• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Espagne/corruption : le parti de Mariano Rajoy dans l’œil du (...)

Espagne/corruption : le parti de Mariano Rajoy dans l’œil du cyclone

Après l’affaire Bárcenas, liée au financement occulte du Parti Populaire, après le scandale des photos montrant le Premier ministre Mariano Rajoy sur le bateau d’un trafiquant de drogue, le parti au pouvoir en Espagne se trouve à nouveau dans la tourmente. En effet, de nombreux élus de Galice, proches du Parti Populaire, sont dans le viseur de la justice...

Opération Patos

Les opérations mains propres se succèdent en Galice. Après l’opération Cariocas, l’opération Pokemon en 2012, voici l’heure de l’opération Patos (canard en espagnol). Toutes ces investigations judiciaires se concentrent sur les hommes politiques galiciens et sur des affaires de corruptions de marchés publics. Le 18 février 2014, les agents de la police nationale ont perquisitionné le conseil provincial de Pontevedra et le bureau de Rafael Louzán, Président de cette institution. Ce dernier est un ami personnel du Premier ministre Mariano Rajoy et également éminent membre du Parti Populaire (PP).Selon la presse espagnole, lors de la descente de police dans son bureau, Rafael Louzán était absent, il serait en voyage pour convenance personnelle…

L’agence de presse Europa presse rapporte que lors des perquisitions réalisées au Conseil provincial de Pontevedra les policiers ont emporté de nombreux documents notamment tous ceux concernant les contrats des aménagements sportifs et urbains. Ils ont également réclamé les contrats passés entre le conseil provincial de Pontevedra avec la région de Vigo pour les deux dernières années. Parmi les nombreux dossiers mis sous scellés, se trouveraient également les contrats passés entre le conseil de Pontevedra et des entreprises comme CESPA SA, Eiriña, Enalvi, Inversións Patos,des sociétés de courtage d’environnement et de recyclage environnementaux.

L’opération Patos, menée tambour battant par la juge Marisol López du tribunal de Vigo a été organisée dans le plus grand secret. Le même jour, l’unité de délits financiers et fiscaux (UDEF) a frappé dans plusieurs villes de Galice. Ainsi les municipalités de Vigo, Santiago, Ourense , Nigrán et Ponteareas ont, elles aussi, eu la surprise de voir débarquer les policiers en civil. A la fin de la journée, cinq personnes avaient été arrêtés, elles sont soupçonnées de corruption, trafic d’influence, faux et usage de faux. Ces cinq personnes sont sorties le jour après profitant du droit de ne rien déclarer au juge. Parmi les personnes interpellées se trouve un conseiller municipal de la ville de Nigrán, José Alvarez Valverde , Galice et Enrique Alonso Pais, responsable des autres sociétés susmentionnées ainsi que père de Alexia Alonso, une membre du conseil municipale de Vigo et du PP, et deux responsables de la société CESPA .

Cette filiale du groupe Ferrovial semble être le centre névralgique de cette enquête. Le journal la Voz de Galicia rapporte qu’après cette arrestation, la société CESPA SA s’est contenté de déclarer : « si un employé n’a pas agi en conformité avec les règles de déontologie, il sera immédiatement limogé. » Et d’ajouter qu’elle pratiquait une politique de « tolérance zéro ».

Tolérance zéro

Dans un pays défiguré par la crise de 2008, les premiers à réclamer la tolérance zéro en matière de corruptions sont les citoyens espagnol. Déjà lors de l’affaire Luis Bárcenas du nom de l’ancien trésorier du Parti Populaire ayant arrosé de pots de vins les cadres de ce parti, les Espagnols avaient massivement signé une pétition pour demander la démission de Mariano Rajoy. Lorsqu’en 2013, le journal El Païs a sorti les photos du Premier ministre et d’Alberto Núñez Feijóo Président du Gouvernement de Galice en compagnie du trafiquant Marcial Dorado, les images avaient défrayé la chronique. Mais en Espagne, la Galice, Gouvernement autonome, depuis le 16ème siècle, est un monde à part.

Les liens entre trafiquants de toutes sortes, narcos, corrupteurs et corrompus, élus et mafieux font presque partie de la culture locale. Pour preuve, les multiples opérations tentées par la justice espagnole de Nécora à Patos en passant par Pokemon, pour assainir la vie politique locale n’ont jamais été suivies de poursuite contre les leaders locaux. Seul le menu fretin a payé pour le festin des gros poissons. Il faut signaler que la toile d’araignée dans laquelle s’imbrique élus du Parti populaire, fonctionnaires de l’Etat et trafiquants de tous ordres est si serrée qu’il est bien difficile de savoir qui protège qui ?

Ainsi, en 2006, le journal d’extrême gauche, Novas Da Galiza rapportait des informations selon lesquelles le chef du Service de Vigilance Douanière de Galice, Hermelino Alonso Eiras aurait donné des informations concernant des enquêtes en cours contre des narcos à d’autres trafiquants. En échange, il recevait de la part de la mafia des informations de premières mains pour arrêter les concurrents de cette dernière et se faisait une solide réputation de super flic dans son service. Les bénéfices auraient été aussi sonnants et trébuchants. Parions donc que la tolérance zéro en Galice n’est pas pour demain…

En attendant Mariano Rajoy et son parti vont devoir s’expliquer une nouvelle fois devant le peuple espagnol.


