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Accueil du site > Tribune Libre > Derrière le stetson de John Wayne : la face obscure d’une icône (...)

Derrière le stetson de John Wayne : la face obscure d’une icône raciste et homophobe

Sous le stetson impeccablement ajusté et la silhouette colossale du héros hollywoodien se cachait une réalité idéologique singulièrement plus rance. Idolâtré par des générations de spectateurs comme l’incarnation ultime des valeurs américaines, John Wayne a entretenu toute sa vie un discours profondément raciste, homophobe et xénophobe. Loin du mythe de la légende au cœur tendre, le “Duke” fut avant tout le héraut d’une Amérique blanche, réactionnaire et exclusive.

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L’aveu de 1971 : quand le masque du héros s’effondre dans la lumière de Newport Beach

Mai 1971. La brise du Pacifique balaie le ponton privé de Newport Beach, où le Wild Goose, un ancien démineur de l'US Navy converti en yacht de luxe, flotte paisiblement. À bord, verre de bourbon à la main et cigarette au bec, John Wayne reçoit le journaliste Richard Warren Lewis pour le compte du magazine Playboy. Le comédien a 64 ans. Il vient de décrocher l'Oscar pour Cent dollars pour un shérif. Il est au sommet de sa gloire, intouchable, vénéré comme un monument national au même titre que le Mont Rushmore. Mais dans la pénombre du carré du navire, la conversation glisse sur les tensions raciales qui embrasent les banlieues américaines. Le géant de 1,93 mètre s'installe confortablement dans son fauteuil et s'exprime sans le moindre filtre.

 

 

Ce que l'enregistreur à bandes de Lewis capture ce jour-là n'est pas une suite de dérapages incontrôlés, mais l'exposition méthodique d'une doctrine. Sans hausser la voix, avec le calme d'un homme convaincu de son bon droit, Wayne lâche une bombe atomique verbale : “Je crois au suprémacisme blanc jusqu'à ce que les Noirs soient éduqués jusqu'à un niveau de responsabilité.” Le journaliste relance, stupéfait par la brutalité du propos. L'acteur enfonce le clou, expliquant sans ciller qu'il ne se sent aucunement coupable du passé esclavagiste de son pays et qu'il refuse de céder la moindre parcelle de pouvoir aux minorités.

 

Aucune description de photo disponible.

 

L'entretien prend une tournure plus cynique encore lorsque la question des droits des Amérindiens est abordée. Wayne, qui a bâti sa fortune et sa renommée en massacrant des Apaches et des Comanches devant la caméra de John Ford, rigole à moitié. Pour lui, le génocide des peuples premiers n'est qu'un détail de l'histoire économique. “Je ne pense pas que nous ayons eu tort de leur prendre ce grand pays”, déclare-t-il calmement en écrasant sa cigarette. “Il y avait un grand nombre de personnes qui avaient besoin de terres, et les Indiens essayaient de les garder pour eux de manière égoïste.” Le vol des terres, les massacres et les déportations résumés à une simple expropriation légitime au nom du progrès blanc.

 

 

La planque de 1941 : le complexe du planqué et la surcompensation viriliste

Pour comprendre la fureur réactionnaire de John Wayne, il faut remonter à la fin du mois de décembre 1941. Alors que l'Amérique sous le choc de Pearl Harbor s'enrôle en masse — à l'image de Clark Gable, James Stewart ou Henry Fonda qui abandonnent les feux des projecteurs pour piloter des bombardiers ou servir dans la Navy —, Marion Mitchell Morrison, de son vrai nom, fait un choix radicalement différent. Âgé de 34 ans, marié et père de famille, il remue ciel et terre pour éviter d'être incorporé. Il multiplie les démarches administratives, plaidant des charges de famille, puis appuyant sur des exemptions liées à des contrats de tournage avec la Republic Pictures.

 

 

Dans les studios de Burbank, la pilule passe mal. Son mentor, le réalisateur John Ford, engagé dans la Marine et décoré pour ses films sur le front, ne lui pardonnera jamais tout à fait cette attitude. Sur les plateaux, Ford prend un plaisir sadique à humilier Wayne devant les équipes de tournage, le traitant de “planqué” ou de “grand benêt qui n'a jamais vu une vraie balle voler”. Cette culpabilité rongera l'acteur jusqu'à son dernier souffle. Ne s'étant jamais battu dans la boue du Pacifique ou sur les plages de Normandie, Wayne va passer le reste de sa vie à surcompenser à l'écran et dans ses prises de parole publiques.

