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Accueil du site > Tribune Libre > Entre « Nécessité » et « Liberté ». Les principes fondateurs de la nature (...)

Entre « Nécessité » et « Liberté ». Les principes fondateurs de la nature humaine

 Un des grands philosophes de l’histoire, Hegel, disait : « L’esclave de l’Antiquité n’était pas une personne libre, parce qu’il n’avait pas conscience de son être-esclave ». La liberté se crée en se conquérant à travers l’Histoire et « en s’incarnant » dans des constitutions politiques. « Les hommes n’ont pas à apprendre qu’ils sont libres », ils ont à gagner leur liberté. Cette thèse reprise par Marx a pris une autre ampleur. Pour lui l’inachèvement de l’Histoire est dans la libération complète de l’individu de tout ce qui l’opprime et l’empêche d’être lui-même (« aliénation » de l’homme dans le monde actuel). La conscience de classe elle-même (qui est une limitation) disparaîtra dans la société communiste. L’homme vraiment libre sera le citoyen de cette cité à venir.

 Pour Hegel, les hommes sont « les instruments aveugles du génie de l’Histoire » ? Derrière l’apparence extérieure des événements, derrière tout ce que font les hommes, derrière tous leurs actes les plus absurdes ou les plus passionnels, se cache une raison, un Esprit, qui mène le monde vers plus de liberté, plus de rationalité.

 Karl Marx, dans la postface de la deuxième édition allemande, du 24 janvier 1873, écrit :

« Une seule chose préoccupe Marx : trouver la loi des phénomènes qu'il étudie ; non seulement la loi qui les régit sous leur forme arrêtée et dans leur liaison observable pendant une période de temps donnée. Non, ce qui lui importe, par‑dessus tout, c'est la loi de leur changement, de leur développement, c'est‑à‑dire la loi de leur passage d'une forme à l'autre, d'un ordre de liaison dans un autre. Une fois qu'il a découvert cette loi, il examine en détail les effets par lesquels elle se manifeste dans la vie sociale... […]

Pour cela il suffit qu'il démontre, en même temps que la nécessité de l'organisation actuelle, la nécessité d'une autre organisation dans laquelle la première doit inévitablement passer, que l'humanité y croie ou non, qu'elle en ait ou non conscience. Il envisage le mouvement social comme un enchaînement naturel de phénomènes historiques, enchaînement soumis à des lois qui, non seulement sont indépendantes de la volonté, de la conscience et des desseins de l'homme, mais qui, au contraire, déterminent sa volonté, sa conscience et ses desseins... […]

Mais, dira‑t‑on, les lois générales de la vie économique sont unes, toujours les mêmes, qu'elles s'appliquent au présent ou au passé. C'est précisément ce que Marx conteste ; pour lui ces lois abstraites n'existent pas... Dès que la vie s'est retirée d'une période de développement donnée, dès qu'elle passe d'une phase dans une autre, elle commence aussi à être régie par d'autres lois. […]

Une analyse plus approfondie des phénomènes a montré que les organismes sociaux se distinguent autant les uns des autres que les organismes animaux et végétaux. Bien plus, un seul et même phénomène obéit… à des lois absolument différentes, lorsque la structure totale de ces organismes diffère, lorsque leurs organes particuliers viennent à varier, lorsque les conditions dans lesquelles ils fonctionnent viennent à changer, etc. […] 

La valeur scientifique particulière d'une telle étude, c'est de mettre en lumière les lois qui régissent la naissance, la vie, la croissance et la mort d'un organisme social donné, et son remplacement par un autre supérieur ; c'est cette valeur‑là que possède l'ouvrage de Marx. »

 L’évolution historique des organismes se fait-elle, comme le laisse entendre Karl Marx, d’une manière nécessaire par le jeu des forces économiques qui, bien qu’ils diffèrent d’une phase à l’autre (changement de structure), « un seul et même phénomène obéit… à des lois absolument différentes » ? Mais, la loi de l’Histoire, qui est une nécessité inéluctable dans le changement de structure, n’ignore néanmoins pas la liberté de l’homme. Ces philosophies qui posent l’existence des hommes d’une loi d’évolution immanente à l’Histoire et orientent son déroulement, ne précisent pas la part de liberté des hommes pendant que l’Histoire se déroule.

