De la Participation du général de Gaulle à la dictature technologique en gestation
« Nous sommes foutus » est progressivement devenu, presque à notre insu, l’expression lapidaire d’une synthèse analytique rationnelle et sérieuse de notre situation politique, socio-économique, technologique et diplomatique.
C’est nouveau !
L’expression « Nous sommes foutus » n’est plus ce cri du cœur spontané, populaire et un peu confus que nous avons connu.
« Nous sommes foutus » est progressivement devenu, presque à notre insu, l’expression lapidaire d’une synthèse analytique rationnelle et profonde de notre situation politique, socio-économique, technologique et diplomatique. Et la liste n’est pas exhaustive.
« Nous sommes foutus » c’est aussi la semi-conscience d’appartenir désormais à un pays et dans une société occidentale, dont l’effondrement n’est pas encore brutal, encore qu’il soit en phase d’accélération, mais qui a déjà bifurqué sur la voie d’une implacable dictature technico-oligarchique. Cette dictature s'est dotée de moyens de contrôle et de coercition d’une puissance jusqu’ici inconnue et devant lesquels toute expression démocratique va devenir stérile.
Cette nouvelle société dont la classe dominante sera toute puissante par la possession qu’elle s’est octroyée de tous les leviers essentiels — information, communication, infrastructures numériques, données personnelles, intelligence artificielle — n’est pas une vue de l’esprit.
Nous pouvons déjà l’observer dans :
- la dépendance croissante aux plateformes privées,
- l’affaiblissement des États face aux géants du numérique,
- la disparition des médiations démocratiques traditionnelles,
- la fragmentation sociale et la perte de cohésion nationale.
Le processus est donc déjà en cours.
Or, dans ce processus, et à franchement parler, le danger ne me semble pas, ou du moins pas encore, venir de l’I.A. ni de sa probable « descendance évolutive ».
Le danger réside encore, à ce jour, dans l’usage humain qu’une certaine classe dominante en fait.
Vu comme accélérateur de puissance entre les mains de cette minorité agissante, l’I.A. permet :
- l’accélération des prises de décision,
- l’optimisation de la surveillance, en particulier sur le « vulgum pecus », et permet donc de criminels tris sociaux,
- Le renforcement des manœuvres sur l’information,
- Des analyses économiques d’une puissance sans précédent et donc, des bouleversements et exactions économiques également sans précédent.
L’expression « Nous sommes foutus » traduit également la prise de conscience quotidienne de plus en plus douloureuse que face à cette montée en puissance de la classe dominante, chacun de nous, individuellement, est de plus en plus désarmé.
Désarmé, lorsqu’il perd l’accès informatique à ses documents essentiels !
Désarmé, lorsqu’il lui devient subitement impossible de communiquer en cas d’urgence !
Désarmé, lorsqu’il lui devient subitement impossible d’effectuer ses démarches administratives fondamentales qui lui ont été imposées par ordinateur devenu H.S. ou encore, par un téléphone portable de plus en plus fantaisiste !
Désarmé lorsqu’il est professionnellement fragilisé par des exigences numériques aussi farfelues qu’impraticables !
Désarmé lorsque son système informatique en panne, il lui est de plus en plus impossible de trouver dans un délai raisonnable un réparateur techniquement compétents, de confiance et à un prix acceptable !
Désarmé, enfin, lorsque dans chacun de ces cas lamentables, l’usager reste sans recours, c’est-à-dire, parfois, « sans assistance à personne en danger » et sans que cette situation n’émeuve la moindre de nos personnalités de la « représentation nationale !
Et tout ceci scientifiquement concocté, patiemment mis en place, revu, puis corrigé jusqu’à la quasi perfection de la situation subversive présente, jour après jour pendant les cinquante-sept ans qui séparent la démission du président de Gaulle de nos pantalonnades actuelles.
Alors, oui. Au vu de cette chienlit annoncée et réalisée, nous sommes bien foutus... A moins que...
27 réactions à cet article
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Á moins que .... des gens vertueux, courageux et réalistes ne puissent prendre les choses en main et faire renaître la France.