Cette virilité déplacée devient une obsession pathologique. Dans ce même entretien de 1971 à Playboy, l'acteur exprime sa panique morale face à l'émergence des luttes pour les droits des homosexuels et à la transformation du paysage cinématographique américain. Quand Lewis l'interroge sur les nouveaux films d'auteur qui bousculent la morale puritaine, le sang du “Duke” ne fait qu'un tour. Il s'en prend directement au vainqueur de l'Oscar du meilleur film en 1970, Macadam Cowboy de John Schlesinger. Dans sa bouche, le chef-d'œuvre porté par Jon Voight et Dustin Hoffman devient une ordure pornographique retraçant l'histoire de “deux pédés”. Pour Wayne, s'écarter du mythe du cow-boy hétérosexuel, dur à la tâche et dominant, relevait de la haute trahison culturelle.

 

The Dark, Enduring Beauty Of 'Midnight Cowboy' And 'A Partnership Forged  Out Of Despair' | TPR

 

La terreur à Hollywood : le grand inquisiteur de la liste noire

On aurait tort de penser que John Wayne se contentait de pérorer lors de dîners mondains. Dès les années 1940, l'acteur transforme ses convictions politiques en véritable instrument de pouvoir au sein de l'industrie cinématographique. En 1944, il devient l'une des figures de proue de la Motion Picture Alliance for the Preservation of American Ideals, une organisation ultraconservatrice créée pour purger Hollywood de toute influence progressiste, syndicale ou communiste. Wayne en prend la présidence en 1949 et en fait une machine de guerre.

 

 

L'anecdote de la destruction du scénariste et producteur Carl Foreman est à ce titre éclairante. En 1951, Foreman écrit le scénario d'un chef-d'œuvre absolu du western : Le train sifflera trois fois (High Noon). Le film raconte l'histoire d'un shérif abandonné par les bourgeois trouillards de sa ville face à une bande de tueurs. Convoqué par la tristement célèbre Commission des activités anti-américaines (HUAC), Foreman refuse de dénoncer ses anciens camarades. Wayne entre alors dans une rage folle. Il orchestre le bannissement de Foreman, le contraignant à l'exil en Angleterre et le privant de ses futurs crédits à Hollywood.

 

 

Des années plus tard, Wayne se vantera publiquement d'avoir brisé la carrière de Foreman. Il déclarera sans le moindre regret : “J'ai aidé à le chasser d'Hollywood.” Pour l'acteur, Le train sifflera trois fois était un film “anti-américain” parce qu'il montrait un héros doutant de sa communauté, une faiblesse impardonnable pour un esprit aussi dogmatique. En réaction, Wayne tournera Rio Bravo avec Howard Hawks en 1959, conçu comme une réponse idéologique directe et militariste au film de Foreman.

 

 

Napalm et propagande : les “Bérets verts” ou la guerre sur mesure

À la fin des années 1960, le monde change, mais John Wayne refuse de tourner la page. Alors que les campus américains s'enflamment contre l'intervention au Viêt Nam et que les cercueils recouverts du drapeau étoilé reviennent par milliers de Saïgon, l'acteur décide d'intervenir directement dans le conflit. Écœuré par la couverture médiatique qu'il juge défaitiste, il écrit directement au président Lyndon B. Johnson en décembre 1965 pour lui proposer la réalisation d'un film à la gloire des forces spéciales.

Face au refus brutal des grands studios hollywoodiens qui considèrent le projet comme un suicide financier et moral, Wayne ne renonce pas. Il co-réalise, finance sur ses deniers personnels et interprète le rôle principal des Bérets verts (The Green Berets), sorti en 1968. Le tournage à Fort Benning, en Géorgie, se déroule avec le soutien logistique massif du Pentagone, qui fournit hélicoptères, chars et matériel militaire à la condition d'avoir un droit de regard absolu sur le scénario.

Le résultat à l'écran est une caricature effrayante de manichéisme et de racisme anti-asiatique. Les combattants vietcongs y sont dépeints comme de simples sauvages cruels, dénués de toute humanité, que les soldats américains éliminent avec le sourire dans des scènes d'une lourdeur propagandiste édifiante. La scène finale du film est entrée dans les annales du ridicule cinématographique : on y voit John Wayne marcher au bras d'un jeune orphelin asiatique alors que le soleil se couche... sur l'océan, au large de la côte est du Viêt Nam. Ce grotesque contresens géographique résume à lui seul la vision idéologique de l'acteur : la réalité du monde s'efface toujours devant le dogme américain.

