comme un club de psychopathes vendus au diable, genre « complot des philosophes », vous méconnaîtrez toute l’histoire des sciences et tout l'histoire culturelle de l'Europe occidentale.
La modernité s’est construite contre une scolastique médiévale imprégnée de thomisme et donc d’aristotélisme. Aristote (4° s. av. J.-C.) tablait sur l’immobilité de la terre et le mouvement du soleil car il ne possédait que l’observation à l’œil nu et des concepts mathématiques un peu rudimentaires. Saint Thomas d’Aquin élabore au 13° s. une philosophie scientifique qui est comme un copié-collé d’Aristote. Le païen Aristote pas plus que le chrétien Thomas ne sont coupables de leurs erreurs ou de leurs approximations scientifiques, tout à fait excusables au vu des moyens dont ils disposaient. En revanche, le mandarinat conspirationniste est très coupable de réduire la pensée moderne à une vaste conspiration anti-chrétienne.

  • La connerie antimoderne : la science s'arrête au 13° siècle...

La Bible dit que la vérité nous rendra libre : il est tout de même probable que cela s’applique aussi aux découvertes scientifiques… Du 14° au 20°s, d’Occam à Einstein en passant par Kepler (un protestant) et par Newton (un anglican), les révolutions scientifiques modernes sont des réactions aux paradigmes thomistes et aristotéliciens. La modernité, c’est la nouvelle astronomie, c’est la pression atmosphérique soutenue par Torricelli et le pieux Blaise Pascal (pieux, mais pas antiscientifique), c’est l’optique, la circulation du sang et la neurologie (dont Descartes est l’un des pionniers), c’est l’émergence des sciences de la vie et de la terre avec Buffon au 18°s (horreur : un penseur franc-maçon), puis Cuvier, Lamarck et Darwin (re-horreur), c’est la chimie de Lavoisier, c’est, de nouveau, l’astronomie avec Le Verrier au 19° s, puis avec Einstein (horreur, diront les « antisionistes » : un penseur juif).

Et le souci, ô antimodernes, c’est qu’il y a du Descartes dans votre GPS et dans les soins que vous recevez pour un infarctus à l’hôpital. Par ailleurs, vous utilisez internet et YouTube pour vomir sur les modernes ; or, je ne suis pas sûr que les inventeurs de l’informatique et de l’audiovisuel aient tous été de pieux catholiques traditionnels. Alors, si vous pensez que la pensée occidentale s’arrête au 13°s (avec une exception pour le Concile de Trente et l’œuvre de saint Pie X), eh bien vivez comme au 13°s !
Du reste, même votre philosophie politique n’est pas chrétienne. Vous vous réclamez de la sainte monarchie et du Christ-roi, et vous fustigez – à juste titre d’ailleurs – les dérives de la démocratie occidentale actuelle. Mais le païen Platon l’a fait bien avant vous, et bien avant les penseurs chrétiens, au 4°s av JC, en développant une pensée aristocratique et monarchique dont les développements chrétiens ne sont que des copiés-collés. Aristote, sur ce point, est d’ailleurs proche de Platon, son professeur. Et saint Thomas reprend la Politique d’Aristote dans le De regno.
Ultime blasphème : si saint Thomas avait écouté de trop près certains propos bibliques et canoniques de saint Paul, il n’aurait jamais intégré Aristote à son système philosophique, car pour saint Paul, les Grecs sont le peuple des mœurs dépravés et des sciences frivoles ; et la sagesse grecque n’est, en définitive, pour saint Paul, qu’une foutaise face à la « folie de la prédication » chrétienne. On le constate : saint Thomas d’Aquin, dont vous vous réclamez à cor et à cri, est bien moins paulinien – et bien plus Grec à sa manière – que vous ne le pensez vous-même.
Bref. On ne sauvera pas la France en racontant que la scolastique médiévale constitue l’alpha et l’oméga de la pensée. On ne sauvera pas la France en déclamant que Descartes était possédé par le diable ou que Freud, Darwin, Marx ou Einstein sont nuls et non avenus au prétexte qu’ils n’étaient pas des cathos-tradis.

Ce conspirationnisme de bas étage a vécu. Il a fait la fortune des mandarins de la « dissidence » et il a aussi pourri bon nombre de jeunes cerveaux… Ces jeunes gens qui cherchent à imiter le discours des mandarins complotistes risquent de se transformer assez rapidement en zombis culturels.
Certes, certains cathos modernistes courent à leur perte en faisant du christianisme une succursale du gaucho-mondialisme ; c’est une fait, et je le déplore… 
Mais les cathos-tradis courent aussi à leur perte en soutenant une position tout aussi loufoque : réduire la modernité à un « projet luciférien ». Cracher à la figure des savants modernes, tout en utilisant les prolongements technologiques actuels de leurs découvertes scientifiques, c’est ce comporter en hériters indignes et en ingrats. C’est du genre : nos proches ancêtres modernes étaient possédés par le Diable, mais laissez-nous quand même leur héritage… C’est vrai quoi ! On ne va tout de même pas s’éclairer à la chandelle de suif. Et puis, l'ordi et YouTube, c’est bien pratique pour dégueuler sur la modernité !

  • La connerie post-moderne : la farine et les oeufs !

