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Accueil du site > Tribune Libre > Démocratie : combat pour un mot !

Démocratie : combat pour un mot !

Il est des mots qui, à force d'utilisation à tout va, perdent tout leur sens. « Démocratie » en est aujourd'hui l'exemple parfait.

Non, la possibilité de changer de smartphone tous les ans n'est pas un droit démocratique.

Non, la liberté de pouvoir consommer les plus débiles et abrutissantes émissions de télé-réalité n'est pas constitutive d'une démocratie.

Non, autoriser aux couples homosexuels l'achat du tout nouveau bébé soldé sur Monbébéindien.fr ne garantirait en rien le caractère démocratique d'une société.

Non, la privatisation des services publics ne constitue en rien un pas en avant vers plus de démocratie.

Non, l'ouverture totale des frontières, la libre circulation des marchandises et des personnes ne sont en rien des conditions préalables à l'existence d'une démocratie.

Non, l'abolition de la peine de mort ne confère aucun pouvoir politique supplémentaire au citoyen et n'améliore pas le caractère démocratique d'un système politique.

Oui, un régime démocratique peut : nationaliser des banques et des industries, retirer les médias des mains des financiers et autres vendeurs d'armes, décider de soustraire à la logique du marché la sécurité, la santé et l'éducation, punir les représentants du peuple pour trahison lors de la reddition des comptes, condamner à mort les criminels les plus dangereux etc etc etc...

 

La démocratie est l'autre nom de la souveraineté du peuple. Or, à force de rabâchage à tort et à travers dudit précieux mot, opéré par la cohorte d'éditorialistes-politicards-journaleux, il tend de plus en plus à perdre son sens pour devenir ce mot étrange, ce mot qui semble désigner notre propre modèle de société.

Ainsi, dans la bouche de tous ces collaborateurs du Pouvoir, « Démocratie » ne signifie plus « pouvoir au peuple », ou « souveraineté populaire », mais semble être le nouveau nom de cet Empire du Bien représenté par nos « sociétés modernes occidentales », autrement dit, le nouveau mot pour nous désigner nous-même, nous les occidentaux modernes qui aurions trouvé – à travers notre économie de marché, notre libéralisme économique absolu, mais aussi à travers notre individualisme égoïste et notre égalité pourtoussisme – le modèle de société idéal.

L'exemple de la peine de mort synthétise à merveille cette dangereuse déviance.

Les « dominants du moment » nous expliquent ainsi que l'abolition de la peine de mort est l'une des caractéristiques de notre belle « Démocratie », tout en nous rappelant à d’innombrables reprises qu'un référendum sur le sujet mettrait en danger ce formidable « acquis social », ferait vaciller les fondements même de notre « Démocratie ».

C'est donc au nom de notre « Démocratie », cet Empire du bien occidental, que les élites assument un déni démocratique. C'est au nom des « valeurs de notre Démocratie » que l'oligarchie assume la négation de la démocratie, la négation de la souveraineté du peuple.

Il ne s'agit nullement ici de prendre parti pour la peine de mort. Mais cet exemple est emblématique de la déviance actuelle ; employé à tort et à travers, le mot « démocratie » perd tout sens, et, comble absolu, sa nouvelle signification – « Démocratie » comme axe du Bien, modèle de société idéale reposant sur ces deux piliers fondamentaux que sont l'individualisme et la consommation – vient s'opposer frontalement au sens originel.

C'est également au nom de la « Démocratie » - axe du Bien – que les USA lancent leurs guerres impériales, s'essuyant les rangers sur les souverainetés des peuples qu'ils envahissent et causant accessoirement la mort de millions de civils.

 

Alain Gérard Slama : « les deux valeurs cardinales sur lesquelles repose la démocratie sont la liberté et la croissance. » (1)

Ce talentueux collaborateur reconnu du Pouvoir nous livre ainsi sa lucide définition de la « Démocratie ». Pas question de souveraineté populaire donc, ni de « gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple »  ; mais une définition de cette « Démocratie » comme axe du Bien, ce modèle de société libérale où liberté (De quoi ? D'avoir trois télévisions, deux portables et quatre ordinateurs, OU, liberté de ne pas mourir de froid comme un chien dans la rue, comme 400 SDF chaque année en France ?) et individualisme, croissance et consommation, forment les nouvelles valeurs « démocratiques ».

