• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Dissection d’une pensée sous-fasciste : le cas Alain Soral

Dissection d’une pensée sous-fasciste : le cas Alain Soral

Analyser la pensée d’Alain Bonnet de Soral, plus connu sous le nom d’Alain Soral, est important dans ce contexte de crise économique propice à la propagation de discours fascistes. Ce genre de discours a d’autant plus de risques de gagner en influence que ladite crise a révélé la lâcheté, la veulerie, la trahison des partis de gauche et d’extrême-gauche. En outre, Soral est suffisamment habile pour saupoudrer ses diatribes de réflexions apparemment progressistes et de critiques relativement pertinentes de divers groupements politiques (le NPA, Bertrand Delanoë et son équipe municipale…) ou phénomènes de société (le communautarisme, le « féminisme » de la bourgeoisie…). Ce faisant, il espère endormir la vigilance de son auditoire et, ainsi, faire passer « en fraude » sa camelote d’extrême-droite.

Nous avons divisé notre analyse visant à démont(r)er l’imposture soralienne en 7 thèmes :

1°) Doubles discours et contradictions ;

2°) Récupération au profit de l’extrême-droite d’auteurs, de pratiques et de combats qui ne sont pas les siens ;

3°) Fascisme et poujadisme ;

4°) Antisémitisme ;

5°) Stalinisme ;

6°) Apologie de régimes répressifs ;

7°) Arrivisme et haine de classe.

Cette division est en partie arbitraire puisque certaines déclarations d’Alain Soral peuvent avoir leur place dans plusieurs des thèmes ci-dessous développés.

1°) Doubles discours et contradictions

Soral a compris que, s’il veut « ratisser large », il doit avoir un discours flou et changeant, et savoir « s’adapter à son public ». Cette faculté d’adaptation lui permet, certes, d’espérer rencontrer du succès au-delà des seuls nostalgiques du IIIè Reich… mais c’est au prix de ridicules pirouettes théoriques et pratiques.

Soral, qui n’hésite pas à se dire « marxiste », considère pourtant qu’il existe un « intérêt général des citoyens du monde »… Une négation en paroles de l’existence de la lutte des classes… Mais aussi et surtout un propos bien dans l’air du temps qui, n’en doutons pas, plaira aussi bien aux citoyennistes d’ATTAC qu’aux fachos partisans de l’association Capital/Travail !

C’est sans doute en qualité de « marxiste » que Soral qualifie le FN de « mouvement qui évolue vers la vraie gauche, la gauche sérieuse, la gauche économique ». Dans la foulée de cette affirmation hasardeuse, Soral conseille de lire « le programme économique » du Front National. Merci du conseil, Alain ! Une petite visite sur le site du FN peut toujours servir, effectivement ! Même si – crise économique oblige – le FN passe désormais sous silence ses propositions les plus ouvertement pro-patronales (sur la Sécurité sociale, notamment), il reste encore largement assez de « matière » sur leur site pour voir que ce parti est à 100% au service de la bourgeoisie. En vrac : « libérer au maximum l’entreprise des contraintes de toute nature qu’elle subit », « libérer le travail et l’entreprise de l’étatisme, du fiscalisme et du réglementarisme », « renégociation de la durée hebdomadaire du temps de travail par branches d’activité. Permettre en particulier de ‘gagner plus à ceux qui travaillent plus’ », « simplification du Code du travail », « créer un cadre favorable à l’entreprise, notamment aux PME », « baisser la pression fiscale » et notamment l’impôt sur la fortune et l’impôt sur les sociétés, développer les « régimes de retraite complémentaire par capitalisation », « assurer un service minimum dans les services publics », « obtenir des économies budgétaires en réorganisant la Fonction publique, par l’introduction du principe de mobilité et le non-remplacement d’une partie des départs en retraite ». Ah ! c’est donc ça la  « vraie gauche » ! ‘fallait y penser… Avec une telle conception de la « gauche économique », il n’est pas étonnant que Soral puisse dénoncer la « société d’assistanat » tout en continuant à se prétendre « marxiste »…

Soral affirme, à propos de la police et de l’armée : « il y a très longtemps que ces gens-là n’ont plus aucun pouvoir en France, on peut leur cracher à la gueule tant qu’on veut » et qualifie les flics de  « pauvres fonctionnaires qu’ont le plus haut taux de suicide de France ». Mais il affirme par ailleurs « nous sommes dans un régime totalement policier et totalitaire […] on est dans une société intégralement policière et dégueulasse ». La France, « régime totalement policier et totalitaire »… où les flics « n’ont plus aucun pouvoir » depuis « très longtemps » ? La contradiction est évidente, mais Soral espère probablement séduire les jeunes de banlieue et une partie de l’extrême-gauche avec sa rhétorique pseudo-libertaire et anti-keuf, tout en rassurant ses soutiens (et souteneurs) d’extrême-droite avec un discours plus traditionnel sur le thème de l’autorité qui n’est plus respectée. (Au passage, nous ne saurions trop conseiller aux partisans d’Alain Soral de tester la validité des assertions de leur Grand Chef en « crachant à la gueule » de tous les flics qu’ils croisent. Avec un peu de chance, à force de coups de tonfa et de GAV, ils deviendront d’authentiques révolutionnaires.)

Il y a quelques années, Soral évoquait « l’inculte – et désormais pas drôle – Dieudonné » (Alain Soral, Abécédaire de la bêtise ambiante, Jusqu’où va-t-on descendre ?, Pocket, Paris, 2003, p. 112). Il lui reprochait notamment de ne pas oser montrer du doigt cette « ‘communauté invisible’ certes surreprésentée dans le show-biz en termes de quotas, mais à laquelle il doit aussi son doux statut de rigolo » (Ibid., p. 114). « Communauté invisible », comprendre : les Juifs. Soral fait désormais liste commune avec « l’inculte » Dieudonné aux élections européennes de 2009… L’humoriste ( ?) est pourtant au moins aussi con aujourd’hui qu’en 2002, lorsque Soral écrivait ces lignes… en revanche, il est vrai qu’en matière d’antisémitisme, Dieudonné a accompli d’immenses « progrès » ces derniers temps !

Même type de revirement concernant les Arabes et/ou musulmans. Soral affirmait l’année dernière : « Aujourd’hui, on voit très bien que le Système diabolise les maghrébins. […] Vous Français arabo-musulmans et nous Français du Front National sommes diabolisés par le même système […] Toutes les saloperies qu’on raconte aujourd’hui sur les maghrébins de banlieue, sur les ‘kärchérisables’, c’est les mêmes qu’on a racontées sur Le Pen et les gens du Front National… et elles sont aussi fausses ! » … Soral souffre sans doute d’amnésie, il nous faut donc lui rappeler ses positions antérieures sur le sujet : « Leur seul espoir [aux Algériens], c’est qu’on y retourne [en Algérie]. » (Ibid., p. 15) ou « celui qui se comporte en colon, de plus en plus c’est le Beur » (Ibid., p. 99) ou : la France devient « un pays d’Anglo-Saxons névrosés envahis de Maghrébins hostiles » (Ibid., p. 124) ou encore, à propos de la situation en banlieue populaire dans les années 60 : « Les seuls qui posaient problème, déjà, c’étaient les Algériens qui se tenaient à l’écart dans la solitude, la peur, l’islam et la Sonacotra, et dont les jeunes, peu nombreux encore, foutaient déjà la merde » (Ibid., p. 40). Soral est démasqué par ses propres écrits : il fait partie de ce Système qui « diabolise les maghrébins », qui « raconte des saloperies sur eux » ! …Il est vrai qu’il a, depuis, changé radicalement de stratégie à leur égard : il espère même les incorporer à l’ « avant-garde » des bataillons d’extrême-droite : « Les premiers qui devraient se battre pour la préférence nationale, ça devrait être les Français d’origine immigrée, parce que c’est eux que [l’immigration] met le plus en danger. » Soral se plaît à répéter que le Système « divise pour mieux régner » : c’est indéniable… Tout aussi indéniable que le fait que lui-même divise pour mieux régner ! Après avoir fait des maghrébins des boucs-émissaires, il leur conseille de se retourner contre les nouveaux arrivants en France et, au passage, il se dédouane de ses propres responsabilités en accusant un « Système » (impersonnel) d’être à l’origine de leur stigmatisation.

