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Accueil du site > Tribune Libre > Être woke (1/3)

Être woke (1/3)

Le wokisme est une nébuleuse englobant entre autres théorie critique de la race, anti-racisme, études de genre, privilège blanc, diversité, post-colonialisme, intersectionnalité, politique identitaire et culture d’annulation. Il n’est donc pas étonnant qu’il soit critiqué par les médias de droite. Heureusement, il est soutenu par les progressistes : en effet, d’après un sondage Ifop de février 2021, le militant woke est « une femme, âgée de 18 à 35 ans, diplômée (ou bientôt diplômée), issue d’une famille aisée, qui a voté pour Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2017 et qui déclare aujourd’hui une proximité politique avec LFI ou EELV ».

Nos camarades américains étant très en avance dans ce domaine, il est naturel de mentionner leurs actions et résultats, qui sont pour l'essentiel l'œuvre d'universitaires et d'étudiants très vigilants dans la défense de leurs idées. Nous leur avions prêté Deleuze, Foucault, Derrida et Bourdieu ; ils nous en remercient à leur façon.

L’ importance du sujet justifie les 3 articles qui lui sont consacrés :

– le premier abordera l’origine de la prise de conscience, et le racisme dans l’éducation, domaine pourtant indispensable pour le combattre ;

– le deuxième montrera comment ce combat est remarquablement mis en œuvre dans de nombreuses universités et sociétés US :

– le troisième évoquera un florilège d’autres thèmes ainsi que des réalisations françaises ou européennes.

On ne peut pas aborder un sujet aussi important en ne citant qu’un ou deux articles, ce qui explique le nombre élevé de citations ; cependant, chacune d’elles, commençant par un tiret, peut être lue indépendamment des autres.
 

GLOSSAIRE

Avant de commencer, il est nécessaire de définir un certain nombre de mots et expressions peu connu·e·s.

• Woke : (« éveillé ») désigne le fait d’être conscient des problèmes liés à la justice sociale et à l’égalité raciale. [Wiki]

• Blanchité : hégémonie sociale, culturelle et politique blanche.

• Critical race theory (CRT) : théorie basée sur la prémisse que la race n’est pas une caractéristique naturelle et biologiquement fondée, mais une catégorie socialement construite utilisée pour opprimer et exploiter les personnes de couleur.

DEI : Diversity Equity inclusion [Purdue Univ.]

Diversité : « les différences humaines perçues dans l’apparence, la pensée et les actions, façonnées par des systèmes historiques et sociaux d’avantages et de désavantages ». La diversité comprend, sans s’y limiter, « les identités intersectionnelles formées autour d’idées et d’expériences liées à la race, l’origine ethnique, la classe, la couleur, l’identité de genre, l’expression de genre, l’orientation sexuelle, l’âge, la taille, le handicap, le statut de vétéran, l’origine nationale, la religion, la langue et/ou l’état matrimonial. »

Équité : promotion de « l’accès, des opportunités, et de la justice par le biais de politiques et de pratiques appropriées pour des individus et des groupes spécifiques ». 

Inclusion : « approche conçue pour garantir que les pensées, les opinions, les perspectives et les expériences de tous les individus sont valorisées, entendues, encouragées, respectées et prises en compte ».

• Cancel culture : forme moderne d’ostracisme dans laquelle une personne est exclue des cercles sociaux ou professionnels.

• Intersectionnalité : situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de discrimination, par ex. noire et lesbienne.

• Racisé : désigne un individu susceptible d’être assigné à un groupe minoritaire, et d’être victime de discriminations. Les personnes « racisées » se qualifient de la sorte pour se différencier des personnes dites « blanches » et « dominantes ».

• Privilège blanc : avantages sociaux, économiques et politiques systématiques dont bénéficient les personnes qui ne sont pas discriminées et confrontées au racisme, donc les Blancs.

• Fragilité blanche : attitude défensive des blancs lorsqu’ils sont contestés racialement, caractérisée par des émotions telles que la colère, la peur et la culpabilité. Des croyances telles que « Je suis une bonne personne, je ne peux donc pas être raciste » ou « On m’a appris à traiter tout le monde de la même manière » sont des preuves de racisme intériorisé et de la fragilité blanche.

• Décolonialisme : école de pensée qui critique l’universalité perçue du savoir occidental et la supériorité de la culture occidentale.

• LGBTQIA+ : lesbiennes, gays, bisexuel·le·s, trans, queers, intersexes, asexuel·le·s, + pour les autres (voir les 52 genres définis par Facebook). Au Canada, on trouve aussi des 2ELGBTQQIA+.

