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EDF et le Nucléaire

Le 11 mars 2011 au Japon, un séisme suivi d’un fort tsunami met hors-service le système de refroidissement principal de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Les réacteurs 1, 2 et 3 entrent en fusion et entrainent la plus grave catastrophe nucléaire du XXIe siècle, classée au niveau 7, le plus élevé sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES), au même degré de gravité que la catastrophe de Tchernobyl (1986).

Cet accident a des répercussions mondiales importantes dans les domaines de l'environnement et la santé. Il présente surtout la particularité de poser de nouveaux enjeux non seulement pour le Japon, mais aussi pour le monde et notamment en ce qui concerne son approvisionnement électrique.

 

En France qui est le pays au monde à posséder les plus de réacteurs nucléaire, une cellule de crise est constitué pour non pas apporter de l’aide au Japon, mais rassurer le monde sur la supposée dangerosité de l’industrie nucléaire. Car dès le début de cette catastrophe, l’état français sait qu’elle sera préjudiciable pour son industrie nucléaire. Alors que les autorités nippones se débattent en pleine catastrophe causée par le séisme et surtout le tsunami qui ravagent le Nord-Est du pays, le président Sarkozy à l’occasion d’une tournée en Asie, fait un rapide croché par le japon. Il veut et obtient une conférence de presse conjointe avec le premier ministre japonais. Il ne veut surtout pas entendre ce que ce ministre a à dire, à savoir : la fin du programme nucléaire japonais. Nicolas Sarkozy déclara que l'heure n'est pas "à la polémique" et défendra une nouvelle fois le choix du nucléaire fait par la France même s'il admet que la situation à Fukushima est "critique".

 

Si certains pays avaient des doutes concernant la sécurité des telles installations sur leur sol, Fukushima achève de les convaincre et le gouvernement allemand qui avait déjà pris la décision en 1999 d’arrêter son programme nucléaire décide de fermer toutes ses centrales nucléaires à l’horizon 2021. La Suisse par référendum, mais aussi la Belgique, l’Espagne et l’Italie lui emboite le pas. Les USA qui est le plus gros pays producteur d’électricité d’origine nucléaire, arrête 2 chantiers et ne développe plus de réacteurs mettant leur entreprise Westinghouse dans une grosse difficulté financière. Cette société filiale de Toshiba sera déclarée en faillite en 2017. La Chine continue la mise en chantier de 34 réacteurs nucléaire (25 sont en cours de construction), mais n’ira pas au-delà. Elle privilégie tous les investissements vers les énergies renouvelables.

 

5 ans plus tard, l’industrie du nucléaire tourne au ralenti, ce qui inquiète grandement EDF qui avant d’être un fournisseur d’électricité est un industriel du nucléaire. EDF a repris ce qui reste d’Areva, l’ex fleuron nucléaire français aujourd’hui en faillite. Le 28 juillet 2016 se déroule un conseil d’administration plus que tendu et qui scellera définitivement l’avenir de cette société. Anticipant ce qui va se produire, un des membres du conseil (Gérard Magnin) démissionne. Les 7 membres issus du personnel et des syndicats sont abasourdis pas ce qui se dit. Jean Bernard Levy prend autoritairement la décision de démarrer la construction de deux réacteurs nucléaires EPR similaires à Flamanville à Hinkley Point près de Bristol (Royaume-Uni). Il n’attend pas l’accord du gouvernement britannique sur le "contrat de différence" pour garantir un prix de 92,5 livres le MWH quoi qu'il arrive, (En cas de baisse des prix du marché, le contribuable britannique paierait en théorie la différence) et décide l’ouverture de ce chantier titanesque estimé à plus de 20 milliards d'euros, qui sera donc entièrement financé par EDF. Tous les syndicats, y compris le Medef dénoncent les conditions économiques de cette décision, qui selon eux font courir à l’entreprise un risque financier grave et qui à la lumière du référendum du 23 juin sur le breixit, menace la survie d’EDF. Laurence Parisot présidente du Medef et présente à ce conseil d’administration rappelle que faute d'être épaulé par Areva, l'implication d'EDF est passée de 45 à 66%.

 

Rien y fait la décision est prise à 11 voix (les représentants de l’état, d’EDF et le PDG) contre 7 (les représentants syndicaux dont le Medef et représentants des salariés).

