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Accueil du site > Tribune Libre > Et maintenant chantons !

Et maintenant chantons !

Qui a dit que la chanson française était ringarde ? Sûrement des aigris, des grincheux ou alors des personnes qui n’y connaissent rien ou bien encore des incultes…Bref, des personnes qui ne doivent pas habiter en France, pour un peu c’est encore une déclaration de François Hollande ou un coup des migrants, je ne vois que cela, le Français se distinguant par son ouverture d’esprit, sa curiosité insatiable et son extrême bienveillance pour tout ce qui vient de chez lui.

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Photo Nathalie Morg

Sur le plan de l’art, jamais au grand jamais (ou alors c’est un naturalisé), un de nos concitoyens n’oserait critiquer un film, disque ou un livre français qu’il n’a pas vu, écouté ou lu. Jamais au grand jamais (ou alors c’est encore un naturalisé) un jugement de valeur ne serait posé sur une œuvre artistique française quelle qu’elle soit. Et quand bien même un des nôtres céderait-il à cette facilité intellectuelle, ses critiques seraient obligatoirement constructives et dénuées de tout apriori.

Il ne lui viendrait pas à l’esprit de casser du sucre sur le dos d’un concurrent beaucoup plus talentueux que lui ou de consommer de la culture comme un mouton. Nous sommes un pays d’intellectuels optimistes. Cet article tenait à rétablir la vérité.

Ainsi par exemple : si nous lisons 50 nuances de Grey davantage que Marguerite Duras, c’est uniquement par modestie, afin de ne pas écraser le monde avec notre intelligence supérieure et notre culture élitiste. Bonté donc, j’écris ton nom. Il n’y a qu’à voir, le lundi matin quand nous accueillons nos collègues à bras ouverts, le sourire aux lèvres dès potron-minet.

En France, l’ouverture est le maître mot. Il en est de même en politique : nous sommes hyper-open aux réformes car nous saisissons instinctivement le bon sens quand il se présente à nous. C’est simple, dès que quelqu’un dans ce pays propose quelque chose de nouveau, tout le monde lui emboite le pas et l’encourage. Le problème, c’est que cet enthousiasme s’exprime de façon hyper discrète afin de ne pas donner tort à nos voisins européens, d’où de fréquents malentendus.

Mais je divague et dans votre extrême bonté vous allez m’aider à aller au bout de mon raisonnement. Donc, pourquoi la chanson française en ouverture de cet article ? N’allez pas penser que je sois favorable à de quelconques quotas, voyons ! Notre patrimoine se porte super bien et se défend tout seul grâce à cet esprit éclairé que nous tenons de l’époque des Lumières.

Peut-être alors par nostalgie d’un temps pas si éloigné où il était fréquent de voir dans nos médias des artistes français ou francophones qui ne se prenaient pas au sérieux et qui nous enchantaient par leur bonne humeur et leur fantaisie. Rappelez-vous, ces émissions de Maritie et Gilbert Carpentier qui donnaient lieu à des shows télévisés décalés et divertissants. Rappelez-vous, Champs Elysées, Sacrée Soirée, ces programmes où la musique populaire était programmée en prime-time. Il est vraiment surprenant qu’aujourd’hui avec toutes les chaines disponibles, pas une ne nous offre une émission de variétoche digne de ce nom.

Le manque de visibilité de la chanson française à l’écran ne peut être qu’un complot, un stratagème des Illuminatis, des Anonymous voire une perfidie de Poutine ! Sûrement pas une politique des chaînes de télévision. Et puis quand cela serait, il resterait toujours les radios à emm…en leur imposant des quotas de chansons françaises mais heureusement, nous n’en sommes pas là.


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13 réactions à cet article    


  • Antoine 29 septembre 2015 23:26

      Tant qu’à nous refiler des cochonneries, autant que ce soit des produits du terroir !