• CIS (ou cisgenre) : se dit d’une personne dont l’identité de genre (masculin ou féminin) correspond au sexe avec lequel elle est née. Contraire de transgenre.

• Genderfluid : personne dont le genre oscille entre la masculinité et la féminité.

• Non-Binaire : dont l’identité de genre ne correspond ni aux normes du masculin ni à celles du féminin.

• Agenre : sous-catégorie de non-binaire. Se dit d’une personne qui ne s’identifie à aucun genre. Ni homme, ni femme, ni mélange des deux.

• Trans : personne née homme ou née femme et qui ne se sent pas appartenir à ce genre. Une « femme trans » est une personne née homme, mais qui se considère femme, tout comme un « homme trans » est une personne née femme.

• TERF (Trans-Exclusionary Radical Feminist)  : féministe radicale opposée à la cause des trans, qui exclut les femmes trans de la cause féministe.

• Queer : personne ayant une sexualité ou une identité de genre différentes de l’hétérosexualité ou la cisidentité, ou qui ne se sent pas appartenir à un genre défini.

• Hétéronormativité : norme sociale voulant que l’hétérosexualité soit prise comme norme.

• BIPOC (prononcer “bye-pock”)  : Black, Indigenous, People Of Color.

• Écriture inclusive : qui inclut les deux genres.

• Latinx : aux USA, forme inclusive pour éviter le masculin latino ou le féminin latina.

• Épicène : qualifie un mot sans marque de genre (par ex. : animal, créature).

• Adelphité :alternative non genrée à « fraternité » ou « sororité. »

Le Planning familial, très impliqué dans ce projet, offre d'autres définitions. Il s'est attiré les foudres sur les réseaux sociaux.

Origines d’une prise de conscience

– La critique de la race blanche est vieille de plusieurs décennies :
• Susan Sontag déclarait : « La race blanche est le cancer de l’Histoire humaine » ;
• Noel Ignatiev : «  La clé pour résoudre les problèmes sociaux de notre âge est d’abolir la race blanche, » ou encore « Trahir la race blanche est être loyal envers l’Humanité. »

– Ces deux intellectuel·le·s jui·ve·f.s n’ont jamais été critiqué·e·s par les deux journaux progressistes que sont le New York Times et le Washington Post, qui leur ont consacré des articles élogieux, comme France-Culture.

– Pour désigner le groupe ethnique des blancs, “White” s’écrivait aux USA avec une majuscule. LeNew York Timesa décidé de l’écrire tout en minuscules pour rapetisser les intéressés. Mais Black doit être impérativement commencer par une majuscule.

– Dans le Journal de l’Association Américaine de PsychanalyseDonald Moss, doyen d’un Collège de médecine à l’Université Saybrook d’Oakland, et président de plusieurs sociétés savantes, donc une sommité médicalea écrit : « La blanchité est... une maladie maligne, semblable à un parasite... La blanchité parasitaire rend les appétits de ses hôtes voraces, insatiables et pervers. Ces appétits déformés ciblent particulièrement les peuples non blancs. » Un traitement efficace pour éliminer ces appétits « consiste en une combinaison d’interventions psychiques et socio-historiques. » Des hôpitaux psychiatriques semblent donc s’imposer.

– Cette blanchité hante tellement la psychiatre et psychanalyste Aruna Khilanani, qu’elle a déclaré, dans Psychopathic Problem of the White Mind, avoir des fantasmes de vider un revolver dans la tête de toute personne blanche qui se mettrait sur son chemin, d’enterrer son corps et d’essuyer ses mains ensanglantées en s’éloignant sans culpabilité. »

– La sociologue Robin DiAngelo, enseignant dans une université de Washington – donc une intellectuelle –, a déclaré, dans Fragilité blanche  : « En tant que blancs, le racisme sort de nos pores », et « les blancs élevés dans la société occidentale sont conditionnés dans une vue mondiale de suprémaciste blanc. » Nous devons donc « partager avec [elle] la honte raciale du fardeau de la blanchité. »

– Maboula Soumahoro, angliciste française d’origine ivoirienne, maître de conférences à l’université de Tours, affirme que « un homme blanc ne peut pas avoir raison contre une femme Noire. »

– La Docteure Brittney Cooper, professeur d’études féministes et africaines à Rutgers pense que « les blancs se sont engagés à être des méchants... Leur pensée est trouble et spirituellement en faillite... nous devons virer ces enfoirés. » [hufpost]