Arrêtons d’opposer des époques entre elles, arrêtons de diaboliser les non-chrétiens païens ou les post-chrétiens modernes… Toute civilisation est un empilement de strates culturelles. Nous sommes tous, et irrémédiablement, un empilement organique de paganisme, de christianisme et de rationalisme moderne. La démagogie des mandarins complotistes de la « dissidence », qui consiste à ne reconnaître que la belle civilisation sacrale du Moyen-Âge, est totalement contre-productive, elle séduit les jeunes, mais elle pousse à l’anarchie intellectuelle. Si nous retranchons le paganisme et le rationalisme moderne de la culture occidentale, nous nous coupons la tête et les jambes pour ne garder que le tronc médiéval, un tronc médiéval dont les mandarins complotistes ne sont d’ailleurs pas du tout des spécialistes. C’est si facile de jouer les érudits en crachant sur les penseurs d'autrefois !

 


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26 réactions à cet article    



    • Chantecler relou 11 avril 19:01

      Anciens et Modernes ?

      La question a été résolue par l’Angélique du Malade imaginaire de Molière.

      « Les anciens sont les anciens, et nous sommes les gens de maintenant »

      Cette jeune fille avait raison, comme ont toujours raison toutes les jeunes générations qui veulent vivre avant de se souvenir. Cette adorable jeune fille avait raison, comme ont toujours raison toutes les jeunes générations qui veulent vivre avant de se souvenir. 


      • Paul Leleu 11 avril 20:52

        @relou

        la « jeunesse » est une catégorie sociale inventée par l’oligarchie pour mieux dominer le peuple... en effet, c’est un moyen de soustraire les jeunes à l’influence de leurs aînés... c’est un moyen de découpler l’expérience des anciens d’une part, et l’énergie des jeunes d’autre part... ce serait trop dangereux pour l’ordre social.

        par ailleurs, la jeunesse est un bon marché pour le consummérisme le plus stupide... d’autant que c’est un âge où la pression au conformisme social est à son maximum... le jeune arraché à son milieu d’origine dans le monde scolaire et estudiantin, doit à tout prix s’intégrer dans les goupes... bien-sûr ce conformisme se parre des oripeaux du « grunge » pour avoir l’air rebelle... ce « grunge » façonné par l’oligarchie à la fois pour s’enrichir et pour façonner les jeunes... dans la vérité, la jeunesse moderne est hyper-conformiste (mais c’est un tabou !)

        On nous rabâche par tous les canaux les rengaines de Molière, mais on occulte soigneusement les rebuffades de Corneille et Racine... ces deux là refusaient catégoriquement la démagogie moliéresque... et comble du pire, confiaient leurs pièces à des troupes concurrentes de Molières, qui elles respectaient le génie classique de la langue... Molière ne s’est jamais remis de cette humiliation, et a diffusé sa pensée « émancipatrice » avec l’aide du tyran Louis XIV qui savait très bien ce qu’il faisait, en coupant l’herbe sous le pied de toute opposition intellectuelle


      • Chantecler relou 12 avril 06:34

        @Paul Leleu

        vous confondez « jeunesse » et « jeunisme »


      • Paul Leleu 12 avril 08:59

        @relou

        jeunesse, jeunisme... effectivement je pense qu’on comprend de quoi je parle. Les tyrans adorent flater ce genre d’archétype, car c’est très efficace... notre époque en donne un bel exemple.

        le problème, c’est que ça amplifie le narcissisme des individus, qui ne sont plus capables d’écouter le moindre conseil. Ni d’accepter la moindre frustration de leur petit quant à soi. Ils deviennent manipulables et maléables. Ils s’interdisent donc de passer à un stade supérieur. Non seulement ils n’avancent pas, mais ils constituent un poids mort pour les autres, une armée de réserve pour le tyran. C’est une méthode de gouvernance.

        Par ailleurs, je pense qu’on comprend aisément pourquoi la bourgeoisie libérale-libertaire des dernières décennies a jeté Corneille et Racine, et érigé Molière...


      • Jean De Songy Jean De Songy 12 avril 09:19

        @Paul Leleu
        Clouscard, Le capitalisme de la séduction, Prélude :

         
        Poster, flipper, juke-box ? Teen-agers. Une classe d’âge fait ses classes. École de la vie. Disciplines d’éveil. Exercices de pionniers. On les prend en main, par la main. Ce n’est pas bien difficile : il suffit de glisser la pièce. Et d’appuyer sur le bouton.

         
        Premiers émois. La quotidienneté se balise de repères familiers, complices, chaleureux. On se retrouve. On se reconnaît. Autour du flipper et du juke-box. Les messages s’envolent. Remettra-t-elle le groupe qu’il aime ?
         

        Ah ! les mots jolis qui font tilt : poster, flipper, jukebox... Le phonème fait déjà la chanson, l’accent tonique la musique. Les mots qui font les choses, celles du rêve. Tout près. Et prêt-à-porter.

         
        Première dynamique de groupe. Elle va nous mener loin, très loin. Spontanée, informelle, innocente. Le free et le flipp.
         

        Ces petits usages et objets anodins, d’une insignifiance telle qu’ils sont au-dessus de tout soupçon, sont au commencement du rituel initiatique à la civilisation capitaliste.
         

