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En attendant le débat...

Et voilà, la campagne électorale part en couille. Il n’y a pas d’autres mots. La bataille de l’image au sein des médias est violente.

D’abord, les attaques contre Ségolène qui, il faut bien le dire, à force de ne rien proposer et de parfois se contredire, prête le flanc aux attaques faciles.

Car Ségolène se balladurise et se raffarinise.
Comme Edouard Balladur, elle pêche à la même période d’un excès de confiance. Elle refuse le débat et comme Balladur, elle est coupée d’une partie de son parti. Cet excès de confiance, elle l’a montré. Trop montré, et elle est ainsi devenue désinvolte en disant, en décembre, que de toute façon, quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle dise, tout lui réussit. Au plus haut des sondages, la confiance engrangée dans la primaire du PS devient finalement un désavantage, comme si le but était de remporter cette primaire et non l’élection présidentielle.

Comme Balladur, elle doit affronter un ami de trente ans ; différence de taille cependant, elle n’est pas l’amie de François Hollande mais sa compagne, ou lui son compagnon, et ils ne se sont pas trahis. Mais cela fait désordre, ce François Hollande chef du PS qui a tout reconstruit et qui se fait voler la vedette parce que c’est une femme, alors qu’il travaille d’arrache-pied depuis 1995 pour faire du PS un parti de gouvernement, et donc devenir le candidat naturel du PS.

Elle se raffarinise ensuite avec, nous l’avons tous en mémoire, l’expression les gens qu’elle a récemment remplacée par les Français (il était temps). Ces gens un peu "France d’en bas", venant d’une énarque de gauche qui paye l’ISF, ça fait un peu condescendant. Ensuite, il y a cet épisode de bravitude, tout comme dans la positive attitude, il y a beaucoup de creux, le creux que l’on retrouve sur la vraie bourde de sa campagne concernant le délai beaucoup plus rapide qu’en France de traitement des affaires par les tribunaux chinois, ça c’est de la bourde, de la bonne.

Enfin, elle veut se placer au coeur du rôle de la présidence en traitant les affaires internationales, ce qui est d’importance dans notre monde. Mais là aussi beaucoup de maladresses. Il y avait eu avant la Chine le Liban, et cela se conclut avec le Canada. De bourde, on pourrait dire qu’il n’y en a pas. Sauf que... regardons d’un peu plus près, et souvenons-nous que de Gaulle, cette gaffe, il l’avait faite. Justement, cette gaffe est connue, pourquoi la refaire ? Je n’ai pas la réponse.

Il faut reconnaître aux équipes de l’UMP une efficacité supérieure à celle des équipes de Fabius et de DSK pour utiliser la moindre faille et pilonner sans cesse de manière insidieuse la candidate socialiste. Alors que les socialistes sortent des rapports sur le bilan de l’inquiétante rupture tranquille de M. Sarkozy, les troupes umpistes font circuler une rumeur fausse sur une SCI qui aurait permis à M. Hollande et à Mme Royal d’échapper à l’ISF. Le démenti a été fulgurant et convaincant de la part du couple corrézo-poitevin, ils payent l’ISF et pour un montant de 830 euros et des bananes. Mais contre-choc, ils payent de l’ISF, rappelons-nous aussi qu’ils se sont rencontrés à l’ENA (je suppose). Bref, pour des gens proches des gens, ils ne font pas la différence dans la proximité.

Et Sarkozy, lui, n’attaque pas ; MAM, Pécresse, Devedjian, tous attaquent. Sarkozy attend son heure, alors que Royal doit se séparer d’Arnaud Montebourg pour humour déplacé, puis après avoir soutenu Frêche, juste avant la bourde Montebourg, s’est prononcée quatre jours plus tard pour son exclusion du PS (ça navigue à vue).

Mais voilà que l’autre erreur fatale vient de Hollande, qui en portant plainte pour calomnie, prête toute l’attention qu’il ne faut pas à cette affaire en amenant la politique devant les tribunaux : tout cela s’américanise.

