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Accueil du site > Tribune Libre > Experts et industries pharmaceutiques : les liaisons dangereuses

Experts et industries pharmaceutiques : les liaisons dangereuses

Face aux liaisons dangereuses entre experts et entreprises pharmaceutiques,

Les parlementaires pourront-ils influer sur la loi de santé ?

Le 10 février, quelque 5 ans après le scandale PIP, l’Agence du médicament et des produits de santé (ANSM) coupait les vivres à une équipe de chercheurs étudiant l’impact sanitaire des implants mammaires .
Le 17 mars, le Parisien nous apprenait que ces implants seraient à l’origine d’un nouveau cancer.
Plus récemment, une enquête de Mediapart révèle un système de collusion parfaitement huilé entre l’industrie pharmaceutique et certains experts auprès des agences sanitaires françaises censément indépendantes (ANSM et Haute Autorité de Santé -HAS). |arret sur image]

Le lendemain, la ministre de la santé demande à l'ANSM et à la HAS de « mettre en oeuvre tout ce qui est en leur pouvoir pour faire la lumière sur ces affirmations  ». Les deux agences ont alors transmis au Procureur de la République « les faits dénoncés » par Mediapart.
Loin de constituer des actes isolés, ces évènements révèlent des dysfonctionnements majeurs de notre système sanitaire, induits par un contexte de corruption généralisée abondamment décrit dans le documentaire de Romain ICARD Médicaments sous influence ou encore dans le livre de John VIRAPEN, ancien PDG d’une grande entreprise pharmaceutique, Médicaments effets secondaires : la mort1.
Ces collusions entre experts et industrie ont des conséquences graves :

  • des vies sont directement brisées par la présence, dans des produits de santé, de substances délétères dont l’usage pourrait être évité2 ;
  • des décisions sont prises par les autorités sanitaires ou politiques sur la base de données falsifiées (exemple de la disparition des vaccins sans aluminium), ou sous la pression de l’industrie (vaccination de tous les adolescents contre l’hépatite b en 1994 et aujourd’hui contre les HPV, y compris en se passant de l’autorisation des parents) ;
  • une défiance généralisée s’installe à l’égard du système de santé, qui compromet l’efficacité des campagnes de prévention dans leur ensemble ;
  • les comptes sociaux sont grevés à la fois par le coût de médicaments inutiles, et par le coût des effets indésirables aisément évitables.

Sur la question des vaccins ou du mercure dentaire, nous n’avons eu de cesse, depuis des années, de dénoncer l’inertie des pouvoirs publics et les nombreux conflits d’intérêts dont nous avions connaissance. Nous avons beaucoup espéré du renouvellement de l’Agence du médicament suite à l’affaire du Mediator, mais nous avons dû nous rendre à l’évidence : les dysfonctionnements antérieurs se poursuivent.
Une enquête judiciaire est donc bel et bien nécessaire sur les faits de corruption rapportés par Médiapart, sans doute aussi une commission d’enquête parlementaire.
Mais ni cela ni les déclarations de bonnes intentions ne peuvent suffire : nous attendons une réponse politique structurée qui placera la démocratie au sein du système de santé.
Nos associations défendent plusieurs mesures en ce sens :

  • Les associations citoyennes (associations de malades ou associations ayant développé une expertise spécifique) doivent être systématiquement associées à l'élaboration des expertises sanitaires ;
  • Tout expert en santé publique, dès lors qu’il travaille au sein d’une instance sanitaire ou qu’il s’exprime publiquement, est dans l’obligation de fournir l’intégralité de ses liens d’intérêts, qu’ils soient directs ou indirects, passés ou actuels, avec des industriels ou prestataires de services ;
  • Un collège d’experts entièrement indépendants des laboratoires pharmaceutiques doit être créé. Il devra notamment analyser les données fournies par les laboratoires, en effectuant en cas de besoin des contre-expertises avant la mise sur le marché. Il sera saisi de toute alerte sanitaire sur un produit de santé.
  • L’action de groupe doit intégrer les préjudices sanitaires liés à notre environnement (pollution chimique ou électromagnétique). Elle doit aussi s'étendre aux procédures pénales.