 

 

La déconstruction du mythe : l'heure des comptes à Orange County

Pendant un demi-siècle, la mémoire collective américaine a préféré fermer les yeux sur cette dérive idéologique, préférant garder l'image d'Épinal du cow-boy solitaire chevauchant vers le soleil couchant dans Monument Valley. Mais la patine du temps a fini par se craqueler. En février 2019, la réapparition fortuite de l'intégralité des propos de l'interview de 1971 sur Twitter provoque un séisme médiatique outre-Atlantique, forçant une nouvelle génération de spectateurs à regarder la vérité en face.

La réplique n'a pas tardé sur le terrain institutionnel. En juin 2020, dans la foulée des mouvements de justice sociale, le Parti démocrate du comté d'Orange, en Californie, vote une résolution officielle exigeant que l'aéroport local, baptisé John Wayne Airport en 1979, soit immédiatement renommé et que la statue en bronze de deux mètres à l'effigie de l'acteur installée dans le terminal soit déboulonnée. Dans leur communiqué, les élus locaux rappellent brutalement que “les propos suprémacistes et homophobes de John Wayne sont incompatibles avec les valeurs de diversité de notre région”.

 

 

Séparer l'œuvre de l'homme est un exercice confortable pour les cinéphiles nostalgiques. Pourtant, dans le cas de John Wayne, le personnage de scène et l'homme privé ont fusionné jusqu'à l'indistinction. Regarder Wayne aujourd'hui exige de ne plus fermer les yeux sur l'envers de la médaille : sous la légende du cinéma se terrait un militant politique destructeur, le protecteur acharné du ségrégationnisme et l'un des artisans les plus féroces de la haine de l'Autre au cœur du XXe siècle.

 

Bibliographie & références

  • Lewis, Richard Warren, “Playboy Interview : John Wayne”, Playboy Magazine, mai 1971.
  • Wills, Garry, John Wayne's America : The Politics of Celebrity, Simon & Schuster, 1997.
  • Roberts, Randy & Olson, James S., John Wayne : American, Free Press, 1995.
  • Ford, Dan, Pappy : The Life of John Ford, Prentice-Hall, 1979.
  • Ceplair, Larry & Englund, Steven, The Inquisition in Hollywood : Politics in the Film Community, 1930-1960, University of California Press, 1983.
  • Foreman, Carl, “High Noon”, scénario original et archives de la Margaret Herrick Library (Academy of Motion Picture Arts and Sciences).
  • Suid, Lawrence H., Guts & Glory : The Making of the American Military Image in Film, University Press of Kentucky, 2002.
  • Democratic Party of Orange County, Resolution Urging the Renaming of John Wayne Airport, Comté d'Orange (Californie), juin 2020.

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22 réactions à cet article    


  • pasglop 11 septembre 12:16

    D’aucuns, probablement mal intentionnés, suggèrent qu’il n’aurait pas été si hétéro que son image le voudrait. Après...

    Sur la conquête territoriale et ses avatars, il a dit tout haut ce qu’un bon nombre d’américains, y compris certains natives, ne diront pas ouvertement encore aujourd’hui.


    • juluch juluch 11 septembre 13:26

      une autre époque.

      par contre je ne crois pas que JW est tout fait pour éviter l incorporation, elle lui a été refusé vu qu’il etait soutiens de famille avec 4 enfants et que les studios ont fait en sorte qu’il y aille pas au vu des films qu’ils produisaient y compris de propagande.

      Cela a pesé sur sa conscience jusqu’à la disputes avec John ford sur un film qui etait un excellent ami.

      Mais durant le tournage « des sacrifiés » ça c’est arrangé avec l’intervention de Robert montgomery

      La réaction initiale de Ford fut la colère, refusant de s’excuser, avant de nier et de minimiser ses propos, puis de fondre en larmes. Finalement, après les excuses de son ami, John Wayne est revenu au travail dès le lendemain, permettant la reprise du tournage.

      Je rajoute en copié/collé.

      JW etait entier comme tout ceux de cette génération.

      J’ai une grande admiration pour lui, ses films, son charisme, sa morale.

      Je pourrai évoquer mon père né en 1924 qui pour lui un noir etait un négre, un juif un youpin, un arabe un bicot, un armenien un armingol, un homo un pédé etc.

      Pour lui c’était normal...

      Une autre époque comme je dis plus haut.