Autre erreur, l’attaque contre Sarkozy sur l’enquête des RG. Cette attaque précipitée par le PS montre à quel point le camp Royal est fébrile. Car une attaque trop vite menée déclenche une réponse rapide du ministre de l’Intérieur, qui dément avoir donné un quelconque ordre, et une mise au point des RG sur ce dérapage.

L’attaque glisse sur Nicolas, alors que Royal glisse ou stagne dans les sondages.

L’UMP encore, qui manipule habilement l’information que l’on peut lire dans Le Monde sous le titre : "L’UMP offre le gîte électoral aux élus dissidents de l’UDF".

Dans cet article, le journaliste explique entre autres que le cercle de réflexion Société en mouvement est un mouvement anti-Bayrou. Membre de l’UDF et participant aux réunions de Société en mouvement (qui est un cercle de débat participatif, bien avant ceux de Mme Royal), je suis surpris de cette réflexion qui vise à réduire l’électorat de l’UDF aux seuls élus actuels, alors que nous le savons, le centre droit s’est recentré à gauche en termes d’électorat. On le sait aussi, le débat au sein de l’UDF a été fort au sujet de la position de François Bayrou et de celle de Gilles de Robien ; le désaccord est profond, Bayrou rompant les liens avec l’UMP. On le sait, Baguet a quitté l’UDF pour soutenir Sarkozy. Le Monde affirme que Santini hésite. Attendons de voir, plutôt que de supputer.

En fait, jusqu’à présent pour l’UMP, l’UDF ne représentait pas de danger, maintenant que les sondages de Bayrou sont plus favorables et qu’il y a un décollage certain, le risque d’avoir une surprise Bayrou est pris très au sérieux.

En effet, si la première manoeuvre de déstabilisation de Ségolène aboutissait, (la balle est maintenant dans le camp de Ségolène, qui n’a pas d’autre choix que de réussir la présentation de son programme avant la mi-février), alors la gauche, en tout cas une partie de la gauche, se rabattrait vers le candidat Bayrou, dont le profil de social-démocrate pro-européen séduit. Et tout comme Sarkozy, il possède un avantage clé  : il n’est pas issu de l’énarchie. Si seulement en plus il était une femme...

Et dans tout cela, encore une fois : point de programme ! Point de débat.

Ah si ! Vous pouvez chercher des petites fiches argumentaires sur le site du PS, et encore une fois, le niveau des attaques est bien bas. Je vous laisse vous faire votre avis sur la méthode, désolante.


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7 réactions à cet article    


  • Petit 26 janvier 2007 14:11

    « Car Ségolène se Balladurise et se Raffarinise. »

    Dans les « milieux autorisés » ils disent qu’elle se Cressonise.

    « elle refuse le débat et comme Balladur »

    et aussi sarko chirac miterrand ....

    Déjà fatigué tant d’erreurs et d’omissions dans cet article...


    • (---.---.38.189) 26 janvier 2007 21:55

      Ségolène se Boumédiennarise :

      Houari Boumédienne Président d’Algérie en 1974 devant l’ONU

      "Un jour des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour faire irruption dans l’hémisphère nord, et non pas de manière amicale.

      Ils viendront pour le conquérir, et ils le conquerront en le peuplant avec leurs fils. C’est le ventre de nos femmes qui nous donnera la victoire.”

      Ségolène Vendredi 26 Janvier 2007 à Fort de France :

      Le métissage, je le dis ici, est une chance pour la France. Je serai la présidente de la France métissée et qui se reconnaît comme telle", a lancé vendredi Ségolène Royal devant plusieurs centaines de personnes réunies dans le marché couvert de Fort-de-France, en Martinique.