Expériences personnelles d’idioties récentes :
1— Afin d’ouvrir un compte bancaire dans ma ville, de transférer celui dont je suis titulaire dans la petite ville du département voisin, j’ai demandé une nouvelle carte d’identité. Ce morceau de plastikus vulgus imposé par l’eurokratur.
J’ai suivi la procédure en ligne, et un jour, on m’a envoyé un SMS pour m’informer que la nouvelle carte était disponible en mairie.Mais on ne me l’a pas donnée car je voulais conserver l’autre, mon authentique carte d’identité nationale française, délivrée le 21 janvier 1999 à Metz.
Alors j’ai écrit à Nuñez pour lui demander s’il était obligatoire de rendre l’ancienne carte pour obtenir la nouvelle.
Entre temps j’ai pu voter à l’élection municipale en montrant mon permis, ma carte vitale ( une dénomination idiote ! « carte médicale » eût été approprié ), une attestation de domicile, la carte d’électeur, et je voulais même montrer une photo de moi à poil, allongé sur une table, les fesses à l’air, prise lorsque je mesurais environ 60 ou 70 cm. On m’a laissé voter.
Deux mois après l’envoi de ma lettre au ministère, j’ai reçu une lettre d’un fonctionnaire m’informant que ma demande avait été transmise au préfet de la Manche qui était compétent pour traiter cette affaire.
J’ai écrit au préfet, en précisant que j’étais disposé à couper l’ancienne carte en deux et à en sectionner les coins, devant l’officier d’État civil afin de la conserver.
De toute façon je ne peux plus m’en servir.
Á ce jour je n’ai pas reçu de réponse.Si j’avais été un clandestin, même délinquant avéré, voire criminel, je suis sûr qu’on m’aurait délivré des papiers avec diligence, gratuitement et sans me demander la moindre justification.
2— J’ai perdu la laisse de Kim en pique-niquant sur un banc ; elle a glissé au sol et je ne m’en suis pas aperçu en rangeant tout dans mon sac après le goûter.
Ça m’embête parce que c’était une bonne laisse ; une sangle jolie, noir et rouge, assortie au harnais de Kim ; c’est une couturière pas chiante qui en avait cousu les extrémités pour faire une boucle, une dragonne, et l’autre pour maintenir ... le truc en métal.
Alors j’ai acheté une autre sangle. De moindre qualité car on n’en trouve plus des comme celle que j’avais. Maintenant tout vient d’Asie et c’est médiocre.
Enfin ! j’ai coupé 2 m et suis allé voir le cordonnier en face de chez moi ( il n’y-en-a pas d’autre de toute façon — la couturière sympathique a pris sa retraite ) pour lui demander un travail de couture.
Agacement ... Son ancienne machine à coudre n’existe plus. Elle a été remplacée par une autre reliée à l’or-di-na-teur ! Il faut programmer le truc qui est exigeant : il faut une certaine épaisseur. Et puis ça m’aurait coûté 10 balles. Trop cher pour avoir, pour sentir dans ma main une double épaisseur gênante.Depuis je cherche une dame sachant coudre ...
Deep Purple ont fait Machine Head ... moi je veux une Machine woman.
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@jakem
Vos exemples sont effectivement symboliques de la crasse dans laquelle nous sommes plongés de plus en plus profondément.
Merci pour votre commentaire. -
@parrhesia
Le smartphone est l’arme ultime de déculturation (en attendant mieux) informatique et générale, y compris pour les jeunes générations.
@jakem
Á moins que .... des gens vertueux, courageux et réalistes ne puissent prendre les choses en main et faire renaître la France.
Vous avez des noms ?
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@pasglop
Oui ! Mais j’ai promis de garder le silence.
Néanmoins, je peux vous dire qu’il-y-a des femmes dans le groupe.Pas des taudis de senestrissime réputation ...
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@pasglop
Je suis entièrement d’accord avec vous sur l’impact culturel dévastateur du smartphone (qui, en outre, n’est pas particulièrement « smart ») !
Mais je ne pense pas qu’il soit l’arme ultime de déculturation.
