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Accueil du site > Tribune Libre > Flexi-sécurité : le changement, dans la continuité

Flexi-sécurité : le changement, dans la continuité

Lorsqu’on se penche un peu sur l’accord conjointement qualifié « d’historique » par le MEDEF et le gouvernement sur la « flexi-sécurité » (une sécurité flexible, je n’arrive toujours pas à m’en remettre !), on s’aperçoit qu’en réalité celui-ci aurait été impossible à obtenir sans la fameuse réforme de la « représentativité syndicale » signée le 11 janvier 2008 par quatre syndicats sur huit, soit quelques mois avant la faillite de Lehmans Brothers ou le sauvetage d’AIG- c’est-à-dire avant la propagation de la crise à l’Europe.

Cela signifie que c’est bien « avant » la crise que l’équipe de Nicolas Sarkozy posait les bases de ce qui allait advenir aujourd’hui : la régression économique et sociale due à une crise qui n’était pas encore là.

Quand on y regarde de plus près, on voit que c’est en 2007-2008 que la plupart des réformes sur lesquelles s’appuie aujourd’hui le gouvernement « socialiste » (qu’on appelle ce gouvernement « socialiste », ça aussi j’ai du mal à m’y faire…) ont été votées : une réforme de la Constitution, le traité de Lisbonne, la réforme des collectivités territoriales, l’accord européen sur le marché du travail… un peu comme si le gouvernement précédent avait ouvert la voie au présent en lui permettant d’aller plus loin dans la même direction – la crise servant d’excuse à une austérité prévue donc… avant la crise !

Ce qui est le plus terrible dans tout ça, c’est qu’en sachant que l’accord « historique » signé par les syndicats est injuste et malfaisant, qu’il n’a pu l’être que « grâce » au « coup de main » apporté par la mandature précédente, que le patronat se félicite de ce dernier et qu’il n’est donc aucunement légitime (si l’on considère que ce dont le peuple ne veut pas est illégitime), les syndicats sont présents le lendemain d’une manifestation s’opposant à cet accord pour signer un accord scélérat obtenu sous la contrainte de l’application de ce futur accord ! En clair, les syndicats se sont empressés de signer un mauvais accord par peur d’être contraints demain d’en signer un pire, ou de ne même pas avoir la chance de négocier celui-ci.

Enfin ce n’est peut-être pas le pire : le pire c’est peut-être que tout le monde s’en félicite : le gouvernement, les syndicats, les patrons et puis surtout les employés…

En même temps, comment ne pas leur pardonner ? Si c’est ça ou se battre avec la police comme pour les Goodyear…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr


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9 réactions à cet article    


  • Yvance77 9 mars 2013 07:26

    Salut,

    Appelons d’abord chat un chat et cessons de nous voiler la face, nous sommes dans une « dictature soft ». Le NWO ne cherche qu’à revenir sur l’ensemble des acquis obtenus par les divers peuples ici ou là.

    Il ne s’agit ni plus ni moins que de mettre le monde en coupe réglée, afin que toutes les richesses ne continuent à profiter qu’à une minorité. Le reste des hommes vivant en servage.


    • Robert GIL ROBERT GIL 9 mars 2013 10:25

      La flexibilité c’est l’ennemi de l’emploi. Plus il y a de flexibilité, plus il y a de chômage et de travailleurs pauvres, ça marche toujours ensemble. En France, chaque fois que les licenciements ont été facilités, le chômage a augmenté. Partout où la flexibilité a augmenté, le chômage a progressé, y compris dans les pays scandinaves pris à tort comme « modèle » : la mise en place de la prétendue « flexisécurité » a permis de passer d’un taux de chômage de 3 à 7,8 % au Danemark, 7,9 % en Finlande, 8,1 % en Suède soit une augmentation moyenne de 3 à 8 % (+ 266 %). C’est quand les salariés sont bien formés, bien traités, bien payés qu’ils sont le plus « compétitifs », pas quand ils sont flexibles !

      voir : L’ENTOURLOUPE DES ACCORDS DE WAGRAM


      • Jason Jason 9 mars 2013 13:25

        Toute cette histoire me laisse sceptique. Surtout quand on pense que les syndicats ne représentent que 8% des salariés. Qu’en pensent les 92% restants ?

        Là-dessus se greffe les pratiques des temps partiels, des réductions du temps de travail et du chômage technique. Il en va de la flexibilité du temps de travail comme de la technique des flux tendus dans les approvisionnements.

        La flexibilité c’est l’application des flux tendus appliquée à la masse de travail disponible. Quand le plan de charge (les commandes) augmentent, il faut plus de travail et de produits (dans la manufacture, pas dans les services). Ce qui est concevable pour les marchandises (optimisation des stocks), ne l’est pas pour le travail.

        Le travail n’est pas une marchandise comme les autres. Et c’est là que le bât blesse. Si cette flexibilité entraîne des dégâts sociaux, personnels ou familiaux, l’entreprise ne se sent pas concernée.

        C’est cet aspect qui n’apparaît pas dans les négociations. Et les syndicats, minoraitaires quant à leurs adhérents, ne s’en préoccupent pas. Ils vendent la sauce.


        • mario mario 9 mars 2013 14:41

          @pour jason

          «  »Surtout quand on pense que les syndicats ne représentent que 8% des salariés. Qu’en pensent les 92% restants «  »

          oui 8% de syndiqués ! vous voulez savoir ce qu’en pense les 92 % ?

          voici ma part :

          tous partis politiques confondus represente 0,5 % ! c’est la légitimité dont vous faisait allusion dans votre post ? ?


          • Jason Jason 9 mars 2013 15:02

            @ Mario,
            Même si, comme vous le dites, les partis politques ne comprennent que 0,5% de la population (les adhérents ou militants), le reste de la population est appelée à exprimer son opinion sur les propositions de ces partis. Ce n’est pas le cas des 98% des salariés auxquels les syndicats ne demandent pas leur opinion, et encore moins leur suffrage.
            Maintenant, le suffrage universel vaut ce qu’il vaut, c’est une autre histoire.


            • TSS 9 mars 2013 23:22

              Ce n’est pas le cas des 98% des salariés auxquels les syndicats ne demandent pas leur opinion, et encore moins leur suffrage.

              Vous ne devez pas y connaître grand chose car dans toutes les elections de « Délégués

              du personnel » et de « representants du comité d’entreprise » tout le personnel vote et souvent

              un candidat syndiqué a plus de voix qu’il y a de syndiqués dans l’entreprise... !!


            • bigglop bigglop 9 mars 2013 20:05

              Bonsoir à tous,

              Comme @Robert Gil, j’apprécie votre article.

              Hollande a pour cap le social-libéralisme, avec la même méthode utilisée au sein du PS, la fameuse ’’synthèse’’.

              Il est un joueur de poker, mais est-il aussi bon qu’il veut le croire ?

              Il fait deux paris dangereux, comme l’explique Jacques Sapir :
              ’’Le premier porte justement sur le TSCG. Ce dernier est censé signifier un engagement de « sérieux » des pays signataires, en échange de quoi l’Allemagne pourrait assouplir son attitude sur la BCE et accepter de financer des pays comme la Grèce et le Portugal qui auront besoin d’une aide supplémentaire. François Hollande fait le pari que ce qui importe est le vote et non l’application du traité’’
              ’’Le second pari porte sur le chômage. François Hollande semble se résoudre à une forte montée de ce dernier en France. Mais, il espère que ceci ne sera que momentané. D’ailleurs, il a dit dans sa récente intervention sur la chaîne de télévision TF1 qu’il se donnait pour tâche d’inverser le mouvement du chômage à la rentrée de 2013. Le pari réside ici dans l’espoir que la conjoncture internationale s’éclaircira dès l’été 2013, et que la croissance hors de la Zone Euro tirera cette dernière de la trappe de récession dans laquelle elle s’est enfermée.’’


              • TSS 9 mars 2013 23:34

                Suivant la loi Fillon de 2008, un accord n’est possible entre MEDEF et Syndicats que si

                les syndicats pour font au moins 30% de la representation et les syndicats contre moins

                de 50% .En ce qui concerne l’ANI ,le quorum n’est pas atteint !

                De plus un des syndicat signataire n’atteint pas la barre des 8% seuil de la representation

                syndicale :la CFTC,donc l’accord est caduc de par la loi !!

                Donc si l’accord est voté en l’etat, il est nul et attaquable ... !!


                • TSS 9 mars 2013 23:36

                  Il est à remarquer que c’est une loi de droite que la gauche escamote... !!

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