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Accueil du site > Tribune Libre > Elections en Italie : pour ceux qui auraient manqué un épisode

Elections en Italie : pour ceux qui auraient manqué un épisode

Quand Berlusconi est considéré comme « modéré », c’est que ça sent le roussi !

Une fois de plus, le résultat peu concluant des élections législatives et sénatoriales en Italie va se traduire par de longues semaines de marchandage politique avant qu'un gouvernement puisse être formé. Ce n'est pas une spécialité italienne (qui a connu 65 gouvernements depuis 1946), puisque l’Allemagne sort tout juste d’un « imbroglio » aussi lassant qu’inutile. Mais pour ce qui est de l’Italie, le seul résultat clair, c’est que le « centre » s’est effondré pour faire place à des formations que les virtuoses de l’euphémisme baptisent de « populistes », ce qui permet de mettre dans le même sac tous ceux parmi les démagogues qui ne sont pas téléguidés par Bruxelles, le Vatican ou Wall-Sreet.

Les deux partis qui ont engrangé les meilleurs scores, la Ligue du Nord et le Mouvement des cinq étoiles (M5S), affirment qu’ils veulent nettoyer les écuries d’Augias. Les deux veulent annuler les réformes des retraites et du droit du travail, remettre en cause les règles budgétaires de l'UE, lancer des politiques commerciales plus protectionnistes et établir de meilleures relations avec la Russie. A des degrés différents les deux sont anti-UE et ont soutenu la récente campagne européenne contre les vaccinations obligatoires.

Le centre-gauche de Matteo Renzi, le parti du Parti démocrate (PD) et le centre-droit de Silvio Berlusconi, Forza Italia, ont obtenu des résultats bien en-dessous des prévisions. La consultation électorale a été particulièrement calamiteuse pour le jeune premier Renzi qui, il y a quatre ans, était présenté par ses sponsors comme l’homme providentiel qui allait moderniser et assainir la vie politique du pays.

Pour autant, il ne faudrait pas croire que les choses soient faites et que le paysage politique italien se trouve bouleversé. La rhétorique « eurosceptique », « anti-establishment », « conspiratrionniste » de la Ligue et du M5S est depuis longtemps le répertoire préféré du parrain Berlusconi. Le magnat des médias refait à neuf et customisé a remporté trois élections en s’attaquant à l’immigration, à l'UE, à "l'establishment de gauche" (comme le leader de la Ligue Matteo Salvini) et la "finance internationale" (cible régulière du fondateur de M5S Beppe Grillo).

Depuis plus de 25 ans, Le parrain Silvio se présente comme un non-politicien, une exception parmi l'élite corrompue et déconnectée de la vraie vie, comme le dirigeant du parti de ce qu'il appelle les « hommes d'affaires », les entrepreneurs. Avant les élections de 1994, il avait déjà défini son mouvement comme étant « hors du système politique » (ni de droite ni de gauche, si ça vous dit quelque chose), et il avait présenté presque exclusivement des candidats novices, une stratégie reprise par M5S (et peut-être quelques autres sous d’autres cieux)..

Même les multiples scandales sexuels dont il est le « héros » et 20 procès concernant des accusations allant de la fausse comptabilité à la corruption de juges ont été utilisés par Berlusconi comme preuves de ses antécédents « anti-establishment » : tout cela ne ferait que démontrer que le système judiciaire est à ses trousses. Une de ses propositions, la promesse d’une réforme de la magistrature est très populaire auprès des électeurs lassés d’un système juridique terriblement lent.

La tactique de Berlusconi est de rejeter la responsabilité des malheurs de l'Italie sur de sombres forces extérieures : la presse étrangère, les banques étrangères, le pouvoir économique allemand. Son colossal empire médiatique lui a servi à la fois d’amplificateur et de diffuseur. Au cours de la crise financière de 2011, qui a entraîné une quasi-faillite de l’état et la démission de l’intéressé, Berlusconi, a prétendu que les mesures d'austérité qui résultaient de sa propre gestion étaient le résultat d'une conspiration internationale contre lui.

M5S qui a créé des sites internet et des comptes de réseaux sociaux qui s’en prennent aux médias traditionnels, n’a eu qu’à récolter les fruits de ce qu’avait semé Il Cavaliere ("Le Chevalier" , le surnom donné à Berlusconi par la presse italienne). Il en va de même pour la Ligue qui a fait son fond de commerce des questions liées à l'immigration.

En fait, les relations de Berlusconi avec la « droite dure » italienne remontent loin. Au fil des années, il a conclu plusieurs pactes avec la Ligue du Nord, et a parfois tenté de courtiser sa base électorale. On sait que l'ancien dirigeant de la Ligue, Umberto Bossi, avait ordonné à la marine de tirer sur des bateaux transportant des immigrants quand il était ministre dans le cabinet Berlusconi en 2003. En 2010, Berlusconi a déclaré que les immigrés clandestins n'étaient pas les bienvenus en Italie (« tout en faisant une exception pour les belles filles" pour rester dans la tonalité de goujat qui l’a rendu célèbre).

Berlusconi a commencé à se réconcilier avec l'idée d'une communauté européenne quelques semaines avant l'introduction de l'euro en 2002. Quand la monnaie unique est arrivée, les entreprises italiennes en ont profité de pour doubler la plupart de leurs tarifs, et Berlusconi a refusé d’imposer un contrôle des prix. Sa base électorale en a été satisfaite, même si le pouvoir d’achat des ¾ de la population a diminué brutalement. Le résultat a été un effondrement spectaculaire de la demande des consommateurs. Qu’à cela ne tienne : en 2005, le même Berlusconi attribuait l'état économique désastreux de l'Italie à la monnaie unique, en disant que l'euro avait "baisé tout le monde".

L’incurie économique de Berlusconi, et la crise de 15 ans qui s’en est suivie ont alimenté une profonde source de colère à laquelle puisent sans modération tous les tribuns. Son second mandat en tant que Premier ministre, de 2001 à 2006, aurait pu être l’occasion pour lui de remodeler l'industrie italienne en difficulté face à la concurrence chinoise. Il disposait de la majorité à un moment où l'économie mondiale se portait bien. Il aurait pu faire toutes les réformes nécessaires, mais il ne l'a pas fait. Il était trop occupé à s'occuper de ses propres intérêts.

Il est donc particulièrement savoureux de constater qu’à la veille des élections de dimanche dernier, les modérés politiques en Italie et les eurocrates à Bruxelles ont commencé à considérer que le milliardaire octogénaire était un « modéré » qui pourrait sauver l'Italie des « populistes ». Les stratèges semblent compter leurs munitions, et ça commence à se voir.

 


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55 réactions à cet article    


  • bob14 bob14 7 mars 09:14

    Berlusconi « modéré »..le clown Italien le retour... smiley


    • baldis30 7 mars 12:35

      @bob14
      bonjour,

      modérément modéré le berlussolini .... n’oubliez pas qu’un clown peut être triste !

      Ses mouvements de tête ne sont pas sans me rappeler un personnage que l’on voit apparaître furtivement dans un film de Charlie Chaplin consacré à un dictateur .... ( je ne me souviens pas .. consacré à un ou à deux dictateurs ... ma mémoire ... )


    • Alren Alren 7 mars 12:42

      @bob14

      Merkel, Macron, les non-élus de l’UE sont unanimes : plutôt Hitler que le front populaire, pardon plutôt Berlusconi que le mouvement 5 étoiles.


    • V_Parlier V_Parlier 7 mars 14:08

      @bob14
      Berlusconi pas beau ? M5S pas beau ? Pourquoi les certifiés corrects n’ont-ils pas tenu compte des attentes euro-sceptiques, protectionnistes et pas tellement immigrationnistes du peuple ? Dans tous les pays on nous chante la même chanson une fois le fait accompli. Et bien chantez...


    • gogoRat gogoRat 7 mars 16:13

       France - Italie : même motif, même punition !
       
       Là où seuls quelques hyper-riches et les fonctionnaires-statufiés-à-vie ont des chances de pouvoir envisager un avenir, là où le veaute est ainsi acheté
       (il suffit souvent d’un tout petit pourcentage de la population pour faire basculer le résultat des scrutins, ... et on n’irait pas chicaner jusqu’à examiner d’où proviennent les cautionnement de stratagèmes légitimation abusifs )
       
       ... le dégagisme qui ne pouvait que finir par entrer en ébullition se voit nommer ’populisme’ ! 
       
       ( Comme ignominie, dans un gouvernement du peuple, par le peuple, et pour le peuple, que de laisser entendre des voix venant du populos !)
       
       Mais au fait, c’est censé être quoi le principe de ces ’votes’ ?
       Comme pour les NON populaires au Grand Machin Européens : on reveaute jusqu’à ce que les rien remplissent les urnes avec la le bulletin décidé par leurs ’incarneurs’ ?
       Et si jamais cela ne se produit toujours pas, on s’en fout : on fait comme si le ’bon’ vote s’était produit, et on envoie à la poubelle tous ceux qui auraient l’outrecuidance de ne pas oublier l’incident ?


    • gogoRat gogoRat 7 mars 16:21

      sorry pour les erreurs de tape :
       stratagèmes de légitimation 
       ’ Quelle ignominie ..’


    • Diogène Diogène 7 mars 09:46

      Comment Berlusconi comprend l’histoire :


      1. « Mussolini n’a jamais tué personne. Mussolini a envoyé des gens en vacances en exil »


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 8 mars 06:59

        @Diogène
        Il n’empêche que Berlusconi a refusé d’appliquer les réformes de Bruxelles en 2011, ce qu’aucun Président français n’a fait, il a été viré et remplacé par Mario Monti venu tout droit de chez Goldman Sachs...


      • Cateaufoncel 7 mars 11:11

        "La rhétorique « eurosceptique », « anti-establishment », « conspiratrionniste » de la Ligue et du M5S est depuis longtemps le répertoire préféré du parrain Berlusconi."

        A telle enseigne, que s’il l’avait emporté sur Salvini, Berlusconi aurait désigné, pour le poste de premier ministre, Antonio Tajani, commissaire européen et vice-président de la Commission européenne de 2008 à 2014, et actuel président de l’Assemblée européenne.

        On a connu plus teigneux comme eurosceptique smiley


        • Diogène Diogène 7 mars 11:13

          @Cateaufoncel


          « s’il l’avait emporté sur Salvini... »
          si ma tante en avait...

        • Cateaufoncel 7 mars 11:52

          @Diogène

          « Durante la campagna elettorale delle elezioni politiche italiane del 2018 viene indicato più volte dal leader di Forza Italia, Silvio Berlusconi, come possibile candidato alla presidenza del Consiglio dei ministri. Il 1º marzo accetta pubblicamente la designazione offertagli del partito. » (Wikipedia)

           


        • baldis30 7 mars 12:38

          @Cateaufoncel
          candidato ... si !.... scelto ...... ???


        • Cateaufoncel 7 mars 13:02

          @baldis30

          « scelto ...... ??? »

          C’est difficile à dire... Surtout si on songe au précédent Monti...

          Cela dit, compte tenu de l’euroscepticisme des Italiens, la désignation de Tajani comme futur président du Conseil des ministres, est à mon avis l’un des facteurs qui ont contribué au recul de Forza Italia


        • Emohtaryp Emohtaryp 7 mars 13:20

          @Cateaufoncel

          On a connu plus teigneux comme eurosceptique

          Oui, ils voudraient eux aussi « changer les traités », genre une « autre Europe » mais pas question d’en sortir....Bref, toujours le même enfumage, on a les mêmes en France, haro sur l’ue/euro mais personne ne propose une sortie, mis à part FA....