– Johnny Eric Williams, professeur noir de sociologie au Trinity College, a tweeté « la blanchité est du terrorisme » après avoir affirmé que « tous les blancs auto-identifiés étaient investis et de connivence avec le racisme blanc systémiqueet la suprématie blanche ». [newsweek]

– D’après deux universitaires :
• « La blanchité crée une race idéale, qui permet de dévaluer et par la suite opprimer d’autres groupes raciaux. »
• « La blanchité a une double nature : privilégier les blancs et opprimer ceux qui se trouvent sous eux. »

RACISME DANS L’ÉDUCATION

La lutte contre ces fléaux commence par l’éducation, domaine qui demande un sérieux nettoyage. Nombre des extraits suivants peuvent sembler excessifs ; il suffit de lire le texte en lien pour en aprécier la justesse.

 

Mathématiques

– Quiconque insiste sur le fait que « 2+2=4 » est un suprémaciste blanc

– « Le concept de mathématiques purement objectives est sans équivoque faux, et l’enseigner l’est encore beaucoup plus. Soutenir l’idée qu’il y a toujours de bonnes et de mauvaises réponses perpétuel’objectivitéainsi que la peur d’un conflit ouvert. » [equitablemath]

– Un professeur de math pense que « la géométrie est raciste, car la raison pour laquelle le programme de géométrie fait spécifiquement référence à Pythagore, Euclide et Descartes est que cela a fourni aux blancs un autre moyen de rationaliser l’esclavage. »

– Le ministère de l’Éducation de l’Oregon encourage l’enseignement des «  ethnomathématiques  » parce que « la suprématie blanche se manifeste par l’accent mis sur la recherche de la bonne réponse et l’exigence des étudiants de montrer leur travail ». Il propose aux enseignants un cours qui compare l’enseignement des mathématiques modernes aux « caractéristiques toxiques de la culture de la suprématie blanche ». [msn]

– Un groupe de 25 organisations, avec le soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates, a publié un rapport destiné à servir d’“outil” pour les éducateurs… Le paragraphe d’introduction indique que la question fondamentale à traiter concernant l’enseignement des mathématiques est la suprématie blanche  : « Le cadre pour déconstruire le racisme en mathématiques offre des caractéristiques essentielles des éducateurs en mathématiques antiracistes et des approches critiques pour démanteler la suprématie blanche dans les classes de mathématiques en rendant visible les caractéristiques toxiques de la culture de la suprématie blanche en ce qui concerne les mathématiques. » [telegraf]

– D’après Deborah Lowenberg Ball, professeur de mathématiques et ancienne doyenne de l’Université du Michigan très préoccupée par le racisme dans les maths, maîtriser les mathématiques est de la suprématie blanche.

– Rochelle Gutierrez, de l’Université de l’Illinois, pense que « La géométrie perpétue le privilège des blancs parce qu’elle a été développée par les anciens Grecs. À plusieurs niveaux, les mathématiques elles-mêmes fonctionnent comme la blanchité. Enseigner le théorème de Pythagore ou Pi en cours de géométrie perpétue le privilège blanc en donnant la perception que les mathématiques ont été largement développées par les Grecs et d’autres Européens. [independent]

 

Langue anglaise

– Shakespeare ? Ses œuvres regorgent d’idées problématiques et dépassées, avec « beaucoup de misogynie, de racisme, d’homophobie, de classisme, d’antisémitisme et de misogynoir [sic], » a écrit Amanda MacGregor, collaboratrice du School Library Journal. [dailymail]

Des étudiants de l’Université de Pennsylvanie ont retiré un portrait de Shakespeare d’un endroit bien en vue du département d’anglais de l’école et l’ont remplacé par une photographie d’Audre Lorde, une célèbre féministe et auteur afro-américaine. [washingtonpost]

– L’Ebonics est officiellement reconnu sous le nom d’Anglais Vernaculaire Afro-américain. L’enseignement de la grammaire anglaise est abandonné, les examens d’entrée dans les lycées exigeants supprimés. [washingtonpost]

– Les responsables de l’enseignement du district d’Oakland, en Californie, ont tranché : l’anglais noir, désormais officiellement reconnu, devient de facto “langue primaire”, avec les conséquences suivantes : ses utilisateurs pourront être placés dans des classes spéciales, et les professeurs devront apprendre les subtilités du “Black English”.