    • Hector Hector 30 septembre 2015 11:00

      Bonjour Plummetis,
      Les Carpentiers c’était dans les années 60 et, à cette époque il y avait encore des compositeurs et interprètes de valeur, des chansons à textes, des musiques originales et de jolies mélodies.
      C’est pour ça qu’il y avait des Carpentiers, des Guy Lux ou des Jean Nohain.
      Quid de tout ça ? aujourd’hui le « look vedette » ou star a remplacé l’inspiration, à part pour quelques uns mais qui datent déjà des années 80.
      Les chanteurs ont pourtant tous le désir de coller au plus près à notre emblème le coq.
      Non seulement ils peuvent chanter les deux pieds dans la merde, mais par un phénomène de capillarité, certainement, celle-ci leur sort également par la bouche.


      • Fergus Fergus 30 septembre 2015 12:00


        Bonjour, Hector

        Le problème est que le marketing a largement pris le pas sur la création artistique. D’où la prédominance de chansons formatées, le plus souvent écrites pour répondre à des objectifs de vente sur les segments de clientèle les plus générateurs de profits.

        Allez, pour se remonter le moral, petit retour dans le temps en trois volets :

        La chanson française à la Belle Epoque

        Chanson française : de la Grande Guerre aux Année Folles

        Chanson française : 1930-1939, ou l’insouciance aveugle


      • Antoine 30 septembre 2015 12:50

        @Fergus
        Fergus, toujours en phase avec les niaiseries !


      • Fergus Fergus 30 septembre 2015 13:00

        Bonjour, Antoine

        Les « niaiseries » font partie de la vie. Elles sont même fréquentes en politique (cf. Morano).

        Certes, la chanson - de toutes les époques - n’a pas été avare de « niaiseries », mais qualifier le genre tout entier de niais relève non seulement de la faute d’appréciation, mais aussi d’une forme de mépris pour tous veux qui prennent plaisir à se détendre de cette manière, fut-ce à l’écoute d’une insipide bluette.

        A chacun ses goûts !


      • Antoine 30 septembre 2015 22:26

        @Fergus
        Mon cher Fergus, si Mcdo est pour vous de la gastronomie à votre convenance, pourquoi pas non plus...


      • tf1Groupie 30 septembre 2015 14:40

        La chanson française est très représentée à la télé : regardez Patrick Sébastien, ce grand artiste est à l’antenne très régulièrement et en « Prime »

        Ah, qu’est-ce qu’on est serrés ........


        • Le p’tit Charles 4 octobre 2015 10:16

          J’espère pour vous que c’est de second degré.. ?


          • Pierre Régnier Pierre Régnier 5 octobre 2015 09:01

            Pas besoin "d’un complot, d’un stratagème des Illuminatis, des Anonymous ou d’une perfidie de Poutine" pour éliminer la chanson française.

             

            Même les journalistes de l’audiovisuel "de service public", qui privilégient la chanson anglo-saxonne (réduite par eux à sa seule musique) tiennent à prouver à tout moment qu’ils ont appris l’anglais en écoutant les Beatles et leurs enfants du showbiz, et qu’ils ne sont jamais sortis du lycée.

             

            La chanson française dans les grands médias ne constitue pas un domaine d’exception. Elle est méprisée comme tout le reste de la culture française parce que c’est la mode, laquelle est imposée par la démagogie politicienne et journalistique asservie à l’économisme mondialisé.


            • Claus D. 6 octobre 2015 14:37

              « La poésie contemporaine ne chante plus, elle rampe.

              Elle a cependant le privilège de la distinction, elle ne fréquente pas les mots malfamés, elle les ignore.

              On prend les mots avec des gants. A « menstruel » on préfère « périodique », et on va répétant qu’il y a des mots qu’il ne faut pas sortir des laboratoires et du codex.

              Le snobisme scolaire qui consiste en poésie à n’employer de certains mots déterminés, à la priver de certains autres, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baise-main.

              Ce n’est pas le rince-doigts qui fait les mains propres, ni le baise-main qui fait la tendresse.

              Ce n’est pas le mot qui fait la poésie, mais la poésie qui illustre le mot.

              Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s’ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.

              Le poète d’aujourd’hui doit être d’une caste, d’un parti, ou du tout-Paris. Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.

              La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n’être que lue et enfermée dans sa typographie n’est pas finie. Elle ne prend son sexe qu’avec la corde vocale, tout comme le violon prend le sien avec l’archet qu’il touche.