        • Cateaufoncel 7 mars 13:54

          @Emohtaryp

          «  mais personne ne propose une sortie, mis à part FA.... »

          Et il végète à moins de 1 % des suffrages ? Pourquoi ? Parce qu’il est impuissant contre la peur que les européistes ont inoculé aux peuples en leur annonçant des pertes de pouvoir d’achat et l’érosion de leur patrimoine.

          Parler de sortir de l’UE et de l’euro est donc une erreur stratégique qui mène au fond d’une impasse. Erreur d’autant plus grande que les craintes soulevées pas le succès des « populistes » montrent que la possibilité existe de gripper la machine de l’intérieur, ce qui est toujours mieux que d’observer et de dénoncer sans influencer quoi que ce soit. Ce qui est le lot d’Asselineau


        • Emohtaryp Emohtaryp 7 mars 17:09

          @Cateaufoncel

          Parler de sortir de l’UE et de l’euro est donc une erreur stratégique qui mène au fond d’une impasse.

          Pas du tout, il faut juste le courage de dire clairement les choses sans louvoyer, c’est peut-être pas payant dans un premier temps, mais ça le saura le moment opportun....( par ex : en cas de nouveau crack financier qui plane au dessus de nos têtes, ou encore dans une instabilité politique qui frappera forcément à la porte tôt ou tard...)
          Au moins, il n’avance pas masqué comme certains enfumeurs patentés, l’honnêteté finit toujours par payer, il faut juste être patient et opiniâtre...Ce n’est pas le chemin le plus facile, j’en conviens, mais il a au moins le mérite d’être clair et c’est ce que beaucoup de monde apprécient avant tout...

        • Cateaufoncel 7 mars 17:47

          @Emohtaryp

          « ...c’est peut-être pas payant dans un premier temps, mais ça le saura le moment opportun... »

          Peut-être, mais je suis trop cynique (lucide ?) pour y croire.

          « ...l’honnêteté finit toujours par payer... »

          Peut-être, mais je suis trop lucide (cynique ?) pour y croire


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 7 mars 20:13

          @Cateaufoncel
          C’est sûr qu’on ne peut guère compter ni sur les médias, ni sur la classe politique pour reprendre les analyses et les informations données par Asselineau...

          Il n’y a pourtant pas d’autre voie que la sortie légale et pacifique de l’ UE et de l’ euro.

          Les pays qui ne le feront pas vont s’enfoncer dans un marasme politique et social, avec des conflits où les pauvres se battront entre eux, et avec les migrants qui ne cessent d’arriver en Italie...


        • Cateaufoncel 7 mars 20:30

          @Fifi Brind_acier

          « ...les analyses et les informations données par Asselineau... »

          C’est gnangnan et casse-pieds.


        • Cateaufoncel 7 mars 21:57

          @Fifi Brind_acier

          Un article à lire absolument si vous n’avez pas peur ce comprendre à quel point Asselineau est largué dans la partie qui se joue actuellement, avec son article 50 sinon rien.

          Populistes partout, Europe nulle part


        • Emohtaryp Emohtaryp 7 mars 21:58

          @Fifi Brind_acier


          S’il n’est pas question de sortir des instances européennes, le chef de file de l’ancienne Ligue du Nord déclarait, le 22 février dernier : « Après les élections, j’irai à Bruxelles pour demander à mes collègues chefs de gouvernement de réécrire les traités. » Nous parlons bien d’un homme prêt à exercer le pouvoir et non d’un agitateur d’idées. À l’Élysée, on se refuse à voir la situation sous cet angle et l’on considère que Matteo Salvini a quand même mis de l’eau dans son vin.

           smiley

           
          On a eu la Tsiprasition de la Grèce, voilà maintenant la Salvinition de l’Italie qui pointe à l’horizon, avec un système bancaire en perdition, cette bande de « futurs guignols avec Bunga bunga 2.0 » n’auront d’autres choix que de baisser le pantalon fissa devant le tribunal inquisitoire de la troïka.
          Un nouveau « story telling » à l’Italienne est en cours de gestation, pour la « dolce vita », on verra plus tard...
          Et dans moins de deux ans, on entendra dans les rues de Rome les électeurs mécontents crier « Vafenculo Matteo ! ».....

        • Cateaufoncel 7 mars 22:28

          @Emohtaryp

          «  Après les élections, j’irai à Bruxelles pour demander à mes collègues chefs de gouvernement de réécrire les traités. »

          La citation vient du Point, il vaut la peine de rapporter le suite de l’article :

          Le projet économique de Salvini est bel et bien la sortie de l’euro et un retour à l’Union d’avant le traité de Maastricht. Une « sortie ordonnée », dit-il, avec quelques alliés comme l’Autriche de Sebastian Kurz considérant que l’euro fut une « erreur ». « La monnaie unique n’est pas un dogme. Elle n’est pas une Bible, elle n’est pas irréformable, elle n’est pas irréversible », ajoutait-il le 22 février.

          Chez Salvini, l’europhobie n’est pas nouvelle. Toutes ses déclarations vont dans le même sens depuis plusieurs années. En décembre 2013, tout juste élu à la tête de l’ex-Ligue du Nord, il lançait : « Nous en avons ras le bol que Bruxelles nous dise comment vivre, c’est un goulag. »

          Mais de toute façon, compte tenu de la répartition des sièges, le plus probable est un retour aux urnes, avant la fin de l’année. Et peut-être même avant l’été.

          Et pendant ce temps, Asselineau regarde sans rien (pouvoir) faire...


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 8 mars 07:02

          @Cateaufoncel
          Les Partis Politiques qui font croire à leurs électeurs qu’ils changeront les Traités, ou feront un referendum, puis arrivés au pouvoir font tout autre chose sont légion.
          Mais je croyez pas que les électeurs soient dupes... !
          Ces Partis perdent ensuite leurs adhérents et leurs électeurs.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 8 mars 07:10

          @Cateaufoncel
          Il mélange tout pour créer la confusion, ou bien il est idiot.

          On ne peut pas sortir de l’ euro, il n’y a pas de clause de sortie.
          Il faut d’abord sortir de l’ UE par l’article 50.


          Pourquoi a-t-il besoin d’alliés ? Pour sortir de l’ UE, il suffit comme en GB que la majorité des Italiens soient d’accord. Montrez- nous le programme où Salvini a écrit qu’il va sortir de l’ UE & de l’euro par l"article 50 !

          Ils vous enfument encore et vous en redemandez !

        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 8 mars 07:34

          @Cateaufoncel
          Votre article vient d’un des journaux les plus anti Frexit qui soient, Libération !
          Le discours est toujours le même, pour sauver l’ Europe et dissuader les Français d’en sortir, ils les traitent de « populistes », c’est à dire de fachos, comme d’habitude ! Rien de nouveau.

          Les Italiens vont se faire syrizer, comme les Grecs.


        • rogal 8 mars 10:26

          @Emohtaryp
          Erratum : F.A. et F.P.


        • Emohtaryp Emohtaryp 8 mars 12:23

          @Cateaufoncel

           si vous n’avez pas peur ce comprendre à quel point Asselineau est largué dans la partie qui se joue actuellement, avec son article 50 sinon rien.

          L’article 50 est la seule et unique porte de sortie, maintenant si vous voulez sortir par la fenêtre, libre à vous, mais il y a trop d’étages pour pouvoir sauter et arriver indemne......

        • Cateaufoncel 8 mars 13:10

          @Fifi Brind_acier + Emorhatyp

          « Ils vous enfument encore et vous en redemandez ! »

          Vous êtes complètement à côté de la plaque. D’abord, les Italiens ont peur de sortir de l’U.E. et de l’euro, parce que, comme partout ailleurs, on leur répète que leur pouvoir d’achat sera réduit, et que leur patrimoine sera amoindri. A partir de là, inscrire la sortie dans son programme, c’est faire de l’Asselineau et s’enfermer dans l’impasse dont j’ai déjà parlé.

          Mais comme Salvini est bien obligé d’offrir quelque chose de concret, il dit « Après les élections, j’irai à Bruxelles pour demander à mes collègues chefs de gouvernement de réécrire les traités. » C’est de la forfanterie. A ce moment-là, il ne sait pas si la coalition à laquelle il appartient, remportera les élections, il ne sait pas qui de lui ou de Berlusconi arrivera en tête et il ne sait pas si un gouvernement Salvini ou Tajani, eurocrate de la plus belle eau, lui, aura les sièges nécessaires à l’obtention de la confiance à la Chambre et au Sénat. Or, ces sièges, la coalition de droite est loin de les avoir.

          Forfanterie mise à part, la formulation est des plus prudentes : « ...pour demander à mes collègues chefs de gouvernement de réécrire les traités » Se fait-il des illusions sur l’aboutissement de sa démarche, je ne le pense pas, il sait très bien que les Allemands mettront les pieds au mur.

          Mais l’important est ailleurs, tout ailleurs. Il est dans l’analyse de Duhamel. Peu importe qu’il publie dans Libération ou ans Valeurs actuelles, ce qui compte, c’est ce qu’il écrit :

          « Depuis 2005, les antieuropéens ne cessent de progresser sur le continent, et l’UE n’est plus guère une force de proposition politique.  « Après le vote des Italiens, les choses sont plus claires que jamais : l’Europe affronte la crise la plus grave de son histoire. Elle devient le champ clos d’une bataille inexpiable entre réformistes et populistes, entre partisans et adversaires de l’Union. »

          Or, dans cette bataille, Asselineau n’est rien, il n’existe pas et c’est logique, puisqu’il n’ose pas prendre position sur la question migratoire – une des armes de destruction massive des eurosceptiques -, par peur de perdre du peu de ses électeurs.

          Alors, il continue de pédaler dans sa choucroute, l’œil sur les nouvelles adhésions, en calculant, par projection, dans combien de décennies ou de siècles, 50 % des Françaises et des Français + 1, seront inscrits à l’UPR…

          Asselineau, pour conclure, me remet en mémoire une citation fameuse de De Gaulle, où il n’y a que trois mots à remplacer pour l’appliquer à votre leader charismatique : « …il faut prendre les choses comme elles sont. Car on ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant «  50 ! » « 50 ! » « 50 ! »... mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien ». 

          Cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien ! Peut-être le comprendrez-vous un jour…


        • Emohtaryp Emohtaryp 8 mars 13:48

          @Cateaufoncel

          Asselineau n’est rien, il n’existe pas et c’est logique, 

          Logique, oui, par le fait qu’il n’est jamais invité nulle part à débattre, censuré , blacklisté, insulté, diffamé à contrario de papy Lepen qui a encore son rond de serviette dans les merdias malgré ses multiples condamnations et ses déclarations douteuses.....
          FA est donc si dangereux que ça pour l’establishment ?? vous allez nier cette réalité ? ce qui prouve de facto la pertinence de ses idées avec + de 30 000 adhérents en progression constante....

        • foufouille foufouille 8 mars 15:08

          @Emohtaryp
          «  + de 30 000 adhérents en progression constante.... » = en comptant surtout une adhésion à vie.
          + des vidéos regarder en boucle par ses adorateurs, la prière le matin devant le poster géant du visage de dieu .............


        • Cateaufoncel 8 mars 15:35

          @Emohtaryp

          « Logique, oui, par le fait qu’il n’est jamais invité nulle part à débattre, censuré , blacklisté, insulté, diffamé »

          Quand on se targue d’être le parti politique de France, dont le site est le plus consulté, et qu’on ne fait que 332’547 voix, correspondant à 0.7 % des inscrits et 0.92 % des votants, cela devrait vous préoccuper beaucoup plus que le manque d’invitations à des débats, dont je ne suis pas sûr qu’ils serviraient Asselineau.

          Son style, c’est la conférence avec de longues explications et des développements détaillés. Le débat, c’est le domaine du « Ce que vous dites est faux, et vous le savez très bien ! », auquel on n’a pas le temps de répliquer par une démonstration et des preuves. Or, les longues explications et les développements, c’est précisément ce que fait Asselineau sur Internet, avec les médiocres résultats électoraux que l’on sait.

          Cela signifie clairement que ses idées ne passent pas. Et c’est d’autant plus inquiétant – pour lui et ses supporters -, que les visiteurs du site sont des gens qui viennent librement et volontairement pour écouter Asselineau, mais qu’il ne parvient pas à convaincre au point de voter UPR

          «  …à contrario de papy Lepen qui a encore son rond de serviette dans les merdias malgré ses multiples condamnations et ses déclarations douteuses..... »

          Le Pen a marqué l’histoire politique de la France pendant plus de 60 ans, le premier tome de ses mémoires, s’est arraché, et les « déclarations douteuses », c’est peut-être une partie de ce qui a manqué à Asselineau, qui serait bien incapable, le pauvre, de faire le buzz en quelque domaine que ce soit. Puisque les médias ne parlent pas assez de lui, ce serait à lui de faire ce qu’il faut pour que les médias parlent de lui, mais sans se faire passer pour un excentrique ou un énergumène. Je suis conscient que ce n’est pas facile

          « FA est donc si dangereux que ça pour l’establishment ?? vous allez nier cette réalité ? »

          Complètement, mais si ça vous rassure de le croire… N’importe quel bouffon peut exciper de sa dangerosité pour « justifier » son invisibilité, ou son peu de visibilité médiatique. Et l’absence de percée par le web reste une réalité.

          « …ce qui prouve de facto la pertinence de ses idées avec + de 30 000 adhérents en progression constante.... »

          Je me suis toujours demandé si ce nombre est celui des militants actifs ou celui des adhérents depuis 2007. Et je continue… Inutile de répondre, que c’est le nombre des militants actifs, je n’ai aucun moyen de le vérifier.


        • damocles damocles 7 mars 13:31

          Vous designez le parti de Salvini comme « LIGUE DU NORD » , mais ce parti a changé de nom et s’appelle « LA LEGA » tout court !

          Ce changement semantique n’est pas anodin ,car la « lega del nord » de Umberto BOSSI etait secessioniste et voulait separer la « Paduanie » du « sud faineant » et de « Rome la voleuse »...

           Aujourd’hui la Lega est devenue un parti national qui pretend à diriger l’ Italie

          • Cateaufoncel 7 mars 15:20

            @damocles

            « Aujourd’hui la Lega est devenue un parti national qui pretend à diriger l’ Italie.
             »

            Il y a encore du boulot. Je viens de survoler les résultats sur le site du ministère de l’Intérieur, les moins mauvais scores au sud de Rome - là où le M5S dépasse les 40 % -, c’est du 6 % et des poussières en Basilicate et dans les Pouilles.

            Maintenant, l’avenir du M5S, s’il va au gouvernement, sera conditionné par sa capacité à mettre en oeuvre, ou non, sa promesse de revenu de subsistance, qui devrait permettre à tous les Italiens d’avoir un revenu égal au seuil de pauvreté, c’est-à-dire de 780 euros par mois. S’il se plantait sur cette promesse-là, où tout le sud l’attend, il serait cramé.

            La dépense estimée est de 15 à 16 milliards d’euros, mais des économistes affirment qu’elle est sous-estimée, tandis que d’autres déclarent que son financement repose sur des bases économiques évanescentes et peu solides.