Connaissant bien les « déculturateurs » et leur esprit prolifique et maléfique, je crois plutôt que le smartphone n’est que l’une des armes, certes très efficace, de leur panoplie subversive.
Si nous n’y prenons garde, le « génie » des marionnettistes aidant, nous allons bientôt voir autre chose avec l’I.A.
Merci pour votre commentaire. -
Alors remercions tous les hackers qui pourraient nous sauver de cette catastrophe à venir.
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@Com une outre
Pour les remercier tous, faudrait-il encore savoir ce que chacun d’eux a derrière la tête.
J’avoue que personnellement je préférerais que nos « autorités et élites » soient capables de n’imposer leurs systèmes et méthodes à la population que lorsque que ces systèmes et méthodes ont été éprouvées et sécurisées. Je préférerais aussi que ces mêmes élites punissent sévèrement les hackers au lieu de les récompenser en les embauchant à des conditions avantageuses.
Mais, nous sommes en 2026, alors, sur le plan « élites », il ne faut pas rêver non plus. -
Les méfaits de l’âge !
Je réalise trop tard que le titre de cet article peut-être lu de deux façons !
ce que les esprits gaullistes positifs doivent donc lire, est donc :
« Depuis la participation Gaulliste des Ouvriers aux entreprises jusqu’à la dictature technologique actuellement en gestation »
Cela va tellement mieux en le disant !
Avec mes regrets pour cette source de confusion.
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@Parrhesia
Nous vous avions compris ! -
Mes petites contrariétés ne sont rien par rapport aux dangers évoqués par Michel DESMURGET, docteur en neurosciences et directeur de recherche à l’Inserm. Il a publié La fabrique du crétin digital. ( Le Figaro, ce jour ; copié-collé en pls parties )
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1— Cette semaine, deux informations ont fait la une : la dégringolade du niveau des élèves de l’OCDE , notamment à cause des écrans ; et l’inquiétude de certains géants de la tech concernant l’IA qui risque de nous dépasser. N’y a-t-il pas un paradoxe à façonner une technologie superpuissante tout en acceptant tacitement que l’intelligence mondiale collective se dessèche ?
M.D. : D’un point de vue cynique, il faudrait appeler à développer une intelligence artificielle plus performante encore, pour compenser l’affaissement de notre intelligence humaine. Le serpent se mord la queue : plus ces intelligences sont efficaces, plus il est tentant de s’appuyer sur elles pour réfléchir à notre place, au risque d’aggraver encore notre dépendance. Il faut alors nous demander si nous sommes prêts à remettre à ces outils les clés de notre humanité. Sommes-nous prêts à les laisser penser, agir et décider à notre place ; ce qui au-delà de l’éthique et de la morale ne serait pas sans risque ? Si l’on demande, par exemple, à une IA de garder une maison propre, elle pourrait considérer que le mieux c’est de supprimer les humains, car ils sont à l’origine des saletés.
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@jakem
( suite 1 ) : Le cynisme n’est donc pas une bonne idée. La réalité, c’est que plus ces outils vont devenir performants, plus il va falloir qu’on soit intelligents pour interagir avec eux. Autrement dit, si l’on refuse de transférer aux IA le contrôle de nos vies, alors, il faut que nous restions capables d’assimiler et de traiter ce qu’elles racontent. Concrètement, si vous demandez à une IA de vous expliquer la répression des Ouïgours, elle va faire appel à un vocabulaire et des connaissances précises qu’il faudra maîtriser pour comprendre la réponse et, le cas échéant, identifier de possibles biais ou erreurs. On oublie trop souvent que ces outils peuvent se tromper et ne sont pas neutres idéologiquement. Deux IA, chinoise et américaine, ne vous donneront pas forcément les mêmes réponses. Les données Pisa montrent que l’indice le plus fiable de la littératie numérique des adolescents, c’est-à-dire de leur capacité à comprendre ce qu’ils lisent sur internet, dépend principalement de leur aptitude à lire des textes longs et complexes. -
@jakem
( suite 2 ) :2— Quel monde préparons-nous ? Le savons-nous seulement ?
