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Endettement : Savoir comment les banques nous tiennent endettés

Connaître son endettement c'est bien, le maîtriser c'est encore mieux, particulièrement pour éviter de vous retrouver en situation de surendettement.

La morale réprouve habituellement l’endettement, car, en poussant à la dépense, il peut contribuer à broyer les plus faibles, les mettant à la merci du prêteur. Mais l’économie le glorifie, parce qu’il stimule l’activité. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, l’économie prend tout son sens commun, puisqu’elle fait naître la richesse des uns de l’emprunt des autres.

Il n’est sans doute pas exagéré de soutenir que l’économie contemporaine repose sur le crédit.

Dans les sociétés traditionnelles d’autrefois, l’essentiel du crédit était destiné à assurer la consommation. Pour les plus pauvres, c’était la récolte insuffisante pour assurer la soudure qui était en cause. L’usurier prêtait à des taux très élevés, car le risque de non-remboursement était grand, le besoin d’emprunt élevé et la capacité de négociation des emprunteurs nulle. Quant aux plus riches, ils empruntent pour tenir leur rang, quitte à gagner telle ou telle partie du patrimoine. Le banquier était toujours présent, car les garanties offertes étaient bonnes et les hommes d’argent désireux d’acquérir du pouvoir, à défaut de prestige. Le prêt pour financer l’activité économique était exceptionnel, le plus souvent sous la forme d’une participation à une opération risquée, comme l’armement d’un bateau destiné à rapporter des épices, de l’or ou du rhum. C’est ainsi que, si le bateau coulait ou tombait aux mains de pirates, les banquiers armateurs faisaient une croix sur leur investissement, si le bateau revenait chargé, leur fortune s'arrondissent sensiblement.

Le crédit personnel

Le crédit personnel. C’est la forme la plus classique. L’emprunteur et le prêteur établissent un contrat de prêt. Il définit d’une somme d’argent non-allouée à un projet spécifique pour une durée déterminée à un taux fixe ou variable. La période maximale de prêt est de 5 ans. Le prêt personnel est le plus souvent utilisé pour des projets personnels comme : mariage, voyage, frais divers. Mais aussi pour l’achat d’équipements : technologie, équipement domestique, électroménager.

Il sert également pour de plus gros achats comme une voiture ou autre type de véhicule voire même pour combler un besoin temporaire de trésorerie. La somme peut être dépensée en plusieurs fois et sur plusieurs projets, l’emprunteur n’a pas à se justifier de ses dépenses. Crédit non-affecté la banque prend donc plus de risque en prêtant au ménage. Le taux d’intérêt est par conséquent plus élevé que pour un prêt affecté. La tendance des taux d’intérêts appliqués aux crédits conso est de 2.5% à 10% selon les contrats et les établissements prêteurs.

Un crédit est une avance de somme d'argent. Vous devez vous assurer de votre capacité de remboursement et prendre en compte la durée de votre engagement. A cet effet, la banque cherchera avec vous la formule la plus adaptée à votre situation.

Le crédit dit renouvelable

La somme prêtée peut être dépensée en plusieurs fois et est renouvelée par les remboursements de l’emprunteur. Le crédit renouvelable prend souvent la forme d’une carte de paiement permettant l’accès de son détenteur à la somme empruntée. D’apparence flexible et très pratique, le crédit revolving est souvent très critiqué car très dangereux pour le consommateur. Celui-ci est souvent sous-informé des modalités de remboursement et de coûts relatifs à ce contrat.

Le crédit renouvelable reste la première source de dette des ménages en difficulté. En effet, les excès du crédit renouvelable sont difficiles à corriger. Malgré un recul de mois en mois, il reste le premier type de prêt vendu par les prêteurs spécialisés et la principale source de dette des personnes surendettées.

Lentement, pourtant, l'excès de crédit est de moins en moins le déclencheur des situations de surendettement. Ce qui ne signifie pas qu'il est hors de cause car, par définition, sans excès de crédit, ces ménages ne se tourneraient pas vers les commissions de la Banque de France par exemple. Celle-ci n'a pas publié le récapitulatif des causes du surendettement, un sujet qui prête trop à controverses entre les causes passives comme le divorce et celles de la responsabilité des banques et des ménages dans la souscription non maîtrisée de crédit. Elle précise tout de même que l'excès de crédit est responsable d’à peu près plus de 13 % des cas de surendettement.

Mal utilisé, le crédit renouvelable comprend un risque non négligeable d’endettement, voire de surendettement ! Pour éviter ces situations, ce type de crédit ne doit pas devenir une source de financement habituelle et permanente, ou encore un moyen de régler un achat coûteux.

Cependant, il est important de préciser que vous avez le droit de résilier à tout moment votre crédit renouvelable, sous couvert bien entendu que toutes les sommes empruntées ont été remboursées totalement.


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9 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 28 janvier 16:09

    L’augmentation des profits réalisés ces vingt cinq dernières années est due à la conjonction entre la limitation du volume des salaires distribués et, à l’opposé, de la mise à disposition de quantités faramineuses de capitaux privés qui n’ont de cesse de générer de superprofits et de croître indéfiniment. Or, écouler cette production ou réaliser ces profits signifie aussi vendre des produits à des clients qui sont aussi des salariés pour la plupart.