Dans cette même optique, lors d’une conférence à Fréjus en 2008, Soral a affirmé à propos des exactions commises aux Invalides lors d’une manifestation le 23 mars 2006 : « Moi j’étais très content de voir, effectivement, le ‘bolossage’ des petits cons du CPE… Tout ça est quelque part bon signe. » Le plus amusant est que les fafs présents dans la salle ont applaudi ces propos d’Alain Soral ! Les mêmes qui, en d’autres circonstances, mettent en avant l’existence d’un racisme anti-blanc pour convaincre les électeurs d’accorder leurs suffrages à l’extrême-droite… Bonjour l’hypocrisie…

Ultime contradiction, à propos de ses opposants, Soral affirme : « ces gens-là ne vous sortent que des références des années 30 »… Or, lui-même ne se gêne pas pour « sortir des références des années 30 », en se réclamant notamment des pacifistes de cette période qui, se plaint-il, ont eu de gros problèmes après la guerre. De deux choses l’une. Ou bien les connaissances historiques de Soral sont très limitées (ce qui, après tout, n’est pas à exclure)... Ou bien il n’ose pas se réclamer trop explicitement de Jacques Doriot, Marcel Déat, Fernand de Brinon et autres « pacifistes des années 30 » qui ont été inquiétés à la Libération, non pas pour pacifisme mais… pour collaboration avec les nazis ! Soral fait parfois preuve d’un peu plus de discrétion et brouille les cartes en se faisant passer pour un « homme de progrès »…


2°) Récupération au profit de l’extrême-droite d’auteurs, de pratiques et de combats qui ne sont pas les siens

Les diatribes de Soral sont truffées de références, parfois explicites, à des auteurs qui ne sont pas d’extrême-droite. C’est bien connu : la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale. Soral tient donc à nous faire savoir qu’il a lu Guy Debord (tout en affirmant par ailleurs qu’il est « la partie de l’œuvre de Marx accessible aux publicitaires », Ibid., p. 96 ), Jean-Claude Michéa, Michel Clouscard (référence à « l’idéologie du désir » ou dénonciation de la récupération de Nietzsche par des intellectuels de gauche), Pier Paolo Pasolini (« codes intégralement fascistes de la mode »), Pierre Clastres…

 De là où ils sont, Debord, Pasolini et Clastres ne risquent pas de protester… Concernant Michéa : les thèses qu’il développe dans ses essais sont contestables, mais il n’en reste pas moins évident que c’est de manière abusive que Soral se sert d’elles comme caution à sa prose d’extrême-droite. Nous ne pouvons que vous inviter à vous faire votre propre opinion en lisant L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes, Impasse Adam Smith, L’empire du moindre mal, etcetera.

Quant à Michel Clouscard (dont les thèses sont, là aussi, contestables – mais, présentement, là n’est pas la question), dans une tribune libre dans L’Humanité (30 mars 2007), il a tenu à préciser qu’ «  associer […] d’une manière quelconque nos deux noms [le sien et celui de Soral] s’apparente à un détournement de fonds. Il s’avère qu’Alain Soral croit bon de dériver vers l’extrême droite (campagne pour le FN). Il veut y associer ma personne, y compris en utilisant mes photos à ma totale stupéfaction. Je n’ai en aucun cas autorisé Alain Soral à se prévaloir de mon soutien dans ses menées prolepénistes. Le Pen est aux antipodes de ma pensée. » Clouscard étant décédé le 21 février 2009, gageons que le fossoyeur Soral va pouvoir reprendre tranquillement son « détournement de fonds »…

 Soral se plaît également à affirmer que « Marx voterait aujourd’hui Le Pen. » Sans doute conscient que cet « argument » est trop visiblement spécieux, il prétend aussi que votent pour le FN « des branchés, des marginaux, […] des anciens d’Action Directe » A défaut de correspondre à une quelconque réalité, cette façon de présenter l’électorat FN est bien plus sympatoche que celle qui dépeindrait les partisans de Le Pen sous les traits de bourges de la région PACA, de vieilles rentières, de boneheads alcooliques (ah ouais mais nan… eux, ‘faudrait déjà qu’ils trouvent le bureau de veaute) ou encore de petits patrons/commerçants/artisans (qui ont eu l’occasion de montrer, tout au long du XXe siècle, qu’ils constituaient le terreau de toutes les réactions).

 Dans la même veine, Soral reprend à son compte le concept de décroissance, se dit « assez proche de certains écologistes ». Il évoque aussi « un processus de domination par l’intégration du flic ». Ce qui est juste, seulement voilà : ça sonne très « Mai 68 » (cf. les slogans du style « Tue le flic qui est dans ta tête. ») dont Soral est, comme chacun sait, un contempteur ! Plus fort encore, il s’imagine même rejoindre un jour « les anti-système radicaux qui vivent uniquement de récup’ dans les poubelles, et dans des endroits squattés » et il n’hésite pas à prendre la défense de Julien Coupat. Et puis quoi, ensuite ? Une apologie des black-block ? A un tel stade d’opportunisme et de démagogie, tout est possible…

Démagogie toujours, lorsque Soral justifie son soutien aux PME en disant que des « économistes marxistes » prônaient un tel soutien dès les années 90. « Économistes marxistes » que, bien sûr, il ne cite pas… Et pour cause puisque soit ils n’existent pas, soit ils ne sont pas marxistes !  

Alain Soral se réclame abusivement de la « dialectique. » En fait, il ne s’agit que d’un artifice rhétorique bien commode dont il use à chaque fois que son arrivisme ou sa médiocrité intellectuelle menacent d’éclater au grand jour. Ainsi, à ceux qui s’étonnent de sa trajectoire politique, Soral répond qu’elle est « dialectique ». Et sa fâcheuse tendance à faire de Karl Marx un apôtre de l’extrême-droite est – devinez quoi ? – « dialectique » ! 

Notons que cette tendance à la récupération de tout et n’importe quoi va au-delà du seul Alain Soral : c’est une véritable mode à l’extrême-droite depuis quelques temps. Presque tous se disent maintenant « révolutionnaires » (en période de crise économique, ça passe mieux que « contre-révolutionnaires » ou « royalistes »… mais il s’agit de « révolutionnaires » bien particuliers : des « révolutionnaires » qui sont anticommunistes primaires, qui soutiennent les contre-réformes du gouvernement et qui agressent les grévistes). Et pendant que certains fachos se réclament de Che Guevara, d’autres découvrent les situationnistes… Des identitaires se prétendent même « enfants de la Commune et du 6 février 1934 ». Comme s’il était possible d’établir une filiation entre le premier gouvernement prolétarien de l’Histoire et une tentative de coup d’Etat fasciste ! Cela étant dit, le 6 février 34, on leur le laisse et on confirme : ils en sont bien les héritiers !

 

3°) Fascisme et poujadisme

Dans sa préface à Jusqu’où va-t-on descendre ?, Soral supposait que le « libéral libertaire bourgeois bohème »  trouverait ses écrits « poujadistes » ou encore « fascistes » (Ibid., p.12). Eh bien, si tel a vraiment été le cas en 2002 lorsque cet essai est sorti, force est de constater que le « li-li bo-bo » – que pourtant nous n’apprécions pas – aura cette fois-là eu raison. Puisque, quelques années plus tard, Soral se vantera d’avoir écrit certains discours de Jean-Marie Le Pen. Rien d’étonnant quand on voit à quel point les thématiques fascistes et poujadistes sont au cœur de la « pensée » soralienne.

 Dans une conférence de mars 2009, entre une référence à la propagandiste du IIIe Reich Leni Riefenstahl et une dénonciation de l’ « idéologie maçonnique », Soral trouve quand même le temps de se montrer choqué par le tribunal de Nuremberg (« On tue tous les nazis, parce que c’était le Mal donc on les raye de la planète terre. ») et par l’épuration à la Libération… Cette conférence se déroulait pourtant à l’initiative du Parti Populiste (extrême-droite), dont le programme mentionne le rétablissement de la peine de mort pour les auteurs de « crimes de guerre, […] assassinats, actes de barbarie, tortures d’innocents », donc on ne voit pas trop pourquoi Soral s’indigne des exécutions de nazis et de collabos (à moins qu’il ne considère pas les Juifs, les Tsiganes et autres communistes qui ont été massacrés comme de « vrais » innocents ?). Soral estime aussi que « de toute façon, le métissage c’est la violence » … Assertion guère compatible avec celle-ci, également de son « cru » : « On [le peuple français ?] est un métissage réussi puisque cohérent, lent, accepté, etcetera. » Alors, le métissage c’est la violence, oui ou non ? Comme nous l’avons vu précédemment, Soral se fiche pas mal de s’empêtrer dans ses contradictions puisqu’elles sont « dialectiques ».