Des chercheurs de Stanford se sont demandé comment les étudiants, du collège à l’université, comprenaient les informations qu’ils trouvaient dans le monde numérique. Les résultats ont surpris tout le monde, ils étaient « sombres », « bleak » en anglais. Et pour cause : les étudiants éprouvaient de très grandes difficultés à comprendre les informations rencontrées car ils ne détenaient ni le langage ni la culture générale nécessaires. Selon les auteurs de l’étude, cela constitue une vraie « menace pour la démocratie », car cette dernière ne peut persister que si les citoyens maîtrisent les termes du débat. Le risque devient alors celui d’une « dictature des imbéciles », pilotée par la désinformation, le buzz et la propagande. Renoncer à notre intelligence, c’est renoncer à notre humanité.
Je ne sais pas si les gens réalisent l’ampleur du désastre. En Chine, 55 % des élèves sont très performants en mathématiques, contre seulement 5 % en France. À brève échéance, ce naufrage aura des conséquences très concrètes sur notre économie. Une étude de l’Union européenne a montré que si notre score Pisa augmentait de 25 points, notre PIB serait majoré de 30 % à l’horizon 2100. Depuis 2012, nous avons quasiment perdu 50 points en lecture et 40 en mathématiques. En outre, une note du Trésor a révélé que les industries du numérique n’étaient pas dépourvues d’externalités négatives (addictions, échec scolaire, productivité, etc.). À moyen terme, cela va coûter 3 points de PIB à notre économie, soit plus que les sommes collectées au titre de l’impôt sur les sociétés.
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@jakem
( suite 3 ) :À l’échelle française, les élus semblent se débattre pour interdire ou limiter l’accès des jeunes aux écrans, mais sans grand résultat… Sommes-nous naïfs quant aux conséquences, à moyen et long termes, de l’omniprésence des écrans dans nos vies ?
On ne peut pas en même temps gaver les élèves de tablettes et d’outils numériques de toutes sortes, et dénoncer ensuite l’usage que ces élèves font des outils qu’on leur a si généreusement distribués. La Cour des comptes et nombre d’autres rapports ont montré que les milliards d’euros investis dans la numérisation du système éducatif l’ont été en vain.
Au fond, nos politiques ne se débattent pas vraiment. Ils palabrent et commandent des rapports qui, les uns après les autres, pointent la dangerosité des écrans pour nos enfants. Un député conclura que TikTok « broie » leur cerveau. Le président de la République dira qu’« on a foutu en l’air une génération, c’est la fin de la civilisation ». Et rien ou presque ne se passera. On proposera quelques mesurettes, comme l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Des velléités que le Conseil constitutionnel s’empressera de retoquer sous d’étranges prétextes. Car, me semble-t-il, la santé mentale et cognitive de nos enfants vaut bien autant que le principe de liberté d’expression ; principe que les réseaux sociaux les empêchent d’ailleurs d’exercer pleinement, en privant ces jeunes de leur capacité à penser et s’exprimer. Peut-être est-il pertinent de noter que l’interdiction des réseaux pour les mineurs de moins de 15 ans existe déjà : l’inscription d’un jeune sur un réseau social exige un accord parental en vertu du RGPD (règlement général sur la protection des données).
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@jakem
( suite 4 et fin ) : Quels enseignements devrions-nous tirer des résultats du classement Pisa ? Les pistes pour empêcher la situation de se détériorer doivent-elles être radicales ?C’est cataclysmique et, si je devais parier, je ne mettrais pas ma pièce sur nos possibilités de rétablissement. Le glissement est tel que la solution, si elle existe, se doit d’être rapide et radicale. Il faut d’abord combattre le fléau des écrans et aider les familles, notamment dans les milieux défavorisés. Le prix Nobel James Heckman a montré que les investissements précoces sont, à terme, un puissant facteur d’économie à travers leur action sur l’échec scolaire, la santé, la délinquance, etc. Un autre point concerne évidemment l’Éducation nationale. L’un des leviers les plus importants touche alors aux enseignants, car leur impact est considérable, bien plus que celui de n’importe quel outils numériques. Les données sont sans appel, pour améliorer les performances de nos élèves, il faut impérativement améliorer le recrutement et la formation des enseignants.