    Pour alimenter cette machine  économique, le recours massif au crédit à la consommation est devenu indispensable. Il est considéré comme le carburant de la croissance.

    Comme le mensuel Que choisir ? n°469 d’avril 2009 l’avait constaté, ces crédits sont accordés très facilement et l’information sur les modalités et sur le fonctionnement de ces prêts est succincte.

    Le coût réel varie de 15% à plus de 20%, des taux, proches de ceux de l’usure. Les mensualités ne servent pour l’essentiel qu’à payer les intérêts. Les organismes prêteurs se constituent ainsi de des rentes permanentes sur le dos des ménages les plus fragiles financièrement et contribuent à leur surendettement, le summum ayant été atteint pas les « sub-primes ».

    Ce n’est pas de l’ »ordre » ou de la « responsabilisation » qu’il faudrait mettre dans le crédit à la consommation, mais le supprimer purement et simplement. Les agents économiques seraient alors obligés de constater que le vrai moteur de l’économie, c’est la juste rémunération du travail. Celle-ci passe par une plus juste redistribution des profits, soit vers le consommateur par une baisse des prix, soit par une augmentation des salaires.

    Mais ce n’est pas demain la veille, quand les patron du pays est un banquier et que le même système fonctionne au niveau des états et de leurs endettements.


    • foufouille foufouille 28 janvier 16:22

      @Séraphin Lampion

      sauf que certaines personnes n’ont droit que à un crédit conso ce quo est utile si tu es dans la merde.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 28 janvier 16:53

      @foufouille

      si tu es dans la merde jusqu’au cou, les banquiers sont capables de te faire croire que tu vas pouvoir respirer si tu t’assois pour souffler un peu !


    • foufouille foufouille 28 janvier 17:08

      @Séraphin Lampion

      ça évites de crever dans la rue ...........


    • Initiativedharman Initiativedharman 28 janvier 18:01

      En 2008, les banques se sont écroulées et c’est nous les pauvres qui les avons sauvées...

      Si ça recommence et ça va forcément recommencer, c’est encore nous qui allons payer pour sauver les banquiers qui détruisent le monde et nous avec.


      • Le421 Le421 28 janvier 18:09

        Le crédit crée une dépendance vis à vis du prêteur, mais aussi, effet pervers, vis à vis de celui qui te verse un salaire.

        Plus question de jouer au malin, de se syndiquer, de faire grève ou de manifester.

        Sinon, la spirale infernale vous entraîne, parfois jusqu’au suicide...

        Ça me rappelle le discours de la servitude volontaire de ce célèbre sarladais, Étienne De La Boëtie...


        • Yann Esteveny 28 janvier 18:57

          Message à l’auteur,

          Merci pour le partage de votre texte.

          Je vous cite :

          "Dans les sociétés traditionnelles d’autrefois, l’essentiel du crédit était destiné à assurer la consommation. Pour les plus pauvres, c’était la récolte insuffisante pour assurer la soudure qui était en cause. L’usurier prêtait à des taux très élevés, car le risque de non-remboursement était grand, le besoin d’emprunt élevé et la capacité de négociation des emprunteurs nulle. Quant aux plus riches, ils empruntent pour tenir leur rang, quitte à gagner telle ou telle partie du patrimoine."

          Vous propagez une étrange lecture de l’histoire. L’investissement existe de tout temps. Les notions de confiance, d’emprunt, de gages, d’intérêts sont très anciennes et sont le moyen de construire une économie  : une maison des échanges. Les usuriers à forts taux ne sont pas légions. Ils investissent dans des expéditions risquées ou exploitent la misère humaine. Cela explique leur encadrement dans le christianisme, l’islam ou le judaïsme. Vous faites l’impasse sur la notion importante qui est celle du don. La notion de don est devenue incompréhensible dans nos sociétés occidentales matérialistes.

          Le crédit à la consommation de subsistance est aux antipodes des crédits à la consommation actuelle. C’est le reflet de décalage de civilisation entre deux époques. La civilisation actuelle veut jouir de biens matériels. Les précédentes étaient plus sages.

          La meilleur façon de nous tenir endetté est d’altérer notre perception de la réalité : faire percevoir l’endettement comme un investissement forcément profitable et masquer la dépendance induite. Ensuite, il faut faire valoir l’immédiateté à l’attente, montrer de la fausse compassion sur le fait de percevoir la personne comme « privé de », etc...

          Respectueusement


          • Le421 Le421 29 janvier 09:12

            Un exemple simple sur le crédit dit « à la consommation ».

            L’argent placé en « parts sociétales » à la Banque Populaire rapporte net net moins de 1%.

            Par contre, si vous êtes dans le besoin, la carte Facélia distribuée d’office avec son option paiement crédit, vous refile un prêt à un taux de 20%...

            Plus t’as besoin de fric, plus on t’enfonce !!


            • zygzornifle zygzornifle 29 janvier 12:34

              Demandez a Macron ça a été son job ....

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