              L’embrigadement est un signe des temps, de notre temps. Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.

              Les sociétés littéraires, c’est encore la société.

              La pensée mise en commun est une pensée commune.

              Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien, et des fantômes.

              Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.

              Beethov’ était sourd.

              Ravel, avait dans la tête, une tumeur, qui lui suça d’un coup toute sa musique.

              Il fallut quêter pour enterrer Bella Bartók.

              Rutebeuf avait faim.

              Villon volait pour manger.

              Tout le monde s’en fout ; L’art n’est pas un bureau d’anthropométrie, la lumière ne se fait que sur les tombes.

              Nous vivons une époque épique, et nous n’avons plus rien d ‘épique.

              La musique se vend comme le savon à barbe.

              Pour que le désespoir même se vende, il ne reste plus qu’à en trouver la formule. Tout est prêt , les capitaux, la publicité, la clientèle. qui donc inventera le désespoir, avec nos avions, qui dament le pion au soleil, avec nos magnétophones qui se souviennent, de ces voix qui se sont tues. Avec nos âmes en rade, au milieu des rues. Nous sommes au bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande, à regarder passer les révolutions.

              N’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres.

              Les plus beaux chants sont des chants de revendication.

              Le vers doit faire l’amour dans la tête des populations,. A l’école de la poésie on n’apprend pas, on se bat ! »
              (Léo Ferré)


              • Claus D. 6 octobre 2015 15:02

                A Biftec baron du homard
                Et sa technique du caviar
                Qui ressemblait à du hareng
                A Bec d’Azur du pif comptant
                Qui créchait côté de Sancerre
                Sur les MIDNIGHT à moitié verre
                Chez un bistre de ses clients
                Aux spécialistes d’la scoumoune
                Qui se sapaient de courants d’air
                Et qui prenaient pour un steamer
                La compagnie Blondit and Clowns
                Aux pannes qui la langue au pas
                En plein hiver mangeaient des nèfles
                A ceux pour qui deux sous de trèfle
                Ça valait une Craven A
                A ceux-là je laisse la fleur
                De mon désespoir en allé
                Maintenant que je suis paré
                Et que je vais chez le coiffeur
                Pauvre mec mon pauvre Pierrot
                Vois la lune qui te cafarde
                Cette Américaine moucharde
                Qu’ils ont vidée de ton pipeau
                Ils t’ont pelé comme un mouton
                Avec un ciseau à surtaxe
                Progressivement contumax
                Tu bêle à tout va la chanson
                Et tu n’achètes plus que du vent
                Encore que la nuit venue
                Y a ta cavale dans la rue
                Qui hennit en te klaxonnant
                Le Droit la Loi la Foi et Toi
                Et une éponge de vin sur
                Ton Beaujolais qui fait le mur
                Et ta Pépée qui fait le toit
                Et si vraiment Dieu existait
                Comme le disait Bakounine
                Ce Camarade Vitamine
                Il faudrait s’en débarrasser
                Tu traînes ton croco ridé
                Cinquante berges dans les flancs
                Et tes chiens qui mordent dedans
                Le pot-au-rif de l’amitié
                Un poète ça sent des pieds
                On lave pas la poésie
                Ça se défenestre et ça crie
                Aux gens perdus des mots FERIES
                Des mots oui des mots comme le Nouveau Monde
                Des mots venus de l’autre côté clé la rive
                Des mots tranquilles comme mon chien qui dort
                Des mots chargés des lèvres constellées dans le
                dictionnaire des
                constellations de mots
                Et c’est le Bonnet Noir que nous mettrons sur le vocabulaire
                Nous ferons un séminaire, particulier avec des grammairiens
                particuliers aussi
                Et chargés de mettre des perruques aux vieilles pouffiasses
                Littéromanes
                IL IMPORTE QUE LE MOT AMOUR soit rempli de mystère et non
                de tabou, de péché, de vertu, de carnaval romain des draps
                cousus
                dans le salace
                Et dans l’objet de la policière voyance ou voyeurie
                Nous mettrons de longs cheveux aux prêtres de la rue pour
                leur
                apprendre à s’appeler dès lors monsieur l’abbé Rita
                Hayworth
                monsieur l’abbé BB fricoti fricota et nous ferons des
                prières inversées
                Et nous lancerons à la tête des gens des mots
                SANS CULOTTE
                SANS BANDE A CUL
                Sans rien qui puisse jamais remettre en question
                La vieille la très vieille et très ancienne et démodée
                querelle du
                qu’en diront-ils
                Et du je fais quand même mes cochoncetés en toute
                quiétude sous
                prétexte qu’on m’a béni
                Que j’ai signé chez monsieur le maire de mes deux mairies
                ALORS QUE CES ENFANTS SONT TOUT SEULS DANS LES
                RUES
                ET S’INVENTENT LA VRAIE GALAXIE DE L’AMOUR
                INSTANTANE
                Alors que ces enfants dans la rue s’aiment et s’aimeront
                Alors que cela est indéniable
                Alors que cela est de toute évidence et de toute éternité
                JE PARLE POUR DANS DIX SIECLES et je prends date
                On peut me mettre en cabane
                On peut me rire au nez (ça dépend de quel rire)
                JE PROVOQUE-À L’AMOUR ET À L’INSURRECTION
                YES ! I AM UN IMMENSE PROVOCATEUR
                Je vous l’ai dit
                Des armes et des mots c’est pareil
                Ça tue pareil
                II faut tuer l’intelligence des mots anciens
                Avec des mots tout relatifs, courbes, comme tu voudras
                IL FAUT METTRE EUCLIDE DANS UNE POUBELLE
                Mettez-vous le bien dans la courbure
                C’est râpé vos trucs et manigances
                Vos démocraties où il n’est pas question de monter à
                l’hôtel avec
                une fille
                Si elle ne vous est pas collée par la jurisprudence
                C’est râpé Messieurs de la Romance
                Nous, nous sommes pour un langage auquel vous n’entravez que
                couic
                NOUS SOMMES DES CHIENS et les chiens, quand ils sentent la
                compagnie,
                Ils se dérangent et on leur fout la paix
                Nous voulons la Paix des Chiens
                Nous sommes des chiens de « bonne volonté »
                El nous ne sommes pas contre le fait qu’on laisse venir à
                nous
                certaines chiennes
                Puisqu’elles sont faites pour ça et pour nous
                Nous aboyons avec des armes dans la gueule
                Des armes blanches et noires comme des mots noirs et blancs
                NOIRS COMME LA TERREUR QUE VOUS ASSUMEREZ
                BLANCS COMME LA VIRGINITÉ QUE NOUS ASSUMONS
                NOUS SOMMES DES CHIENS et les chiens, quand ils sentent la
                compagnie,
                II se dérangent, ils se décolliérisent
                Et posent leur os comme on pose sa cigarette quand on a
                quelque
                chose d’urgent à faire
                Même et de préférence si l’urgence contient l’idée de
                vous foutre
                sur la margoulette
                Je n’écris pas comme de Gaulle ou comme Perse l
                JE CAUSE et je GUEULE comme un chien
                JE SUIS UN CHIEN


                • Claus D. 7 octobre 2015 13:19

                  Bipède volupteur de lyre
                  Epoux châtré de Polymnie
                  Vérolé de lune à confire
                  Grand-Duc bouillon des librairies
                  Maroufle à pendre à l’hexamètre
                  Voyou décliné chez les Grecs
                  Albatros à chaîne et à guêtres
                  Cigale qui claque du bec

                  Poète, vos papiers !
                  Poète, vos papiers !

                  J’ai bu du Waterman et j’ai bouffé Littré
                  Et je repousse du goulot de la syntaxe
                  A faire se pâmer les précieux à l’arrêt
                  La phrase m’a poussé au ventre comme un axe

                  J’ai fait un bail de trois six neuf aux adjectifs
                  Qui viennent se dorer le mou à ma lanterne
                  Et j’ai joué au casino les subjonctifs
                  La chemise à Claudel et les cons dits « modernes »

                  Syndiqué de la solitude
                  Museau qui dévore du couic
                  Sédentaire des longitudes
                  Phosphaté des dieux chair à flic
                  Colis en souffrance à la veine
                  Remords de la Légion d’honneur
                  Tumeur de la fonction urbaine
                  Don Quichotte du crève-c ? ur

                  Poète, vos papiers !
                  Poète, Papier !

