Dimanche, les peuples ont voté pour la paix
Ce week-end, deux pays ont voté, l’Allemagne et la Russie, et, curieusement, les choix populaires vont dans la même direction : la paix.
Résultats, obstacles aux votes révèlent des similitudes très intéressantes qui interrogent sur l’absence de toute alternative pacifique en France.
Résultat
Le résultat allemand se passe presque de commentaires tant il est caricatural1 : le parti du chancelier Merz, qui a tant alerté sur la menace russe, ne recule pas, il s’effondre. Les partenaires de coalition, la CDU comme le SPD, perdent chacun un tiers de leurs électeurs à Berlin.
En Mecklenburg-Vorpommern, la CDU perd deux tiers de ses électeurs, même si le SPD résiste mieux. Dans les deux régions, l’autre parti pro-guerre, les Grünen, recule. Une gifle d’autant plus retentissante que la CDU reste sous la barre des cinq pour cent en Mecklenburg-Vorpommern et donc n’aura aucun élu dans la future assemblée. Une première depuis la Seconde Guerre mondiale sur l’ensemble des Länder.
Coup sur coup, trois Länder viennent de désavouer la coalition pro-guerre et ils sont représentatifs de la tendance donnée par les sondages pour les autres Länder : recul des partis pro-guerre, progression des partis pro-paix.
Car, c’est le second volet, les vainqueurs des élections sont l’AfD, Die Linke et le BSW. Soit trois partis démonisés par le centre et les médias. L’AfD accusée de vouloir revenir aux années trente, amusante description d’un parti qui proclame ouvertement vouloir la paix avec la Russie. Hitler désavouerait ces héritiers dénaturés, mais il aurait plus de complaisance pour monsieur Merz. Paix aux cendres du Führer, ses idées ne sont pas mortes.
Die Linke et le BSW sont, eux, accusés d’extrémisme de gauche, vous savez, la vieille accusation du communiste au couteau entre les dents devenue un peu comique dans un monde où la fortune des ultra-riches explose. On n’ose imaginer les scores de ces partis, au moment où les médias ne pourront plus maintenir le feu de ces accusations.
Encore faut-il pouvoir faire la paix et, pour cela, il faut être deux. Justement, l’AfD et les Russes proclament leur volonté d’ouvrir des discussions pour faire revenir le gaz russe2. Peut-on envisager une claque plus sévère pour les sanctions européennes ?
Sanctions qui, si elles ont failli à atteindre leur but de destruction de la Russie, ne lui ont pas simplifié l’existence. Pire, elles ont proclamé une volonté de nuire à ce pays révélatrice du racisme ou de la haine d’une partie de nos dirigeants. Elles ont d’ailleurs été parfaitement cohérentes avec les nombreuses livraisons d’armes et financements accordés au gouvernement de Kiev par nos dirigeants.
Au-delà des trois Länder allemands qui ont réussi à dire sans nous, se pose la question de l’autre partie : le peuple russe. Lui aussi votait ce dimanche, dans une autre journée, dans le fracas des drones et des bombes lancées par le pouvoir de Zelenski avec l’aide de nos dirigeants. Dans ces conditions, on pouvait s’attendre à une razzia des partis les plus pro-guerre et notamment du Parti libéral-démocrate (LDPR), depuis toujours partisan d’une accélération des opérations en Ukraine.
En réalité3, s’il rafle 4 sièges supplémentaires, il n’augmente sa part des votes que de 1,4 point et stagne en dessous de 10 %. Le grand vainqueur est Russie unie, qui progresse de 8 points à 57,8 % ; le parti du président Poutine conserve la majorité.
Ce Poutine foudre de guerre, occupé à se réveiller chaque matin en se demandant comment déclencher un nouveau conflit. Étrange ? L’AfD déclare vouloir discuter, les Russes donnent suite. Macron parle de guerre hybride russe (un terme qui ne veut rien dire en réalité, donc à sa place dans la bouche de cet individu méprisable) ; le président Poutine répond en homme d’État4 : « La Russie n’a aucune intention agressive envers les États européens. »
Un discours tenu deux jours avant les élections, au moment où les drones de Kiev tombent sur le territoire russe. Il faut du courage ou la certitude d’être suivi par son opinion publique. Pari gagné, celle-ci accorde un blanc-seing lors du vote.
Les peuples russe et allemand viennent donc de part et d’autre de refuser l’escalade et de privilégier une solution négociée dans le respect de leurs intérêts mutuels, au lieu de vouloir mourir pour BlackRock, comme nous y préparent nos dirigeants.
Bien oui, désolé, mais les champs sur lesquels les Russes avancent produisent du blé détenu par des sociétés US grâce à un contournement des lois ukrainiennes sur la terre5. Les armes livrées à Kiev sont US ou fabriquées par des sociétés dont une large partie des actions sont détenues par des groupes US. Bref, nous sommes appelés à mourir pour la patrie européenne qui n’existe pas, mais nous mourrons pour des financiers US !
Là est le problème. Certes, nos médias s’assurent de bien rappeler que le parti Iabloko6 s’était fait interdire. Commençons le lavage de tête en règle : ce parti faisait 7,86 % en 1993 ; en 2021, il a récupéré 1,34 % des suffrages. Sentez-vous ce manque ? Ce bouleversement de la vie politique russe ?