Moyenne des avis sur cet article :  4.43/5   (7 votes)




Réagissez à l'article

12 réactions à cet article    


  • reveil reveil 18 mars 2014 10:32

    Mariano Rajoy me parait être un homme intègre et son gouvernement a beaucoup plus d’allure et d’efficacité que les piètres représentants du gouvernement Français depuis une dizaine d’année droite et gauche confondues.
    Les partis ont besoin d’énormes quantités d’argent pour leur campagne ce qui explique quelques couacs sur leur financement, à noter que les syndicats ont les mêmes problèmes.
    Je ne connais personne qui à un moment donné dans sa vie ai pu monter dans un avion ou sur un bateau sans être sûr que celui ci ne transporte de la drogue. On ne peut pas avoir en permanence une escouade de policiers avec soi pour vérifier que l’on en met pas le pied dans un traquenard.
    J’ai un pour ma part un très gentil collègue de travail avec qui je formais un excellent binôme qui un jour s’est suicidé suite à une affaire de pédophilie. Je n’étais au courant de rien et personne n’aurait pu imaginer un instant qui il était. Cela ne fait pas de moi un pédophile pour autant.
    Il faut bien faire attention à ne pas pratiquer l’amalgame à tour de bras.


    • ALEA JACTA EST ALEA JACTA EST 19 mars 2014 09:22

      @Réveil
      Savez-vous de quoi vous parlez ????????’
      L’ affaire Barcenas ( trésorier du PP)ce sont plus de 20 ans de financements illégaux( 32 millions d ’ euros retrouvés en Suisse sur ses comptes personnels).
      Quand je dis 20 ans c’ est un minimum car le trésorier antérieur Lapuerta n’ est pas en mesure de témoigner à cause de son état de détérioration physique mais d’ après le témoignage de Barcenas et d’ autres, Barcenas n’ avait fait que reprendre les affaires de Lapuerta...
      La corruption a couté des milliards en surfacturation et en projets débiles et couteux que nous payons tous maintenant ( 16 aéroports sans avions...autoroutes sans bagnoles dessus..etc..trains à grande vitesse sans voyageurs...et dessous de tables pour tout le monde !!!).
      Ce qui veut dire que non seulement ce sont des voleurs, des délinquants financiers notoires, mais ce sont aussi des débiles mentaux qui ont ruiné un pays...La fameuse bulle immobilière avec plus d’ un million de logements construits qui ne trouvent pas acquéreur c’ est quand même sours l’ époque d’ Aznar( celui qui a fait croire à un miracle économique espagnol...)


    • ALEA JACTA EST ALEA JACTA EST 19 mars 2014 09:40

      @Réveil
      Vous avez bien compris que j’ ai un point de vue de gauche( non socialiste...mélenchonniste dirons-nous), cependant sachez que j’ ai des amis qui sont de droite et que je respecte...par contre, je ne respecte aucune des personnes qui font parti de la haute hierarchie du parti populaire car ce parti est GLOBALEMENT coupable et ce , depuis de très nombreueses années...C’ est un parti vraiment POURRI qui devrait s’ autodissoudre s’ il lui restait une once de décence.
      Enfin je suis sûr que l’ histoire sera très sévère avec eux car la justice a beau être lente , elle mettra en évidence des comportements tout simplement mafieux.


    • ALEA JACTA EST ALEA JACTA EST 19 mars 2014 10:01

      @Réveil
      Je m’ empresse d’ ajouter que les socialistes espagnols ont malheureusement eux-aussi leurs affaires( notamment le scandale des ERE en Andalousie tout à fait condamnable ..dossier entre les mains de la juge Ayala) mais rien qui atteigne le degré généralisé de pourriture qui existe au sein du Parti Populaire


    • reveil reveil 19 mars 2014 10:29

      Barcenas c’est Aznar pas Rajoy qui doit maintenant réparer les conneries de ses prédecesseurs. En France c’est la même chose, l’élu de droite ou de gauche qui reprendra la présidence en 2017 après 20 années catastrophiques aura du pain sur la planche.
      Mariano Rajoy est un peu dans cette situation. Le problème endémique de la gauche, c’est qu’elle est archi sectaire. On n’accède pas au pouvoir sans cotoyer à un moment ou un autre des personnages douteux.


    • ALEA JACTA EST ALEA JACTA EST 19 mars 2014 11:00

      @Réveil
      Après les révélations de Barcenas, Rajoy aurait dû déclencher une purge, du genre je me coupe le bras pour ne pas y laisser ma peau, mais une telle purge n’ est pas envisageable car c’ est toute la coupole du parti populaiure qui est impliquée ( et on peut supposer que Rajoy en fait parti car il a fait toute sa carrière au sein de ce parti...et Barcenas l’ accuse formellement d’ avoir perçu des dessous de tables).
      Donc Rajoy ne peut rien faire si ce n’ est jouer la montre...


    • ALEA JACTA EST ALEA JACTA EST 19 mars 2014 11:32

      Il y a un dernier point qui est assez édifiant.Une grande majorité des électeurs de droite pense que Rajoy a menti sur l’ affaire Barcenas, ce qui veut dire que le leader n’ a même pas convaincu ses propres partisans...incroyable, non ?
      ceci montre le degré de déliquescence morale de la droite espagnole en général ...là on peut dire qu’ avec Barcenas on touche le fond du fond....
      Enfin, il y a 2 types de corruption qui sont toutes 2 condamnables mais que je ne mets pas sur le même plan.
      Il y a celle qui sert le financement du parti, et il y a celle qui va directement dans les poches de petits malins véreux et qui sert à les enrichir personellement....L’ affaire Barcenas démontre que c’ est la 2 ème qui prédomine au sein du PP.Tout simplement écoeurant et dégueulasse !!!


    • reveil reveil 18 mars 2014 10:39

      Et j’ajouterai que quand tu vois les gesticulations du crétin de la gauche Rubalcaba qui n’a rien à envier à François Hollande en matière de nullitude, je te dirai qu’à tout prendre je préfère de loin un Mariano Rajoy qui se débat pour sortir de la crise...Un signe qui ne trompe pas, sa côte de popularité de plus de 60% à comparer avec celle de notre brillant plongeur.


      • reveil reveil 18 mars 2014 10:58

        Et la lutte contre la corruption dans la province de Gallice qui la dirige sinon le gouvernement en place de Rajoy qui pourrait tout aussi bien étouffer les enquêtes, cela prouve bien qu’il n’est pas sectaire.


        • asterix asterix 18 mars 2014 17:41

          Ne dit-on pas que la plupart de l’argent détourné en Galice a été investi à Cuba ? Fidel n’était-il pas originaire de Galice ? Son frère n’a t-il pas trempé dans un trafic de coke avec Escobar avant de faire exécuter Ochoa à sa place ? La Galice n’est-elle pas avec Anvers, le principal point de chute de la coke en Europe ?
          P’t’être bien que oui, p’t’être bien que non...


          • ALEA JACTA EST ALEA JACTA EST 19 mars 2014 09:02

            Bonjour , effectivement la politique telle qu’ elle est pratiquée en Galice appartient à un autre siècle. Les caciques locaux paternaliste et clientélistes...une droite ARCHAIQUE, CORROMPUE JUSQU’ À LA MOELLE ET RINGARDE.
            Tout simplement de quoi vomir...
            Pour revenir à la droite et au PP les scandales en majuscule en Espagne ce sont les affaires Barcenas et la trame Gürtel :
            BARCENAS c’ est la preuve que la droite pratique le financement illégal depuis plus de 20 ans avec une double comptabilité entr les mains du juge Rus...D’ après les cahiers de Barcenas, tous les responsables y compris Rajoy auraient bénéficié de dessous de tables...de quoi renvoyer la droite dans l’opposition pour 1000 ans au moins...
            Quant à la trame Gurtel. jugée depuis plus de 4 ans mais dont l’ instruction n’ est pas terminée,elle met en évidence un énorme réseau de trafic d’ influence qui permettait de surfacturer des actes publics et des projets de Valencia à Madrid...Au mariage de la fille d’ Aznar il y avait 17 personnes qui ont été inculpées plus tard...à se demander si ce n’ était pas le mariage de la fille du « parrain... »
            Pour moi l’ Espagne d’ aujourd’ hui est davantage corrompue que l’ Italie de Berlusconi : je vis dans une région, la communauté de Valencia, où les électeurs ont voté majoritairement comme des zombies en sachant parfaitement que leurs représentants étaient corrompus( ma région détient le triste record du nombre d’ élus inculpés)...On peut parler de société « malade ». le mot n’ est pas trop fort.
            C’ est toute une façon de voir la politique qui aujourd’ hui, avec la crise économique est caduque : fini l’ époque des vaches grasses et de l’argent facile à répartir entre petits copains..là on est revenu sur terre avec une économie peu compétitive, d’ énormes dettes à rembourser dûes au gaspillage de l’ argent public et aux malversations...et la seule solution de la droite c’ est abaisser les salaires pour retrouver de le compétitivité( dans un pays où les smic est à 600 euros)..reste plus qu’ ils réinventent l’ esclavage...la droite espagnole c’ est nul de chez nul : ils sont d’ un autre temps...les jeunes qui ont une qualification partent à l’ étranger car ce pays tant qu’ il restera dirigé par Rajoy et toute la clique corrompue qui l’ entoure c’ est et ce sera « NO FUTURE ».


            • reveil reveil 19 mars 2014 10:34

              J’ai fréquenté des amis du PS jusqu’à des très proches de la présidence, les marchés publics (appels d’offres) étaient taxés de 5% pour les obtenir, les pratiques sont les mêmes des deux côtés pour financer les partis.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

manualvares


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès




https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/