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Accueil du site > Tribune Libre > De la peur du Numérique

De la peur du Numérique

“Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” disait Lavoisier. Alors d’où nous vient cette peur ancestrale du changement ? Les robots sont-ils à l’emploi ce que “le livre [a été] à l’édifice” ? Pourquoi l’Homme, comme le docteur Frankenstein, a-t-il autant de haine que d’amour pour sa création ?

L’histoire, la science, l’économie, la sociologie et même la nature et l’univers nous montrent perpétuellement que l’évolution est inévitable, et que le numérique en fait partie.

 

PEUR PANIQUE

    Il y a quelques semaines un article a attiré mon attention : « Rassurez vos employés face à l’invasion des robots ». Le chroniqueur explique que les robots et la RPA (Robotic Process Automation) qui font leur apparition dans les entreprises, génèrent des vagues de panique, presque similaires à celles provoquées par le canular radiophonique d’Orson Welles, en 1938, qui avait fait croire au débarquement des martiens pour la sortie de « La Guerre Des Mondes », de H.G. Wells1. Ainsi, nous aurions autant peur de nos propres créations que d’êtres extraterrestres parfaitement inconnus.

 

PEUR PANIQUE, OU PEUR FONDÉE ?

    Le passage au numérique, comme tout changement, est générateur d’angoisse : suppression d’emplois, nécessité d’apprentissage de nouvelles technologies et donc de nouvelles méthodes de travail, d’adaptation, de remplacement, … Bref, chamboulement de pas mal de nos acquis.

Cette angoisse ne date pas d’hier. Pendant la révolution Industrielle, David Ricardo, père fondateur de l’économie libérale, écrivait dans « Des principes de l’économie politique et de l’impôt » que la crainte des ouvriers face aux machines était totalement fondée puisque « La demande de travail diminuerait, et les marchandises nécessaires au maintien du travail seraient bien moins abondantes  »2. On sait ce qu’il est advenu depuis.

 

L’HUMAIN, INNOVATEUR PAR ESSENCE

    Pourtant il semble que cette peur panique nous fasse oublier d’où nous venons, car l’essence même de l’être humain est d’être un inventeur. Nous avons dû constamment faire face aux contraintes et changements générés par notre environnement, et si bien que dès le 19ème siècle cette particularité de l’Homme a été établie et étudiée, donnant naissance à l’anthropologie des techniques.

En 1991, l’ouvrage « L’Histoire des Mœurs », publié sous la direction de Jean Poirier, deviendra une référence dans l’univers des Sciences sociales. Au Chapitre « l’Homme et la novation : L’Homme et l’invention », Robert Boucher et Claire Laurent commencent ainsi : « L’Homme s’est adapté aux turbulences du monde par une chaîne d’inventions qui tracent son évolution, depuis les origines il y a plusieurs millions d’années, jusqu’à l’émergence de l’homme moderne. Pendant cette longue évolution, l’homme s’est adapté aux pressions sans cesse exercées sur lui par l’environnement, en créant les systèmes capables d’assurer sa sécurité, sa survie et sa reproduction »3 .

Si l’ouvrage fut controversé par la suite, notamment sur l’idée que le cerveau humain avait cessé d’évoluer lorsqu’il avait atteint le stade de sapiens, force est de constater que c’est pour s’adapter au mieux à son environnement que l’Homme a créé des outils. Et quoi qu’on en dise le silex, la locomotive, l’avion ou l’ordinateur ont tous un point commun : ce sont des outils créés par l’Homme pour sa survie, et chacun d’eux, à leur époque, a été une révolution bouleversant les acquis.

 

« MAJORITÉ TARDIVE » ET« RETARDATAIRES »

    A chacun des ces bouleversement, les scientifiques et sociologues des différentes époques ont remarqué des réactions similaires. L’un d’entre eux l’a finalement modélisé en 1962, dans son ouvrage intitulé “Diffusion of Innovations”. Everett Roger, nous explique dans cet ouvrage devenu une référence dans les domaines de la sociologie et du commerce, que face à l’adoption des innovations on observe cinq groupes distincts de personne : les “innovateurs”, les “premiers adeptes”, la “majorité précoce”, la “majorité tardive” et les “retardataire”

Les réactions les plus violentes viennent souvent de la majorité tardive et des retardataires, autrement dit, des conservateurs.