      • ricoxy ricoxy 11 septembre 16:21

         

        John Wayne, Gary Cooper — les héris lisses de nombreux ’’westerns’’. Ça passe quand on a 8 — 10 ans, mais après, c’est lassant, cette mythologie ricaine.

         

        En tout cas, merci pour cet article éclairant sur monsieur Marion Morrison. Détail amusant : Morrison signifie ’’fils de Morris’’ et Morris est la variante anglaise de ’’Maurice’’. Et Maurice signifie, étymologiquement : fils de Maure. Pour un raciste, c’est râpé !

         

         


        • amiaplacidus amiaplacidus 11 septembre 17:16

          — — -

          John Wayne a entretenu toute sa vie un discours profondément raciste, homophobe et xénophobe.

          — — —

          Il représente bien de larges pans des Étasuniens, l’électorat du Canord entre autres.

          .

          Remarquez, inutile de faire de la jalousie : on a passablement de matamores du même genre en France.


          • jjwaDal jjwaDal 12 septembre 08:42

            Il ne peut en aucune manière cacher la forêt qui est que la totalité de l’espèce humaine se prend (à tort) pour l’espèce supérieure à toute autre sur Terre, qu’elle admet explicitement une hiérarchie des espèces qui sans surprise la place au sommet, que sur la base de cette hiérarchie elle détruit ou s’approprie l’espace vital de toutes les autres espèces et les considère comme des ressources naturelles ou des déchets à éliminer, attitude rituellement incarnée dans la consommation quotidienne de morceaux de cadavres (pudiquement rebaptisés « viande ») sans le moindre état d’âme.
            Le fait d’utiliser (à tort selon moi, car il s’agit de xénophobie, de connerie, d’intolérance, mais envers d’autres humains sûrement pas du « racisme ») le mot « raciste » pour illustrer une hiérarchie additionnelle au sein même de l’espèce humaine est une couverture cachant habilement le racisme fondamental de la totalité de l’espèce (l’appeler « spécisme » est clairement une esquive).
            Le suprémacisme en particulier dans la société occidentale, en version extrême chez les dirigeants, cela percole encore dans les discours, et le refus de droits identiques pour tous (on condamne les agressions ici, on les soutiens là) est encore vivant et Wayne a été le reflet d’une époque où le suprémacisme occidental envers tous les autres était la normalité.
            On oublie trop souvent que l’humanité est l’espèce la plus violente sur Terre, s’en prenant non seulement à l’ensemble du vivant , mais aux membres de son espèce, les plus faibles en particulier. Il finira par avoir de ses propres mains le sort qu’il mérite, puisque que « personne » ne semble avoir le courage de le faire à notre place.


            • Eric F Eric F 12 septembre 11:58

              @jjwaDal
              L’égalité des droits est actuellement mieux assurée selon vous dans les pays non-occidentaux ?


            • jjwaDal jjwaDal 12 septembre 16:41

              @Eric F
              Si votre question a un quelconque rapport avec mon commentaire, tout humain où qu’il soit a le droit de se considérer comme membre de la race supérieure, l’unique différence étant que la force fait le droit et certains ont donc un peu plus le droit que les autres à se croire « supérieurs » et à en faire profiter (dans des bains de sang s’entend) l’ensemble des espèces et les éventuelles générations à venir. Pour moi tout mangeur de viande peu importe le reste est un raciste et suprémaciste pleinement assumé. Je peux comprendre qu’on détourne le sens profond des mots pour éviter d’appeler un chat, un chat, mais xénophobie, intolérance, connerie, souverainisme, ne relève pas du racisme et du suprémacisme intrinsèque à l’espèce mais sont des manifestations secondaires pour esquiver l’essentiel qui fait consensus.
              Que certains soient moins cons, intolérants, xénophobes ou souverainistes ne change qu’à la marge ma vision de cette espèce qui se regarde un peu trop le nombril et manque de regard extérieur pour la remettre à sa place réelle.


            • Eric F Eric F 12 septembre 18:45

              @jjwaDal
              (je précise que ma question était relative à votre phrase « Le suprémacisme en particulier dans la société occidentale, en version extrême chez les dirigeants, cela percole encore dans les discours, et le refus de droits identiques pour tous »).
              Je comprends que votre point de vue est plus général, et porte sur le comportement de l’espèce humaine par rapport aux autres vivants. 


