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Des aveux tardifs

Après « What happened » le récit d’une amnésique, voilà « Hacks » les recueils d’une repentie. La présidente ad interim du Parti Démocrate américain, 28 juillet 2016 au 25 février 2017, Donna Brazile, publie à son tour son livre choque, et elle n’y va pas avec le dos de la cuillère. Le psychodrame de la descente aux enfers du Parti Démocrate américain suit son cours, malgré les récentes victoires à la Pyrrhus en Virginie et New Jersey.

Retour en arrière. En plein milieu de la campagne des primaires, le 24 juillet 2016, l’ancienne présidente du DNC (Democratic National Committee) Debbie Wasserman Schultz se voit soudainement contrainte de démissionner de son poste, suite à la révélation par l’organisation non gouvernementale Wikileaks d’une série d’emails (20'000), suggérant une violation flagrante du devoir de réserve de la part de la présidente.

En effet il s’était avéré que Mrs. Wasserman, une ardente supportrice de la candidate Clinton, s’était adonnée à un lobbying intense auprès les puissants « super délégués », au détriment de l’autre candidat, le sénateur du Vermont, Bernie Sanders. Les super délégués ou « super delegates », des sénateurs et des gouverneurs, sélectionnés par le comité, ne sont pas soumis au choix des militants mais peuvent choisir librement leur candidat.

Non contente de faire de la propagande en faveur du camp Clinton, elle s’était lancée dans une véritable campagne de dénigrement dirigée contre le candidat progressiste, comme l’attestent les fameux e-mails entre membres du DNC, rendus publics par Wikileaks. On pouvait y lire, entre autre, que le directeur des communications Luis Miranda, également démissionnaire dans l’affaire, suggérait la publication ciblée d’articles de presse présentant Sanders sous un jour défavorable. Un de ces articles, paru dans le New York Times le 17 mai 2016, prétendait entre autre que des supporteurs du camp Sanders auraient cassé des chaises lors d’une convention au Nevada et attaqué physiquement la présidente de la convention Roberta Lange, ce que les nombreuses vidéos publiées sur « youtube » démentirent. Un autre stratagème, proposé par le directeur financier du parti, consistait à suggérer que le sénateur serait athée, ce qui serait sans doute mal accepté par les électeurs baptistes des états du sud, qui préféreraient, à la limite, un juif , mais certainement pas un athée.

Le 28 juillet 2016, c’est donc Donna Brazile, directrice de campagne d’Al-Gore en 2000, qui prend le règne du parti, un parti au bord de la faillite, comme elle devait le constater rapidement.

En effet, la campagne présidentielle du candidat Barack Obama de 2012 l’avait laissé avec une ardoise de 24 mio USD dont 15 mio USD en prêts bancaires et 9 mio en factures ouvertes en faveur de divers prestataires, ardoise ensuite généreusement épongée par la candidate Clinton, à un déficit de 2 mio USD près, et à certaines conditions, cela va sans dire. Conditions stipulées dans un commun accord entre Hillary Clinton et le DNC en août 2015, quatre mois après l’annonce de sa candidature et trois mois après celle de Bernie Sanders. 

En échange de ce soutien financier généreux la candidate Clinton obtint le contrôle total sur les finances du parti, la collecte de fonds, le recrutement, la nomination du directeur de la communication etc. Une fois l’ardoise épongée, elle prit grand soin de garder le parti sous assistance respiratoire tout en l’approvisionnant du juste nécessaire pour lui permettre de faire face aux dépenses mensuelles et d’assurer sa survie. 

La débâcle du Parti Démocrate ne date cependant pas de 2016. En 2008, l’espoir de toute une génération, le sénateur Barack Obama, semblait vouloir amener un changement du mode de financement de la vie politique à travers son concept novateur des petites contributions via internet et sa campagne « grassroot », « Obama for America ». Une fois élu toutefois, les bonnes résolutions furent vite oubliées. Le président prit grand soin de marginaliser son organisation, jusqu’à lui interdire tout activisme, dans le souci de ne pas contrarier les démocrates conservateurs (blue dog democrats) et leur puissants donateurs. (The Intercept)

Une preuve que le président se moquait éperdument de son parti agonisant fut la nomination, en 2010, de la présidente Debbie Wasserman Schultz qui, par ailleurs, il détestait copieusement, mais qu’il avait laissé en place tout de même pendant six ans L’incompétence de la dernière et le manque de soutien de la part du président ont fait le reste.

Soudainement, en 2016 Obama commençait à s’intéresser à nouveau aux siens, en plaçant à la présidence du DNC son ancien secrétaire au travail, le malléable Tom Perez, contre le candidat progressiste Keith Ellison, soutenu par Bernie Sanders. (The Intercept)

Sous le règne Clinton, le parti était devenu par ailleurs une sorte de blanchisseuse d’argent, contournant la limite maximale des donations en faveur d’un candidat à un mandat politique, fixée à USD 2'700.00 par individu par la FEC (Federal Election Commission). Cette limite est toutefois beaucoup plus élevée pour des dons en faveur des partis politiques et leurs sections. Celui qui avait donc épuisé son quota en faveur de la candidate Clinton pouvait faire une contribution, plus généreuse, en faveur du parti dans son état, cumulant à volonté sa mise.

En temps normal, une importante partie de ces fonds aurait été retenue par les sections régionales en vue de la campagne présidentielle, une fois un candidat élu. Vu l’accord Clinton en vigueur, 99% de ces donations prirent le chemin direction le QG de la campagne Clinton à New York dans le quartier de Brooklyn.

Curieusement c’est précisément à Brooklyn, au mois d’avril, juste avant les élections primaires newyorkaises où le « New York City Board of Elections » avait supprimé, illégalement, comme vient de le constater le Département de Justice, les noms de 120’000 électeurs, New York où le sénateur Sanders disposait d’une des bases de supporteurs les plus importantes.

Sans doute, la fondation Clinton, une œuvre caritative, est restée totalement à l’écart de la vie politique d’Hillary Clinton, danger de conflit d’intérêt oblige. On se demande d’autant plus quelle mouche a piqué le Parti Républicain américain d’ouvrir une enquête parlementaire à l’encontre de l’ancien président Barack Obama et sa décision, en 2013, sans doute fort du soutien de sa Secrétaire d’Etat (21.01.2009 - 01.02.2013), d’approuver la vente du groupe minier canadien Uranium One à Rosatom, l’agence fédérale de l’énergie atomique russe. Peut-être parce que cette transaction donne aux russes l’accès à 20% des réserves américaines d’uranium. http://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2016/05/08/la-fondation-clinton-la-charite-et-l-uranium-kazakh-276004.html

Interrogés sur les révélations de Mrs. Brazile, l’establishment démocrate se cache derrière son petit doigt. Debbie Wasserman Schultz trouve qu’il y a des « problèmes plus urgents à régler », le directeur de campagne d’Hillary Clinton, Robby Mook ne s’intéresse pas « à ces événements du passé et préfère se tourner vers l’avenir », Nancy Pelosi, ancienne présidente démocrate de la chambre des représentants pense qu’il faut « se concentrer sur ce qui est vraiment important pour notre pays, tel que les élections de mi-mandat, se tourner vers l’avenir, et que, de toute façon, elle n’était pas impliquée dans le processus des élections primaires ». Chuck Schumer, chef des démocrates au sénat, « n’a pas suivi les événements de 2016 et n’a pas lu le livre de Donna Brazile ».

Si ce cas éclatant de corruption n’avait pas empêché l’élection d’un candidat, capable de gagner les élections présidentielles, face à un adversaire qui est maintenant le président le plus dangereux que le monde ait connu à ce jour, on pourrait se contenter de simplement regretter ces événements.

Ce détachement des partis politiques de leurs électeurs on peut le constater également en Europe. Il est le prélude de leur inévitable dissolution. Ce qui viendra après, on ne le sait pas encore avec précision. 


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17 réactions à cet article    


  • lansquenet lansquenet 13 novembre 09:04

     
    Les démocrates empilent juste des étiquettes sur les individus : noir, pédé, femme, trans, etc...
     
    Dans la grande tradition mondialiste des valeurs droitdelhommistes remplaçant le concept de nation et le droit collectif du citoyen
     
    MAIS PIRE, IL VEULENT EXPLOSER LES US DANS LE MULTI-LINGUISME MULTi-KULTI EN LIEU ET PLACE DU CREDO AMÉRICAIN
     
    Et les petit blancs l’ont compris. Les 5 états du SO comme Québec hispanique, Divide Et Impera
     
    Le vote Trump ne bougera plus, il est racial, culturel, civilisationnel.
     
