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De la troisième révolution industrielle à la « robovolution » de la quatrième, un vide politique dommageable…

Elections Présidentielles et élections législatives : de l’écume des choses au lieu de traiter des questions fondamentales d’avenir

Pendant la période précédant le scrutin du premier tour des Présidentielles, nous avons eu droit quotidiennement et souvent plusieurs fois par jour aux épisodes d’un feuilleton dit « Pénélopegate », dont il est inutile de rappeler les différentes séquences. Les élections Présidentielles terminées, le nouveau Président de la république élu, suit la nomination d’un nouveau Gouvernement et débute la campagne des législatives. Mais voila, alors que l’on pouvait espérer que pendant cette brève période nos responsables politiques et les médias ne s’attarderaient plus à l’écume des choses, mais aborderaient enfin les vrais problématiques du monde auxquelles nos sociétés sont ou vont être confrontées. Eh bien non, on nous ressort un nouveaux feuilleton avec le « Ferrandgates » bien que le scénario diffère un peu du précédant, dans un contexte différent, « sœur Anne » ne voit toujours rien venir du coté de ce qu’elle aurait pu espérer. Ceux qui voulaient faire de la politique autrement risquent d’être déçus, notamment les militants de LREM, à commencer par les plus jeunes et les plus idéalistes d'entre eux, d’autant quand ils s’aperçoivent qu’une dizaine de candidature de leur parti et peut-être d’autres sont loin de répondre aux critères de la moralisation de la vie publique, telle qu’ils pouvaient l’espérer… http://www.francetvinfo.fr/elections/legislatives/legislatives-quatre-candidats-d-en-marche-qui-ont-suscite-la-controverse_2218509.html depuis cette informations il y en a quatre de plus.

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » déclarait Jacques CHIRAC le 2 septembre 2002 lors du sommet mondial du développement durable à Johannesburg en Afrique du sud.

Cette déclaration de Jacques CHIRAC qui lui fut suggérée par Nicolas HULOT actuel Ministre d’Etat, pourrait fort bien illustrer le vide intellectuel politique actuel qui est caractérisé par une absence de toute réflexion sur la nouvelle révolution du numérique « Big data ou robovolution » qui va totalement impacter nos sociétés Occidentales, avec des effets aujourd’hui difficile, sinon impossible d’apprécier. Ce vide politique est toutefois compensé par des économistes, des intellectuels et des experts, notamment, la CERNA (Commission de réflexion sur l’éthique de la recherche en sciences et technologies du numérique) qui alertent non seulement sur l’impact culturel, économique, social, environnemental, énergétique et démographique, mais s’interrogent également sur la place de l’homme. Cette nouvelle révolution du numérique ou « robovolution » va obliger l’Homme à se remettre en cause, et avec lui ses activités professionnelles, ses spécialités et ses formations.

Il est difficile aujourd’hui de prévoir les nouvelles activités que génèrera cette nouvelle révolution industrielle du Big Data, comme il était impossible de prévoir dans les années 80 l’émergence des nouvelles activités des plateformes numériques dues à la création et au développement d’internet. On peut toutefois penser que si certains travailleront sur de nombreux paliers des activités générées par le numérique et la robotique, d’autres moins nombreux resteront à faire ce qu’ils font actuellement dans certaines tâches de métiers manuels qui ne pourront, compte tenu de leurs particularités se faire en totalité par les robots (maçonnerie, plomberie, menuiserie et divers métiers d’artisanat d’art…) D’autres connaîtront des périodes de chômage plus ou moins longues, suivant leur capacité de formation et reconversion, ce qui impliquera de financer des nouvelles formes de solidarité.

Avec la déconcentration des activités et le travail à distance, des formes hybrides d’emploi, à la frontière du salariat apparaissent déjà. En France, le statut d’auto-entrepreneur largement utilisé illustre parfaitement ce type de forme hybride d’emploi. Pour les entreprises, ce système a l’avantage de faire diminuer ses coûts. De leur côté, les travailleurs bénéficient d’un contact direct avec leurs clients, sont libres de décider de leurs horaires et peuvent combiner plusieurs activités. Bien que juridiquement, étant indépendants, ils échappent à un lien de subordination tel que le définit un contrat de travail, mais ils peuvent être dépendants économiquement de plateformes numériques, avec tous les risques que cela implique.

La « robovolution » amène donc à considérer le travail autrement dans une société où il y aura de moins en moins d’intermédiaires, où faute d’en avoir fait préalablement un enjeu du débat et de l’action politique, le risque de l’explosion du chômage risque de conduire nos sociétés Occidentales à des conflits d’une violence extrême. Les experts du forum économique mondial de Davos prévoient une augmentation de 5 millions de chômeurs supplémentaires en Europe d’ici 2020/ 2025. Espérons toutefois que les séquences électorales passées, la raison finira par l’emporter chez nos responsables politique. Il y a urgence au vu de ce qui suit.

Quand les robots changent de statut

La troisième révolution industrielle qui a commencé au cours des années 1970 avec l’informatique allait permettre de remplacer l’Homme par des robots dans des taches répétitives, sales et souvent dangereuses. Au fond, le robot, même s’il convient de distinguer celui qui fait seul aujourd’hui le travail qu’accomplissait hier une myriade d’ouvriers, par exemple sur une chaine de montage automobile dans les années 60 ou celui qui tond la pelouse, ou encore celui qui va vous réveiller le matin ou celui qui va faire le café, ils ont en commun la nécessité de l’intervention Humaine pour la programmation, la mise en route, l’arrêt ou la surveillance.

Avec la quatrième révolution industrielle, ainsi définie par les experts du forum économique mondial de Davos, dans laquelle nous entrons à marche forcée depuis la fin des années 2000 les robots changent de statut. De simples esclaves mécaniques, outils au service de l’Homme, grâce aux nouvelles intelligences artificielles et à l’interconnexion entre eux, les robots peuvent désormais, pour des taches intellectuelles ou nécessitant une dextérité des gestes, se substituer à l’homme avec une plus grande efficacité. 

Aujourd’hui on est en mesure de confier des taches sélectives de décision, notamment, pour la justice, la médecine, l’enseignement, mais aussi faire déplacer des véhicules sans chauffeur ou des drones-taxis sans pilote, y compris faire fonctionner des usines sans aucune intervention humaine grâce aux interconnexions de l’intelligence numérique entre les machines, avec toutes les conséquences d’éthique que cela suppose. Par exemple, s’agissant de la justice pour désengorger les tribunaux, lorsque cela ne relève pas de décisions concernant des jugements dans des situations complexes, où elles doivent être prises en « son âme et conscience, les robots peuvent très bien suppléer les magistrats pour prononcer des sanctions en fonction de critères très précis.

Reste à définir la responsabilité

Par l’exemple cité plus haut, malgré le bien – fondé, entre la sanction prise par le robot en regard des critères précis pour la faute reprochée au justiciable, s’il est fait appel pour contester cette décision se pose alors le problème de la responsabilité et la question, en cas d’erreur, qui serait responsable ? Le robot, ou les hommes qui l’on programmé ? La loi sur la république numérique prévoit que l’administration doit répondre à la demande d’un particulier tenant à savoir sur quel fondement algorithmique a été prise une décision https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2016/10/7/ECFI1524250L/jo, ce qui signifierait que l’homme reste bien pour l’instant le seul responsable, mais si la décision qui est contestée est due à une erreur du robot victime d’un « Bog informatique », ce qui arrive parfois, malgré toutes les précautions prises, ce ne sont ni les fondements algorithmiques, donc l’homme, ni le robot qui sont responsables. Dans le domaine de la justice, il y aura toujours possibilité de trouver un « arrangement » alors que par exemple dans celui de la médecine, des déplacements ou militaires avec des véhicules terrestres, aériens ou ferroviaires sans commande humaine, cela peut se traduire par des catastrophes.
Stephen HAWKING, Bill GATES et Elon MUSK ont affirmé que l’intelligence artificielle constituait une menace pour l’humanité. Après l’avoir supplée, Supplantera-t-elle l’intelligence humaine ? Vaste débat de la technique aux confins de la philosophie...

« Robovolution » et bombe démographique

On ne soulignera jamais assez que les activités humaines épuisent la planète et modifient son fonctionnement. Ces transformations sont aggravées par la taille de la population mondiale qui a augmenté de façon continue depuis l’apparition de l’Homo sapiens et qui, malgré certaines irrégularités au cours des âges, dépasse maintenant sept milliards d’habitants. La croissance démographique a été particulièrement rapide au cours XXe et en ce XXIe siècle.

 Au début de la première révolution industrielle (1780) la population mondiale se situe à environ 700 millions. Un siècle plus tard au début de la seconde révolution industrielle (1880) la population mondiale avec 1,4 milliard d’habitants a doublé. Encore un siècle plus tard au début de la troisième révolution industrielle (1980) la planète compte 4,4 milliards d’habitants, soit plus du triple qu’au début de la seconde révolution industrielle. A partir du début de la décennie 2010  où s’amorce le passage dans la quatrième révolution industrielle dite du « Big Data ou robovolution » la population mondiale atteint les 7 milliards en 2011 (près de 7,5 milliards en 2016). Autrement dit, en l’espace des trois révolutions industrielles la population mondiale a été multipliée par 10 sur un peu plus de deux siècles.

Actuellement, c’est 1 million d’humains qui s'ajoutent à la population mondiale, tous les 4½ jours.

Si la croissance démographique apparaît aussi comme le fruit de l'amélioration des conditions de vie dans les pays riches, toutefois, dans les pays du tiers-monde, la pression démographique apparaît surtout comme un handicap. Le lien entre démographie et développement de ces pays qui ne pourront jamais atteindre le modèle Occidental, auquel ses populations aspirent légitimement, reste l'objet de nombreux débats, mais à terme c’est le risque de grandes migrations avec des conflits aux violences insoupçonnables...

Avec une perte annuelle mondiale de 100 000 km2 de terres arables, si la population augmente d’un milliard d’habitant dans les 12 ans à venir, comme pour la période 1999 – 2011, nous frôlerons les 9 milliards à l’horizon 2030 - 2035…Si on y ajoute l’épuisement des énergies fossiles, le dérèglement climatique, les conflits économiques aggravés par des données cultuelles et culturelles plus la sixième extinction qui a commencé, nos enfants et petits enfants, si tant est qu’ils puissent survivre aux nombreux conflits et aux dérèglements climatiques, ne nous diront surement pas merci…

Démographie - besoins énergétiques, consommation et préservation des ressources, difficile équation

Quelques exemples de l’impact démographique sur la croissance de la consommation d’électricité pour des pays à population à peu près comparable : La France, 65 631 000 habitants, dont la consommation par habitant est passée de 2746 kwh en 1971 (50 millions d’habitants) à 7374 kwh en 2013, ou la Thaïlande, 67 091 000 habitants, (38 millions d’habitants en 1971) qui passe dans la même période de 120 kwh par habitant à 2471 kwh. Et que dire de la république démocratique du Congo67 510 000 habitants, (20 millions d’habitants en 1971) avec 56 kwh par habitants en 1971 et 234 kwh en 2013. (http://donnees.banquemondiale.org/indicateur//EG.USE.ELEC.KH.PC ) Les exemples de ce type sont légions et les estimations d’augmentation d’électricité à l’horizon 2030 seraient de l’ordre de 75 %. 

Certes, il existe de grandes disparités dans l’accès à l’électricité selon les régions du monde. Si certains pays souffrent encore de graves pénuries électriques, la consommation électrique globale connaît pourtant une croissance constante depuis 1971 qui a été multipliée par 3,2, alors que la population mondiale a été multipliée par un peu moins de 2, ce qui est considérable et ne semble pas près de s’arrêter. Pas un pays n’a connu une stagnation de la consommation entre 1971 et 2013. Tous, sans exception, ont eu une consommation annuelle en progression constante par habitantsqui va s’amplifier à cause des besoins légitimes des populations du tiers monde, de la croissance démographique et les exigences des nouvelles applications de l’intelligence artificielle inhérent à la quatrième révolution industrielle. Il faut savoir qu’entre 2001 et 2010, la consommation de certains pays en développement a considérablement augmenté  : elle a été multipliée par 2,8 pour la Chine, par 1,8 pour l’Inde et par 1.5 pour le Brésil. En France, la consommation totale d’électricité a presque été multipliée par 1,5 en 20 ans

Au moment où l’on ne cesse de parler et d’agir en faveur des énergies dite renouvelables, ce qui est nécessaire, mais ne doit pas nous détourner des économies d’énergie qui sont la priorité des priorités, Il faut savoir qu’une éolienne cache dans ses entrailles toute une panoplie d’équipements dont un alternateur à aimants permanents extrêmement couteux. Ils sont généralement en partie composés d’un alliage de terres rares néodyme-fer bore et dans la majorité des cas, avec de plus petites quantités de dyprosium et de praséodyme. Ainsi, pour fabriquer une éolienne de 3 MW, la compagnie « Frontier Rare Earths », spécialisée dans le domaine des terres rares, cite des quantités de terres rares allant jusqu’à 2,7 tonnes. A titre d’exemple, avec le développement de l’éolien au niveau mondial, l’industrie des terres rares correspondaient donc à une demande de plus 8000 tonnes de la part de l’industrie éolienne en 2014.

Si les terres rares sont assez uniformément réparties au sein de la croûte terrestre (on en a trouvé sur tous les continents), la Chine en est aujourd’hui incontestablement le premier producteur mondial avec 97% de part de marché. C’est d’autant plus surprenant quand on sait que jusqu’au cours des années 80, les États-Unis étaient les premiers producteurs mondiaux.

Bien que depuis 2011, les prix aient chuté à cause de l'effondrement de certains marchés, comme les ampoules basses consommation et les disques durs, remplacés par des technologies, comme les LED et le Cloud, moins gourmands en terres rares, dont ces innovations ont entraîné une chute de la demande (près de 20 000 tonnes de moins par an, sur les cinq dernières années), mais aussi une autre raison explique cette baisse des prix : la surproduction illégale abondante en Chine, toutefois les experts sont formels : entre 2020 et 2025, la croissance de la demande mondiale des terres rares va s'accélérer d'une année sur l'autre.  Pour ces métaux peu connus, mais présents dans les technologies de pointe, comme les écrans plats, les batteries des voitures électriques, les smartphones ou les éoliennes, parmi les terres rares les plus demandées, le Dysprosium ou encore le Neodyme.

Pour conclure

Comme toutes les énergies fossiles, les terres rares (certaines de sont pas aussi rares que cela) ne sont pas inépuisables. Malgré certaines nouvelles technologies moins gourmandes en terres rares qui seront amenées à se développer, entre croissance des besoins liés à la croissance démographique, faute d’une réflexion politique et des initiatives appropriées pour une décroissance équitablement choisie et répartie de celle-ci, cela ne pourra que générer inévitablement de graves conflits. Les perspectives qu’offre aujourd’hui la « robovolution » peuvent faire rêver à des lendemains qui chantent, mais si les responsables politiques continuent de délaisser ce sujet, nos sociétés risquent demain de vivre, loin du rêve, un vrai cauchemar…

 

Documents joints à cet article

De la troisième révolution industrielle à la « robovolution » de la quatrième, un vide politique dommageable… De la troisième révolution industrielle à la « robovolution » de la quatrième, un vide politique dommageable…

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3 réactions à cet article    


  • JC_Lavau JC_Lavau 7 juin 09:14

    Les politiques zofficiels et visibles, apparents comme Jacques Chirac, font ce qu’exige d’eux la presse aux ordres. Elle est leur seule apparence de lumières et d’éclairages.


    • Ratatouille Ratatouille 7 juin 19:24
      « Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens engagés et réfléchis puisse changer le monde. En réalité c’est toujours ce qui s’est passé. »
      Margaret Mead (anthropologue américaine, 16 décembre 1901 – 15 novembre 1978).

      Le travail aux robots la vie aux humains !

      .http://www.forumchangerdere.fr/


      • Ratatouille Ratatouille 7 juin 19:31
        Aux États-Unis, les robots industriels ont détruit 670 000 emplois en 17 ans D’après une étude menée par deux chercheurs du MIT et de la Boston University, les robots sont responsables de la suppression de 5 à 6 emplois pour 1 000 ouvriers.

        Certains pensent qu’il ne s’agit que de science-fiction, d’autres ont peur de voir arriver le futur trop vite. L’irruption des robots dans l’économie est à la fois source d’espoir, de crainte, et d’interrogations pour l’homme.
         
        Ce dont nous sommes sûrs aujourd’hui, c’est que pour 1 000 salariés américains, un robot détruit 5 à 6 emplois. C’est ce que révèle une étude, « Robots et emplois : témoignages des marchés du travail des Etats-Unis », réalisée entre 1990 et 2007 par deux économistes du MIT et de l’Université de Boston. Publiée en mars, elle précise que le nombre de robots a été multiplié par quatre sur cette même période.

        https://www.wedemain.fr/Aux-Etats-Unis-les-robots-industriels-ont-detruit-670-000-emplois-en-17-ans_a2613.html

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