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Chronique de Laurence de Charette, directrice adjointe de la Rédaction ( Le Figaro )
1/2 — Niveau des élèves en France, de mal en PISA
Il était non seulement prévisible, mais annoncé : le crash de l’école s’est produit. Voilà plusieurs décennies que des hordes d’idéologues, forcenés du pédagogisme et de l’égalitarisme, s’acharnent à liquider les savoirs, à éliminer les notes, à disqualifier des vertus aussi basiques que le mérite de l’élève et l’autorité du professeur. Pisa, ce classement mondial triennal, que tous les pays considèrent mais que les caciques de la Rue de Grenelle ont longtemps pris de haut, porte au grand jour, au vu et au su de toute la planète, l’inéluctable désastre que d’aucuns, chez nous - mais ils sont tout de même de moins en moins nombreux -, s’obstinent encore à nier.
La déroute est totale : l’école « républicaine » à la française est championne dans la reproduction des inégalités sociales - et plus le temps passe, plus le déterminisme s’accentue. Éradiquer la réussite scolaire : c’est là la magnifique performance des bons apôtres de l’« égalité des chances » qui croient si peu en l’intelligence et en l’effort qu’ils préfèrent miser sur l’effondrement des exigences - sur tous les plans.
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@jakem
Le pire est sans doute devant nous
2/2 -L’« ascenseur » fonctionne d’ailleurs désormais si mal qu’il ne parvient même plus - et c’est une nouveauté - à hisser vers le haut les élèves en principe favorisés, dont les résultats s’effondrent. L’excellence n’est pas aimée ? Le problème est réglé : la voilà chassée. Bientôt, la France se cherchera en vain des élites capables de l’emmener vers l’avenir… Mais le pire est sans doute devant nous : à ceux qui en doutaient encore, Pisa montre, à l’échelle planétaire, cette fois, les terribles ravages des écrans, des réseaux et de l’intelligence artificielle sur les jeunes cerveaux.
S’il fallait pourtant chercher, dans ce triste tableau - le pire classement en vingt ans -, une raison d’espérer, ce serait son calendrier : aux nombreux prétendants à la présidentielle, Pisa trace, avec une rare clarté, une feuille de route impérative, et une urgence : renverser la table pour revenir aux fondamentaux et replacer l’école, avec ses acteurs, au cœur de nos préoccupations, de nos exigences, de nos espérances.
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@jakem
Merci Jakem, pour avoir bien voulu consacrer une analyse aussi circonstanciée à mon propos.
En toute sincérité, votre commentaire devrait susciter un nombre beaucoup plus important d’étoiles positives.
Deux phrases justifient à elles seules ce jugement favorable.
>>> N’y a-t-il pas un paradoxe à façonner une technologie superpuissante tout en acceptant tacitement que l’intelligence mondiale collective se dessèche ? <<<
Ce Paradoxe est à la fois si important et si évident qu’il ne devrait logiquement échapper à aucun annaliste sensé. Or, nous ne voyons, ni dans le cloaque enseignant actuel, ni dans la bulle globalement lamentable de notre représentation nationale, ni au sein de ce gouvernement, la moindre personnalité de poids se lever pour présenter une protestation suffisamment documentée afin d’être puissante et efficace.
Conclusion : cette situation est bel et bien, a minima, acceptée par la majorité de ces trois pans de notre société.
>>> C’est cataclysmique et, si je devais parier, je ne mettrais pas ma pièce sur nos possibilités de rétablissement. Le glissement est tel que la solution, si elle existe, se doit d’être rapide et radicale. <<<
Les qualités populaires traditionnelles françaises ne permettent plus ni rapidité ni radicalité. Elles ont été à ce point affaiblies par deux « propagandas » subversives successives que le « vulgum pecus » est littéralement devenu le « vulgum Pecus de monsieur Panurge ! »
- Le troupeau délègue son jugement au mouton de tête (ça laisse rêveur) !
- Il croit en la répétition des mensonges au lieu d’exiger des preuves !