La population envisageait sûrement de voter pour un parti qui prône l’adhésion de la Russie à l’UE en 2026. En réalité, il ne mérite même pas que l’on s’y arrête, car la psychiatrie politique a ses limites : en 2000, le président russe a proposé d’adhérer à l’OTAN. NOS dirigeants lui ont renvoyé la porte dans la figure. L’option d’adhésion de Iabloko est donc une soumission totale à tous les ukases de l’UE et une destruction de la Russie.
Mais bon, admettons que ce soit injuste : aucune loi électorale n’interdit aux fous de se présenter ; ce parti a manqué l’occasion de faire 1 % et de se couvrir de ridicule. Pour nous convaincre de la dictature russe, Wikipédia7 nous sort un argumentaire des plus construits :
Les résultats élogieux de la victoire de Poutine ont été épluchés par la presse indépendante russe qui a essayé d'en évaluer le taux de fraude. Les trois médias indépendants russes sont d'accord sur un point : la fraude a été d'une ampleur sans précédent. Le média Meduza estime le bourrage d'urnes à 22 millions de votes, tandis que Novaïa Gazeta Europe estime le nombre de bulletins falsifiés à 31,6 millions. Le site indépendant russe Important Stories évalue cette fraude à 21,9 millions de bulletins. Pour évaluer l'importance du bourrage d'urnes, les médias indépendants russes ont utilisé la méthode de Shpilkin. Selon Anna Colin Lebedev, la fraude va au delà du simple bourrage d'urnes. Il y a aussi le vote insincère. Ces votes sont obtenus en faisant pression sur les électeurs. Lorsqu'on sait que 50 % des entreprises dépendent de l'État, il est possible par la pression de rappeler au directeur d'entreprise qu'il est indispensable de voter en faveur du pouvoir et de faire pression auprès de ses employés. Sur les fonctionnaires aussi la pression est énorme. Cette pression est encore plus visible dans les bureaux de vote ou la police et l'armée sont déployées lors du déroulement du vote.
Passons sur le fait que les références pointent sur des articles de 2024 – la propagande ne s’arrête pas à de tels détails – et prenons l’accusation cinq minutes au sérieux, car l’accusation est exprimée pour chaque scrutin russe et la réponse vaut pour chacun d’eux :
Si l’on suit l’argumentaire, le résultat ne serait obtenu que par l’addition de multiples fraudes et, en réalité, les Russes ne voudraient pas de Poutine. Très bien, mais alors pourquoi Levada8, qui chaque mois fait un sondage sur le taux d’approbation de l’action du président russe le donne-t-il à 76 % d’opinions favorables en 2026 ? Mince alors, le résultat correspond en gros aux résultats officiels. Voulons-nous, pour nous amuser, poser la même question aux Français sur leur approbation de l’action d’E. Macron ? Le résultat risque d’être rigoureusement inverse, pourtant l’individu se maintient à l’Élysée.
Là encore, quels produits ces gens consomment-ils ? Bien sûr, dans un pays si vaste, il peut y avoir des fraudes, des gouverneurs qui, pour des raisons de carrière et l’envie de se faire remarquer, encouragent le vote ou même ajustent les résultats. Des militants locaux trop convaincus. De là à laisser imaginer que le résultat s’inverserait sans ces manipulations, il y a un pas que l’honnêteté intellectuelle devrait interdire de franchir.
Seulement, les mondialistes et leurs médias laquais n’ont pas cette fameuse honnêteté intellectuelle. Nés après la honte, ces gens cherchent à vendre leur thèse à un public occidental trop loin pour contrôler.
La méthode marche, sauf que, désormais, les conséquences se voient aussi pour le public occidental : chômage, prix de l’essence, se repèrent au coin de la rue et le mensonge médiatique ambiant ne peut les dissimuler.
En Allemagne, en Russie, les peuples ont voté pour la paix. Et en France ?
Là, les choses sont plus complexes, car les partis anti-guerre sont bien maintenus sous le boisseau d’une impitoyable dictature médiatique. Pour s’éviter tout débat, le RN a choisi de se rallier aux mondialistes et son électorat ne l’a pas encore acté. La LFI a fait le même pari : une stratégie Terra Nova de pêche aux minorités qui laisse les travailleurs orphelins.
Ainsi, il n’existe pas de parti ayant un véritable accès aux médias qui puisse porter le message de l’AfD ou du BSW, ce qui stérilise l’opposition.
2EXCLUSIVE : Putin envoy and far-right AfD prepare talks to get Russian gas back for Germany, sources say | Reuters
3Élections législatives en Russie : résultat et répartition des sièges
Élections en Russie : comment le parti de Vladimir Poutine s’est imposé et obtient une large majorité à la Douma - L'Humanité
4AlertesNewsFR sur X : « 🔴🇷🇺🇫🇷 FLASH | Poutine répond à Macron : « Il n’y a aucune menace russe » » / X
5On appelle cela des baux à long terme… des prête-noms… Sauf que désormais, ces champs ne peuvent plus exporter par Odessa. Dommage… OU PAS !
4 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON












