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#36 des Tendances

Exclure, au nom du progressisme. Nouvelle adresse à Geoffroy de Lagasnerie

Dans un essai incisif (1), vous attaquez la démocratie, régime diviseur et haineux. Serait-ce pour favoriser l’unité amicale de tous les Français ? Que nenni. Cette amitié citoyenne ne saurait exister à vos yeux qu’entre gens bien, entre citoyens vertueux aurait dit Aristote. Qui sont les gens bien ? Les progressistes de gauche, pardi ! Et les autres ? Si l’on ne parvient pas à les rééduquer par la raison, qu’ils fassent valoir leur « droit au départ ».

Avant ce divorce, souffrez, cher monsieur, que je prenne le temps de vous dire adieu.  

C’est promis, je ne vous taquinerai plus sur vos affinités avec quelques vieux penseurs réactionnaires. Je ramasse seulement mon propos précédent à ce sujet : maints royalistes et vous êtes d’accord pour poser le prima de la justice sur le résultat du vote et les opinions brutes des électeurs. (https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quand-l-ultra-gauche-progressiste-270671). Et j’ajoute ici que vous les rejoignez également dans l’idée que c’est aussi la vérité (et non la somme des préjugés) qui doit servir de boussole en politique. Ce pourquoi, vous en appelez à une « régulation scientifique du discours politique ». (2) Car il « peut y avoir des débats, mais il y a des faits, il y a des choses vraies et des choses fausses. » (3) Excellente base : toute saine philosophie commence par quelques vérités de La Palice.

Comme les réactionnaires et quelques autres, donc, vous opposez à la démocrassouille les catégories transcendantales de Justice et de Vérité.

Jusque-là tout va bien. Mais les choses risquent de se gâter, avec cette double question abyssale : qu’est-ce que la justice, qu’est-ce que la vérité ?

La vraie justice dont vous vous réclamez comme d’une évidence, se trouve du côté des « positions progressistes ». (4) Progressiste. Le mot revient sans cesse sous votre plume, comme le marqueur incontestable du camp du Bien. Au fond, votre manifeste se résume à ceci : la démocratie est un mauvais système parce qu’elle échoue à porter les projets progressistes.

Qu’est-ce que le progressisme ?

Aucun rapport avec ces « abstractions fausses qu’invoquent toujours les pouvoirs pour justifier des sacrifices » (5). Nous voilà provisoirement rassurés. Mais encore ?

Vous nous donnez une première indication : « une forme de vitalisme, de protection des forces de la vie et des corps, contre la mort prématurée, la mutilation, la prédation, la pollution » (6). S’il fallait en rester là, je serais volontiers progressiste comme, ce me semble, tout être humain normalement constitué.

Au-delà, vous ne répondez pas clairement. Mais on vous comprend quand même : la cause LGBT, « la liberté de circulation et la migration » (7), l’écologie, l’égalité sociale, et le refus des « dispositifs répressifs pour lutter contre la violence » (8), bref ce qu’il est convenu d’appeler la gauche. Une gauche sacralisée : « dans le système actuel, l’interdit moral ‘tu ne tueras point’ devrait se traduire par la prescription politique : tu ne voteras pas à droite ». (9) Les électeurs de droite ne sont pas seulement bêtes, ce sont des assassins !

Vous questionnez, monsieur, la démocratie. C’est fort bien. L’on peut aussi questionner une autre évidence - le progressisme : en quoi la gauche progressiste est-elle toujours plus juste que le conservatisme ?

Nul n’en disconviendra, il est bon de s’opposer à « la réalité de la souffrance » (10). Oui monsieur, il vaut mieux jouir que souffrir. Merci de nous l’avoir rappelé.

Mais encore ?

Quelques questions, en vrac : La « liberté de circulation et la migration (est) la liberté politique par excellence » (11) à garantir, estimez- vous. Faut-il pour autant condamner la liberté politique de maîtriser ses frontières ? L’affirmative action (12), en bon français la discrimination positive, est-elle indiscutablement souhaitable dans tous les cas ? N’y a-t-il pas des contextes où traiter les personnes en fonction de leur origine éthique ou religieuse pourrait friser l’injustice ? L’homofiliation - et donc le droit à l’enfant et à le produire techniquement, s’il le faut en louant un utérus - est-elle nécessairement un bien ? Un bien pour qui ?

Sans entrer dans le détail d’une discussion qui mériterait plusieurs livres, disons seulement que votre manifeste remplace un dogme – la démocratie – par un autre – le progressisme. Ce dernier n’est pas moins redoutable.

D’autant plus que, si je sais lire, cette nouvelle sacralité doit s’imposer politiquement, pour ne pas dire despotiquement. Je cite cette phrase terrifiante : « (…) cette confiance du progressisme dans ses propres valeurs devrait l’inciter, dès qu’il accède au pouvoir, à se demander comment produire des transformations telles que la droite ne pourra pas démanteler les avancées accomplies (…) afin de les retirer de la discussion publique. » (13). Fichtre ! La moindre de vos qualités n’est pas la franchise. Par prudence, je me suis dépêchée de publier mon texte avant que vos amis n’accèdent au pouvoir…

A vos yeux, ce pouvoir n’aura rien de despotique, puisqu’il répondra aux « impératifs de rationalité » (14). Bon, disons que ce sera un despotisme éclairé. Eclairé par la douce contrainte de la vérité, à laquelle se soumettront de bon gré les citoyens. 

C’est là où votre naïveté, monsieur, est touchante. Et bien pardonnable à votre jeune âge. Une réflexion raisonnable et travaillée, pensez-vous, aboutit nécessairement aux thèses progressistes. Autrement dit, dès que les personnes sont en mesure de réfléchir sérieusement, elles virent à gauche.

Et comment peuvent-elle réfléchir sérieusement ? Par la magie des « procédures délibératives sans élection » ou « plates formes d’élaboration » (15), à l’image des « assemblées citoyennes, « jurys citoyens », et autres « conventions citoyennes » (16), dont vous constatez avec plaisir que leurs conclusions vont « toujours dans le sens d’une hégémonie de plus en plus grande des positions progressistes, et que presque systématiquement les mesures proposées par ce type d’assemblée sont de gauche » (17)

 

« Les convictions sont des ennemies de la vérité

plus dangereuses que les mensonges. »  (18)

 

En gros, si les gens se réunissent pour penser de façon intelligente, ils tombent d’accord avec vous. Voilà qui tombe parfaitement bien. 

Emporté par votre enthousiasme, vous n’apercevez pas les biais de ces fameuses plates-formes d’élaboration : l’orientation des experts choisis pour éclairer les participants, la façon dont les questions sont formulées et dont les débats sont animés, le bain idéologique ambiant, par exemple.

Quoiqu’il en soit, vous vous situez ici dans l’héritage de la gauche bourgeoise du XIXème siècle. Ces parlementaires à favoris et à moustaches conquérantes, beaux messieurs de la IIIème République, anticléricaux et fils progressistes des Lumières, ne jugeaient pas toujours nécessaire d’imposer par la force l’anéantissement du pouvoir catholique sur les esprits. Optimistes en diable, ils faisaient confiance à la force émancipatrice de l’école et au pouvoir de la Raison pour dissiper les ténèbres de la superstition et de l’ignorance. Comme un fanal fait reculer la nuit. (19)

A votre tour, vous pensez que les personnes qui contestent la liberté totale de migration, le mariage et la PMA pour tous et toutes ou « la déconstruction de la responsabilité individuelle » (20) en matière pénale, peuvent progresser. Si on les aide à bien réfléchir, elles rentreront dans le droit chemin. Monsieur est trop bon. 

 Reste un dernier point. Si d’aventure et malgré tout, certains habitants de ce que j’appellerais encore la France, pathologiquement imperméables à la raison, refusaient de rentrer dans le rang, que préconiseriez-vous, cher monsieur ?

La sédition et la décohabitation ! Puisqu’il est injuste d’obliger la minorité à se soumettre à la majorité, la solution pourrait consister, tout bonnement, à se séparer. Il s’agirait de mettre en place « une déconnexion entre la logique du droit et la logique du territoire » (21) et de créer « un monde pluraliste où il y aurait plusieurs formes de communautés politiques dans lesquelles les individus mèneraient des sortes de vie différentes dans le cadre d’institutions différentes en fonction de leurs aspirations. » (22) Finie la cohabitation forcée, vive la séparation ! On ne dira pas l’apartheid, puisque le « développement séparé » ne sera pas spatial et se négociera, bien sûr, à l’amiable et, je suppose, sans domination.

Vous n’aimez pas la haine générée par la compétition démocratique. Cela signale un cœur sensible. Mais votre amour ne va pas jusqu’à tolérer ceux qui ne pensent ni ne vivent comme vous. Je le vois, la discussion raisonnable a des limites, assez resserrées. En fait, le désaccord est tout simplement impossible entre concitoyens. Selon votre utopie libertaire, les étrangers qui vivront sous d’autres lois que vous, seront vos voisins, voire vos parents. Vous les croiserez tous les jours dans la rue. Se voir en permanence, se côtoyer, se frôler, faire des affaires ensemble, mais n’avoir rien en commun - sauf peut-être une vague idée abstraite d’humanité. Et tout se passera pacifiquement !

Je parlais plus haut de naïveté. J’étais trop modérée.

Le plus piquant chez d’un homme de gauche, est votre référence au droit commercial libéral. Selon la législation européenne du commerce, nous apprenez-vous, les entreprises peuvent choisir le droit qui leur convient, c’est-à-dire celui qui les laisse faire le maximum de profit. Bon sang, mais c’est bien sûr ! C’est ainsi qu’il faut vivre en société : choisir les lois qui me plaisent, sans m’occuper des autres habitants de ce que vous n’appelez déjà plus une nation, ni un pays - mais un « territoire ». Vous pourriez siroter une bière sur une terrasse ensoleillée de la Côte Ouest, avec quelques libertariens choisis. Le choix individuel, surtout celui de faire des affaires, voilà l’essentiel, et foin de la fidélité à une histoire ou à une communauté héritée. C’est un peu votre idée : « briser l’idée d’une appartenance commune » (23). Même si, je vous le concède, vous ne partagez pas leur obsession du profit.

Eh ! oui, cher monsieur, les dernières pages de votre livre résonnent étrangement avec certaines propositions de l’anarcho-capitalisme de quelques amis de monsieur Trump. J’ai sous les yeux un essai d’Arnaud Miranda que vous avez probablement lu : Les Lumières sombres. On y apprend une chose intéressante : parmi les cinq composantes idéologiques de la mouvance étasunienne dite « néoréactionnaire », l’on trouve la détestation de la démocratie, cela va de soi, mais aussi la « revendication d’un droit à l’exit (…), c’est-à-dire à la possibilité de quitter l’Etat dont on est citoyen pour rejoindre ou fonder une autre communauté. (…) si les clients ne sont pas satisfaits, ils peuvent se tourner vers un autre Etat plus performant (…) » (24) Voilà qui ressemble quelque peu à l’impératif libertaire de Robert Nozick, pour qui vous avez les yeux de Chimène : « offrir aux individus la capacité de choisir le monde dans lequel ils veulent vivre ; pluraliser les ordres juridiques ; divorcer. » (25) Entre libertaires et libertariens, on se déteste, mais on se comprend.

 

Bon, je le devine, vous ne m’écoutez plus. Il faut donc finir.

 

« Ouvrir l’imaginaire », c’est très bien. Comme disait Chesterton, il n’y a rien de moins fou que l’imaginaire. Les fantasmes, eux, peuvent être dangereux en politique, comme ailleurs. Ceux des citoyens en démocratie, bien sûr. Mais aussi ceux des idéologues. La démocratie alimente le fantasme du pouvoir et la « pulsion désirante » (26) de l’exercer, certes. Il en est un autre, terrible : le fantasme d’avoir raison. Non contre les autres comme en démocratie, mais sans les autres.

N’est-ce pas pire ?

 

 

Notes :

  1. Geoffroy de Lagasnerie, L’âme noire de la démocratie, Flammarion, Paris, 2026.
  2. Ibid. p. 70.
  3. Ibid. p. 72.
  4. Ibid. p. 105.
  5. Ibid. p. 98.
  6. Ibid. p. 52.
  7. Ibid. p. 182.
  8. Ibid. p. 155.
  9. Ibid. p.60.
  10. Ibid. p. 63.
  11. Ibid. p. 182.
  12. Ibid. p. 106.
  13. Ibid. p. 192.
  14. Ibid. p. 148.
  15. Ibid. p. 34.
  16. Ibid. p.104.
  17. Ibid. pp. 105 et 106.
  18. Friedrich Nietzsche.
  19. Avec une précaution toutefois : remettre à sine die le droit de vote des femmes, ces âmes faibles trop frottées aux soutanes des curés. Il fallut un De Gaulle, grand lecteur du royaliste La Tour du Pin, pour le leur reconnaître.
  20. Ibid. p. 155.
  21. Ibid. p. 179.
  22. Ibid. pp. 175 et 176.
  23. Ibid. p. 184.
  24. Arnaud Miranda, Les Lumières sombres, Gallimard, 2026, p. 31.
  25. G. de Lagasnerie, Ibid. p. 171.
  26. Ibid. p. 160.