 Soral nous offre encore un magnifique exemple de « dialectique » quand il déclare : « quand on est marxiste, on doit fonctionner sur des concepts marxistes, quand on abandonne tout ces concepts pour se fonder sur des concepts petits-bourgeois, on se casse la gueule » avant d’affirmer que « pour faire quoi que ce soit de subversif en politique », il a plus confiance dans les « patrons de bistrot, les chauffeurs de taxi et ce qu’on appelle la petite-bourgeoisie » que dans les profs et les étudiants. Karl Marx voyait-il dans ces catégories de population une force révolutionnaire ? A-t-il prôné la dictature des patrons de bistrot ? Ou bien écrit « petits-bourgeois de tous les pays, unissez-vous » ? Soit Alain Soral a accès à des textes cachés de Marx, soit – c’est plus probable – il se sert, pour appuyer ses théories bancales, de ces mêmes « concepts petits-bourgeois » qu’il reproche à d’autres d’utiliser.

 Typiquement poujadiste est la défense soralienne du « petit patron », prétendue victime de la « persécution fiscale » et de la « méchanceté des prudhommes ». Soral se livre à cet exercice en se réclamant notamment de « Michéa »… On le comprend : pour réussir la prouesse de défendre ouvertement une fraction du patronat tout en restant « marxiste-compatible », il fallait au moins la caution d’un intellectuel qui se réclame du Socialisme (et pas de la « gauche » : dans l’esprit de Michéa, ce n’est pas la même chose… c’est même antinomique)…  Au passage, Soral se livre à des reproches (malheureusement !!) infondés concernant Arlette Laguiller : selon lui, dans ses discours, elle ne ferait pas de différence entre petit patronat et grand patronat… En réalité, dans ses interventions, cette réformiste patentée de Laguiller flétrit presque uniquement le « grand patronat »… comme si les autres patrons étaient plus respectables !

 Soral ressort également une ruse habituelle du fascisme pour servir de « paratonnerre » à la bourgeoisie en temps de crise économique : il dénonce régulièrement et avec insistance le « capitalisme financier spéculatif » et la « finance mondiale spéculative », espérant que les exploités ne s’apercevront pas que le problème est plus global et que c’est toute la société de classe (Alain Soral compris) dont ils doivent se débarrasser. Dans « Qu’est-ce que le national-socialisme ? », texte daté de juin 1933, Trotsky remarquait déjà que « tout en se prosternant devant le capitalisme dans son entier, le petit bourgeois déclare la guerre à l’esprit mauvais de lucre. »

Cette autre sentence soralienne participe de la même logique du « paratonnerre » : « Ce monde [du marché] est porté par les élites blanches occidentales judéo-protestantes » Il s’agit ici, en réduisant le capitalisme à ses seuls partisans juifs ou protestants, d’épargner le catholicisme (dont Soral se réclame – entre mille autres « étiquettes », il est vrai !) ainsi que les Arabes et/ou musulmans dont Soral veut se faire de nouveaux alliés, convaincu qu’il est que « dans l’imaginaire politique africain ou maghrébin, c’est un type de gauche Le Pen, hein… et même d’extrême-gauche parce que c’est pas des régimes très cools là-bas. »

 Au cas où vous en auriez douté, Soral manie fort bien la théorie du complot et a des talents certains en matière de réécriture de l’Histoire : « [Les Noirs] étaient issus de l’empire colonial qu’ils ne détestaient pas particulièrement d’ailleurs, en dehors de certaines élites financées souvent on sait pas trop par qui… »  Comme dirait un chanteur sarkozyste : « Ah ! Le temps béni des colonies… » Eh oui, Soral, c’est bien connu : les colonisés ne détestaient pas particulièrement la puissance coloniale, cette dernière a décidé d’elle-même, spontanément et sans pression d’aucune sorte, de quitter le continent africain et, d’ailleurs, depuis la décolonisation, la France a totalement cessé de s’immiscer dans les affaires intérieures du Gabon, de la Côte d’Ivoire, du Tchad ou du Togo…

 Enfin, dans la rubrique « comment, par la calomnie, l’extrême-droite assassine Jaurès une seconde fois », cette citation : « La position de Le Pen est très respectable et très cohérente, même sur le plan de l’immigration, du racisme, etcetera, elle est très saine, c’est une position de patriote français de gauche du début du siècle, c’est la position… il serait même à la gauche de Jaurès aujourd’hui  ! » … Sûrement, oui !! Le Pen est à peu près autant à la gauche de Jaurès que l’était l’homme qui l’a abattu, Raoul Villain, qui fut membre du mouvement catholique du Sillon et du groupe d’étudiants « nationalistes » de la « Ligue des jeunes amis de l’Alsace-Lorraine »…

 

4°) Antisémitisme

L’antisémitisme, ce socialisme des imbéciles, est très apprécié d’Alain Soral. Il s’agit, là encore, de détourner la colère populaire vers des boucs-émissaires. Mais ce brave Soral, décidemment très prévoyant, n’a pas attendu la crise économique pour distiller son poison. En 2004, déjà, il déclarait : « Quand avec un Français, Juif sioniste, tu commences à dire ‘y a peut être des problèmes qui viennent de chez vous. Vous avez peut-être fait quelques erreurs. Ce n’est pas systématiquement la faute de l’autre, totalement, si personne ne peut vous blairer partout où vous mettez les pieds.’ Parce qu’en gros c’est à peu près ça leur histoire, tu vois. Ça fait quand même 2500 ans, où chaque fois où ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans ils se font dérouiller. Il faut se dire, c’est bizarre ! C’est que tout le monde a toujours tort, sauf eux. Le mec, il se met à aboyer, à hurler, à devenir dingue, tu vois. Tu ne peux pas dialoguer. C’est à dire, je pense, c’est qu’il y a une psychopathologie, tu vois, du judaïsme sionisme (sic !) qui confine à la maladie mentale. » …Puis, cette année : « Il y a quand même un milliard de chrétiens qui s’excusent face à 15 millions de Juifs… C’est quand même bizarre, il a dû se passer quelque chose pour qu’on soit obligés de s’humilier à ce point là, que notre pape soit obligé de demander pardon parce qu’il y a un évêque ultra-marginal qui a dit trois conneries » Les « conneries » de Richard Williamson étant « juste », pour rappel, ses déclarations selon lesquelles « 200 000 à 300 000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz. »

Intéressante également, cette déclaration de Soral qui reprend le stéréotype, popularisé par le Protocole des Sages de Sion, du Juif fauteur de guerre : « M. Finkielkraut était pro-croate, M. Bernard Kouchner… euh… M. Cohn-Bendit… euh nan pas Cohn-Bendit… C’était Bernard-Henri Lévy, il était pro-bosniaque, ils ont chacun choisi leur camp afin d’attiser la haine et la violence. On ne sait pas trop pourquoi, ils ont dû tirer ça à pile ou face... » Au risque de décevoir Soral et ses groupies, il est important de souligner que l’anéantissement de la République fédérale socialiste de Yougoslavie a des causes multiples et complexes, n’ayant rien à voir ni avec Finkielkraut ni avec BHL. Pire encore : Finkielkraut et BHL n’auraient jamais existé que cela n’aurait strictement rien changé au sort des peuples des Balkans.

 Courageux mais pas téméraire, Soral, peut-être lassé des agressions physiques et des décisions de justice défavorables, se replie la plupart du temps sur des propos plus allusifs visant « l’autre d’une telle communauté que je ne nommerai pas », stigmatisant Daniel Cohn-Bendit en tant que « parasite de la société française… qu’il insulte ! » ou affirmant : « La France [que les mecs de banlieue] n’aiment pas, je ne l’aime pas non plus… C’est la France de Bernard-Henri Lévy, je ne l’aime pas non plus. » Que l’on soit bien clairs : les personnalités auxquelles Soral s’en prend sont souvent méprisables. Seulement, bien d’autres le sont tout autant et dont Soral ne pipe pourtant pas un mot. Et il n’est pas compliqué de comprendre quel est sans doute le but – et quel sera assurément le résultat – des envolées soraliennes visant Bernard Kouchner, Alexandre Adler, BHL, Jacques Attali, Laurent Fabius, Alain Finkielkraut, Élisabeth Lévy, etcetera. Ces diatribes permettent à Soral de passer pour un type qui ose s’en prendre aux « puissants » alors qu’elles ont pour fonction objective, en ne visant que des personnalités à l’origine ethnico-religieuse (supposée !) commune, d’épargner la bourgeoisie dans son ensemble en détournant le prolétariat des approches strictement classistes.