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 8 mars 07:15

            @Cateaufoncel
            5 étoiles fera ce que demande Bruxelles : des économies budgétaires !

            Peut-être qu’à force de se faire syriser par les promesses des Partis leurres et menteurs, les électeurs finiront par comprendre qu’il est interdit en Europe de faire des programmes de politique intérieure nationale.

            On ne peut faire que des politiques européennes !


          • BA 7 mars 13:36

            Italie : Berlusconi prêt à aider la Ligue à former un gouvernement.


            L’ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi (Forza Italia) déclare aujourd’hui dans une interview soutenir les efforts du chef de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini, pour former le prochain gouvernement.


            "Dans le respect total de nos accords, nous soutiendrons loyalement les efforts de Matteo Salvini pour former un gouvernement", a déclaré Silvio Berlusconi dans une interview au Corriere della Sera.

            "Pour ma part, en tant que chef de FI (Forza Italia), je suis là pour le soutenir, pour garantir la solidité de la coalition, et pour tenir nos engagements auprès des électeurs", ajoute-t-il.


            Si le bloc de droite/extrême droite est arrivé en tête aux législatives de dimanche, avec 37,09%, la surprise est venue du parti de Matteo Salvini. Au sein du bloc, c’est la Ligue qui a fait le meilleur score, avec 18%, devant Forza Italia (14%). Le reste se partage entre Frères d’Italie et le petit parti Noi Con l’Italia (UDC).


            Prié hier de dire s’il était disposé à laisser émerger une candidature plus rassembleuse que la sienne pour la présidence du Conseil, Matteo Salvini a répondu « non ».


            Il avait déjà estimé lundi "avoir le droit de gouverner l’Italie".


            https://www.lesechos.fr/medias/2018/03/05/2158508_en-se-livrant-aux-populistes-litalie-entre-dans-une-longue-periode-dinstabilite-web-0301379400789.jpg




            • steklo steklo 7 mars 14:12

              Je vous rappelle que Berlusconi est à 14%, bien loin de Renzi, les fachos et le parti 5 étoiles, donc à la rue. Inutile de lui faire plus de publicité


              • damocles damocles 7 mars 16:29

                @steklo

                Berlusconi à 14% mais le Parti Democrate de Renzi ne fait que 18,7 % talonné par La Lega de Salvini 17,9 %

                Quand au Mouvement 5 Stelle il est bien loin devant avec 32,7 %

              • zygzornifle zygzornifle 7 mars 14:58

                il a eut la berlue sconi .....


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 7 mars 20:19

                  Les deux partis qui ont engrangé les meilleurs scores, la Ligue du Nord et le Mouvement des cinq étoiles (M5S), affirment qu’ils veulent nettoyer les écuries d’Augias. Les deux veulent annuler les réformes des retraites et du droit du travail, remettre en cause les règles budgétaires de l’UE, lancer des politiques commerciales plus protectionnistes et établir de meilleures relations avec la Russie.

                  Les illusions qu’on peut changer les Traités et faire autre chose, sont tenaces...
                  L’auteur est un doux rêveur, ils ne feront rien du tout.
                  Il est interdit de faire des politiques intérieures nationales.
                  Sans sortie de l’ UE, ils feront ce que la Commission européenne a décidé.


                  Sinon, comme en Grèce, la BCE fermera le robinet bancaire ... !

                  • Emohtaryp Emohtaryp 7 mars 22:12

                    @Fifi Brind_acier

                    M Salvini,

                    « Après les élections, j’irai à Bruxelles pour demander à mes collègues chefs de gouvernement de réécrire les traités. »

                    Ben voilà, on va voir ce qu’on va voir !! (enfin, c’est tout vu déjà, je pense....)
                    Jean Luc va t-il en prendre de la graine ?
                    Rien n’est moins sûr...

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