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16 réactions à cet article    


  • ZenZoe ZenZoe 5 août 15:14

    Monsieur Geoffroy De Lagasnerie, c’est complètement la gauche caviar, mais alors complètement ! Famille prout prout ma chère basée à Fontenay-aux-Roses (mère issue de la vieille noblesse limousine), philosophe-sociologue...

    Sa fiche Wikipedia mentionne qu’il explore, je cite : « les impensés de différents systèmes de pouvoir, la capacité de la recherche à produire des formes d’émancipation, et une conception de la théorie comme pratique politique ».

    Franchement, c’est du lourd et ça m’en bouche un coin ! Si seulement en France on avait plus de gens comme lui, on pourrait enfin redresser la tête ! Et la gauche retrouverait son panache et ses électeurs.

    En attendant, merci de lui avoir consacré un article entier - parce qu’il le vaut bien !


    • Estelle Floriani 5 août 21:58

      Gauche caviar ? Je ne connais pas la fortune de ce monsieur et, de toute façon, je ne juge pas la qualité d’un livre au nombre de zéros qui s’affichent sur le compte en banque de son auteur. Pas plus d’ailleurs en fonction des origines sociales de ce dernier.


    • ZenZoe ZenZoe 6 août 11:09

      @Estelle Floriani

      Mon commentaire ne portait pas sur une publication de votre héros déchu.

      Par ailleurs, où avez-vous vu une allusion quelconque à la fortune du monsieur ? Gauche caviar et famille prout prout ma chère ne signifient pas obligatoirement compte en banque qui déborde si c’est ce à quoi vous pensez. C’est un état d’esprit.


    • Estelle Floriani 6 août 11:54

      Pour ma part, seules les publications m’intéressent. Je me refuse à juger les auteurs personnellement, même si je me plais souvent à les taquiner sur leurs textes. Le fait que Geoffroy de Lagagnerie ait des ancêtres nobles dans le Limousin ne le disqualifie aucunement. D’une part, parce qu’il n’est pas honteux d’être noble, ni dans le Limousin ni ailleurs. D’autre part, parce que même si c’était le cas, personne n’est responsable de la vie des ses ascendants. Quant à son « état d’esprit », notion d’ailleurs vaporeuse, il lui appartient. Je m’interdis de m’en servir pour parasiter le débat d’idées.


    • ZenZoe ZenZoe 6 août 14:09

      @Estelle Floriani

      Mais, chère madame, personne ne le disqualifie pour écrire, votre idole fait bien ce qu’elle veut - tout comme moi, je dis bien ce que je veux, à savoir qu’il est une baudruche oiseuse voire nuisible.


    • sylvain sylvain 7 août 13:17

      @ZenZoe

      z’etes sur d’avoir lu le texte ??? parcequ’elle prend cher l’idole quand meme. Bon il y a pas « saloperie de gauchiasse », ca reste correct c’est pas notre bon robert mais quand meme.


    • sylvain sylvain 5 août 16:58

      La forme philosophique du « sans dent » ou du « pitoyable » ??

      Il semble qu’une partie de l’oligarchie ne comprends pas l’utilite d’une souverainete forte, c’est pourtant, pour le grand nombre, le seul moyen de survivre.


      • Estelle Floriani 5 août 22:06

        Je n’ai pas très bien compris : qui est « sans dent », selon votre élégante formule ? G. de Lagagnerie ou votre servante ?


      • sylvain sylvain 7 août 13:10

        @Estelle Floriani

        Ni l’un ni l’autre. Dans votre presentation de la video, il semble que geoffroy disqualifie des gens, demande que l’on ne prenne pas en compte leur avis parce qu’ils seraient trop mal informes, pas assez rationnels, dans un langage un peu plus populaire des connards de beaufs. C’est ca le « concept philosophique » du sans dent. Sa version universitaire, correct, sicentifique...

        Apres l’avoir visionne, je la resumerais pas a ca. Mais c’est tout de meme present partout et c’est dommage parce que ca rend inentendable les choses interessantes qu’il met en avant. D’autre part il tombe dans le travers perpetuel des intellectuels de gauche, il n’evoque meme pas les bases sur lequel se fonde le pouvoir, comme si c’etait simplement une bande d’affreux megalo. Il ne prend meme pas en compte les realites industrielles, qui sont les fondements reels du pouvoir... bref malgres quelques bonnes observations, c’est pas fou .