 

5°) Stalinisme

Soral a gardé de graves séquelles de son passage par le Parti dit « Communiste ». Il n’hésite pas à qualifier la CGT de « réseau de résistance ou d’opposition traditionnelle » alors que cela fait au moins sept bonnes décennies que la Confédération Générale de la Trahison est un obstacle aux tentatives d’émancipation des prolétaires. Pour Soral, « tout ce qui est de l’ordre de la violence […] et de la guerre civile, c’est forcément un truc qui affaiblit la France. » Ce Soral qui s’oppose à la violence et à la guerre civile au nom du salut de la France n’a, contrairement à ses prétentions, rien d’un marxiste… mais c’est un parfait stalinien !  C’est avec ce même type d’arguments, avec cette même dévotion envers l’unité nationale que le P « C » F a, à trois reprises, saboté des situations révolutionnaires : en 1936 (Maurice Thorez, secrétaire général du P « C » F : « il faut savoir terminer une grève »), à la Libération (Thorez, toujours : « produire, produire, encore produire, faire du charbon c’est aujourd’hui la forme la plus élevée de votre devoir de classe, de votre devoir de Français » et « La grève, c’est l’arme des trusts. »), en Mai 68 (Georges Séguy, secrétaire général de la CGT :  « …ce mouvement lancé à grand renfort de publicité qui, à nos yeux, n’a pas d’autre objectif que d’entraîner la classe ouvrière dans des aventures en s’appuyant sur le mouvement des étudiants. »).

Il arrive aussi à Soral de s’attaquer au « Capital apatride » et au « Capital nomade ». C’est cette même idée qu’il développe lorsqu’il affirme dans une interview que « tous les internationalistes aujourd’hui sont des gens de droite, par essence, tu vois… » Notons en passant que, trois minutes plus tôt, dans cette même interview, il affirmait : « Je ne crois pas à l’essentialisme, les gauchistes essentialistes m’emmerdent, ce sont des crétins et des petits cons ». Pour en venir à ce que révèle, sur le fond, cette citation, Soral – ce « crétin » et ce « petit con » d’essentialiste (ce sont ses termes)  – reprend à son compte la vieille antienne stalinienne qui affirme que, par opposition au Capital qui n’a pas de frontières, qui est « cosmopolite », les travailleurs se doivent d’être nationalistes. C’est ballot : Soral le stal’ a oublié que le Manifeste du parti communiste se termine par un appel à l’union des prolétaires de tous les pays…

 

6°) Apologie de régimes répressifs

Il n’y a pas besoin de creuser bien longtemps pour s’apercevoir que Soral est contre-révolutionnaire : il suffit de regarder quels régimes et quels chefs d’Etat il admire ! Saddam Hussein (entre autres) est rangé par ses soins dans la catégorie des « chefs d’Etat locaux de puissances alternatives ». Alternatives à quoi ? Sûrement pas au capitalisme, en tout cas ! Le premier fait d’armes de Saddam Hussein est la participation à une tentative d’assassinat, en 1959, du général et Premier ministre marxisant Abdul Karim Qasim qui, l’année précédente, avec d’autres militaires, avait renversé la monarchie iraquienne. Une fois arrivé au pouvoir (avec le soutien des Etats-Unis), à la tête du parti Baas, Saddam Hussein a réprimé férocement ses opposants, notamment les membres du Parti Communiste Irakien (ce qui n’a pas empêché Moscou de continuer à soutenir le régime baasiste… ça en dit long sur la teneur en socialisme de la bureaucratie stalinienne).

Soral fait également l’apologie de Poutine, ex-membre du KGB et bourreau du peuple tchétchène qui, en fait d’« alternative », a surtout parachevé le rétablissement du capitalisme privé en Russie (ouverture à la concurrence du fret ferroviaire, baisse du taux d’imposition sur les sociétés…) et restreint les déjà peu nombreuses libertés démocratiques dont bénéficiaient les Russes ( journalistes assassinés, opposants emprisonnés, désignation par le Président et non plus élection des gouverneurs des sujets de la Fédération de Russie, grande impunité accordée aux membres des groupes fascistes/néonazis qui commettent de nombreuses exactions).

Autre objet d’admiration de Soral : la République islamique d’Iran, régime théocratique où les militants des organisations de gauche ont été exécutés par milliers suite à la contre-révolution islamique et où les minorités (kurdes, arabes) sont soumises à de multiples brimades. Ce régime qui tente de fédérer sa population autour de discours hostiles à l’Occident, aux Etats-Unis, à Israël, sait pourtant miser sur plusieurs lièvres à la fois : dans les années 80, il n’a pas hésité à acheter des armes aux Etats-Unis (qui se sont servis de l’argent récolté grâce à ces ventes pour financer une guérilla d’extrême-droite au Nicaragua : c’est la fameuse affaire Iran-Contra) et à Israël. Les dirigeants iraniens sont également ravis de la décision des Etats-Unis et de la dictature européiste de classer comme organisation terroriste l’Organisation des Moudjahiddines du Peuple Iranien (OMPI), et ils ont sûrement vu d’un bon œil les perquisitions visant l’OMPI opérées en France en 2003. La « lutte contre le terrorisme » (c’est-à-dire, en réalité : le terrorisme d’État) est décidemment sans frontières…

 

7°) Arrivisme et haine de classe

 Soral qui reproche à BHL, Finkielkraut, Cohn-Bendit, etcetera (voir 4°)) leur capacité à retourner leur veste n’a peut-être pas tort sur le fond… Mais il est très mal placé pour parler, sa propre trajectoire politique étant marquée par de nombreux retournements de veste. Après avoir adhéré au mouvement punk, il rejoint le P « C » F. Il finit par quitter ce parti dans les années 90, une fois que l’Union Soviétique s’est cassé la gueule et qu’il s’est rendu compte – soixante ans après tout le monde, mais mieux vaut tard que jamais – que le P « C » F n’est pas révolutionnaire. Il qualifie son Abécédaire de la bêtise ambiante, paru en 2002, de « national-républicain » et paraît alors proche de Jean-Pierre Chevènement. Passade de courte durée puisqu’il se rapproche ensuite à grandes enjambées de l’extrême-droite, jusqu’à rejoindre l’équipe de campagne de Jean-Marie Le Pen en vue des présidentielles de 2007. Mais il est vrai que, dans l’interview où il annonçait son rapprochement avec le FN, Soral affirmait que, faisant cela, il rejoignait un parti « qui pèsera demain 25% minimum » (forcément, puisque « Le Pen, c’est le plus grand résistant au Système de France »  !!). Quelle déception au soir du premier tour des présidentielles quand Le Pen, doublé sur sa droite (extrême) par un Sarkozy vraiment très décomplexé, n’obtient « que » 10,44% des voix. Pas grave, Soral a l’explication : « Le Pen mérite la France, mais je ne suis pas sûr que la France et les Français tels qu’ils sont aujourd’hui méritent Le Pen. » Dit plus clairement : les Français sont des cons. Venant de quelqu’un qui passe son temps à glorifier démagogiquement le « Peuple » et la « Nation », c’est plutôt cocasse… A l’échec du FN aux présidentielles vient s’ajouter l’échec, plus net encore, des municipales en 2008, ce qui fait que Soral doit commencer à se demander s’il a misé sur le bon cheval (blanc).

 Soral annonce finalement son départ du FN le 1er février 2009, le parti n’ayant daigné lui proposer, en vue des élections européennes, qu’une place d’honneur sur la liste en Ile-de-France. Une simple place d’honneur à lui, Alain Soral, lui qui est « rebelle depuis l’âge de seize ans », vous vous rendez compte ?!? Comme l’aurait dit une de ses défuntes icônes staliniennes : c’est un scandÂÂÂÂle ! Mais puisqu’il ne veut surtout pas sombrer dans l’oubli et qu’il tient à faire parler de lui à tout prix, Soral se contente finalement d’une place de numéro 5 sur la liste antisém… pardon… « antisioniste » de Dieudonné. On ne sait jamais, dès fois que… Après tout, «  les gens sont tellement cons, ils en redemandent…  » et puis « un salarié, c’est comme un enfant ». Alors, qui sait ? Ces ânes-là iront peut-être voter…

Le grandissime Soral qui, lui, n’est ni un con ni un salarié, chie sur la Star Academy, les émissions d’Arthur, celles de Stéphane Bern… Le hic c’est que Soral n’a jamais hésité à aller faire la promo de ses bouquins de merde chez Thierry Ardisson ou Evelyne Thomas ! Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais… Soral semble paniqué à l’idée de retomber dans l’anonymat : « Si vous ne faites pas ce qui faut, vous êtes progressivement marginalisés, c’est-à-dire vous ne passez plus dans les grands médias, vous êtes un peu mal vus […] On voit bien ceux qui peuvent se maintenir et ceux qui sont marginalisés, et pourquoi […] Et cette marginalisation elle est bon… au niveau des médias évidemment, c’est-à-dire on est disqualifiés, on n’est plus invités, etcetera... Moi on voit très bien que j’passais beaucoup dans les émissions mais à un moment donné on n’m’a plus vu […] d’ailleurs les gens ne se posent même pas la question ‘tiens, on ne vous voit plus !’  » C’est qu’il doit également se demander comment il va faire pour écouler ses daubes fascistoïdes si, par malheur, il se voit privé de l’accès aux principaux médias et de la notoriété qui va de pair… Aiguillé par son ambition sans scrupules, Soral saura, s’il le faut, changer une énième fois son fusil d’épaule, trouver de nouveaux compagnons de route et de nouvelles tribunes d’où il pourra dégueuler sa prose pseudo contestataire qui, en fait, nuit exclusivement au prolétariat. A moins que ce dernier ne lui en laisse pas l’occasion…



sources :

