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Accueil du site > Tribune Libre > Energie et orthodoxie

Energie et orthodoxie

Alors que l’Amérique s’apprête peut être à prendre un tournant capital, que la Chine affiche un taux de croissance supérieur à 10%, il est peut être temps pour l’Europe de prendre une décision essentielle pour l’avenir du continent : conclure enfin un gigantesque pacte énergétique avec la Russie et casser la dépendance énergétique envers la politique Américaine qui comme l’a très bien résumé Alexandre Adler dans le Figaro Magazine (la) : oblige les Européens à partager les mêmes impératifs de sécurité au Moyen-Orient que Washington. Mais nous pourrions très bien nous affranchir pour l’essentiel de toute dépendance saoudienne en établissant un partenariat définitif, pétrolier et gazier, avec la Russie.

Pourtant dieu sait que la matrice s’est mise en marche pour bien préparer les masses à penser que leurs gouvernements font bien de ne pas s’allier avec l’ours, pour preuve les somptueuses émissions de Arte sur Gazprom, les commentaires « avisés » qui chaque jour dépeignent la Russie comme une dictature qui cache son nom ou encore dieu sait quoi. Les Français et bon nombre d’Européens préfèrent visiblement traiter avec l’Amérique, ce pays en guerre avec tout le monde et qui prend l’énergie par la force, de l’Irak au .. Kosovo !

En effet, si Yannik Hardel a très bien commencé à expliquer les grands projets en concurrence pour l’alimentation énergétique de l’UE de 2013 à 2050, il m’a semblé intéressant d’y apporter quelques précisions.
Comme le rappelle Valeurs actuelles, « les spécialistes s’accordent pour dire que le gaz (l’or bleu) sera LA source d’énergie du XXIe siècle. Hors la Russie en est le premier pays producteur (détenant près de 1/3 des réserves mondiales) et la production des principaux pays Européens diminue. Ceux ci devront importer les ¾ de leur consommation à l’horizon 2015. » (et plus de 80% dès 2020). Deux projets de Gazoducs « s’affrontent » aujourd’hui, le projet Nabucco et le projet South Stream

Nabucco est un projet de gazoduc pour approvisionner l’Europe via le Gaz de l’Iran et de la Caspienne, vers l’Europe centrale. Ce projet est piloté par le Hongrois MOL, le Turc Botas, le Bulgare Bulgargas, le Roumain Transgaz et l’autrichien OMV. Soutenu par l’Union européenne, ce gazoduc permettrait de diversifier (entendez baisser la dépendance envers la Russie) les sources d’approvisionnement énergétique du Vieux continent. Quelques chiffres : 3 300 kilomètres de pipeline et 13 milliards de mètres cube délivrés annuellement, avec un pic à 31 milliards avancé par certains spécialistes, pour un coût estimé à 5 milliards d’euros et dont l’entrée en activité effective est prévue pour 2013. (source : Yannick Harel).

South Stream est un gazoduc devant relier la Russie à l’Italie via la Bulgarie. Le tronçon marin du gazoduc passera par le fond de la mer Noire ’des côtes Russes à Bulgares). La longueur totale du secteur marin sera d’environ 900 km et la profondeur maximale, de plus de 2 km. De là, la route sud-ouest devrait continuer à travers la Grèce et la Mer Ionniène jusqu’en Italie Méridionale. La route nord-ouest devrait traverser la Roumanie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie jusqu’en Italie du Nord, avec un embranchement vers l’Autriche et l’Allemagne.
C’est le réseau russe de transport du gaz (Gazprom) qui alimentera le South Stream, avec du gaz russe en provenance de Russie mais aussi d’Asie centrale, notamment du Kazakhstan.

C’est dans les derniers mois que le président Poutine à signé avec la Bulgarie et la Serbie deux accords absolument fondamentaux avec la Bulgarie tout d’abord qui a accepté une participation à South Stream envers et contre ses fraîches ambitions Européennes, mais avec la Serbie surtout, puisque le rachat de 51% du capital de la société Serbe NIS a été doublé d’une assurance que la Serbie serait sur le parcours de South Stream, route nord ouest.