Il est donc temps de dire NON. Non, nous n'acceptons pas ce revirement sémantique, cet enfumage de vocabulaire. Avant qu'il ne soit trop tard. Avant que le réel sens du mot « démocratie » soit entièrement délocalisé dans le signifiant de « populisme » et assimilé ainsi à du demi-fascisme.

Ce combat est d'autant plus urgent que nous sommes déjà sur la voie de la défaite et que le remplacement progressif du mot « démocratie » par « populisme » est déjà en marche.

 

Ce combat pour la démocratie, ou du moins pour plus de démocratie, est donc d'abord un combat sémantique, un combat de mots. Évidemment, il ne garantira en rien l'avènement d'un régime démocratique – ce combat ne remplacera pas, bien sûr, tout le militantisme nécessaire pour espérer qu'un jour naisse cette révolution démocratique : ateliers constituants nécessaires pour nous réapproprier l'écriture de notre constitution, expériences démocratiques au niveau de la commune etc – mais il constitue la base, le socle nécessaire sur lequel pourra s'appuyer ce combat plus général.

 

Il est donc de notre responsabilité de refuser ce mot, quotidiennement, lorsqu'il est utilisé pour désigner cet axe du Bien et non plus la souveraineté populaire.

Reprenons et corrigeons les journalistes qui nous interrogent, reprenons les responsables politiques locaux, reprenons nos amis, notre famille, qui sont amenés, de plus en plus, à véhiculer cette IMPOSTURE lexicale.

Ne nous laissons pas voler ce mot.

 

(1) Citation tirée de l'excellent essai L'empire du moindre mal du non moins excellent Jean-Claude Michéa.

 


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29 réactions à cet article    


  • Pierre Régnier Pierre Régnier 10 mars 2014 09:43

    NON la remise en valeur de la peine de mort n’est pas une bonne idée dans cet article

    NON la nécessité, quand la fausse gauche est au pouvoir, de faire un article pour mettre en valeur tout le reste n’est pas le signe d’un progrès sociétal !

    OUI la valeur de tout ce reste devrait aller de soi dans l’esprit de chacun

    Ce serait sans doute le cas si la gauche était au pouvoir

    OUI il faut lire et faire lire Michéa


    • Tim Parma Gil Paravicini 10 mars 2014 11:27

      Aucune remise en valeur, juste un exemple parfait de cette imposture démocratique. C’est aux noms des valeurs de notre « Démocratie » (sous-entendu de notre société idéale occidentale) que « l’élite » assume un déni démocratique sur cette question.

      Je n’ai pas compris le sens de votre second « NON ».


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 10 mars 2014 13:01

      Bonjour Gil

      Au fur et à mesure que je lisais votre texte je pensais, tout en l’approuvant vivement : C’est quand même stupéfiant que l’on doive aujourd’hui exprimer noir sur blanc de telles évidences pour les faire prendre en compte ! Quelle réussite de ce que François Brune appelle « l’impérialisme publicitaire » ! Quelle régression sociétale !

      Et, toujours intérieurement, le militant de gauche que je suis depuis toujours enchaînait : Mais quelle belle illustration de l’ambiguïté, de la destruction du sens et des valeurs, de la confusion amenée dans les esprits par la « gauche » au pouvoir ! Quelle triste illustration de ses renoncements et de ses franches trahisons !

      C’était le sens de mon second NON.

      Puis je suis arrivé à la lecture de l’évocation de la peine de mort, exemple parmi d’autres de la non-démocratie de fait (refus de principe d’un référendum sur l’éventualité du rétablissement de cette peine parce qu’on sait qu’il risquerait de faire apparaître qu’une majorité le veut) et cela m’a fait bondir : Ah NON, pas ça ! Et même si vous précisez qu’il « ne s’agit nullement », pour vous, "de prendre parti pour la peine de mort".

      Et j’ai pensé que c’est d’abord cette réaction que je devrais exprimer dans mon commentaire.