Cet instant de la découverte qui contient en germe toutes les passions et tous les malentendus à naître”4 , sentiment humain face à l’inconnu, que l’on parle comme Jean-Christophe Rufin de la rencontre de deux civilisations, dans le roman historique « Rouge Brésil », ou encore du sentiment amoureux, ou enfin de l’adoption d’un nouveau mode de fonctionnement social insufflé par l’ère du numérique, la courbe de E. Rogers montre qu’au moins la moitié des êtres humains a du mal avec le changement. Ceci est totalement paradoxal avec la nature d’ “inventeur contraint” de l’Homme, dont l’histoire nous rend si fiers. Fiers oui, car aucun conservateur ne critiquera plus, par exemple, l’invention du chemin de fer, comme ils le firent à l’époque de son émergence.

A ce propos, on peut citer le célèbre philosophe allemand, Arthur Schopenhauer, qui écrivait dans “L’Art d’avoir toujours raison” que : « Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence« . Les nouveautés comme les découvertes ou les innovations technologiques, semblent elles aussi passer irrémédiablement par ces trois phases.

 

LE « GRAND REMPLACEMENT »

    Et puis il arrive toujours un moment dans l’histoire où ces outils ne sont plus là pour assister l’Homme, mais bien pour le remplacer. Vient alors la peur, et à mon sens, une chose presque étrange : une sorte de jalousie naît dans le cœur du créateur. Syndrôme du Docteur Frankenstein qui admire et chérie sa créature autant qu’il l’a craint et qu’il l’a hait.

Karl Marx disait, dans son « Introduction générale à la critique de l’économie politique » : “La nature ne construit ni machines, ni locomotives, ni chemins de fer, […] Ce sont des organes du cerveau humain créés par la main de l’homme : de la force de savoir objectivée. […] Jusqu’à quel degré les forces productives sociales sont produites, non seulement sous la forme du savoir, mais comme organes immédiats de la pratique sociale ; du processus réel de la vie .  »5

Le numérique n’échappe pas à cette règle, et comme toute révolution technologique il provoque une phase de notre Histoire où l’évolution de l’Homme est exponentielle. Pour autant est-ce à dire que nous serions dépassés par notre propre savoir, lui-même guidé par nos croyances, notre culture ou notre éducation ? Et qu’alors une peur panique serait justifiée ?

 

UTOPIES RÉALISTES

    A regarder de trop près notre quotidien, il semble normal d’être préoccupé par la conservation d’un emploi pour nous mettre à l’abri du besoin, et donc de se méfier de ce qui nous place dans l’insécurité.

Mais prenons du recul : l’objectif d’une société et de tout un à chacun n’est-il pas de d’augmenter son temps libre et de diminuer son temps de travail pour pouvoir faire ce que bon lui semble ?

Mon professeur de sociologie à l’université nous avait demandé ce que nous voulions faire plus tard. Une fois que tout l’amphithéâtre avait répondu à coup de « chargé de com », « attaché presse », « conseiller ministériel », « wedding planner », et autres « webmaster », il s’était étonné que personne ne lui réponde : « Je ne veux pas travailler. Je veux avoir de l’argent et en profiter  ».

Une évidence ? Pas tant que ça, puisque les employés craignent d’être remplacé par machines. Ou plus exactement, ce n’est pas la crainte de perdre son emploi, mais plutôt les conséquences sociales que cela implique.

C’est un sentiment qui nous paraît bien normal, mais Rutger Bregman, dans ses « Utopies Réalistes »6 nous montre au contraire, et par la preuve, que ce « sentiment normal » n’est en rien logique, ni fondé, et qu’il y a mille façons de le contourner. En particulier au Chapitre “La course contre la Machine”, Bregman commence avec l’exemple de ce que les chevaux de traits ont apporté au travail de la terre et poursuit avec les robots en disant ceci : “Les robots. ils sont aujourd’hui l’un des plus puissants arguments en faveur de la réduction du temps de travail et d’un revenu universel de base. En fait, si la tendance actuelle se maintient, il n’y a qu’une alternative : le chômage structurel et des inégalités croissantes ”7. Puis, il entame le chapitre suivant en concluant celui des machines comme suit : “Et puis il y a ce sentiment de culpabilité. Nous voici, en pays d’abondance, à philosopher à propos de décadentes utopies fondées sur de l’argent gratuit et des semaines de quinze heures, tandis que des centaines de millions de gens cherchent à survivre avec un dollar par jour. Ne vaudrait-il pas mieux nous atteler au plus grand défi de notre temps : permettre à tous les habitant de la Terre d’avoir accès aux joies du pays d’abondance ? ”8

Alors, comment “Rassurer vos employés face à l’invasion des robots” ?

Le paradoxe de l’Homme est de refuser trop souvent de changer ses habitudes dans un monde en perpétuel mouvement : les villes, les hommes, la nature, les planète et les galaxies, jusqu’aux moindres microbes, sont constamment en changement, évolution. Mettre en place des règles pour organiser une société à un moment t1 et refuser de les faire évoluer lorsque cette société atteint son temps t2 est alors contre-productif.Chacun sait en effet que nul n’arrête le progrès.

 

INDISPENSABLE LOI

    Un éminent scientifique et fils d’un grand magistrat m’a demandé un jour : « Connais-tu la différence entre une société civilisée et une société barbare ? C’est la loi. » L’homme peut être un loup pour l’homme, et retourner à la barbarie, s’il ne comprend pas, s’il se trouve dans un état de survie permanent, c’est-à-dire un environnement ou peu à peu les lois disparaissent laissant place à la seule loi du plus fort, ou à celle du plus riche. Notre société de plus en plus libérale pousse aujourd’hui les populations à être dans cet état permanent de “guerre” et d’insécurité.

En ajoutant à cela un nouveau mode de travail imposé, les dirigeants créent une ambiance d’insécurité qui oblige la “Majorité Tardive” et les “Retardataires” à être sur la défensive et dans l’angoisse. Imposer sans expliquer, est le frein le plus puissant à l’adoption du numérique. Ceux qui ne prennent pas le temps nécessaire à l’apprivoisement, à la formation, n’obtiendront qu’une réaction violente, insufflée par la peur primaire de l’appréhension de l’inconnu.

 

LA DESTRUCTION CRÉATRICE

    Mais soyons raisonnable : aucune innovation n’apparaît dans une économie sans détruire quelque chose, et cette idée apparue dans les écrits de quelques grands hommes tels que Friedrich Nietzsche, Karl Marx, Werner Sombart et même Darwin avant d’être établie et largement répandue par Joseph Schumpeter en 1942 à travers son oeuvre “Capitalisme, Socialisme et Démocratie”. Il y explique que dans nos sociétés capitalistes il est absurde de refuser qu’une technologie en remplace une autre : “ Chaque mouvement de la stratégie des affaires ne prend son véritable sens que par rapport à ce processus et en le replaçant dans la situation d’ensemble engendrée par lui. Il importe de reconnaître le rôle joué par un tel mouvement au sein de l’ouragan perpétuel de destruction créatrice – à défaut de quoi il deviendrait incompréhensible, tout comme si l’on acceptait l’hypothèse d’un calme perpétuel9.

L’électricité a remplacé le feu et avec elle est morte la profession de falotier, les machines à laver ont remplacées les lavandières, l’imprimerie a remplacée les scriptes, et ainsi de suite “ceci tuera cela” comme l’écrivait déjà Victor Hugo dans le célèbre “Notre Dame de Paris”10.

Mais des enfants naissent tous les jours tandis que les vieillards s’éteignent et ainsi se perpétue le cycle de la vie, pareil aux feuilles d’un arbre qui meurent et renaissent laissant leur hôte grandir doucement. Dès lors, refuser de voir se terminer certaines choses équivaut à refuser l’évolution globale de la société humaine.

Et puis, si l’on ne veut pas tomber dans la nostalgie, on peut aussi considérer simplement que “rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme11.


  1. Lyonel Rouast, “Rassurez vos employés face à l’invasion des robots”, www.lemondeinformatique.fr, 2018,[https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-rassurez-vos-employes-face-a-l-invasion-des-robots-71563.html]

  2. David Ricardo, “Des principes de l’économie politique et de l’impôt : Chapitre XXXI Des Machine”, Guillaumin, 1847, p.367