- Alain Soral, Abécédaire de la bêtise ambiante, Jusqu’où va-t-on descendre ?, Pocket, Paris, 2003

- interview d’Alain Soral après qu’il ait annoncé qu’il rejoignait l’équipe de campagne de Jean-Marie Le Pen, fin 2006 (http://www.dailymotion.com/search/alain%2Bsoral/video/xtjwl_alain-soral-interview-fn )

- interview d’Alain Soral suite au premier tour des dernières présidentielles, 22 avril 2007 (http://www.dailymotion.com/related/xtjwl/video/x1td0v_soral-echec-de-le-pen_news?hmz=74616272656c61746564 )

- Alain Soral, conférence à Fréjus, 23 mai 2008 (http://www.dailymotion.com/relevance/search/soral+fr%C3%A9jus/video/x5snqq_alain-soral-frejus-partie-1_news et http://www.dailymotion.com/relevance/search/soral+fr%C3%A9jus/video/x5snuj_alain-soral-frejus-partie-2_news )

- Alain Soral, conférence « Vers la gouvernance globale » à l’invitation du Parti Populiste, 9 mars 2009 (http://www.dailymotion.com/relevance/search/conf%C3%A9rence+gouvernance/video/x8vz58_alain-soral-conference-090309-parti_news )


Moyenne des avis sur cet article :  2.16/5   (76 votes)




Réagissez à l'article

66 réactions à cet article    


  • esenin 25 juin 2009 15:30

    Quel long article consacré à un énergumène inculte qui ne vaut pas une demi-ligne !!

    Il y a un mot et un seul qui caractérise ce néo-moins-que-rien qui, de toute évidence, a besoin de gagner sa vie en fouillant autour de lui, c’est-à-dire dans sa poubelle, au milieu de ses propres ordures, un mot : ridicule....ce pitre est ridicule. Donc, commencer votre article en parlant de la « pensée » de soral....c’est prévenir le lecteur que va lui être administrée une einième définition du néant.

    • Catherine 25 juin 2009 17:11

      Je comprends mal en quoi ce commentaire est constructif
      Ne le prenez pas mal mais je ne comprends pas les mots :
      -néo-moins-que-rien
      -sa vie
      -fouillant autour de lui
      -sa poubelle
      -ordures
      -pitre
      -néant

      bien entendu j’ai suivi mes cours de primaire et je suis capable de comprendre que ces mots appartient à la sphère des préjugés et des fausses croyances
      mais cela m’intéresse assez peu
      Sinon, coté sphère objective, que vouliez vous dire ?
      Que les propos d’Alain Soral choque votre morale ?

      Je doute qu’aligner pleins de méchants mots discrédite le personnage. Si vous souhaitez rallier des personnes à votre cause anti Soral (à laquelle j’adhère au demeurant) je vous conseille de démonter ses propos logiquement et de manière irréfutable (=dans la logique)

      Cet article n’a pas l’once d’autre chose qu’un amas de croyances indémontrées et indémontrables.

      Dommage qu’il y ait des « anti Soral » pour de fausses raisons qui utilisent les mêmes procédés logiques que le personnages qu’ils attaquent. Cela donne lieu à une médiocre bataille de préjugés.

      clap clap !


    • Valparaiso JJSS1979 25 juin 2009 19:16

      Mais encore ? C’est un peu court tout ça. Vous donnez des billes à Val et Finkielkraut quand ils disent qu’internet est rempli de pauvres types qui ne font rien de leurs vies et s’amusent à degommer tout ce qui bouge et agit bien au chaud le cul derrière leur pc.
      Soral a des couilles. Il faut être bien bas pour prendre autant de temps pour le couvrir de merde...


    • La mouche du coche La mouche du coche 25 juin 2009 20:26

      .
      .
      C’est triste de lire un article aussi faible sur Alain Soral. Alain Soral n’a pas les ennemis qu’il mérite. smiley
      .
      .


    • Echo Echo 26 juin 2009 02:11

      C’est le vrai probleme de Soral.

      Il n’y a personne pour se risquer a debattre avec lui. Et personnellement, j’attends encore qu’un contradicteur a sa hauteur se fasse connaitre.
      Mais en attendant, je dois lui conceder clairvoyance, honnetete et coherence. C’est un homme qui construit sa pensee au fil de sa conscience, phenomene rarissime de nos jours.

      Et quoique puissent en penser ceux qui, a defaut de l’affronter, en sont reduits a le salir, je ne me considere en rien comme etant proche d’un quelconque fascisme.


    • La mouche du coche La mouche du coche 26 juin 2009 08:08

      .

      .
      Oui Echo,

      Et je ris de lire que l’auteur de cet article, qui se présente de la façon la plus haineuse comme un soi-disant marxiste qui « espère pouvoir un jour assister au procès des criminels qui nous gouvernent », attaque Alain Soral, alors que celui-ci est radicalement contre ceux précisément qui nous gouvernent ! Pouah ! On imagine difficilement comment descendre plus bas. 
      Tout ceci ne peut qu’élever alain Soral à nos yeux, et laisser l’auteur dans son sinistre anonymat dont il n’aurais jamais dût sortir. smiley
      .
      .

    • jako jako 25 juin 2009 15:36

      Bien construite votre analyse, Cosmic va venir le confirmer très bientôt. :)


      • amipb amipb 25 juin 2009 15:59

        C’est pire que court, c’est clairement un raccourci. Et pourtant je n’aime vraiment pas Dieudonné...


      • LeGus LeGus 25 juin 2009 22:48

        Je vois des gens en effet très différents, unis pour une cause.
        Diviser pour régner, on connait le principe.
        Êtes-vous sur qu’il soit d’application ici ?


      • Reinette Reinette 26 juin 2009 00:21

        GERALDINE

        pitié ! pas la photo des 7 quenelle


      • Catherine 25 juin 2009 17:03

        Je ne l’aurais pas aussi bien exprimé !
        Hop, +1 vote pour vous !

        La rigueur intellectuelle triomphera mon ami... :p


      • Traroth Traroth 25 juin 2009 18:02

        Super commentaire. « Procès stalinien », carrément. Si l’auteur avait fait plus court, vous lui auriez reproché de manquer d’argument, j’imagine.

        Personnellement, je ne vois rien d’anodin dans les déclarations citées. Vous avez un exemple ? Par la même occasion ça serait bien d’expliquer quel contexte peut justifier une déclaration comme « un pays d’Anglo-Saxons névrosés envahis de Maghrébins hostiles »...


      • ASINUS 25 juin 2009 23:07

        @actias compliments
         jeu, set et match


      • Nobody knows me Nobody knows me 26 juin 2009 13:15

        actias, il est vrai qu’un petit développement aurait été le bienvenu, c’est le principe de la contre-argumentation. Vous parlez de procès, on a donc eu le plaidoyer de l’accusation, pourriez-vous nous faire part du vôtre ou au moins de votre avis ?
        Moi j’ai lu cet article en essayant de bien distinguer les parti pris de l’auteur (on en a tous), et bien qu’en effet, un « procès » de la pensée ne soit d’aucune utilité ici, je trouve assez intéressant de connaître le personnage.

        J’ai maté des vidéos, écouté et lu des textes de Soral AVANT d’entendre ses critiques.
        Et je trouve que l’auteur (et les autres critiques qui se rejoignent souvent) met bien en évidence ce qui m’a le plus frappé chez Soral : il se réclame de tout et de son contraire. S’il était de tout ce dont il se réclame, il aurait 100% des voix aux élections. Or c’est loin d’être le cas. Et c’est d’ailleurs impossible il me semble d’adhérer à certaines idéologies diamétralement opposées.


      • Nobody knows me Nobody knows me 26 juin 2009 13:29

        D’ailleurs, l’exemple le plus flagrant de cet opportunisme - ou de sincérité au final (? ??) - est son parcours politique. Cet homme a parcouru l’échiquier politique de long en large à l’exception, il est vrai, des partis les plus au centre (UMP, PS, Modem). Il faut rendre à César...
        En cela, on peut dire qu’il est intègre avec son refus de la conformité.


      • Catherine 25 juin 2009 16:56

        - > Soral, qui n’hésite pas à se dire « marxiste », considère pourtant qu’il existe un « intérêt général des citoyens du monde »… Une négation en paroles de l’existence de la lutte des classes…

        En quoi l’existence d’un intérêt humain général est contraire au marxisme ?
        Rappel historique - > le concept de lutte des classe est plus central dans la pensée marxienne que marxiste, de plus il n’a été introduit ni par Marx ni par Hegel : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lutte_des_classes
        Soral lorsqu’il dit cette phrase ne se contredit absolument pas car pour cela il faudrait que vous démontriez que Marx nie tout intérêt commun entre les hommes ce qui est faux. Il traite ave cle concept de lutte des classes d’un aspect spécifique des relations sociales et ne prétend pas les résumer totalement. Si mes souvenirs sont bons la pensée de Marx inclue même l’idée d’une aspiration commune entre les hommes (voir « la pensée de Karl Marx »de Jean Yves Calvez).
        De plus Soral ne précise pas (dans votre citation) sur quel plan se trouve cet intérêt général.

        -> C’est sans doute en qualité de « marxiste » que Soral qualifie le FN de « mouvement qui évolue vers la vraie gauche, la gauche sérieuse, la gauche économique ». Dans la foulée de cette affirmation hasardeuse, Soral conseille de lire « le programme économique » du Front National. Merci du conseil, Alain ! Une petite visite sur le site du FN peut toujours servir, effectivement !

        Je comprends mal votre élan, y a t il un virus sur le site du FN qui risque de sauter dans notre cerveau ? Nous gardons tout de même notre capacité à penser lorsque nous allons récolter des informations sur internet, n’est ce pas ? Bien. Soral propose ici une association pour le moins originale entre deux doctrines pour lesquelles il s’est beaucoup investit dans sa vie. Pourquoi ne pas aller lire ce qu’il conseille pour voir si effectivement son raisonnement vallait le coup mais qu’il ne l’a pas développé par manque de temps ou bien s’il a fait de la pub sans vrai fondement pour le FN ?

        -> Même si – crise économique oblige – le FN passe désormais sous silence ses propositions les plus ouvertement pro-patronales

        Depuis quand les patrons (et le Kapital) sont ils responsables de la crise économique ?
        http://www.objectifliberte.fr/2008/09/subprimes-recap.html

        -> il reste encore largement assez de « matière » sur leur site pour voir que ce parti est à 100% au service de la bourgeoisie

        C’est mal docteur ?
        en premier lieu je vous renvoie au diagramme de Nolan : http://fr.wikipedia.org/wiki/Diagramme_de_Nolan
        en second lieu à la systémique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A9mique
        Libérer les entreprise, partie du système, permet de modifier le comportement d’autres élements du système, le prolétariat par exemple. Si libre concurence = vie dure pour les entreprises qui doivent toujours proposer des choses plus intéressantes pour tirer leur épingle du jeu et maintenir leur commerce = meilleur rapport qualité prix pour les acheteurs = meilleures conditions de travail*
        *car si beaucoup de concurence alors travail facile à trouver alors employé peut choisir une entreprise qui le « traite bien » et ainsi discréditer et mettre en péril les entreprises qui traitent mal leurs employés
        CQFD smiley

        -> il n’est pas étonnant que Soral puisse dénoncer la « société d’assistanat » tout en continuant à se prétendre « marxiste »

        Marx n’est pas pour l’assistanat, d’où tirez vous cela ?
        N’oubliez pas qu’il est contre l’état ! Soral dénonce un état qui redistribue et assiste non le monde de vie communautaire où il y a redistribution des biens.

        -> Soral affirme, à propos de la police et de l’armée : « il y a très longtemps que ces gens-là n’ont plus aucun pouvoir en France, on peut leur cracher à la gueule tant qu’on veut » et qualifie les flics de « pauvres fonctionnaires qu’ont le plus haut taux de suicide de France ». Mais il affirme par ailleurs « nous sommes dans un régime totalement policier et totalitaire […] on est dans une société intégralement policière et dégueulasse ». La France, « régime totalement policier et totalitaire »… où les flics « n’ont plus aucun pouvoir » depuis « très longtemps » ? La contradiction est évidente, mais Soral espère probablement séduire les jeunes de banlieue et une partie de l’extrême-gauche avec sa rhétorique pseudo-libertaire et anti-keuf, tout en rassurant ses soutiens (et souteneurs) d’extrême-droite avec un discours plus traditionnel sur le thème de l’autorité qui n’est plus respectée.

        Je n’ai pas particulièrement Soral mais je doute qu’il soit aussi diabolique et fouillé. Me semble plutôt que dans les deux cas il était emporté par deux émotions contradictoires ^^
        La logique ne semble ni le dominer ni dominer le monde ^^

        -> « Communauté invisible », comprendre : les Juifs. Soral fait désormais liste commune avec « l’inculte » Dieudonné aux élections européennes de 2009… L’humoriste ( ?) est pourtant au moins aussi con aujourd’hui qu’en 2002, lorsque Soral écrivait ces lignes… en revanche, il est vrai qu’en matière d’antisémitisme, Dieudonné a accompli d’immenses « progrès » ces derniers temps !

        Il semble que votre subjectivité et vos préjugés déborde largement sur votre prétenduement logique analyse. Dommage, ça aurait pu être intéressant écrit la tête froide.

        Manquer de rigueur intellectuelle dans les exemples choisis pour appuyer votre thèse risque de la discréditer.
        Elle semblait pourtant intéressante.


        • Le péripate Le péripate 25 juin 2009 17:11

          Oui, Catherine vous avez bien noté que l’auteur de fait pas sienne l’idée d’un intérêt général des citoyens du monde, car, selon lui, ça entre en contradiction avec la lutte des classes. Ce qui est amusant, c’est que cette position classe l’auteur encore plus extrémiste que Soral. Car s’il ne peut y avoir d’intérêt commun à toute l’humanité, c’est qu’une partie doit disparaitre. Zinoviev disait qu’il faudrait fusiller au moins 10 millions de russes pour réussir la révolution. Lui non plus estimait qu’il n’y avait pas d’intérêt général pour tous.
          Enfin, c’est surtout une querelle entre sectes gauchistes pour l’appropriation de thèmes vendeurs sur le marché politique.


        • Catherine 25 juin 2009 17:55

          - Enfin, c’est surtout une querelle entre sectes gauchistes pour l’appropriation de thèmes vendeurs sur le marché politique.

          je n’avais jamais entendu cette thèse
          elle est intéressante et me semble plutôt pertinente au premier abord... smiley

          D’accord avec vous sur toute la ligne
          Je trouve vraiment dommage que la même logique discrédite Soral car je vois en ce personnage l’inespérée occasion de démontrer les limites de ce mode de pensée et de réflexion


        • Le péripate Le péripate 25 juin 2009 18:35

          Je ne crois pas qu’il faille inférer d’une absence d’Avox la possibilité d’un décès. Désintérêt momentané, activité professionnelle dévorante, missions diverses au service du capital apatride, la liste de ce qui peut tenir éloigné d’Avox est longue.
          Mais même une crapule libérale est sensible à un salut d’une crapule collectiviste. Salut donc à vous aussi, Léon. smiley


        • Catherine 25 juin 2009 23:06

          pardon je voulais écrire Engles et non Hegel (ça change le propos mais c’est aussi valable ^^)


        • ASINUS 25 juin 2009 23:11

          «  missions diverses au service du capital apatride, »
          @peripate
          yep que de mots pour designer votre portefeuille, tant pis pour vous mais je suis aussi content de vous croiser de nouveau


        • Nobody knows me Nobody knows me 26 juin 2009 13:20

          *car si beaucoup de concurence alors travail facile à trouver alors employé peut choisir une entreprise qui le « traite bien » et ainsi discréditer et mettre en péril les entreprises qui traitent mal leurs employés

          On parle souvent d’utopie pour beaucoup d’idéologies mais plus rarement pour le capitalisme « flat taxes »... En voici un échantillon ci-dessus.
          Effectivement, vu qu’il y a de la concurrence, l’employé peut aller vers qui il veut, puisque les employeurs (des hommes avant tout) sont incorruptibles, généreux et désintéressés...
          Ca me fait rigoler autant que les marchés (dépendants des hommes et donc de leurs spéculations) qui s’auto-régulent.
          Malheureusement, l’histoire a souvent démontré que l’homme s’élève difficilement lorsque de l’argent est en jeu.


        • Sébastien Sébastien 25 juin 2009 17:01

          Merci pour cet article extremement bien documente.

          L’avantage de Soral est que tous les types qui l’encensent n’ont jamais lu un seul de ses bouquins. Et puis il s’entoure de cons (equipe du PAS) ce qui lui permet de passer pour un intello.


          • katalizeur 25 juin 2009 17:24

            @ seb

             toi ...........tu as lu tous les ecrits de bhl et fikquellekroute et tu gravites dans l’entourage de personnages dit «  »brillants«  »" ce qui te permet de passer pour ce que tu es......un con


          • 3.14 3.14 25 juin 2009 17:50

            BHL a le pouvoir de recompter tous les bulletins de vote iraniens, Sébastien, a lui le pouvoir de connaitre les lectures de tous les types qui encensent Soral, dans les deux cas, pas l’ombre d’un argument rationnel.


          • 3.14 3.14 25 juin 2009 17:54

            Au fait, quel livre suis-je en train de lire Sébastien ?
            Désolé de mettre votre superpouvoir à l’épreuve, mais je suis un soralien convaincu, alors ça devrait être facile pour vous.


          • Sébastien Sébastien 25 juin 2009 18:28

            Calmos les gars. Faut pas se sentir vise comme ca.

            Et puis qui vous a dit que je lis BHL ? Parce que j’aime pas Soral j’aime BHL ? Mouarf...


          • 3.14 3.14 25 juin 2009 20:48

            Je ne me sens pas visé puisque des bouquins de Soral j’en ai lu, j’essayais juste de vous montrer la stupidité de votre post.

            Et où ais-je prétendu que vous aimiez ou lisiez BHL ?

          • Catherine 25 juin 2009 17:01

            à vous lire j’ai la sensation qu’il existe des thèses qui ne soient pas contestables.... x_x


            • jondegre jondegre 25 juin 2009 17:01

              Ça me fait pitié les militants anti-facistes qui s’en prennent à tous les mal-pensants des bords politiques (les extrêmes) pendant que les soit-disant « vrais » démocrates font leur révolution néo conservatrice tranquille peinard.
               


              • DG. DG. 25 juin 2009 17:51

                je m’attendais a un article plus convainquant, car il (Soral) fait dès fois des déclarations bizzare.

                c’est une critique de surface, de forme, qui rmontre que vous n’a pas tout compris ce qu’il prétend attaquer.
                Vous faite une critique hors contexte des propos, et du discours, de l’auteur.

                par exemple ;
                « il y a très longtemps que ces gens-là n’ont plus aucun pouvoir en France, on peut leur cracher à la gueule tant qu’on veut » et qualifie les flics de « pauvres fonctionnaires qu’ont le plus haut taux de suicide de France ». Mais il affirme par ailleurs « nous sommes dans un régime totalement policier et totalitaire […] on est dans une société intégralement policière et dégueulasse ». La France, « régime totalement policier et totalitaire »… où les flics « n’ont plus aucun pouvoir » depuis « très longtemps » ? La contradiction est évidente.
                il n’y a pas de contradiction car vous oubliez de dire que il ajoute immédiatement, que l’interdit est assimilé par l’individu, et qu’il intègre son propre flic, (dans sa conscience, le tabou par exemple)).

                mais d’ailleurs, cela devient aussi de manière expresse. prenez le cas de la loi HADOPI : il y a sanction de l’abonné sur la base de défaut de sécurisation. or, il a sanction, si un délit est commis par l’usage de sa ligne ADSL (quelque soit la personne). la sanction est en réalité dans une non exécution de faire, une activité de surveillance, et de prévenir l’exécution d’un délit., c’est a dire une mission de police administrative qui est déléguée.
                SORAL a raison sur ce point : la loi HADOPI dit « vous ne vous êtes pas comportez comme une agent de police administrative (empéché quelqu’un de commettre un délit), vous serez donc sanctionner pour cela ».
                Dire que que la police n’a plus de pouvoir est abusés, certes, mais une part croissante de l’activité de police est délégué, de fait (interdit moral, conscience.ect) ou de droit, au citoyens oridnaire (non fonctionnaire), et ça c’est un des aspects des sociétés totalitaires.


                • Kalki Kalki 25 juin 2009 18:14

                  et si marx avait tout faut depuis le départ dans sa conception meme du mouvement ? et si le marxisme est le père par si éloigné du stalinisme ? Et si on l’avait déjà dit il y a bien longtemps ? Et à marx en personne ?

                  Les belles utopies ont la vie longues.


                  • adeline 25 juin 2009 18:17

                    apparement cosmic devient catherine ??????


                    • Sébbb 25 juin 2009 18:46

                      Que dire ?

                      -Il n’y a pas l’ombre d’une pensée et d’un raisonnement dans cet article.

                      -Comment démontrer les contradictions d’un esprit qui se veut libre et qui s’adapte à un monde changeant (je croyais que c’était une qualité d’anti-fascisme..) en se contentant d’agglomérer des grumeaux de phrases ? Quelle bouillie...

                      -Sous-fascisme ? Sous-chien ? Néo-fascisme ? Para-fascisme ? Extrême-droite ou sport-extrême ? Attention, monsieur a sorti son étiqueteuse à rafale !

                      -La particularité de ce genre d’article à la sauce « journal-ouaf-ouaf » revient à critiquer un mode de pensée et d’expression par le néant. Que voilà donc un brillant..rien tentant de convaincre de la force de sa non-théorie de non-intellectuel.

                      -Quand une pensée est trop complexe, soit on l’étudie avant de la critiquer et cela peut donner quelque chose de digérable, ou cet article ne cherche qu’ à monter sur les épaules -trop grandes ou trop petites ?- d’Alain Soral pour tenter de s’élever plus haut que le raz des pâquerettes.

                      -L’argumentation en creux sensée révéler pas moins qu’une imposture et la preuve qu’Alain Soral duppe son monde consiste elle-même en une duperie (faites ce que je dis pas ce que je fais) laisse volontairement de côté la démarche du bonhomme et ses explications pour mieux l’enfoncer. L’honnêteté aurait voulu au moins qu’un débat contradictoire, ou la description, même succinte, de ses arguments dans leur globalité, qui articulent le fond de la pensée de Soral et ses motivations profondes, soit exposée. Ce n’est malheureusement pas le cas.

                      Je pourrais continuer comme çà pendant des lustres. Dernier exemple : la soit-disant admiration d’Alain pour le côté repressif de certain régime. Ce monsieur confond autorité et autoritarisme. Et en quoi cautionner l’un impliquirait automatiquement le cautionnement des dérives de ces régimes ? Les amalgames sont fulgurants dans la tête de l’auteur...
                       Il est vrai que la Révolution Française fut une véritable kermesse pour petites vieilles...

                      Le seul point intéressant qui ressort : l’auteur montre plus ou moins bien que « Stalinisme » et « ultra-libéral » sont parfaitement compatible.
                      Pas de bol, tout de même. C’est précisément ce que Alain Soral s’attache à démontrer et dénoncer.

                      Cible ratée...


                      • Proto Proto 25 juin 2009 20:25


                        Bien évidemment, l’introduction de votre article ne laisse pas de doute sur l’orientation de l’analyse, ainsi je ne suis pas convaincu des intentions fédérées que vous prêtez à cette « coalition d’énergumènes identitaires » dans laquelle vous mêlez allègrement Meyssan, Keba et tout ceux j’imagine qui ne partagent pas vos points de vue :

                        « Pour autant, les gesticulations de ce nationalisme bigarré sont bel et bien dangereuses, sa fonction objective étant de semer des frontières ethniques, religieuses et communautaires à l’intérieur du camp des exploités afin de participer à leur pacification, exigence permanente de la gouvernance globale. »

                        Entendons-nous : le nationalisme est, vidé de son contenu historique et politique, la seule alternative à la « société civile » voulue par le « NOM ».
                        Il va falloir un jour ou l’autre en finir avec les vieux démons, parce que la hiérarchisation a-nationale marche à grand pas, objectivement les corporations multinationales, les lobbys et réseaux privés maillent déjà les gouvernements (démocratiques ou non).
                        Peut-être est-ce là l’erreur de Soral d’avoir cru au FN et à son président, celle d’avoir voulu essayer de redéfinir ou de synthétiser doctrines communistes et nationalistes dans son pré carré français.
                        Son aventure était décevante je vous le concède, tout autant que la suivante.
                        Un vrai révolutionnaire ne pleure pas son confort et ne fait pas les choses à moitié.

                        « Incomparables avec les vieilles formations d’extrême droite (…), ces formations d’appui aux frappes bourgeoises peuvent donc revêtir, par soucis de clarification, le qualificatif de sous-fascistes. Le combat révolutionnaire ne saurait ainsi se priver de conceptualiser des réalités nouvelles contre lesquelles le pouvoir de classe espère le voir inadapté et donc désarmé. Par conséquent, il convient de procéder méticuleusement à une exécution sommaire de ces bouffons criards qui, affublés d’attributs propres à notre classe, croient pouvoir substituer leur chauvinisme capitulard à la révolution prolétarienne salvatrice. »

                        On pourrait vous retourner ici la critique de charabia, vous voulez exécuter sommairement des sous-fascistes c’est bien ça ?
                        La révolution prolétarienne salvatrice ? Dites nous en plus sur ce point !