    ’L’excision éthique" de Trudeau !!! smiley
     
    http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/08/01/31002-20170801ARTFIG00115-trudeau-le-canada-et-l-excision-derriere-la-polemique-le-paradoxe-du-multiculturalisme.php
     


    • OMAR 13 novembre 20:30

      Omar9

      Eh @lansqueumolle.
      .
      Y’a Ste-Anne qui te cherche pour ton sédatif quotidien...


    • Dzan 14 novembre 13:37

      @OMAR
      Pas mieux


    • bob14 bob14 13 novembre 09:53

      oupsssssssss....les « Dés-Meaux-Craques ».. !


      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 13 novembre 10:18

        Soros, le New-York Times et Wall-Street sont les trois piliers des « démocrates », ceux des « républicains » sont le deep state (complexe militaro-industriel), la mouvance suprématiste blanche (ku klux klan et autres ségrégationnistes) et le lobby qui n’existe pas.


        Tout le reste n’est que bavardage.

        • leypanou 13 novembre 15:25

          @Jeussey de Sourcesûre
          ceux des « républicains » sont le deep state (complexe militaro-industriel), la mouvance suprématiste blanche (ku klux klan et autres ségrégationnistes) et le lobby qui n’existe pas : je crois que le lobby qui n’existe pas « arrose » tout le monde.

          Il n’y a qu’à voir tous les candidats qui se pressent à leur congrès pour y prêter allégeance (je me demande même si Bernie Sanders n’y est pas allé lui aussi).


        • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 13 novembre 18:07

          @leypanou

          pour être clair, il ne faut pas confondre juifs et sionistes

        • Gatling Gatling 13 novembre 15:28

          Oui les Clinton vont finir en taule avant l’impeachment de Trump ! smiley


          • doctorix doctorix 15 novembre 16:11

            @Gatling
            C’est surement la faute aux Russes...

            Stupéfiant, comme le camp Clinton et les media pointent du doigt les sources supposées des révélations concernant la frapadingue, plutôt que les révélations elles-mêmes..


            • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 13 novembre 21:23

              Salut Bruno le voisin.

              Pour les américanophones souhaitant en savoir plus sur la saga pathétique du parti démocrate, et découvrir un aspect de la perspicacité au quotidien de la gauche (autrement nommée progressiste) aux Etats-Unis je conseille le canal Youtube du Jimmy Dore Show

              Donna Brazile entre autres, c’est une décalcomanie de la mort de la gauche hollandiste de chez nous, version avortement aux USA.


              • Djam Djam 13 novembre 21:31

                Tout cela fait partie du jeu politique de la post modernité globalisée. Du côté US comme Européen, la politique « doit » être discréditée puis dissoute. C’est d’ailleurs effectif en France depuis le sous élu Macron, imposé à l’évidence par ce qu’on appelle le système et aux US l’accession de Trump à la présidence n’est pas non plus tout totalement le fait des électeurs oubliés de la mondialisation comme se plaisent à le ânonner les médias officiels.

                Le bla bla ininterrompu des pseudos journalistes médiatiques sur qui a fait quoi, qui a trahi qui, que deviennent les partis traditionnels, etc... sert à occuper le restant disponible de cerveau du pecus vulgum. On focalisant les esprits sur l’écume des événements politiques sans réel intérêt, les véritables architectes du Nouvel Ordre Mondial ont a peu près les mains libres pour avancer dans leur entreprise globale.

                la globalisation n’a jamais été pensée pour le bien-être des peuples, mais uniquement pour accroître et pérenniser le véritable pouvoir : les banques, les multinationales et l’armée. Le récit de cette auteure afroaméricaine du clan démocrate est le énième du genre. Nous avons les mêmes (récits) en France et ces livres, pourtant sans véritable utilité pour les peuples qui triment, se vendent bien parce qu’ils sont relayés par les médias complices de cette soupe de mafieux en costume et cravate.

                Que l’Amérique explose sous la violence inscrite dans son histoire, qu’elle se partitionne (Texas et Californie, déjà candidats à la séparation) ou qu’elle implose par sa déliquescence interne est une option de plus en plus crédible, sauf que... cela ne gênera en rien l’oligarchie qui, par ailleurs, vise précisément ce chaos là bas comme en Europe.

                Les esprits malades qui dirigent le monde depuis plusieurs décennies, du moins de façon nettement plus visible que par le passé, ne sont pas animés uniquement par des acapparements exclusivement sonnants et trébuchants, mais aussi par un projet idéologique quasi mystique. Cette vision mystique est basée sur la croyance qu’une reconstruction en mieux ne peut être réalisée qu’après un chaos. Il s’agit de la fameuse théorie du chaos constructif. Théorie reprise en France par un certain Arnaud Montebourg.