            • jjwaDal jjwaDal 13 septembre 11:15

              @Eric F
              Ok. Oui, je parlais du racisme et suprémacisme viscéral de l’espèce humaine en général et vous me parliez des droits secondaires qu’on peut espérer en démocratie plutôt qu’en Etat autoritaire. On n’était pas au même niveau de discussion.
              J’utilise souvent une métaphore qui ne fait pas rire, à savoir le point de vue d’un porc un peu plus futé que ses compagnons d’élevage qui vivent dans une « ferme » automatisée et robotisée. Aucun prédateur à l’horizon, ils sont nourris, logés, soignés, litières nettoyées tous les jours et sans aucune contrepartie visible, un paradis pour porc au premier regard. Un jour il entend une rumeur « complotiste » que le but serait de tous les tuer au final pour une raison indéterminée. Peu de temps après il peut accéder à une pièce via une porte ouverte et voit un curieux animal discutant avec un autre sur un écran et derrière défilent des carcasses de porc éventrées sur une chaîne. Il comprend alors le but réel de l’élevage et ce qu’est au final leur vie. Mais il n’a aucun moyen de comprendre que tout cela se fait non pas pour nourrir ces êtres étranges qu’il vient de voir (ils pourraient être végétariens sans en souffrir) mais par pur plaisir. A quelle conclusion pourrait-il aboutir sinon qu’il fait face à des démons, incarnant le mal à l’état pur ?
              La métaphore pourrait faire sourire si nous pouvions être absolument sûrs que nous ne sommes pas dans une situation voisine de celle de cet élevage de porcs et donc pas seulement des racistes et suprémacistes dans notre imaginaire mais les véritables seigneurs (saigneurs aussi) et maîtres sur Terre.
              Je suis enclin à penser qu’il n’en est rien. Et si au lieu de nous distraire avec des chapeaux nous étions un peu curieux pour changer ?...
              Merci à l’auteur pour m’avoir donné le prétexte à élargir le débat.


            • Aristide Aristide 12 septembre 11:29

              Peut-être faudrait-il essayer de comprendre mieux ce personnage. Effectivement, il était la figure même du blanc raciste, suprémaciste… Au sommet de sa carrière en 1956, Ford le fait tourner dans « La Prisonnière du désert ». Au sommet de sa gloire, il joue le rôle d’un raciste mis face à sa cruauté ...

              Il ne s’agit pas de relativiser ni d’excuser, mais simplement de comprendre les ressorts d’une Amérique des années 1950, ségrégationniste et raciste... Je crains que John Wayne n’ait été à cette époque que l’image publique de son pays...

               


              • Eric F Eric F 12 septembre 11:49

                @Aristide

                « Je crains que John Wayne n’ait été à cette époque que l’image publique de son pays... »

                En tout cas d’une grande majorité des WASPs. Du reste, il y a du Trump dans le profil exposé dans l’article.

              • Gasty Gasty 13 septembre 11:44

                Ici nous avons « Hergé » et « Tintin au congo »


              • Krokodilo Krokodilo 14 septembre 11:42

                @Gasty Sauf que Hergé était tout jeune à l’époque de « Tintin au Congo » et a su évoluer, s’extraire des préjugés de son milieu et de son temps pour aller vers un humanisme assez universel.


              • La Bête du Gévaudan 12 septembre 11:31

                désolé... ces méthodes communistes (sur le fond et la forme) ne me semblent guère en mesure de donner des leçons de morale à John Wayne... 

                S’il faut lier l’œuvre et l’homme, je pense qu’une grosse part de la production artistique de gauche devrait partir aux poubelles de l’histoire... la déconstruction de la figure humaine par la gauche intellectuelle a justifié les pires dérives totalitaires. Des « films de gauche » en apparence anodins, installaient en réalité la conception de l’homme propre aux génocidaires marxistes et nazis. 

                vos « gentils communistes » purgés dans le maccartysme, étaient en réalité de dangereux cinglés qui soutenaient Staline et Mao ! Le conservateur Mac Carty était bien moins sadique et sanguinaire que l’ordure communiste Vichinsky (procureur des Procès de Moscou). Il faut donc remettre les choses à leur place. 

                Après sa purge, Charlot a pris sa retraite dans son opulente villa en Suisse... alors que ses alter-ego purgés en URSS finissaient dans un goulag sibérien ou une fosse commune du NKVD ! ... je ne sais pas si Charlot a jamais bien eu conscience de cela... 

                Il en ressort que les paroles controversées de John Wayne sont à mettre en regard de celles de ses zélés détracteurs. L’examen de conscience doit se faire dans tous les camps. 