      • Octave Lebel Octave Lebel 5 août 17:08

        Bien joué.

        Il y a des gens qui sont parfaits d’une certaine façon. Ils ont du mal à dévoiler ce qui les dérange dans la démocratie et ce qu’ils redoutent. Alors, quand quelqu’un met le sujet sur la table en nous invitant à y réfléchir, bien loin des poncifs et des arrière-pensées de ceux qui la craignent en s’en réclamant, pour mieux le réduire à l’impuissance, grâce à des découpages grossiers ils lui font toutes sortes de reproches de ce qu’il n’a pas dit selon le principe selon lequel il est toujours utile et plus sûr de reprocher à un adversaire les paroles et les raisonnements qu’il n’a pas tenus avec l’espoir qu’il se justifie. Leurs attentes sont comblés un temps, ils sont suivis par des commentateurs aussi subtils et habiles qu’eux. Sans se rendre compte que leurs méthodes, qu’ils n’ont pas inventées (ce sont de petits procès en sorcellerie par une famille politique qui pourtant il y a peu célébrait encore Jeanne d’Arc) , sont comme un dévoilement de leurs véritables convictions et comme un hommage au travail de celui qu’ils espèrent étriller ainsi. En même temps qu’une invitation à tous de s’emparer du sujet et d’y réfléchir sérieusement.


        • Estelle Floriani 6 août 12:20

          Cher Octave, vous estimez que j’ai « du mal à dévoiler » ce qui me « dérange dans la démocratie ». Il me semble portant que mon article précédent exprimait assez clairement mon accord avec Geoffroy de Lagagnerie sur ses arguments critiques de la démocratie. Mon propos était de souligner malicieusement sa convergence avec quelques réactionnaires et... moi-même. Par ailleurs, vous me faites grief de reprocher à l’auteur « les paroles et les raisonnements » qu’il n’a pas tenus. Bien sûr qu’il n’a pas affirmé une proximité avec les néoréactionnaires américains, par exemple. Il pense évidemment se situer aux antipodes de ces idéologues. Mais il est intéressant de souligner des rapprochements dangereux pour ébranler quelques certitudes et mettre à jour quelques contradictions. Dans l’attente d’avoir le plaisir de vous lire.


        • Octave Lebel Octave Lebel 5 août 17:10

          Je reconduis donc mon commentaire du 22 juillet dont celui du jour contient quelques redondances et qui signalait déjà quelques observations de base que je crois utiles. La démocratie n’étant pas un sujet anodin.

          https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quand-l-ultra-gauche-progressiste-270671

          « Caricaturer avec un tel simplisme si méthodique un travail me semble être un double aveu. Aveu de faiblesse et aveu de chercher à nous enliser et nous détourner d’une réflexion sur un travail qui ne se prétend pas l’alpha ou l’oméga d’une réflexion mais qui est une invitation à approfondir un sujet crucial et décisif qui se pose avec insistance à nos sociétés .Devant des mutations profondes et des risques majeures, mutations scientifiques et technologiques , sociologiques et sociales, démographiques, celles aussi de nos conditions physiques de vie et d’une géopolitique qui nous englobe tous, certains font des propositions pour que la démocratie puisse subsister et surtout devenir plus effective et fonctionnelle. Il y en a tant qui espèrent pour eux d’autres perspectives à nous imposer. La démocratie sera la construction collective dont nous serons capables et il nous appartiendra de la faire fonctionner et de la protéger. GDL nous invite à y réfléchir en nous faisant des propositions qui méritent d’être discutées et approfondies ce qui est un bon départ il me semble. »


          • Octave Lebel Octave Lebel 5 août 17:15

            Je crois utile aussi devant la répétition des mêmes poncifs de proposer à nouveau un peu de contenu qui permettra à qui le veut de se faire sa propre idée à partir de plus de matière.

            Ici un document de base incontournable à qui veut enrichir ses repères. Peut être écouté dans n’importe quel ordre à mon avis et nécessite d’être réécouté si nous voulons sérieusement approfondir.