- Dans presque tous les divers militantismes politicards de notre environnement actuel, il se dégonfle de protester parce qu’il craint le rejet de son entourage humain et politique !
- Il finit donc, avec ses collègues, par suivre le mouton que le bon monsieur Panurge a volontairement poussé à la mer, entraînant avec lui non seulement le troupeau mais aussi les bergers qui voulaient le protéger.
Merci, encore Jakem, pour le développement dont vous avez gratifié cet article.
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@Parrhesia
Merci à vous, Parrhesia.( les étoiles négatives sont le produit du réflexe de Pavlov des islamo-gauchistes — ça me fait sourire, parfois rire franchement — ils sont aussi prestigieux que des balais sans brosses )
Je continue dans la même veine en publiant un entretien ( @Atlantico ) dont la teneur porte sur les dangers du smartphone .... qui n’est pas « aussi smart » comme vous l’avez souligné.
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Atlantico, 13 sept. 26, entretien avec Markus Hofer ( chercheur et doctorant dans le domaine des sciences de la complexité ) et Stefan Thurner ( physicien et économiste, cofondateur et président du Complexity Science Hub )...
2008, l’année où la vie politique des démocraties occidentales a basculé dans la polarisation (et devinez ce qui a été massivement adopté au même moment…)Le smartphone a-t-il vraiment cassé la démocratie ? C’est la thèse, aussi dérangeante que rigoureusement démontrée, de Markus Hofer et Stefan Thurner. Dans une étude qui s’appuie sur la physique des transitions de phase, les deux chercheurs autrichiens montrent que la polarisation politique en Occident n’a rien d’une dérive progressive : elle a basculé brutalement autour de 2008, au moment précis où l’essor des réseaux sociaux a fait doubler notre nombre de connexions sociales. Leur modèle révèle un paradoxe vertigineux, plus on se connecte, plus on se déchire, et une mauvaise nouvelle : une fois le seuil critique franchi, revenir en arrière est beaucoup plus difficile qu’on ne le pense. Entretien.
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@jakem
1—Atlantico : Dans votre étude, vous montrez que la hausse de la polarisation coïncide très précisément avec l’essor des smartphones et des réseaux sociaux autour de 2008. S’agit-il selon vous d’une simple synchronicité historique ou d’un véritable tournant structurel dans la vie politique des démocraties occidentales ?
Markus Hofer & Stefan Thurner : Ce n’est pas une coïncidence. Dans cet article, nous montrons un mécanisme simple, mais réaliste, qui relie connectivité et polarisation. C’est un mécanisme très solide.
La façon dont nous formons, adaptons et changeons nos opinions est vraisemblablement restée la même au cours des dernières décennies. Nous avons tendance à être d’accord avec nos amis, et peu nous importe d’être en désaccord avec nos ennemis. Dans une certaine mesure, nous ajustons certainement nos opinions pour les aligner sur celles de nos amis, ce qui procure un confort social. Ce qui a radicalement changé autour de 2008, c’est la manière dont nous pouvons nous connecter les uns aux autres pour partager et discuter de ces opinions.
La technologie a facilité la communication. Cela apparaît clairement dans les données d’enquête : le nombre moyen d’amitiés proches a pratiquement doublé entre 2004 et 2020. Mais notre modèle montre qu’au-delà d’un nombre critique de connexions sociales moyennes dans une société, le système bascule, il franchit un point de bascule. La société se réorganise en camps opposés, et la polarisation augmente fortement, ce qui est exactement ce que l’on observe, également quantitativement, aux États-Unis après 2008 dans les données d’enquête.
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@jakem
2—Donc oui, 2008 a bien marqué un véritable tournant structurel, celui du franchissement d’un point de bascule.
Intuitivement, on pourrait penser que davantage de connexions sociales expose les individus à davantage de points de vue et réduit la polarisation. Pourquoi, selon votre modèle, l’augmentation des interactions sociales produit-elle l’effet inverse ?