  3. Robert Boucher et Claire Laurent, “Histoire des moeurs : l’Homme, contraint à l’invention, Le moteur de l’humanité”, www.mecaniqueuniverselle.net, 2001, p.3 [http://mecaniqueuniverselle.net/animal-homme/environnement/progres.php]
  4. Jean-Christophe Rufin, “Rouge Brésil” : “A propos des sources de Rouge Brésil”, Collection Folio des éditions Gallimard, 2001, p. 598
  5. Karl Marx, « Introduction générale à la critique de l’économie politique » , manuscrit 1857, Les Éditions sociales, Paris, 2011, p. 660-662
  6. Rutger Bregman, “Utopies réalistes”, Editions du Seuil, Paris, 2017
  7. Rutger Bregman, “Utopies réalistes” : “ La course contre la machine”, Editions du Seuil, Paris, 2017, p.168
  8. Rutger Bregman, “Utopies réalistes” : “ Par-delà les portes du pays d’abondance”, Editions du Seuil, Paris, 2017, p.191
  9. A. Shumpeter, “Capitalisme, socialisme et démocratie”, 1942, p. 94
  10. V. Hugo, “Notre Dame de Paris”, Livre cinquième : chapitre II : “Ceci tuera cela”, 1831 : Victore Hugo fait allusion à l’imprimerie qui tuera les cathédrales en éduquant le peuple qui n’aura désormais plus besoin de la religion pour lui dicter sa pensée.
  11. A. Lavoisier paraphrasant dans son “Traité élémentaire de chimie” (1789) le philosophe Anaxagore qui est à l’origine de la formule “rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau

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28 réactions à cet article    


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 20 juin 18:13

    Tiens, de la réclame ^^


    • Le421 Le421 22 juin 08:39

      @bouffon(s) du roi

      Moi qui croyait que « le grand remplacement », c’était l’arrivée des bougnoules sur les plages de Méditerranée.
      J’en tombe de cul !!  smiley

    • zzz'z zzz’z 20 juin 18:16

      La vie quand on la perd, cela nous transforme en mort.


      Lu et approuvé par ceux qui ont exécuté ce fermier général, ce gros comptable de merde.

      • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 20 juin 19:29
        Peut-être que tout le monde sera dégouté avant même que la machine remplace l’homme.

        Les derniers résultats en date :

        - Elon Musk, l’apôtre de la machine qui construit de machines, a appliqué son principe à l’usine Tesla. Résultat : il produit quatre fois moins qu’une autre marque normale avec des voitures aux portes de traviole en bout de chaîne. Certains disent qu’il est déjà en faillite.

        - La voiture qui se conduit toute seule jusqu’au tribunal, accusée de meurtre.

        - Les logiciels du centre des impôts, des ressources humaines des armées... se muent en créateurs fantaisistes

        - Les assistants vocaux qui vous enregistrent à votre insu juste après les téléphones portables qui vous tracent dépassant les rêves les plus fous des dictateurs.

        - La blockchain de l’Etherum, l’avenir de l’argent nous dit-on, dont les gaffes se chiffrent à 400 millions de dollars.

        - Les hackers qui batifolent joyeusement dans la confusion.

        Je connais déjà des informaticiens qui se sont recyclés dans la paysannerie, ils ont dû être lassés d’un futur meilleur.

        • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 21 juin 18:10

          @La Voix De Ton Maître



          Raison : le pass de l’employé est tombé en panne et à l’entrée du bureau, il passait manuellement par le vigile, l’ordinateur l’a considéré comme démissionnaire.

          C’est pas de la peur, mais du temps perdu pour rien. La nouvelle date d’il y a deux heures, il y en aura une autre très bientôt qui viendra confirmer la tendance !


        • Laconique Laconique 20 juin 20:45

          « Le système technicien, exalté par la puissance informatique, a échappé définitivement à la volonté directionnelle de l’homme.ʺ


          ʺJe voudrais rappeler une thèse qui est bien ancienne, mais qui est toujours oubliée et qu’il faut rénover sans cesse, c’est que l’organisation industrielle, comme la « post-industrielle », comme la société technicienne ou informatisée, ne sont pas des systèmes destinés à produire ni des biens de consommation, ni du bien-être, ni une amélioration de la vie des gens, mais uniquement à produire du profit. Exclusivement.ʺ


          Jacques Ellul, Le Bluff technologique.


          • lephénix lephénix 20 juin 22:06

            et son ami bernard Charbonneau disait qu’il faut veiller à avoir les machines de notre société et surtout pas la société de nos machines..


            • sls0 sls0 20 juin 22:18

              Je n’ai rien contre l’évolution.