                • La Bête du Gévaudan 12 septembre 11:44

                  personnellement, étant de tendance libérale, je trouverais l’univers de John Wayne quelque peu étouffant... mais entre un conservateur borné et des cinglés communistes ou nazis, je pense qu’il est encore préférable d’avoir un conservateur borné (même si je préfère évidemment une tendance libérale). 

                  Quant à l’idéalisation des Amérindiens, je pense qu’il ne faut pas exagérer. C’était très loin d’être des humanistes. Donc, si l’on peut regretter la tragédie de la guerre, il ne me semble nullement que cela délégitime la société américaine.

                  Idem pour l’esclavage. Il a été aboli aux USA bien avant d’être aboli en Afrique (où les esclaves étaient achetés à leurs compatriotes). L’abolition de l’esclavage a permis l’essor capitaliste de l’Amérique. Rappelons d’ailleurs que c’est le parti démocrate qui soutenait l’esclavage.

                  Les afro-américains actuels sont bien plus heureux dans la « vilaine amérique » que dans la « gentille afrique » (où vivent les descendants de ceux qui les ont capturés et vendus) : les tentatives de retour en Afrique sont largement des échecs. La vie va de l’avant. Ni aucun Amérindien n’ambitionne sérieusement de vivre comme ses ancêtres en se défaisant des bienfaits que lui a procuré la civilisation américaine.

                  On peut regretter la colonisation américaine comme certains regrettent la gaule pré-romaine... ou, pour citer de Gaulle, comme on a la nostalgie poétique de la lampe-à-huile et de la navigation à voile. Mais la réalité est bien plus complexe. 


                • Eric F Eric F 12 septembre 11:54

                  @La Bête du Gévaudan
                  A quelles « méthodes communistes » faites-vous référence ? 
                  Dénoncer les excès du maccathysme ne revient en aucun cas à faire l’apologie du stalinisme.


                • Aristide Aristide 12 septembre 12:13

                  @Eric F

                  A quelles « méthodes communistes » faites-vous référence ? 

                  C’est simple, utiliser le vocabulaire le plus insultant sans aucune retenue ni modération. Exemple, fascisme, racisme, homophobie, islamophobie, ... derrière ces mots qui décrivent une réalité, il s’agit d’habituer le lecteur ou l’auditeur à l’amalgame, de provoquer la confusion, .... 


                • Eric F Eric F 12 septembre 14:13

                  @Aristide
                  Les termes « fascisme » et « islamophobie » ne sont pas utilisés dans l’article,et pour ce qui est du « racisme » de l’époque, eh bien vous-même en avez convenu dans un de vos messages précédent.
                  L’article ne me parait pas comporter d’amalgame et décrit bien ce qu’était le courant dominant aux USA dans les années cinquante, au travers d’une de ses vedettes emblématiques -rappelons qu’il y avait une ségrégation institutionnelle, avec des places réservées aux blancs dans les bus, etc.-.
                  L’homophobie légale existait à l’époque, y compris dans le bloc soviétique et dans notre législation même si elle était progressivement tombée en désuétude dans les années 60/70.
                  Le progressisme sociétal a depuis lors fait son chemin. Il est arrivé en butée avec le discours woke, mais on voit un reflux dans le courant MAGA et les mouvances réactionnaires (notons au passage que ce n’est pas le cas du RN). 


                • Aristide Aristide 14 septembre 13:44

                  @Eric F

                  Pour être plus court, je dirais simplement que l’essentialisation est une arme redoutable. Réduire une personne ou un groupe à un de ses caractères ou déviances ou défauts, aussi contestables soient-ils, est le piège dans lequel nous tombons tous.

                  JW était sûrement plus complexe que cette tirade finale ne le prétend :

                  Séparer l’œuvre de l’homme est un exercice confortable pour les cinéphiles nostalgiques. Pourtant, dans le cas de John Wayne, le personnage de scène et l’homme privé ont fusionné jusqu’à l’indistinction. Regarder Wayne aujourd’hui exige de ne plus fermer les yeux sur l’envers de la médaille : sous la légende du cinéma se terrait un militant politique destructeur, le protecteur acharné du ségrégationnisme et l’un des artisans les plus féroces de la haine de l’Autre au cœur du XXe siècle.


                • grangeoisi grangeoisi 13 septembre 09:49

                  Nous sommes tous racistes y compris l’auteur de cet article ce qui n’enlève rien à la qualité de...sa prose.

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