En complément, quelques extraits du livre de John VIRAPEN, ancien PDG du laboratoire Lilly (prozac, …), traduit, préfacé et commenté par le Pr Philippe EVEN :
« Les leaders d'opinion ne s'appuient pas nécessairement sur des preuves irréfutables et vont parfois jusqu'à en fabriquer ou en sélectionner de fausses.
Les soi-disant leaders d'opinion clés (…) sont payés pour donner et diffuser un avis favorable sur les médicaments, d'abord oralement, à la tribune des congrès organisés et financés pour cela par l'industrie pharmaceutique, et surtout par écrit dans les journaux scientifiques largement commandités par l'industrie (aucun ne peut survivre sans elle).
Savez-vous qu'il y a sur le marché des médicaments dont l'autorisation n'a été obtenue que par la corruption financière des experts ?
J’ai aussi corrompu des décideurs politiques ou de la haute administration de santé.
Les autorités sont corruptibles, les experts sont corruptibles et les médecins aussi. Et comme ils sont corruptibles, quelques-uns, qui se trouvent à un moment donné dans une position décisionnelle clé, sont corrompus.
Ces médecins étaient de ceux qu'on appelle les leaders d'opinion, choisis et financés par nous en raison de leur complaisance pour diffuser les avis les plus favorables sur nos nouvelles molécules, donc évidemment pas en les convainquant de leurs qualités, mais tout simplement en les payant. Très cher.
Ne croyez pas une seconde que les compagnies pour lesquelles j'ai travaillé soient des cas isolés et je ne suis pas moi-même un cas isolé. Tout le système fonctionne de cette façon et les bénéficiaires de ces enveloppes ne sont pas non plus, et très loin de là, des cas isolés. C'est une pratique quotidienne dans l'industrie pharmaceutique. Une pratique de marketing normale. »

Didier LAMBERT 

Président E3M
06 72 41 20 21
http://www.asso-e3m.fr
president@asso-e3m.fr

Geoffrey Begon
Délégué Général NAMD
06 52 58 46 06
http://www.non-au-mercure-dentaire.org/
beggeof@yahoo.fr

Catherine GACHES
Présidente du REVAHB
06 11 22 67 40
http://www.revahb.fr/
cathy.gaches@laposte.net

1 John Virapen, Médicaments effets secondaires : la mort, éditions du Cherche-Midi, 2014.
2 Mercure dans les amalgames dentaires, aluminium dans les vaccins


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2 réactions à cet article    


  • Donbar 25 avril 2015 08:33

    Que faire contre une corruption aussi dévastatrice ? Nationaliser l’industrie pharmaceutique ou rétablir la peine de mort (par ingurgitation de médicaments) ?


    • schuss 25 avril 2015 15:48

      A propos de corruption, il faudrait commencer par faire le ménage au sein de nos gouvernants présents et passés. Je pense notamment à Mme la ministre du H1N1, qui durant l’hiver 2009-2010 s’est livré à un exercice de propagande et de vaccination « forcée » sur approximativement 4 000 000 de français. Cette Ministre devenue depuis comique dans une émission de téléréalité a pour le compte des industries pharmaceutiques acheté 90 000 000 de doses de vaccins d’une grippe qui était inoffensive. Cette arnaque nous a couté et rapporté aux labos environ 1 000 000 000 d’euros...Avec l’aide de Nico 1er (son frère dirigeait à l’époque le labo qui a fournis les doses) ainsi que la bénédiction de l’OMS qui a surévaluée le niveau de la pandémie à 6 en Novembre 2009 mais réajustée à 2 en Aout 2010 !! Un tel écart de jugement ne peut se justifier que par la corruption de cette organisation qui avait également fournit les protocoles de vaccination à mettre en oeuvre pendant la pseudo pandémie. Une commission de l’assemblée nationale avait auditionné l’ancienne maquerelle des labos est conclue au sacro saint principe de précaution ! manifestement ils nous prennent aussi pour des cons en plus d’essayer de nous pomper notre fric et de nous empoisonner...
      Ne pensez pas que nos gouvernants soient innocents et manipulés par les méchants labos. Nos gouvernants sont les collabos des industries qui financent leurs campagnes électorales.

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