      C’est que c’est peut-être là le seul refus de la démocratie que j’assume : en aucun cas laisser faire une telle régression vers ce qui est pour moi un « assassinat légal », une pratique barbare en aucun cas justifiable. Et le signe du plus grave des échecs humains, civilisationnels : se débarrasser du porteur de l’horreur (quand la peine de mort paraît « justifiée ») plutôt que de rechercher, encore et toujours, avec intelligence et obstination, l’élimination de ce qui l’a conduit à servir l’horreur.

      Mais votre texte se terminait sur Jean-Claude Michéa, et j’ai tenu alors à évoquer comment, il y a deux ans, un bon et très utile ami m’en a conseillé la lecture, laquelle m’a alors beaucoup remonté le moral. Et m’a remis sur un chemin d’espérance de gauche.


    • Donquichuchote 10 mars 2014 16:30

      La question de la peine de mort vaut bien d’être posée, non en soi, de mon point de vue car tout comme vous, j’y suis opposé, en ce qui me concerne pour des raisons spirituelles, mais à titre de questionnement du principe démocratique comme le faisait l’auteur.

      Après un premier « NON », votre second post avoue, je cite à peu près, que c’est le seul domaine ou vous êtes opposé à la démocratie, et je vous demande alors, un brin provocateur, à quel Titre ?
      Moins caricaturalement, car la question est d’importance, dans quel camp penchez-vous ? Celui d’une tyrannie éclairée ou celui d’une démocratie capable parfois de barbarie ?
      J’ai bien noté que pour éluder cette problématique vous avez pris soin de dire qu’il s’agissait de la « seule » exception à la démocratie que vous consentiez, mais n’est-ce pas par ce que vous n’êtes pas aux affaires. Supposons, en royaume d’utopie, que les politiques ne soient intéressés que par le bien public et que vous y ayez d’importantes responsabilités : serait-ce le seul cas dans lequel l’intérêt général pourrait vous amener à aller contre la volonté démocratique ? Il est évident que non (exemple tout simple : les programmes télé et les reality-show)
      Je n’ai pas de réponse toute faite, mais je crois bien que pour restaurer la démocratie, il nous sera nécessaire de construire des réponses autrement plus profondes qu’émotionno-militantes qui nous empêchent de penser.


    • Tim Parma Gil Paravicini 10 mars 2014 18:26

      Bonjour Pierre,

      Vous l’aurez bien compris, j’ai abordé cet exemple de la peine de mort non pas pour débattre du bien fondé de sa restitution, mais pour mettre en exergue la déviance que j’ai tenté d’expliciter dans l’article (agitation du terme « démocratie » pour tout, rien, et son contraire !).

      Si vous êtes démocrate, comment justifiez vous ce « seul refus de démocratie » que vous assumez ? Au nom de quoi, en démocratie, pourrions nous « assumer » un refus de débat public et un refus de décision populaire, de souveraineté populaire ?
      Car si vous vous dîtes démocrate en assumant ce « seul refus de démocratie », sachez alors que les démocrates qui n’assumeront qu’un seul refus de démocratie seront nombreux !
      Certains se diront démocrate SAUF pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat et réclameront le retour à un Etat théocratique, d’autres se diront démocrate SAUF pour la liberté totale du marché qui serait, pour eux, la garantie de l’équilibre de notre économie etc etc...

      Je partage avec vous cet enthousiasme pour Michéa. Ceci dit j’aurais à apporter un petit bémol (dîtes moi si je suis trop chiant !?), il me semble que l’oeuvre de Michéa nous incite, au contraire, à retrouver le chemin d’une espérance loin du signifiant de « gauche », nous incite à ne plus penser la « révolution », la transformation sociale (socialiste ?) à travers cette division obsolète.


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 10 mars 2014 19:24

      Bonjour Donquichuchote un brin provocateur

      Je ne crois pas avoir besoin de Titre pour refuser de suivre le peuple dans le cas où il serait, selon mes "raisons spirituelles" à moi, barbare et stupide au point de rétablir la peine de mort. Et j’ai du mal à imaginer comment je pourrais "avoir d’importantes responsabilités« dans un »royaume d’utopie« où »les politiques ne seraient intéressés que par le bien public" car ça me parait absolument antinomique, le bien public ne pouvant, toujours dans mon esprit, être conçu et mis en oeuvre par « l’assassinat légal » qui, je le répète, me paraît constituer une fuite devant la nécessité de trouver des solutions humainement valables à des problèmes humainement graves.