– Les notes en « anglais standard » des jeunes Noirs étant déplorables, il s’agit de « déstigmatiser » leur façon de s’exprimer. [Le Monde]

– En France, il est prévu de donner un cours de français en rap, qui parlera plus à nos jeunes que les ringards Voltaire, Chateaubriand ou Hugo.

– L’Université de Leicester envisage de mettre de côté les Contes de Canterbury et Beowulf– deux des œuvres les plus importantes de la littérature anglaise – en faveur d’un programme d’études « décolonisé ». La nouvelle liste de modules devrait être « extrêmement innovante » et couvrirait : « une histoire littéraire chronologique, une sélection de modules sur la race, l’ethnicité, la sexualité et la diversité, un programme décolonisé et de nouveaux modules. » [dailymail]

– « D’après des professeurs : Grammaire et Langue anglaises “correctes” = “Raciste” » [newsmax]

 

Philosophie

– Le Dr Robert Bernasconi, professeur de philosophie et d’études afro-américaines à l’Université de Pennsylvanie, a largement contesté la façon dont le canon philosophique a exclu ou marginalisé la philosophie non occidentale, exposant activement le racisme de philosophes tels que Locke, Kant, Hegel, Nietzsche, Heidegger et Arendt.
Charles Mills, Professeur de philosophie à la City University de New York a cherché à placer le racisme au centre de la pensée de Kant dans son article ‘Kant’s Untermenschen’. [folger.edu]

– Voir aussi « Aristote, père du racisme scientifique » [washingtonpost]

 

Sciences Humaines

– À l’université William & Mary, le projet Decolonizing Humanities estime que les Sciences Humaines sont structurées et complices des héritages du racisme, du sexisme, du patriarcat, et du colonialisme de peuplement... « Nous exhumons donc des formes culturelles, des pratiques artistiques, des expressions politiques, des performances théâtrales et musicales et des normes sociales pour révéler des histoires, des pratiques et des idéologies de racisme, de sexisme, de classisme et d’hétéro/cis-normativité. » [wm.edu]

 

Lettres classiques

– Dan-el Padilla Peralta [historien noir à Princeton] pense que les études Classiques devraient faire tomber la Grèce antique et Romede leur piédestal, même si cela signifie détruire leur discipline.
« Quand les gens pensent aux Classiques, affirme Padilla, je veux qu’ils pensent à des gens de couleur. » Mais si cela ne fonctionne pas, prévient-il, il faudra supprimer purement et simplement la discipline. 
« Il veut sauver les études Classiques de la blanchité. Le domaine peut-il survivre ? » [nytimes]

– En France, suivant l’exemple de Princeton, « la réforme du collège prévoit la suppression des options linguistiques au collège telles que le grec ou le latin. »

 

Géosciences

Voir l’article Race et racisme dans les géosciences [Nature]

 

STEM (Science, Technology, Engineering, Mathematics)

– Un cours de Princetonpropose des solutions pour lutter contre les « préjugés raciaux intégrés à la technologie » et créer des « solutions activement antiracistes  » à l’aide de la technologie.
Des distributeurs de savon qui ne voient pas la peau foncée aux outils de reconnaissance faciale qui identifient mal les visages noirs, les universitaires et les citoyens ont documenté comment les appareils et outils que nous utilisons aggravent les inégalités dans la société.

– « L’intelligence artificielle a un problème de racisme. » [cbc.ca]

– « Si vous n’êtes pas blanc, asiatique ou indien, vous n’êtes pas ingénieur » : les micro-agressions racialesdans l’enseignement des STEM [stemeducationjournal]

 

Musique classique

– « Les hommes blancs et riches ont fait de la 5e symphoniede Beethoven un symbole de leur supériorité et de leur importance... Dans d’autres groupes – femmes, LGBTQ+, personnes de couleur – cette symphonie peut être principalement un rappel de l’histoire de l’exclusion et de l’élitisme de la musique classique. » [vox.com]

– Un professeur de l’Université d’Oxford suggère de «  décoloniser  » le programme de musique pour le rendre moins « blanc européen » [classicfm]

– Pour Nebal Maysaud, un compositeur druze queer, « Il est temps de laisser mourir la musique classique » car elle est « intrinsèquement raciste  ». La musique classique occidentale n’est pas une question de culture. C’est une question de blanchité. C’est une combinaison de traditions européennes qui servent la croyance spécieuse que la blanchité a une culture supérieure à toutes les autres. Son objectif principal est d’être un point d’ancrage culturel pour le mythe de la suprématie blanche. [newmusicusa]