Comment naît cette liberté dans le développement immanent de l’Histoire ? « Que l'humanité y croie ou non, qu'elle en ait ou non conscience », force de dire que l’homme est soumis, d’un côté, au « déterminisme », donc pas de liberté et, de l’autre, c’est par sa liberté qu’il agit pour « remplacer un organisme social donné par un autre supérieur ». L’antinomie est donc totale entre « déterminisme » et « liberté ». Comment se résout cette contradiction qui relève à la fois de la « Nécessité » et la « liberté » des hommes ? 

 Au-delà de la philosophie de l’Histoire de Hegel et de Marx, on peut postuler qu’il y a des préalables simples dont on ne peut faire l’impasse et qui témoignent de l’existence humaine dans son fondement comme liberté, comme conscience et comme sens d’être. Ceux-ci nous permettent de mieux situer l’homme dans l’« Histoire ».

 Le premier « préalable », qu’est-ce que la « liberté » ? Les philosophes ont longuement disserté sur ce sujet. Nous nous arrêterons à l’essentiel. La « liberté » est seulement sentie au plus profond de son être. Elle constitue l’« essence » même de l’existence. Le postulat que l’homme naît libre et ensuite sa liberté se trouve limitée par l’organisation sociale ou par des conjonctures historiques (peuples colonisés, régis par des systèmes totalitaires, etc.) n’enlève rien au sentiment immanent de la liberté. En tant qu’essence de la nature humaine, la liberté, malgré les vicissitudes que traversent les hommes, est au centre de l’Histoire du monde. 

Pour comprendre, en raisonnant par sa négation, on s’apercevrait que, sans la « liberté », sans le « libre-arbitre » des hommes dans le pouvoir de freiner ou de coopérer, de refuser ou d’accepter, il n’y aurait tout simplement pas d’« Histoire », pas d’« humanité ». Si les hommes agissaient tous dans le même sens, sans « libre-arbitre » qui est à la fois « libre de penser » et « libre d’agir », il résulterait non pas une humanité, mais une « déshumanité ». Il y aurait peu de différence entre les hommes et les animaux. Le monde serait sans sens. Précisément parce que la « Liberté existe » que l’humanité doit son existence, et l’existence à son « Histoire ».

Le déterminisme ou le fatalisme suivant lesquels tous les événements, et en particulier les actions humaines, sont liés et déterminés par la chaîne des événements antérieurs, n’enlèvent en rien à la dimension historique de la « liberté ». C’est dans la variété des croyances que l’humanité doit son humanité. L’humanité entière ne se focalise pas sur telle ou telle tendance de penser. La pensée de l’homme est une entité libre sur laquelle aucun homme n’a le pouvoir si ce n’est l’homme qui se pense, et en pensant, il doit son existence à cette faculté libre de penser. Précisément, cette faculté de « penser » de l’homme et qui agit sur sa « liberté » est le deuxième préalable pour son existence.

 A l’instar de la « liberté », qu’est-ce que la « pensée » ? Une essence « impalpable », « immatérielle » qui existe en l’homme, une faculté absolument inconnue de l’homme et « connaissante », un véritable don émanant de l’« Essence ». Elle donne non seulement à l’homme le sentiment d’exister mais lui permet de se mouvoir, de converser, d’agir, de se projeter dans et avec tout ce qui touche à son existence. En un mot, elle lui donne le sentiment de vivre, d’exister. Sans cette faculté de penser, l’homme ne pourrait avoir conscience de lui-même, ni se prévaloir d’être « humain ». C’est la pensée qui le différentie des autres êtres existants.

 Un troisième préalable, le « Temps et l’Espace » ? Le pouvoir qu’octroie la « liberté » aux hommes de « penser », d’« agir » sur leur existence, de changer leur devenir, se trouve confronté au « Temps » et à l’« Espace » sur lesquels l’homme n’a pas de prise. La liberté d’agir, de poursuivre des projets, se trouve ainsi limitée par l’essence même du « Temps ». Dans « Confessions, XI, 14,17 », Saint Augustin s’est engagé dans une réflexion profonde sur le temps : « Ces deux temps-là donc, le passé et le futur, comment « sont »-ils, puisque s'il s'agit du passé il n'est plus, s'il s'agit du futur il n'est pas encore ? Quant au présent, s'il était toujours présent, et ne s'en allait pas dans le passé, il ne serait plus le temps mais l'éternité… Nous ne pouvons dire en toute vérité que le temps est, sinon parce qu'il tend à ne pas être. »

Précisément, l’existence suit le cours du temps, car elle tend elle aussi à ne pas être, car, au bout du temps, il y a la finitude. L’existence de l’homme dépend chaque seconde du temps qui vient à être et qui, après être présent, passe immédiatement au passé pour faire place à une autre seconde qui vient du futur, et ainsi de suite procède le Temps de l’existence. Quant à l’« Espace », quel contenu peut-on lui donner ? Est-il matériel ? Est-il palpable ? L’« Espace » est à la fois matériel parce que l’homme le voit et voit les choses et les êtres mouvoir en lui, et immatériel parce qu’il est indéterminé, sans substance, et s’affirme en « contenant sans limite ». « Repère » de l’existence, l’« Espace » est cependant ce « matériel-immatériel » par lequel l’humanité, la Terre, le monde et l’immensité de l’univers, sont.

 Sans le « Temps » et l’« Espace », l’homme n’a pas d’existence. Le « Temps », l’« Espace », comme la « liberté  » et la « pensée » ne sont pas atteignables par l’homme, dans le sens qu’ils sont plus sentis, plus pensés comme essence de l’existence. Ils sont ce par quoi l’homme est, ce par quoi l’homme construit son « Histoire ». Vivant le Temps présent, comptabilisant le Temps passé qui ne lui appartient plus et dépendant du Temps futur qui n’est pas encore, l’homme, un point dans l’« Univers », prend une infime partie de l’« Eternité ».

 Enfin le mal  et le bien, un quatrième préalable, sont originels et constitutifs du fait humain et social. Sans cette dualité au cœur du système humain, sans l’existence du mal (qui donne sens au bien) et la lutte pour le bien qui est l’essence même de la « volonté d’exister », l’homme ne peut se déterminer dans son existence. En effet, si on enlevait le mal, que serait la vie ? Que serait le bien ? Auraient-ils une signification ? Et la mort, le mal suprême, à travers les maladies du corps et de l’âme contre lesquels les hommes luttent pour vivre ? Que signifierait la vie si le mal suprême venait à ne plus exister ? Sans le mal, il n’y aurait ni vie ni bien puisqu’ils perdraient leur sens, perdraient ce à quoi ils se réfèrent. La dualité du bien et du mal est donc une nécessité pour l’existence, elle exprime, à travers la lutte pour le Bien, la raison d’être des hommes. 

 Pour résumer, quatre préalables, la « liberté, le temps-espace, la pensée, le bien et le mal », sont des principes fondateurs de la nature de l’homme. Mais ces préalables suffisent-ils à protéger l’homme dans son existence ? Il arrive souvent qu’un homme prenne un ascendant sur un homme, un peuple sur un autre peuple. N’a-t-il pas existé le commerce d’esclaves en Afrique, les siècles passés ? Les déportations massives de noirs africains dans le Nouveau Monde ? La colonisation opérée par les puissances européennes n’a-t-elle pas été une occupation indue de territoires et réduit des populations à l’état de populations sujettes, de non-droit par la force ? L’après-colonisation depuis la fin des années 1940 jusqu’au milieu de la deuxième moitié du XXe siècle n’a-t-elle pas instauré dans la plupart des nouveaux Etats des régimes politiques autoritaires (dictatures militaires, monarchies totalitaires).

Ce qui nous fait dire que les « principes fondateurs » de la nature humaine sont insuffisants pour protéger les homme et les peuples des puissances étrangères ou des régimes politiques dictatoriaux. Si les peuples colonisés, réduits à l’état d’indigène, se sont vu imposés des iniquités politiques révoltantes (travaux forcés, impôt par capitation, cultures obligataires, corvées, etc.), l’aspiration à la libération est restée une constante en eux. Dans les pays décolonisés, l’appropriation du pouvoir par des dirigeants qui entendent se maintenir aux leviers de commande et ont transformé l’Etat en instrument d’oppression utilisé à leur profit personnel sera toujours confrontée à l’opposition populaire. Dans les deux cas, il y aura une situation de haine latente qui, si la conjoncture le favorise, précipite le conflit entre dominants et dominés.