 

Jean Bernard Levy par ce coup de force, joue la survie nucléaire chez EDF qui ne fabrique plus que des EPR. A l'heure actuelle, quatre réacteurs EPR sont en construction, deux en Chine, un en France à Flamanville et un dernier en Finlande (ces deux derniers chantiers étant menés par Areva, alors que la maitrise d’œuvre des chinois est confiée à la Chine pour 70% et EDF pour 30%). Tous ont accumulé retards et surcoûts et il n'y a toujours aucun EPR qui fonctionne dans le monde. A Olkiluoto, en Finlande, les travaux ont débuté en 2005, avec une livraison prévue en 2009. Aujourd'hui, la mise en service est annoncée pour 2018. Pour un coût initial prévu de 3 milliards d'euros, Areva avait accumulé 5 milliards de pertes en 2015. A Flamanville, la facture est passée de 3 à 10,5 milliards, la mise en service n'interviendrait pas avant 2018, soit avec sept ans de retard. Si Hinckley Point ne démarre pas, c’est la fin de l’industrie nucléaire française. Le PDG d’EDF et la caste nucléaire qui le suit ne le veut pas, l’état ne le veut pas. Alors EDF comptabilisera les 24 milliards nécessaire dans sa dette, la faisant passer de 37 à 61 milliards d’euros.

 

En plus d’un chantier techniquement aléatoire comme la construction d’un EPR, EDF doit aussi mener de front le programme « grand carénage » qui consiste par la rénovation et le renforcement des réacteurs en activité à faire passer leur durée de vie de 30 à 40 ans. Ce programme est budgété pour les plus optimistes à 100 milliards d’euro.

 

Cela ne désengage pas EDF du démantèlement des 11 réacteurs en fin de vie (4 à Bugey, 2 à Fessenheim, 1 à Dampierre, 2 à Tricastin, 2 à Gravelines). L’estimation « fantaisiste » d’EDF est de 350 millions d’euros par réacteurs. Elle a sous évalué le coût de ce démantèlement en ne tenant pas compte, entre autre de la dépollution du sol et des bâtiments, en partant du principe qu’un réacteur sera remplacé par un autre. Elle oublie bien sur la loi sur la transition énergétique qui impose de réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50 % à l'horizon 2025. L’estimation optimiste pour ce genre de travaux est de 800 millions d’euros par réacteurs, soit un total de 8.8 milliards d’euros. Une seconde tranche de 8 réacteurs (3 à Dampierre, 2 à Tricastin, 2 à Gravelines et 1 à Blaye) arrivant presque dans la continuité de la première.

 

Voilà donc EDF qui a un chiffre d’affaire moyen de 73 milliards, endetté à hauteur de 154 milliards. Avec ce niveau d’endettement, pour un potentiel d’évolution plus qu’aléatoire, il est moins dangereux d’investir dans les sociétés E Musk qui veut envoyer des gens sur mars, que dans EDF. La seule garantie qu’apporte EDF est qu’importe ce qui arrivera, ce sera l’état (et donc le contribuable) qui détient 84,3% du capital d’EDF qui absorbera les pertes.

 

J’ouvre une parenthèse pour donner des pistes afin d’essayer de comprendre la logique dans tout cela. Pour avoir travaillé comme sous-traitant avec cette entreprise, dès que vous rencontrez les cadres EDF, deux phénomènes vous sautent aux yeux. EDF est une structure pyramidale où les décisions sont prises unilatéralement par la direction centrale. Votre interlocuteur n’est là que pour débroussailler votre dossier qu’il, une fois complet, transmettra à son directeur qui prendra seul une décision sans appel. A EDF tout ce qui ne touche pas au nucléaire est ennuyeux. Et tous les chefs et ingénieurs d’EDF le savent, si vous ne travaillez pas pour le nucléaire, vous êtes forcément placardisés. Dans ce contexte on peut comprendre que la volonté d’EDF pour préserver coute que coute l’industrie nucléaire soit perçu comme une fuite en avant.

 

Pendant ce temps les pays s’organisent pour opérer une transition énergétique qui leur permettra à la fois de leur assurer d’une indépendance et d’être le moins polluant possible.

La Chine qui à elle seule concentre 90% des investissements mondiaux en matière d’énergie nucléaire dépense 4 fois plus dans les énergies renouvelables. Pour ce qui est du nucléaire, la Chine vient de fondre ses deux entreprises en une seule. Elle vient de mettre en construction un réacteur de nouvelle génération (réacteur « rapide ») qui sera validé par EDF, car c’était la condition pour que la Chine entre à hauteur de 33% dans le dossier Hinckley Point et minimise ainsi les éventuelles pertes financières. La mise en construction de ce réacteur chinois, plus petit que l’EPR, mais moins gourmand en uranium sonnera le glas des EPR dans le monde.