Markus Hofer & Stefan Thurner : Oui, c’est en effet un paradoxe. Mais il peut s’expliquer. Si vous avez deux amis proches, vous ne ferez rien au monde pour les changer, ils sont si importants que vous restez avec eux quoi qu’ils pensent. Mais si vous avez cinq amis proches, vous pourriez rompre avec celui que vous aimez le moins, celui avec qui vous partagez le moins d’opinions communes, et le remplacer par quelqu’un avec qui vous « ressentez davantage d’harmonie sociale ». Si tout le monde fait cela, la société se réorganise et se scinde en bulles, en camps qui s’opposent les uns aux autres. Cela conduit à la formation de groupes cohérents en interne mais opposés à l’extérieur. Plus de connexions signifie, paradoxalement, des divisions plus marquées. Si toutes les interactions sociales étaient uniquement amicales et positives, bien sûr, une connectivité accrue mènerait à plus de consensus et de modération. Mais toutes les interactions ne sont pas positives. Les gens ont des ennemis, des rivaux, et certains qu’ils n’apprécient tout simplement pas.
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@jakem
3— Votre article décrit une transition brutale vers la polarisation au-delà d’un seuil critique de connectivité. Cette transition peut-elle être comparée à d’autres phénomènes connus en physique ou en biologie, et que nous apprend cette analogie sur la fragilité des équilibres démocratiques ?Markus Hofer & Stefan Thurner : Les transitions de phase sont un concept bien compris en physique. Une légère baisse de température en dessous d’un seuil critique de 0°C fait geler l’eau, la faisant passer d’un liquide désordonné à un cristal rigide. Le mouvement aléatoire des molécules, provoqué par la chaleur, devient soudainement plus faible que la tendance des molécules à former des structures. Une connectivité sociale accrue a un effet similaire à celui de la température. Au-delà d’un seuil critique, les connexions permettent la formation de groupes idéologiques rigides aux frontières nettes. Pour la société, cela signifie que des changements progressifs dans notre façon de nous connecter et d’interagir peuvent déclencher des basculements soudains et disproportionnés de la polarisation politique. Avec le recul, sachant cela, il a peut-être été naïf de laisser se répandre les réseaux sociaux sans savoir à quels effets collectifs ils pourraient mener, des effets susceptibles de mettre fin à la démocratie.
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@jakem
4—Vous montrez qu’une très faible fraction d’individus aux opinions extrêmes suffit à modifier profondément la dynamique de polarisation. Ce résultat suggère-t-il que le problème central n’est pas la majorité silencieuse, mais la structure de visibilité et d’amplification au sein des réseaux sociaux ?
Markus Hofer & Stefan Thurner : Dans notre article, nous montrons que 2 % des individus (les « influenceurs ») aux opinions extrêmes et figées peuvent fondamentalement modifier la dynamique. Ils ne révisent jamais leurs opinions, mais agissent comme des germes autour desquels les groupes idéologiques commencent à se former. La majorité silencieuse suit la dynamique sociale normale, mais des extrémistes coordonnés dictent le récit. Et cela suppose une visibilité égale, si les plateformes amplifient les contenus radicaux, la polarisation sera plus forte.
Plusieurs études empiriques montrent que quitter temporairement les réseaux sociaux a des effets modestes sur la polarisation individuelle. Votre modèle explique-t-il pourquoi ces expériences ont un impact collectif limité, malgré des effets psychologiques individuels parfois positifs ?
Markus Hofer & Stefan Thurner : La polarisation est un phénomène collectif. Si un individu réduit temporairement ses connexions sociales, par exemple en quittant les réseaux sociaux, le reste du système demeure polarisé. Son expérience personnelle peut s’améliorer, mais à moins que cela ne devienne un phénomène de masse, il n’a aucune chance de défaire la polarisation une fois qu’elle s’est installée. Ce serait un peu comme retirer des molécules individuelles d’eau bouillante et s’attendre à ce qu’elle gèle.
Même si tout le monde réduisait sa connectivité simultanément, l’état de polarisation persisterait. Cela s’explique par la « malédiction » d’un effet d’hystérésis que nous parvenons à démontrer dans le modèle : une fois dans le régime polarisé, revenir à la connectivité d’origine ne suffit pas à inverser le phénomène. Le système doit descendre bien en dessous de la connectivité initiale pour retrouver le niveau de polarisation de départ.