 Cependant, ce « vivre » des hommes au sein des cités et des Etats dans une situation de latence désespérée des peuples ne peut relever seulement des quatre essences mentionnées supra. L’essence de l’homme étant originellement déterminée par ces principes, l’ascendant d’un homme sur un homme, ou d’une nation sur une nation, est une façon d’être normale dans l’Histoire. Mais cette façon d’être de l’homme et des peuples est évolutive. Car si l’Histoire était figée, on aurait alors des hommes et des peuples qui auraient un ascendant à l’infini sur d’autres hommes et d’autres peuples. Une situation figée serait contraire au sens même de l’existence. D’autant plus que les hommes ou les peuples qui auraient l’ascendant sur des hommes ou des peuples ne l’ont pas dû à eux-mêmes mais aux « circonstances historiques » qui ont favorisé leur ascendance et les ont placés au-dessus des autres.

 Pour comprendre, prenons deux êtres. Un est né vigoureux et fort, un autre est né chétif. Ou encore, un est né avec une intelligence qui dépasse la moyenne, un autre, avec une intelligence à peine moyenne. Dans les deux cas, les deux êtres n’y sont pour rien dans leurs facultés héritées, ils le doivent à leurs naissances qui sont contingentes. La « contingence » n’est pas comme on le croit contraire à la « Nécessité », puisque l’« étant » hérité est venu s’imprimer sur la « Nécessité » dotant le premier d’une faculté et le second d’une autre faculté. Ce qui nous amène à dire que l’ascendance d’un homme sur un homme, ou d’un peuple sur un peuple, le doive aux « contingences ». On comprend dès lors que l’esclavage ou la colonisation le doit à l’« étant », lui-même relevant de l’ordre des « étant-s » ou des « contingences ». Si l’exemple des deux êtres nous dit que l’homme n’a rien à voir à ce qui est donné puisqu’il le subit par la naissance, il en va de même pour l’ascendance des hommes et des peuples.

 Si, par exemple, les pays de l’Afrique noire étaient des nations suffisamment avancées, ni l’esclavage ni la colonisation n’aurait existé. Mais ces pays d’Afrique ne l’étaient pas alors que les pays européens l’étaient, ce qui a permis la pénétration coloniale européenne. Tout relève donc de l’« étant d’un macrocosme », comme il relève aujourd’hui d’un « autre étant du macrocosme ». Comme s’explique aussi pourquoi des territoires en Europe sont restés des siècles sous domination musulmane (Espagne, Sicile, Corse…). Comme les Celtes et autres races indo-européennes qui ont peuplé l’Europe, il y a plus d’un millénaire. Une date encore plus récente, les États-Unis, un pays neuf qui a moins de trois cent ans, peuplés par une mosaïque de races, sont devenus la première puissance du monde. Le monde ainsi est constitué d’un successif d’« Etant-s », relevant d’un ordre de contingences qui ne dépend que de l’« Essence » et dont l’existence elle-même tire son essence. Apparaît que l’« ordre des contingences » est aussi un principe fondateur dans l’existence des hommes et des peuples, il se lit comme une dimension « voilée » du devenir.

 Comme nous apparaît que le principal ennemi de l’Occident, au début du XXe siècle, n’a pas été le monde colonisé qui, en fin de compte n’a fait que prendre le train en marche pour se libérer, mais, paradoxalement, ont été la formidable puissance économique par où sont venues les crises et la formidable puissance militaire par où sont venues les guerres qui ont joué sur « sa propre destruction ».

Cette vision métaphysique du monde est bien une réalité puisque c’est de cette réalité de contingence et nécessité que les empires européens doivent leur disparition, et de celle-ci qu’est née la liberté des peuples. L’humanité ne se régit pas comme elle veut, qu’il y a bien une « Essence », une « Instance supérieure » aux hommes qui gouverne les peuples.

Medjdoub Hamed
Chercheur spécialisé en Economie mondiale,
Relations internationales et Prospective


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13 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 3 août 11:53

    Croire ou ne pas croire est un question de « foi » (etym. : confiance, se fier à), pas de philosophie ni de logique et de démonstrations casuistiques.

    Dans Le Hasard et la Nécessité, sous-titré Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne (1970), Jacques Monod a fait une analyse des avancées de la génétique, de la biologie moléculaire et de leurs conséquences philosophiques, une réflexion épistémologique plus intéressante qu’une interrogation métaphysique. Le titre de l’ouvrage est tiré d’une citation de : « Tout ce qui existe dans l’univers est le fruit du hasard et de la nécessité  ». Aucune instance « surnaturelle » là-dedans.


    • Hamed 3 août 12:28

      @Séraphin Lampion

      Conclusion de Jacques Monod : « Elle impose des institutions vouées à la défense, à l’extension,à l’enrichissement du Royaume transcendant des idées,de la connaissance, de la création. Royaume qui habite l’homme et où, de plus en plus libéré des contraintes matérielles comme des servitudes mensongères de l’animisme, il pourrait enfin vivre authentiquement, défendu par des institutions qui, voyant en lui à la fois le sujet et le créateur du Royaume, devraient le servir dans son essence la plus unique et la plus précieuse. »

      Bref Séraphin Monod vise un paradis sur terre pour les hommes ; il parle cependant « des idées, de l’essence la plus unique et la plus précieuse » ; d’où l’homme tient-il ces forces immanentes qui le servent et font de lui un créateur.

      Par exemple, le livre écrit par Jacques Monod « Le hasard et la Nécessité », est certes écrit par lui mais avant tout par sa pensée ; et qu’est-ce que cette pensée qui l’habite et qui aurait pu ne pas lui faire écrire ce livre, ni l’amener à parler de « Royaume transcendant ».

      En réalité, J. Monod comme il l’écrit : « Royaume transcendant qui habite l’homme et où, de plus en plus » l’élève et c’est elle qui parle en lui, et votre pensée interprète ce que vous vouliez entendre.

      La pensée peut faire dire à l’homme ce qu’elle veut. juste, futile, intéressante..., elle est omnisciente et herméneutique dans son essence. Ce qui explique pourquoi la diversité des êtres humains sur la terre.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 3 août 13:36

      @Hamed

      « et qu’est-ce que cette pensée qui l’habite »
      des connexions neuronales
      mais qui a créé les neurones, direz-vous !
      le hasard, la nécessité, l’évolution

      c’est si dur d’admettre la contingence ?


    • Hamed 3 août 15:46

      @Séraphin Lampion

      Vous dîtes : « « et qu’est-ce que cette pensée qui l’habite »des connexions neuronales » Très juste :mais qui a créé les neurones, direz-vous !

      le hasard, la nécessité, l’évolution.

      Pensez un instant, vous n’êtes plus, vos neurones et tous ceux qui ne seront plus, leurs neurones se perdent, se désagrègent reviennent à l’état physico-chimique de la terre et nourriront biologiquement d’autres êtres sur la terre puisque la Terre est par essence reproductrice par sa matière tout ce qui est vivant sur la terre.

      Pensez-vous que leurs pensées ne seront plus du fait qu’il n’y a plus de neurones ? Si leurs pensées se désagrègent c’est qu’il n’y a pas d’essence de la vie ; leurs disparaîtront comme leurs corps ont disparu. La question pourquoi exister si nous savons rien sur nous en tant qu’êtres nés sur terre et pourtant nous avons accompli des prodiges sur terre par nos pensées. Et tout ce que nous avons créé restera et témoignera pour nous ce que nous avons fait.

      Et qui témoignera pour nous ? Ceux qui resteront après nous et penseront à nous et ce que nous avons fait et ce que nous étions. Bien sûr, ce sera eux mais si on objective l’acte de penser, ce ne sont pas eux mais essentiellement leurs pensées qui penseront encore nos pensées par notre souvenir d’avoir été, d’avoir été près d’eux, de les avoir aimé, d’avoir été indifférent ou haï, peu importe ce qu’a été la relation.

      Force de dire par cette pensée, leurs pensées qui pensent à nous, qui se souviennent de nous que nos pensées restent vivantes après que nous ne seront plus.

      Quand vous dîtes : « c’est si dur d’admettre la contingence ? » Possible, mais c’est votre pensée qui vous laisse dans l’expectative, et par cette réflexion vous incite à réfléchir parce qu’elle sait que vous voulez comprendre.

      Un autre, sa pensée ne le fera pas réfléchir, un autre n’incitera à refuser cette réflexion et ainsi de suite.

      Séraphin, nous sommes nos pensées, vivant par nos pensées, nous ne serons plus mais nos pensées seront toujours et peut-être quittant notre habit terrestre nous serions auprès d’eux et auront ce à qui nous avons aspiré.

      Par exemple, ce qu’écrit Jacques Monod sur les institutions de demain sur terre, il les aura sur une autre dimension quand il ne sera plus.

      On ne sait jamais ce qui peut advenir pour les êtres humains qui pensent leurs pensée et ce que leur réservera leurs pensées lorsqu’ils ne seront plus. "Ils sont comptables de ce qu’ils ont pensé même si la pensée les a laissés penser ce qu’ils ont voulu ce qu’ils pensent. Et bien sûr ce qu’ils ont fait durant leurs existences.


    • p.castor p.castor 6 août 07:46

      @Hamed
      Lisez donc « l’analyse des sensations » du grand physicien Ernst MACH : « le monde est uniquement constitué de nos sensations »...


    • Hamed 6 août 09:52

      @p.castor

      Merci. J’essaierais d’apporter un éclairage sur la vision de Mach et la mienne ; je vos tiendrais au courant.


    • eddofr eddofr 3 août 13:59

      J’ai réussi à suivre l’auteur jusqu’au dernier paragraphe, malgré quelques grincements de dents ponctuels.

      Mais, le dernier paragraphe, en forme de « conclusion sortie de nulle part » ...

      Sinon, les grincements de dents sont toujours les mêmes :

      Pourquoi toujours prendre l’esclavagisme « occidental » en exemple ?

      Tous les peuples ont été esclavagistes, à un moment ou à un autre.

      Historiquement, des « peuples » actuels, c’est le peuple arabe qui l’a été le plus longtemps.

      Historiquement, des « peuples » actuels, le peuple « occidental » est le seul à avoir aboli l’esclavage.

       Pourquoi toujours prendre la colonisation « occidentale » en exemple ?

      Pourquoi pas la colonisation Romaine, Perse, Ottomane, ... ?

      Là encore, il me semble, qu’historiquement, le peuple occidental soit le seul qui ait « libéré » des colonies de lui-même (pas toutes, loin s’en faut, les algériens, les vietnamiens et quelques autres s’en souviennent).

      Enfin, juste une remarque. Les Empires Européens sont bien morts « en tant qu’Empires », mais pas les Nations et encore moins les peuples Européens.

      Faudrait pas les enterrer trop vite.

      En même temps, je comprend la tentation des « descendants d’opprimés » de taper sur le dos des Européens (bizarrement, pas ceux qui exploitent les richesses du tiers monde, seulement ceux qui font leur petite vie, tranquilles, dans leur propre pays). C’est tellement « facile ».

      Après tout, les européens sont les seuls qui admettent les torts de leurs ancêtres (enfin, une petite minorité de leurs ancêtres, en réalité). 

      Après tout, les européens sont les seuls à reconnaitre et à combattre le racisme au sein de leur propre système.

      Après tout, les européens sont les seuls à reconnaitre et vouloir donner des droits à d’autres qu’à eux mêmes.


      • Hamed 3 août 15:57

        @eddofr

        Je n’ai cité l’esclavagisme et la colonisation occidentale que parce qu’ils ont marqué le monde ; ils ont donné le nouveau monde. Sans l’esclavagisme et la colonisation occidentale, il n’y aurait pas les États-Unis, le Mexique, le Brésil, l’Argentine, le Canada, etc.

        Et puis cela entre dans les contingences de l’histoire, l’Europe n’a fait ceci que parce qu’elle a été prédestinée à ceux-ci. Quant aux autres peuples qui ont esclavagistes, certes ils l’ont été mais n’ont pas marqué l’histoire ; ils n’ont pas créé des grandes nations comme ce qui s’est passé pour l’Europe.

        Et là il faut le préciser relève d’une Pensée qui gouverne le monde. Une partie de l’Europe n’est-elle pas resté sous domination arabe, l’Espagne huit siècles.