        Et magie, totem, potlatch, échange symbolique. Ethnologie... du plan Marshall.

         
        Des énoncés aussi gros et simplistes vont faire frémir tout honnête homme. Mais ce n’est pas tout. Nous allons en rajouter : nous voulons en venir à une anthropologie de la modernité. Et celle-ci sera un traité de la frivolité.
         

        Nous suivrons la vieille entremetteuse. La mode, si vous préférez. Le prêt-à-porter du désir. Comment la fesse fait signe ? Et comment le signe fait le désir` ?
         

        Nous entreprendrons un petit tour du monde, celui de la mondanité. Nous nous glisserons chez Castel et Régine. Plus rien de la jet-society ne nous sera étranger. Nous irons au Club. Au Club Méditerranée et à Ibiza. Au bal du samedi soir, aussi. Où sont les midinettes d’antan ? Psychédélique, sono, whisky-coca.
         

        Quelle est la tenue de rigueur du rigorisme libéral et permissif ? Que faut-il dire et faire à sa première fumette ? Sur quel ton faut-il disserter du bon usage de la drogue ?
         

        Nous étudierons la savante drague de l’antiphallocrate : ne jamais oublier qu’une femme libre a été une jeune fille rangée.
         

        De même que « la comtesse a toujours trente ans pour le bourgeois », le révolutionnaire de la bourgeoise aura toujours les cheveux longs. Et comme le snobisme est joli lorsqu’il transgresse et qu’il casse ! Et le rock, le disco. le reggae... Vous aimez`.’
         

        Nous suivrons la bande, de sa première surboum à sa dernière magouille. Comment l’animation machinale devient-elle le destin des animaux-machines ?

         
        Nous proposons une somme de la frivolité enfin prise au sérieux. Nous prétendons que son concept est devenu nécessaire à l’explication de la nouvelle lutte des classes. Et la récente utilisation idéologique du mot doit nous inciter à une fondamentale mise au point.
         

        C’est le frivole qui permet d’accéder à la totale compréhension du sérieux. La dialectique du frivole et du sérieux rendra compte des rapports du procès de production et du procès de consommation. Il faut proposer le lien dialectique, le pont entre deux univers qui s’ignorent. Lien que tout le savoir de la modernité a mission idéologique d’occulter. Nous devons dire l’inconscient de l’inconscient de la psychanalyse : ce que celle-ci doit oublier, cacher pour fabriquer ou justifier les idéologies tendanciellement dominantes.

         
        Nous devons établir comment l’innocence des premiers émois a pu en venir à l’actuelle social-démocratie libertaire. Autrement dit, comment le désir et l’imaginaire ont accédé au pouvoir culturel, pouvoir devenu ministériel.


      • Eric F Eric F 12 avril 11:08

        @Paul Leleu
        a moins que Corneille n’ait été l’auteur de certaines comédies de Molière...


      • Alain 11 avril 19:42

        Qu’est ce donc que la modernité ?

        Des voitures qui si l’on prend en compte tout ce qui tourne autour va moins vite qu’un vélo :

        http://biosphere.blog.lemonde.fr/2018/11/01/biosphere-info-ivan-illich-detrone-lautomobile/

        Et je ne parlerais pas des millions de morts, dû à l’irresponsabilité du conducteur (vitesse, alcool, téléphone portable en main) ou à ceux qui meurent de la pollution.

        Mais cet objet, la voiture, est un telle « liberté » (à engendrer la mort et les guerres du pétrole ?) que je sens qu’on va me taper dessus...

        La 5G, des ondes qui vont poser des sacrés pbs de santé par leur irradiation (en complément des ondes de la 3G, de la 4G....). Les rapports des opérateurs téléphoniques le disent, mais bon, y’a du fric à se faire et le « moderne » adore son téléphone. Alors, en avant....

        La malbouffe, les pesticides, les MacDo qui s’ouvrent en fanfare, les KFC pareil et toute la troupe des livreurs UBER et DELIVEROO (nouveaux symboles modernes du travail) qui parcourt des kms pour amener la merde à bouffer que le « moderne » ne va plus chercher. Trop la flemme de bouger son cul. Et puis avec la 5G, ca sera encore plus rapide pour commander sur son téléphone. Alors, en avant...

        La modernité. Une planète foutue, la mer qui monte, les oiseaux et les insectes qui disparaissent. Dans mes fleurs de cette année, 1, 2 ou 3 abeilles au maximum quand il y en avait des centaines il y’a 20 ans. La pollution partout : l’air, la terre, la mer gavée de plastiques, des cours d’eau français, on en retrouve des trace de pilules contraceptives qui font muter les poissons males en femelle.

        Ne parlons pas non plus de la politique. Même Orwell est dépassé dans ces prévisions. Le chomage baisse, la croissance est revenue, les français ne veulent pas de l’ISF et sont contre les services publics. Plus c’est gros, plus çà passe.

        Vive la modernité. En 150 ans, le génie humain aura été tellement loin dans sa connerie, qu’il nous mène à sa perte.


