De la responsabilité du crime !

Quand les idées se transforment en forces matérielles : (principe de la philosophie materialiste) pour le meilleur et pour le pire !
La responsabilité d’un crime ne se limite pas à celui qui appuie sur la détente, plante l’arme blanche ou met le feu. Elle englobe aussi ceux qui créent, tolèrent ou légitiment les conditions prévisibles de son accomplissement.
Trois situations, distinctes par leur nature et leur époque, illustrent cette logique : les écrits antisémites et le génocide juif ; Ariel Sharon et les massacres de Sabra et Chatila ; les politiques migratoires françaises et les émeutes de 2023.
Dans chaque cas, des acteurs n’ont pas exécuté directement les actes, mais ont contribué à en rendre la réalisation possible.
1. Les écrivains antisémites
La responsabilité directe du génocide des Juifs européens incombe au régime nazi. Les écrits antisémites ont cependant fourni le terreau idéologique et culturel. Louis-Ferdinand Céline, après Voyage au bout de la nuit (1932), a publié entre 1937 et 1941 trois pamphlets d’une violence extrême : Bagatelles pour un massacre (environ 75 000 exemplaires), L’École des cadavres et Les Beaux Draps. Ces textes multiplient les accusations de complot juif mondial, les caricatures scatologiques et les appels à une alliance avec l’Allemagne nazie. Bagatelles reprend largement des thèmes des Protocoles des Sages de Sion ; réédité sous l’Occupation, il est devenu un best-seller de la période. Ses pamphlets ont popularisé un antisémitisme radical dans les milieux d’extrême droite et collaborationnistes français.
Julius Streicher, éditeur de Der Stürmer, a été condamné à mort à Nuremberg pour crimes contre l’humanité précisément pour son incitation.
Le tribunal a retenu qu’il avait « infecté l’esprit allemand avec le virus de l’antisémitisme » et continué à appeler à l’extermination alors que les Juifs étaient tués.
Martin Luther (Des Juifs et de leurs mensonges, 1543), Drumont ou Chamberlain ont fourni des cadres récupérés par le national-socialisme. Ces écrits n’ont pas ouvert les chambres à gaz ; ils ont déshumanisé et rendu l’impensable progressivement acceptable.
2. Ariel Sharon et les massacres de Sabra et Chatila
En septembre 1982, après l’assassinat de Bachir Gemayel, l’armée israélienne sous la responsabilité politique d’Ariel Sharon contrôle Beyrouth-Ouest et autorise l’entrée des Forces libanaises (phalangistes) dans les camps de Sabra et Chatila, peuplés essentiellement de civils. Les phalangistes ont tué, femmes, enfants , vieillards (en l absence des hommes) principalement à l’arme blanche, pendant environ quarante heures d’une boucherie d’égorgements . Tsahal n’a pas tiré à l’intérieur des camps, mais a contrôlé le périmètre et éclairé la zone.
La commission Kahan (février 1983) a conclu que la responsabilité directe incombe aux phalangistes. Elle a attribué à Sharon une responsabilité personnelle pour avoir « ignoré le danger de bains de sang et de vengeance » et « ne pas avoir pris les mesures appropriées pour empêcher le bain de sang ». Sa négligence dans la protection de la population civile de Beyrouth, sous contrôle israélien, constituait un manquement à son devoir. Elle a recommandé qu’il soit relevé de ses fonctions de ministre de la Défense. Le risque était prévisible : les antécédents de sauvagerie des phalangistes étaient connus des services israéliens.
3. Le patronat, Macron, Mélenchon et les émeutes de 2023 – face à Marchais et le PCF de 1981
Les émeutes de juin-juillet 2023 ont touché plusieurs centaines de communes. Les rapports officiels (IGA/IGJ, Sénat, préfecture de police de Paris) montrent que les interpellés et condamnés sont majoritairement des hommes jeunes (environ 91 %), d’âge moyen autour de 23 ans. Environ 70-79 % sont de nationalité française. Selon la préfecture de police de Paris, une grande majorité des interpellés (notamment en Île-de-France) sont d’origine immigrée de 2e ou 3e génération, principalement du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne – une proportion très supérieure à leur poids dans la population. Les motivations invoquent rarement la mort de Nahel (moins de 8 % des cas) ; dominent la haine de la France et le vandalisme.
Ces concentrations résultent de décennies de choix. Le patronat a historiquement favorisé l’immigration de travail. Francis Bouygues, dans les années 1970, employait jusqu’à 80-88 % d’étrangers sur ses chantiers et déclarait apprécier cette main-d’œuvre pour son courage, sa disponibilité et sa faible propension à la revendication durable : des « déracinés » qui apportaient leurs bras pour travailler et retourner chez eux une fois un pécule constitué. Cette vision utilitaire était partagée par de nombreuses entreprises du BTP et d’autres secteurs.
En 1981, Georges Marchais et le PCF ont pris le contre-pied explicite.
Dans L’Humanité et lors de la campagne, Marchais a déclaré : « La cote d’alerte est atteinte. […] Il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. » Il liait la poursuite des flux au chômage, aux charges sociales des communes et aux problèmes de concentration dans les villes ouvrières. Le PCF a approuvé des actions locales contre de nouvelles implantations (Vitry, etc.).
Cette position, motivée par la défense de la classe ouvrière française, s’opposait aux intérêts du patronat qui tirait bénéfice de la main-d’œuvre immigrée.
Après 1981, le regroupement familial et les politiques successives ont accéléré les flux.
Emmanuel Macron a maintenu et élargi les ouvertures (travail, asile, régularisations) favorables aux objectifs du patronat.
Jean-Luc Mélenchon et LFI pour des raisons bassement électorales, défendent des positions favorables à une immigration large qu’ils promeuvent et rejettent le lien entre origines extra-européennes et surreprésentation dans certains actes de délinquance ou d’émeutes.( coupeurs de têtes, lynchages, crimes racistes anti blancs, pillages)
La ligne de Marchais n’a pas été suivie ; la composition démographique des banlieues et l’intensité des troubles observés en 2023 en sont une conséquence prévisible.
Conclusion
Dans les trois cas, les acteurs cités n’ont pas eux-mêmes perpétré les crimes ou les émeutes. Ils ont cependant contribué à créer ou tolérer des conditions prévisibles :
déshumanisation et légitimation par les écrits de Céline et d’autres ;
contrôle du territoire et autorisation d’entrée de milices hostiles par Sharon ;
maintien des flux migratoires et concentrations démographiques par le patronat (Bouygues et d’autres),
les gouvernements successifs, Macron et Mélenchon en tête.
Nuremberg et la commission Kahan ont reconnu que l’incitation ou la négligence prévisible pouvaient engager une responsabilité.
Les données françaises officielles et le contraste avec la position de Marchais et du PCF en 1981 rendent un raisonnement analogue difficile à écarter pour les politiques migratoires des quarante dernières années. La responsabilité du crime ne s’arrête pas à la main qui frappe.
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