– D’après Philip Ewel, professeur noir de musique : « La 9e Symphonie de Beethoven n’est pas plus un chef-d’œuvre que les 12 Little Spells d’Esperanza Spalding. »

 

Ballet

– Le Staatsballett de Berlin a retiré le Casse-Noisette de Tchaïkovski de son répertoire de Noël car il présente des stéréotypes ethniques dans les danses chinoises et orientales. [thetimes]
LeCasse-Noisette (Nutcrackerest présenté par le New York City Ballet depuis des décennies au moment des fêtes de Noël, et il avait déjà été modifié par les Américains. [nytimes]
Noter que ce racisme est particulièrement sournois puisque les compagnies chinoises présentent régulièrement ce ballet au public chinois sans que celui-ci s’en rende compte.

– Une danseuse noire dénonce le racisme dans le monde “élitiste” du ballet européen. [nbcnews]

 

Opéra

– Le Metropolitan Opera de New York annonce dans un communiqué qu’il n’y aura plus de visages maquillés en noir dans la prochaine version d’Otello de Verdi. [francemusique]

– Plus simplement : « Opera is Racist »[3viewstheater]

 

Tests

– Les SAT (Scholastic Assessment Test) – examens qui mesurent les compétences générales verbales et le raisonnement mathématique sont racistes. [cnn]

 

– Les MCATs (Medical School Admissions tests) sont biaisés par le racisme structurel [pubmed]

Le rejet de la blancheur a des conséquences étonnantes :

– En utilisant des enquêtes menées auprès de 90 000 élèves du secondaire, des chercheurs de Harvard ont découvert que les étudiants blancs étaient plus populaires lorsqu’ils avaient des notes plus élevées. Mais la popularité des étudiants noirs diminuait fortement lorsque leur moyenne atteignait un B-plus (légèrement au-dessus de la moyenne nationale). [Mercurynews]

– « [Le livre] Acting White montre comment l’accusation selon laquelle tout Afro-Américain qui réussit, est bien élevé ou bien éduqué “agit en blanc”, est une insulte qui continue de hanter les Noirs... »

– Une étude montre que les Noirs ayant des amis blancs sont «  moins noirs  » [washingtonexaminer]

– John Ogbu, professeur noir d’anthropologie à Berkeley, a conclu que « la culture des afro-américains, dans l’ensemble, fait pression sur les étudiants pour qu’ils ne réussissent pas bien à l’école, comme s’il s’agissait d’un affront à la noirceur ». [NYTimes]

 

Micro-agressions

L’Imperial College de Londres [classé parmi les meilleures universités du monde] décrit des micro-agressions subies par les non-blancs.
Ne pas dire :
• « Vous parlez très bien l’anglais » car le message est que « les BAME [Black, Asian, Minority Ethnic] ne sont généralement pas aussi intelligents que les blancs. »
• « Il n’y a qu’une race : la race humaine, » car c’est nier l’importance de l’expérience et de l’histoire raciale/ethnique des personnes BAME. 
• « Je crois que la personne la plus qualifiée devrait obtenir le poste. » Message : les règles du jeu sont égales, donc si les femmes/BAME/handicapés/LGBTQ+ ne peuvent pas y arriver, le problème vient d’elles.
• « La discrimination positive est raciste » : le message est que les Noirs reçoivent des avantages supplémentaires injustes en raison de leur race.

 

Autres

– La façon dont nous enseignons aux enfants les bonnes manières à table est en fait un peu raciste.

– Le véganisme est une « appropriation culturelle » car il a été créé par un Britannique blanc mais utilise des aliments et des traditions d’Afrique et d’Asie. [dailymail]

– À Sciences Po, Mathilde Cohen, professeur à l’Université du Connecticut,expliquait« la “domination blanche”à travers la gastronomie française. »

– Jessie Daniels, professeur à la City University of New York, affirme que « La famille nucléaire blanche est l’une des forces les plus puissantes soutenant la suprématie blanche. »

– Les professeurs C. Kyle Rudick et Kathryn B. Golsan (University of Northern Iowa) affirment dans un article universitaire récent que « la civilité au sein de l’enseignement supérieur est une norme racialisée plutôt qu’universelle », selon le domaine des « études critiques sur la blanchité ».