              Derrière chez moi il y avait une rivière avec un chemin de halage. Si pour moi ce chemin c’était pour faire du vélo, il à servit au début à la traction humaine de la péniche, ensuite animale, ensuite par tracteur.
              Ça été remplacé par des péniches à moteur. Un homme ne produit qu’un petit 1/2 kWh par jour.
              Toute cette évolution à permis à l’homme d’augmenter son rapport énergétique par 200 en moyenne, merci la machine.
              L’énergie disponible facilement a permis un accès facile aux ressources et leur transformation.
              Le PIB mondial et la population ont explosé.
              La robotisation serait une suite logique dans un monde aux ressources infinies telles que pensées pendant la mécanisation de la production.
              Multiplier par 200 la production a entrainé une sur-exploitation des ressources. Dans 10-20 ans on commencera à avoir des fins de ressources dont le pétrole qui a été le principal moteur.
              Les robots arrivent trop tard, on est sur un chemin obligé de décroissance, il ne sert à rien d’augmenter une production si ce est que pour augmenter la vitesse qui nous fait aller dans le mur.
              Si le robot ne peut servir pour l’augmentation de la production, il remplacera des humains qui auront déjà difficile à trouver du boulot sans les robots.
              Un gros tracteur 4X4 pour un champ en hectares est compréhensible, pour un jardin la bêche suffit.
              Avec les ressources qui vont diminuer, la population mondiale sera divisée par 2 à 3. Pour arriver à ces résultats il y a trois manière :
              La famine, la guerre ou les épidémies. Je ne sais pas si les robots pourront servir dans ce cadre là. Quoi que il n’a pas d’état d’âme, un bon point pour lui.


              • Jason Jason 21 juin 09:42

                Bonjour,


                C’est là un très bon sujet, mais vous allez un peu vite en besogne.

                « Le paradoxe de l’Homme est de refuser trop souvent de changer ses habitudes dans un monde en perpétuel mouvement : les villes, les hommes, la nature, les planète et les galaxies, jusqu’aux moindres microbes, sont constamment en changement, évolution ».

                Ce changement existe, c’est vrai. Mais le facteur que vous ne prenez pas en compte, c’est le temps.  Ne mélangeons pas les changements dits naturels et les changements technologiques/humains. Vous faites là un amalgame inacceptable. Vous ne pouvez pas mettre sous la même rubrique les changements biologiques, géologiques, astronomiques, etc.  et les évolutions des techniques humaines. Les échelles de temps sont trop différentes. Et donc votre démonstration est entièrement faussée car elle contient une teinte d’endoctrinement, pour ne pas dire pire.

                Les menaces que fait peser l’informatique sur l’emploi et donc son impact sur les modes de vie des salariés, ces menaces sont ressenties comme un force inexorable et obscure. La raison en est le cadre lié au temps, à la rapidité, et à la coercition d’une évidence absolue. Ces forces, souvent ces violences sont le fait de pressions économiques et des contraintes urgentes de rendement du capital investi. Il existera toujours un hiatus entre le temps de la finance et celui du travail.  Et qui dit que le travail doit, en toutes circonstances, et sans réflexion, s’adapter au temps de la finance ? Ce rapport de force prend souvent des aspects violents.

                Dans ces cycles de grands remplacement que vous citez, il faudrait opposer les temps d’assimilation de ces techniques. Et c’est là que les théories du « nudge » chères à Kahneman, ou évolution douce peuvent être utilisées.

                Ca, c’est pour la situation générale. En ce qui me concerne : tout ce bruit, toutes ces agitations à propos du numérique me laissent froid. Du moins, en ce qui me touche dans la vie de tous les jours. Dans la plupart des cas et pour ce qui est gênant, il suffit d’un geste : débrancher la prise de courant. Ou, moins radicalement, ne pas posséder les gadgets aliénants.

                • hunter hunter 21 juin 10:07
                  Curieux cette manie qu’on les techno-propagando-progressistes, adorateurs du « progrès qui progresse et de la technique qui innove », de développer dans un papier médiocre, une seule chose, qu’ils n’ont pas inventée mais reprise, à savoir ce que la vieille Thatcher avait dit en 4 mots : « There is no alternative » !
                  Et cette autre manie, d’assimiler ceux qui y résistent, à des gens qui auraient peur.......sans doute encore une rédactrice ( Enora est bien un prénom féminin n’est-ce pas ?), complètement déconnectée de la réalité, bien cachée dans son milieu urbain très virtualisé, et officiant comme petite main, pauvre pigiste, censée répandre la bonne parole pour une quelconque et obscure officine de la « start-up nation » ?

