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Accueil du site > Tribune Libre > Du bon sens et de l’expérience dans l’art d’enseigner

Du bon sens et de l’expérience dans l’art d’enseigner

Le ministre de l’Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer est actuellement au centre de nombreux débats avec ses « recommandations » visant à remettre les « fondamentaux » de l’écriture et du calcul au cœur de l’enseignement dispensé aux élèves de l’école élémentaire. Dans ce contexte, petite réflexion actualisée* sur « l’art d’enseigner »...

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Photo Ouest-France (école élémentaire de Bourbriac, Côtes d’Armor)

 « L’art de fortifier ne consiste pas dans les règles et les systèmes, mais uniquement dans le bon sens et l’expérience. » L’homme qui a écrit cette phrase, un certain Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban, savait de quoi il parlait, et nombre de ses œuvres, des marches flamandes à celles de l’Italie et de l’Espagne, sans oublier les façades maritimes de notre pays, subsistent encore de nos jours en France pour témoigner de ce que fut son génie d’architecte militaire.

Un tel langage peut paraître surprenant sous la plume d’un ingénieur qui, avant d’être un bâtisseur reconnu, fut surtout un concepteur, un théoricien. Un technocrate, dirions-nous aujourd’hui. Et pourtant ce langage est le fruit d’une analyse objective qui, très vite, a conduit Vauban à subordonner le concept à la finalité. Puisant dans l’observation lors des batailles auxquelles il a participé, le Technocrate s’est effacé derrière le Pragmatique pour réaliser l’œuvre que l’on connaît et s’imposer comme La référence en matière de fortifications militaires.

Quel rapport avec l’enseignement ? Aucun, a priori. Et pourtant, à bien y regarder, enseigner c’est aussi construire, pierre après pierre, pan après pan, un monument de connaissances, un rempart contre l’ignorance et l’obscurantisme, un ouvrage immatériel permettant à chacun de défendre ses intérêts dans une société de concurrence et de rivalités. C’est aussi contribuer à l’édification, bastion après bastion, redoute après redoute, d’une citadelle de compétences nouvelles, de nouveaux savoir-faire, de qualifications reconnues. C’est enfin consolider les acquis, autrement dit les fortifier.

Le rapport avec l’enseignement est donc beaucoup plus étroit qu’il n’y paraît de prime abord, et l’on peut sans difficulté transposer l’affirmation de Vauban à ce domaine : « L’art d’enseigner ne consiste pas dans les règles et les systèmes, mais essentiellement dans le bon sens et l’expérience. »

Seule modification par rapport au texte original : le remplacement du mot uniquement par l’adverbe essentiellement, plus nuancé mais aussi plus réaliste, l’usage d’un cadre réglementaire et le recours a d’éprouvés référentiels pédagogiques apparaissant, quoi qu’on en pense, indispensables, ne serait-ce que pour baliser les premiers pas des nouveaux entrants dans le métier ou rassurer les professionnels en proie au doute.

Mais cela n’est pas suffisant : il appartient aux acteurs de l’enseignement, à tous les niveaux, de faire en sorte que ce cadre réglementaire et ces référentiels pédagogiques n’agissent pas de manière dictatoriale dans le processus éducatif, au risque de faire avorter les initiatives orientées, ici et là, vers une efficacité accrue sur le terrain en fonction des publics rencontrés et des spécificités sociologiques du lieu d’enseignement.

À noter que le mot « art » est en l’occurrence à prendre dans le sens de « manière », l’enseignant (ou le formateur, car la problématique n’est guère différente) n’agissant évidemment pas comme un « artiste », mais de facto comme un « artisan » de la transmission du savoir et de l’acquisition des savoir-faire ; rien à voir avec une quelconque recherche de la beauté ou de l’expression d’un concept novateur.

En définitive, et sans vouloir nier le rôle – ô combien irremplaçable ! – de l’expérience, les maître-mots de cette citation me semblent être « bon sens ». Hélas ! il est à craindre (n’en déplaise à Descartes et à son fameux Discours de la méthode) que ce fameux « bon sens » ne soit pas « la chose la mieux partagée du monde ». Le sociologue Gustave Le Bon prétend même dans son recueil de pensées brèves Hier et Demain que « beaucoup d’hommes sont doués de raison, très peu de bon sens. »