– Dans une vidéo, Josh Thompson, professeur de lycée en Virginie, a affirmé que s’assurer que les étudiants sont « assis calmement » sur leur siège est l’un des modèles de comportement qui « vient de la culture blanche. »
« Donc, si nous appliquons positivement ces comportements, nous appliquons positivement, par extension, des éléments de la culture blanche, qui, par conséquent, maintiennent la blanchité au centre, ce qui est la définition de la suprématie blanche, » a déclaré Thompson. [dailymail]

– En France, il est impossible pour les personnes non blanches de trouver des pansements adaptés à leur carnation dans le commerce. Une inégalité devant les soins qui traduit une réelle exclusion.

– Même les jeux vidéos sont atteints, comme Dungeons & Dragon, dont l’équipe de développement a publié un blog intitulé «  Diversity and Dungeons & Dragons », qui expliquait comment les 50 ans d’histoire de D&D caractérisant les Orcs et les Drows comme monstrueux et diaboliques « rappellent douloureusement la façon dont les groupes ethniques du monde réel ont été et continuent d’être dénigrés. »

– Un acteur de Lord Of The Rings affirme que la série télévisée sera désormais plus multiculturelle, diverse et comportera des personnages féminins forts. [gamespot]

– Lego supprimera les préjugés sexistes de ses jouets [Guardian]

– Prenant les initiales de Justice, Équité, Diversité et Inclusion, certains ont proposé de les regrouper sous l’acronyme générique JEDI. Mais un article de Scientific American écrit par des chercheurs de l’Université du Michigan et de l’Arizona explique « Pourquoi JEDI est problématique pour décrire ces programmes : même si un Jedi est apparemment un parangon de bonté et un protecteur des innocents dans Star Wars, les Jedi sont des mascottes inappropriées pour la justice sociale, car la série affiche des tropes orientalistes, confond l’étranger avec le non-blanc, affirme le sexisme et renforce le capacitisme, entre autres délits.

 

Journalisme et objectivité

– La valorisation de «  l’objectivité  » par rapport à l’antiracisme est enracinée dans la suprématie blanche parce que « l’objectivité valorise une perspective blanche. »

– D’après un professeur de communication à Stanford, « il est difficile à un journaliste d’être défenseur de la justice sociale en étant objectif. »

 

À QUEL ÂGE TRAITER LE RACISME ?

– Le Center for Child and Family Successpropose « 14 Priorités pour démonter le racisme systémique dans les soins et l’éducation de la petite enfance, » donc dès l’école maternelle.

Voir aussi « Comment parler du racisme aux enfants ?

– Pour certains, les bébés méritent déjà des soins. D’aprèsl’Association Américaine de Psychologie, « des recherches ont montré que les bébés de 3 mois préfèrent les visages de certains groupes raciaux, les enfants de 9 mois utilisent la race pour catégoriser les visages, et les enfants de 3 ans aux États-Unis associent certains groupes raciaux à des traits négatifs. » 
Dire aux enfants « La couleur de la peau n’a pas d’importance » ou « Nous sommes tous les mêmes à l’intérieur » est considéré comme « néfaste. »

– Dans la Gazette de Harvard, Ibram X. Kendi, célèbre militant noir professeur à la Boston University, et collaborateur de The Atlanticet de CBS News, explique : « à 2 ans, les enfants sont déjà influencés par des idées racistes, » ce qui l’a entrainé à publier son livre Antiracist Baby.

Si les universités ont été les bastions de ces prises de conscience, la mort de George Floyd a accéléré le processus.

Cependant, nombre de racistes affirment que mr Floyd est mort d’une overdose, en se basant sur le rapport d’autopsie-toxicologie du légiste, le Dr Baker. Dans le sang de mr Floyd, ce dernier a trouvé une dose de 11 ng/mL de Fentanyl, alors que dans les décès dûs au fentanyl, des concentrations sanguines aussi basses que 3 ng/mL ont été signalées. Cette drogue puissante est responsable de plus de 25 000 décés aux USA en 2019. Il a trouvé aussi la présence de morphine, de méthamphétamine et de cannabis.
« Les signes associés à la toxicité du fentanyl comprennent une dépression respiratoire sévère, des convulsions, une hypotension, un coma et la mort. »
M. Floyd a répété à plusieurs reprises qu’il ne pouvait pas respirer alors qu’il était assis dans la voiture de police et avant d’être retenu au sol. En outre, il souffrait d’une maladie cardiaque sévère.
Un autre document, la “Pièce 3”, rapporte que « l’autopsie n’a révélé aucune preuve physique suggérant que M. Floyd est décédé des suites d’une asphyxie. » 
Il n’en demeure pas moins qu’il était vivant dans sa voiture, puis mort aux mains des policiers.