      Pour enfoncer mon clou (sans même me faire un brin provocateur) je dirais que, si j’avais eu la possibilité de tuer Hitler pendant la guerre qu’il fallait lui faire j’aurais ressenti comme un devoir de le tuer mais, la paix revenue, même Hitler je n’aurais pu le condamner à mort dans un tribunal car, le faisant, je me serais senti devenir son égal dans la barbarie. A l’époque où la peine de mort existait en France j’étais résolu à refuser d’être juré, quel que soit le prix de ce refus, dans un tribunal où un accusé était a priori passible de cette peine car, aussi épouvantables soient les actes pour lesquels il comparaissait je n’aurais pas pu voter, en conscience, la peine capitale, même si je pensais qu’il la méritait.

      Pour enfoncer mon clou encore un peu plus je peux évoquer un petit événement politique qui m’est un jour réellement arrivé : constatant, comme je l’ai rapporté ici bien souvent, une curieuse « progression croisée » de la « gauche » - je suis de gauche depuis toujours - vers la droite (parfois même vers l’extrême-droite, voir ici *) et de l’ancienne extrême-droite vers des positions plus républicaines et plus raisonnables j’ai été tenté de voter pour Marine Le Pen. Je me suis abstenu parce que, peu de temps auparavant, elle avait lancé l’idée d’un référendum sur l’éventualité de rétablir la peine de mort. La simple acceptation d’une telle décision - pourtant ici démocratiquement envisagée, j’en conviens - rendant automatiquement indigne, toujours dans mon esprit, un candidat à un poste important à la direction de mon pays.

      Je suis fortement convaincu que, pour restaurer la démocratie, il nous faudra résolument penser hors de l’hypothèse du sinistre rétablissement. Exemple tout simple, comme vous dites : rétablir le respect des lois républicaines les plus importantes là où elle sont chaque jour violées par les donneurs de leçons du fameux « Front républicain » - qu’on va voir ressurgir bientôt n’en doutons pas - comme la loi sur la laïcité dans les cantines des écoles. Je n’ai pas hésité, il y a peu dans un commentaire d’article d’Agoravox, de considérer que, sur ce point précis, ces indignes frontistes, quand ils sont de gauche, méritent pour moi l’appellation de "pétainistes de gauche". Je persiste et re-signe.

      Mais j’ai moi aussi une question à vous poser à propos d’une remarque très bizarre : en quoi, dans votre propre « exemple tout simple », les programmes télé et les reality-show m’obligeraient à choisir entre « une tyrannie éclairée » et "une démocratie capable parfois de barbarie" ?

      (*) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/ceux-de-la-gauche-qui-ne-veulent-77346


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 10 mars 2014 19:37

      Gil

      Votre seconde réponse n’était pas publiée quand je répondais à Donquichuchote. Si elle l’avait été je l’aurais adressée à vous deux, car je crois y répondre à vous aussi.

      Une réserve toutefois : en me relisant je me rends compte qu’il faudrait nuancer mon affirmation selon laquelle je me rendrais « barbare comme Hitler » en le condamnant à mort en temps de paix. Je suis bien conscient qu’il y a des degrés dans la barbarie et qu’il faudrait longuement préciser.

      Mais j’ai déjà pris beaucoup de place dans les commentaires en m’éloignant un peu du sujet de votre article.

      Concernant Michéa, je prends votre remarque comme une invitation à réfléchir plus avant à la question.