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@jakem
5 et fin - Les algorithmes de recommandation portent-ils une part de responsabilité dans l’augmentation du cloisonnement social ? Pensez-vous que réguler les algorithmes pourrait réellement déplacer le seuil critique de polarisation, ou seulement en atténuer les symptômes ?Markus Hofer & Stefan Thurner : Notre modèle n’inclut pas explicitement les algorithmes de recommandation. Dans notre cadre, les algorithmes pourraient influencer la polarisation d’au moins deux façons : en amplifiant les voix extrêmes, c’est-à-dire en augmentant la portée de la minorité radicale, ou en modifiant la structure du réseau social sous-jacent au-delà de la simple connectivité, par exemple en vous montrant des contenus appréciés par vos amis. Ces deux mécanismes abaisseraient le seuil à partir duquel la polarisation se déclenche. Réguler reviendrait à relever ce seuil, traiter les symptômes n’aidera pas beaucoup. Cela souligne l’importance de comprendre les mécanismes de la polarisation avant d’entreprendre toute démarche réglementaire.
Quelles priorités politiques ou sociétales réalistes devraient être adoptées au cours des dix prochaines années pour limiter la polarisation ?
Markus Hofer & Stefan Thurner : Il existe deux possibilités : accroître la tolérance ou réduire la connectivité sociale. Aucune des deux n’est réaliste. Si l’on disposait de plus d’une décennie, apprendre et pratiquer la tolérance de manière proactive dès la maternelle, à l’école, dans la société, serait la solution. Cela impliquerait trois aspects.
Premièrement, des efforts de construction de ponts en favorisant délibérément les connexions entre groupes idéologiquement opposés, par le biais de médiateurs ou de passerelles suffisamment solides pour essuyer les tempêtes venues des deux camps. Ces médiateurs peuvent briser les frontières idéologiques nettes qui, comme le montre notre modèle, sont nécessaires à une forte polarisation.
Deuxièmement, la conception des plateformes compte. Si les algorithmes influencent avec qui nous nous connectons et quels contenus nous voyons, alors des choix de conception éclairés pourraient favoriser des structures d’information propices à la cohésion plutôt qu’à la division. Cela ne signifie pas nécessairement censure ou suppression de contenu, mais pourrait signifier repenser la manière dont la visibilité et la portée sont distribuées.
Troisièmement, l’hystérésis présente dans notre modèle suggère que la prévention est bien plus facile que le retour en arrière. Une fois la polarisation installée, elle devient structurellement ancrée. La priorité pour la prochaine décennie devrait être d’agir avant que d’autres seuils ne soient franchis, plutôt que d’attendre que les dégâts n’exigent une intervention drastique et impopulaire, qui ne pourra peut-être même plus être mise en œuvre. Peut-être verra-t-on aussi émerger des interventions technocratiques ciblées, fondées sur une meilleure compréhension des phénomènes sociaux collectifs.
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Thibault de Montbrial : « Le tribunal administratif de Grenoble interdit à la Gendarmerie le recours aux drones pour les secours en montagne.
C’est le résultat de la combinaison entre une association d’illuminés et un tribunal d’idéologues. »
Les tribunaux administratifs suspendent très souvent les arrêtés préfectoraux autorisant l’emploi de drones par les Services d’ordre sous prétexte d’une atteinte disproportionnée à la vie privée.
Á l’instar des juges rouges, les juges administratifs qui prennent ces décisions sont directement complices des délinquants.
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Une sorte d’ affaire Tournesol ou Charles Sapin interdit d’antenne sur France Inter par les islamo-gauchistes .....
Une très bonne chronique de Thomas Bonnet ; pertinente, totalement justifiée et sans aucune agressivité ; c’est très différent de ce qu’on entend dire à Gauche.
J’apprécie particulièrement que Bonnet ait dit « ... le PRÉTENDU camp du Bien ».
On oublie beaucoup trop souvent d’employer cet adjectif en rapportant les paroles des destructeurs.-
@jakem
Vincent Trémolet de Villers parle des « précieux ridicules » :
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