        • Paul Leleu 11 avril 21:12

          @Alain

          très beau résumé... mais que pouvons nous sérieusement faire contre cela ?

          d’ailleurs, les français gueulent, mais ils adhèrent bien... il suffit de voir les succès de Hanouna, Johnny ou Mc Donald... des trucs pas obligatoires du tout qui sont plébiscités.


        • simir simir 14 avril 16:10

          @Alain
          J’ai fais toute ma carrière dans des stations hertziennes des PTT et dans des émetteurs de télévision avec en fin de carrière la maintenance des réseaux 2G et 3G de téléphonie mobile.
          Les FH ont commencé à être numérisés dans les années 1970.

          Aucun problème de santé pour moi et mes collègues.
          Les rayonnements électromagnétiques sont des rayonnements non ionisant.

          Les parisiens sont soumis depuis les débuts de la TV aux milliers de Watt émis par les émetteurs de télévision de la tour Eiffel . Ils devraient dons, selon vous, tous être mort.

          Pareil pour les habitants de Monsinnery en Guyane. TDF y a un émetteur de 500000 Watts et plusieurs de 100000.

          Conneries que tout cela.


        • Jelena Jelena 11 avril 20:05

          A ce jour sur youtube (ou les neo-inquisiteurs censurent un max), je n’ai jamais vu des complotistes ou des réactionnaires dirent « c’était mieux au moyen-age ».


          • Paul Leleu 11 avril 21:00

            @Jelena

            et puis on peut apprécier le Moyen-Age, par rapport à la « tabula rasa » de la Renaissance, quand les bureaucrates et les banquiers ont commencé de remplacer les chevaliers et les prêtres... à cette époque, les nouveaux maîtres ont congédié l’esthétique et la spiritualité du Moyen-Age, pour faire « renaître » l’esthétique et l’idéologie romaine dans laquelle ils se reconnaissaient mieux, en tant que bureucrates et usuriers.

            C’est ainsi que le chevalier (et ses valeurs) est passé du rang de héros et socle de la société (Perceval de Chrétien de Troyes), à celui de pauvre baudruche immature risible (Don Quichotte de Cervantès)... ou comment les valeurs ont été subverties par la nouvelle classe dominante.

            Aussi, on reste de libre de préférer la société médiévale, au niveau philosophique et esthétique, sans être obligé d’être caricaturé comme des amish nostalgiques...

            on peut aussi critiquer la pensée et l’esthétique modernes, au nom de leur aliénation au règne des bureaucrates et des usuriers... c’est pas interdit... même si ça fait sortir les modernes de leurs gonds


          • Jean De Songy Jean De Songy 11 avril 20:17

            En plus court sur la dialectique de la Raison, la volonté de Volonté :

            « Prométhée est le vrai dieu des grecs. » Vernant

            « Toute vérité est chrétienne. » St Augustin

             

            L’erreur de tout réactionnaire est d’oublier la 2ème négation : après la 1ère déconstruction des déconstructeurs, zémourienne à la J. de Maistres, vient la 2ème, celle des catégories de pensée de la 1ère, celle de l’esprit négateur lui-même et non de la forme de l’être-là bobo, le cochon de l’auge.

            Alors vient le fasciste, le nostalgique du futur.

             

            « A l’opposé du mot d’ordre conservateur : ‘Un salaire équitable pour une journée de travail équitable’, les prolétaires doivent inscrire dans leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire : ’Abolition du salariat’  »  Marx, Salaires, prix et profits, la 2ème négation


            • Jean De Songy Jean De Songy 11 avril 20:35

              D’ailleurs bobo à la mode halluciné du Passé partage avec le bobo de l’utilicisme consumérisme anarcho-réactionnaire (les riches n’ont pas besoin d’état, juste de supermarchés) et le bobo écolo du naturalisme tout aussi réactionnaire (la société corrompt la sainte Nature) la même négation de la rationalité, métaphysique de l’Occident qui a conquis la Terre et la critique de l’état moderne. Et souvent ce sont justement les mêmes...

              2 petits passages de Hegel sur le sujet : le réactionnaire écolo-consumériste de Sainte Nature, et le pithécanthrope d’ED, ce gueux du Moyen-âge enfant envié de l’Humanité :

               

              « Les conceptions de l’innocence de l’état de nature [écolo réactionnaire], de la simplicité de mœurs des peuples primitifs [décroissance du hippie fils à papa se branlant derrière son cheval de traie], et d’autre part la sensualité [branlette] pour qui les besoins, leur satisfaction, les plaisirs et les commodités de la vie particulière sont des buts absolus, ont toutes les deux un même corollaire : la croyance au caractère extérieur de la culture [l’état, thèses sur Feuerbach]. On la considère dans le premier cas comme corruptrice, dans le second comme un simple moyen. L’une comme l’autre opinion dénotent la méconnaissance de la nature de l’Esprit et des buts de la raison [...] Le but rationnel n’est donc ni cette simplicité de mœurs naturels, ni les plaisirs que l’ont obtient par la civilisation d’un développement de la particularité , c’est au contraire de soumettre à un travail de défrichement [historicisme Marx] la simplicité de la nature, c.a.d la passive privation de soi et l’inculture [Hanouna] du savoir et de la volonté, où encore l’immédiateté et l’individualité où l’Esprit fait naufrage et de donner d’abord à cette extériorité [naturelle] la rationalité extérieure dont elle est capable, la forme de l’universel à la conformité à l’entendement."
              PPD Hegel