Les procureurs ont rejeté les conclusions des experts, et ont condamné le policier criminel.

Cependant, le mouvement « les vies des Noirs comptent » doit être poursuivi et augmenté.

En effet, à Cleveland, d’après un journal médical, sur 941 victimes par balles, 85 % étaient des Afro-Américains. [MEDpagetoday]

À Philadelphie, au cours de l’année dernière, plus de 80% des victimes d’homicide étaient des hommes noirs. [opendataphilly]

Au 31 décembre 2020, Chicago avait enregistré 774 meurtres (dont 615 Noirs, 29 blancs), soit une augmentation de plus de 50 % par rapport aux 506 meurtres de 2019, selon une base de données gérée par le Chicago Sun-Times.

Le dernier rapport du FBI (Crime Data Explorer) confirme la tendance en montrant que 9 941 Noirs ont été victimes de mort violente en 2020, soit 28% de plus qu’en 2019. 

Ces chiffres (rubrique Offender vs. Victim demographics) montrent l’énorme privilège blanc dans ce domaine, car, au prorata de leur nombre, les blancs sont 5,6 fois moins victimes que les Noirs.


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13 réactions à cet article    


  • Schrek Schrek 12 janvier 09:22

    Le second degré n’est pas la chose laa mieux partagée, et celui qui suinte de cet article risque d’échapper à beaucoup.

    Pour ce qui est de l’idéologie incriminée, car c’en est une, elle s’inscrit dans l’histoire et dans la structure de la société américaine, pas la nôtre. Et même si la « culture » américaine est envahissante à travers les productions d’Hollywood, les GAFAMs et le consumérisme, les bobos fascinés par le modèle d’outre-Atlantique ne peuvent que singer leurs maitres, sans toujours comprendre la totalité des enjeux véhiculés par ce fatras indigeste.


    • PascalDemoriane 12 janvier 10:08

      @l’auteur et Schrek
      Oui, c’est une bonne contribution de documenter un mouvement déconstructeur pour le déconstrurire radicalement et méthodiquement. L’opinion sans analyse n’a aucun intérêt.
      Restera le chantier de la reconstruction, resteront des questions ouvertes, mais là y a pas foule.


      • I.A. 12 janvier 10:19

        Le wokisme, déjà aux États-Unis, est une appropriation posturale de toutes les morales existantes (vous l’avouez indirectement dans ce petit texte fort cocasse par ailleurs). J’ai nommé l’éthique et la justice, la logique et la modestie, l’impartialité et la déontologie, l’honnêteté et la tolérance, et cetera.

        Alors bien sûr, tout ça n’est plus très « sexy », depuis le temps... ! Il n’empêche que c’était là bien avant votre « ravalement de façade », dit wokisme.

        Pour se démarquer, votre wokisme valide le virtuel, en mode « déconstruction », « blanchité » et autres « micro-agression » (et sans doute, bientôt, des « nano-agressions », voire du « déPokémon » ?)

        Sinon, le wokisme, en France, eh bien ça n’est encore une fois que du mimétisme, plutôt gnangnan, mytho et tapageur. Si bien QU’ÊTRE WOKE, pour reprendre votre titre, c’est ÊTRE TEUBÉ, en français.

        Heureusement, il existe, et il existera toujours, une vieille garde.





        • ticotico ticotico 12 janvier 10:36

          Etre woke, c’est comme être bobo, islamo-gauchiste ou l’autre con... c’est une appartenance à une catégorie que pas grand monde ne revendique mais qui est avant tout décernée pour disqualifier...

          Sinon, texte un peu long et parfois marrant


          • wagos wagos 12 janvier 11:13

            A croire que les gens s’emmerdent , au point d’avoir perdu tout bon sens ..ces rêveurs imbéciles qui ne connaissent pas bien souvent le monde du travail , sombrant dans un snobisme insensé , un effet de mode chez nous en espérant qu’il ne devienne pas un parti politique ratissant dans un tranche de population influençable ..


            • Schrek Schrek 12 janvier 11:25

              @wagos

              « un parti politique ratissant dans un tranche de population influençable .. »

              Pour ça, il existe déjà LREM. Y aurait-il la place pour deux ?


            • Trelawney Trelawney 12 janvier 12:04

              En lisant cet article, un sujet évident saute aux yeux du lecteur, à savoir le racisme des blancs vis à vis des noirs et uniquement des noirs. Rien sur une éventuelle suprématie blanche vis à vis des asiatiques, primitifs ou même des personne habitants les différentes aires anthropologiques comme l’Europe et le bassin méditerranéen (Afrique du Nord et Asie sud-occidentale), l’Inde, l’Asie trans-himalayenne, l’Océanie ou même l’Amérique du Canada au Cap Horn.