                  Il faudrait que vous sortiez un peu votre majesté, parce que certes, parmi les réfractaires, il y a des gens qui ont peur, mais il y en a aussi beaucoup qui n’en veulent pas, parce qu’ils ont compris que dorénavant la technologie n’est plus faite pour libérer ( ce que le camarade Sis0 explique dans son message), mais pour ASSERVIR !

                  Avec ses corollaires, surveillance, contrôle, géoloc, asservissement et mon cul sur la commode....

                  Et ça voyez-vous chère amie propagandiste, eh bien ne vous en déplaise, il y a encore des gens qui l’ont compris, et qui vont lutter contre !

                  Et parmi eux, bien entendu, des gens qui la maîtrisent votre putain de machine infernale, qui veut contrôler les gens, comme les autres machines !

                  Bref, pour ceux de votre mouvance, l’humain est une machine biologique, mais une machine comme les autres : elle doit s’intégrer dans le réseau, et suivre les consignes, et basta !

                  Parce que pour contrer cette grosse merde, il faut la connaître, savoir comment ça marche, pour pouvoir la contourner voire la détruire !

                  Eh oui, il n’y a pas dans ce monde, que des start-uppers incultes et béats, il y a aussi des forces aussi voire plus compétentes en technologie, que cette race de larbins, et qui travaillent tous les jours..

                  Et ils ne sont pas apeurés, ne craignez rien ! Ce sont juste des hommes ( et quelques femmes, mais peu nombreuses et c’est étrange...), qui n’ont pas envie d’être chosifiés, connectés à une nasse mondiale qui profite aux intérêts d’un tout petit nombre eux complètement indépendants du carcan qu’ils mettent en place pour asservir la planète !

                  Carcan auquel des gens comme vous participent, dans l’enthousiasme de leur bêtise crasse et de leur inculture profonde !

                  Nous sommes là, nous sommes plus nombreux que vous le croyez, on ne nous voit pas autant que vous, mais c’est mieux pour nous !

                  Et tant qu’il nous restera un souffle de vie, vous nous trouverez face à vous...car oui c’est une guerre, une guerre de nouvelle génération, et le combat est en cours.....

                  que les meilleurs gagnent......mais juste un indice de réflexion pour vous et vos patrons : votre « monde » nécessite beaucoup d’énergie, je parle là d’énergie primaire, et il n’est pas certain du tout, que la planète puisse vous la fournir.

                  A bon entendeur.....

                  Adishatz

                  H/

                  • hunter hunter 21 juin 10:22
                    @hunter

                    Première phrase, lire « qu’ont », merde putain quel abruti...toutes mes excuses !

                    Je vais de ce pas m’infliger quelques coups de fouet....

                    Adishatz

                    H/

                  • Self con troll Self con troll 21 juin 10:41

                    @hunter
                    Non, va plutôt jouer à ça avec arthes.

                    Ta tirade est très bien, je te tutoie pour dire au monde que tu n’es pas le seul techno humain dans l’ombre


                  • hunter hunter 21 juin 10:56

                    @Self con troll


                    Aucun problème pour le tutoiement !

                    Salut respectueux à toi et à tous les nôtres !

                    Adishatz

                    H/

                  • Raymond75 21 juin 10:40
                    « l’essence même de l’être humain est d’être un inventeur » c’est exact, mais tous les êtres humains ne sont pas habités par un esprit positif ! Pour prendre un exemple simple, les développements infinis des armements, jusqu’à menacer l’humanité toute entière, en est un cas d’école (et on met en test actuellement des robots tueurs, qui prendront eux même la décision de faire feu).

                    Deux choses nous inquiètent :
                    * Les robots et les logiciels vont se substituer rapidement aux travailleurs dans tous les domaines d’activités, y compris dans des tâches considérées comme intellectuelles : médecine, justice, documentation, ingénierie, journalisme, etc ... En soit c’est une bonne chose car ils sont souvent plus efficaces et produisent plus.

                    Mais quid des travailleurs faiblement qualifiés ? Ils sont déjà mis à l’écart de la société, doivent ils se suicider ? Imagine t’on une société peuplée uniquement d’ingénieurs et de doctorants ? c’est impossible.