Lequel pense juste ? Probablement les deux. Simplement, le bon sens sommeille chez la plupart d’entre nous, enseignants ou pas, et ne vient éclairer nos actions que de manière épisodique ou en brillant d’un éclat trop faible pour modifier nos comportements d’inspiration technocratique ou dictés par une routine obsolète. Il importe donc de réveiller ce bon sens et de lui rendre l’importance qui lui revient. Ne serait-ce que pour donner tort à Bernard Grasset qui, dans ses Remarques sur l’action, n’hésite pas à affirmer que « la solution de bon sens est la dernière à laquelle pensent les spécialistes. »

L’éditeur se montre en l’occurrence bien sévère. Non sans raisons, il faut bien en convenir au vu de certaines usines à gaz réglementaires ou édifices intellectuels inutilement complexes dont les experts ministériels ont le secret. Quoi qu’il en soit – et quel que soit notre domaine d’activité –, ne soyons pas de ces spécialistes-là, si souvent déconnectés des réalités du terrain et des évolutions sociétales. Mais, de la nécessité d’éviter cet écueil, il va de soi que nous sommes déjà tous convaincus. Simple question de… bon sens !

Cet article est basé sur un texte de 2009, modifié et complété


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93 réactions à cet article    


  • Le Panda Le Panda 30 avril 08:37

    Fergus,

    Bonjour

    Un très bon papier que je vais twitté et relayer. Tu penses que depuis 2009 les productions au niveau des enfants sur le plan scolaires ont évolué ?

    J’ai bien des doutes sauf lorsque l’esclavage passe par l’éducation et les meurtres de ces derniers qui effectivement demanderait une prise en compte d’une modification du code pénal, tu ne penses pas ?

    Par ailleurs il y a dans la masse des enseignants qui utilisent une prise de supérieurs pour faire faire à des enfants un acquit très très loin de la réalité de ce que Jules Ferry nous permit de comprendre.

    Il en ait de l’école actuellement comme de la pochette surprise vide de Macron vis à vis des enfants.

    Cordialement

    Le Panda


    • Fergus Fergus 30 avril 09:32

      Bonjour, Le Panda

      « Un très bon papier que je vais twitté et relayer »

      Je t’en remercie.

      Sincèrement, n’étant pas au contact des élèves, je n’ai pas de repères sur les conséquences de l’évolution du système éducatif ces dernières années. Mais, pour en avoir discuté avec des parents d’élèves et quelques enseignants, je suis persuadé qu’il est temps de remettre les fondamentaux des connaissances de base au centre du travail éducatif de l’école élémentaire. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille tourner le dos à toutes les initiatives d’éveil innovantes qui ont été prises, mais elles doivent intervenir dans une approche de complémentarité et non prendre la place du socle de l’enseignement dispensé aux jeunes élèves. A cet égard, et contrairement à ce que je lis dans nombre de commentaires sur ce site, les « recommandations » de Macron vont dans le bon sens.

      Pour ce qui est du Code pénal dans la protection des enfants, je ne vois pas trop ce qui pourrait être fait pour améliorer la situation. Il existe un arsenal judiciaire qui, à mon avis, répond plutôt bien, dans la rigueur des textes, aux actes commis. Ce qui pose parfois problème, ce ne sont pas les articles du Code, mais la manière dont ils sont utilisés par les juges du siège. Je présume que tu poses cette question en rapport avec la mort de la petite Angélique. Et il faut bien reconnaître là que la peine prononcée lors du précédent a été relativement légère pour un viol sur mineure sous la menace d’une arme blanche. Des audiences d’assises que j’ai suivies sur des affaires de viol, il ressort que l’accusé aurait sans doute pris de 15 à 18 ans de réclusion ferme. Ce qui démontre que d’un ressort à l’autre, et en fonction de la composition du jury, les sanctions peuvent être très différentes. Peut-être faudrait-il renforcer le suivi dans la durée après la sortie de prison ; mais cela pose une nouvelle fois la question des moyens de l’appareil judiciaire. 

      Cdlt


    • Le Panda Le Panda 30 avril 10:27

      @Fergus
      Bonjour

      Je présume que tu poses cette question en rapport avec la mort de la petite Angélique. Et il faut bien reconnaître là que la peine prononcée lors du précédent a été relativement légère pour un viol sur mineure sous la menace d’une arme blanche. Des audiences d’assises que j’ai suivies sur des affaires de viol, il ressort que l’accusé aurait sans doute pris de 15 à 18 ans de réclusion ferme. Ce qui démontre que d’un ressort à l’autre, et en fonction de la composition du jury, les sanctions peuvent être très différentes. Peut-être faudrait-il renforcer le suivi dans la durée après la sortie de prison ; mais cela pose une nouvelle fois la question des moyens de l’appareil judiciaire. 

      Merci de ta réponse, je viens de placer deux articles à ce sujet en modération. Je ne partage pas du tout ta position autant au sujet de la gamine Angélique, que les autres qui sont commits depuis 4 années en France et ton article que j’ai approuvé en modé et que j’ai relayé ouvre un débat de fond, tu ne crois pas ? Regardes l’enseignant couchant avec une gamine de 13 ans et traité en correctionnel, puis annulé. Je trouve que la modification du code pénal lorsqu’il s’agit de meurtre d’enfant doit être revu. Nous rengorgeons et mon article en modération en cite 6 exemples. Quelle serait ta réaction et celle des autres intervenants, si il s’agissait de leur propre enfant ou petit-enfant ? Puis dire que l’Etat que je rend coupable prévoit de supprimer « les jurés populaires » Tu trouves cela normal, j’en parle les élus du peuple le sont par nos actions et là Macron remet en place le B à BA en reculant dans une poche vide. C’est une honte pour chacun de nous et la France où sont les députés et l’Assemblée Nationale Cdt Sans te demander de voter pour ou contre merci de le lire et de me dire ce que tu en penses toi ou quiconque, nous sommes pires que Les Diaboliques. Bien à toi « les fondamentaux » commencent par cette base.


    • Fergus Fergus 30 avril 13:06

      @ Le Panda

      Je ne doute pas que l’éventuelle modification du Code pénal soit un débat intéressant, et peut-être nécessaire. Mais ce n’est pas le sujet de l’article, et je t’invite à ré-aborder cette question à l’occasion de la publication d’un autre article, les tiens éventuellement.


    • Le Panda Le Panda 30 avril 13:32

      @Fergus
      Je ne doute pas que l’éventuelle modification du Code pénal soit un débat intéressant, et peut-être nécessaire. Mais ce n’est pas le sujet de l’article, et je t’invite à ré-aborder cette question à l’occasion de la publication d’un autre article, les tiens éventuellement.

      Pardon de t’avoir dérangé donc si les miens par pur hazard paraissent à ne pas en douter j’ouvrirai le débat. Juste un détail le monde de l’enfance sous toute ses formes véhicule grace à ce que nous pouvons leur donner leur procurer comme prévention en nous associant à eux. Mais je prends très bonne note de ton avis. 


    • bob14 bob14 30 avril 08:56

      les « fondamentaux » ?..mais ces « gens » sont hors toute normalité..bon sens ou raison pour éduquer qui que ce soit...Ils vivent dans une bulle spéculative ou la morale est exclue..Des bouffons smiley


      • Fergus Fergus 30 avril 09:33

        Bonjour, bob14

        De qui parlez-vous ? Des gouvernants ou des enseignants ?


      • bob14 bob14 30 avril 09:39

        @Fergus....Les deux mon bon sont responsable de ce foutoir...Vous devriez le savoir depuis le temps ?...Bizarre de poser la question... smiley


      • Fergus Fergus 30 avril 09:51

        @ bob14

        Votre propos est caricatural : on ne peut pas mettre tous les enseignants dans le même sac ! Certes, il en est de médiocres - comme dans toutes les professions -,mais également de remarquables, et globalement, le corps enseignant fait plutôt bien son boulot. Qualifier globalement les enseignants de « bouffons » est par conséquent inutilement insultant.

        Quant aux gouvernants, il y en a également des bons et des mauvais. Le problème, pour ce qui les concerne, est qu’ils privilégient trop souvent leur carrière et leur communication aux intérêts de nos compatriotes.


      • bob14 bob14 30 avril 10:23
        @Fergus.....Toujours le « cul » entre deux chaises...votre spécialité..Zêtes pas un peu Normands sur les bords ?.. smiley
        Voyez le résultat dans sa globalité et non suivant vos références (ou tendances) politiques...Tous les enseignants ont leur part de responsabilité ça c’est la réalité..du laxisme depuis 50 ans...Y aura toujours un mec bien quelque part pour une majorité à vomir...

      • Fergus Fergus 30 avril 13:02

        @ bob14

        Vous mélangez tout ! Même si dans la durée cela peut se révéler une erreur, on peut être « un mec bien » en suivant les prescriptions officielles inspirées par des experts de la pédagogie.

        N’avez-vous jamais eu une hiérarchie ? N’avez-vous jamais, dans votre cadre professionnel, exercé des tâches qui se sont révélées peu efficaces, voire inutiles ? Si tel est le cas, c’est que vous avez eu de la chance. 


      • bob14 bob14 30 avril 16:21

        @Fergus....Toujours mon propre patron..question de choix dès le départ..mais pour cela, faut avoir assez de « douilles » pour s’aventurer dans une société sclérosée par un système économique dépassé !