L’Inde qui en matière d’énergie, n’a jamais eu une politique très claire, réduit sa part de nucléaire. De toute façon Jean Bernard Levy l’a annoncé ; pour diverses raisons, l’Inde ne sera pas un client EDF.

L’Allemagne est un pays à observer avec intérêt. En effet, le gouvernement a annoncé de façon brutale la fermeture de ses réacteurs nucléaire avant 2021. Ce qui oblige ce pays à opérer sa transition énergétique à marche forcée. La particularité de ce pays est qu’en matière de distribution de courant, l’Allemagne a un système très régionaliste et le courant produit en mer Baltique ne fait jamais fonctionner un ordinateur à Munich. Il ne lui est donc pas nécessaire d’avoir de gros hubs de production d’électricité comme l’est une centrale thermique, nucléaire ou un gros barrage. De ce fait l’Alemagne opère sa transition énergétique sur deux plans : 1 – l’investissement et la subvention d’état dans les énergies renouvelables 2- un plan drastique d’économie d’énergie pour réduire de 30% sa consommation d’électricité à l’horizon 2030. L’Allemagne jouit d’une réputation de toujours tenir ses engagements. Attendons de voir si c’est vrai, mais sans être pour autant un optimiste pur et dur, dans ce domaine j’ai tendance à lui faire confiance.

 

En France, la politique énergétique ne se décide pas à l’assemblée nationale, ni à l’Elysée, mais à EDF. Alors que l’assemblée nationale et le sénat votent une loi pour réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50 % à l'horizon 2025. EDF annonce sans qu’aucun député, ministre (Hulot, Royal) ou même président (Hollande, Macron) ne trouvent à redire, qu’elle ne fermera aucun réacteur nucléaire avant 2029 hormis ceux de la centrale de Fessenheim, et réitérera son intention d'obtenir l'autorisation d'en garder certains en service jusqu'à 60 ans. En 5 ans, EDF a investi 2 milliards d’euro dans les énergies renouvelables avec 10% pour la France et 90% à l’étranger. La France n’a à aujourd’hui aucun parc éolien offshore et, alors que nous avions dans un passé pas si lointain une supériorité technologique en matière de solaire, le développement en France de cette énergie est anecdotique.

 

La finalité de tout ceci est facile à déduire. Dans un proche avenir, à cause de difficultés financières qu’elle ne pourra plus surmonter, EDF ne pourra plus fournir d’électricité. L’état devra se séparer de ce monopole comme il le fait actuellement pour la SNCF. Des entreprises allemandes, danoises, chinoises qui se sont adaptées à la transition énergétique, viendront occuper le terrain et nous fournir en électricité avec un prix qu’elles auront décidé et que nous devrons subir, pendant que nous contribuerons à payer avec nos impôts une dette de plus de 154 milliards d’euros détenu par une société qui n’existera plus.


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457 réactions à cet article    


  • leypanou 7 juin 12:19
    Dans un proche avenir, à cause de difficultés financières qu’elle ne pourra plus surmonter, EDF ne pourra plus fournir d’électricité. L’état devra se séparer de ce monopole comme il le fait actuellement pour la SNCF : et si le but non avoué est tout simplement çà : mettre EDF dans une situation financière telle qu’on ne peut plus que la vendre.

    Car tant que la caste hyper-diplômée n’a de compte à rendre à personne, elle peut faire autant d’erreurs (mauvais choix stratégiques) qu’elle veut, entre autres casser tous les fleurons de l’industrie française, elle trouvera toujours preneur quelque part.

    Mais le pékin lambda, il va se retrouver chez Pôle.

    PS J’aimerais bien savoir ce que pense JM Berniolles de cette affaire d’Hinkley Point.

    • wawa wawa 7 juin 12:30

      « Pendant ce temps les pays s’organisent pour opérer une transition énergétique qui leur permettra à la fois de leur assurer d’une indépendance et d’être le moins polluant possible. »


      C’est bien le problème, les energies intermittentes ne sont ni moins polluante, ni ne permettent pas d’être indépendante, la cause : l’absence de solution de stockage et la perte de rendement des centrale fossile lorsqu’elles suivent les a coup de puissance des ENR.

      La démonstration de l’Allemagne est édifiante : ils crament toujours autant de fossile bien qu’ils ait consacré entre 300 et 400 milliard d’euro (et c’est pas fini) dans la promotion des énergies renouvelables.

      • Trelawney Trelawney 7 juin 13:25

        @wawa
        La production d’électricité produit par des centrales au lignite a baissé de 21% et continue de baisser de 6% par an. C’est aussi tributaire des aléas de l’éolien (augmentation de 2% en 2016 pour compenser l’éolien, année trés peu venteuse).

        Par contre l’Allemagne continue de diminuer sa consommation d’électricité qui est le pays au monde où l’électricité est le plus cher.
        Beaucoup de logements collectifs sont en énergie passive et produisent plus d’électricité qu’ils n’en consomment.
        De plus beaucoup d’allemand installent des panneaux photovoltaïques sur leurs toit. Ils deviennent ainsi les propres producteurs de leur consommation. Avant ils étaient subventionnés, mais maintenant que c’est devenu rentable les subventions ont disparu. Depuis 2000, l’Allemagne a subventionné l’ENR à hauteur de 189 milliards d’euros contre 121 milliards pour la France et avec les résultats que l’on sait tant du coté allemand que du coté français

        la France reste avec le Canada, le plus gros exportateur d’électricité. Car en France les équipements de production sont surdimensionnés

      • mmbbb 7 juin 20:00

        @Trelawney ce qui etonnant pour Fukushima est le totale manque de prevision dans la construction de cette centrale Son implantation n est pas assez en retrait et il est evident que les fureurs de l ocean ont ete sous estimes Par ailleurs si cette centrale avait ete construite sur la cote ouest , elle aurait ete preservee de ce tsunami puisque l onde s est formee au milieu de l ocean pacifique Etre un pays si avance et faire des erreurs si grossieres me laisse perplexe J avais sur Arte une emission sur les reacteurs au thorium, pourquoi cette voie n est pas exploitée ? est ce du flanc ou une passivite intelelctuelle ?


      • Onecinikiou 7 juin 23:41

        @Trelawney


        Voilà de quoi contre-balancer vos affirmations péremptoires nullement sourcées qui émaillent votre article pseudo-scientifique :

        - L’énergie nucléaire est l’énergie la moins mortelle par KWh produit :


        - Le charbon en tant que source de production d’électricité - 40% de la production allemande, votre modèle - est, selon l’UNSCEAR, 5 à 10X plus (selon que la centrale est récente ou non) émetteur radioactif que l’énergie nucléaire (rapport 2016 p.222) : 


        - La production d’électricité à partir de centrale au charbon/lignite, c’est 23.000 morts prématurées en Europe chaque année :


        - Combien de morts déjà à Fukushima directement du fait des radiations ? Zéro :


        - Le coûts d’un mix 100% ENR à 85% intermittent, c’est 10X le coût du renouvellement de notre parc électro-nucléaire :


        - L’arnaque absolue des énergies intermittentes comme remède à nos émissions de CO2 :


        - L’approvisionnement électrique de l’Allemagne menacée dès 2020 du fait de l’essort inconsidéré des énergies intermittentes :


        - Les consommations d’énergie finale ET d’électricité en Allemagne l’année dernière (2017) sont en croissance, nullement en régression comme soutenue de manière fantaisiste :


        - Le système électrique allemand - son mix - émet 8X plus en moyenne chaque année de CO2 par KWh produit que son équivalent Français :


        N’en jetez plus !!

      • Onecinikiou 7 juin 23:48
        C’est pas fini !

        Dernier rapport de la Cour des comptes (avril 2018) : 121 milliards de subventions en soutien aux ENR intermittents en trente ans. Le chiffre est important, mais ce qui est faramineux c’est le peu de production en regard : moins de 5% du total prévu sur la période !


        Cela représente par exemple une subvention de près de 500€ par MWh pour le photovoltaïque… et après on va vous dire que les énergies intermittentes sont compétitives car leur prix ne fait que baisser ? On nage en plein délire !

        La réalité c’est que l’argent - notre argent, celui des Français, consommateurs comme contribuables - est littéralement jeté par les fenêtres pour produire peanuts. 

        Le pire ? Une balance commerciale en la matière chroniquement déficitaire (la Chine nous remercie), une création d’emplois dérisoire, des émissions de CO2 de notre système de production électrique qui augmentent même ces dernières années ! Le fiasco est total. 

        On continue dans la gabegie des énergies intermittentes ??

      • wawa wawa 8 juin 16:02

        @trelaway :


        La production d’electricité a partir du lignite baisse peut etre, (je n’ai même pas pris la peine de verifier) mais les emissions allemandes ne baissent pas (voire augmentent un peu) 

        (et la france ne dispose plus de lignite ou de gaz : elle doit tout importer et la dégradation de la balance commerciale m’importe plus que les émissions)

        Vous pouvez parfaitement baisser votre production d’électricité et sans baisser votre consommation de fossile : il suffit de baisser le rendement. Ce qui est le cas lorsqu’une machine travaille en yoyo (mode transitoire),
        a titre d’exemple une voiture passe facilement de 5l/100km sur route à 10l/100km en ville

        « la France reste avec le Canada, le plus gros exportateur d’électricité. Car en France les équipements de production sont surdimensionnés » => absolument , raison de plus pour ne pas claquer betement des dizaines de milliards de subventions dans les renuvelable juste pour soulager sa bonne conscience, on a déja un appareil surdimensionné à amortir.

      • Onecinikiou 8 juin 19:04

        @wawa


        Encore une approximation de l’auteure : l’Allemagne est depuis deux ans bien plus exportatrice que la France, du fait de sa surproduction à présent chronique d’origine intermittente. 

        Le solde français ne fait lui que se casser la gueule, à mesure que grimpe la production d’intermittents et qu’est baissé - volontairement - le facteur de charge nucléaire, au préjudice de la rentabilité des centrales et donc de leur sécurité. La cause est politique, et derrière idéologique, puisqu’ayant consisté à fixé arbitrairement par la loi à 50% la production future d’origine nucléaire. Tout est très bien expliqué ici :


      • fatallah 9 juin 17:16

        @mmbbb
        centrale construite par les USA ...


      • cassini 7 juin 13:30
        Parler des EPR dont aucun n’aurait démarré le jour même ou il vient d’en démarrer un, c’est ballot. 

        J’ai déjà qualifié Trelawney de romancier, ce qui se confirme. Ses 154 milliards de dettes d’EDF semblent inclure des dépenses productives pour l’avenir. Ce ne sont ainsi pas des dettes, ou alors, plus de détails SVP. 

        Pour comparaison, j’ai mentionné récemment les 121 milliards signalés par la cour des Comptes comme représentant ceci : le montant des sommes déjà payées et des engagements futurs en faveur des éoliennes et photopiles commandées jusqu’en 2017 inclus, vous savez, les paquets d’euros versés aux particuliers qui ont eu le bon esprit de poser du matos chez eux pour vendre le kWh à EDF presque un demi-euro pour les premiers à avoir agi (pour les suivants, tout de même, ça a baissé mais pas au prix du nucléaire). Ces 121 milliards ne subventionnent donc que le déjà fait, c’est-à-dire moins de 3% de notre production électrique totale. Pas cher, ça. 

        La doctrine antinucléaire consiste ainsi à gommer le (grosso modo) trillon d’euros à prévoir pour transition énergétique, tout en se lamentant pour ce qu’il en coûte de continuer à faire tourner un parc nucléaire qui en réalité rapporte avec la valeur annuelle de sa production de 50 milliards en ordre de grandeur, par des centrales remboursées depuis un moment. 

        Je doute que l’opinion française se soit jamais fait manœuvrer plus spectaculairement que par l’idéologie antinucléaire. 






        • Trelawney Trelawney 7 juin 14:58

          @cassini
          Si un réacteur EPR a démarré en Chine (c’est le minimum qu’on attend de lui), aucun n’est encore sur secteur. Il afut attendre pour cela la fin de la période d’essai. Et de toute façon ce réacteur comme celui de Flamanville devra changer de couvercle avant 2024. Donc on verra si ça tient 60 ans. Ca fait quand même beaucoup de questionnements pour un produit qui n’est pas entré en fonction.


          Maintenant vous nous parlez de « dépenses productives ». Vous êtes donc un fonctionnaire qui se croit encore sous le second empire. Dans un entreprise moderne, quand on s’endette on appelle cela « endettement net » et on le fait pour préparer l’avenir ou du moins le rendre possible. Un constructeur automobile s’endettera pour inventer un concept de voiture électrique. Apple pour un nouveau téléphone, Amazon pour construire des entrepots etc.
          Ici EDF s’endette pour gérer le passer soit :
          1 Pour préserver son parc nucléaire car elle n’a pas d’autres moyens de production d’électricité
          2 Pour avancer les fonds pour la construction de 2 EPR anglais car elle doit essayer (mais c’est perdu d’avance) de maintenir à flot une filière déjà mort né.
          3 Financer le démantèlement c’est à dire l’arrêt de ses anciens réacteurs.

          Comme vous m’avez tout l’air d’un fonctionnaire adepte du mélange des genres à savoir : EDF est une entreprise d’état donc à la fin c’est l’état qui paie, je vais vous faire un cours d’économie d’entreprise pour que vous sachiez ce que veut dire « taux d’endettement maximum pour une entreprise » qui se calcul avec la « MBA » (marge brute d’autofinancement).
          La MBA se calcule en additionnant la dotations aux amortissements avec la marge net d’exploitation soit pour EDF 8.5 + 3.3 = 11.8 milliards d’euros. . La taux d’endettement maximum d’une entreprise ne doit jamais sous peine de faillite dépasser 4 fois la MBA soit pour EDF. 48 milliards d’euros et pas 154 milliards d’euros.

          Dans ce contexte, je doute que ce monsieur Levy puisse un jour me donner à moi qui n’est que le permis de conduire pour tout diplôme des court de bonne gestion financière.

          Pour ce qui est de la romance.... continuez à vous bercer d’illusion


        • cassini 7 juin 16:16

          @Trelawney


          EDF n’a pas 154 milliards de dettes, l’enfouissement (pour sa part non provisionnée), le grand carénage et le démantèlement ne sont qu’une fraction de la valeur de la production nucléaire sur la durée de la prolongation des réacteurs, il reste de la marge pour augmenter le prix du kWh nucléaire sans arriver à celui des EnR généralisées avec leur stockage de masse à inventer ( x 3, x 4 ?...), une chose aussi fondamentale que la production d’énergie primaire se gère assurément pour partie avec des idées de fonctionnaires et non avec uniquement un point de vue de gestionnaire libéral, un système de production ne se met pas à la poubelle à la suite de problèmes circonstanciels, et j’admire le dernier chapitre ci-dessus de votre roman. 


        • cassini 7 juin 16:21

          @cassini


          J’oubliais la leçon de gestion que vous nous avez donnée un jour en expliquant que la filière du thorium ne pourrait convenir à la France parce que n’ayant pas de gisements elle devrait acheter le thorium. Quand on sait que l’uranium importé ne représente pas 5% du prix du kWh alors même que sa quasi-totalité n’est pas fissile, tandis que dans le cycle du thorium tout est fissile (les 5% devenant alors 0,0......). Si ce n’est pas un calcul de première force, je n’y entends plus rien. 



        • cassini 7 juin 16:27

          @cassini


          rectificatif à mon commentaire de 16:16  :

          La parenthèse « (pour sa part non provisionnée)  » ne va pas avec « l’enfouissement » mais avec « le démantèlement »

        • nono le simplet nono le simplet 7 juin 16:45

          @cassini

          en gros tu nous expliques qu’EDF garantit ses dettes par ses futurs bénéfices ...
          c’est d’ailleurs ce qui a été tenté mais pas au sujet de la production mais sur les indemnités dues par l’État relatives aux EnR ...

          je me demande comment on rentre ça en compta ... une provision négative ? un « quitus » pour bénéfice futur ?

        • cassini 7 juin 21:26

          @Trelawney


          On verra si ça tient 60 ans

          Non... smiley

        • Onecinikiou 8 juin 00:27

          @Trelawney


          Encore de bien belles contre-vérités dans votre verbiage manichéen...

          Le « grand carénage » ne vise pas à prolonger le parc de 30 à 40 ans, mais à allonger la durée d’exploitation au-delà de 40 et jusqu’à 60 ans inclus. Les centrales ayant originellement une durée de vie de 30 ans, celle-ci serait donc doublée. Comme toutes les centrales aux USA, comme dans d’autres pays d’Europe (GB, Suède...). L’autorisation de prolongation décennale restant de la prérogative de l’ASN, mais c’est un autre sujet.

          Ce grand carénage a été évalué à 55 milliards d’€ par EDF, et jusqu’à 90 milliards d’€ par des experts indépendants. 

          Même en prenant le chiffre de 100 milliards que vous sortez du chapeau, ce chiffre ne veut strictement rien dire si vous ne mettez pas en face sa contre-partie immédiate : 20 ans de prolongation de production au minimum !

          Le parc électro-nucléaire français a produit 410 TWh en moyenne annuelle ces dix dernières années (74% de facteur de charge). 

          Donc 410TWh x 20ans (prolongation) x 42€ (prix MWh sortie de centrale) = 344 milliards d’€ !

          Donc 100 milliards (chiffre le plus défavorable) d’un côté, 344 milliards d’€ de l’autre (là encore le plus défavorable, car le prix du MWh va monter nécessairement dans l’intervalle). 

          Comprenez-vous que l’opération est immédiatement interessante pour le pays, les consommateurs, les contribuables ? Un enfant de cinq ans le comprendrait lui instantanément.

        • cassini 8 juin 00:57

          @nono le simplet


          Je compare l’ordre de grandeur des coûts grand carénage / enfouissement / démantèlement avec le chiffre d’affaire futur cumulé sur ce qui reste à vivre aux centrales grand carénées. Ajoutons la marge potentielle supplémentaire, finalement énorme, pour peu qu’on force modérément le prix du kWh. Je dis modérément vu qu’on restera de la sorte loin du prix EnR + stockage. 

          Rien de plus basique. Pour la technique comptable voyez un comptable ; je n’y entends rien. Evidemment, si on grand-carène et qu’ensuite la démocratie citoyenne ferme les centrales le lendemain, tout mon plan s’effondre smiley


        • nono le simplet nono le simplet 8 juin 06:22
          @cassini
          Rien de plus basique. Pour la technique comptable voyez un comptable

          ton raisonnement c’est la technique « Perette et le pot au lait » ... et comme le lait est entrain de tourner ...

        • cassini 8 juin 09:38

          @nono le simplet


          Je n’ai pas observé que le mouvement antinucléaire empilât les milliards en suivant une méthodologie comptable bien visible. 
          Il semble surtout qu’article après article il multiplie les contorsions pour dissimuler le petit millier de milliards de la transition énergétique. 
          A cet égard deux commentateurs différents on rappelé ci-dessus le beau poisson pêché dernièrement par la cour des Comptes : les 121 milliards d’engagements de l’état jusque vers 2040 au titre d’encouragement aux EnR sur la seule période s’arrêtant en 2017, et recouvrant un % dérisoire du travail de transition. 

        • raymond 2 9 juin 20:12
          @cassini
          Et dans 10 000ans tu viendra faire le liquidateur connard.

        • JC_Lavau JC_Lavau 9 juin 20:14

          @raymond 2. Tiens ? Un raisonnement par insultes ! Quelle surprise dans cette secte si bien élevée !


        • cassini 14 juin 04:23

          @raymond 2


          (à Cassini) Et dans 10 000 ans tu viendras faire le liquidateur connard

           smiley smiley smiley smiley

          J’ai fait l’Ecole des Chartes. Les archives n’ont pas de secret pour moi. Dans celle des connards de la secte antique d’Agogopolis, j’ai trouvé datant de 2014 un nartic atomique dont l’auteur écrit en commentaire que le sable de plage en Méditerranée étant pollué au tritium et au plutonium, un Parisien pour s’être baigné peu avoir un cancer cinq ans après. 
          Je ne manquerai pas de vous communiquer mes prochaines trouvailles. Il n’y a que l’embarras du choix ; je ne publierai que les plus chouettes. 

        • cassini 14 juin 04:25

          @cassini


          Oh j’ai fait une fôte. Il faut lire : « un Parizien peu tavoir un cancère »

        • cassini 14 juin 06:38

          @Raymond 2


          Je constate que vous semblez faire une fixation sur le tritium. 
          Un auteur d’articles atomiques de ce site en fait une aussi. Je lui fournis des éléments sérieux pour le calmer côté tritium, tout en lui demandant pourquoi par ailleurs il acquitte le radon domestique pour les plusieurs % des cancers du poumon qu’on lui impute. Il me répond alors que j’aie à faire attention aux fausses nouvelles illégales... 

          Ça fume, sur Agogo. 


        • nono le simplet nono le simplet 14 juin 07:22

          @cassini

          Je n’ai pas observé que le mouvement antinucléaire empilât les milliards...

          évidemment on parle des comptes d’EDF, tu réponds subventions de l’État envers les EnR ... on parle EPR, tu réponds EnR ...
          par contre je suis bien d’accord pour dire avec toi que les milliards de subventions faits en cadeau aux EnR pour le résultat lamentable que l’on a obtenu en France sont critiquables ... mais ce n’est pas la filière qui est responsable mais l’État ... et aucun parc off shore en France ...
          mais tout change ... les nouveaux projets ne demandent ni subventions ni tarif préférentiel ... une belle économie que Macron ne manquera pas de faire ... enfin, peut être ...

        • nono le simplet nono le simplet 14 juin 07:24
          @cassini
          il acquitte le radon domestique pour les plusieurs % des cancers du poumon qu’on lui impute

          des preuves ? smiley

        • foufouille foufouille 7 juin 16:00
          quelle joie, on pourra payer 2 à 3 fois plus cher pour avoir 12°.
          l’état est déjà pas foutu de lutter contre les logements insalubres .............


          • nono le simplet nono le simplet 7 juin 16:08

            @foufouille

            on pourra payer 2 à 3 fois plus cher pour avoir 12°
            et on ira chercher l’eau au puits pieds nus dans la neige smiley

          • foufouille foufouille 7 juin 16:14

            @nono le simplet
            pauvre connard, c’est la tempéraure qu’on déjà certains locataires de taudis en hiver mais ce sera juste pour tous les sans dents dont tu ne fais pas partie.


          • nono le simplet nono le simplet 7 juin 16:24

            @foufouille

            pauvre connard, c’est la tempéraure qu’on déjà certains locataires de taudis en hiver

            à part l’insulte qui glisse sur mes plumes, c’est donc le nucléaire qui peur sauver les pauvres du froid ? première fois que j’entends cet argument, bravo ! quelle imagination smiley

            ce sera juste pour tous les sans dents dont tu ne fais pas partie.
            encore un jugement de valeur smiley

          • cassini 7 juin 16:31

            @nono le simplet


            c’est donc le nucléaire qui peut sauver les pauvres du froid ? 

            Non, le froid se combat à prix accessible au moyen d’énergie plus chère. 

          • nono le simplet nono le simplet 7 juin 16:51

            @cassini

            le froid se combat à prix accessible
            il existe déjà des baisses de tarif pour les ménages en difficulté ... le TPN remplacé par le chèque énergie depuis peu ...

          • foufouille foufouille 7 juin 17:15

            @nono le simplet

            l’électricité est deux fois plus cher dans les pays « écolo » donc un pauvre et en plus locataire aura des difficulté à se chauffer.
            chose que tu saurais si tu n’étais pas un bourgeois.


          • foufouille foufouille 7 juin 17:16

            @nono le simplet

            on est mort de rire, le chèque représente une petite partie de la consommation.


          • Trelawney Trelawney 7 juin 17:24

            @foufouille
            l’électricité est deux fois plus cher dans les pays « écolo » donc un pauvre et en plus locataire aura des difficulté à se chauffer.

            Comment payez vous l’électricité ? 1 en payant votre consommation à EDF. 2- en payant l’impôt car c’est l’état qui met le complément en finançant les centrales.
            Ne venez pas dire qu’un pauvre ne paie pas d’impôts, car l’impôt sur le revenu ne représente que 25% du budget de l’état. Le pauvre comme le riche contribue à la même hauteur pour les 75% restant.
            Si demain EDF se retrouve a augmenter l’électricité et qu’une société allemande peut vous fournir à moins cher car ENR amortie, vous irez vous chauffer avec du courant allemand et tant pis pour EDF. Ne pensez pas une seconde qu’EDF possède un monopole de production

          • nono le simplet nono le simplet 7 juin 17:29
            @foufouille
            chose que tu saurais si tu n’étais pas un bourgeois.
            sois gentil, arrête de dire des bêtises smiley tu parles de ce que tu ne connais pas ... tu vois derrière chaque « écolo » un bobo roulant en 4x4 parce que c’est l’image qui t’arrange et qui te conforte dans tes idées sectaires ... je suis à des années lumières de l’image que tu te fais de moi ... mais bon, si ça t’arrange de me voir comme ça pour me haïr à souhait ...

          • pemile pemile 7 juin 17:37

            @nono le simplet « je suis à des années lumières de l’image que tu te fais de moi »

            Menteur, t’as juste enlevé le logo Rolls Royce de ta brouette ! smiley


          • nono le simplet nono le simplet 7 juin 17:47
            @pemile
            Menteur, t’as juste enlevé le logo Rolls Royce de ta brouette !

            j’ai même eu une chaudière Lamborghini autrefois smiley

          • foufouille foufouille 7 juin 18:00

            @nono le simplet

            comme pemile ou sampiero, tu ne sais pas le prix du kilo de café, penses que tout le monde peut manger bio et que le chauffage est pas cher. mon chèque énergie était de 140€, très très loin de ma conso annuelle. je suis évidement locataire.
            donc, tu ressembles fortement à un bourgeois déconnecté des réalités du sans dents.

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