                  Le dictionnaire et le porto à découvert
                  Je débourre des mots à longueur de pelure
                  J’ai des idées au frais de côté pour l’hiver
                  A rimer le bifteck avec les engelures

                  Cependant que Tzara enfourche le bidet
                  A l’auberge dada la crotte est littéraire
                  Le vers est libre enfin et la rime en congé
                  On va pouvoir poétiser le prolétaire

                  Spécialiste de la mistoufle
                  Emigrant qui pisse aux visas
                  Aventurier de la pantoufle
                  Sous la table du Nirvana
                  Meurt-de-faim qui plane à la Une
                  Ecrivain public des croquants
                  Anonyme qui s’entribune
                  A la barbe des continents

                  Poète, vos papiers !
                  Poète, documenti !

                  Littérature obscène inventée à la nuit
                  Onanisme torché au papier de Hollande
                  Il y a partouze à l’hémistiche mes amis
                  Et que m’importe alors Jean Genet que tu bandes

                  La poétique libérée c’est du bidon
                  Poète prends ton vers et fous-lui une trempe
                  Mets-lui les fers aux pieds et la rime au balcon
                  Et ta muse sera sapée comme une vamp

                  Citoyen qui sent de la tête
                  Papa gâteau de l’alphabet
                  Maquereau de la clarinette
                  Graine qui pousse des gibets
                  Châssis rouillé sous les démences
                  Corridor pourri de l’ennui
                  Hygiéniste de la romance
                  Rédempteur falot des lundis

                  Poète, vos papiers !
                  Poète, salti !

                  Que l’image soit rogue et l’épithète au poil
                  La césure sournoise certes mais correcte
                  Tu peux vêtir ta Muse ou la laisser à poil
                  L’important est ce que ton ventre lui injecte

                  Ses seins oblitérés par ton verbe arlequin
                  Gonfleront goulûment la voile aux devantures
                  Solidement gainée ta lyrique putain
                  Tu pourras la sortir dans la Littérature

                  Ventre affamé qui tend l’oreille
                  Maraudeur aux bras déployés
                  Pollen au rabais pour abeille
                  Tête de mort rasée de frais
                  Rampant de service aux étoiles
                  Pouacre qui fait dans le quatrain
                  Masturbé qui vide sa moelle
                  A la devanture du coin

                  Poète ... circulez !
                  Circulez poète !
                  Circulez !


                  • Claus D. 7 octobre 2015 13:20

                    Avec nos pieds chaussés de sang
                    Avec nos mains clouées aux portes
                    Et nos yeux qui n’ont que des dents
                    Comme les têtes qui sont mortes
                    Avec nos poumons de Camel
                    Avec nos bouches-sparadrap
                    Et nos femmes qu’on monte au ciel
                    Dans nos ascenseurs-pyjamas

                    t’es Rock, Coco ! t’es Rock !

                    Avec nos morales bâtardes
                    Filles d’un Christ millésimé
                    Et d’un almanach où s’attarde
                    Notre millénaire attardé
                    Et puis nos fauteuils désossés
                    Portant nos viandes avec os
                    Et la chanson des trépassés
                    Des jours de gloire de nos boss

                    t’es Rock, Coco ! t’es Rock !

                    Avec nos oreilles au mur
                    Avec nos langues polyglottes
                    Qui magnétophonisent sur
                    Tous les tons et toutes les bottes
                    Avec nos pelisses nylon
                    Qui font s’attrister les panthères
                    Dans les vitrines du Gabon
                    Leur peau pressentant la rombière

                    t’es Rock, Coco ! t’es Rock !

                    Avec nos journaux-pansements
                    Qui sèchent les plaies prolétaires
                    Et les cadavres de romans
                    Que les Goncourt vermifugèrent
                    Avec la société bidon
                    Qui s’anonymise et prospère
                    Et puis la rage au pantalon
                    Qui fait des soldats pour la guerre

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