                         « Soral, qui n’hésite pas à se dire « marxiste », considère pourtant qu’il existe un « intérêt général des citoyens du monde »… Une négation en paroles de l’existence de la lutte des classes… »

                        Je ne vois pas ces assertions aussi antinomiques que vous ne laissez croire.

                        « C’est sans doute en qualité de « marxiste » que Soral qualifie le FN de « mouvement qui évolue vers la vraie gauche, la gauche sérieuse, la gauche économique ». »

                        Si vous ne donnez pas de contexte comment voulez-vous que nous nous fassions une idée sur la façon dont il promeut dialectiquement son parti d’alors ?

                        « La France, « régime totalement policier et totalitaire »… où les flics « n’ont plus aucun pouvoir » depuis « très longtemps » ? La contradiction est évidente, mais Soral espère probablement séduire les jeunes de banlieue et une partie de l’extrême-gauche avec sa rhétorique pseudo-libertaire et anti-keuf, tout en rassurant ses soutiens (et souteneurs) d’extrême-droite avec un discours plus traditionnel sur le thème de l’autorité qui n’est plus respectée. »

                        Idem je ne perçois pas de contradiction entre le fait que la France se « sécuritarise » et que l’appareil répressif est défaillant.

                        « Même type de revirement concernant les Arabes et/ou musulmans. (…) Soral souffre sans doute d’amnésie, il nous faut donc lui rappeler ses positions antérieures sur le sujet : »

                        Vous savez ce qu’on dit de ceux qui ne changent pas d’avis, j’ai plus l’impression que sa « pensée » a évoluée et s’est précisée, que d’un opportunisme particulier dans le discours destiné à l’électorat immigré. L’assimilation/intégration à la française est très paradoxale.

                        « Ou bien il n’ose pas se réclamer trop explicitement de Jacques Doriot, Marcel Déat, Fernand de Brinon et autres « pacifistes des années 30 » qui ont été inquiétés à la Libération, non pas pour pacifisme mais… pour collaboration avec les nazis ! »

                        Vous poussez un peu loin là non ? Ce n’est pas très classe quand on prétend à une analyse en 7 points.

                        « Démagogie toujours, lorsque Soral justifie son soutien aux PME en disant que des « économistes marxistes » prônaient un tel soutien dès les années 90. « Économistes marxistes » que, bien sûr, il ne cite pas… Et pour cause puisque soit ils n’existent pas, soit ils ne sont pas marxistes ! »

                        Nicolas Sarkozy en 1978 à la télévision, comme ça on a une idée claire de ce qu’est la démagogie (ou poujadisme). Je ne pense pas que les idées marxistes ne permettent pas d’intégrer la liberté d’entreprendre si l’on sépare bien ce qui relève des besoins publics partagés par tous (commun-) et les besoins privés (capital-), fussent-ils cosmopolites.
                        C’est peut-être là où je trouve que votre approche de la « révolution prolétarienne » est passéiste dans le sens où les enjeux de la planète et de l’espèce humaine ont été transfigurés depuis Karl Marx, les choses ne sont plus aussi manichéennes.

                        « Rien d’étonnant quand on voit à quel point les thématiques fascistes et poujadistes sont au cœur de la « pensée » soralienne. »

                        A ce stade je ne suis toujours pas convaincu de la nature fasciste du discours soralien, ni de sa démagogie, poujadisme neveut pas dire grand chose.
                        « les colonisés ne détestaient pas particulièrement la puissance coloniale, cette dernière a décidé d’elle-même, spontanément et sans pression d’aucune sorte, de quitter le continent africain et, d’ailleurs, depuis la décolonisation, la France a totalement cessé de s’immiscer dans les affaires intérieures du Gabon, de la Côte d’Ivoire, du Tchad ou du Togo… »

                        Ironie j’espère ? Si oui qu’a-t-il voulu dire avec cet argument ?

                        « Ces diatribes permettent à Soral de passer pour un type qui ose s’en prendre aux « puissants » alors qu’elles ont pour fonction objective, en ne visant que des personnalités à l’origine ethnico-religieuse (supposée !) commune, d’épargner la bourgeoisie dans son ensemble en détournant le prolétariat des approches strictement classistes. »

                        Et bien non justement, il ne faut pas cantonner le prolétariat à cette vision classiste et lui expliquer clairement comment se forme le pouvoir, comment s’organise la redistribution des richesses, pouvez-vous étayer votre accusation de vouloir épargner la bourgeoisie ? l’épargner de quoi ? d’une révolution qui casse aussi les « classes sociales » ?

                        « Pour Soral, « tout ce qui est de l’ordre de la violence […] et de la guerre civile, c’est forcément un truc qui affaiblit la France. » »

                        Dans le sens où si vous n’avez pas de modèle concret de société à proposer après la révolution, après le bain de sang, vous aurez transféré le pouvoir à la « société civile » transnationale, il a entièrement raison.
                        Une révolution réfléchie, et tranquille de préférence, n’est-ce pas souhaitable ?

                        @Peripate

                        « Enfin, c’est surtout une querelle entre sectes gauchistes pour l’appropriation de thèmes vendeurs sur le marché politique. »

                        Il y a du vrai, des os à ronger.

                        @Jongdere
                        « Ça me fait pitié les militants anti-facistes qui s’en prennent à tous les mal-pensants des bords politiques (les extrêmes) pendant que les soit-disant « vrais » démocrates font leur révolution néo conservatrice tranquille peinard. »

                        C’est aussi un peu mon sentiment, pourquoi attraper de la sorte la cheville de Soral sur les conneries qu’il peut sortir aussi facilement, il est vrai, que les points de vue parfois très pertinents qu’il développe ci et là, alors que les politiciens classiques du paysage politique actuel nous déversent des tombereaux d’immondices dialectiques partout où ils passent ?

                        Dommage que l’attaque soit aussi virulente, j’aurais franchement été intéressé par le démontage de certaines des ses idées, sans faire appel à tant d’artifices et de procès d’intentions aux objectifs mal avoués, mais bon c’est mieux que rien.


                        • Catherine 26 juin 2009 01:52

                          - Dommage que l’attaque soit aussi virulente, j’aurais franchement été intéressé par le démontage de certaines des ses idées, sans faire appel à tant d’artifices et de procès d’intentions aux objectifs mal avoués, mais bon c’est mieux que rien.

                          à votre service Caporal, je prépare ça pour dans qq jours, le temps de me faire ses vidéos et bouquins.


                        • yvesduc 25 juin 2009 20:25

                          Soral évolue dans le temps. À son crédit, une critique percutante des médias et du système, l’idée de la réconciliation black-blanc-beur (« l’après-Front »), la dénonciation de la fausse menace fasciste en France (largement instrumentalisée par Mitterrand à l’époque) et enfin, son engagement récent qui a obligé le lobby-qui-n’existe-pas à sortir du bois et à montrer ses méthodes. Je dois admettre toutefois que, contrairement à l’auteur, je me suis peu intéressé à Soral avant le PAS. Mais les bonnes idées sont toujours bonnes à prendre, d’où qu’elles viennent.


                          • Anakin Skywalker 25 juin 2009 21:06

                            @ L’auteur

                            Je connaissais Soral surtout pour ses discours sur la féminisation de la société, tout en sachant également qu’il était passé au FN. Grâce au deuxième point de votre article qui montre la tendance de Soral à la récupération systématique, je comprends ou crois comprendre désormais mieux les choses.

                            Votre article est utile à mes yeux, car il me convainc, à priori, sur un personnage que je connais mal. De plus, je pensais que les partis antisémites appartenaient aux poubelles de l’histoire, il n’y aura jamais assez de vigilance pour dénoncer le retour d’une idéologie que l’on croyait disparue.


                            • toug toug 25 juin 2009 21:33

                              Sympa cette article, ça rend Soral intéressant tellement il est nullissime... Merci à l’auteur de faire de la pub à ce bon Soral.


                              • joelim joelim 25 juin 2009 23:16

                                J’aime bien l’auteur qui défend Finkielkraut et BHL, quand bien même il aurait raison sur le point évoqué... Bah, je ne connais pas bien Soral mais il ne fait sans doute pas pire que les deux précédents en finesse d’analyse. smiley 


                                En tout cas ce n’est pas cet article sans objectivité qui va me renseigner. Comme dit au dessus : n’importe qui pourrait aurait pû faire l’affaire, avec une tournure d’esprit comme çà...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès