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Accueil du site > Tribune Libre > Eclairage sur le cas Dominique Sopo : entre duplicité, lâcheté et (...)

Eclairage sur le cas Dominique Sopo : entre duplicité, lâcheté et tartufferie, au service du Système

Dans un récent tweet, Yassine Belattar, ami d'Emmanuel Macron, s'est adressé à Jean Messiha (RN) comme à un chameau et lui a suggéré d'aller tenir meeting au zoo de Thoiry. Estimant cette comparaison raciste puisqu'il est d'origine égyptienne, le cadre du RN a annoncé son intention de déposer plainte. Dans la foulée, Messiha a interpellé Dominique Sopo, président de SOS-Racisme, en lui demandant s'il pouvait compter sur lui pour l'appuyer dans sa démarche. En réponse, Sopo s'est fendu à son tour d'un tweet où, loin de dénoncer le procédé de Belattar, il s'est au contraire amusé de cette comparaison, expliquant que l'honneur des chameaux avait été bafoué. Détail piquant : cette réponse de Sopo a été "likée" par Laetitia Avia, députée "En Marche" qui a donné son nom à la proposition de "loi contre les contenus haineux sur Internet". Les femmes et les hommes du Président, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît...
 
En revanche, ce tweet de Dominique Sopo a suscité l'indignation de Fatiha Agag-Boudjahlat, de Jean-Michel Aphatie, de Zohra Bitan, d'Eric Naulleau, de Jean Quatremer, de Dominique Reynié, pour ne citer que quelques noms parmi les plus connus.
 
Afin de contribuer à cerner la personnalité de Dominique Sopo, président apparemment inamovible de SOS-Racisme (il dirige cette association depuis 2003, hormis une brève interruption entre 2012 et 2014), il me semble opportun de livrer aux lecteurs d'AgoraVox un extrait de Histoire inavouable de la Ve République, de la révolution inversée au désastre contemporain (L'Harmattan, 2015). 
 
Dans ce livre, dûment occulté, pour ne pas dire censuré, à sa sortie par les médias comme presque toutes mes publications précédentes et suivantes (je suis certes pas le seul dans ce cas, hélas), j'analysais les causes de la crise qui mine la France et menace de la conduire à la catastrophe. J'y abordais, entre autres figures du Système, le cas de SOS-Racisme et de son président Dominique Sopo, dans leur hypocrisie, leurs mensonges, leur tartufferie et leur lâcheté.
 
A chacun d'en juger.
 
 
 

L’association « antiraciste »

 

En 2008, je m'étais rendu au Salon du livre de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) dans l’espoir de rencontrer Dominique Sopo. Le président d'SOS Racisme devait y faire, ce jour-là, la promotion d’un livre sur la laïcité. 

M’étant approché de Dominique Sopo, je me présentai à lui comme écrivain et membre cofondateur du Club Novation Franco-Africaine. Tout de go, sous le regard d’un de ses adjoints, Alexandre Folly, responsable de la section du Val-de-Marne de ladite association, je lançai à Dominique Sopo :

« Il y a cinquante ans, l’indépendance a été essentiellement imposée à l’Afrique subsaharienne par la classe politique métropolitaine, alors que la plupart des leaders politiques africains réclamaient non pas l’indépendance, mais la fin du colonialisme par l’instauration de l’égalité politique pleine et entière. Mais parce que cette classe politique métropolitaine refusait les conséquences d’une telle opération – métissage et métamorphose de la France, nombreux députés africains à l’Assemblée nationale, et, de ce fait, fin de l’exploitation colonialiste que la démocratie réelle eût interdite –, elle choisit d’imposer l’indépendance à l’Afrique. Ainsi les territoires africains basculèrent dans une indépendance dont ils ne voulaient pas. Ainsi, aussi, fut esquivée la « bougnoulisation », selon le mot du général de Gaulle, ou plutôt, ai-je corrigé, la « bamboulisation  » (mon interlocuteur et moi avons souri d’un air entendu…) de la France, et put être poursuivie l’exploitation colonialiste sous la forme du néocolonialisme ».

Je m’arrêtai brusquement de parler. Dominique Sopo me considéra avec un regard pantois. Un bref instant et il me répondit sur le ton de l’évidence :

« Oui, bien sûr, c’est bien ce qui s’est passé, c’est exact… Mais c’est évident ce que vous me dites là, c’est bien connu ! »

Je dois préciser que Dominique Sopo est, pour partie, d’origine africaine et qu’il bénéficie, par conséquent, de certaines lumières sur ce chapitre de l’Histoire…

J’embrayai :

« Ah bon, Monsieur Sopo, mais si tout ceci est exact et bien connu, alors pourquoi personne ne le sait, et surtout pourquoi personne ne le dit ? »

Dominique Sopo n’eut pas le temps de répondre. Il avait un avion à prendre car il se rendait, me dit-il, à New York pour je ne sais quel sommet à l’importance, on le devine, capitale. J’ai quand même pris son adresse courriel. Il n’a jamais répondu à mes messages.

Pendant que je dialoguais avec Dominique Sopo, son « adjoint », Alexandre Folly, président comme je l’ai dit plus haut d’une section départementale d’SOS Racisme et manifestement, lui aussi, d’origine africaine et, par conséquent, lui aussi parfaitement au courant de la pertinence des thèses que je venais d’exposer, ne perdait pas une miette de notre conversation. En présence de son chef pas encore envolé pour New-York et qui approuvait mes thèses comme autant de truismes, Alexandre Folly se montra fort intéressé par l’existence de ce Club Novation France-Africaine qui affichait de si spéciales ambitions. Il me demanda si j’étais disposé à venir exposer ce point de vue lors de l’Université d’automne d’SOS Racisme. Cette manifestation, m’expliqua-t-il, devait se tenir le week-end suivant en banlieue parisienne, à Dourdan. J’accueillis avec enthousiasme sa proposition, ajoutant que je viendrais accompagné d’autres membres du Club Novation Franco-Africaine.

Le surlendemain, lundi, je téléphonai donc à ce monsieur pour préciser les modalités de l’intervention. Un peu embarrassé, il me répondit qu’il fallait préalablement venir au siège d’« SOS », à Paris, afin d’exposer à « des cadres » du mouvement le contenu de notre intervention. J’acceptai volontiers. Rendez-vous fut pris pour le jeudi.

Le jeudi en question, accompagné de deux membres cofondateurs du Club Novation Franco-Africaine, Samuel Mbajum (1) et Raphaël Tribeca (2), après avoir poireauté un bon moment dans le hall du siège de l’association, nous fûmes finalement reçus, en guise de « cadres », par un seul et unique jeune homme de vingt-cinq ans, Hadrien Lenoir. Celui-ci était responsable, nous dit-il, d’SOS Racisme pour l’Île-de-France.

Dans son petit bureau, Hadrien Lenoir nous écouta pendant deux heures environ, mes amis et moi-même. Tour à tour, nous lui expliquâmes ce que fut en réalité la « décolonisation » française en Afrique subsaharienne. Présentée comme le triomphe du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », la « décolonisation » fut en réalité une gigantesque imposture placée sous le signe du racisme et du mépris pour l’Afrique, mais aussi pour le peuple français, ou plutôt franco-africain, imposture qui consista notamment à surfer sur des mots d'ordre mis au point à Washington et à Moscou. Autrement dit, bien que systématiquement présentée comme une défaite du capitalisme et de l’impérialisme, la décolonisation franco-africaine, telle qu’elle eut lieu, fut en réalité son stade suprême…

« C’est gigantesquissime ! », finit par s’exclamer le jeune homme qui, comprenant manifestement la gravité et les enjeux de notre propos, éprouvait le besoin d’amplifier le terme dont je venais d’user. « Le problème », lui ai-je expliqué, « c’est que du haut de vos vingt-cinq ans, vous raisonnez sans tabous ni préjugés. Vous n’êtes pas enfermé dans toutes sortes de blocages idéologiques, ces blocages qui permettent au mensonge de tenir depuis cinquante ans, et ce contre toute raison. Vous verrez, et pour aussi délirant que cela puisse vous paraître maintenant, il est probable que les cadres de votre association et du parti politique [le Parti Socialiste] qui le parraine, en particulier ceux qui ont plus de quarante ou cinquante ans, vous expliqueront que, pour soutenir de telles thèses, il faut que nous soyons plus ou moins des fascistes ou des types manipulés par l’extrême-droite  ».

« C’est absurde… », souffla Hadrien Lenoir d’une voix naïve, candide et dubitative à la fois.

« Accusation grotesque, en effet, rebondis-je, puisque si fascistes il y a, c’est dans le camp d’en face qu’ils se trouvent ! Ceux-ci ont largué l’Afrique contre sa volonté pour des raisons « blancistes » et néocolonialistes, ainsi que l’a d’ailleurs admis, comme une évidence, votre président lui-même, Dominique Sopo, en présence de son adjoint, Alexandre Folly, qui pourra vous le confirmer. Mais c’est que cette inversion des rôles, je devrais même dire des pôles, qui fait passer les partisans de l’unité franco-africaine pour des « fachos » et, réciproquement, les blancistes et leurs complices, les artisans de la séparation, pour de parfaits républicains progressistes, démocrates et humanistes, c’est là le grand ressort qui permet à l’imposture de tenir depuis si longtemps. Ça neutralise tout, ça verrouille tout. Sans parler, de nos jours, des compromissions accumulées au fil des décennies, quelquefois en toute bonne foi, par les uns et par les autres, pas pressés, pour cette raison, de faire leur mea culpa et de reconnaître qu’ils se fourvoient, pour le pire, depuis cinquante ans, évidemment… »

Et qu’ils servent le Système, serais-je aujourd’hui tenté d’ajouter, avec quelques années de réflexion supplémentaires…

J’aperçus dans le regard de notre interlocuteur, une fois encore, un étrange reflet.

Est-il besoin de préciser que finalement, mes amis du Club Novation Franco-Africaine et moi-même, nous n’avons pas été invités à intervenir dans l’université d’automne d’SOS Racisme à Dourdan ? Faut-il ajouter que la semaine suivante, Hadrien Lenoir me posa un lapin – je devais pourtant lui remettre gracieusement un exemplaire de mon livre Histoire occultée de la décolonisation franco-africaine – et qu’il n’a, par la suite, jamais répondu à mes courriels, pas plus qu’il ne m’a rappelé, malgré mes nombreuses relances ?

Je suppose que ce jeune homme devait être très pris par des occupations cruciales, comme son président Dominique Sopo et tant d’autres honorables représentants des mondes politique, médiatique et associatif français.

Mais comme me l’a dit un jour, plein d’humour, un Franco-Africain connaisseur des petits milieux de la capitale française :

«  À Paris, la première chose que fait quelqu’un qui prend un peu d’importance, c’est d’organiser son inaccessibilité…  »

 

(1) Samuel Mbajum est notamment l’auteur, avec le gouverneur Louis Sanmarco, de Entretiens sur les non-dits de la décolonisation, L’Officine, 2007, et de Les combattants africains dits Tirailleurs sénégalais au secours de la France 1857-1945, Riveneuve, 2013. 

(2) Avec Raphaël Tribeca, nous avons cosigné La République inversée, Affaire algérienne et démantèlement franco-africain, L'Harmattan, 2010.

 

Extrait de Histoire inavouable de la Ve République, de la révolution inversée au désastre contemporain d'Alexandre Gerbi (L'Harmattan, 2015). 


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24 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 24 février 17:46

    Desproges ne nous a pas vraiment rendu service. Un an après « le tribunal des flagrants délires » où il avait dit devant l’invité JM Le Pen qu’on « pouvait rire de tout mais pas avec n’importe qui », il a écrit dans son livre « Vivons heureux en attendant la mort », au « Chapitre pitre » : « Il vaut mieux rire d’Auschwitz avec un Juif que de jouer au Scrabble avec Klaus Barbie. »

    Mais de quoi on peut bien rire avec « n’importe qui » ?  Desproges avait dit aussi : « On ne tire pas sur une ambulance, sauf s’il y a Patrick Sabatier dedans ! » Autrement dit, on ne peut pas rire aux dépens de n’importe qui. On peut rire des forts mais pas des faibles.

    La difficulté, quand on faire de l’humour sur le racisme, est de signifier que l’on ne rit pas des victimes de ce racisme, mais de ses auteurs.

    En fait, la vraie chut du « tribunal », c’était : « On peut rire avec tout le monde, mais « c’est dur » ».

    Mais on ne peut pas rire de n’importe qui, puisqu’il faut « rire des forts et pas des faibles ».

    Desproges ne nous a pas rendu service, parce que son excuse était l’usage permanent du « second degré », un genre qui n’est pas accessible à tout le monde et dont le décodage n’est pas sans failles.

    Alors il vaut mieux réserver certains types d’humour à un cercle d’amis initiés et éviter la place publique qui a la fâcheuse manie de prendre à la lettre les propos des tribuns.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 24 février 21:50

      @Séraphin Lampion

      Euh...Desproges a surtout dit qu’il adhèrerait a SOS racisme lorsque racisme portera un « s »... Des oublis Lampion ?


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 25 février 07:28

      @Aita Pea Pea

      merci pour ce complément indispensable, en ffet


    • CLOJAC CLOJAC 25 février 09:27

      @Séraphin Lampion

      « Alors il vaut mieux réserver certains types d’humour à un cercle d’amis initiés »

      Avec les smartphones, ce n’est plus possible, tout propos tenu devant 3 personnes est réputé public, ainsi en décident les juges...
      Par contre, ces mêmes juges ont une interprétation très flexible des textes intuitu personae : ainsi comparer Taubira à une guenon était répréhensible, mais je doute qu’on condamne Sopo pour avoir traité Messiha de chameau.


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 24 février 17:58

      Euh ! Au fait, les colonies ayant repris leur indépendance, ont-elles accordées l’égalité politique de leur pays aux Français ?

      Si les pays africains ont critiqué le colonialisme, n’était-ce pas à la France de choisir le moyen d’y mettre fin ?

      Au nom de quoi les Africains revendiqueraient-ils à la France de partager l’égalité politique et la nationalité française ?

      La culture africaine est-elle la même que la culture française ?

      L’histoire africaine est-elle la même que l’histoire française ?

      Les Africains seraient-ils capables de mener la France là où les Français de France ont vocation de la mener ?

      Peut-être que les Français de France ont eux-aussi leur mot à dire dans les décisions politiques qui se prennent envers les Africains.

      La volonté des pays africains n’est pas forcément la volonté des Français.

      Le couplet 3 de Notre Merveilleuse Marseillaise vous dit pourtant un peu ce que pensent les français de France des étrangers.

      «  Quoi ! Des cohortes étrangères

      Feraient la loi dans nos foyers !

      Quoi  ! Des phalanges mercenaires

      Terrasseraient nos fiers guerriers ! (Bis)

      Dieu  ! Nos mains seraient enchaînées !

      Nos fronts sous le joug se ploieraient !

      De vils despotes deviendraient

      Les maîtres de nos destinées ! »


      • Alexandre Gerbi Alexandre Gerbi 24 février 19:09

        @Daniel PIGNARD

        Pour la plupart, les « colonies » n’ont pas « repris leur indépendance », comme vous dites, mais ont été larguées par Charles de Gaulle ; elles se sont vu imposer, par lui, l’indépendance (d’ailleurs le plus souvent fictive...), au prix de multiples subterfuges et violations de la Constitution (depuis l’affaire gabonaise, en 1958, jusqu’à.la Loi 60-525, en 1960).

        Par ailleurs, les « colonies », comme vous dites, n’en étaient plus : elles étaient devenues, en 1946, des « Territoires » de l’Union française, puis, en 1958, des « Etats » associés dans la Communauté française, ou plutôt franco-africaine.

        Quant aux Africains, ils étaient déclarés Français depuis 1946, avec un statut, certes, inégalitaire, mais sur le papier ils étaient bel et bien déclarés citoyens français : c’est d’ailleurs à ce titre que la plupart des leaders subsahariens ne réclamaient pas l’indépendance mais entendaient pousser ce processus à son terme, c’est-à-dire jusqu’à l’égalité complète, meilleur moyen de mettre un terme au colonialisme.

        Les Français ont eu leur mot à dire : lors du référendum du 28 septembre 1958, ils ont approuvé à 80% la nouvelle Constitution, qui faisait des Arabo-Berbères d’Algérie, pour la première fois, des Français à part entière (46 députés arabo-berbères trouvèrent place sur les bancs du Palais Bourbon entre 1958 et 1962).

        Mais De Gaulle fit l’exact contraire de ce qu’il avait annoncé. Au lieu de bâtir l’unité égalitaire franco-africaine, il poussa d’abord, voire accula, l’Afrique noire à l’indépendance (1958-1960, à l’exception de Djibouti et des Comores). Cela fait, il liquida l’Algérie française dans un bain de sang. Abusés par la propagande d’Etat, les Français ont naïvement approuvé un référendum d’autodétermination (1962) dans une Algérie où l’ALN, entrée dès avant l’indépendance avec la bénédiction de De Gaulle et équipée par lui, s’empressa de semer la terreur et de massacrer les partisans de la France, sous l’oeil impavide de l’armée française dûment reprise en main après le putsch avorté d’avril 1961. C’est dans ce conditions très spéciales que les Algériens approuvèrent l’indépendance par 99,72% de voix. Je vous laisse apprécier ce chiffre...

        Ceci étant dit, vous êtes bien sûr parfaitement en droit de partager les vues de De Gaulle et de la majorité des élites politiques hexagonales de l’époque. Vous êtes en droit de passer par pertes et profits les 130 ans d’histoire commune avec l’Algérie et un peu moins avec l’Afrique noire (et bien davantage concernant le Sénégal, français depuis le XVIIe siècle). Vous pouvez sans problème oublier les soldats arabo-berbères et subsahariens morts pour la France en 1914-1918 et 1939-1945. Vous pouvez tenir pour négligeables les écrivains africains qui ont voué un culte passionné à la langue française et lui ont offert de magnifiques pages de sa littérature. Vous pouvez parfaitement, aussi, juger les Africains comme définitivement étrangers à la France pour des raisons civilisationnelles, culturelles, religieuses, voire raciales : après tout, c’est pour cela que la deuxième Ve République a bazardé l’Afrique noire et l’Algérie, et je ne sache pas qu’aucun des successeurs de De Gaulle ait jamais désavoué ni dénoncé ce choix et ses motifs.

        Au contraire, Macron y compris, tous tressent au Général des couronnes de lauriers et le présentent comme un génie. Il faut croire que larguer 95% du territoire de la République et les deux tiers de sa population (et bien davantage à terme...) au nom de critères civilisationnels, religieux ou raciaux, ou encore pour des raisons de gros sous, est donc génial. Même si dans les faits, soixante-dix ans plus tard, l’état général de la France, de l’Afrique et de l’Algérie n’en apportent qu’une démonstration assez discutable...

        Enfin, merci de ce rappel des paroles de la sublime Marseillaise : De Gaulle, soutenu en coulisse en 1958 par la CIA et le Département d’Etat contre la promesse de démanteler l’ensemble franco-africain, Algérie comprise, après avoir entourloupé en profondeur l’armée et le peuple de France, peut s’y reconnaître.

        Ceci étant dit, bien sûr, vous avez parfaitement en droit d’adhérer à la fable selon laquelle le Général fut toujours haï par les autorités états-uniennes, et indépendant d’elles, comme c’est si souvent répété à la télé.


      • HELIOS HELIOS 25 février 17:27

        @Alexandre Gerbi

        ... les hommes etant ce qu’ils sont, vous pouvez utiliser toutes les circonvolutions que vous voulez, l’Algerie, même du temps de sa colonisation n’etait pas la France, ne l’a jamais été et ne le sera jamais, pas plus que les terrioires ayant des autochtones (des indigènes pourrait-on dire) avec une culture et une histoire déjà structurée.

        C’est vrai pour la France, c’est vrai pour le Royaume Uni qui a déjà du mal a reunir les irlandais , les écossais etc tous partageant pourtant la même culture et la même histoire, alors le Commonwealth..., et également pour l’Espagne, les latinos n’etant pas des espagnols même s’il partagent la même langue !

        On ne peut faire du monde un village où tout le monde est identique et partagent les mêmes droits, il y a des differences et chacun les arrangent a sa sauce..

        Refaire l’histoire comme vous le faites et un mensonge, une manipulation. De Gaulle avait bien compris, ce n’est pas lui faire une fleur que d’accepter la décision qu’il a prise -contre son interet de l’époque-, mais lui, il a pensé à la France metropolitaine d’abord, qui est bien l’âme de notre pays.

        Derniere remarque....vous trouveriez normal d’etre musulman aujourd’hui ?... c’est pourtant ce qui se serait passé si 30 millions d’algeriens depuis 1958 etaient restés français et la majorité résidents en France .... avec les 15 a 20 millions qui sont déjà la, avec des papiers parfaitement français qui les font sortir des comptes la moitiés des français seraient d’origines « arabo-berberes » comme vous les appelez, avec leur propre civilisation... ainsi que ceux qui viennent du sud du Sahara.


      • Argonautes 26 février 18:21

        @HELIOS Etre musulman ou non, la n’est pas la question.


      • Alexandre Gerbi Alexandre Gerbi 29 février 18:12

        @HELIOS

        Vous avez le droit de penser que l’Algérie n’était pas la France. Reste à savoir, dans votre vision des choses, ce qu’il advient de l’Outre-Mer, et même, en métropole, de l’Alsace ou de la Corse, par exemple.

        En revanche, rien ne vous autorise à qualifier mes travaux d’affabulation ou de manipulation. D’autant que si affabulation et manipulation il y a, elles se trouvent bien davantage du côté des gaullistes et, plus généralement, de ce qui tient lieu de « Ve République ».

        Au lieu de dénigrer mes recherches, vous serez bien aimable d’argumenter et de démontrer en quoi ce que j’avance sur les mensonges de De Gaulle en 1958 (je vous renvoie notamment à ses discours-programmes prononcés en Algérie en juin 1958, dénués d’ambiguïté contrairement à ce que prétend la doxa gaulliste), sur ses manipulations (notamment dans l’Affaire gabonaise) et sur ses violations multipliées et gravissimes de la Constitution (notamment avec la trop méconnue Loi 60-525).

        Je vous trouve bien naïf : il semble vous échapper que les décisions et les menées gaulliennes ont été très lourdes de conséquences.

        Avoir livré l’Algérie au FLN comme l’a fait De Gaulle (alors que rien ne l’y obligeait), a conduit les populations arabo-berbères à subir immédiatement, par terreur politique et massacres de masse, un lavage de cerveau, une reconstitution de leurs mémoires collective et individuelle, et finalement un bourrage de crâne nationaliste et islamiste. Avec pour conséquence l’effondrement économique et social de l’Algérie, et son basculement, à terme, dans la guerre civile sur fond d’obscurantisme religieux, selon un schéma en passe de se reproduire, à quelques décennies de distance, en métropole.

        De même, la paupérisation de l’Algérie, tout comme celle des anciens territoires d’Afrique subsaharienne, a entraîné une émigration de masse vers l’ancienne métropole. Emigration dont tout laisse à penser qu’elle n’aurait pas eu lieu, ou dans des proportions bien moindres, si ces territoires avaient été maintenus, ainsi que le souhaitaient la plus grande partie de leurs leaders, dans une République soucieuse de leur développement. Au contraire, les pseudo-indépendances ouvrirent la voie, comme l’avait prévu, en autres, Germaine Tillion (je vous renvoie à son excellent ouvrage paru à l’époque aux Editions de Minuit, L’Algérie en 1957), au pillage des richesses par une nomenklatura locale ainsi que par le néocolonialisme.

        Au lieu de juger l’histoire à l’aune de ses conséquences d’ailleurs non identifiées comme telles, vous seriez bien inspiré de réfléchir sur ces mêmes conséquences à l’aune de cette même histoire enfin vue sans oeillères.

        Ce que j’essaie modestement de faire depuis quinze ans à travers mes divers ouvrages et articles, le plus objectivement possible, quelles que soient mes convictions par ailleurs.


      • JL JL 24 février 18:59

        «  À Paris, la première chose que fait quelqu’un qui prend un peu d’importance, c’est d’organiser son inaccessibilité…  »

         

        A méditer.

         

        Comment prend-on de l’importance ? En obéissant aveuglément au pouvoir qui vous a distingué. Et c’est ainsi que le pouvoir se maintient.


        • Jonas Jonas 24 février 23:32

          Je ne comprends pas, ça fait au moins 20 ans que Dominique Sopo, cet idéologue raciste aurait dû être expulsé du territoire par avion charter.

          Qu’est-ce qu’il fait encore là ?


          • popov 25 février 08:41

            @Jonas

            Bonjour

            Il serait remplacé par un autre. 
            Ce qui serait urgent, ce serait de supprimer les subventions à ces associations parasites et de retirer cette loi qui leur permet de se porter partie civile au nom de personnes qu’elles ne représentent même pas.
            Ce système fait de ces associations de véritables inquisiteurs. 


          • cétacose2 25 février 09:13

            @popov
            Entièrement en accord avec vous ,nos instances sont infestées de parasites nuisibles qui plombent notre moral ,notre sens de la justice ....et notre économie....


          • claire1549 claire1549 25 février 13:26

            @popov, pour en savoir un peu plus sur les subventions reçues par SOS racisme :

            « SOS Racisme touche bien trop de subventions publiques par rapport au nombre d’adhérents que compte l’association.Ce financement scandaleux se fait comme toujours sur le dos des contribuables. »


            https://www.contribuables.org/2014/06/sos-racisme-est-hors-la-loi/


          • popov 25 février 15:51

            @claire1549

            Merci pour le lien.


          • uleskiserge uleskiserge 25 février 11:45

            Dans le domaine de la lutte et de la dénonciation du racisme, Sopo n’existe pas. Il est payé pour ça. Il le sait. 


            • mazig 25 février 11:56

              Je suis sidéré de constater que plusieurs intervenants sur ce site sont comme d’habitude incultes , ignares et heureux dans leur imbécilité. Certains voudraient , renvoyer SOPO dans son Afrique natale alors qu’il est français , de mère française , bien blanche et de souche bien française.

              D’autre part , comparer quelqu’un à un chameau n’est pas une insulte , sachant que cet animal est fort intelligent et très résistant. Par contre , Mr Messiah s’est souvent distingué par des propos anti musulmans (pas anti arabe étant arabe lui même) plus qu’injurieux, dégradants et diffamatoires sans que celà n’offusque qui que ce soit.


              • Maître Yoda le bulot 25 février 12:37

                @mazig

                on peut être arabe sans être musulman et être musulman sans être arabe, mais peut-on être juif sans être juif ?


              • quijote 25 février 13:31

                @mazig

                D’autre part , comparer quelqu’un à un chameau n’est pas une insulte , sachant que cet animal est fort intelligent et très résistant.

                Merci de montrer au grand jour qui tu es... Et qui sont les gens comme toi.

                Les singes sont plus intelligents que les chameaux. Pourtant je connais une ancienne ministre qui s’est formalisée d’être comparée à un singe. Provoquant à la fois les hauts cris des medias et des gens comme toi...

                Tu es un escroc et un tartufe. Comme tous les droitdelhommistes ( les collabos ). Et, ne soyons pas sectaires, comme les colons qui défendent la même saloperie intelectuelle pour des raisons différentes : eux mentent par intérêt tribal. Vous devez dégager, vous tous et votre malhonnêteté maladive et incontrôlable, de la conscience occidentale. Tout le monde se sentira mieux quand votre chiasse mentale aura été ejectée de la scène publique du fait de ses insurmontables et insupportables contradictions.

                Bande d’escrocs. Bande de tartufes. Solution pour vous tous : rejoindre le tiers-monde et ses habitants. Personne ne vous regrettera. Vous seriez tellement bien au milieu de vos amis ou de vos semblables !


              • claire1549 claire1549 25 février 14:11

                @mazig
                Donc pour vous, comparer Taubira à une guenon n’est pas raciste,sachant que cet animal est fort sympathique et très attachant !
                L’historien Pascal Blanchard, docteur en histoire à l’université Panthéon-Sorbonne répondait à une journaliste de France Info lors d’une interview le 20 novembre 2013 : « Tous les racistes renvoient à une animalisation de l’être humain. »

                Votre mauvaise foi et celle de vos amis est consternante, désespérante, affligeante, et le pire est que vous ne le reconnaîtrez jamais car vous êtes incapables de vous remettre en question !


              • cétacose2 25 février 20:04

                @le bulot
                « ......mais peut on être juif sans être juif ? » Oh non hélas ! et il n’y a rien de pire !....


              • Argonautes 25 février 17:29

                En commentaire de la réponse d’Alexandre Gerbi à Daniel Pignard, et pour illustrer cette nouvelle leçon magistrale de l’Auteur, citons, parmi ces intellectuels littérateurs et politiques - souvent les trois à la fois -, grands promoteurs de la langue française et de la France,, les Sénégalais Léopolid Sedar Senghor et Alioune Diop, au Mali, Hamadou Ampâté Bâ, et en Algérie, le vénéré "prince de la Casbla" Joseph Hattab-Pacha, dont il manque curieusement la page dans Wikipedia


                • Esprit Critique 25 février 17:43

                  Un article bien venu. La France a besoin que l’on dise la vérité sur certaines personnes et organisme Ce Sopo mérite d’être connu pour ce qu’il est vraiment même si ce n’est pas ragoutant.

                  « ....duplicité, lâcheté et tartuferie... » Tout en euphémisme, Bravo , avec des pros du racisme dans tous les sens du terme, et de la plainte pour stigm-attitude il vaut mieux être prudent et rester dans l’euphémisme, même si l’on sait qu’un vocabulaire beaucoup plus virulent s’approcherait mieux du personnage. 

                  Voila plus de 15 ans qu’il vit du racisme comme président de SOS, L’antiracisme est un matière première Auto alimentée pas encore taxée par les écolos, ils en profitent ....

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