                    * Nous ignorons ce que font ces machines ! Un exemple, qui sait en quoi consistent les multiples mises à jour de Windows que nous recevons ? Pour quelle finalité ? Demandée par qui ? On sait que les réseaux poubelles dits ’sociaux’ reposent sur l’espionnage permanent de notre vie, en tous lieux, à tout instant (grâce à l’inconscience de leurs usagers). On sait que la police ou d’autres organismes peuvent déclencher votre micro à distance, même le smartphone éteint.

                    Et on sait aussi que la Chine est un train de mettre en œuvre, très officiellement, un contrôle total de sa population.

                    Et tout cela échappe au contrôle démocratique des populations, l’Union Européenne étant exceptionnellement très vigilante, mais avec retard, et peut être sans moyens effectifs de suivi.

                    La perte des emplois non qualifiés peu en théorie être vaincue par un effort sans précédant de formation. Nous étions ouvriers et paysans il y a 100 ans, nous serons des têtes dans une génération ... Peut être, dans les pays développés ; mais dans les autres pays, on voit en Afrique ce qu’il se passe dans le monde réel.

                    Perte des emplois, productivité sans limite des machines, intelligence artificielle nous ’libèrent’ du travail. Mais pour faire quoi et vivre de quoi ? Il faudra bien se poser la question de la place importante du travail dans notre vie, dans nos valeurs. Et un jour se poser enfin la question de (beaucoup) moins travailler. Un travail pour tous, à temps plein, toute la vie, cela devient tout simplement impossible, mais ’en même temps’ les robots produsent plus de richesses que jadis.

                    Partager ses richesses au sein d’une population oisive, de gré ou de force, fait peur ... Aucun parti politique, aucun sociologue, aucune instance spirituelle n’y réfléchi, tant cela semble encore inconcevable.

                    Mais pourtant on pourrait prendre l’exemple des retraités : voilà des gens qui ne travaillent pas et qui reçoivent régulièrement un ’salaire’ (une pension) sans travailler. Sont ils devenus dégénérés ? Non : ils partagent leur temps entre des loisirs culturels, des actions de solidarité (50 % environ sont bénévoles) et à leur famille. Ils ne travaillent pas, et pourtant ils ont un rôle social important. Alors, qu’est ce qui interdit d’imaginer que dans l’avenir on travaille deux jours par semaine, et que l’on soit ’retraité’ les cinq jours restants ?


                    • Self con troll Self con troll 21 juin 11:23

                      J’attendais que Jo le Dandy se pointe avec une liste complémentaire de références.

                      Perso, j’ajoute Leroi-Gourhan, qui dit des choses qui me touchent à la fin de « Le Geste et la Parole ».

                      Aucun n’a pensé à saluer cet auteur jeune et féminin ? Je ne pense pas qu’elle vienne jouer à Suzanne. Elle a dû flairer un espace où les rêves sont d’inspiration plus livresque que ceux de nos enfants goldorakés.
                      Ne sommes-nous pas sur ce site, qui nous vend mal par son apparence rustique, dans une volonté de voir plus loin ? Monte sur nos épaules, gamine !


                      • Jeff Parrot Jeff Parrot 21 juin 11:29

                        Les gens n’ont pas peur de l’evolution et du changement apportes par le numerique.
                        Seule une poignee d’oligarques en a peur.
                        La consequence est un financement illimite, a perte, pendant des annees des entreprises qui organisent le controle et la centralisation de cette revolution numerique : google, amazon, facebook.
                        Bref nos liberaux n’ont pas laisse faire le marche, ils ont achete tout le marche a prix d’or.


                        • L'enfoiré L’enfoiré 21 juin 16:02
                          A lire le nouveau livre de J-J-Servan Schreiber

                          • tobor tobor 21 juin 16:09

                            Ce n’est pas tant la peur que l’ennui.
                            Le numérique est un outil qui prend trop de place, qui occulte le concret et nous propose un plaisir et un pouvoir factice et dégradé.
                            Ce qui fait peur c’est pas le numérique mais sa généralisation dans des domaines qui fonctionnaient mieux sans et l’attitude péremptoire telle que la modernité est forcément meilleure et profitable.
                            Ce qui fait peur, c’est l’attitude de ses promoteurs aveuglés pendant que le numérique entraîne ses dérives absurdes et rétrogrades.