              A partir de ce constat, on peut aisément comprendre que cette théorie (wokisme) tente de justifier aux yeux de certains et sans pour autant le prouver, la raison pour laquelle l’individu originaire d’Afrique sub-saharienne n’arrive pas à se développer et s’épanouir dans une société mondialisée alors que le reste des individus qui peuple cette planète y arrive aisément.

              Ce n’est pas du progressisme, c’est tout simplement rétrograde en, essayant de jeter l’anathème pour stigmatiser les personnes qui y arrivent alors qu’eux (quand je dits « eux », c’est les adeptes de cette théorie) n’y arrivent pas. C’est stupide, ca ne se justifie pas et ça fait du tort à ceux qu’ils sont censés défendre


              • LeMerou 13 janvier 06:07

                @Trelawney

                Bonjour
                « On peut aisément comprendre que cette théorie (wokisme) tente de justifier aux yeux de certains et sans pour autant le prouver, la raison pour laquelle l’individu originaire d’Afrique sub-saharienne n’arrive pas à se développer et s’épanouir dans une société mondialisée »

                Oui, c’est toujours étonnant cette incompréhension de l’autre, cet autre dont la culture ancestrale différente de la notre est très souvent moquée par certains qui n’ont rien compris car vivant dans une sorte de religion de l’argent qui soit disant développe.
                Alors que l’autre vivant simplement, comme les générations qu’il l’on précédé nous regarde vivre avec étonnement, ne comprenant pas toujours notre « épanouissement », ce besoin incessant de posséder, de consommer, de détruire tout ce qui nous entoure.
                Le modèle civilisationnel des sociétés dites « développées » n’a pas à être imposé aux autres, ce n’est pas non plus le modèle idéal de vie de l’humain sur terre loin s’en faut.
                Si je regarde pour notre Pays, ce « modèle », n’a toujours pas abouti à une sorte de grande égalité sociale de bien être fraternel égalitaire.
                Les périodes de notre histoire sont aisément transposables à celle d’aujourd’hui.
                Les mêmes « castes » existent toujours sous d’autres noms, protègent toujours avidement leur intérêts. Certes les conditions du petit peuple ce sont légèrement améliorées, mais en cherchant bien..........


              • placide21 12 janvier 12:38

                Si la couleur de peau est le problème ,est ce que les millions d’asiatiques qui ont une peau plus blanche que beaucoup de caucasiens (japon ,Corée) sont aussi un problème pour les « bronzés » ?


                • rpplbis rpplbis 12 janvier 17:26

                  C’est même pas un article. Une liste de définitions.

                  Mon épouse était « fine et jolie » et moi, « de taille à peine moyenne, l’air las et fatigué ». Les juges ont dit que c’était de la description « fine et jolie » de la description !Si si ! Ce doit être de la domination masculine ou des choses dans le genre.

                  Comique !


                  • Quand il s’agit de parler de la délinquance, Emmanuel Macron n’utilise pas ce vocabulaire hystérique. Il ne veut pas emmerder les délinquants, il n’emploie pas ce verbe contre eux.

                    https://twitter.com/ChdOrnellas/status/1480909342274686980


                    • LeMerou 13 janvier 05:45

                      @b-detil

                      Bonjour

                      Merci pour ce premier article très intéressant éclairant ce mouvement idéologique du « wokisme », dont j’ai entendu parler, sans chercher à en connaître les fondements, que je perçois désormais un peu plus dans le contexte sociétal de l’Amérique du Nord.

                      Je souscrit aussi à l’analyse SCHREK dans son premier propos, le danger que peut représenter ce mouvement « woke » dans notre pays pour les raisons qu’il a cité.

                      Même si les inégalités sociale existent dans notre Pays à propos d’une couleur de peau, c’est sans commune mesure avec celles qui règnent aux states, et la récupération de cette idéologie par certains chez nous, ne peut qu’augmenter, voire alimenter une haine puissante infondée. Cette récupération primaire n’engendrant que des problèmes.


                      • javanais 13 janvier 14:15

                        De onze à dix-huit ans j’ai appris le latin. Aujourd’hui à plus de soixante je me suis mis au grec. Et puisque emmerder est à la mode, j’emmerde celzéceux que ça indispose smiley

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