Le ministre Italien Pierluigi Bersani avait souligné que l’accord représente "un nouvel élément dans la stratégie de renforcement de la sécurité énergétique de l’Italie et de l’Union européenne". South Stream, en effet, traduit parfaitement les axes de la nouvelle politique énergétique Russe : être libérée des contraintes et des influences géo-territoriales « jugées hostiles », colorées (Ukraine ou Guam) ou encore Américano-Turques (OTAN hors Europe) et créer une « route orthodoxe du gaz »

La projet North Stream (un pipeline sous marin direct entre la Russie du nord et l’Allemagne de plus de 1200 km pour une capacité de 25 milliards de mètre cube délivrés par an) confirme cette volonté du Kremlin de développer des accords bilatéraux avec les pays de l’Union et de passer outre les intermédiaires jugés peu fiables (Ukraine dans le premier cas, et Pologne et pays Baltes dans le second).

Il faut souligner quelques éléments essentiels : l’Allemagne, comme l’Italie ne s’embarrassent pas de l’opinion de leurs voisins proches (France pour l’Italie ou Pologne pour l’Allemagne) ; ces états freinent leur mission au sein de l’OTAN, mais développent leur partenariat stratégique direct avec la Russie, qu’ils estiment à juste titre sans doute être « le » partenaire clef pour leur sécurité énergétique. Cette position géopolitique et géo-stratégique pragmatique est à comparer avec la position de la France qui va dans le sens contraire. En effet notre obsession biblique des « droits de l’homme » vient de nous faire nous opposer le droit de veto de la Turquie (on croit rêver) à participer à Nabucco et nous bride à faire le choix South Stream. Dans le même temps, notre pays se dirige vers une ré-intégration au coeur de l’OTAN, vers de nouvelles guerres au coté de l’oncle Sam.

L’Europe a pourtant aujourd’hui le choix suivant : soit choisir l’Asie centrale post Soviétique, via la Russie pour son approvisionnement, soit faire le choix d’un approvisionnement Irano-Turc, via le caucase et les pays du Guam (Georgie,, Azerbaidjan .. ) en conflits larvés avec la Russie ! On comprend bien la volonté de l’Amérique d’ancrer la dépendance énergétique de l’UE à des pays comme la Turquie, membre de l’OTAN et candidat à l’Union, tout comme l’Ukraine et la Georgie le sont à l’intégration au sein de l’OTAN. Si l’Iran fournit aujourd’hui 15% du gaz de l’UE il semble risqué d’augmenter la dépendance de l’UE envers ce pays pour des raisons de tensions évidentes avec l’Amérique. En cas de conflit, les pays de l’Union se voyant « contraints » de participer à une agression armée anti-Iran pour sécuriser leur approvisionnement énergétique. On peut se demander si ce n’est pas la la principale raison pour laquelle l’Amérique pousse l’union à se couper des approvisionnements Russes sur lesquels elle n’a aucun moyen de contrôle.

Cette lutte pour les corridors Gaziers n’est cependant pas le seul point d’achoppement entre les interets Russes, Européens, Turcs et Américains pour l’utilisation des ressources gazières et ... pétrolières de la région. D’ici 2030, plus de 90 % de la consommation de pétrole dans l’Union européenne seront assurés par les importations. La Russie en représente aujourd’hui 20% , une large majorité de la consommation des états d’Europe de l’est et du centre et une part minoritaire pour les états d’Europe de l’ouest.

Aujourd’hui deux immenses oléoducs approvisionnent l’Europe, le premier est le plus grand du monde, il s’agit de Druzhba. Cet oléoduc date de 1964, s’étend sur 4.000 Km et à une capacité annuelle de 50 millions de tonne ! Il achemine le pétrole de Sibérie et de l’Oural vers toute l’Europe et l’Amérique. De nombreuses ramifications/projets sont en cours, principalement des oléoducs sous terrains et marins (sur le modèle de North Stream pour le gaz) en mer du nord, dans le golf de Finlande mais aussi souterrain dans les Balkans.

Son challenger est l’oléoduc BTC (Bakou Tbilissi Ceylan), un consortium Anglo-Azéri en majorité et alimente la méditerranée avec le pétrole Azéri (de la Caspienne). Cet oléoduc passe par la Turquie pour alimenter l’Europe du sud, il s’étend sur une longueur de près de 1700 km et a une capacité annuelle de 50 millions de tonnes.

Néammoins, la nécessaire diversification tout autant que l’intensification des voies d’approvisionnements a vu des projets totalement opposés se créer. L’affaire récente du Kosovo, justifiée sous le masque humanitaire et l’impératif de justice est sans doute la parfaite illustration de la guerre terrible que se livrent Européens, Russes, Américains et Turcs à proximité de la mer noire. Lorsque le Kosovo a déclaré son indépendance, les premiers états à le reconnaître ont bien sur été l’Amérique, la Grande Bretagne et la France. Les deux premiers par tactique géopolitique, la France par dogmatisme sans aucun doute.

Les spectateurs avisés auront sans doute remarqués que le Kosovo est sur le corridor d’un futur oléoduc appelé AMBO. Cet oléoduc qui porte le nom de son constructeur et opérateur (une compagnie pétrolière Albanaise, Macédonienne et Bulgare enregistrée aux US )- le traversera, acheminant ainsi le pétrole de la mer Caspienne vers l’Europe et les États-Unis. Il devrait atteindre une capacité annuelle de 35 millions de tonnes et s’étendre sur 894 Km. Il est intéressant d’apprendre que le projet AMBO date en fait de 1994 et a été ajusté, défini et mis en oeuvre par des filiales plus ou moins directes de Halliburton (cf ici) et à des fins « géo-stratégiques » tout autant que énergétiques. En novembre 1998, Bill Richardson (secrétaire à l’énergie de Bill Clinton) affirmait :« Il s’agit de la sécurité énergétique des Etats Unis .. C’est aussi d’empêcher la création de voies intérieures stratégiques par ceux qui ne partagent pas nos valeurs. Nous essayons de tirer ces nouveaux pays indépendants vers l’Occident ....Nous aimerions les voir dépendre des intérêts du commerce et des politiques occidentales plutôt qu’elles prennent une autre direction  ».

Bien sur, en 1999, lors de la guerre en Serbie, c’est bien évidemment la zone d’influence Russe (Europe Orthodoxe) qui était visée, l’Amérique profitant de la grande faiblesse de la Russie à ce moment (fin du mandat Eltsine). Est ce pour sécuriser ce corridor pétrolier que les Américains ont découpé la petite Serbie (propice à se retourner côté Russe) et à installer la plus grande de leur base au Kosovo même, à quelques kilomètres du tracé du fameux pipeline ?

Encore une fois, les interets pétroliers / gaziers Américains vont à l’encontre des intérêts des citoyens Européens. Pourtant la encore, un « choix » est possible, en effet encore une fois, l’Union peut faire le choix Russo-Greco-Bulgare en soutenant la « route orthodoxe du pétrole », à savoir l’oléoduc « Bourgas-Alexandrie ». Ce pipeline de 300 km devrait transporter le pétrole de Russie et du Kazakhstan, via la Caspienne sans passer par la Turquie et ses détroits surchargés, en offrant une capacité annuelle de 35 millions de tonnes.

Un projet de 3ième oléoduc « Pan Européen » (PEOP) existe également, destiné à acheminer le pétrole de la du caucase et des bords de la Caspienne, via la mer noire vers l’Italie, via la Serbie, la Croatie et sans doute la Slovénie. Cet oléoduc de 1400 Km aura une capacité annuelle de 60 millions de tonnes. Il est lui aussi également destiné à renforcer BTC et a limiter la dépendance Russe en pétrole puisque les ramifications de cet oléoduc atteindront d’Italie l’Autriche, l’Allemagne et la république Tchèque.

Même si les divers oléoducs ne sont pas censés ’approvisionner’ les mêmes zones, AMBO destiné à l’Amérique et au Canada via les ports de Hollande, pendant que les autres projets auraient vocation à alimenter l’Europe ; même si les fournisseurs de gaz ne seraient pas les mêmes, nous sommes bien face à une guerre totale pour la maîtrise de l’approvisionnement de l’Amérique et de l’Europe, et à un conflit d’optique pour le futur.

Pour quelles raisons l’Europe devrait elle sacrifier un axe Russo-Bulgaro-Grec pour faire le choix de la Turquie et du caucase, avec son lot d’incertitudes et d’instabilité ? Pourquoi faire le choix d’états politiquement « inadmissibles » à l’OTAN et en froid permanent avec la Russie ? Pourquoi continuer dans la politique du choix des états musulmans que ce soit en politique Européenne (indépendance du Kosovo) que de l’approvisionnement (Turquie qui nous oppose son droit de veto au projet Européen Nabucco et ne manquera pas d’utiliser l’argument énergétique pour négocier son entrée dans l’UE).

On se demande bien quelle mouche pique nos politiciens de manquer d’autant de lucidité devant des chois aussi capitaux pour leurs citoyens, si ce n’est que des consignes leur sont peut être transmises d’outre Atlantique, comme cela a été précédemment le cas pour la Slovénie lorsqu’elle a pris la présidence de l’UE.

Peut être serait il temps, en 2008, et alors que nul ne peut prévoir l’avenir énergétique de la planète de relire attentivement la froide remarque de Alexandre Adler dans le figaro magazine du 4 avril 2008 : La vérité toute simple, c’est que l’intérêt géopolitique de l’Europe continentale (France et pays latins, tout comme Allemagne et pays germaniques) diverge nettement de celui des États-Unis et peut-être même de la Grande-Bretagne.

A méditer.

Crédit photo : News.bg 


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26 réactions à cet article    


  • Mr Mimose Mr Mimose 26 avril 2008 13:44

    C’est étonnant qu’Adler est dit une chose pareille, en plus publié par le figaro !

    Bon article, très intéressant, bravo à l’auteur.


    • ZORBA 26 avril 2008 17:58

      IL N’Y A PAS DE GAZODUC BOURGAS (BULGARIE)ALEXANDRIE ,MAIS ALEXANDROUPOLIS(GRECE).

      BRAVO AUSSI POUR L’OBSERVATION SUR LE KOSSOVO ET LA GUERRE EN SERBIE.

      IL Y AURA D’AUTRES GUERRES POUR LA MAITRISE DE L’ENERGIE.ET DE L’EAU .

      L’IMPERIALISME (PARCEQUE C’EST SON NOM)N’A PAS FINI SON OEUVRE MORTELLE


      • ZORBA 26 avril 2008 18:00

        JE NE VOIS PAS CE QUE L’ORTODOXIE A A VOIR DANS CETTE HISTOIRE !


      • Alexandre Latsa Alexandre Latsa 26 avril 2008 18:25

        Bonjour

        vous avez parfaitement noté la faute de frappe de ma part, il s’agit effectivement de Alexandroupolis ...

        Cordialement

         


      • zelectron zelectron 27 avril 2008 16:03

        Un article très intéressant, pour moi ce qui manque c’est le jeu de cartes qui devrait l’accompagner, avec les différents tracés et projets.


      • c.d.g. 26 avril 2008 18:55

        un peu court comme reflexion

        La Russie n a jamais hesite a utiliser l arme de l approvisionnement pour faire plier un gouvernement (ex Ukraine)

        Que l europe doivent se founir en gaz a l etranger certes, mais se mettre sous la dependance des russes s est quand meme extremement dangereux. Avoir des sources dans plusieurs pays et ne pas trop dependre du gaz (russe ou non) me semble plus intelligent

        Surtout qu une partie d entre eux on encore la nostagie de leur empire et aimeraient bien le recontruire (Poutine juge que l effondrement de l URSS est la plus grande catastrophe du XX sciecle).

        On fera quoi s ils recoccupent les pays balte ou la pologne et qu ils menacent de nous couper le robinet ?

         

        Le jour ou la russie sera un pays democratique et stable on pourra rediscuter la question, mais pour l instant il est dangereux de mettre tous ses oeufs dans le meme panier


        • Alexandre Latsa Alexandre Latsa 27 avril 2008 21:48

          un peu court comme reflexion

          @CDG

          Poutine n’a jamais jugé que la chute de l’URSS était la plus grande catastrophe de l’URSS, je vous incite à relire ce qu’il a dit  : "la conséquence de la chute de l’URSS soit ces dizaines de millions de citoyens (Russes) sans patrie se retrouvant dans des états en crise identaire, et sans aucun moyens (financiers ou autres) de revenir chez eux, cela est pour lui LE drame de ce siècle" cf ici ....

          Les Russes de ces pays ne sont nul part / jamais pris en considération pas plus que ceux des pays Baltes (états de l’UE) qui sont traités comme des "parias", et je pèse mes mots, au sein de l’UE !!!

          Discutons dans fanatisme, vous imaginez les Russes fermer le robinet à l’UE et occuper militairement les pays Baltes ou la Pologne ? Allons soyons raisonnables ;)

          A ce que je sache, l’UE n’est occupée militairement que par un seul état : la Turquie , 2de puissance de l’OTAN ..... Au plaisir de vous lire commenter cette occupation injustifiée en 2008 ...


        • Proudhon Proudhon 26 avril 2008 19:17

          Non seulement nous devrions étudier ce que l’auteur nous propose mais aller plus loin et faire en sorte que la Russie entre dans l’Europe. Ce serait enfin la fin de l’empire américain qui passerait au second plan mondial. Mais c’est utopique car ces mêmes américains n’hésiteraient pas à déclencher une nouvelle guerre mondiale plutôt que d’accepter l’entrée de la Russie dans l’Europe.

          Ils préparent déjà le futur en se positionnant aux frontières de la Russie.

          Babylone Babylone, Babylone tu déconnes !!!!!


          • Le péripate Le péripate 26 avril 2008 21:40

            Il ya quelques années (ça a pu changer), lors d’un voyage en Sibérie, j’avais à plusieurs reprises questionné mes interlocuteurs sur la possibilité d’une Russie européenne : à chaque fois la réponse a été la même, négative, le Russe, sibérien tout au moins, se voit plus proche de l’est asiatique.


          • Alexandre Latsa Alexandre Latsa 26 avril 2008 23:24

            a peripate ;

            Oui vous avez raison, le citoyen de Novossibirsk, de Irkousk ou de Magadan est un "asiate" (fut t’il blanc et ortodoxe) ou plutot un "asien".
            Pour ma part je pense que la même chose dans la Russie que l’on appelle Européenne.
            De toute façon, lorsque l’on habite à Novossibirsk ou à Vladivostock, on est plus concerné par ce qui se passe dans l’Altai ou dans le pacifique que a Rouen ou Munich. On est de fait lié à l’Asie.

            L’Europe n’est qu’une extrémité de ce continent eurasien et à mon sens, c’est à "elle" de se reconcentrer sur ses allés naturels et continentaux. C’est à elle de se désoccidenaliser (désanglosaxonniser ?).

            Ce n’est pas à la Russie d’intégrer l’Union Européenne car la Russie n’est pas l’Europe ; mais l’Europe elle est le versant Ouest de l’Eurasie Russe.

            Comme frédéric Lyon le dit, c’est à l’Europe (et non l’Occident) de tourner son cap à l’Est, une bonne fois pour toutes. Tous les espoirs y sont encore permis.


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 27 avril 2008 05:55

            @l’auteur : bien sur il y a des Russes "asiens" ; il y a des siècles que la Russie balance entre les Mongols et les Polonais. Le centre de gravité du pouvoir et de la culture en Russie est néanmoins occidental. Je crois à une alliance entre l’EU et a Russie. Ce sera une force entre la USA et la Chine, la garante de la paix et finalement la puissance dominante du XXIeme siecle.

            Pierre JCAllard

             


          • frédéric lyon 26 avril 2008 19:38

            Il est désormais clair que l’avenir de l’Europe se trouve à l’Est et non au Sud.

            Au Sud, c’est un infarctus général qui se déclenchera dès que la misère dépassera un certain seuil.

            En revanche, il y a d’immenses ressources à exploiter à l’Est sur des territoires qui ne sont pas densément peuplés, en Sibérie et en Asie Centrale.

            Les intérêts de l’Europe et de l’Amérique sont convergents dans cette région, comme partout ailleurs dans le monde. Les grands groupes anglo-américains seront des outils indispensables pour la mise en valeur des ces ressources et ils sont déjà à l’oeuvre dans toute la région, et bien déjà plus actifs que nous ne le sommes, parfois !

            Il faut dire que l’inexpérience des Européens continentaux (à l’exception des Allemands), et en particulier des Français, est grande. l’Est n’a jamais été notre préoccupation.

            C’est l’axe de la politique des occidentaux qui est en train de tourner : Cap à l’Est. 


            • frédéric lyon 26 avril 2008 19:50

              A noter, en passant, que la première victime de ce changement de cap sera la politique pro-Arabe de la France depuis le Général de Gaulle !

              Le fameux projet D’Union Méditerranéenne n’est là que pour mettre un point final à une immigration intempestive dont personne ne veut plus. Les investissements qui seront réalisés dans la cadre de cette Union ne serviront qu’à fixer sur place les populations et à renvoyer chez elles les populations qui ont immigrés chez nous de façon incontrôlée depuis une vingtaine d’années.

              Ce sont les grands espaces à l’Est que nous devons viser, en accord avec l’Amérique et la Chine, car il y aura de la place pour tout le monde et une coopération non conflictuelle peut très bien s’envisager pour le bénéfice de toutes les parties.


              • JL JL 26 avril 2008 21:17

                Lyon : ""Le fameux projet D’Union Méditerranéenne n’est là que pour mettre un point final à une immigration intempestive dont personne ne veut plus.""

                Vous êtes sûr ? Les emplois au noir de ces travailleurs dociles et endettés vis à vis de leurs passeurs, c’est fini ? Ah Frédéric Lyon, venez que je vous embrasse !


              • JL JL 26 avril 2008 21:21

                Frédéric Lyon, quel con celui-là !


              • frédéric lyon 27 avril 2008 00:40

                Tu m’as l’air d’un fameux intellectuel !

                De quel égout sors-tu fiston ?


              • JL JL 27 avril 2008 10:20

                Lyon écrit : ""De quel égout sors-tu fiston ?""

                Il m’appelle fiston parce que j’ai écrit comme lui une saloperie : "quel con celui-là" alors que je ne faisais que lui retourner le glaviot qu’il m’avait balancé sur un autre fil.

                Donc Lyon nous dit là clairement qu’il sort d’un égout, qui croit son fils en sortir. Quant à moi je n’utilise jamais les insultes lesquelles sont comme chacun sait et comme le démontre une fois de plus Lyon, les arguments de ceux qui n’en ont pas d’autres.


              • GreenGarden GreenGarden 26 avril 2008 23:07

                @L’auteur,

                très intéressant !

                Cela dit, je doute que les intentions de Poutine soient si pures et exemptes de volonté hégémonique.

                Voire le reportage France2 : figra.free.fr/archives/2008/systeme.html

                Cordialement,

                G


                • tvargentine.com lerma 27 avril 2008 01:30

                  De Brest à l’Oural et bien c’est le moment de faire cette Europe,car la Russie dispose d’un potentel de gaz et de pétrole qui oblige à regarder et à discuter contrat avec la Russie démocratique et de considerer enfin ce pays comme partenaire entier de l’Europe

                  Ne soyons plus dépendant des pays Arabes ou américains et faisons l’Europe tout simplement sans préjugé

                   


                  • Alexandre Latsa Alexandre Latsa 27 avril 2008 10:02

                    Bonjour Lerma

                    Si nous voulons "travailler" avec la Russie, il faudra voir bien plus loin que l’Oural, jusqu’en SIbérie orientale et dans le grand nord (Chtokman ...)

                    Couper la Russie en Oural est une des idées de certains stratèges géopolitiques Américains, ainsi coupée en 3 blocs : une partie européenne, une partie centrale (de l’oural a l’altai) et un 3ieme bloc oriental (du baikal au pacifique) elle n’en deviendra qu’inexistente géopolitiquement ...
                    C’est un de mes prochains articles ;)

                    Pour le reste d’accord avec vous,

                    Cordialement,


                  • 5A3N5D 27 avril 2008 10:45

                    @ L’auteur,

                    Il est dommage que vous n’ayez pas, dans votre plaidoyer pour une union UE-Russie, fait mention du Groupe de Shangai (Kazakhstan, Chine, Kirghizistan, Russie et Tadjikistan) qui laisse entrevoir que si la Russie ne réussit pas à s’imposer naturellement aux occidentaux, elle n’aura aucune difficulté à se tourner vers l’orient. La Chine, puis sans doute à terme l’Inde, sont des clients "naturels" de la Russie.

                    A ma connaissance, il existe d’ailleurs une immigration chinoise en Sibérie, modeste mais réelle.

                    Certes, la politique actuelle de la Russie est d’empêcher coûte que coûte que les USA élargissent leur sphère d’influence en Asie, et c’est dans ce climat de tension qu’elle mène des "opérations punitives" (Ukraine, Géorgie, mais aussi Pologne, Pays-Baltes.) L’approvisionnement en gaz reste sa principale arme, mais ceci en fait malheureusement un allié peu sûr en Europe.

                    Le trajet des gazoducs, qui évitent soigneusement la Pologne, les Pays-Baltes, l’Ukraine a, de fait, recréé une espèce de "cordon sanitaire" entre UE et Russie, comme au lendemain de la Première Guerre Mondiale. S’il avait à l’époque sa raison d’être (la crainte du "communisme"), c’est un sérieux handicap à l’heure actuelle. Je pense aussi que les dirigeants russes sont encore trop imprégnés de la mentalité soviétique, qui se voit jusque dans la volonté de rétablir l’ancien empire tsariste dans ses frontières ancestrales.

                    Un petit rectificatif en passant : l’Ukraine n’est absolument pas prête à intégrer l’OTAN.


                    • Alexandre Latsa Alexandre Latsa 27 avril 2008 21:50

                      5A3N5D écrivait ceci : "Il est dommage que vous n’ayez pas, dans votre plaidoyer pour une union UE-Russie, fait mention du Groupe de Shangai"

                      Article de mai promis !! ;)


                    • Weinstein 27 avril 2008 18:30

                      Très bon article et bien documenté.

                      Juste une remarque, les russes de Sibérie (Novossibirsk est une ville que je connais très bien) ne se sentent absolument pas asiatiques(injurieux pour eux) mais tout simplement russe.

                      Cela est vrai dans les différentes communautés que je fréquente, juifs ou autres.

                       

                      Bien à vous, dasvidania.


                      • Alexandre Latsa Alexandre Latsa 27 avril 2008 21:54

                        @ Weinstein

                        Merci bien !

                        Je vous comprend, les terme ’Asiate" ou "Asien" que VVP a utilisé je ne sais plus quand en 2003 ou 2004 n’a pas la même connotation en Russie que ici, je suis d’accord avec vous, l’identité Russe de Sibérie est RUSSE avant tout, je voulais juste montrer que c’était "autre chose" que l’Europe.

                        Vous connaissez Novo, vous êtes donc un homme heureux ;)


                      • L'enfoiré L’enfoiré 5 mai 2008 17:01

                         

                        Bonjour Alexandre,
                         
                         Ton mail m’est bien parvenu. Deuxième article sur AV. Pas mal.
                         Aller chercher l’énergie nécessaire en Russie ? Pourquoi pas. Mais pas dans l’exclusivité. Quand on se rappelle du chantage qu’il y a eu avec l’Ukraine, il y a de quoi refroidir le plus téméraire. La terre a de l’énergie dans son sol sous toutes ses formes. La géodésie en est une autre que l’on oublie très souvent. En Italie, par exemple, mais il faut domestiquer un peu plus. Le gaz est une énergie propre qu’il faut prendre avec des pincettes. L’Algérie en a. Le pétrole, les USA n’en ont plus à vendre.
                        Notre Terre n’a malheureusement pas eu d’énergie répartie uniformément sur son sol terrestre ou sous-marin. Il faut aller le chercher où il est. Les oleoducs, les pipelines sont des solutions. Les Romains ont utilisé le même principe pour apporter l’eau. Connaissaient-ils le terrorisme ?
                         

                        • Alexandre Latsa Alexandre Latsa 5 mai 2008 18:41

                          @ l’enfoiré :)

                          Bonsoir et merci de prendre le temps de me répondre,

                          L’Ukraine bénéficiait des contrats de l’époque de l’URSS, a gaz gratuit ! Puis un beau jour "elle" se déclare indépendante. Conséquence elle doit désormais payer l’énergie comme tout état souverain qui n’en dispose pas, à savoir l’acheter, rien de plus.

                          Les Romains avaient sans doute bien d’autres problèmes :)

                          D’accord sur les énergies "annexes", l’article avait juste pour but de montrer que l’on tentait de nous imposer (d’outre Atlantique) des choix extremements dangereux et que le risque n’était pas la collaboration avec la Russie mais de dépendre d’autres pays cités dans l’article.

                           

                          Cordialement

                           

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