                            • zygzornifle zygzornifle 21 juin 16:35

                              On le voit avec les cartes grises la peur c’est le bug puis vient le piratage avec toutes les données balancées sur le net , avec les compteurs Linki il y aura bien un jour un pirate qui rentrera dedans et on aura des factures de milliers d,€ qu’Enedis s’empressera de débiter ....


                              • L'enfoiré L’enfoiré 21 juin 17:44
                                @zygzornifle

                                 Vous parlez de bug....
                                 Ok.
                                 Vous souvenez-vous du passage à l’an 2000.
                                 Moi, très certainement.
                                 La peur de ce passage dans tout ce qui avait le numérique, était bien présente parmi les entreprises.
                                 Rappel : les dates qui pour des raisons de manque de place dans les fichiers avaient été limitées à 6 chiffres jjMMAA.
                                 Un fameux bug prévisible mais qui pour des raisons d’efficacité, avait été négligé.
                                 Le numérique, c’est ça.
                                 C’est aller d’un bug à un autre en espérant le résoudre avant qu’il ne fasse des dégâts.

                              • zygzornifle zygzornifle 21 juin 16:36

                                Je crains le jour où la technologie dépassera les capacités humaines. Le monde risque alors de voir une génération de parfaits imbéciles.

                                ― Albert Einstein


                                • biquet biquet 21 juin 17:12

                                  @zygzornifle
                                  Sauf que la technologie toute seule, sans l’homme, ça n’existe pas.


                                • L'enfoiré L’enfoiré 21 juin 17:45
                                  @biquet

                                   Pour le moment, oui....

                                • arthes arthes 21 juin 17:07
                                  l’inquiétude provient peut être du fait que c’est notre système socia l darwiniste ultralibéral sur le modèle "american way of life ,( exaltation de l’individualisme et de l’égoïsme, compétivité, , course au profit, férocité de la concurrence , spécialisation HT), qui génère encore aujourd’hui la créativité technique

                                  Mais si le fonctionnement de ce système social doit reposer désormais sur des techno/structure et non plus sur l’individu, ce dernier peut se sentir assez frustré, perdu, inutile, bref, nous risquons d’entrer dans un monde de violence dont on a pas idée, d’autant qu il faudra que la société dans son système répressif s’adapte aux contraintes du système technologique, de ces techno structures qui se fichent bien du vivant et de ses besoins vitaux puisqu’elles sont conçus pour la vie des sociétés industrielles
                                   
                                  Pas pour l’humain, la nature, les animaux et les pitits oiseaux

                                  Bref, une impasse
                                  Voila un peu le danger

                                  Alors faudrait déjà songer à changer de système social, de regard sur nous même, sur l’homme quoi, voir l’humain autrement que comme un singe évolué, autrement que comme un animal.

                                  Mais c’est peut être un peu dur pour des scientifiques d’aller jusqu’à ce stade de réflexion !

                                  • biquet biquet 21 juin 17:09

                                    A ce propos, on peut citer le célèbre philosophe allemand, Arthur Schopenhauer, qui écrivait dans “L’Art d’avoir toujours raison” que : « Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence« 
                                    Malheureusement ce n’est que rarement le cas. Si une vérité est ridiculisée, alors la majeure partie du travail est faite. En effet, le fait de ridiculiser une idée, c’est porter cette idée à la connaissance d’autrui. Et c’est là où est le danger. Une idée nouvelle, il faut avant tout la cacher pour que personne n’en ait connaissance, c’est de très loin le meilleur moyen pour l’enterrer définitivement.


                                    • HClAtom HClAtom 23 juin 00:00
                                      Merci pour cet excellent article.
                                      Il me semble néanmoins que l’humanité se rue littéralement sur l’innovation du réseau (Google, Facebook, Twitter, téléphone mobile, achat et transactions en ligne...) sans se poser d’ailleurs suffisamment de question, à mon avis. J’y vois donc une frénésie qui ne ressemble en rien à la défiance que vous décrivez, mais plutôt à une volonté (fusse-t-elle inconsciente) de bouleverser le monde. Peut-être pour la première fois.

                                      • L'Astronome L’Astronome 23 juin 07:01

                                         
                                        L’auteur : «  l’imprimerie a remplacée les scriptes »
                                         
                                         ??? A remplacé les scribes, peut-être...
                                         
                                        D’autre part, beaucoup confondent intelligence artificielle avec c*nnerie naturelle. C’est le grand malheur du XXIe siècle.
                                         
                                        (pourquoi en gras ?)
                                         

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Enora Le Cornec

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