      • Blek 30 avril 08:56

        Bonjour Fergus : Et il a fallu plus de 40 ans de réformes successives , plus pour satisfaire les egos des ministres o combien nombreux , qui se sont succédés , pour en arriver à revenir aux bonnes vieilles méthodes qui nous ont instruit. Quelle perte de temps et quel gachi , pour ceux qui ont subi cet enseignement débile et contreproductif pour faire 2 générations d’analphabètes.


        • Fergus Fergus 30 avril 09:45

          Bonjour, Blek

          Je partage très largement votre constat sur les errances de l’Education Nationale, longtemps plombée par la prédominance de théories pédagogiques hasardeuses, servies par des ministres avant tout soucieux de se faire mousser.

          On ne peut cependant pas parler de « 2 générations d’analphabètes », la majorité des élèves ayant malgré tout - grâce au « bon sens » d’enseignants lucides et au soutien des parents - réussi à sortir du système éducatif avec des diplômes. Mais le fait est qu’il y a eu incontestablement des dégâts ici et là, notamment dans les catégories socio-professionnelles modestes.


        • mmbbb 30 avril 19:46

          @Fergus Degat , si l on regarde la France au classement PISA , il n y a pas de quoi se rejouir Je dirais plutot gachis Quoi qu il en soit les mioches de la bourgeoisie de gauche ne frequentant pas les ecolles de la plebe , l avenir de l eilte de ce pays est sauve .


        • Fergus Fergus 30 avril 20:30

          Bonsoir, mmbbb

          Le fait est qu’il y a une différence entre le discours et les actes de nombreux caciques de la gauche. C’est faux cul, mais vouloir le meilleur pour ses enfants est humain !


        • mmbbb 1er mai 20:58

          @Fergus certes mais les réact de « droite » ne se perdent pas dans des circonlocutions sur l égalité des chances Is sont au moins plus honnête et franc du collier comme l on dit a la campagne Je ne voterai plus a gauche croyez moi Quand j entends un Hamon je voterai sans etat d ame FN c ’est ainsi par pure reaction de degout Ne vous en prenez pas aux extermes c est ainsi que les gens votes lorsqu ils se sentent floues C ’est aussi naturel que les caciques de gauches qui veulent le meilleur pour leurs enfants en s exonérant des principes sur le vouloir vivre ensemble


        • Fergus Fergus 2 mai 09:34

          Bonjour, mmbbb

          Le problème de ces caciques de la « gauche » socialiste est moins dans le fait qu’ils choisissent la meilleure voie possible pour leurs enfants en matière de scolarité - encore une fois, c’est humain - que dans le fait qu’ils ont pratiqué la même politique d’apartheid social dans les quartiers que la droite RPR puis UMP, et donc contribué à favoriser l’implantation de ghettos populaires et l’émergence des trafics et des communautarismes. Là est la grande faute du PS : s’être progressivement aligné au plan politique sur les errances de la droite sans chercher à en contrer les effets dévastateurs en termes de cohésion sociale.

          Pour ce qui est de Hamon et de Le Pen, il n’y a pas photo entre les niveaux de réflexion des deux personnages. Pour être falot, le premier a une vision de la société intéressante et structurée, ; même si je ne la partage pas en totalité, loin s’en faut. Rien de tel chez la seconde dont l’incompétence et la sottise crasse atteignent des sommets, comme elle l’a démontré lors du débat contre Macron entre les deux tours de la présidentielle. Le bobino de son échange sur l’euro a d’ailleurs été rediffusé ce matin sur France-Inter ; réécouter ce morceau d’anthologie de nullité a été un supplice pour moi, pourtant peu suspect de sympathie pour la cheftaine du FN.


        • gruni gruni 30 avril 09:55

          Bonjour Fergus


          Le bon sens à l’école et dans tous les autres domaines également, c’est tellement évident qu’on se demande pourquoi il aura fallu attendre aussi longtemps pour revenir aux fondamentaux. Faut espérer que le prochain ministre de l’éducation aura le bon sens de ne pas changer encore une fois les règles. 

          • Fergus Fergus 30 avril 10:08

            Bonjour, gruni

            Je partage évidemment ton avis. Par chance, il s’est trouvé au fil du temps des enseignants qui, sans être totalement réfractaires aux modes pédagogiques du temps, ne leur ont pas sacrifié non plus ces fameux « fondamentaux », et cela pour le plus grand profit de leurs élèves.


          • arthes arthes 30 avril 10:19

            Bonjour Fergus


            Quid des enfants ?
            En clair, qui parle d’eux ? 
            Qui évoque leur épanouissement personnel ?
            Qui s’uy intéresse autrement que comme des sujets à gaver comme des bestiaux et des petits robots vivants à programmer ??

            Le bon sens ne voudrait il pas déja que l’on attende que les enfants aient 7 ans et que leur esprit soit déja assez structuré avant que de s’attacher à leur dispenser un apprentissage cognitif qui sollicite leur éveil au sentiment qu’ils ont une individualité qui leur est propre....Cela ne dispenserait pourtant pas un préalable avec apprentissage de la lecture, ecriture et calcul.

            Or , cette sollicitation s’exerce dès la maternelle dans des têtes et des corps pas encore formés, en flottement et très maléables auquels ont supprime ainsi un cycle naturel de leur existence.
            .

            Mais ce n’est pas le soucis de l’EN qui veut des petits singes savant et dociles pour entrer dans un moule..

            Donc, bon sens, fondamentaux, ce sont des mots, surtout bon sens, même un enseignant doué de bon sens ne pourrait l’appliquer si les actions , la pédagogie qui en découlaient contrevenaient aux méthodes préconisées par l’EN, du coup ça limite.
            Fondamentaux, un cataplasme sur une jambe de bois, mais ça fait toujours plaize aux nostalgiques « ah, de mon temps, c’était mieux hein »

            Bah non, c’était pas mieux, sauf peut être à la primaire, à la campagne, « on » nous foutait la paix avec le cognitif.


            • Fergus Fergus 30 avril 11:45

              Bonjour, arthes

              Je crois que les enfants sont bien au cœur du sujet. Y compris, et c’est le principal, dans l’esprit des enseignants.

              « cette sollicitation s’exerce dès la maternelle dans des têtes et des corps pas encore formés »

              Pas d’accord avec vous sur ce point : les enfants ont, dès 4 ou 5 ans, la capacité d’aborder des exercices simples présentés de manière ludique pour les initier aux bases du langage et du calcul. Et cela fonctionne bien comme j’ai pu le constater avec mes deux petits-fils qui ont appris en s’amusant. Les cursus plus encadrés et basés sur de vrais programmes ne débutent réellement que dans le cadre de l’école élémentaire.

              A toutes fins utiles, je vous signale que dans certaines écoles israélites de New York, les enfants savent lire dès 4 ans et peuvent ainsi s’imprégner dès cet âge du contenu des rouleaux de la Torah ! Je vous accorde évidemment que c’est absurde car ces gamins sont de facto privés d’une partie de leur innocence et des jeux auxquels ils devraient prioritairement s’adonner à cet âge. Mais cela montre - fût-ce par l’absurde - que les capacités existent dès le plus jeune âge.

              Pour ce qui est du « moule », ce n’est pas à l’école élémentaire qu’il existe, mais aux étages supérieurs : plus les enfants grandissent et plus ils sont confrontés à un modèle qui les initie aux consumérisme et à l’individualisme.

              Enfin, sur votre avant-dernier paragraphe, je ne suis pas totalement d’accord : quelque soit le référentiel éducatif, il y a toujours une possibilité d’adaptation de la part des enseignants, plus ou moins dictée par le public auquel ils ont affaire. A ce propos, j’ai eu deux parentes institutrices rurales en Auvergne : l’une a plutôt suivi scrupuleusement les directives du rectorat, et l’autre s’en est démarquée à chaque fois qu’elle l’a jugé utile. La première a végété ; la seconde, plus réactive et parfois en marge des programmes, a toujours obtenu d’excellents résultats et a terminé sa carrière avec un grade de directrice d’école alors qu’elle n’avait qu’une classe unique d’une douzaine d’élèves maximum ! Ce qui montre que lorsque la réussite des élèves est là, l’administration n’est pas toujours aussi obtuse qu’on le prétend. smiley


            • arthes arthes 30 avril 17:52

              @Fergus

              Pas d’accord avec vous sur ce point : les enfants ont, dès 4 ou 5 ans, la capacité d’aborder des exercices simples présentés de manière ludique pour les initier aux bases du langage et du calcul. Et cela fonctionne bien comme j’ai pu le constater avec mes deux petits-fils qui ont appris en s’amusant. Les cursus plus encadrés et basés sur de vrais programmes ne débutent réellement que dans le cadre de l’école élémentaire.

              Mais ai je dis le contraire ?

              Donc vous confirmez bien que dès la maternelle, le cerveau des enfants est déjà sollicité pour apprendre , apprendre à s’exprimer, à verbaliser, à structurer, à travailler en groupe, à s’exprimer dans ce groupe, en tant que personne dotée d’une conscience individuelle, pouvant dire « je » ce n’est pas moi qui l’invente, l’obligation dés les 3 ans est d’instruire les petits cerveaux est inscrite dans le programme de l’EN.
              Bien entendue que cela passe par un jeu.

              Vous savez comment on dresse un jeune chien truffier ?
              Par le jeu, et la récompense.



              Oh non ce n’est pas un moule ? C’est juste le formatage du cerveau, il faut bien commencer par quelque part. pour remplir les têtes et vous prétendez que c’est l’apprentissage de la torah qui les arrache à l’enfance, mais pas l’apprentissage distillé par l’EN ...Fierté de voir ses petits enfants s’exprimer presque aussi bien que des adultes dès l’âge de 5 ans s ?.
              Fierté des parents d’avoir des petits qui sachent écrire de plus en plus tot, , sauf qu’un ordi fait mieux, in fine nous avons des cas de cerveaux qui souffrent de dépression à cause de l’ obsolescence humaine programmée, encore une pathologie de notre temps pour nos chers docteurs du cerveau.

              Et ceux qui suivent pas ?
              Parce que ça leur correspond pas, il y a des rétifs, des qui résistent, des qui veulent pas faire comme les autres, des qui rament ,  et bien c’est le psy de l’école qui va poser son diagnostic, merveilleux !

              On coupe ce qui dépasse, point barre !

               Bon, par ailleurs, puisque nos chers petits sont au coeur, en effet, de l’action de formatage dès la maternelle, savez vous qu’il est un projet européen de LOMS d imposer un programme d ’éducation sexuelle aux enfants dés l’age de 4 ans ?

              Mais passons , et revenons à nos moutoons : 
              Vous pensez vaiment que les enfants seront moins aptes à apprendre l’écriture et la lecture et le calcul au cp si , plutot que de les gaver comme des oies de cognitif, dés leur entrée en maternelle on favorise leur aptitude a découvrir leur environnement par eux même et se familiariser avec leur propre nature avec profondeur , par le biais d’expériences telles que le chant, les contes, mythes et légendes, la musiqiue, la danse , , et les rondes pour apprivoiser l’espace, ,Âinsi que  l’initiation aux couleurs, avec la peinture et aussi découverte du goût, des matières , du vivant et de la nature, et seulement cela....C’est déja énorme, avec des enseignants qui soient attentifs et dévoués pour faire grandir l’a^me et l’esprit de ces petits, en harmonie...
              Ne pensez vous pas que leur esprit sera alors plus ouvert et avide de connaissance et de savoir, de lecture etc...Avec un imaginaire et une faculté de penser par soi même en plus, prête à se déployer...Vers l’âjge de 6/7 ans, celui de l’apprentissage...

              Bon, je ne dis pas cela pour vous convaincre, juste pour vous faire comprendre que votre système de robots ne fera que des robots , avec ou sans fondamentaux, et c’est une question de bon sens que de s’en rendre compte, mais si ça vous plait ; c’est que vous avez vos raisons.

              Pour finir, en ce qui concerne le bon sens, vous prenez un cas isolé sans expliquer en quoi le bon sens à justement consisté pour votre instit, mais je présume que nous n’avons pas la même compréhension de ce terme.

              Vous le jetez comme ça, et chacun y trouvera son bon sens, moi je vous ai expliqué le mien.

            • Fergus Fergus 30 avril 18:00

              @ arthes

              Toujours pas d’accord : on ne gave pas les enfants de maternelle en les mettant en contact avec des jeux ou des activités qui leur font découvrir les bases de la lecture et du calcul. Car c’est très exactement ce qu’ils font également chez eux sans y être forcés par les parents dans les foyers disposant de jeux et de livres.

              Aucun formatage là dedans, sauf chez quelques rares parents élitistes décidés à brûler les étapes .


            • Aristide Aristide 30 avril 18:24

              @arthes


              plutot que de les gaver comme des oies de cognitif, dés leur entrée en maternelle on favorise leur aptitude a découvrir leur environnement par eux même et se familiariser avec leur propre nature avec profondeur , par le biais d’expériences telles que le chant, les contes, mythes et légendes, la musiqiue, la danse , , et les rondes pour apprivoiser l’espace, ,Âinsi que l’initiation aux couleurs, avec la peinture et aussi découverte du goût, des matières , du vivant et de la nature, et seulement cela....

              Ce que vous décrivez est exactement ce qui est fait en maternelle, aucun gavage.

            • Fergus Fergus 30 avril 18:56

              Bonjour, Aristide

              Merci à vous ! C’est en effet ce que font les enfants à l’école maternelle, avec plus ou moins d’inventivité selon les établissements et les classes. Nulle part à ma connaissance dans les écoles de l’EN on n’aborde les rudiments de la lecture et du calcul avant la grande section, et cela passe par la découverte des lettres composant les prénoms ou les additions simples d’éléments de jeu. 


            • Aristide Aristide 30 avril 19:15

              @Fergus


              Dés que l’on parle de l’EN, tous les tenants d’une pédagogie alternative se jettent sur la bête. Ici, voilà donc que l’on transforme les classes de maternelle en garderie de futurs petits soldats, ailleurs vous allez trouver la description d’une chienlit organisée par des enseignants ignares et incompétents.





            • Fergus Fergus 30 avril 19:21

              @ Aristide

              En effet, et ce genre de discours tient évidemment beaucoup plus d’un positionnement politique militant que d’une observation de ce qui se passe réellement dans les établissements.


            • arthes arthes 1er mai 11:00

              @Fergus



              Mais les enfants agissent par mimétisme, et dans les foyers que vous décrivez, si les parents disposent de jeux de lecture, calcul et livres c’est que ces derniers ont à coeur d’inciter leurs enfants à ce qu’ils s’y intéressent, et certains peuvent s’y plaire, ce qui ne sera pas le cas de tous les enfants, ce que sans doute des parents aimants comprendront avec bienveillance

              Pour en revenir à l’éducation dès la maternelle, , en quoi je trouve « gavage » , c’est parce que l’intention envers les bambins maléables (n’oublions pas) , et je me répète, reste d’orienter leurs dispositions psychiques vers des activités cognitives , intellectuelles et de réflexions par le biais du jeu en exploitant dans un cadre ludique ce qui leur est naturel, le mimétisme, de manière à leur faire prendre place dans l’élément physico/sensoriel des adultes sans leur permettre de vivre avec les élements une relation qui leur soit propre et personnelle , vécue ressentie en eux même comme une réalité .
              « On » les dirige vers l’abstraction, « on » les abstraits de leur monde de réalités à eux, et donc de leur propre découverte  en ne visant qu’à jeter des bases dans leur cerveau dès l’âge de 3 ans de l’apprentissage de notre propre perception de ce monde : Le bleu c’est bleu, ... ? Pas forcément dans la tête d’un petit, et c’est ce qui est intéressant. (ex)

              Il y a toute une acquisition , appropriation du monde des perceptions propre à l’enfance qui est ainsi abstraite et dévoyée, et qui ne peut que manquer à l’enfant , dans sa propre construction mentale, psychique, intellectuelle.


              Nous avons un problème de fond, et ce ne sont pas les fondamentaux dont vous parlez qui ne revêtent qu’une forme, qui feront que l’enthousiasme et l’attention qui sont nécessaires tout au long de la vie scolaire dans l’apprentissage des connaissances ne retombent pas, comme c’est actuellement le cas, et de plus en plus..

            • Fergus Fergus 1er mai 13:11

              Bonjour, arthes

              « « On » les dirige vers l’abstraction »

              Cela existe peut-être dans certains cas. Mais je n’ai rien constaté de tel dans le parcours maternel de mon fils, pas plus que dans celui de mes petits-fils. Toutes les activités, tous les jeux sont axés sur le concret, ce qui est tout à fait normal pour des enfants de 3 à 6 ans qui ont une vision égocentrique du monde dans lequel ils vivent et ne pourront, pour la grande majorité d’entre eux, acquérir les mécanismes intellectuels nécessaires à la compréhension de l’abstrait qu’à partir de 7 ans.

              La nécessité de maîtriser les fondamentaux à l’école élémentaire ne vise pas à engendrer l’« enthousiasme » et l’« attention » tout au long de la future scolarité, mais à permettre aux enfants de ne pas gaspiller d’énergie là où leurs camarades avancent sans difficulté. ce qui ne veut pas dire que tous resteront enthousiastes et attentifs par la suite, mais alors cela sera imputable à d’autres causes.


            • arthes arthes 1er mai 14:14
              @Frrgus

              Mais qu’ appelez vous le concret ?
              Une vision du monde tel que vous le voyez et vous le configurez pour l inculquer dans un jeune esprit peu à peu ou bien ce que vous ne voyez pas du monde physico sensoriel mais qui reste concret au monde de l enfance et qui peut y vivre et s y installer jusqu a 7 ans ?

              Par ailleurs vous faites fi de l enthousiasme à apprendre, et bien c est dommage car c est un moteur naturel.
              Vos fondamentaux c est vraiment du bourrage de crane sans la volonte d y adherer autre que celle de se fondre dans un systeme par conformisme. Et envie de competition.












            • Self con troll Self con troll 1er mai 14:23

              @arthes
              N’oublies pas le passé de cancre de Fergus, et sa devise phare :
              y’a pas de problème, y’a que des professeurs !

              Le conformisme du cancre opposé à l’angoisse du bon élève.


            • Fergus Fergus 1er mai 14:39

              @ arthes

              Ok, j’arrête de débattre car je n’ai aucune envie de polémiquer alors qu’il fait un temps magnifique.

              Un mot cependant sur ceci « vous faites fi de l enthousiasme à apprendre ». Eh bien non car j’ai moi-même été de ces enthousiastes étant gamin, mais surtout intéressé par ce qui n’était pas au programme. smiley Idem pour fils, qui lui a suivi les programmes. Idem enfin pour mes petits-fils, et notamment pour l’aîné, toujours avide de connaissances et qui adore les musées ; mieux : il a été fasciné durant plus d’une heure par une démonstration très technique de simulateur de pilotage par un ancien instructeur alors qu’il avait... 6 ans.

              Je sais donc à quoi m’en tenir en matière d’« enthousiasme à apprendre ».


            • Méduse Méduse 1er mai 14:56

              @ arthes

              L’intellectualisation, c’est ce qu’on appelle une sublimation. Les vertus de telle ou telle méthode pédagogique, c’est déjà en aval. Selon les cultures, l’intellectualisation n’est pas la même et si l’on applique des méthodes pédagogiques propres à notre culture chez des cultures non concernées, elles se révèlent vaines.

              Cela explique en particulier cela et schématiquement :
              - 200 000 à - 12 000 = technologie proche du néant
              - 12 000 à - 5 000 = balbutiements
              - 5 000 à maintenant = croissance exponentielle de l’intellectualisation, avec un pic au XVIII e, avec l’abandon du culte d’un dieu sornette unique et adoration en lieu et place de l’idole Raison. En résumé, du pagne à la maîtrise de l’atome.
              Il se trouve que des cultures sont restées à l’écart et ont connu un développement très différent.
              L’évolution ne doit rien à la mécanique, elle est d’ordre dynamique et procède de facteurs culturels puisque d’un bout à l’autre de l’Histoire l’homo sapiens est même.


            • arthes arthes 1er mai 15:19

              @Fergus
              L enthousiasme n est justement pas à apprendre...Il faut par contre qu’ il ne soit jamais éteint ni détourné de son désintéressement originel.

              Pas facile hein ???

              Dites donc, ne soyez pas tente de ne pas comprendre le sens de mes propos....scrogneugneu ! smiley

            • arthes arthes 1er mai 15:36

              @arthes
              Lol


              En relisant vous avez lu "enthousiasme à apprendre comme s il fallait apprendre l enthousiasme....Non.
              Je parle de l enthousiasme que l on éprouve à apprendre, comme une faculté venant de soi et non apprise.


            • arthes arthes 1er mai 16:35

              @arthes

              Roooouf, en fin de compte,c ’est moi qui fait l’imbroglio...Quant à enthousiasme à apprendre (genre ilfaut qu’il soit inculqé) et enthousiasme à apprendre (genre plaisir , porté vers, la connaissance)



              Bon, cela dit, ça ne change rien...Bien sur qu’il y a enthousiasme à la découverte du monde façonné des adultes, comme enthousiasme au jeu dès le plus jeune age, mais le carburant s’épuise plus ou moins vite.... Pourquoi ? Est ce que le retour aux fondamentaux va revivifier le moteur ?
              Pour moi, clairement, non.


            • arthes arthes 1er mai 17:03

              @Méduse

              Ouais, bin pour ce qui concerne le facteur culturel occidental, le pic de l’intellectualisation /sublimation étant dépassé depuis le 18ème, faudrait peut être à voir de se consacrer à développer d’autres facultés, en plus.

            • Fergus Fergus 1er mai 17:09

              Bonjour, Self con troll

              Pour votre information, je n’ai jamais été un « cancre », mais un élève indiscipliné !


            • Aristide Aristide 1er mai 17:34

              @Fergus


              Insoumis en somme !!! Déja ?

              Pour le reste votre patience devrait être récompensée face à tous les fantasmes de ces spécialistes auto-proclamés des pédagogo de troquet.

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