    • Donquichuchote 16 mars 2014 23:32

      @Pierre Régnier
      Même avec beaucoup de retard et une faible probabilité d’être lu, je me dois de vous répondre à votre questionnement à l’instar de ce que vous avez fait du mien.
      Mon propos correspondait en une interrogation sur l’existence d’une possibilité de limite(s) à l’exercice effectif de la démocratie, et dans l’affirmative, quels pouvaient être les fondements de cette limite ?
      En quelque sorte je vous « reprochais », entre guillemets car je n’y suis pas allé moi même, de ne pas aller au fond de ce questionnement. Pour la peine de mort, me concernant, le refus de démocratie est d’origine spirituelle, autrement dit je me justifie par un principe que je considère comme supérieur à celui de la démocratie.
      Ceci est mon droit absolument incontestable et de votre côté vous évoquez la position que vous auriez été amené à prendre en position de juré, mais qu’advient-il lors ce qu’en Utopie, vous, dans mon post précédent, ou moi dans celui-ci sommes confrontés à l’élaboration de la loi ? Un intérêt « supérieur » peut-il légitimement se substituer à la volonté majoritaire ?
      Dans le comportement citoyen individuel, je me trouve être de votre avis, oui, car cela n’engage que moi tant pour l’acte que pour les conséquences, mais en tant que législateur, la substitution d’une légitimité d’essence démocratique, par ce que majoritaire, par une légitimité « supérieure » d’essence rationnelle, éthique ou spirituelle me semble être un sacré problème de fond.
      A partir de là, vous trouverez peut-être moins bizarre ma question sur les reality-show. Si l’on considère d’une part que l’audimat est une sorte de vote démocratique, que ces programmes crétinisent les spectateurs et que d’autre part l’humain et la civilisation doivent étendre et intensifier leur lumière, il y a là deux contradictions : l’une entre le devenir souhaitable de l’homme et l’indigence abêtissante de ces émissions et la seconde entre le vote-audimat-démocratique et l’influence étatique sur les programmes télé du, de facto, « tyran » quelqu’ éclairé soit-il.


    • Dany romantique 10 mars 2014 10:14

      Pour confirmer le formatage totalitaire d’aujourd’hui, Jacques Attali répondant à l’impertinence -eh oui !- d’Ardisson sur Canal + samedi lui demandant mais qu’est ce qui justifie que l’occident s’érige en donneur de leçon à Poutine -qui ne veut pas de l’OTAN à ses portes ce qui se comprend- le frère Jacques lui répondit que ce n’était pas responsable de formuler une telle question !...pourquoi ? est bien parce que nous, en occident, nous avons choisi la démocratie et l’économie de marché néo-libérale... !

      Tellement simple il fallait y penser. Poutine élu au suffrage universel cela ne compte pas pour un pays qui n’a plus été en guerre militairement depuis 1985 en Afghanistan (qu’il faut combattre depuis...) pour un pays qui a réussi à enrayer le processus de guerre baril de poudre en Syrie en calmant Hollande et Obama à la fois, pour un pays qui a accepté de ne pas remplacer l’ancienne coalition du Pacte de Varsovie, sans la contre partie de démilitarisation de l’OTAN, ce n’est pas rien ! Une « démocratie » qui en Europe s’assoie sur le Non à 55% au référendum du Peuple français pour le traité européen, cela s’appelle comment ? imaginez que « Poutine l’ogre encore rouge » en ai fait autant ? Imaginez que Poutine aille installer des bases militaires au Mexique ou au Venezuela ?
      Ces élites sont décrédibilisées mais PERSONNE sur le plateau pour le remettre en place. 

      • Tim Parma Gil Paravicini 10 mars 2014 11:33

        Exactement, encore un formidable exemple de ce que j’essayais de démontrer.
        On pourrait faire les mêmes remarques concernant l’attitude des européens et des USA vis à vis du Venezuela.
        Fillon qui disait sur un plateau télé que Chavez ne comprenait pas la démocratie, lui qui a instauré le référendum d’initiative populaire et le référendum révocatoire ! Chavez qui avait été confirmé à son poste d’ailleurs suite à un référendum révocatoire.
        On attend de pied ferme le même courage démocratique en France...


      • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 10 mars 2014 14:00

        Bien relevé et bien à-propos en effet, Dany.


      • Venceslas Venceslas 10 mars 2014 20:44

        D’acc à font la caisse, non mais !


      • LE CHAT LE CHAT 10 mars 2014 12:47

        j’adore le fait que ceux qui disent « républicains » et respecteux de la démocratie sont les premiers à faire pression sur les collistier du FN afin qu’ils retirent leur candidature !

        on m’en a raconté la véricité également dans les BDR à Istres , ville contrôlée par une mafia socialo et un maire magouillard déjà condamné à 5 ans d’inégibilité , ce week end 

        démocratie est vraiment un mot galvaudé , il suffit de repenser à la république démocratique allemande , qui était tout sauf une démocratie ....

        • claude-michel claude-michel 10 mars 2014 13:33

          Démocratie....un concept (comme dieu)...jamais prouvé.. !


          • Serpico Serpico 10 mars 2014 14:17

            Il n’y a pas que le concept de démocratie : Montebourg expliquait l’autre jour que le rachat de SFR par Bouygues laisserait seulement 3 opérateurs au lieu de 4.

            C’est nettement mieux pour une concurrence saine...d’après lui

            Pourquoi pas un seul opérateur qui aurait un joli monopole ? ce serait encore mieux que 3.

            Ces escrocs font la promo d’une chose et de son contraire sans ciller.


            • claude-michel claude-michel 10 mars 2014 15:29

              C’est ça la politique-mafia.. !


            • Serpico Serpico 10 mars 2014 17:08

              Mais là, affirmer avec aplomb que la concurrence c’est mieux quand il y en a moins, il faut oser !

              Ou alors Montebourg est aussi crétin que Christophe Barbier de l’Express qui soutenait que c’est la multiplication des tribunaux qui produisait les litiges. Autrement dit, plus il y a de médecins plus vous êtes malades....

              Bande de nuls.


            • Donquichuchote 10 mars 2014 15:47

              Ce travail sur les mots, ici la démocratie est à mon sens doublement important :
              D’une part par ce qu’il va l’encontre de la propagande crétinisante dont nous sommes abreuvés mais surtout par ce qu’il nous rappelle l’existence d’une sphère de combat à notre portée en tant qu’individu : l’attention intelligente au sens des mots dans notre entourage. Relever le mésusage du mot « démocratie » à l’occasion d’une discussion anodine entre amis sera non seulement intellectuellement formateur et enrichissant pour tout un chacun mais permettra à tous les participants de ladite discussion d’abaisser sensiblement le niveau de réceptivité de chacun à la propagande médiatico-politique.
              Deux exemples d’actualité me viennent à l’esprit, ils convergent vers un même point, la démocratie, sujet de l’article :
              -Les atlantistes serinent à longueur de temps « l’illégalité » du référendum en Crimée
              -Les mêmes indiquent, benoîtement, l’adhésion de l’Ukraine à l’UE vers la fin mars.
              En Crimée la souveraineté du peuple, caractéristique de la démocratie est donc « illégale »
              Les élections en Ukraine ont lieu le 25 mai, bien après l’adhésion à l’UE. Mais de quelle adhésion parle t-on ? Avec des yeux ronds, on vous répondra : de l’Ukraine bien sur. Mais alors c’est qui l’Ukraine ? Manifestement pas le peuple puisque les élections se tiendront bien après l’adhésion. La conclusion pour cette adhésion est que sa qualification de « légale » ne correspond pas à une légalité démocratique.
               Remarquons qu’à y regarder avec logique les deux positions ne sont nullement contradictoires mais au contraire parfaitement cohérentes : dans l’un et l’autre cas la « légalité » atlantiste exclut la démocratie.
              Pour finir je vous propose : les frappes-chirurgicales :
              -finalité des bombardements et finalité de la chirurgie.
              -Petits bonus : quelles conditions faut-il remplir pour que nos « Frappes »soit dites « chirurgicales » dans la presse mondiale ?


              • Serpico Serpico 10 mars 2014 17:13

                Le problème est que la « démocratie » n’est plus un régime politique. Ce concept a subi le même sort que le mot « frigo » ou le nom Frigidaire : ça désigne tout et n’importe quoi, aussi bien dans la sphère politique que familiale en passant par l’école, etc.

                Les enfants doivent comprendre qu’à la maison ce n’est ni la république ni la démocratie. A l’école c’est juste la république...

                C’est à cause de cette hyper-inflation du sens que la société part en c....


              • Jean Keim Jean Keim 10 mars 2014 18:22

                Monsieur Paravicini,

                Il va falloir que vous écriviez un deuxième article sur le bien et le mal et c’est pas gagné.

                • Tim Parma Gil Paravicini 10 mars 2014 18:30

                  Monsieur Keim,
                  Je vous avoue ne pas saisir pleinement les subtilités (et le sens) de votre commentaire. (?)


                • Jean Keim Jean Keim 11 mars 2014 16:58

                  Il n’y a aucune subtile malice dans mon propos, si effectivement, agir démocratiquement n’est pas pour autant être dans l’axe du bien, alors c’est quoi être dans l’axe du bien ?


                • logan 10 mars 2014 19:09

                  La manière grossière avec laquelle vous amalgamez tout et n’importe quoi pour arriver à essayer de faire croire qu’il y aurait deux camps, les bien pensants qui seraient antidémocrates, et les mauvais pensants comme vous, qui seraient les démocrates, trahit votre tentative de manipulation, on voit tout de suite où vous voulez en venir et ça ne tient pas debout.


                  • Tim Parma Gil Paravicini 10 mars 2014 19:21

                    Si je ne détestait pas cette « insulte », je vous traiterais de complotiste mon cher Iogan.
                    Je trouve votre commentaire bien agressif et d’autant plus désagréable qu’il ne dit rien et reste dans le flou le plus total.
                    Où avez vous lu une opposition entre bien pensants anti-démocrates et mauvais pensants démocrates ? En quoi suis je un « mauvais pensant » ? Et surtout, de quelle manipulation suis je coupable et où est ce que je veux en venir ?

                    Enfin, ces questions s’adressent à vous dans la mesure où vous accepterez de dialoguer avec un si mauvais esprit manipulateur que moi.


                  • logan 11 mars 2014 23:04

                    Je vais être plus clair. On comprend bien que dans votre texte la dénonciation de l’utilisation abusive du mot démocratie est un pauvre prétexte. En réalité, ce qui vous gène réellement, c’est qu’on vous traite de facho et de dictateur parce que vous refusez le mariage homo ou encore parce que vous êtes pour la peine de mort. Vous prenez les gens pour des cons.


                  • Aristoto Aristoto 11 mars 2014 01:32

                    Non, autoriser aux couples homosexuels l’achat du tout nouveau bébé soldé sur Monbébéindien.fr ne garantirait en rien le caractère démocratique d’une société.

                    Tuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut !!! Dommage !! C’était pourtant bien parti !!

                    Donc article de merde dans la continuité de pensée courante et archaïque de la morale ecclésiastique !



                    • Tim Parma Gil Paravicini 11 mars 2014 11:27

                      Morale ecclésiastique...moi qui ne suit même pas baptisé :)

                      Vous n’êtes peut-être pas au courant Aristoto mais ces usines à bébé indiennes qui regorgent de femmes pauvres entassées dans des minuscules chambres sur un matelas pendant 9 mois existent et ne sont pas le fruit de mon imagination archaïque.

                      Voyez parmi tant d’autres :
                      http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20131024.OBS2655/meres-porteuses-bienvenue-dans-l-usine-a-bebes.html

                      http://www.reporterre.net/spip.php?article4843

                      Et ceci se fait au nom de l’Egalité, des Droits de l’Homme et en fin de compte de la Démocratie.
                      Maintenant, vous avez bien évidemment le droit de voir cette marchandisation du corps de la femme pauvre du tiers-monde pour le couple homosexuel (ou hétérosexuel ne pouvant pas procréer) riche occidental comme un fabuleux progrès social.


                    • epicure 11 mars 2014 03:02

                      Les régimes les plus antidémocratiques pratiquent la peine de mort.

                      En Amérique la peine de mort sert à exécuter avant tout des gens infériorisés racialement et socialement par la société américaine. Donc à renforcer l’oppression du système américain.
                      Une démocratie peut elle se permettre d’exécuter quelqu’un qui serait condamné par erreur ?
                      Une démocratie qui exécute des innocents est elle une démocratie ?

                      Oui la démocratie c’est le pouvoir du peuple, mais ce ne doit pas être la dictature de la majorité, au point de faire perdre des droits à certains.
                      Le pouvoir du peuple, signifie que les intérêts de tous les membres du peuple doivent être défendus de manière égale, donc oui pour tous.
                      Il ne peut y avoir de vrai démocratie sans égalité, sinon ce n’est pas le pouvoir du peuple dans son ensemble, mais le pouvoir de certains sur le reste du peuple.

                      Donc tout ne peut pas être décidé n’importe comment dans une démocratie, il faut que les règles et les lois ne mettent personne ne position de dominé/opprimé. Ce n’est que come ça que la démocratie devient le pouvoir du peuple, e,n faisant en sorte que chaque élément du peuple ait voix au chapitre, au moins par al protection de ses droits égaux aux autres.

                      Par exemple oui la privatisation n’est pas un signe de démocratie, puisque la privatisation permet à certains de s’accaparer ce qui appartient au peuple, donc c’est une perte de pouvoir pour le peuple dans son ensemble, et un gain de pouvoir pour une minorité qui se pose comme différente du peuple.

                      De même qu’une libéralisation des frontières sans aucune règle, n’est pas un signe de démocratie, si cela permet à certains de pouvoir imposer certaines choses au peuple d’un pays contre son gré et à son dépend. Cela signifie que le peuple n’a pas le droit d’imposer des règles minimales de respect vis à vis du peuple.

                      "Oui, un régime démocratique peut : nationaliser des banques et des industries, retirer les médias des mains des financiers et autres vendeurs d’armes, décider de soustraire à la logique du marché la sécurité, la santé et l’éducation, punir les représentants du peuple pour trahison lors de la reddition des comptes,"

                      Effectivement dans une démocratie le peuple a le pouvoir donc il est parfaitement légitime pour le peuple d’avoir le pouvoir sur des éléments stratégiques pour la société pour justement au peuple d’avoir un pouvoir effectif, et non seulement théorique.

                      La démocratie et l’individualisme reposent tous les deux sur une conception immanente de la société et de l’individu : l’individu est son propre moteur ( ce n’est pas un chef/monarque, un dieu, le marché , la race etc.... qui décident pour les individus ), et les individus sont le moteur de la société.

                      Le peuple c’est le collectif des individus égaux composant la société.
                      La démocratie c’est le pouvoir collectif de décision politique de l’ensemble des individus.

                      Pas de démocratie sans individualisme, sinon c’est attribuer le pouvoir à autre chose que le peuple, qui serait au dessus du peuple, c’est à dire qui s’imposerait aux individus composant le peuple.


                      • Tim Parma Gil Paravicini 11 mars 2014 11:51

                        Merci pour ce commentaire construit epicure.

                        Encore une fois je n’ai à aucun moment prit position pour la peine de mort dans cet article. Bien sur vous dîtes beaucoup de choses justes mais il me semble que si nous voulons vivre dans une démocratie (une vraie), la condition absolue doit être la confiance en nous-mêmes et donc la confiance envers le peuple, envers autrui.

                        Évidemment qu’une démocratie où les minorités seraient opprimées n’aurait pas grand intérêt, mais nous ne devrions pas avoir peur de ce genre de déviance et faire confiance au bon sens populaire, à la common decency (pour reprendre Orwell et Michéa).
                        Car ce genre de méfiance est à mon avis la porte ouverte à la « dictature éclairée ». Car dans une démocratie (une vraie), il n’y aura jamais de consensus total et il y aura toujours des minorités, des groupes, des réseaux, qui se déclareront lésés.
                        Le tout sera de faire la différence entre les doléances justifiées et les pressions de lobbyiste, et je ne vois pas quel autre moyen, en démocratie, nous avons que de faire confiance à la souveraineté populaire. 

                        Il faut d’ailleurs ne pas oublier que dans une démocratie, le peuple ne décide pas comme ça en envoyant 1 ou 2 par sms. Non une démocratie doit mettre en place de réels débats pluralistes, une multitude d’outils envisageables existent pour permettre une décision populaire éclairée. Loin très loin du sondage par téléphone sans réel débat préalable.

                        Vous employez le terme individualisme comme synonyme d’individu. Il est clair qu’il n’y aura pas de démocratie ni de société sans individus.
                        Mais l’individualisme c’est autre chose, et il me semble qu’en démocratie le citoyen devrait voter les lois en ayant à l’esprit comme but ultime le Bien Commun et non pas ses propres intérêts égoïstes (dogme libéral).

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