              « Le développement indépendant de la particularité [individu] est le moment qui se manifeste dans les États anciens par l’introduction de la corruption des mœurs, et c’est pour eux la cause suprême de la décadence.
              Ces États qui en sont encore au principe patriarcal ou religieux ou aux principes d’une moralité plus spirituelle, mais pourtant plus simple et qui sont fondés en général sur l’intuition immédiate primitive, ne pouvaient supporter en eux ni la division de cette intuition, ni la réflexion infinie de la conscience de soi.
              Ils succombèrent à cette réflexion lorsqu’elle commença à apparaître dans la conscience puis dans la réalité [sophistique, scepticisme, modes d’apparition], parce que leur principe trop simple [collectivisme communautaire] ne possédait pas la force véritable et infinie qui ne se trouve que dans l’unité [état nation], qui laisse la contradiction de la raison se développer dans toute sa force, pour la dominer ensuite, qui se maintient dans cette contradiction en même temps qu’elle l’unifie en soi. »

              PPD Hegel


              • Paul Leleu 11 avril 21:09

                @Jean De Songy

                j’avoue humblement que j’arrive pas tout à comprendre (je blague pas)... pourriez vous explicité, ou éclairer ? Cordialement


              • Jean De Songy Jean De Songy 11 avril 22:24

                @Paul Leleu
                En prolégomènes, le mythe de Prométhée et la dialectique des Lumières
                https://www.agoravox.fr/commentaire5468681
                https://www.agoravox.fr/commentaire5468688
                 
                La société au principes trop simples de l’immédiat (2eme cit), le grec antique l’enfant envié de l’Humanité dit Marx, facilité de construction de la société primitive détruite ds la complexification des rapports, l’individuation, la conscience de soi, la liberté marche de l’Histoire. Début de la Théorie du roman (Chap.1 Les civilisations closes) G. Lukacs, très beau texte
                 
                Bienheureux les temps qui peuvent lire dans le ciel étoilé les cartes des voies qui leurs sont ouvertes et qu’ils ont à suivre ! Bienheureux les temps dont les voies sont éclairées par la lumière des étoiles ! Pour eux tout est neuf et pourtant familier ; tout signifie aventure et pourtant tout leur appartient. Le monde est vaste et pourtant ils s’y trouvent à l’aise, car le feu qui brûle dans leur âme est de même nature que les étoiles. Le monde et le moi, la lumière et le feu se distinguent nettement et jamais pourtant ils ne deviennent étrangers l’un à l’autre, car le feu est l’âme de toute lumière et tout feu se vêt de lumière. Ainsi il n’est aucun acte de l’âme qui ne prenne pleine signification et ne s’achève en cette dualité : parfait dans son sens et parfait pour les sens ; parfait parce que son agir se détache d’elle et que, devenu autonome, il trouve son propre sens et le trace comme un cercle autour de lui. « Philosophie, dit Novalis, signifie proprement nostalgie, aspiration à être partout chez soi. »
                 
                 
                 
                Dans de telles limites [la patrie des archétypes] le monde ne saurait être que clos et parfait. Même si au-delà du cercle que les constellations du sens présent tracent autour d’un cosmos immédiatement vécu et destiné à recevoir forme, on présent l’existence de puissances menaçantes et incompréhensibles, elles restent impuissantes à le priver de sens. Capables de détruire la vie, elles ne sauraient attenter à l’être ; elles peuvent jeter des ombres sinistres sur le monde qui a reçu forme, mais ces ombres elles-mêmes entrent dans le système des formes à titre de contraste qui les font mieux ressortir. Le cercle métaphysique à l’intérieur duquel vivent les grecs est plus étroit que le nôtre ; c’est pourquoi nous ne saurions jamais y trouver notre place ; où mieux, ce cercle dont la finitude constitue l’essence transcendantale de leur vie, nous l’avons brisé ; dans un monde clos nous ne pourrions plus respirer. Nous avons découvert que l’esprit est créateur ; et c’est pourquoi, pour nous, les archétypes ont définitivement perdu leur évidence objective, et notre pensée suit le chemin infini de l’approximation toujours inachevée.


              • Jean De Songy Jean De Songy 11 avril 22:38

                @Paul Leleu
                Les conceptions de l’innocence de l’état de nature
                 
                Les nostalgiques de la société primitive considèrent que la société humaine corrompt les mœurs authentiques de la cité décrite précédemment.
                Les écolos qu’elle corrompt la Nature.
                 
                la sensualité [branlette] pour qui les besoins, leur satisfaction, les plaisirs et les commodités de la vie particulière sont des buts absolus
                 
                Le bobo narcissique à vomir, le riche qui se construit une île artificiel privée, veulent se passer de l’état, de la société, ils ont juste besoin du supermarché, du marché.
                 
                la croyance au caractère extérieur de la culture
                 
                idem la critique de Feuerbach par Marx : la religion n’est qu’une praxis, elle est certes imaginaire mais elle est surtout pratique social utilitaire. Aussi écolo et narcissique voient la culure, l’état, la société comme extérieur à l’homme : au droitlelhommisme (ignorant l’état garant) opposons le droit du citoyen (ds la société réelle), au narcissique disons que le supermarché exige l’état organisateur, à l’écolo que la Nature est l’immédiateté de l’animal.
                 
                la nature de l’Esprit et des buts de la raison
                 
                Esprit veut dire la raison dans l’Histoire de l’Humanité, les Lumières (1ère phase, 15e 17e voir commentaire) la marche de l’espèce, de l’homme générique de Marx.


