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Des Génération-s identitair.es

 

à propos de Nous.

 

NOUS les femmes, NOUS les noirs, Nous les juifs, NOUS les blancs , NOUS les Lgbtq. NOUS. Il ne s'agit toujours que de nous. Notre temps est effectivement celui des générations identitaires : Chacun semble vouloir n'être qu'une frontière de lui-même. Un poète célèbre a dit un jour « ma peau n'est pas ma limite », ouvrant quelques perspectives métaphysiques et transcendantales... mais le désespoir, la médiocrité, l'ennui (et peut-être la peur) ont aboli ces perspectives : tout est à plat, tout est plat, l'on se contentera de cette dimension unique à savoir VOUS, je veux dire NOUS.

NOUS avons beaucoup souffert, à cause de VOUS. VOUS NOUS oppressez. Ôtez-moi ce sexe de ce soleil que je ne puis voir... et qui m’oppresse. - Le sexe, le soleil, madame ? - Attendez, comment osez-vous, je ne suis pas une madame, monsieur – Moi non plus... ».

Les études de (mauvais) genre de ce début de XXIe siècle auront permis de remarquer que les identités ont toutes un point commun : les identités se ressemblent (alors qu'elles ne le veulent pas). Plus elles se démarquent, et se démasquent, plus elles se ressemblent. Lorsqu'on enlève le masque qui vous recouvre VOUS, on ne retrouve que NOUS. Il ne s'agit toujours que de nous. Ne l'oubliez pas ! Je veux dire ne NOUS oubliez pas. Nous avons trop d'importance pour ça. N'oubliez pas que NOUS avons souffert NOUS, et que d'ailleurs VOUS continuez encore à NOUS oppresser , vous m'oppressez à chaque instant.

Donc oui, manifestement l'identité des gens, de genre, de Jean, Jeanne d'Arc, occupe une place de choix au seuil de notre narcissisme intérieur – ce qui serait un beau pléonasme sophiste et métaphysique - s'il n'avait tant de répercussions sur le narcissisme de façade ; celui qui nous ressemble. Et même qui nous rassemble, s'il y'a bien une chose qui nous rassemble, c'est notre amour de nous. Je veux dire NOUS. Avec une Haine capitale. Nous NOUS aimons mais pas VOUS, VOUS ne NOUS aimez pas alors que pourtant VOUS VOUS aimez, pas NOUS. Mais nous nous aimons, c'est l'essentiel. Nous avons le monopole de l'amour-propre.

Mais ce n'est pas tout (bien que ce soit toujours nous), nous voulons aussi le monopole de l'amour des autres. Des animaux par exemple. NOUS nous les aimons. Et bien plus encore. NOUS nous aimons les hommes. NOUS nous aimons les femmes. NOUS nous aimons entre nous. Et entre nous, et entre tous, nous NOUS aimons. Encore une fois, je me permets de penser pour nous, c'est-à-dire à votre place ; s'il ne s'agissait que de moi (et il ne s'agit que de nous) , je me proclamerais Ubu, le roi de tous, roi de nous, et je régnerais tranquillement sur nous tous. Mais même Ubu est encore trop beau pour ce monde, il n'est pas unique, il n'est pas nous. Et nous, nous voulons être uniques. Nous voulons être nous. Seul un enfant, non pas roi, mais reine peut régner sur ce monde. Un.e enfant-reine pour ne froisser personne, pour ne pas nous froisser, et pour régner sur nos (dé)générations identitaires. Ainsi nous pourrons mener nos études de gendres en toute liberté (d'expression). Chacun pour nous, chacun de notre côté.

Chacun pour nous, et tous pour nous ! Notre génération est notre identité ! Parce que nous sommes prisonniers de l'espace et du temps, nous sommes prisonniers NOUS. Nous souffrons, nous sommes prisonniers de NOUS, à cause de VOUS, et nous souffrons, peut-être, parce que nous NOUS refusons à toute tentative de transcendance. C'est à dire à toute tentative de nous extraire un instant de nous, de notre espace clos, et de notre temps clos, afin de réintégrer une certaine profondeur et une certaine perspective. Il ne s'agit pas de NOUS oublier, mais de nous émerveiller, de nous réveiller en passant , et même de nous dépasser en passant. Et il s'agit aussi de vous réintégrer VOUS, vous-même. De ne pas voir en vous que nous, c'est à dire cet.t.e enfant-reine qui règne sur nos états (nos états d'âme j'entends), et qui veut tout, tout de suite. Il se veut tout de suite. C'est-à-dire qu'il vous veut tout de suite et il veut que nous nous voulions dans l'instant. Son règne c'est l'instant, un règne très court. Mais toujours renouvelé. Et les frontières de son fugace royaume c'est vous. Il ne s'agit toujours que de vous.


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7 réactions à cet article    


  • arthes arthes 23 octobre 2018 11:25

    @Phrère _simpliste


    La finalité de l’humain, le grall on dira, n’est ce pas pour chacun d’être, de devenir  le roi en son propre royaume ?

    Sinon, Le nous reste en effet identitaire par rapport au vague « on ».

    Cela nous rapproche du moi.
    C’est tout de même moi qui dit nous, et le moi est unique, cela est il contestable ou bien cela manque t il d’altruisme, ou encore n’ai je pas bien compris où ce billet veut en venir ?

    • Lympios8 Lympios8 23 octobre 2018 13:40

      @arthes

      Quelle enflure à vouloir faire simple.
      L’art de l’estrade est une discipline astreignante....qui passe par le dépassement des postures.

    • arthes arthes 23 octobre 2018 14:10

      @Lympios8


      C’est pour cela que je préfère l’art du SM, il dézingue la posture, et on peut passer à l’ essentiel sans tourner autour du pot.

    • Lympios8 Lympios8 23 octobre 2018 14:56

      @arthes

      Ouarffff
      Le SM ????????????
      Ça compense quel manque intérieur chez vous ???

    • arthes arthes 23 octobre 2018 15:28

      @Lympios8

      Je ne me suis pas posé la question de la compensation, mais pourquoi pas ?
      Cela peut compenser l’impossibilité de pouvoir se révéler à soi même vis à vis de l’autre ,dans une vie sociétale où tout est posture bien souvent.

      Disons que cela correspond à un désir et m’offre un espace de liberté, dans une relation avec l’autre, complice pour cette action, hors du bien et du mal, sans autre filet qu’une éthique que je puise en moi même et qui me permet de trouver des limites en équilibre entre la lucidité et la folie et la vie et la mort, sans jamais basculer dans l’une ni dans l’autre...C’est un trip  où chacun , mis à nu se révèle à lui même en se révélant à l’autre, en transférant ses pulsions sado/maso dans un espace ludique...Où la douleur est bien réelle, ainsi que la relation avec l’autre.
      ..
      Je suis de celle qui tient le fouet, mais ce n’est , dans ce contexte qu’une posture, justement, une à dépasser, il n’y a pas de dominé et de dominant, en réalité, chacun pour exister en tant que tel à besoin de l’autre, c’est cette conscience du jeu qui est intéressante ..
      Comme dans la vie....

    • Sozenz 23 octobre 2018 19:48
      oh , oui , j aime me flageller .. mon corps , mon esprit ... oh oui, encore ....

      Non mais franchement , wouahahahhaa !

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