                C’est pourquoi, il serait dommage de perdre du temps précieux de vie pour lire un énième livre racontant la déconfiture d’une femme politique, fut-elle américaine. Passés maîtres et maîtresses dans l’art de la narration commercialement efficace, les auteurs politiques encombrent les rayons de ce qui ne sont déjà plus des librairies mais des stockeurs de papier à contenus sans intérêt.


                • lansquenet lansquenet 13 novembre 22:29

                   
                   
                  Trump exige de Foxconn de rapatrier des usines de montage d’électronique (Iphone, PC) aux US,
                  mais avec des robots IA (moins chers que les migrants surpondeurs !)

                   
                  Boobaland compte toujours sur des usines avec des boubous et des barbus ...
                  Où des délocalisations...
                   
                  Pauvre avenir gogochon... soumis par les GAFAM et Soros.
                   
                  http://www.slate.com/blogs/future_tense/2017/07/27/the_wisconsin_foxconn_pl ant_will_be_staff_by_robots.html
                   
                  https://www.theguardian.com/technology/2012/nov/08/foxconn-plan-factories-us-america
                   


                  • Marignan Marignan 14 novembre 09:13

                    A l’auteur.
                    Bonjour, bon article qui, à la suite de tant d’autres, constate le caractère ploutocratique du régime politique des E-U et, dans cette lutte du pouvoir pour le pouvoir, à la fois le savoir-faire du parti démocrate et la nature foncièrement corrompue (mais cela ne date pas d’hier) de son ex-candidate Clinton. Alors pourquoi, soudain, à l’avant-dernier paragraphe, dérapez-vous sur Trump ? Lui n’est pas convaincu de corruption, que l’on sache (il a même dû se battre contre le parti républicain qui voulait, comme le parti démocrate, placer un pion du système à la tête du pays), pourtant vous vous laissez emporter, semble-t-il, par la propagande du camp démocrate (les corrompus que vous dénoncez) à son encontre. En quoi une femme et ses soutiens embourbés jusqu’au cou dans des scandales de corruption à répétition et, apparemment, avides de cela, donc sans scrupules, n’aurait-elle pas constituée, elle, de manière très objective, « la présidente la plus dangereuse que le monde ait connu » ? Les électeurs américains ne s’y sont pas trompés eux, en choisissant le candidat le moins dangereux pour eux et, par ricochet, pour le reste du monde aussi, ne croyez-vous pas ?


                    • doctorix doctorix 15 novembre 16:18

                      @Marignan
                      Les américains ne voulaient pas plus de Trump que les électeurs Français ne voulaient de Macron.

                      Dans les deux cas, c’était faute de mieux et crainte de pire.
                      Ah ! un Président Saunders et un Président Asselineau, ça aurait eu une autre gueule.
                      Il me semble qu’alors, la paix du Monde aurait pu devenir un espoir raisonnable.

                    • Doume65 14 novembre 13:56

                      « Donna Brazile, publie à son tour son livre choque »

                      Qu’a voulu écrire l’auteur ? Son livre choc ou son livre choquant ?


                      • lloreen 16 novembre 09:12

                        La révélation du caractère intrinsèquement maléfique de madame Clinton et de ses courtisans ne doit pas occulter le fait que ceux qui les dénoncent ne sont pas non plus forcément des saints.
                        Cette situation devrait permettre au « peuple » de comprendre à quel point il doit s’impliquer à son échelle dans la chaine décisionnelle en remettant systématiquement en cause ce qui n’est pas transparent et en exigeant que le pouvoir décisionnel revienne et reste définitivement au niveau local.C ’est le seul moyen de retrouver une cohésion sociale et le contrôle de la situation.
                        Si le pouvoir s’est délocalisé au détriment des pouvoirs locaux, ce n’est certainement pas anodin mais délibéré afin que le contrôle et le suivi soit rendu de plus en plus difficile. Et la privatisation (spoliation) forcenée ne poursuit qu’un but : occulter les dédales empruntés par la finance au profit de quelques-uns, systématiquement au détriment des populations.

                        Les agissements criminels doivent être systématiquement pistés et dénoncés aussi bien chez les uns que chez les autres mais cela ne peut être rendu possible qu’avec l’abolition des partis qui ne sont rien d’autre que les piliers de ce système criminel et les garants de sa pérennisation.

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