              • Jean De Songy Jean De Songy 11 avril 22:57

                Le but rationnel n’est donc ni cette simplicité de mœurs naturels, ni les plaisirs que l’ont obtient par la civilisation d’un développement de la particularité , c’est au contraire de soumettre à un travail de défrichement [historicisme Marx] la simplicité de la nature, c.a.d la passive privation de soi et l’inculture [Hanouna] du savoir et de la volonté, où encore l’immédiateté et l’individualité
                 
                Le but de l’Humanité n’est pas de rester un amazonien animal immédiat ds la jungle, ni de branler bobo à la consommation, mais de renoncer à être un simple libidineux, de se vautrer sur le canapé devant Hanouna en HD, sans chercher la vérité de la Nature par la science, comme une larve, c.a.d rester un individu animal de la jungle des objets de consommation (Baudrillard, le système des objets), berf ne pas laisser l’Humanité faire naufrage et ne plus avoir de vision d’elle-même.
                 
                de donner d’abord à cette extériorité [naturelle] la rationalité extérieure dont elle est capable, la forme de l’universel à la conformité à l’entendement
                 
                « Le travail rend libre », il délivre l’homme de l’immédiateté, les grecs méprisait la nécessité proche de l’animal et justifiaient ainsi l’esclavage pour devenir eux vraiment humain. L’homme comprend la Nature extérieure à lui et s’en affranchit, c’est le classique productivisme et scientisme communiste. L’entendement veut dire science. Les « formes de l’universel » sont les formes de la compréhension du monde, les concepts. Par ex, espace et temps s’appliquent à tous les objets, de même les couleurs, les formes géométriques sont des universaux qui s’appliquent à tous les objets perçus. Universel veut dire « mathématiques », langage, outils de description des concepts explicatif des objets du monde. Et ces universaux sont en accord avec l’entendement, la logique, le principe de causalité, le tiers exclu. Les objets ne donneront pas tous leur « rationnel » d’un coup, la chose en soi ne se dévoile que petit à petit, et ds la dialectique hégélienne, les objets et le sujets de développent en interaction. « Le rationnel est réel, le réel est rationnel », idéalisme objectif, pas de limite à l’Esprit. Bref le but de l’Humanité pour Hegel est la Liberté par la science et la politique rationnelle.


              • Jean De Songy Jean De Songy 11 avril 23:07

                La 2e cit est la plus intéressante.
                 
                Prolégomènes zémourien :
                 
                Z déconstruit les déconstructeurs, il explique le purinement 68ard, la supre décadence de la société traditionnelle gaullienne, le capitalisme de l séduction et son consumérisme libidineux du narcissique à vomir égotique, les prénoms arabo-musulmans 20% des bébés, où Aptchepsout « français », bref la fin des mœurs communs ciment de la nation.
                 
                Il nie la forme du réel dans les catégories de Joseph de Maistre. C’est la 1ère négation hégélienne, celle de la forme dans le connu trop connu. cit de Marx, ici Marx emploie le terme de conservateur,c.a.d il décrit une négation ds un paradigme ancien, 1ère négation.
                 
                « A l’opposé du mot d’ordre conservateur : ‘Un salaire équitable pour une journée de travail équitable’, les prolétaires doivent inscrire dans leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire : ’Abolition du salariat’ » Marx, Salaires, prix et profits
                 
                Le mot d’ordre « révolutionnaire » ne nie plus simplement la forme du Capital (comme Proudhon et la philosophie de la misère quin’est qu’une misère de a philosophie) mais il nie les catégories, la façon de penser le réel, c’est la 2eme négation hégélienne, celle des catégories de la pensée. Je ne pense plus salire, je pense fin de la propriété, communisme. A dire à GJ...


              • Jean De Songy Jean De Songy 11 avril 23:18

                 Le développement indépendant de la particularité [individu] est le moment qui se manifeste dans les États anciens par l’introduction de la corruption des mœurs, et c’est pour eux la cause suprême de la décadence.
                 
                Hegel décrit Zemmour. smiley Le « un moi qui est un nous, un nous qui est un moi » se purine dans l’explosion des particularités, les genres, les races, les intérêts marchands particuliers, les prénoms, les mœurs divergeant etc... Les US américanisaient prénoms et noms des migrants un tps... Les mœurs, la religion la tradition ne fait plus commun comme ds la cit de Lukacs. Les civilisations closes.

                une moralité plus spirituelle, mais pourtant plus simple et qui sont fondés en général sur l’intuition immédiate primitive
                 
                famille étendue préhistorique, clan, tribu sioux, cité grecque, spirituelle car plus religieux, intuition immédiate = plus animale.
                 
                ne pouvaient supporter en eux ni la division de cette intuition, ni la réflexion infinie de la conscience de soi.
                Ils succombèrent à cette réflexion lorsqu’elle commença à apparaître dans la conscience puis dans la réalité [sophistique, scepticisme, modes d’apparition]
                 
                On ne croit plus aux dieux de l’Olympe, le commerce, la richesse amenée par Alexandre Le Grand fait tourner l’hoplite grecque au branleur de l’orgie, de plus en plus conscient de soi, c.a.d que pour finir la Cité n’est pas l’alpha et oméga... Le sophiste pour Hegel es tle début de cette phase. e sceptique antique doute qu’il y ait possibilité de dire la Vérité du monde ;


              • Jean De Songy Jean De Songy 11 avril 23:31

                parce que leur principe trop simple [collectivisme communautaire] ne possédait pas la force véritable et infinie qui ne se trouve que dans l’unité [état nation], qui laisse la contradiction de la raison se développer dans toute sa force, pour la dominer ensuite, qui se maintient dans cette contradiction en même temps qu’elle l’unifie en soi
                 
                Alors Hegel dit (comme Platon), et ça sera pourquoi naîtra la démocratie grecque chouardiniste, palier à la décadence de la foi primitive, que l’état (l’unité, le nous) doit se sophistiquer (par le droit entre autres, les romains comprendront ça, pas les grecs qui en resterons plus à la politique) dans une Idée, c.a.d un concept qui s’applique ds la praxis, l’état moderne qui est sensé gérer société civile des individus et visions communs qui pousse tous. Hegel voit 2 risques : la bête sauvage la société civile qui tue l’état, la politique, ce que ns vivons, et l’outil (voir mes commentaires cités) qui devient autonome et tue le politique aussi, la Technique folle, ce qui est extraordinaire pour un penseur du début du 19e... Et Marx dira « ils le font mais ne savent pas pourquoi », c’est la 2eme phase des Lumières, la raison est niée par sa propre praxis, le capital détruit la planète et l’état rationnel hégélien est dépassé. Hegel voyait ds le sacrifice à la guerre la preuve de la vision commune, personne ne mourrait plus pour l’ex-France, encore moins pour son supermarché...
                Bref, l’état moderne a failli à « se maintenir dans cette contradiction », au final l’obtu grec antique aurait il eu raison ? Non, car le léviathan n’a pas dit son dernier mot : la mort de la Mort.
                 
                 
                Pour le fasciste l’état aussi n’est qu’Idée :
                 
                « Ce qu’il faut favoriser, c’est plutôt une révolution silencieuse, procédant en profondeur, afin que soient créées d’abord à l’intérieur et dans l’individu, les prémisses de l’ordre qui devra ensuite s’affirmer aussi à l’extérieur, supplantant en un éclair, au bon moment, les formes et les forces d’un monde de subversion. [...] On doit en arriver au point que le type humain dont nous parlons, et qui doit être la substance cellulaire de notre front, soit bien reconnaissable, impossible à confondre, de sorte qu’on puisse dire : « En voilà un qui agit comme un homme du mouvement » [...] C’est dans l’Idée qu’il sied de reconnaître notre véritable patrie. Non le fait d’être d’une même terre ou d’une même langue, mais le fait d’être de la même idée  : voici ce qui compte aujourd’hui. Là est la base, là se trouve le point de départ [...] Ne pas avoir l’entendement de ce réalisme de l’Idée signifie s’en tenir à un plan, somme toute, infra-politique : celui du naturalisme et du sentimentalisme, pour ne pas dire de la rhétorique patriotarde. »

                ’Orientations’ Julius Evola , du Hegel


              • baldis30 12 avril 14:52

                @Jean De Songy

                bonjour, 
                 Qui ne sait se borner ne sût jamais écrire .... (Boileau)


              • ddacoudre ddacoudre 11 avril 21:39

                Bonjour

                Un tr ?s bon, pour ne pas dire excellent article Il y a pletore de scolatique et notre d ?veloppement a puis ? sur tout ce qui a concouru a notre d ?veloppement puisque ma plan ?te ?volue aussi et d ?pendant de l’ ?volution ? laquelle nousus participions, celui-ci nous a contraint malgr ? les anciens ? devenir moderne, non parce-que c’ ?tait notre volont ? mais parce-que cela s’inscrivait dans l’ ?volution de nos soci ?t ?s ou les anciens quoi qu’ils en pensent ne peuvent transmettre la totalit ? de leur savoir de leur v ?cu aux g ?n ?rations suivant.

                Cela est une loi de la nature dans le cadre du d ?veloppement du mim ?tisme et de l’apprentissage dont nous sommes capables. Les esp ?ces qui n’ont pas cette facult ? et dispose du d ?terminisme, auquel l’on peut assimiler ceux qui souhaiteraient que nous vivions suivant des pr ?ceptes anciens, qui en leur temps ?taient moderne par rapport ? leurs pr ?d ?cesseurs, disparaissent quand elles ne pouvent pas s’adapter au changement de leurs environnements.

                Le fait que nous soyons toujours’ mesure d’empiler nos savoirs et savoir-faire dans une dynamique exponentielle poursuit bien but m ?me si nous ne pouvons le d ?celer avec justesse. J’ai souvent expliqu ? que le fait de disposer d’armes de destructions massives avait une signification bien plus large que celle que nous lui attribueons. Elle s’inscrit dans un processus d’autor ?gulation de notre esp ?ce.bim faut pour cela arriver a comprendre que si jamais nous en faisons usage, ce n’est pas parce que nous aurons affaire ? un con. Mais parce que les ?v ?nements environmentaux nous y aurons conduit, comme ils nous ont conduit ? l’av ?nement d’un Hitler ou autre. Cela signifierait que notre esp ?ce ’n’a plus sa place sur la plan ?te en l’ ?tat o ? elle en est arriv ?. Cela veut dire que l’environnement que nous d ?veloppons n’est plus propice au d ?veloppement de notre esp ?ce. C’EST d ?j ? ce qui se passe dans les pays occidentaux qui par leurs «  » souchiens«  »" ne renouvellent pas leur population sans apport d’immigration. Une biche retient sa gestation si l’herbage n’est pas abondant. Nous nous disons pourquoi faire des enfants s’ils n’ont pas d’avenir soit d’emplois. Cordialement ddacoudre overblog


                • Eric F Eric F 12 avril 11:23

                  Il me semblerait surprenant que la thèse selon laquelle la culture occidentale s’arrête au XIII ème siècle ait une grande influence dans l’opinion publique.

                  Par contre il existe un assez vaste courant nostalgique d’un passé récent idéalisé, situé au début des « 30 glorieuses », où les élèves studieux assistaient sagement à l’enseignement de maîtres en blouse grise et calligraphiaient sans faute les dictées les plus piégeuses à la plume sergent major, où les patrons paternalistes choyaient leurs salariés dévoués, où les voitures n’avaient pas d’antivol parce qu’il n’y avait pas de voleur, et où les politiciens vertueux et austères étaient dévoués à l’intérêt supérieur. On me dira que c’est juste un peu excessif, mais qu’il y a de ça.


                  • Jonas 13 avril 18:19

                    "Du 14° au 20°s, d’Occam à Einstein en passant par Kepler (un protestant) et par Newton (un anglican), les révolutions scientifiques modernes sont des réactions aux paradigmes thomistes et aristotéliciens.« 


                    Ce n’est pas aussi radical que cela. Je dirai même que l’Église catholique et ses universités, sont à la base de la révolution scientifique moderne.

                    Copernic était un chanoine de l’Église catholique, il a étudié dans les universités catholiques de Cracovie, Bologne, Padoue (études de médecine) et Rome, les mathématiques et l’astronomie, ce qui lui a permis d’élaborer ses théories sur l’héliocentrisme, en reprenant le travail de l’astronome et mathématicien grec Aristarque de Samos (vers -200 av JC).
                    Le livre de Copernic »De revolutionibus" sur l’héliocentrisme, dédicacé au Pape Paul III, est resté pendant près de 80 ans entièrement libre.
                    Dans son épître dédicatoire, Copernic cite les personnalités qui l’ont aidé à publier le manuscrit, comme le cardinal archevêque de Capoue, Nicolas Schönberg, ou encore l’évêque de Culm, Tiedemann Giese, qui considérait que la publication de son oeuvre était un devoir pour la science et l’humanité.
                    Les catholiques étaient en général complaisant avec la doctrine héliocentrique, du moins, pendant 80 ans, elle n’est pas attaquée. (Elle ne le sera que le siècle suivant lorsque Galilée utilisera l’héliocentrisme pour attaquer les Écritures Saintes).

                    Nicolas Oresme, évêque de Lisieux formé au collège de Navarre fondé en 1304 par Jeanne reine de Navarre, a établi la loi fondamentale du mouvement rectiligne uniformément accéléré, à savoir que si la vitesse à l’instant zéro est nulle, la distance parcourue est proportionnelle au carré du temps.
                    On a coutume de faire de cette loi l’un des titres de gloire du célèbre Galilée. La raison en est que ce grand savant italien a eu l’idée d’utiliser un plan incliné pour vérifier expérimentalement que la loi précédente s’applique au mouvement de la chute d’un corps. L’histoire oublie trop facilement l’apport des maîtres du moyen âge qui ont contribué à enrichir un terreau d’où ont germé nombre d’idées modernes.

                    Le cardinal Nicolas de Cues, grand savant, philosophe, astronome et épistémologiste a inspiré les travaux de savants éminents.

                    Galilée doit son apprentissage de la méthode scientifique auprès des jésuites du Collège Romain de Rome (vers 1589-1591) disciples de Christophorus Clavius.

                    On peut multiplier les exemples.


                    • Florian Mazé Florian Mazé 14 avril 09:39

                      @Jonas
                      Absolument, vous avez raison de rappeler ces faits que tout bon historien des idées se doit de connaître. mais nos conspirationnistes youtubeurs n’ont pas ce sens de la nuance. Ils font les intéressants en disant que la culture occidentale s’arrête au 13°s,, que le reste n’est qu’une complot de savants et de philosophes lucifériens... Au bout du compte, ils vomissent la culture moderne au sens large (de la pré-renaissance au 19°s) tout en utilisant les technologies d’aujourd’hui, qui en sont le produit lointain...

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