        L’empire ottoman, cela relève d’un programme historique qui tout en dépassant les hommes s’inscrit dans le progrès du monde. Telle a été la destinée de l’humanité qui n’a pas choisi à être, « elle a été, elle est et elle deviendra encore ».


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 3 août 16:33

        @eddofr

        « Les Empires Européens sont bien morts « en tant qu’Empires », mais pas les Nations et encore moins les peuples Européens. »

        ça ne serait pas plutôt les empires, français et britannique en particulier, qui auraient changé de mode de gestion ?

        Il est quand même étonnant d’entendre un chef d’état européen dire pendant une visite dans une ancienne colonie : « Je vois trop souvent de l’hypocrisie, en particulier, sur le continent africain ».

        De quel droit et à quel titre, sinon à ceux de tutelle économique et politique, peut-il se permettre de sermonner ses pairs comme s’ils étaient des enfants et lui l’adulte ?

        En fait, quand elles n’exercent pas directement un contrôle militaire officiel, les anciennes puissances coloniales utilisent des prétextes « humanitaires » et « démocratiques » pour justifier leurs interventions. Les révoltes sont écrasées par des méthodes de contre-insurrection et le recours à la propagande de guerre permet d’obtenir le consentement des populations occidentales. Les médias liés aux intérêts des grandes entreprises exploitantes et de vente d’armes se taisent sur les événements où la responsabilité des grandes puissances est directement concernée quand ils n’en font pas l’apologie en mode « Rambo ».

        En plus, des accords commerciaux avec les dirigeants, les anciens « protecteurs » ont recours à la corruption (cf la Françafrique), et aux vieilles méthodes financières, connues mais déniées, pour générer ou entretenir une dette proportionnellement démurée par rapport aux états européens ou américains qui en sont également victimes.

        Cerise sur le gâteau : des politiques économiques et culturelles sont mises en place façon officielle (francophonie, young leaders, etc.) pour dominer les pays les moins puissants. Cette domination économique et culturelle revient à contrôler de fait les nations visées.


      • eddofr eddofr 4 août 10:25

        @Séraphin Lampion

        Oui et non (selon moi).

        Du temps où ces nations étaient des empires, les peuples britanniques, français, espagnols ou germaniques avaient le sentiment d’appartenir à cet Empire, de le constituer.

        Aujourd’hui, les empires ne sont plus nationaux mais commerciaux.

        Les peuples, les nations, ne sont plus impliqués dans cet impérialisme économique.

        Quand aux gouvernants et aux élites capitalistes, il ne servent guère plus que des intérêts privés égoïstes.

        Les empires nationaux ont laissé des « restes » et quelques « relents », mais ils sont bien morts.


      • Sylfaën.H. Sylfaën.H. 4 août 12:12

        Bonjour.

        D’un point de vue occidental ;

        NECESSITE : Te faire à bouffer. Assurer son MINIMUM. C’est la fonction-propre de tous animaux. La propriété a dévoyé le PRODUIRE du physique vers le vénal.

        LIBERTE : écho d’une frustration-(vol du Sol, expropriation ...) entretenu par paganisme vu position pro-Propriétas de l’Eglise chrétienne.

        NATURE : « Principe fondateur de la nature humaine » :

        *Un immanent créateur

        *des hommes unis dans une fraternité, liés par le Travail, celui du Sol, celui qui paye ET libère

        *Se sentir aimé

        *Plus que tous animaux, l’homme est un être de relation, au point d’en être dépendant quant à satisfaire ses besoins, nécessités, et ne plus même le voir, ne même plus avoir la reconnaissance du ventre.


        • https://twitter.com/france_soir/status/1555485709875683331

          Alors que le ministre de la Santé allemand, Karl Lauterbach, vient de recommander une quatrième dose de vaccin Covid pour les moins de 60 ans, le chef de la Commission permanente des vaccinations Thomas Mertens s’y est opposé. https://francesoir.fr/societe-sante/


          • https://twitter.com/UPR_Asselineau/status/1555516450542075904

            IL me semble impensable qu’Amnesty ait publié un tel rapport sans avoir eu le feu vert, sinon même la commande, de ses puissants commanditaires. Zelensky a donc du souci à se faire. Soit c’est une mise en demeure d’obéir à un ordre essentiel. Soit sa chute est décidée.

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Hamed


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