            → 1/4 Temps critiques : Pourquoi il faut critiquer la démocratie (vidéo, 30 mn, Geoffroy de Lagasnerie 2026) La démocratie est-elle la fin de l’histoire  ? Ou alors  : peut-on critiquer la démocratie  ? Et peut-on même en tant que progressiste, surtout à la lumière des désastres actuels, imaginer et donc souhaiter une autre organisation de nos vies politiques  ? voici la thèse dérangeante et inédite que Geoffroy de Lagasnerie vous propose d’explorer dans cette série de quatre vidéos pour Temps critiques, le cycle dédié aux intellectuels de Blast, à l’occasion de la parution de son livre «  L’âme noire de la démocratie. Manifeste pour un autre idéal politique  » aux éditions Flammarion.

            https://www.blast-info.fr/rechercher?page=1&per_page=12&scheme=VIDEO&query=temps%20critique%20Geoffroy%20de%20Lagasnerie%20%20&recent_first=true

            → 2/4 Temps critiques : La droite, c’est le mensonge (video, 30 mn, Geoffroy de Lagasnerie 2026). L’un des principes essentiels à toute démocratie, c’est l’idée d’un débat d’opinions tranché par un vote dans une assemblée ou par une élection. Mais toutes les opinions se valent-elles  ? Dans cette vidéo, Geoffroy de Lagasnerie interroge le fétichisme démocratique du débat d’opinion ou de la discussion collective, qui conduit à mettre sur le même plan des mensonges flagrants et des vérités établies, des politiques qui mutilent et d’autres qui protègent. Manipuler la vérité, gouverner grâce à ces manipulations et nuire à autrui pour cette raison doivent-ils être considérés comme des droits politiques sacrés  ? Puisque non, nous devons réfléchir à une autre culture politique que la culture démocratique. Deuxième épisode de la série «  Pourquoi il faut critiquer la démocratie  » de Geoffroy de Lagasnerie, à l’occasion de la parution de son livre «  L’âme noire de la démocratie. Manifeste pour un autre idéal politique  » aux éditions Flammarion.

            https://www.blast-info.fr/auteurs/soumaya-benaissa-nCKoAd-HTVSyjnUotUQJKA?page=1&per_page=6&author_slug=soumaya-benaissa-nCKoAd-HTVSyjnUotUQJKA&scheme=STORY%2CVIDEO


            • sylvain sylvain 5 août 20:16

              @Octave Lebel

              allez vous m’avez donne envie de me faire mon idee personelle, je vais regarder


            • Octave Lebel Octave Lebel 5 août 17:18

              Suite :

              → 3/4 Temps critiques : Pourquoi les principes d’opinion et d’élection sont problématiques. » (vidéo, 30 mn, Geoffroy de Lagasnerie 2026) Depuis les années 1970, tout un ensemble d’expérimentations ont été menées pour mettre sur pieds de nouvelles institutions pour prendre des décisions politiques  : «  assemblées citoyennes  », «  jurys citoyens  », «  conventions citoyennes  »… Ces formes inédites d’élaboration politique ont généralement été rangées sous le nom de démocratie délibérative. Or selon Geoffroy de Lagasnerie ces expériences incarnent au contraire une conception de la politique qui se situe en rupture avec presque l’ensemble des idées fondatrices de la démocratie (directe ou représentative). Ce sont tous les concepts de base de la démocratie moderne (l’idée d’opinion, l’idée de citoyenneté, l’idée de compétence universelle, l’idée de consentement collectif...) et toutes les institutions sur lesquelles elle repose (l’idée de vote, l’idée d’autogouvernement, de parlement ou de partis politiques) dont elles nous amènent à questionner le bien-fondé. Ces expériences fonctionnent comme des contre-modèles à la culture démocratique. Et nous ouvrent à la possibilité de concevoir une nouvelle organisation politique.

              https://www.blast-info.fr/emissions/2026/pourquoi-les-principes-dopinion-et-delection-sont-problematiques-5MGhtvbYSpGJTZY2tYcNUg

              +4/4 → Geoffroy de Lagasnerie - L’âme noire de la démocratie : manifeste pour un autre idéal politique.

              https://www.youtube.com/watch?v=0G-0QQrGwOs


              • Com une outre 5 août 17:26

                Macron se réclame du progressisme. Pourtant, ses premiers ministres viennent tous de la droite (ou presque). Les terminologies en politique ne servent plus qu’à tromper l’électeur au service d’une seule idéologie « capitaliste libérale » pour simplifier. Tous ces « progressistes » sont de vulgaires réactionnaires, sauf sur les questions morales où là c’est la déconstruction complète. Fini la notion de société, seul l’individualisme règne. Donc les privilèges, l’exception, etc etc. C’est le retour au féodalisme version 2.0.

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