      • louis mandrin (---.---.36.85) 27 janvier 2007 09:36

        L’« opération Jupon » menée par Ségo, dans le dos de françois, certainement(après tout, ils ne sont pas mariés, ni civilement, ni politiquement)a débuté comme un conte de fée, la belle a raflé la mise dans son parti(françois s’en est-il rendu complice, son image flamby passant mal auprès des électrices de moins de 50 ans ?) mais après les soirées qui chantent, où les éléphants sont cloués au pilori, et contraints au silence par la vilaine maitresse, le parti désaoule et la gueule de bois est évidente. La belle princesse s’est muée en « Miss Bean » de la politique, enchainant les gaffes, les bourdes, révélant chaque jour un peu plus sa réelle personnalité, rigide, autoritaire, ne supportant pas la contradiction, la critique (son enfance sous la coupe d’un père militaire raide dans sa vie comme dans ses bottes l’a peut être rendu comme ça naturellement). Le fait est que les français ne sont pas des enfants qu’on mène à la baguette, qui se tiendront coit lorsqu’elle sera élue, de peur de s’attirer la foudre suprême, le juste châtiment implacable de la détentrice suprême de la bravitude magnifiée.

        Alors l’espoir qu’ils avaient placé en elle, machine à écraser l’UMP ($), se mue à une vitesse vertigineuse en un mal-être permanent, en un de ces moments de l’histoire de notre pays où les tripes se nouent dans le ventre des français, comme au soir d’un 22 avril, date à laquelle un éléphant de taille abandonnait le parti et les français qui étaient attachés aux valeurs sociales qu’il (le parti) défendait, livrant l’héritage du front populaire à des technocrates de la carrière politique individuelle.

        Le débat n’aura pas lieu, ceux qui le désirent ardemment, les français, quelques candidats relégués au rang de second rôle, voire de figurants par l’élite et les médias qui tentent de réaliser cette OPA hostile sur la france, en seront quitte pour décider seul, dans l’isoloir, quelle france de demain il ne veulent pas.

        Je constate alors que l’immense majorité ne souhaite pas la rupture tranquille vers une droite ultra libérale portée par nicolas qui bafouera l’intérêt général des français au profit d’une minorité largement favorisée par le gouvernement actuel, elle ne souhaite pas non plus l’accession au trône de la représentante du PS, qui ne représente actuellement plus qu’elle-même.

        Pour qui voter alors ? Je craint que l’immense majorité , échaudée par 2002 et le règne désastreux pour la france de chichi, ne passent enfin à l’acte et portent le candidat des colères, des haines et des laissés pour compte que tous ont abandonné, et dont la droite et la gauche ont agité comme un épouvantail.

        Je suis persuadé aussi qu’ils se porteront majoritairement vers bayrou, le centriste qui penche à gauche depuis qu’il a pris la mesure de l’échec du référendum de 2005 et du fossé qui existe entre les français et la classe politique traditionelle.

        Quand aux autres, ils ne bénéficieront pas de l’effet 2002, où les votes s’étaient éparpillés à gauche pour sanctionner un PS droitisant, sur la pente glissante du libéralisme que mes concitoyens rejettent en masse, à raison.

        L’échéance de 2007 est cruciale dans le concert de la mondialisation farouche et inhumaine. Les français veulent encore croire en une autre voie, tout comme ils ont cru en 2005 en une autre europe que celle des lobbys et des marchands. Le candidat qui saura rassembler les français sous la bannière du juste partage, de la justice sociale et du rassemblement des compétences par delà les idéologies des partis au profit de la nation et des français, celui là remportera la victoire. Si d’aventure, ce candidat n’existait pas, au moins une certitude persiste, les français diront « non » à ségo et à sarko...


        • JG (---.---.7.17) 27 janvier 2007 10:14

          Mme Royal, si elle veut gagner, doit nous prouver qu’elle a les capacités pour diriger un pays. C’est à ce jour son principal point faible apparent. S’entourer, écouter, analyser, orienter et sans faiblesse : en est-elle capable ? Pas sûr.

          Après une campagne muette, qui préservait son capital sympathie, la voilà dans une campagne bruyante et désordonnée : à chaque sortie, dès qu’elle arrête de prendre la pose, chaque situation est un piège. Le personnage qu’elle nous présente, sans avis clair sur les grands sujets, est trop éloigné de ce qu’on attend d’un chef d’état. Si après chaque prise de position, un conseillé doit venir nous expliquer ce que nous aurions dû comprendre, ça la fout mal.

          A ce jour, elle nous laisse le choix entre un dur qui se soigne et une amatrice mal conseillée qui ne nous assure de rien contre contre Sarko.

          Avec une telle campagne, Madame Royal ne conservera pas tous les votes utiles. Et la question reste posée : pour qui allons-nous pouvoir voter ?


          • Gwendal (---.---.73.200) 28 janvier 2007 00:03

            Bon, ici ça ronronne Bayrou. Tirons nous sur la pointe des pieds. smiley


            • JL (---.---.73.200) 28 janvier 2007 16:13

              Dans les médias, celle qui hier encore était la madone des sondages est présentée aujourd’hui comme la reine des bourdes. Pendant la période des débats au sein du PS, Ségolène n’a pas dit moins de bourdes qu’aujourd’hui. Mais alors personne ne semblait y accorder d’importance. Les adversaires de Ségolène Royal, qui avant son investiture mettaient en avant ses qualités, dirigent depuis son investiture par le PS tous les projecteurs et microscopes médiatiques sur les faiblesses de leur « ex-candidate-préférée-à-gauche ».

              Soyons beau joueur : chapeau les artistes. Il faut reconnaître que derrière ce complot, il y a des maîtres es manipulation.

              Mais attention, on peut abuser des gogos pendant longtemps, tout un peuple un instant. On ne peut pas abuser un peuple indéfiniment. Gageons que les crocodiles qui ont fomenté ce complot, et qui sont tous dans le même marigot, se mangeront bientôt entre eux.

              Ségolène Royal ne savait pas combien de sous-marins nucléaire possède la France ? Et alors ? Elle le sait maintenant. Sur ce terrain au moins, désormais elle saura ce qu’elle doit savoir. Continuez à lui signaler ses lacunes, le PS aura bientôt une candidate parfaite, elle en a le talent. A quoi servent des sous marins nucléaires en cette période de guerre économique ? pour aider qui, se défendre contre quoi, dans un état libéral qui n’a d’autre priorité que celle de brader ses services publics au profit des marchands. Un état libéral qui à l’instar des US devant le cyclone Katrina, est paniqué par une banale chute de neige inattendue ? Il serait intéressant d’entendre N. Sarkozy sur ce sujet !

              Si Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy remportaient le premier tour, le pays aurait à choisir entre deux candidats dont l’une aura prouvé que sa fidélité aux valeurs démocratiques est une force qui résiste aux tempêtes, et l’autre qu’il n’est qu’un habile meneur susceptible d’entraîner le pays dans un aventurisme incontrôlable. On dit ne pas connaître le programme de Ségolène Royal. Qui connaît les projets secrets de Nicolas Sarkozy, ce personnage énigmatique pour qui la fin justifie les moyens ?

              On ne le dira jamais assez : alors que la gauche est démocratique, la droite ne se révèle bien que quand elle trouve un chef charismatique. Oui Sarkozy est un chef, mais c’est un chef exalté et dominateur, un athlète du rapport de force qui aime le conflit. En cela il ne changera pas. Sommes nous certains que les institutions nous protègeraient contre une dérive fasciste ?


              • le vengeur (---.---.185.17) 1er février 2007 19:56

                Simplement pour vous dire que sarko etait encore debutant et boutonneux que deja il etait specialiste de la petite fiche sur ses collegues Faite des fiches et de la denonciation il en restera toujours quelque chose qui servira. Proverbe chinois

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